samedi 28 juillet 2007

TOUT FOUT L'CAMP



Le diagnostic est tombé, la 205 ne passera pas l'été... Outre le fait qu'elle consomme une quantité astronomique d'essence, il lui faut environ 1 litre d'huile tous les 100kms : diverses fuites moteur... De plus elle a une fuite dans la direction (c'est grave ça docteur ???) et le train arrière est prêt à rendre l'âme, il paraît que cela devrait se traduire par un effondrement des roues arrières qui s'écarteraient comme dans les meilleures BD de voitures. Bien, donc je m'en sers avec modération, mais il me faut faire chaque jour Meschers Pérignac, chargée comme une immigrante regagnant son pays natal après une dure année de labeur. Pourvu qu'elle ne me lâche pas avant le 10 août.

En attendant je continue mes aller et retour... Les déménageurs sont venus faire une partie du transport et ils ont bousillé des meubles. La maison semble toujours aussi pleine et je me dis que jamais je ne m'en sortirai. Autant dire qu'il règne une certaine morosité, sans doute accentuée par la fatigue qui s'abat sur moi tous les soirs, avec l'impression que la tache est impossible. La photo du jour était une sorte de devinette... De quoi s'agit-il à votre avis ? Pour la postérité, photo souvenir en forme de solution à l'énigme ci-dessus....

C'est tout simplement la photo d'une pile de thèses stockées dans la cave et qui finissent lamentablement moisies, au milieu des déchets. Et dire que j'ai passé 10 ans de ma vie à finir cette fichue thèse, y a des moments où la vanité des choses vous saute un peu trop brutalement à la figure. Bon le moral ira sans doute mieux demain, j'aurai un peu d'aide car en prime je suis totalement seule pour faire face à toutes ces joyeusetés... Dire que ce sont les vacances et que les gens se prélassent sur la plage... Bon OK, je vous l'accorde je déteste aller à la plage et il fait un temps de Toussaint, mais lire... un bon bouquin, le rêve... Pas une thèse moisie ! Vous savez quoi à propos, je ne l'ai jamais lue ma thèse, moi ! Ce ne sera pas pour cet été en tout cas...

vendredi 27 juillet 2007

CAMPING



Cinésites : un concept inventé il y a une quinzaine d'année et qui a été repris depuis... L'initiateur en était le seul cinéma d'art et essais de Bordeaux existant à l'époque, le Jean Vigo. L'idée, offrir sur des lieux touristiques, pendant la saison d'été, des films gratuits (en fait c'est la municipalité et le département qui paient la prestation) et en plein air, en principe adaptés au lieu. C'est ainsi que nous avons vu "Et au milieu coule la rivière" au bord de la Charente, "la fille de D'Artagnan" au haras de Saintes, "Tous les matins du monde" à l'abbaye aux Dames, "Manon des Sources" dans un minuscule village près de Pérignac... L'avantage est qu'on va voir des films qu'on n'irait pas voir au cinéma, ou revoir de grands classiques qui, dans ce contexte champêtre, reprennent un air de jeunesse.
Hier soir, sur la page de Meschers, c'était Camping. J'avoue que je n'étais pas allée le voir, pas vraiment le genre qui m'attire. Marie m'a dit avoir beaucoup ri, et j'y suis allée avec plaisir. Les films de la plage des nonnes, car cela a lieu tous les ans, sont parfois vraiment craignos (l'an dernier, non seulement le film était nul, j'ai oublié le titre, mais les bobines avaient été montées dans le désordre et nous avons eu la fin avant le milieu... cela alourdissait le propos, déjà bien épais !).
Avant le film, il y a toujours une animation en rapport avec le lieu, à Meschers, c'est notre incontournable Polypattes Band, une joyeuse banda ambulante, dont les musiciens en "bleus de travail" orange et jaune s'ingénient à aui mieux à accompagner toutes les manifestations festives de notre été michelet.
Quant au film, on m'avait prévenue "c'est marrant mais très au premier degré. C'est malheureusement très vrai"... absolument au premier degré, mais pas méchant du tout, pas lourd non plus. Les acteurs sont justes dans l'ensemble, j'avoue que je n'ai pas été éblouie par la prestation de Dubosc qui à mon sens, est le seul à en faire un peu trop. Il se "soigne"... Mais globalement c'est drôle, voire très drôle, et il m'a semblé que les spectateurs, constitués essentiellement de campeurs venus des campings proches, ne riait pas tant que cela. Etait-ce parce que l'évocation un peu cruelle de leur quotidien ne les amusait finalement pas tant que cela ? Ou ils l'ont déjà vu au moins 6 fois à la télé et à la longue cet humour simple et sans méchanceté ne les fait plus autant rire ? Nous (j'étais avec Madeleine et Pascal), en tout cas, pas blasés pour 2 ronds, nous avons ri d'un bout à l'autre... Nous n'avons jamais mis les pieds dans un camping, et cela correspond tellement à ce que nous imaginons, qu'on en avait mal aux côtes...

jeudi 26 juillet 2007

TACCA... T'AS QU'A...

Non, non et non, je ne vous abreuverai pas de photos du sous-sol au jour le jour, se remplissant et redevenant "manouche"... On fera le point quand on aura fini. Mais bon jusqu'au début août au moins, nous passerons nos dimanches, lundis et jeudis à transporter des caisses, et à envahir cette jolie pièce blanche des cartons que je confectionne laborieusement les autres jours à Pérignac (que décidémment je ne regrettrai pas, cela devient infernal ce labeur de fourmi... et en prime la 205 est en train de rendre l'âme, on croise les doigts pour qu'elle tienne jsuqu'à la fin)...
Donc, puisqu'il faut bien laisser une trace de la journée (moi je suis d'un naturel très appliquée, un blog cela doit s'entretenir pas vrai, alors c'est comme le Petit Re, faut trouver des sujets), je vous offre la découverte du jour : un TACCA



Ce matin nous étions aux Jardins du Monde pour y choisir un nouveau bonzaï... celui que nous nous étions offert pour nos 30 ans de mariage, que nous avions soigné avec d'autant plus d'ardeur qu'il avait valeur de symbole, est mort prématurément (marrant, je l'avais amené aux serres des Jardins du Monde pour qu'ils me le sauvent et un jour de juin j'ai reçu un message sur mon portable, où l'on m'annonçait avec beaucoup de délicatesse et de ménagements qu"on n'avait pas pu le sauver"... je me demandais de qui on m'annoçait le décès !).
Donc on nous a offert de le remplacer. De bonzaï à notre goût, point. On reviendra. Mais cette superbe fleur, qui contrairement à l'apparence, n'est pas une orchidée. Mais qui est d'une élangance, d'une légèreté, d'un raffinement extrêmes. Et qui, nous a-t-on assuré, aime les pièces sombres. Donc elle va tenter d'égailler un peu notre mortelle salle de bains marron de chez marron. Ceux qui la connaissent comprennent pourquoi aucune fleur ne veut y survivre, elle est tellement moche qu'elles nous font toutes des déprimes et crèvent sans autre forme de procès. Espérons que ce Tacca lui, tiendra le choc !

lundi 23 juillet 2007

AVANT... APRES...



Notre sous-sol !!! Avant, et encore c'était même pire que cela, une sorte de bidonville mal dégrossi... Nous, on s'en moquait un peu, on ne le voit pas ce sous-sol depuis chez nous, c'est comme le jardin qui ressemble aux terres traversées par Attila... Il faut dire que l'ancien proprio, un peu dingo, avait un jour décidé de tout passer au round-up... Du coup, partout des souches, des reliefs de ce qui fut sans doute une rocaille charmante, mais bon, on ne peut pas tout faire, donc le jardin, il est resté nu. Avec le sous-sol en prime, comme dit Madeleine, ça fait "manouche".
Bon, ensuite un problème pratique, comme faites-vous, vous, pour mettre 2 maisons en une seule ? Et quand je dis 2 c'est plutôt 3, car j'ai gardé, au nom de la nostalgie, de la piété filiale et du devoir de mémoire, la presque intégralité du (grand) appartement de maman. Donc, comme je le disais je fais des caisses, ou des cartons, ou tout ce que vous voulez. Mais même après tri, jetage, et ventes répétées, il en reste des choses inutiles et indispensables. Alors on les met où ?
Et bien dans le sous-sol, pardi... Alors travaux, parce que non seulement c'était moche cet espace entre les pilotis, mais aussi en terre battue. Travaux en essayant de prévoir un logement futur, même si pour le moment cela va être du stockage. Donc canalisations, électricité, terrasse, elle est superbe la terrasse... et peinture ! De l'art brut la peinture, mais assez pour y passer un lundi, et voilà donc, puisque c'est un blog, l'histoire de notre lundi, très très pluvieux... Mais plutôt efficace. Plus qu'à mettre les meubles... Je sens qu'il va y avoir un autre avant après... bientôt j'espère !



Et la fameuse terrasse, en Ipé, oui oui un super bois de mangrove qui, paraît-il ne craint rien, ne vieillit pas, ne joue pas, ne s'abîme pas... Et une vue qui fait craquer tout le monde, je ne sais pas pourquoi, "ils" veulent tous y installer un lit (?? !!) une baignoire (??? !!! à remous bien sûr) et "ils" veulent tous nous y installer aussi (où ? dans le lit ou dans la baignoire ???)

BOUT DU TUNNEL ???

Contrairement aux apparences (genre "tout le temps en vacances"), mon mois de juillet est consacré au déménagement de notre maison de Pérignac, et mes journées passées à "encaisser"... avec une obsession, d'un genre très nouveau, trouver des cartons. Je casse les pieds à tout le monde avec mes histoires de cartons, américains, oui oui cela s'appelle ainsi, simple, double ou triple canelure. J'ai fini par en commander un lot d'une centaine mais voilà, ils n'arrivent pas ! La poste est capricieuse en été...
Alors j'écume les supermarchés aux heures où j'ai quelque chance d'en trouver, et je vais à Pérignac et je m'attelle à la préparation du déménagement.
C'est un abominable pensum... il faut trier, jeter, décider ce qu'on garde, ce qu'on vend, chaque objet doit être soupesé, évalué en termes d'affectivité, d'utilité, de souvenirs et de nostalgie... compliqué, poussiéreux et hyper long, 30 ans de vie plus 2 héritages pas évident à gérer... et je ne peux faire cela que seule... Michel travaille et surtout il ne peut pas grand chose pour moi dans cette longue et infernale opération de catharsis. Mais bon, cela fait des mois et des mois que c'est en cours, et cela tire à sa fin, j'avoue que je compte les jours... j'ai promis la maison à nos acheteurs pour le 10 août mais j'espère avoir terminé une semaine avant (ma femme de ménage part en vacances le 4 et j'aimerais ne pas avoir à faire, en prime, le nettoyage final) pour eux ce serait une bonne surprise et pour moi ce serait une semaine de vacances de plus)
En attendant, chaque jour j'y vais faire entre 6 et 12 cartons... je n'ai pas pris de démémnageur. C'est valable quand on quitte une maison pour s'installer dans une autre, mais là il faut poser des meubles à la salle des ventes, d'autres au cabinet dentaire, d'autres chez l'ébéniste pour réparation, d'autres à la déchetterie et le reste à Meschers, et surtout il suffira de transporter des caisses pleines sans les déballer à l'arrivée... Alors j'ai un petit transporteur qui vient chaque semaine me faire une petite fournée... cela avance donc de façon de plus en plus visible... faut savoir que les chambres des filles m'ont demandé plus d'une semaine chacune ! C'était déprimant, ce que j'ai pu pleuré dans ces monceaux de "gueilles de bonde"*... pleuré de découragement, pleuré d'émotion, pleuré de tristesse, pleuré de nostalgie, pleuré de fatigue. Au début, il me fallait aussi mener de front mon boulot, particulièrement chargé en mai et juin, et les travaux de Meschers car nous avons aménagé le sous-sol pour y accueillir tout ça et c'était long et compliqué. Mais là ça va mieux : je n'ai plus que cela à faire, et les travaux sont bien avancés. Alors je sens presque le bout et je suis toute guillerette... J'attends le 4 ou 5 août avec impatience.
Et puis, le matin, en allant de Meschers à Pérignac, j'ai droit à des ciels aussi beau que celui là, pris avec mon portable en passant près de Talmont... Cela vaut le déplacement non ??

* Pour la gueille de bonde, bout de tissus servant à colmater la bonde de la barrique, on consultera :

samedi 21 juillet 2007

YOUPI !

Une petite nouvelle qui me fait grand plaisir : Séverine est reçue... Vous savez, Séverine, mon étudiante tenace du samedi matin, celle qui a repassé ses UV en candidat libre alors qu'elle travaille... Elle le voulait son DECF, et ça y est, elle l'a ! Une belle victoire et une récompense à son courage. Quant à moi je suis quand même contente, elle a eu 10 en contrôle de gestion alors que c'était l'allergie totale, deux fois 5 lors des dernières sessions. Ouf, on avait bien travaillé toutes les deux !

vendredi 20 juillet 2007

18 juillet : le festival pyrotechnique de St Palais sur Mer

Il se déroule au bord du lac de Saint Palais, dont nous ignorions totalement l'existence. On dit qu'il attire de plus en plus de monde et c'est vrai que les 50 000 personnes annoncées semblaient présentes... Ce fut surtout au moment du départ que l'affaire s'est corsée, mais nous avons commis une erreur tactique que nous ne referons pas l'an prochain, car c'est sûr nous reviendrons. C'est quand même fabuleux d'avoir droit à 4 feux d'artifice coup sur coup, c'est le cas de le dire ! Et splendides de surcroit.

Cette année, les pays en compétition étaient l'Afrique du Sud, l'Irlande et les Etats Unis. Trois feux pour lesquels nous devions voter. A l'applaudimètre c'est l'Irlande qui l'a emporté... Michel était un peu déçu il avait préféré le feu américain. Le jury a confirmé le choix du public. Et surtout, nous avons eu un fianl grandiose, un feu de Ruggieri d'une qualité, d'une originalité exceptionnelles. Totalement en accord avec la musique, surprenant, rythmé, très raffiné. Un enchantement.
La déception ? L'état lamentable dans lequel les spectateurs ont laissé la pelouse au moment du départ, jonchée de détritus, de cannettes vides, de bouteilles cassées, une image déplorable de notre incivisme (le nôtre ou celui de tous, les touristes n'étant pas nécessairement français).

mercredi 18 juillet 2007

mardi 17 juillet 2007

AVIGNON 15 juillet 2007

12h 10 ANTIGONE A NEW YORK
Janusz GLOWACKI

Un banc dans un parc new-yorkais. Trois SDF se le partagent. Un quatrième protagoniste, s'adresse au public, tel un coryphée. Ce texte superbe de Janusz Glowacki marie le burlesque et le tragique transposant le mythe grec dans un contexte cruellement actuel. Anita, Antigone moderne, souhaite enterrer dignement celui qu'elle aime pour soustraire son cadavre à la fosse commune. Elle demandera l'appui pas très fiable de ses deux compagnons. Des personnages denses. Un texte d'une rare intensité. "Cette pièce a comblé le public..." Le Dauphiné libéré"

On nous l'avait chaudement recommandée... Nous som
mes sortis contents, mais nous demandons pourquoi nous manquions d'enthousiasme... Pourtant, tout y était, thème intéressant, sujet qui nous interpelle, traité avec délicatesse, sans excès, l'idée d'en faire un drame antique est parfaite, bons acteurs, voire excellents, mise en scène bien menée, bref vraiment une bonne pièce... Et pourtant elle n'est pas dans notre liste de préférées, allez savoir pourquoi...

14h30 TROIS SEMAINES APRES LE PARADIS
Israël Horovitz

Israël Horovitz était sur place au moment de la tragédie du 11 septembre 2001. Il a cru l’espace de quelques heures que son fils en était l’une des victimes. Ce texte, écrit dans les trois semaines qui ont suivi les évènements, est le témoignage théâtral sobre et poignant de cet homme que ces attentats vont faire basculer dans ce qu’il appelle une « dépression de fin du monde ». Dans cette descente aux enfers, une question obsède Horovitz : quel monde laisserons nous à nos enfants ?
Pas une pièce, un journal intime, une suite de réflexions éperdues, confuses, émouvantes... La mise en scène n'en est que plus importante, et là
, chapeau ! Au cordeau ! Parfaitement au diapason des MOTS, car ce sont des mots face à l'indicible. J'ai adoré le rythme, la respiration de ce moment de théâtre. Le tout servi par un acteur impeccable. Il aurait fallu le voir avant "John a disparu", qui en reprend des bribes. Mais cela mis à part, parfait.

 
15h50 CERCLES DE SABLE

Après le succès au festival 2006, la presse: Il y a des instants magiques,magnifique,spectacle d'une beauté rare. La mise en scène est délicate et réalisée d'une main de fée.Un duo de langues savamment mené donnant un charme fou au récit. Avec les lumières et les costumes les scènes paraissent peintes. Echanges artistiques d'une très grande qualité. Somptueux, du grand et bel art qui redonne au théâtre ses lettres de grande noblesse. Une réussite totale dont les artistes peuvent être émus et fiers.
Un bien joli spectacle que nous avions choisi pour finir notre festival sans risque de prise de tête, de cata monumentale ou d'enthousiasme excessif ! L'idée est sympatique, c'est mené avec talent, fort esthétique... Objectif atteint, un bon moment, même si nous avons un peu piqué du nez (c'est fatigant Avignon !!!). Pas de quoi crier au miracle cependant. Un peu gratuit, comme le titre, certes les acteurs versent du sable sur la scène, mais c'est pour le plaisir du geste.

 

Voilà, notre festival 2007 a été une réussite, 15 pièces dont seulement 2 ratages complets, un bon cru... Avec en prime un temps parfait, une ambiance plutôt calme, si l'on excepte la traditionnelle foire du 14 juillet, de bons moments de détente et de bien être. Nous reviendrons ! Puisque manifestement nous avons enfin, après des années d'entraînement, trouvé le bon rythme, appris à éviter les bistrots de la place de l'Horloge ou les abords du Palais des Papes, dégoté les bons petits restos à salades ou à crêpes, tranquilles comme si Avignon nous appartenait, et même trouvé les bonnes heures et les salles "sûres"...
Le scoop de l'année, c'est que les bons spectacles sont maintenant le matin et en tout début d'après-midi. Nous n'avons pas pu tous les voir alors que nous étions souvent en manque en fin d'après-midi.
Nous avons aussi découvert avec bonheur que l'avant 14 juillet est une bien meilleure période, les spectacles se cherchent, l'ambiance est calme et nettement moins artificielle qu'après. Nous savions déjà qu'il faut éviter les salles "tendance" (en général archi combles, et où les spectacles sont souvent bien décevants), et surtout qu'il faut un hôtel climatisé, ne serait-ce que pour profiter à fond des "entractes" ;-) Car ce sont les vacances, malgré tout ! Michel n'a même pas râlé en prétendant qu'il n'y avait rien, et que décidemment ce festival était bien décevant. Pour ça, le secret c'est de ne pas rester une semaine. Quant au stakanovisme, dans ces conditions, cela ne lui a posé aucun problème. Et pourtant nous avons vu 15 pièces en 3 jours !
Et comme le dit très justement Michel, le principal c'est de détecter ces pièces qui font de "l'académisme d'avant garde" (on repère ça aisément avec un peu d'habitude à la lecture des présentations) et de les éviter comme la peste. Elles ont leur public, supposé branché, et grand bien leur fasse !!

dimanche 15 juillet 2007

AVIGNON 14 juillet 2007


11h MACONDO
Gabriel GARCIA MARQUEZ

" Macondo était alors un village si récent,
que les choses n'avaient pas encore de nom,
et pour les mentionner il fallait les montrer du doigt
"

"Un enchantement... L'adaptation des nouvelles de Gabriel Garcia Marquez "Le noyé le plus beau du monde" et "Un monsieur très vieux avec des ailes immenses" est une réussite totale, une des plus belles machines à rêver que le théâtre nous ait offerts... Au loin, une barque échouée... Au bord du plateau nu, deux bohémiennes racontent des histoires. Magnifiques, elles captent l'attention avec un art consommé... Vêtues d'oripeaux fantastiques, malicieuses, incroyablement présentes, elles installent l'univers merveilleux que sait si bien faire naître Marquez... Tout concourt à faire de nous des enfants ravis, qui en redemandent encore et encore..." Lyon Poche/Trina Mounier

Mettre en scène Garcia Marquez ? Iconoclaste ! Marie était surprise, voire choquée quand je lui ai dit que c'était le spectacle du Festival que Michel avait préféré... On ne met pas en scène cette langue vibrante, somptueuse, propre à exciter l'imagination et à nous révéler nos capacités d'évasion. Et bien si ! On peut réussir le challenge, et c'était du grand art, car vraiment c'était une gageure... Et à haut risque. Parfait, magique, respectueux des mots et du rythme. Une mise en scène totalement adaptée à la magie du verbe de Garcia Marquez, servi par d'excellentes actrices, que demander de plus ?

12h45 PETITION
Vaclav HAVEL

Confrontation entre deux écrivains, l'un Stanek, conformiste adapté au régime totalitaire de la Tchécoslovaquie et l'autre, Vanek, auteur dramatique, dissident notoire. Afin de se sortir d'une situation qui risquerait de mettre en péril sa notoriété et de ternir l'image de sa famille, Stanek convoque Vanek dans sa maison pour lui demander d'organiser une pétition.

Toujours notre sympathique troupe du Lot et Garonne. Nous avons préféré encore à Vernissage. Le propos sans doute, plus grave, plus humain encore. Une belle performance de Plazas qui "tient" la scène avec beaucoup de talent. Quand les applaudissements éclatent, il a du mal à redevenir Plazas, tant il était Staneck. Du bon théâtre, du bon Havel, même s'il s'agit d'une "petite pièce". Et le Duras est toujours gouleyant !
14h30 DU PAIN PLEIN LES POCHES
Matéi VISNIEC

En marge de la ville, une équipe TV essaye de présenter une information sensationnelle : un chien qui hurle coincé dans un puits! Le spectateur participe à une enquête qui tente de rétablir la vérité sur ce destin tragique, est-ce un crime ou un suicide ? Pour pouvoir tenir au chaud la nouvelle, on nourrit le chien, mais on ne le sauve pas !
Nous sommes restés au Vieux Balancier pour Visniec... Certes les acteurs étaient corrects, voire même plus. Mais nous nous sommes ennuyés, le ton est démodé, de l'absude déjà vu, une forte impression de gratuité sans intérêt. Pas d'audace, on ne réagit pas, on reste loin de ces mots sans véritable résonnance. On ne retournera pas voir Visniec, enfin sans doute pas !
19h30 JOHN A DISPARU
Israël HOROVITZ


Une mère et sa fille se déchirent après la mort du père dans les cendres du World Trade Center. Il a confié à chacune un secret. Pourront-elles le partager ? Une scénographie pensée comme une installation, un élément de décor : un canapé, un matériau : du rubalise qui transforme et perturbe notre vision de la perspective. 3 flèches survolent les spectateurs et traversent le fond de scène comme les traces des avions dans le ciel. Il pourrait s’agir de 3 fils tendus vers le Paradis, comme ceux des ballons du petit Alex tentant de communiquer avec son père défunt.
Pour moi un des meilleurs spectacles vus. Du bon Horowitz, plusieurs thèmes moraux incontournables, une intrigue, de bons acteurs, très justes, tout à fait "dans" le texte, une mise en scène sobre et élégante. Que dire de plus ? Parfait.

22h15 LE SQUARE
Marguerite DURAS
Drôle de rencontre dans un square… Un après-midi de printemps deux solitudes se croisent, se parlent… de leur vie… si modeste. Elle jeune fille à tout faire chez des bourgeois, lui vendeur à la sauvette. Elle qui attend tout de la vie, lui qui a renoncé à tout. Mot à mot comme pas à pas l’on danse, ils réinventent la sincérité, la tendresse, l’espoir. Ils arrachent à la désespérance des soleils de vie, des nuées de rire dont rien ni personne jamais ne les dépossèdera. De deux laissés-pour-compte, Marguerite Duras fait deux clowns célestes, et d’un carré de verdure, la plus fantastique piste du monde.

Heureusement que nous avons pique niqué aux chandelles, bien à l'abri des folies de la ville toute émoustillée par les flonflons du 14 juillet, dans le petit bar intimiste du théâtre Golovine avant, cela a sauvé la soirée ! Mais quelle idée d'aller voir ce Duras ? L'auteure elle-même ne voulait même pas qu'on le représente... On aurait dû se méfier en voyant la metteure en scène, en lisant le copieux journal d'auto-satisfaction qu'on nous a distribué à l'entrée. Persuadée de détenir un petit morceau du talent du maître pour l'avoir rencontrée, ou simplement croisée (je ne sais plus, je n'ai pas eu le courage d'avaler toute sa prose) elle se pose en vestale émue et a refusé de négliger un seul mot du texte. D'où une pièce de 3 heures, fort heureusement coupée en deux, ce qui nous a épargné la première partie et a écourté notre pensum. C'était pédant, absurde, énervant et surtout, surtout ennuyeux. Je n'ai toujours pas compris pourquoi l'acteur semblait aveugle et jouait le clodo, alors qu'il n'est qu'un solitaire. Comme rien n'est jamais totalement noir, il faut dire que cet acteur, justement, a une voix superbe, qui rappelle sans ses aspérités, celle de Michel Lonsdale, et qu'il nous a rendu cette heure et demie supportable en fermant les yeux. Car après tout c'était quand même un texte de Duras !

samedi 14 juillet 2007

AVIGNON 13 juillet 2007

12h45 VERNISSAGE
Vaclav HAVEL

Un couple, Véra et Mickaël, invite Ferdinand, leur ami dissident, au vernissage du nouveau décor de leur appartement. S'accrochant au confort matériel,le couple conseiller et censeur, explique avec acharnement les "recettes" de la réussite, de l'amour, du bonheur. Pris dans des démonstrations frénétiques, les époux sont peu à peu, au bord de la crise. Que devient l'ami dissident? "On se construit chez soi un idéal pour survivre"

Un projet intéressant, monter le triptique de Havel (nous ne ver
rons malheureusement pas Audience qui ne commence que le 17 juillet). Une petite troupe du Lot et Garonne, qui fait déguster du vin de Duras en fin de spectacle, et surtout qui prend la peine de situer le contexte et l'auteur et surtout qui respecte le texte et le contenu. La mise en scène était peut-être un peu outrée sur le côté charnel du texte, mais c'est une critique mineure. La pièce est intéressante et le propos fort bien défendu. Demain nous irons voir Pétition.

15h PHEDRE

Jean RACINE


C’est une PHÈDRE très accessible et plus humaine, sensuelle, troublante, voluptueuse, qui désire charnellement Hyppolite. Elle est déchirée et cherche une approbation, un soutien et même l’absolution. Elle se sent persécutée sans jamais prendre sa destinée en main. Elle est tout simplement humaine : fragile et forte, passionnée et pleine de culpabilité … Chaque spectateur peut se reconnaître dans la contradiction de ses sentiments.

Attention pièce à haut risque ! Bien sûr on adore, Racine, et Phèdre aussi, mais voilà, il arrive qu'on dorme à Phèdre... C'est beau les alexandrins, superbe même, mais bon, la nature humaine est ainsi faite, ça berce... Et puis les tourments moraux qui agitent Racine nous sont un peu étrangers, enfin un peu lointain... Et si on dort à Phèdre, c'est la honte, on passe pour un inculte, un ignare, un pignouf. Ben voilà, on n'a pas dormi, pas du tout... C'était impeccale, la mise en scène était classique mais inventive, sans excès, sans affèterie, c'était vivant et respectueux des vers. Si Hypolithe n'était pas terrible, la nourrice était vraiment remarquable, elle ajoutait au texte une dimension personnelle sans le dénaturer. C'était vraiment un ensemble réussi, mais quelle garce cette Phèdre, on l'avait oublié (ou mal compris !)

18H30 LES JUSTES
Albert CAMUS
Autour de l’organisation d’un attentat, les membres d’un commando se déchirent. Dans un espace épuré, ils se livrent à un combat, une danse, où le blanc et le noir se mêlent, où leurs convictions s’effondrent. Terriblement actuel, le texte d’Albert Camus résonne comme un avertissement. Quatre femmes et un homme le disent et le chantent. Ils crient leurs contradictions, leur indignation de vivre dans un monde où « la terre est faite pour les riches ». Le chœur de leurs voix s’élève comme un plaidoyer pour la fragilité humaine, comme une invitation à l’espoir.

Pas de doute, les actrices jouaient bien et si la mise en scène était parfois un peu agitée, préparer un attentat ce n'est pas de tout repos et cela ne peut pas être une pièce intimiste. L'ensemble était donc propre, au service de Camus,
mais nous avons tous deux ressenti comme une vraie erreur cette inversion des sexes. Le texte de Camus est totalement déplacé dans des bouches féminines, et c'est un vrai contre sens de le faire dire par des femmes. Les femmes subissent la violence, et la combattent, et la déplorent, les femmes sont les témoins douloureux des contradictions macsulines. Elles ne peuvent personnifier ces excès, sauf, comme l'unique personnage féminin de la pièce qui finit par s'y résoudre par amour et par fidélité. Le contre-sens nous est apparu encore plus flagrant après la pièce suivante, tellement plus adapté aux mots des femmes.

20h15 LE SILENCE DES MERES
Pietro PIZZUTI
 
Comme une tendre radiographie d’une relation mère-fille, ce texte de l’auteur-comédien-metteur en scène Pietro Pizzuti nous entraîne avec subtilité dans la mise en crise du noyau familial. Une installation cinématographique particulière permet un gros plan constant sur les émotions des trois personnages en se concentrant sur leur visage. Trois femmes, dans une chambre d’hôpital, se retrouvent pour beaucoup se parler en esquivant l’essentiel… Dans cet espace épuré et redouté, un dialogue (souvent de sourdes…) s’installe, qui balance des vérités et des clichés, un peu de mauvaise foi, pas mal d’humour et beaucoup d’amour.
La découverte et le coup de coeur du Festival. Vu un peu par hasard, parce que Michel voulait aller "chez les Belges" (c'est vrai que nous y avons vu de bonnes choses les années précédentes). Et parce que j'avais entendu quelqu'un y inviter les spectateurs d'un groupe sympa croisé à Médée. Donc pourquoi pas ? Nous en avons été enchantés, un vrai spectacle, un beau texte, émouvant et serré, une mise en scène très efficace : la projection en gros plan de l'actrice (jamais la même) couchée qui subit, souffre ou se confie était une vraie trouvaille, parfaitement adaptée au propos. Du rire, des larmes, un jeu totalement vrai, bref tout était au rendez vous pour faire du Silence des Mères une vraie belle pièce.

23h30 LA CANTATE A TROIS VOIX
Paul CLAUDEL
La nuit du solstice d'été, trois femmes s'en vont par la Nature, attendre le matin, l'arrivée du Soleil et avec lui d'entrer dans le grand Eté. Comme il se fait attendre, ces dames se font entendre, dans la plus pure chanson spirituelle, le désir absolu qui les hante, le son et le parfum de l'amour éternel qui fait se mouvoir l'Univers.
Elles ont eu un sacré mérite ces trois nanas, maquillées comme des sorcières : un texte superbe mais aride, une absence totale de trame, une heure tardive, les chaises les plus atrocement inconfortables qu'on puisse imaginer, en feraille bruyante... Et pourtant elles nous ont tenus en éveil, passionnés, émus, captivés avec ces mots mêlés dans l'excès et la demesure de nos désirs et de nos étroitesses. Elles avaient donc du talent, c'est certain. Nous avions vu et aimé la pièce à la crypte Saint Sulpice, mais, il faut bien l'avouer, pas compris grand chose. Là, c'était limpide et efficace.

vendredi 13 juillet 2007

AVIGNON 12 juillet 2007


Première pièce, celle où on retrouve les émotions de la salle obscure après la longue route vers Avignon, le temps d'une adaptation climatique* et l'installation... Après aussi, les autres années en tout cas, l'épluchage fébrile du programme pour trouver parmi les 700 pièces offertes celles qu'on décidera d'aller voir. L'art difficile de la planification festivalière ( heures, durées, lieux, conjugaison aléatoire et complexe qui demandait des heures de gribouillages effrénés pour arriver à quelque chose de probable mais toujours incertain) nous est désormais épargné puisqu'on a accès au programme détaillé sur le net et qu'on peut, par l'intermédiaire d'un "panier" duement étiqueté et chronologiquement organisé, avoir une idée précise de ce que l'on va voir, avant de partir.


18h15 MEDEE
Jean ANOUILH
Répudiée par Jason qui prétend épouser la fille du roi de Corinthe, Médée l’étrangère, la barbare, ose le crime suprême, le meurtre de ses enfants, pour atteindre leur père et faire reconnaître son droit… Commémorant un sacrifice fondateur, les célébrants d’un rite initiatique glissent vers les places désignées par le destin d’où ils font résonner leurs voix antagonistes. Accompagné au piano, le coryphée, empruntant la voix des «opprimés» (blues, chant berbère, tango…), se fait porte-parole des angoisses des initiés.


Première pièce donc, et pour moi, une vraie réussite. Michel n'a pas trop aimé le jeu de Médée, moi je l'ai trouvée parfaite, juste, dans le ton. En fait, ce qu'il n'aimait pas, ce n'était pas l'actrice mais Médée elle-même, elle l'exaspère complètement en fait. Bon, et puis voir ENFIN un Anouilh, c'est du luxe et pour une première cela a placé la barre haut.

PS* et sans rapport avec ce qui précède, à propos de l'adaptation climatique, elle nous fut inverse que les autres années... il faisait en effet une chaleur éprouvante sur la côte aquitaine alors qu'Avignon était justement tempérée.


21h30 L'ECHANGE
Paul CLAUDEL


Paul Claudel est un jeune diplomate lorsqu'il arrive aux Etats-Unis en 1893. La première version de 'L'Échange', troisième pièce de l'auteur publiée un an plus tard, est remplie de cette expérience nouvelle, de ce contact avec une société dont il découvre les règles et les usages. Dans une sorte de no-man's land de bord de mer, il inscrit le parcours de quatre personnages, deux Américains et deux Européens, réunis et confinés dans un huis clos qui fera éclater les certitudes et les rêves sous le poids des contradictions de chacun et des désirs mouvants.

NON, NON et NON... nous ne retournerons plus voir le IN. Cela fait des années qu'on se dit, "faut pas être sectaire, faut aller voir ce qu'ils font, ça peut être bien, il doit être possible d'échapper au parisianisme douteux et à ce que Michel appelle "l'académisme de l'avant-garde"... Cette année, Claudel, une présentation enthousiaste, bref c'est décidé on y va ! Bien fait pour nous.
Oh certes, Julie Brochen avait de bonnes intentions, son projet est, à première vue, respectueux du texte de Caudel et elle sait de quoi elle parle. Enfin ce qu'elle va mettre en scène. Mais voilà, elle n'a pas pu s'empêcher d'en faire trop, et surtout, surtout, si elle-même joue convenablement, voire bien par (rares) moments (des micros auraient dans ce cloître venté, été les bienvenus pour éviter aux acteurs des grimaces importunes), les autres acteurs sont totalement indigents, à côté du texte et mauvais. Trop ou pas assez, gesticulants, pas du Claudel. Dommage, dommage ! Bon ce n'était pas une catastrophe, mais on s'est ennuyé, et s'ennuyer à Claudel c'est un crime inexpiable. Dont la faute ici incombait aux acteurs, à la scène, au vent et à la musique. Inutile.
Et puis, n'était-ce une fausse bonne idée que de vouloir monter cette première version, un peu longue ? On peut se dire que si Caudel a jugé bon de la remanier, c'est qu'il lui trouvait des imperfections. Enfin avec Julie Brochen, c'est sûr, elle en avait.

dimanche 1 juillet 2007

PARIS : quelques impressions


UN BALLO IN MASCHERA
Guiseppe VERDI
Opéra de Paris



Et voilà, l'Opéra de Paris, on en rêve toujours un peu, ce serait bien une fois par ci par là d'aller écouter un opéra, écouter et voir... Bref un jour enfin on se décide, on a un beau Verdi, là, juste au début des vacances, on tente de réserver, on hésite entre les 3ème et les 4ème catégorie... Pas de doute avec internet c'est parfait, on sait immédiatement où on sera placé, on a même droit à une vue de la scène prise de votre furur fauteuil...
Bon ensuite on réserve son train, on part tout guilleret à la gare en bus, oui, oui, une innovati
on de l'été 2007, parce que la dernière fois qu'on a laissé notre voiture à la gare de Royan, elle était démollie quand nous l'avons récupérée. Bon, tout se passe bien... sauf que... en arrivant à la gare, il n'y avait pas de train... accident sur la ligne. Heureusement nous avons pu en avoir un autre, et après une course dans les couloirs de métro, nous sommes arrivés une minute avant le lever de rideau.
Mais voilà, encore faut-il que le spectacle en vaille la peine. Et là, c'était vraiment inutile de s'affoler, cela ne valait pas le déplacement.
Une mise en scène pompeuse et ringarde, passe encore. Des choeurs pas concernés, un chef approximatif. Des acteurs empotés. Et surtout, surtout un soprano nulle de chez nulle. Le public d'opéra qui n'est pas d'un naturel très indulgent, aime bien manifester ses sentiments de façon très bruyante. Là ce furent des lazzis, des houh et des sifflets, si forts que c'en était gênant. Accompagnés bien sûr d'un triomphe exagéré à un gentil second rôle qui s'était tiré honorablement de son rôle, mais qui ne méritait pas de tels hommages.


LES SOLDES AUX GALERIES LAFAYETTE


C'était une idée à moi ... Mais Michel a adoré, pour une fois que je me portais volontaire !! C'est vrai qu'il n'a guère le temps de se livrer à ce sport quand il travaille. Nous voilà donc partis, à pied depuis le Luxembourg, sans la moindre idée de la direction à prendre. Il faisait beau, et après un joyeux cocktail de hasards et de supputations diverses, nous y sommes arrivés un peu fourbus. Et là, le monde entier ! Absolument halluciant, le dernier lieu de tourisme branché de Paris... Une foule cosmopolite et compacte, vibrionnante et avide qui dévalisait avec minutie tous les rayons. Les vendeurs tachant de faire face avec courage remplissaient les bacs sans discontinuer de nouvelles proies dégriffées, et tout ce beau monde se pressait avec enthousiasme. Aux caisses, des queues dignes du Louvres les jours d'entrée gratuite. Aux cabines d'essayage, des agglutinements genre autoroute du soleil le 31 juillet. Le tout, coloré, haut en verbes incompréhensibles, agité, bruyant. Irrespirable. Mais bon, il nous fallait des pantalons, je me suis armée de courage, passant en revue des kilomètres de fringues, sortant de rares vêtements (Michel a une taille plutôt standard, donc plus rien en soldes) qui chaque fois déclenchaient une moue désabusée, un grognement exaspéré, un commentaire acide... J'ai réussi à lui en faire essayer quelques uns, qui, bien sûr, n'allaient pas. J'ai insisté, pensant agir pour son bien (quelle idée baroque !)... J'ai gardé le sourire, mais au bout de 2 heures, j'ai démisssionné. A peine à l'air libre, Michel tout contrit s'est excusé beaucoup, m'a dit qu'il trouvait ça invivable, m'a remerciée de ma patience. Le point positif de l'affaire c'est qu'en rentrant à Royan, il s'est précipité chez LE vendeur de fringues pour homme de Royan qui a ses faveurs, a acheté 4 pantalons, a fait faire ourlets et retouches, et tout ça tout seul, comme un grand ! Et en plus, c'était nettement moins cher qu'à Paris. L'affaire est entendue pour au moins un an ! Ouf...
Musée du Luxembourg
Bijoux d'exception 1890-1912
Une inspiration végétale, un bestiaire fantastique, les femmes, les animaux, Lalique avait une imagination débridée qui lui a permis de réaliser des pièces particulièrement superbes. Ces pièces avaient été dessinées pour la tragédienne Sarah Bernhardt, l'épouse du président du Conseil Waldek-Rousseau ou encore la riche Américaine, Nathalie Barley, "qui aimait s'amuser à Paris".

Il puise dans le Moyen Age, l'Egypte ancienne et sa Champagne natale les formes et les couleurs de son bestiaire fantastique, mythologique ou bucolique: peignes chauve-souris en corne et émail bleu (1899-1900), pendant de cou "caméléons" (1897-1898) en grenat, argent et émail, bagues "scarabée" ou "cigales" en or émail et opale (1897-1899).

Mais Lalique trouve le meilleur de son inspiration chez les femmes. Mi-florales, mi-animales, cuirassées ou ailées, elles sont tour à tour femmes-guerrières, femmes-insectes, femmes-serpents ou femmes-orchidées, de jade, de saphir ou d'opale.

La première des muses, sa compagne, la belle Augustine-Alice Ledru, prêta ses traits délicats, de profil ou de face, à une série de pendants de cou en argent ou or ciselé, opale, et corail réalisés entre 1898 et 1900.

Ces folles parures proviennent de prestigieuses collections privées et muséales internationales, notamment celles du musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne, du Metropolitan Museum of Art de New York, des musées Lalique à Hakone, au Japon, et des Arts décoratifs à Paris. Je suis toujours facinée par les étiquettes indiquant, non le descriptif de 'lobjet, pour cela il suffit de regarder, mais sa provenance, un vrai voyage ! J'imagine toujours, derrière ces étiquettes, ce que cela a représenté de travail de récolte, de prises de contacts, autorisations, assurances, emballages...

LE PARTAGE DE MIDI
Paul CLAUDEL
à la Comédie Française


Un coup de foudre... Pièce si souvent vue et toujours autant aimée, à condition bien sûr qu'elle soit respectée, et traitée avec toute la délicatesse et le soin nécessaires. Sur le bateau de la comédie française, les 4 protagonistes inventent et rédisent les mots de Claudel comme si c'était la première fois. Le désir, la vie, la peur, toutes ces foudres de nos vies sont ici mises à nu, sublimées, décortiquées avec douceur mais inexorablement, sans concession. Comme Claudel a écrit le texte. L'homme dans ce qu'il a de plus grand et de plus fragile. L'histoire d'un homme aussi, Claudel, dans ce qu'elle a de plus intime, émouvante, poignante et absolue.
Marina Hands est sublime, sensuelle, mystique et légère, elle joue au diapason, totalement dans le ton, sans la moindre défaillance. Les trois acteurs qui l'entourent la mettent en valeur et la secondent avec bonheur. Michel a trouvé que Ruf manquait un peu de souffle, je ne partage pas son avis. Je crois que la faute en revient aux spectateurs mal éduqués de la COmédie Française qui expectoraient si fort et si grassement que parfois ils couvraient les acteurs.

J'avais par contre très peur de la mise en scène d'Yves Beaunesne, ayant autrefois fui sa Princesse de Bourgogne, à Angoulême qui m'avait parue pompeuse et pédante. Mais là, rien à dire, c'est lumineux, solaire et lunaire tour à tour, juste et tout en nuances. Un coup de bonheur, un de ces spectacles dont on se souviendra longtemps.

Un week end sympa, certes, mais bof finalement c'est un peu surfait Paris, et puis c'est fatigant... Nous qui étions toujours prêts à y courir, nous en revenons avec de plus de plaisir... La fascination n'est plus ce qu'elle était, et on a moins envie d'aller s'y promener qu'autrefois.
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