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jeudi 30 août 2007

LE FOURNIL DU ROI

Travail de parents ordinaires, fin août (idem fin juin ;-) déménager ou emmenager ses enfants. Bon nous venons de terminer notre devoir, Meschers, Limoges, Paris et retour... Mais comme à Paris en parents veinards (mais oui, mais oui...) nous avons retrouvé Marie, qui repart après-demain pour les Seychelles, nous en avons un peu profité pour quelques restos et une escapade à Versailles.
Saisissant le contraste d'ambiance entre Paris et Versailles... La ville est calme, très résidentielle et d'un abord de bon aloi parfaitement BCBG. D'où la réaction de Marie, croisant une jeune femme CSP++ au volant de sa petite auto, col claudine, foulard Hermès et pull Lacoste "Hallucinant, plus versaillaise que les versaillais !!"... Puis, se reprenant devant mon sourire indulgent, car après tout moi, 68, j'ai déjà fait ! "Finalement c'est rassurant, car si les Versaillais avaient le look neuf trois, on ne s'y retrouverait même plus".

Donc pour nous, journée consacrée à la visite du Château, "plus touristes que les touristes" (foskifo). Orgie d'ors et de damas, de bronzes et de boiseries, grande balade dans le parc, nous avons même loué une petite voiture électrique pour le parcourir de long en large... Déjeuner dans les bosquets et esbaubissement de rigueur dans la Galerie des glaces, qui mérite vraiment la "re"visite, car elle a retrouvé son lustre d'antan. Mais finalement, bien que le lieu soit époustouflant, un petit sentiment de déception, c'est trop, tellement, inévitablement un manifeste grandiloquent pour l'affirmation de l'autorité royale et de l'absolutisme, et la perfection de l'ensemble laisse une impression de raideur et de froideur qui sied mal à notre époque.
Nous avons regagné nos pénates, le périple europcar est terminé, et demain matin nous achèterons nos chocolatines au "Fournil de Grand-mère"... Ce matin, au "Fournil du Roi" Michel, très au fait du savoir-être hors de nos frontières, a bien acheté des "pains au chocolat" !

lundi 27 août 2007

POIGNEES D'AMOUR


Et voilà, c'est la reprise... Ce matin en allant à Saint Jean d'Angély pour retrouver mes étudiants de DECF pour d'ultimes révisions (ils passent leur examen la semaine prochaine), j'ai écouté la radio (vous allez sourire mais dans ma 205 pas de radio et je n'avais pas écouté les infos depuis des lustres) et j'étais accablée par la misère du monde. D'abord on y rappelait en boucle que c'était la rentrée, celle des enfants, des journalistes, des hommes politiques et je ne sais quoi encore. Puis s'égrenaient les mille et une calamités du jour, des tornades de feu du Péloponèse, les menaces évoquées par M. Sarkozy : terrorisme, nucléaire iranien, guerre en Irak, Proche-orient, Afrique, en passant par la gamine bouffée par son chien et la levée de précautions prévues, le répulsif pour les SDF à Argenteuil et l'agent du Trésor qui s'est versé pendant un 15 ans un salaire fictif de 4000 euros par mois... En vrac, bien sûr, et tout égrené sur le même mode, à vous faire croire que tout se vaut. On a de plus en plus de mal à retrouver une échelle de valeur dans ce fatras continu d'informations hétéroclites, et finalement la nouvelle du jour c'était les poignées d'amour de notre président.


Sur fond de scandale supposé et d'ironie non déguisée, les journaux revenaient en boucle sur les retouches effectuées par Paris Match sur une photo du chef de l'Etat en train de faire du canöe. Et de gloser, et de railler, et d'ironiser sur tous les registres sur un non-événement, mais "l'affaire" est bien révélatrice de notre mentalité décalée. On mélange tout, et à vouloir railler sans cesse, certains finissent par se prendre les pieds dans le tapis. De toute évidence, encore un des traits peu glorieux de notre époque : l'ébranlement de nos valeurs nous a précipités vers une aspiration frénétique à l'éternelle jeunesse, au point d'en perdre le bon sens. Le triomphe de l'individu se traduit par une fragilité croissante de nos repères, et la dépression nous menace davantage que l'oppression. Cela me permet de citer la phrase fétiche de Michel en ce moment "la démocratie nous libère de tout, sauf de l'obligation d'être libre, mais aussi authentique, performant, heureux (j'ajouterai mince, jeune et beau)... bref d'être un individu"*

S'attacher à commenter, fusse pour les railler, de telles balivernes, oser leur donner une place tout à fait égale aux 65 morts dans les incendies de Grèce, relève d'une légèreté sans nom, et consiste à prendre les français pour des irresponsables civiques. Cela véhicule aussi l'idée sinistre qu'un bourrelet est le signe d'une déchéance, que la magie supposée de l'informatique effacerait. Tout ce salmigondis nous donne honte d'en être parvenus à un tel degré d'infantilisme social et politique.

* extraite de Philosophie des âges de la vie de E.Deschavanne et P.H.Tavoillot chez Grasset

La devinette du jour pour mes filles : où a été prise la photo qui illustre cet article ? Certes c'est facile... Vous vous rendez compte !!! Que ne ferait votre maman pour essayer de remettre ses étudiants au travail avant l'examen... Et dire que la même sus-dite maman a toujours refusé de vous y accompagner... Pauvres fillettes...

dimanche 26 août 2007

VIVE LA MARIEE


Hier soir mariage du fils aînée d'une de mes amies... C'est l'âge qui veut ça, nous sommes souvent conviés à des mariages en ce moment parce que les enfants de nos amis se marient. Moi, j'avoue que ce phénomène de la "noce" me stupéfie toujours. Je ne sais d'où me vient cette incapacité à adhérer aux conventions sociales les plus banales, mais j'ai dans ce domaine une sorte de brume intellectuelle qui me paralyse les neurones. Autant j'aime, ou j'aimais, faire la fête avec nos amis, autant j'avais envie de célébrer à tort et à travers des événements inventés et de créer des traditions farfelues, autant je fais preuve, en matière de schéma obligé, d'obscurantisme idiot. Un ami a dit de nous un jour que nous étions des marginaux intégrés. Il y a du vrai dans cette remarque contradictoire, et nous avons fait de notre marginalité un signe aussi discret que notre absence de télé, on évite de le montrer, on n'en fait pas trop étalage car cela gêne les autres !

Moi qui ai regardé le parrain de Marie avec des yeux éberlués le jour du baptême de celle-ci quand il m'a fait remarqué que nous avions oublié les dragées, les mariages des enfants de mes amis me laissent perplexe. Quoiqu'en disent mes 2 adorables gamines, va bien falloir envisager cela à mon tour, et mettre dans mes plans ce type de manifestation incontournable. En fait, au départ je suis surtout une fille indigne (ouf, avec la mère indigne ça fait bon poids... je vous réserve l'épouse du même accabit pour le prochain épisode !). Mon père en effet, avait eu l'imprudence alors que je devais avoir 15 ans, un bien vilain âge entre nous soit dit, de dire que pour mon mariage il voulait organiser une fête de 3 jours ! Pourquoi 3 ? Allez savoir, il avait le sens de la démesure et les 2 journées traditionnelles devaient lui paraître pingres. Bref, nous avons choisi une cérémonie minimaliste, dont il a sans doute été bien affecté. Depuis, il faut bien l'admettre, je n'ai guère progressé. Mais promis, hier j'ai quand même tenté de m'imprégner des traditions qui gouvernent à ce type de fête. Les chapeaux à l'église, le ballet savamment orchestré des différents mouvements de foule, les changements de toilette après le cocktail, le sabrage du champagne et la fontaine de flûtes, l'ouverture du bal par le marié et sa mère sur fond de valse, et même le bouquet de la mariée jeté aux jeunes femmes célibataires de l'assemblée, tout était un excellent apprentissage pour l'insoumise que je reste dans le fond.

Promis les filles, si vous me traînez dans 25 boutiques pour acheter en grand secret une "superbe" robe volantée ou chantournée, si vous exigez que je me chapeaute et que vous décidiez de succomber au plaisir d'ouvrir le bal en valsant avec votre papa, je ferai mon possible pour faire bonne figure et d'avoir l'air d'avoir fait ça toute ma vie. Je vous assiterai pour la check list allant du chignon aux bouquets en passant par la jarretière, et je ferai contre manque de pratique bon coeur, et contre manque de conviction preuve de l'enthousiasme des néophites ! Je vous aiderai à découper des centaines de coeurs fushia pour décorer la salle, tout en supportant votre stress de future épousée, sans trop me laisser impressionner. Et on s'amusera comme des folles. Michel grognera, c'est certain, mais il sera tellement fier de vous accompagner à l'autel suivie de votre traîne de 8 mètres long que cela lui fera oublier l'ambiance pré-nuptiale, ses conventions un peu décalées et vaguement démodées, et le stress trépidant de l'année de préparation ! On vous doit bien ça, après de baptême trop intimes et sans dragées, et des communions en petit comité ! Déjà qu'on vous a privées de Dysneyland, il faut quand même qu'on assume un peu notre rôle de parents un jour !

vendredi 24 août 2007

JOIE SIMPLE

Petite photo clin d'oeil, un des rares bonheurs de cet été pourri à tous égards... Pour les non-initiés, cela signifie simplement qu'Hélène est avec sa maman... Ce n'est pas moi qui tiens l'actualité de ces coupes à jour... Michel prétend que le petit galet ou que le petit chat rejoignent automatiquement le gros galet gris quand les filles arrivent à la maison. J'avoue que, scientifiquement parlant, cette opération magique m'a toujours étonnée mais bon, la science rejoint parfois les arcanes de l'âme, quoiqu'en pensent certains incrédules, et à Meschers ce petit prodige se produit régulièrement chaque fois que mes filles reviennnent. Autant dire que je les surveille attentivement ces 2 précieuses coupes de sable ! En confidence, le petit galet et le chat sont très indépendants et semblent préférer rester dans la leur, trop souvent à mon goût... Mais c'est ainsi que les choses vont !

jeudi 23 août 2007

LE SABRE, SANS LE GOUPILLON

Vous avez l'habitude de nous entendre parler de votre grand-mère et de sa passion pour sa maison avec une condescendance un peu exaspérée, car elle y attache une importance qui nous semble démesurée dans notre style de vie, enfin un peu décalée dans le monde actuel... Le statisme, l'immuabilité, la perpétuation de supposées traditions nous semblent d'autant plus pesants qu'ils ne s'accompagnent dans son cas d'aucun véritable caractère de "maison de famille"...

C'est en effet la maison qui appartient à la famille depuis un siècle et demi, mais cette maison n'est pas celle des enfants joyeux, des kyrielles de cousins, des bêtises partagées, des fous rires et des bagarres, ce n'est ni Tchékov ni la comtesse de Ségur. Pour nous, cela a toujours été une maison de vieilles personnes, vide de rires et de jeux, aux règles immuables et pesantes, l'exact contraire du Peyrou, la maison du bonheur de Maf et Dadou... Mais Maf et Dadou, ils la construisent savamment et surtout amoureusement leur maison du bonheur, ils la "travaillent" toute l'année, préparant avec patience et générosité cette ambiance délicieuse qui y règne en maître durant les 2 mois d'été. Une "maison de famille", au sens mythique et presque féérique du terme, ce n'est pas une architecture mais un cœur, une organisation, une flambée d'amour tendre et dévouée. Pas un carcan sombre et paralysant qui veut enfermer les êtres avant de les aimer.Nous étions donc, Michel et moi, chez votre grand-mère lundi et mardi, et elle s'est extasiée sur deux de vos cousines que, bien sûr vous ne connaissez pas (car on a toujours, sans trop savoir pourquoi, été plus ou moins fâché avec tout le monde) qui étaient venues lui demander de leur parler de "la famille". C'est sûr que cela lui a fait un immense plaisir qu'enfin quelqu'un s'intéresse à son arbre généalogique : nous sommes, en la matière, de bien mauvais enfants, mais l'affaire est entendue ! Toujours est-il qu'elle nous a donné une photocopie des états de service du fameux ancêtre prestigieux de la famille (vous savez, celui dont le portait est dans le salon où nous n'allons jamais, au-dessus de son sabre et de son gobelet de campagne), états de service établi en 1855 afin que la veuve de ce valeureux soldat napoléonien puisse toucher du Second Empire une pension récompensant son service à la Nation. Alors, je vais tout de même vous faire partager cette tranche de vie, qui, avouons-le, est spectaculaire.

François Delfaud, né le 30 décembre 1769 (tu vois Hélène, cela arrive à d'autres de naître au moment où l'année se termine) à Cladeck en Dordogne, avait à peine 23 ans quand il est entré le 8 juillet 1792 au service du bataillon de la Dordogne. Sa carrière est proprement étonnante car nommé caporal le 5 avril 1793, il devient capitaine le 5 juin, rien moins. Le temps était aux promotions rapides ! Passé au 2ème bataillon de ligne de la Dordogne le 23 brumaire an 8, il est au 30ème de ligne le 15 ventôse de la même année. Réformé le 1er brumaire an 9, il reprend du service pour la campagne de Russie, rentré au 4-ème de ligne le 27 avril 1811 il sera retraité le 26 juin 1813.
Ses campagnes sont énumérées de façon laconique puisqu'il est indiqué qu'en 1792, 1793, ans 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 1811 et 1812 il est dans "diverses armées". Par contre ses blessures forcent l'admiration, et donnent plus d'indications sur ces fameuses "armées" : blessé d'un coup de feu à la jambe droite et d'un coup de biscayon en 1793, blessé d'un coup de feu au bras droit en l'an 3 en Espagne, d'un coup de feu à l'épaule droite le 16 août 1812 à Smolensk et de deux coups de feu le 17 à la cuisse droite. Il semble qu'outre l'Espagne, il ait fait Moscou, la Bérézina et Leipzig. Tout cela lui a valu la Légion d'honneur le 2 septembre 1812. Cet intrépide ne fit pas de vieux os, sans doute bien amoché à la suite de toutes ces aventures : il est mort d'une fièvre maligne, autant dire d'une infection, le 13 octobre 1817 à Périgueux, il avait 48 ans. J'ai cru comprendre que c'est son fils, Guillaume, qui a acheté la Tache en 1857, c'est à dire quelques temps après que les service de son casse-cou de père aient été salués par le nouvel Empire. Ce sont ses descendants qui ont donc touché les dividendes de son dévouement à la France, lui ayant surtout caracolé sur les chemins boueux d'Europe, y écopant blessure sur blessure. Le sabre cabossé et le gobelet de campagne posés sous son portrait sont plus émouvants quand on les imagine utilisés par cet intrépide, sans aucun doute très courageux pour s'être exposé ainsi, et recousus du haut en bas du corps ! Mal recousu on l'imagine dans des conditions sans doute bien précaires. Et, au-delà de notre manque de patience, somme toute bien classique mais tout juste teinté d'un reste adolescent de crispation contre les lubies des parents, vous comprenez mieux la légitime fierté de votre grand-mère à l'égard de son valeureux ancêtre !
Pour le goupillon, votre papa a, vous le savez, un autre ancêtre qui s'est illustré en subissant le martyre en Chine, mais la légende familiale est beaucoup plus floue et je ne saurais aujourd'hui vous en dire plus, car il ne semble pas que l'imaginaire collectif lui ait accordé beaucoup d'intérêt, sans doute moins impressionné par le caractère de son sacrifice. Je vous promets d'essayer de trouver quelques indices sur cette autre histoire !

Reste l'énigme du jour : trouver ce qu'est un "biscayon"... ben oui... à vous de chercher, les commentaires sont à votre disposition pour la réponse (je n'ai eu pas de succès jsuqu'à présent mais je ne désespère pas !!!!)

dimanche 19 août 2007

OBJET DE SOINS

Ou comment d'un instant à l'autre, sans crier gare, on peut se retrouver passer de l'état de sujet à celui d'objet.

Je l'ai dit il y a peu, Michel a trouvé un moyen drastique de ne pas travailler pendant que Marie était auprès de nous. La plaisanterie est lourde, mais finalement les faits sont là. Marie est arrivée à Meschers mercredi dans la soirée, et le lendemain matin il lui fallait aller travailler. Prévenu trop tard de son arrivée il n'avait pas pu repousser ses rendez-vous, ou transférer ailleurs ses 2 journées de travail. Et il râlait ferme !!! Or en se levant jeudi matin, il a eu un véritable malaise, dont il s'est cependant remis bien vite, et est parti courageusement à Pérignac. Pourtant, impressionné par l'accident grave arrivé à un voisin négligent et ayant l'opportunité d'annuler un rendez-vous assez long pour faire le trajet, il a eu la sagesse d'aller consulter un médecin dans la matinée, lequel l'a illico envoyé chez le cardiologue. Et c'est là qu'il est devenu "objet de soins". Pris en main, de façon magistrale et étonnamment professionnelle, dirigé, soumis à une suite minutée, calibrée, parfaitement cohérente et totalement efficace d'actes qui ont fait de lui un malade totalement pris en charge. Impressionnante cette mécanique médicale, très humaine cependant, explications, sourires, gentillesse, fermeté, tout était parfait. Pourtant dès l'instant où le cardiologue a décroché le téléphone pour appeler une ambulance afin d'emmener Michel à La Rochelle, Michel n'a plus eu une décision à prendre ni un choix à faire. Michel qui pensait qu'une ambulance ne s'imposait pas, qu'il pourrait aller dîner à La Rochelle avec nous le soir de son hospitalisation, les examens n'ayant lieu que le lendemain, qui s'est vu piqué, rasé (pas la barbe, ouf !!!), enduit de Bétadine, transporté alors qu'il était parfaitement valide, bref, Michel est devenu l'OBJET de soins. Informé, rassuré, traité avec une compétence parfaite, mais totalement pris en charge et passif.

C'est un des étonnements de ces 3 jours de nébuleuse... 3 jours étranges pour nous 3... Avec Marie nous avons comaté à tour de rôle, l'une relayant l'autre dans la lucidité pour assurer à nous deux une façade convenable et une réactivité à peu près cohérente aux événements. Marie a découvert, ou admis je ne sais, que son papa n'est pas immortel. Moi, j'ai découvert un état de fragilité insoupçonné. Il m'a fait penser à la fragilité de la vieillesse, et j'ai pris du plomb dans l'aile. Car Marie m'a été absolument indispensable pour faire face. J'imagine que si elle n'avait pas été là, j'aurais été capable de réagir de façon adaptée, mais il faut bien admettre que sa présence m'a permis de lâcher prise et plus d'une fois au cours de ces 3 jours, de la laisser prendre les rênes pour que notre équipage reste dans les rails. Par contre, il y a eu entre nous une véritable synergie, et cette découverte aussi est surprenante. De l'état de parent, recours universel et légitimement sollicitable sans la moindre retenue, se retrouver maman assistée dans l'épreuve, je ne m'attendais pas à ça. C'est à la fois superbe et triste, car c'est une nouvelle responsabilité qu'on impose à son insu à ses enfants et quelque part, cette inversion de rôle m'a donné l'impression de faillir à mon devoir.
Voilà, ce week-end étrange est terminé, Marie est partie vers d'autres cieux qu'on imagine sans peine plus cléments (pardon de cette banalité, mais bon, cet été le sujet de conversation universel c'est le temps, et la remarque "fine" du moment c'est "pour un mois de novembre, il fait plutôt bon", je n'y échappe donc pas). Michel émerge tout doucement du contre-coup moral que lui a provoqué son incident cardio-vasculaire, et moi, je tente de mettre en ordre mes repères mentaux quelque peu perturbés ! C'est un ensemble matiné de nostalgie, d'étonnement et des craintes informulées, qui se contentent de naviguer discrètement à fleur de conscience, et qu'on n'a pas vraiment envie de formuler clairement. Pour rester sujet de son avenir !

samedi 18 août 2007

TINA'S


Lorsque nous avons acheté la maison de Meschers, les "nés natifs" à qui nous disions que nous avions une maison au-dessus de la plage des Nonnes, répondaient "ah oui ! à côté du Tina's café"... Et de fait, c'est une véritable institution locale que ce petit resto, niché au fond de la plage, juste sous la falaise, genre baraquement mal équarri, et ouvert de la Saint Valentin au 1er novembre environ. Le sous-titre du Tina's c'est "la maison des musiciens où la cuisinière chante".

http://www.tinascafe.fr/

C'est un snack Tex-Mex chaleureux où l’on vous mange plutôt bien, de façon variée et abondante, sauf quand l'affluence entraîne des ruptures de buffet comme hier soir, mais dans l'ensemble c'est bon. L'idée, c'est que Tina accueille, selon leur bon plaisir, des amis, des groupes musicaux, des musiciens présents souvent sur la côte pour leur tournée d'été. Ils viennent dîner chez elle, grande table ouverte et fort animée, et en remerciement, ils y vont de leur aubade. Ce qui fait que, quand on va dîner au Tina's on ne sait jamais sur quoi on va tomber, Tina elle-même tenait à nous le redire hier soir avant la prestation du groupe de jazz Nouvelle Orléans qui se produisait chez elle... La musique est donc de qualité inégale, mais toujours généreuse. Et les soirs de dèche, il y a toujours Tina qui pousse son blues swingué et son inévitable accolite, Steeve Davey, un vieux rocker anglais, qui met inévitablement une ambiance d'enfer, tout à fait has been, mais parfaitement rythmé.
Il y avait longtemps que nous n'étions pas descendus chez Tina, car elle a eu une révélation en 2001 et une crise mystique assez intense, qui aboutit à un discours un peu répétitif d'amour universel, qui, lorsqu'on le pratique à trop forte dose, devient un peu lénifiant. Oh, elle est adorable Tina, ses gospels sont sympas, en parfaite évangélisatrice elle prend soin de les traduire avec son terrible accent qui rend les choses encore plus confuses, mais hier soir Marie et moi avions besoin de nous détendre un peu et la soirée a été parfaite et variée. Tina, quant à elle, nous a chanté les béatitutes sur fond de blues, elle s'est un peu étendue sur diverses considérations existencielles traditionnelles et a prêché l'amour avec sa conviction habituelle. Et puisqu'elle fait du prosélytisme, je me dois de relayer sa pensée du soir, espoir : "Savez-vous quels sont les lieux où l'on trouve le plus de potentiel ? Ce sont les cimetières car y reposent tous les rêves inaboutis de ceux qui sont morts, sans les avoir réalisés... c'est pourquoi il faut réaliser ses rêves...". Nous sommes bien sur la même longueur d'onde Madame Provenzano !! Moi j'appelle "le syndrôme des fleurs sur la tombe"... Il ne faut pas laisser passer les possibles au risque de se retrouver pleurant devant une pierre grise, quelques chrysanthèmes au bout des doigts et toute sa nostalgie teintée de regrets irréversibles au bord des lèvres. Parfois même, ça m'angoisse de sentir les rêves qui fondent et, inéluctablement, se transforment en improbables, et j'en trépigne de désespoir de ne pas pouvoir faire comprendre cela à ceux que j'aime.

L'énigme du jour : que signifie crooner... Bien sûr nous savons tous que c'est un chanteur de charme, mais en fait to croon cela doit bien vouloir dire quelque chose non ??? Trop facile...

vendredi 17 août 2007

TOUT CONFORT

Votre fille habite les Seychelles, vous ne l'avez pas vue depuis 6 mois et elle vous annonce ex abrupto qu'elle débarque en Europe et va venir faire un petit tour par Meschers. Deux jours... ensuite vous irez avec elle 2 jours en Dordogne et enfin elle partira pour Tarifa. Bon, cela s'appelle du programme, bien pensé, billets de train et d'avion prévus, horaires minutés, bref tout est parfait. Il ne vous reste plus qu'à la recevoir dignement, enfin moi je ne sais pas mais une gamine qui vit à l'Equateur, nourrie de poisson et de riz et trempant en permanence dans une ambiance d'aquarium verdâtre, il faut lui prévoir de bons repas, un beau soleil et de longues journées bien sèches.
Michel, en père bien consciencieux, a consulté avidement la météo, pour constater, atterré, qu'il allait pleuvoir tout le temps. Quand nous sommes allés chercher Marie à Surgères, il tombait des trombes d'eau et elle nous a demandé nostalgiquement s'il y avait du feu à la maison ? Ben non, d'ailleurs il n'y a même plus de bois tant il a fait mauvais cette année, le tas de charme est épuisé. Par ailleurs, le feu d'artifice du 15 août sur la plage, nous avons jugé que, vu ce qu'elle était gelée, ce n'était pas une idée d'enfer. Bien nous en a pris, le feu a été annulé, ce qui, sachant qu'il déplace plus de 100 000 personnes venues des 4 coins de la région, est rarissime et prouve, s'il en était besoin, l'état du temps.
Nous sommes donc restés bien tranquillement à l'abri des intempéries pour sabler le champagne en l'honneur du 15 août, c'est tout de même la fête de notre petite fille, et passer une soirée agréable. A l'heure du coucher, les choses se sont compliquées, car Marie loge dans un studio refait il y a quelques années par un "électricien" aux talents mitigés, pour tout dire un gougnaffier, et en gros, quand on allume la lumière, cela déclenche le volet roulant, et quand on branche un appareil sur une prise, cela éteint la lumière. Bref, on en était là quand, subitement, tout a décidé de disjoncter à la moindre tentative de manipulation électrique. Marie est donc allée se coucher aux bougies, et s'est trouvée condamnée au noir absolu pour prendre sa douche. Confort moyen... L'électricien requis d'urgence pour poser un diagnostic, nous a annoncé que son prédécesseur avait mis des fils trop fins, qui avaient tous fondus et qu'on n'avait évité l'incendie que parce que le système avait peu servi. Bon, pas grave, on fait contre mauvaise fortune bon coeur, et Marie a quand même réussi à lire jusqu'à 3 heures du matin !!!
On pourrait penser qu'on se rattraperait sur la gastronomie, mais là encore, tout a foiré et pour des circonstances vaguement indépendantes de notre volonté... Pour tout dire, Michel était très contrarié car prévenu un peu tard, il n'avait pas pris de vacances pour ces 2 petits jours de présence de sa fille, et il n'avait strictement aucune envie d'aller travailler alors qu'elle est là. Il a trouvé un moyen peu commun de contourner cette obligation, mais je n'ai pas trop le droit de le raconter. Peu importe, mais toujours est-il que Marie s'en souviendra de son séjour à Meschers, comme dit Michel "les parents ??? des bêtes à chagrin"... Marie est adorable, elle ne cesse de nous dire qu'elle est trop heureuse d'être là, et c'est absolument vrai. Donc finalement pas la peine d'organiser quoi que ce soit pour le retour de l'enfant prodigue, le hasard s'en charge très bien pour vous, et il fait beaucoup mieux les choses !!!

mardi 14 août 2007

VAUT LE DETOUR

Aller dîner sur la côte un lundi 13 août au soir, cela peut sembler une idée carrément kamikaze, et on avait peur de se retrouver dans une foule d'autant plus compacte que les conditions météos sont telles qu'elles favorisent les visites de musées et les dîners au restaurant. Pourtant Gilles avait décidé de nous inviter hier soir au resto. Invitation surprise, et la surprise ce fut qu'en fait nous nous sommes retrouvés dans un endroit hyper sympa, juste à côté de chez Françoise et Patrick, la Cabanne de Chatressac.
Chatressac est un petit port ostréicole sur la Seudre, qui déploie ses quais maçonnés dans le prolongement du bourg proprement dit. Quelques bâtiments anciens aux caractéristiques architecturales typiques : murs en moellons crépis, jambages et linteaux en brique rouge, frises en bois ouvragé.... subsistent parmi des hangars métalliques moins esthétiques, et donnent l'image de ce que pouvait être l’ostréiculture avant la mutation technologique qu’elle a entamée il y a une bonne vingtaine d’années. A la Cabane, petit caboulot installé sur le quai, l'ambiance est décontractée et simple : tables et bancs de bois judicieusement surélevés pour permettre au regard d'embrasser les parcs à huîtres d'un côté, et la Seudre de l'autre, menus sur une ardoise, et le patron qui passe en vous annonçant qu'il a, pour ce soir, 5 soles, 7 bars et 3 dorades, tout cela fait très couleur locale, mais sans affectation. Nous y avons mangé des moules frites, c'était le but de la manoeuvre et des éclades aux aiguilles de pin, charbonneuses à point. Mais l'endroit vaut surtout pour son emplacement en équilibre instable au dessus des eaux changeantes de la Seudre. Le soir, au coucher du soleil, l'ambiance est carrément magique. Autre instant d'exception, après les crêpes flambées, la petite balade post prandiale jusqu'au bout du quai qui s'ouvre sans retenue sur le ciel d'août, zébré d'étoiles filantes. Le tout sans un touriste à l'horizon, dans un calme et une paix tout à fait inattendus en ce jour de l'année où la côte Atlantique ressemble à une vaste foire. J'avais dit à Gilles que j'aimais ces marais, qui offrent une palette étonnante de lumières fantastiques à qui sait les explorer et les attendre. Ce ne sont pas des lieux qui se donnent sans pudeur, il faut les connaître pour en apprécier la richesse et la variété. C'est pour cela qu'il a choisi Chatressac.

Mais le plus drôle de l'endroit, et qui vaut que tous les hôtes de la Cabane, sans exception, y font "escale", c'est la "cabine d'aisance", vers laquelle on grimpe par un escalier fort raide et dont on enjambe vaille que vaille le seuil largement surélevé comme celui d'une vraie cabine de bateau. On ne peut pas fermer la porte mais qu'importe... de toute façon on surplombe la salle et les cuisines, l'intimité y est moyenne, mais c'est net, on domine la situation ! L'absence de tout à l'égoût contraint à ne rien jeter dans la cuvette, mais tout est propre, coquet et plein d'humour, comme la grande bassine pour se laver les mains flanquée d'un arrosoir en zinc. Et les visiteurs ravis redescendent en clamant aux autres convives hilares : "Pas de doute, vaut le détour !"

Comme lien, je vous propose le livre de Jacques Guy Kuntz sur l'Ostréiculture en Marennes Oléron, un peu long à charger en pdf, mais qui offre de jolies photos fort authentiques du port de Chatressac prises il y a une dizaine d'années, mais cela est resté intact :

http://www.bordessoules.com/editions/pdf/rythme_marees.pdf

dimanche 12 août 2007

REPONSE A ELLE

"Elle", c’est L, L pour Laurence… "Elle" m’a écrit un mail pour me parler du Petit ReNaudon, et j’avoue qu’elle m’a tellement touchée que je n’ai pas encore réussi à lui faire une réponse personnelle. Je le ferai c’est sûr, mais ce soir j’ai envie d’une petite page pour «elle», sans dévoiler le contenu de son mail car je la sais, je la sens pudique. Je voulais juste lui dire ce soir que c’est vrai que notre force, nous la trouvons dans nos actes d’amour. C’est même notre seul et notre plus fort moteur. Et pourtant, au fil des ans, il naît en nous comme un désenchantement, qui nous déshabille peu à peu, non pas de la force d’aimer mais qui nous fait nous poser des questions sur la perception qu'ont pu avoir de ces actes ceux à qui ils étaient destinés.

On se sent brusquement démuni à devoir les justifier, les expliquer, voire s’en disculper, tant il est vrai que dans la force de l’action on a parfois été maladroit, malhabile voire complètement à côté de la plaque. C’est ce qui arrive quand les enfants grandissent et qu’avec les meilleures intentions du monde, on s’aperçoit qu’on leur a créé des malaises là où on voulait leur donner des armes pour la vie. Avec le recul, avec les années, on découvre stupéfait que ce qu’on a fait avec les desseins les plus purs, est distordu par l’impression de ceux qui l’ont reçu.

Dur métier que le métier de parents, mes minettes ne comprenaient pas pourquoi, à votre âge Laurence, je passais mon temps dans les livres de conseils aux parents (du genre « Mythe de la mauvaise mère » ou « le complexe du homard » que j’ai retrouvés en faisant mes cartons)… Elles avaient raison, ce n’est pas dans les livres, et encore moins dans les conseils psycho-pégado-parentaux, qu’on trouve la solution, c’est en soi. Mais comme disait ma propre mère, avec une acrimonie qui me laissait toujours pantoise et que je comprends mieux maintenant "Mais personne ne nous a jamais appris à être parents, et on nous critique tout le temps de mal le faire". En fait, ces livres sont une façon de se rassurer, car on sent bien que cet amour qu’on donne comme étant la seule arme dont on dispose pour affirmer sa propre humanité, on le donne maladroitement, ou qu’on se trompe. Lorsque les enfants ont grandi, vient le temps des bilans et là on se sent encore plus démuni, pauvre et atterré d’avoir été si malhabile. Pourtant, peu importe le risque d’erreurs, il faut le courir, et aimer de travers plutôt que ne pas aimer. En réponse à la remarque amère de maman, j’ai imposé à mes filles la mienne "Finalement? peu importe si on s’y prend mal pour aimer ses enfants, ce qui compte et qui nous fera survivre, c’est d’avoir pris des risques et prouvé qu’on y croyait, très fort". Je ne sais comment elles digèreront tout cela, mais je souhaite qu’elles m’écrivent dans 20 ans une lettre aussi sensible que la vôtre ! Cela voudra dire que, malgré mes insuffisances et mes inévitables incompétences, j’ai réussi à faire passer le message.

En guise de clin d'oeil : pourquoi n'y a-t-il que 5 mains sur la photo ??? Car 3x2=6 n'est-ce pas ????

samedi 11 août 2007

IKEA SPIRIT

Ou quand l'égalitarisme se pare des plumes de l'individualisme
La première fois où j’ai entendu parler d'un magasin Ikea c’était par mon ami Fred qui, rentrant en Espagne avec celle qui allait de venir sa femme, se proposait de s’arrêter à Bordeaux pour y faire quelques achats. Cela date donc d’une dizaine d’années environ. Il faut longtemps pour que les nouveautés atteignent nos campagnes ! J’ai mis, malgré l’enthousiasme général affiché pour cette enseigne, plusieurs années avant de m’y rendre moi-même pour la première fois. « On » m’avait vanté l’ambiance, le choix, l’économie, le côté convivial et sympathique du magasin, et « on » m’assurait que vraiment c’était un concept vraiment séduisant. J’avoue que, lors de ma première visite, j’ai carrément piqué une crise existentielle, une véritable révolte contre le chemin imposé, balisé étroitement et savamment agencé pour obliger le consommateur potentiel à devenir, sinon consommateur compulsif, mais au moins acheteur minimal. Sauf à avoir oublié sa carte bleue, son carnet de chèque et même son porte-monnaie, car quelques piécettes suffisent à se faire plaisir, ou à être totalement et définitivement fauché, on ressort toujours avec un objet voire plus, même si on est venu en simple curieux. J’ai passé obsessionnellement ma première visite à chercher les passages courts, pour fuir au plus vite, mais je crois, en toute honnêteté que je suis, même ce jour-là, partie avec un truc inutile et génial dont j’ai certainement fait le meilleur usage depuis. Car, il faut bien l’admettre, on trouve des articles astucieux, pratiques, bon marché et même de qualité chez Ikea. Soyons clairs, mon propos n’est pas de dire du mal d’Ikéa, j’y ai acheté deux cuisines, des canapés, des bibliothèques et des tas de gadgets hyper commodes et je ne m’y suis pas ruinée. Je reconnais que c’est génial pour s’installer, voire plus si affinités.
Le concept Ikea, vous connaissez : « Tout sous le même toit à des prix bas ». Le style : des meubles simples, fonctionnels et faciles à vivre, des matériaux et des textiles naturels, conjugué avec une réelle originalité et un bon goût rarement prix en défaut. Les modalités : c’est le kit, qui permet de réduire au maximum de coût du stockage et de faire supporter au consommateur les frais de montage et en grande partie de livraison. La gamme évolue sans cesse, l’inventivité est réelle et les gadgets correspondent souvent à un besoin réel. Le tout pour des prix défiant toute concurrence. A cela s’ajoute la fameuse culture d’entreprise de la marque, enthousiasme, volonté de renouvellement, conscience du prix, humilité et simplicité. Avec ces principes, admis unanimement par les foules qui envahissent ses rayons, Ikea affirme « faire du consommateur l’artisan de son propre bonheur » (carrément), lui propose tous les outils et toutes les aides possibles pour le seconder dans son travail créatif, du catalogue aux logiciels de conceptions en 3D qui permettent de simuler et de chiffrer son projet, en passant par les espaces de « mise en scène » qui fourmillent de bonnes idées. C’est vrai que c’est absolument génial. Pour compenser le coût du montage transféré vers l’acheteur, la marque offre de nombreux et incontestables services : facilités de paiement, conseil, retour de marchandises aisé, et même restauration, garde d’enfants etc… Car aller chez Ikea c’est passer une journée complète dans un environnement unique où tout est conçu pour vous inciter à rester le plus longtemps possible.

Et c’est là que le bât blesse. Car finalement, sous couvert d’une philosophie de l’économie qui n’est que marketing déguisé, d’une éthique forcenée consacrée par un « code de conduite » aux multiples engagements envers ses fournisseurs qui n’est qu’un prétexte à publicité supplémentaire qu’aucun audit ne vient vérifier (on a le sens du secret chez Ikea), sous couvert d’un égalitarisme de bon aloi mais qui n’est que prétexte à réduire les coûts au maximum (avez-vous lu la prose édifiante qui vous invite à desservir vous-même votre table ?), Ikea a un objectif et un seul : provoquer l’achat, inciter à entasser un max de choses dans l’immense cabas jaune auquel s’ajoute, revenu au rez-de-chaussée, le chariot aux dimensions imposantes sans lequel la fin du périple est impossible. Et s’il vous prend envie de faire pipi au milieu du voyage imposé ? Faut parcourir au pas de charge les rayons vous séparant de la sortie, et refaire le tour en recommençant par le début. Et tout cela n’a qu’un but, favoriser les achats impulsifs et entraîner une sur consommation dont l’entreprise est la première bénéficiaire. Tout est très bon marché, mais décomposé, empilable, modulable, et d’euro en euro, on a toujours une drôle de surprise en passant à la caisse. Il y a du subliminal dans les méthodes de persuasion clandestines employées pour provoquer l’acte d’achat. Tout cela a été étudié et décortiqué par de nombreux auteurs (je cite seulement le titre le plus drôle : IKEA : un modèle à démonter, par Denis Lambert, Jean-Marc Caudron et Olivier Bailly, Editions Luc Pire, Bruxelles, sept. 2006, 108 p.)
Quant à moi, vous l’avez compris, j’ai accompagné Gilles qui est en train d’équiper sa nouvelle maison, et j’ai ressenti comme à chaque fois une vraie fureur qui me donne envie de m’insurger contre le parcours obligé. J’ai dû faire preuve d’une grande volonté et appelé à la rescousse mes souvenirs très récents d’envahissement post déménagement pour résister à la tentation d’une superbe enveloppe de couette alors que j’en ai 20 autres, d’un magnifique système de rangement alors que je viens d’en jeter 12, d’un petit meuble de salle de bain tellement plus astucieux que le mien… Malgré cette farouche résistance, j’ai acheté très exactement le double des objets prévus, ces achats supplémentaires n’ayant cependant rien de superflu, c’est sûr que je m’en servirai J’ai mangé suédois, ce qui n’a rien de bien exaltant quoi qu’on dise, supporté les braillements des gamins que le concept n’enthousiasme guère, fait la queue un peu partout, et à la sortie pas de doute, Ikea gagne toujours… En prime, j’ai même décidé d’équiper mon arrière cuisine en meubles ingénieux, grâce au logiciel de conception assistée par ordinateur qui m’offre tant de variantes et éclaire mon futur d’un bonheur intense !!! Et j’y retourne bientôt. Histoire de râler encore et de me soumettre avec bonne humeur au « concept Ikea » !


jeudi 9 août 2007

LA DIME

Ici, sur la côte Atlantique, la dîme nous la payons à l'envers... le prix à payer pour avoir la jouissance d'un lieu de vie réellement magique, ce n'est pas un dizième, mais au contraire une multiplication par 10...
3 à 4 semaines par an, notre petit paradis se transforme en un des cercles de l'enfer, le premier selon Dante, mais assez insupportable pour que ces semaines nous paraissent longues, et qu'on en guette la fin avec impatience. Nous sommes actuellement en plein dans cette phase régressive aigue, le plus fort de la période touristique sur la côte, et pour survivre on se contente de se mettre en apnée... On ne sort plus et on attend que ça passe...
11 mois sur 12, nous jouissons d'un véritable hâvre, certains diraient un désert, pas un voisin vaillant, pas une lumière à l'horizon à des fenêtres à la ronde... Le matin, l'estuaire voué à notre admiration exclusive, le soir les couchers de soleil en version intime... Et pas un humain à des lieux alentour. La rue nous appartient, la forêt bruisse pour nous et les marées sont là pour notre usage exclusif. Et j'avoue avoir des bouffées de plénitude quand je pars travailler le matin, submergée par l'impression que toute cette beauté m'est donnée un peu par interim.
Hier des touristes en promenade post prandiale se sont arrêtés pour admirer un palmier (que je trouve un peu chevelu, mais bon, les gens aiment les palmiers). Je sortais le chien et du coup j'ai engagé la conversation avec eux... Nous admirions la vitalité de l'olivier quand je leur ai dit qu'en fait il avait souffert de la neige et qu'ensuite il avait repris une santé d'enfer. "Parce que vous vivez là toute l'année ????"... Moi, naïvement je pensais la remarque envieuse, voire admirative... Que nenni... Panique dans leur regard... "Mais il doit y avoir personne l'hiver"... Ben non... en effet, personne... Mine contrite, voire apitoyée. Ils ne pouvaient concevoir qu'on vive dans un pareil trou à longueur d'année. Comment leur expliquer que sans les hordes de touristes suants, huilés et rougis comme des écrevisses trop cuites, sans leurs mouflets agités, leurs voitures tonitruantes et envahissantes, à ne même plus pouvoir ouvrir le portail, les lieux sont, vraiment, féeriques, flamboyants parfois... Que la brume sur l'estuaire s'offre comme un cadeau personnalisé répondant à vos humeurs les petits matins d'hiver. Que la plage déserte battue par la houle ou irisée au soleil de l'automne est une merveille à parcourir quand on a l'impression qu'elle se déploie pour vous seul. Que la forêt sans touristes processionnaires est un havre de calme et de sérénité. Que le coucher de soleil qui transforme l'estuaire en coulée de Martini rosé, ça a vraiment un effet feng shui incomparable, l'ivresse sans l'alcool !
En contrepartie, il nous faut subir les piaillements montant de la plage dès 11 heures et jusque tard le soir, les annonces des maîtres nageurs rappelant 20 fois par jour les consignes de sécurité, le "polypatte band" jouant en boucle "c'était le temps de fleurs" au milieu des hurlements de la foule en délire qui vous gâche un peu le coucher du soleil, les encombrements incessants devant la maison, les embouteillages dès qu'il faut tenter d'aller faire une course, l'impossibilité absolue d'envisager le moindre déplacement après 11heures du matin (j'ai mis 1heure à trouver une place en stationnement interdit pour aller poser un chèque à la banque tout à l'heure) et les locataires de Kikine qui hurlent à longueur de journée sur un registre vaguement aviné... Cette année nous avons eu, en prime, le démontage du panneau de l'allée du Clair de Lune (c'est fréquent car le nom de l'allée tente les estivants, cela fera bien dans son salon), remplacé par... une bouteille de pastis !



Le seul moment marrant, c'est quand on passe à Talmont. Il se trouve toujours quelques malins qui espèrent économiser 1 ou 2 euros, en se garant en dehors du parking, gigantesque, aménagé aux abords de la petite cité. Là, la gendarmerie s'en donne à coeur joie, et verbalise à tout de bras, s'en va satisfaite, et revient quelques heures plus tard pour reprendre sa lucrative activité. A quelqu'heure que vous passiez, ils sont là, à pied d'oeuvre, et ils fleurissent les pare-brises avec constance. Bon, je l'admets, je m'amuse de peu, mais l'ambiance est tellement tendue : les touristes, fatigués, énervés qui s'en prennent à vous sans cesse, les piétons qui rendent la circulation hasardeuse, l'exaspération qui monte au fur et à mesure que la saison avance, qu'un petit éclat de rire chaque fois que je passe sur cette merveilleuse route d'Arces aux reflets argentés, ça n'est pas bien méchant.

mardi 7 août 2007

METHANE ET MASCARET



La nouvelle commence à prendre de l'ampleur, bien qu'elle ait longtemps été diffusée discrètement et que les décisions aient été prises en catimini. Nos girafes vont être remplacées par des cuves en béton !



Je m'explique, pour les non initiés les girafes ce sont les grues que l'on aperçoit entre les pins. Notre maison de Meschers donne sur l'estuaire de la Gironde, et face à nous, le Verdon. C'est l'extrémité de la pointe du Médoc. Station balnéaire bénéficiant de 2 plages, l'une sur l'océan l'autre sur l'estuaire. Pas moins de 4 ports ! Un port de plaisance, un port de commerce, un port d'escale et enfin un port de conteneurs. C'est dans ce port de conteneurs que le Port Autonome de Bordeaux envisage d'implanter le 3ème terminal méthanier de France. On nous parle de site idéal, d'opportunité face à l'accroissement de la demande, et bien sûr de grand pas en avant pour le développement de l'approvisonnement énergétique de notre pays.
La commune du Verdon vient d'installer à quelques centaines de mètres de l'emplacement supposé du terminal un vaste port de plaisance, Port Médoc, qui a déjà bien du mal à démarrer et surtout à devenir rentable. Cette implantation risque de porter un coup fatal à son développement déjà cahotique.
Mais ce que les concepteurs du projet semblent avoir oublié c'est que ce terminal se situera sur l'estuaire de la Gironde, une merveille naturelle déjà bien mise à mal par tant d'installations néfastes sur ses rivesu mal à démarrer, et dont le voisinage de cette structure industrielle va mettre à mal le développement. Enfin et surtout, face au Verdon toutes les stations balnéaires de la région de Royan, qui admireront les 5 cuves de 48m DE HAUT 80m de diamètre , torchères et unités de regazification défigurant le paysage et qui suivront le ballet de l'accostage et du déchargement des navires méthaniers. On va défigurer une région unique, un site naturel dont on devrait au contraire protéger le caractère unique et superbe, et mettre en péril un éco système dont on sait combien il est fragile et délicat. D'aucun soulignent que l'on utilise du gaz et qu'il faut bien supporter les conséquences désagréables que son acheminement nécessite. Mais là, l'ironie veut que ce soit surtout les espagnols qui seront les clients du terminal, le sud-ouest étant déjà approvisionné par Fos sur Mer. Il faut avouer que mettre en pendant du phare de Cordouan, classé monument historique depuis 1862, une batterie de cuves en béton (comme en pendant aux blockhaus de Suzac, de bien triste mémoire, mais moins volumineux tout de même) et quelques torchères, semblent une idée quelque peu irresponsable. Certes on nous parle de développement économique de la région, mais le nombre d'emplois prévus ne devrait pas dépasser la trentaine, et la vocation économique du Verdon était traditionnellement l'ostréiculture, bien mise à mal depuis une centaine d'année. Pendant que le Conservatoire du Littoral s'échine, sur la rive droite, à racheter un maximum de terrains en bord d'estuaire, environ 40km à ce jour, la rive gauche s'ingénie quant à elle à défigurer le dernier estuaire naturel d'Europe. Alors bien sûr on a prévu un débat public
Le site est encore tout en construction, ce qui est étonnant car le débat ne sera pas ouvert bien longtemps, et on prévoit de commencer les travaux début 2008, c'est à dire demain. Une pétition, au texte raisonnable et aux arguments modérés, est disponible, bien que pas encore très visitée :
Merci de la lire et si elle vous semble défendable, d'y apporter votre soutien, signature et diffusion.

PS pour les non initiés le Mascaret auquel fait allusion le titre (j'ai choisi cette particularité, parmi tant d'autres, de notre estuaire, par souci sémantique, deux mots commençant par un M), est un phénomène exceptionnel qui se produit dans certains estuaires aux époques des grandes marées (on a répertorié environ 60 sites dans le monde). Actuellement, en France, il subsiste uniquement en Aquitaine. En effet, les travaux et aménagements des autres rivières de France, en particulier ceux de la Seine ont perturbé les conditions favorables à sa formation. Dans des conditions très particulières (fort coefficient de marée, fleuve à gros débit et très faible niveau d'eau), la marée montante qui est freinée par les flots de la rivière constitue une série de bourrelets qui peuvent atteindre 3 m de hauteur dans les meilleurs conditions. Cet ensemble de vagues (une dizaine séparées d'une distance d'une dizaine de mètres) emportant avec lui près de la moitié de la marée montante remonte l'estuaire avec une vitesse de 15 à 30 km/h. Allez voir les photos sur le site qui lui est consacré, elles sont superbes.

samedi 4 août 2007

HOME BLUES

Hier, ultime voyage à Pérignac, pour les "finitions", c'est à dire 2 pleines voitures des derniers objets (dont je me demande d'ailleurs où je vais les mettre), ce qu'on avait oublié ou ce dont on avait encore besoin comme l'aspirateur ou le rouleau de scotch.



Nous avons commencé par un déjeuner bien sympa à la Gourmandière, dehors sur la terrasse. Puis corvée finale. Et Michel s'est dévoué (faut dire que je ne lui ai guère laissé le choix) pour accueillir les acheteurs et leur donner instructions, recommandations, modes d'emploi divers et clés. Et je suis partie, vite, bien vite. Qu'est-ce que cela fait de quitter une maison dans laquelle on a passé 20 ans de vie, et un village où l'on est resté 27 ans ? Ben, ça "blouse" un peu le coeur. Même si les semaines passées à vider ont été dures, jusqu'à créer un sentiment de ras le bol et un besoin d'en finir, il reste que c'était le cadre de notre jeunesse, de celle de nos enfants, d'une portion de vie qui s'est volatilisée en nous laissant comme une vacuité à l'âme avec des nostalgies en points d'interrogation. Des peurs et des angoisses mal digérées, des bonheurs qui semblent si lointains et presqu'improbables, une autre vie, notre vie tout simplement. Et d'avoir "brassé" (comme disent les charentais) toutes les scories de ce temps révolu et que rien ne nous autorise à regretter, laisse un petit goût de définitif qui remue les tripes. Car j'ai manipulé, pièce à pièce, tous les souvenirs de ces 20 ans de "jeunes" parents, les enthousiasmes, les découvertes, les émotions nouvelles... j'ai dû jeter tant et tant de moments de vie, s'y ajoutaient l'intégralité de l'appartement de ma mère, là encore que d'images et de réminiscences, certains datant de ma propre enfance, des mots, des rires, des espoirs, tout mêlé dans une ambiance poussiéreuse et nécessairement sans pitié.
On ne peut pas tout garder, et il ne faut pas envahir ses propres enfants de cette façon, c'est inhumain pour eux de faire face à la marée d'une vie entière. Il faut donc trier, de façon drastique et efficace. J'ai croisé ainsi les rares lambeaux de la vie de mon frère et revécu avec un serrement de gorge les moments dramatiques de son décès. Trouvé sur mon chemin quelques reliefs de ma grand-mère, les livres d'italien de mon père, ses dessins d'étudiant ou ses plans de restructuration d'Esso Rep... Tout à la poubelle, ou presque... Que faire d'autre, sinon périr étouffée sous le flot des réminiscences du passé des autres et du mien ? Déjà le mien, ce sont des relents de jeunesse enfuie, de rêves inachevés et de chimères égarées. Quant à celui des autres, il m'interpelle, m'attriste et je me sens impuissante de n'avoir plus les données pour en reconstituer le puzzle. C'est cela la mort de vos proches, réaliser soudain qu'on ne s'est pas tout dit, qu'on n'a pas tout demandé et qu'un oubli définitif s'est installé, que rien ne pourra plus combler.
Hier soir, nous avons dîné avec Marc et Fanfan, cela nous a permis d'oublier un peu ce détricotage. En fait, d'ordinaire quand on déménage c'est déprimant, mais ensuite on s'installe dans une nouvelle maison et on redémarre autre chose, avec la joie habituelle des départs, des rentrées des classes où l'on est grisé par l'odeur du papier neuf et l'énergie que confèrent les bonnes résolutions. Pour moi, rien de semblable, il s'agit simplement de "résorber" Pérignac dans une maison déjà vivante et bien pleine. Ce n'est pas un moteur mais plutôt un handicap de plus.



Soirée sympa donc avec Marc et Fanfan, Gilles est ensuite passé pour le dessert, en fait on ne lui avait rien laissé, et il n'a eu qu'un tilleul (puisque, pôvres de nous, nous sommes en manque de citronnelle, à bon entendeur salut !). Vous imaginez les filles les sages soirées de vos "vieux", coucher de soleil sur la terrasse et citronnelle ou tilleul !! Bon, bien sûr, je passe sous silence le Ruinart rosé (pour votre info les filles, un champagne à se damner) que nous avons "sifflé" sans l'ombre d'une hésitation jusqu'à la dernière goutte et qui nous a rendu euphoriques toute la soirée, il fallait bien cela pour combattre le blues.

vendredi 3 août 2007

4 JUIN

Au hasard de mes empaquetages, j'ai retrouvé, côte à côte, le permis de conduire de ma mère et la carte d'identité de ma grand-mère... Cela fait partie de ces petits symboles que l'on a du mal à jeter au moment douloureux de la séparation et qui, quand on les retrouve, vous font une bouffée de tristesse juste bonne à vous flanquer le bourdon. Mais là n'est pas mon propos. J'y jette un vague coup d'oeil, et soudain une date retient mon attention : 4 juin 1905... la date de naissance de ma grand-mère. Alors là, j'en suis restée abasourdie... Maman est née aussi un 4 juin, en 1923 certes mais là n'est pas le problème. Le fait est que j'ai toujours ignoré que ma mère et ma grand-mère étaient nées le même jour. Hallucinant non, cela signifie qu'en fait je n'ai jamais souhaité l'anniversaire de ma grand-mère, ni d'ailleurs remarqué qu'on le lui souhaitât... Et là, je ne sais pas, ça m'a fait un choc sur le statut de grand-mère. Une grand-mère finalement c'est un rôle bien réducteur, c'est vieux, c'est ridé, c'est gentil (ou pas gentil, peu importe), ça vous fait des gâteaux ou des bons petits plats, et voilà. C'est tout. On n'arrive pas à penser à une personne âgée autrement. Elle n'a plus d'émotion, elle n'a pas de sensibilité, elle a sans doute vécu mais on est incapable de lui attribuer une sensualité, des coups de coeur, des passions, et en fin de compte elle n'a même pas d'âge. On n'avait pas imaginé qu'elle pouvait se sentir seule tous les ans le jour de son anniversaire car on n'avait même pas pensé qu'elle puisse avoir un anniversaire. Que c'est injuste de vieillir alors qu'en fait on garde souvent intact son coeur d'enfant, ses émotions d'ado, ses aspirations de toujours. Je dis cela sans faire de jeunisme, c'est comme ça, je m'en rends compte maintenant, le coeur et l'âme ne prennent pas une ride, mais on est les seuls à le savoir.
Je raconte cela parce que j'ai croisé aujourd'hui une autre détresse de l'âge. En partant je me suis arrêtée pour poser quelques trucs chez Henriette, et elle s'est effondrée en pleurs dans mes bras, sanglotant de façon vraiment déchirante. Un de ces minuscules et pourtant éprouvants drames familiaux, sa fille qui la rabroue, qui la critique, d'insondables et obscures rancoeurs qui s'effilochent, des mots qu'on devrait éviter, et au bout, pour elle, l'inévitable sentiment de solitude, d'incompréhension, d'abandon. J'ai consolé Henriette de mon mieux, lui ai dit, faisant redoubler ses pleurs que Brigitte était une bonne fille, qu'elle avait un coeur d'or, et lui ai promis de passer la voir demain. Nous avons parlé un bon moment, et il a fallu que je rejoigne "mes déménageurs" car c'était aujourd'hui mon dernier transport.

jeudi 2 août 2007

P.T.D.R.

Le titre est pour Hélène, et l’histoire pour Marie, qui, c’est certain, va être pétée de rire !!
J’ai un appartement à Cognac, et la chance depuis une dizaine d’années d’avoir pour locataire la maison Hennessy qui y installe ses stagiaires ou autres CDD de passage pour quelques mois dans la ville. Ce matin, un coup de téléphone, au bout du fil une voix blanche, atterrée « Madame Gallinaro ? Nous avons un problème à propos de votre appartement place Beaulieu ». avec mon sens méridional de l’exagération, en moins d’une seconde j’envisage tout à tour le feu, l’inondation ou l’explosion de gaz. « Je vous passe le locataire, il a des vers dans ses chaussures… il vous expliquera ! » Oups... là, même avec le sens de l'exagération, pas moyen d’imaginer quoi que ce soit de cohérent en matière d'invasion par les vers, sauf que je risquais de m’énerver un peu, alors je laisse la communication à Michel.
Il a été parfait ! Notre jeune locataire (parisien faut-il le préciser) était dans un état de panique proche du désespoir, et avait dû alerter fort la secrétaire pour qu'elle nous appelle en dernier recours. Il avait trouvé des vers sur sa moquette et, partant une semaine en vacances, avait peur de retrouver l’appartement envahi au retour. Première idée, des vers, sans doute des vers du bois ? Il n’avait pas la moindre idée de ce qu’étaient des vrillettes, et de toute façon était bien incapable de dire l’origine des vers en question. Il y a de l’humidité, quelque chose qui justifie le développement de larves ? Ben non… Mais enfin, lui dit Michel, ces vers, à qui ressemblent-ils ? Ils sont gros ? Environ 1 ou 2 cm… Ah ! Et il y en a beaucoup ? Oh… entre 3 et 5 … Hum…
"Vous ne pensez pas qu'il faudrait envoyer une équipe..."
"Une équipe...??? de quoi ???"
Il voulait une équipe de "déversification"!!!
"Et si vous nettoyiez la moquette ? Vous pourriez sans doute la shampooiner, et cela tuerait tout ça. "
"Oui, mais, ce n’est pas dangereux, car je pars en vacances ?"
Michel l’a tranquillisé, lui a assuré que nous ne partions pas en vacances en août, qu’à son retour s’il y avait un problème nous l’aiderions à le résoudre, qu’il ne devait pas être inquiet. Apparemment sa patience a été efficace et au bout d’une bonne vingtaine de minutes d’une conversation hallucinante il a pu raccrocher. Il n’avait pas ri une seule fois.
Mais que ferait ce jeune blanc bec en face d’un cafard des Seychelles, longs de 6 ou 7 cm, mais pas méchants du tout, des nuées de moustiques qui sévissent à la tombée de la nuit ou dans les endroits humides à tel point que les hôtels de luxe vaporisent avec de petits tracteurs des insecticides autour de la piscine dès que le soleil baisse… Et surtout en face d’un cent-pieds, l’abominable scolopendre d’une vingtaine de centimètres de long et qui ne pique jamais personne, sauf moi, bien entendu, mais c’est encore mon exagération méridionale ! Histoire de me rendre intéressante… Mais je vous assure, sans exagération, que ça fait mal !!!

KI BLOK LE BLOG ?



Le petit ReNaudon en Chine ??? Voilà ce qu'en dit Emmanuel :Je ne sais pas ce que le Petit Renaudon a de si subversif, toujours est-il que malgré les nombreuses tentatives de connexions, il est inaccessible de Chine ! Google Search Blog le trouve, mais impossible d'ouvrir les pages. Le gouvernement aurait-il interrompu l'accès a un site susceptible de corrompre la jeunesse communiste ? Il est vrai que Nicole nous avait habitués à quelques incartades, mais le public chinois n'avait pas imaginé que les choses empirassent a ce point. Nous sommes donc profondément reconnaissant au ministère des communications d'avoir pris les mesures qui s'imposaient, et souhaitons rappeler aux contrevenants qu'ils s'exposent à recevoir une riposte moins diplomatique mais plus éditoriable, sous forme d'envoi d'un missile propulsion charbon-dioxygène en direction des côtes de Meschers.
Ici, grand bonheur au quotidien, et pour sortir du quotidien une randonnée de huit jours dans les montagnes chinoises. Magnifiques!

mercredi 1 août 2007

FOSKIFO


Pour la postérité, une photo inédite d'une super moto, toute neuve et toute belle, avec un superbe motard, enfin bref... comme dirait Hélène "elle craque"... Ben oui, je craque moi, que voulez-vous, c'était la surprise du jour, et comme en termes de surprises en ce moment je ne suis pas gâtée, j'avoue que ça m'a fait du bien ! Alors le challenge du jour c'est "qui est-ce ?"... Hélène, on ne triche pas ! Tu ne dis rien... les autres, des commentaires SVP... enfin les autres, ceux qui ont pu se connecter sur le Petit Re, parce que apparemment certains sont empêchés de le faire... Mais ça c'est une autre histoire, que je raconte demain, ma vie étant tellement monotone et obsédée des "cartons" que la moindre info, même toute petite, me fournit l'objet du sujet du jour !
Allez, j'attends les commentaires, vous le connaissez tous, ou presque, alors c'est facile...

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