samedi 29 mars 2008

MARIE LOU



Marie, promise pour ce week-end aux découvertes peu affriolantes d’un charcutage de front, savait qu’elle finirait enrubannée, la tête ceinte d’un bandeau style années 20 d’une esthétique moyenne. Pour dédramatiser l’outrage, elle avait prévu une pipe pour la photo souvenir, immortalisant son réveil. Elle a beaucoup amusé son équipe soignante en leur déclarant qu’elle allait enfin ressembler à Apollinaire, et que c’était un grand honneur pour elle. En fait, recherche faite sur le web, c’est sur 2 photos différentes qu’on retrouve ces accessoires, mais l’image est là, et elle a joué son rôle avec beaucoup de sérieux. Un sacré coureur de jupons ce Guillaume Apollinaire…

Quant à Louise de Coligny Chatillon, c’était une fieffée coquette : c’est deux jours après son engagement dans l’armée, que piquée par l’abandon de son sémillant poète, elle décide de céder à sa flamme. Préférant sans doute les charmes de l’uniforme à ceux du sonnet. Quelle fugitive passion que la leur, consommée en quelques mois ou plutôt quelques heures. Il la rencontre le 27 septembre 1914, se pique au jeu de la séduire alors qu’elle lui résiste, s’engage le 4 décembre et passe avec elle une semaine ardente du 7 au 14 décembre. Le 2 janvier 1915, il en rencontre une autre et au mois de mars, la rupture entre eux est avérée. Mais cette brève idylle a marqué nos imaginaires tant les mots du poète pour la prédire et la dire sont éternels.
Le portrait de l’aimée sous sa vaste capeline écrit en calligramme, « Reconnais-toi, cette adorable personne c’est toi » s’est imprimé dans nos mémoires comme un symbole de la légèreté de la belle, et nous avons tous lus en cachette les poèmes d’un érotisme échevelé qu’il lui dédiait. On ne peut oublier son « Mon très cher petit Lou, je t’aime »… dont les vers les plus drôles « Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime, Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime » restent liés pour nous à la découverte émerveillée et surprise de l’anatomie féminine, revue et corrigé par un homme amoureux.
Quant à Marie, elle supporte vaillamment sa nouvelle coiffure, et nous attendons avec impatience le retrait du bandeau pour juger de l’effet de l’intervention. J’espère que sa bonne volonté sera récompensée, et le résultat définitif.

mercredi 26 mars 2008

LES BONNES TOILES

La tradition michelaise des week-end pluvieux a été respectée : outre les 2 bonnes bouffes, les 2 bonnes balades, nous avons réussi à voir aussi nos 2 bonnes toiles.
L'une au ciné, l'autre en DVD. Tu nous avais offert pour Noël "le dernier roi d'Ecosse" et j'avoue que, malgré mes préventions, j'ai assez aimé. Je n'avais en fait rien compris au sinopsis, et j'ai été surprise car je pensais que le personnage de Garrigan, le médecin préféré d'Amin Dada, était un sinistre arriviste dont le film faisait l'apologie. C'est en fait un blanc-bec plus rêveur et maladroit que mal intentionné. Son indifférence frise l'irresponsabilité et sa découverte abrupte de la pauvreté, de la corruption, de l’inégalité sociale et la tyrannie ne semble guère l'affecter. Le film est noir, affreusement sombre (à tous les sens du terme, j'ai passé mon temps à demander à Michel ce qui se passait !), mais son côté trop romanesque lui enlève beaucoup de force de démontration, et l'absence totale de conscience politique du jeune héros est quand même frustrante. Heureusement le film est magistralement porté par Whitaker dont la stupéfiante composition est à saluer.

Au cinéma nous avons vu le dernier Assayas, dont le thème était finalement bien adapté à notre état d'esprit pascal "que devient une "maison de famille" après la mort de celle qui la faisait vivre ?". Marie, tu n'as pas aimé Clean, je ne sais pas trop si tu apprécieras cette chronique familiale un peu trop huilée où "tout le monde il est riche, tout le monde il est de bonne compagnie". Il faut savoir que le film a été conçu à la suite d'une commande avortée du Musée d'Orsay à l'occasion de son 20ème anniversaire. Assayas contacté pour un documentaire sur le musée, a décidé de transformer son sujet en scénario quand le projet est tombé à l'eau : à partir du décès de la grand-mère qui entraine la vente de la maison, il s'éclate sur les tenants et aboutissants d'une dation en paiement des droits de succession qui donne une tonalité improbable à son histoire. Elle est pourtant très banale cette déchirure face aux reliefs d'une vie, face aux objets qui perdent leur vie le jour où ils ne sont plus l'objet d'un culte entretenu. Il y a ajouté une peinture intéressante de l'évolution des mœurs et des vies, qui ne suit pas nécessairement celle des habitudes affectives. Les ruptures générationnelles sont suggérées avec subtilité, et sans la moindre lourdeur. Même s'il parait simple à lire, le film est une savoureuse approche de ce qui construit la culture familiale, ces petits riens qui nous tissent tels que nous devenons, de façon parfois totalement décalée par rapport à notre vie sociale. C'est aussi un superbe décorticage du temps qui passe et nous entraine vers un ailleurs qui n'est pas celui qu'on aurait rêvé de construire. Une réflexion raffinée, élégante (un peu trop diront certains) et allusive sur l'ancrage familial, la nostalgie de l'enfance, l'impossibilité de sauver ce qui n'est plus, l'inanité des regrets et la méprise du prisme du passé. La caméra, vraiment superbe, est d'une justesse jamais prise en défaut et Charles Berling parfaitement juste. Certaines scènes secondaires sont étonnamment maladroites mais le film est à voir sans hésitation. Sauf peut-être si on n'est plus très jeune et trop attaché à sa maison de famille !!!

lundi 24 mars 2008

PAQUES AUX TISONS ?? MAIS NON !

Les cloches sonnaient à toute volée et le soleil, contrairement aux prévisions météo complètement catastrophiques, était tonitruant hier matin. Il faut dire que j'entretiens avec la météo un rapport totalement aléatoire, passablement équivoque et toujours un peu conflictuel. Je déteste cela, car rien ne vaut le moment où l'on ouvre ses rideaux dans le petit jour naissant, et où l'on scrute l'état du ciel. Cela fait pour moi partie des joies simples de la vie, comme la découverte du sexe de son bébé au moment de la naissance et non pas 6 mois avant sur un vilain écran de télé. Du coup, les prédictions foireuses de nos météorologues patentés me plongent dans un océan de perplexité et d'incertitudes. Mais voilà, quand on part en vacances, quand on invite des amis pour un barbecue, quand on fait un feu de Saint Jean, quand on prépare une marche à pieds, il faut bien prévoir. Et depuis que nous avons lancé l'invitation pour "les falaises vives et jardin zen", à chaque lune montante ou descendante, je dois confirmer ou infirmer la promenade auprès des amis concernés. Une galère incroyable. La "Météo" est toujours désastreuse, celle avec un grand M, lue dans les boules de cristal de nos pros de la prévision, et pourtant, il fait toujours très beau. Sauf bien sûr le jour où Marc et Fanfan sont venus et où il pleuvait comme vache qui pisse.
Toujours est-il que samedi c'était tellement atroce que je n'ai même pas pris la peine d'informer mes invités que la promenade était annulée. D'autant que tous étaient plus ou moins requis pour repas de famille pascal, gigot, œufs et réjouissances assorties.

Nous, nous avions eu la chance de vous avoir toutes les deux le week-end précédent et de fêter dignement avec vous l'anniversaire de Michel, donc Pâques se profilait au coin du feu. Au vu de l'allégresse générale, nous avons pris notre bâton et testé pour la énième fois la future balade de l'estuaire dont on peut dire, que si elle a lieu un jour, nous connaitrons tous les recoins et tous les passages les plus commodes. Je vous préviens, je remets ça dans 15 jours, et comme ce sont alors les plus grandes marées de l'année, je convoque tout le monde, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente.
Voilà, notre dimanche de Pâques a été superbe, presque traditionnel grâce aux œufs de Françoise, découverts dans ma tasse de petit déjeuner et que je vous présente en une petite nature morte prise sur la terrasse au moment de l'apéro, quand nous savourions le plaisir d'une détente bien méritée après nos 7 kms de plage. Et dire que samedi, rentrant trempée et gelée d'une course hasardeuse, je déclarais sentencieusement "Noël au balcon, Pâques aux tisons", histoire de montrer qu'en digne fille de votre digne grand-mère, je connais mon recueil de proverbes sur le bout des doigts et que les anciens, eux au moins, ne se trompaient jamais !

mercredi 19 mars 2008

L'ART D'ACCOMODER LES RESTES


Fruit de l'imagination débridée d'un chimiste de l'INRA (institut national de la recherche agronomique), cathodiquement mégalo, qui entretient soigneusement son look de Nimbus de la cuisine (col Mao et cheveux en bataille), la gastronomie moléculaire commence à gagner nos modestes cuisines. Il faut dire que l'affaire est juteuse. Le Futuroscope vend des kits de sphérification pour petit cuisinier amateur à des prix défiant toute concurrence. Des sites de vulgarisation fleurissent qui, tous, proposent d'aimables ensembles composés de divers ustensiles à 3 sous, genre seringue ou tube à essai, cuillères doseuses ou éprouvettes miniatures, accompagné de quelques grammes de gélifiant ou d'épaississant pour une centaine d'euros.
Depuis la nouvelle cuisine, née dans les années 70, on n'avait pas retrouvé une aussi brillante idée, du moins du point de vue marketing.
Si vous voulez découvrir le concept, je vous conseille


Hélène m'ayant convaincue ce week-end qu'il fallait de toute urgence s'y mettre, je suis partie en chasse de ce qui m'a semblé le plus simple, de l'agar-agar, un gélifiant qui permet de fabriquer des gelées restant solides à chaud. J'ai fini par dénicher quelques grammes de cette précieuse algue dans un magasin de produits biologiques, et ai entrepris de confectionner des tagliatelles de safran, pour accompagner un reste de poisson que je voulais préparer ce soir.
Je n'avais pas vraiment de recette, mais j'ai préparé un quart de litre de bouillon léger dans lequel j'ai dilué deux doses de safran. Puis j'ai mis 4g d'agar-agar, et ai versé ce liquide préalablement bouilli dans un plat rectangulaire sur environ 5mm d'épaisseur. L'ensemble s'est très rapidement solidifié. J'ai pu alors tailler de sympatiques lamelles de gelée au safran, qui m'ont permis d'accompagner ma préparation du soir. Mon reste de poisson, réchauffé dans une sauce tomate très légère, des noix de Saint Jacques et un riz Thaï sans le moindre assaisonnement, pour mieux profiter du parfum du safran. J'ai fait mes premières armes moléculaires et l'ensemble était plutôt bon ! Merci mon Lénou de sortir ta maman du marasme culinaire provincial !!!

mardi 11 mars 2008

BOURRASQUES

Y a des jours comme ça... La tempête fait rage, et vous accumulez les contrariétés, tout va de travers, et même de mal en pis au fur et à mesure que la journée avance et vous finissez par vous sentir dépassé par les événements. Brrr... Avec cette funeste impression que vous n'arriverez pas à faire face et que tout vous retombe sur le dos. C'est pas forcément grave mais cela engendre le sentiment que tout va mal et que vous seriez mieux dans un trou de souris. C'était le cas aujourd'hui où j'ai vu s'empiler au lycée les sources d'inquiétudes, de désagréments et de lassitude. Demain sera un autre jour, et comme c'est bientôt le printemps, tout devrait se résoudre sans drame, mais pour ce soir, je n'ai qu'une envie, VITOLI...

dimanche 9 mars 2008

A VOTE !


A l'heure où j'écris, les bureaux de vote des petites communes sont fermés et j'imagine que les résultats sont déjà connus pour certaines d'entre elles, provoquant joies rancœurs et déceptions. C'est ainsi que je suis presque certaine que Jany est déjà maire de Condéon, Joël maire de Sablonceaux... et que de nombreux autres amis sont conseillers municipaux à droite ou à gauche, sans que ces directions soient autre chose que des indications géographiques. C'est étonnant, cette année, tout le monde était candidat quelque part et cette renaissance d'intérêt pour la "chose publique" est réconfortante. Même si elle est la conséquence indirecte d'une certaine désaffection pour la Politique avec un grand P, celle qui frise parfois la caricature tant les médias la déforment au gré de leur besoin d'audimat ( les hommes politiques se prêtant un peu trop volontiers à cette déformation). Le taux de participation est semble-t-il meilleur qu'en 2001, du moins au niveau national, car Paris étant en forte baisse avec des taux montrant une certaine indifférence. 36 683 communes en France, et des réalités sans doute bien différentes dans les villes par rapport aux "campagnes", où la mobilisation et la participation restent massives pour ces scrutins locaux. C'était amusant de constater à Meschers que, bien que les 2 bureaux de vote soient face à face dans la même pièce, la participation aux cantonales était beaucoup plus faible. Les gens s'étaient déplacés, mais ne posaient de bulletin que dans l'urne des municipales !

Nous devions aujourd'hui faire la balade joliment intitulée "Falaises vives et jardins zen" par Michel, le coefficient de marée étant très fort, nos plages étaient découvertes. Mais, outre le fait que tout le monde était pris par des anniversaires ou autres obligations familiales, le temps était terriblement incertain et le pique-nique hors de question. Marc et Fanfan sont venus quand même, mais nous nous sommes contentés de regarder les averses foncer vers la maison, et se déverser à intervalles réguliers et entêtés sur notre balcon. Ce fut donc une après-midi "rugby, Banyuls et feu de bois", et la balade est remise à des jours meilleurs.

samedi 8 mars 2008

ENQUETE OU QUETE ?

Les meilleures grèves étant celles qui ne s’enlisent pas, me revoilà sur le Petit Re, armée d’une dose presqu’inépuisable d’inspiration minimaliste, prête à inventer des news tous azimuts, à partir de riens impalpables.
Je devrais vous parler aujourd'hui de la journée Portes Ouvertes au lycée de Pons, et de la joie que j'ai eu de rencontrer certains de mes anciens étudiants, venus fort gentiment témoigner de leur évolution professionnelle, et aider les plus jeunes à se tailler une vocation, ce qui, par les temps de bofisme actuel, n'est pas une sinécure. Mais je vous ai déjà si souvent bassinées avec ces satisfécits un peu larmoyants que je crains de vous lasser. Alors plutôt que de vous parler de la quête ardue d'une vocation, des enquêtes menées auprès des anciens, et autres redites peu émoustillantes, place à l'INSERM.
Il y a quelque temps Hélène était plongée dans la lecture ardue mais ô combien édifiante de l’Homme Moyen de Quetelet et je tentais de vous renseigner sur ce précurseur éclairé de la statistique. Un humoriste anglais aurait dit de lui (c’est Michel qui a trouvé cela) qu’à suivre ses préceptes « l’homme moyen a donc, en toute bonne logique, un sein et un testicule ». Je pensais à cette boutade en écoutant l’autre matin sur France Info que la sexualité évolue de façon étonnante dans notre doux pays, et que 3% des individus disent y pratiquer régulièrement l’échangisme. Autant dire, si je suis bien … que lorsque vous croisez 100 personnes, 3 sont échangistes. A 7h30 du matin, dans ma voiture presqu’aussi embrumée que mon esprit, j’avoue avoir été réconfortée par la logique rassurante des chiffres avancés : car comment se livrer à de telles pratiques seul ou à 2 ? Toujours logique la statistique qui vous assène ensuite que la fréquence de l’activité sexuelle moyenne mensuelle s’élève à 9 rapports par mois, et ce, souriez braves gens, de façon identique chez les deux sexes. Ouf, nous voilà soulagés, ils le font ensemble donc, même si l’on constate par ailleurs des évolutions frappantes en termes d’homosexualité, l’heure n’est pas à la prise de tête !! Si vous ajoutez à cela que cette fréquence est en hausse chez les femmes de plus de 50 ans, vous comprendrez pourquoi j’étais si attentive, car cette perspective avait quelque chose d’affriolant, qui m’a ragaillardie sur la route du lycée. Même si l’enquête croit bon de préciser qu’elle est restée stable chez les hommes du même âge, j’avoue que je n’ai pas trop cherché à approfondir. Savoir qu’elle baisse chez les hommes à partir de 20 ans m’a par contre laissée de marbre !
Je raille, et sombre, je l’avoue, dans la boutade facile. Mais à être abreuvé ainsi le matin quand on part bêtement travailler, de balivernes fondamentales qui nous permettent de nous situer dans l’ombre rassurante de l’homme moyen, revu et corrigé à la hausse (car les études s’attachent aussi à juger de l’évolution des pratiques), on finit par se sentir bousculé dans son pré carré d’intimité. On a en la matière un besoin particulièrement fort d’être unique et il n’y a rien d’agréable à retrouver au matin ses vibrations du soir mises en équations statisticiennes. Que sont nos rêves devenus, et que la passion pâlit à la lueur des écarts-types.
D’autant que l’enquête de l’Inserm avait décidemment émoustillé la gent des chroniqueurs, et sur la route du retour ma radio a remis ça. Pour nous dire que les hommes jeunes préfèrent de plus en plus s’abstenir plutôt que de se compliquer la vie avec des partenaires occasionnelles. Et le commentateur d’approuver, en remarquant que le sort fait aux hommes par les nouvelles mœurs amoureuses est fort contraignant. On attend trop d’eux et finalement n’ayant plus envie d’être « jaugés jugés notés » sur leurs compétences à procurer du plaisir, ils choisissent l’abstinence plutôt que des aventures d’un soir dévalorisantes. J’avoue que certaines conversations de « jeunes filles » glanées en traversant un couloir au lycée ou durant une pause entre deux cours, ont quelque chose qui fait froid dans le dos. La façon que ces demoiselles ont d’évaluer les performances de leur dernière conquête est proprement stupéfiante, dans des termes que les machos les plus misogynes de l’époque révolue des années d’avant 68 n’auraient jamais osé exprimer, même à cent lieues de toute présence féminine. Les pauvres garçons sont réduits à des évaluations strictement mécaniques, condamnés en moins de deux pour incapacité à les satisfaire leurs exigences, et si elles ne les ont pas encore « pratiqués », ils sont estimés et soupesés selon des critères plus proches d’un comparatif de vibromasseurs que d’une réelle quête amoureuse. Rien d’étonnant alors qu’ils choisissent les beuveries entre mecs et la pratique de la pêche à la ligne.

mardi 4 mars 2008

PETIT ARTICLE POUR PETIT RE

« Coucou
« Salut toi ! Comment ça va ?
Et là, on parle de nos vies, on se raconte tout, histoires de cœur, histoires de travail, histoires de nous…
« Tu as choisi ton menu ?
Mais non, la conversation ne s’enlise pas ! Au bout de quatre mois à ne pas se voir alors qu’on habite presque à côté, on a des choses à se raconter… histoires de vie, histoires de nos petites choses quotidiennes, histoires de projets en cours…
Et c’est là que vient la question fatidique, celle qui sort du passé et qu’on pose toujours alors qu’on a déjà la réponse…
« Et toi, tu as des nouvelles des autres ?
Les autres, c’est ceux qu’on n’appelle pas… Non, je n’ai pas de nouvelles. Ce n’est pas que je ne veux pas mais tu sais, le temps passe et on ne prend pas le temps. Ils voulaient faire une soirée, mais tu comprends, ce n’est pas que je n’ai pas envie de les voir mais je n’ai pas pu me libérer. Et puis on n’a plus grand-chose en commun… et puis c’est vrai, je n’avais pas vraiment envie d’y aller… Histoires d’amitié, histoires de temps, histoires du passé…
Ce soir, j’ai dîné avec Irène, une amie de prépa… On se rend compte que les autres, ceux qu’on n’appelle pas, sortent de nos vies peu à peu… La dernière fois, encore on parlait d’eux quelques minutes, on se rappelait quelques souvenirs. Cette fois-ci, même pas ; on a juste constaté, sans même le dire, que nos chemins se séparaient. Le temps passe, l’amitié aussi.
MERCI HELENE !!!!

lundi 3 mars 2008

PETIT RE EN GREVE

DECOURAGEE

samedi 1 mars 2008

EN REPONSE A AUTOUR DU PUITS

C'est, comme souvent, Aloïs qui m'a entrainée dans l'aventure... Comment me défiler alors qu'elle suit toujours avec une telle bonne volonté mes inventions baroques ! D'autant que l'affaire est d'importance et qu'avouer ce qu'on lit et comment on le lit, fait partie des incontournables de la toile !!
Alors pour suivre le questionnaire proposé par Catherine et repris in extenso par Aloïs, voilà quelques réponses sincères et illustrées...

Plutôt corne ou marque-pages?
Surtout pas corne... Les marque-pages je les perds très régulièrement, alors cartes postales, vieux ticket d'entrée dans un musée... et le plus souvent, le livre à l'envers, exactement ce qu'il ne faut pas faire sous peine d'abîmer la reliure... On verra plus bas la photo de mon "tas" en cours, un peu avachi au pied de mon lit !!


As-tu déjà reçu des livres en cadeau?

Bien sûr, c'est même LE cadeau qu'on me fait le plus souvent... Et j'aime beaucoup en offrir aussi, surtout aux gens qui lisent peu, quand je trouve quelque chose qui, à mon sens, peut leur plaire malgré leur faible passion pour la lecture.


Lis-tu dans ton bain?

Ah non ! D'abord, comme Aloïs, je ne prends jamais de bain... et puis, si cela était, sauf à avoir une baignoire de luxe dont l'eau est réchauffée au fur et à mesure, comment lire en trempant ??


As-tu déjà pensé à écrire un livre?

Ben voyons... depuis toujours... mais je n'ai jamais franchi la première ligne !! faute d'un ingrédient indispensable à l'alchimie des livres, l'imagination, qui me fait cruellement défaut.


Que penses-tu des suites à plusieurs tomes?

Il y a bien longtemps que je n'en ai lu... cela ne me tente plus tellement... Par contre, j'aime bien retrouver les mêmes personnages dans des histoires sans suite... comme Brunetti dans Dona Leon, l'inspecteur Chen dans Qui Xiaolong, Montalbano chez Camilleri ou tant d'autres !!


Aimes -tu relire?

Pas trop... il y a tant à découvrir !


Rencontrer ou non les auteurs que tu aimes?

Je n'en éprouve ni le besoin ni le désir... Mais quand cela se présente, j'apprécie toujours les rencontres avec les auteurs.

Aimes-tu parler de tes lectures?
J'aimerais bien... j'ai tenté les blogs lecture mais je n'ai pas trop le temps... par contre j'aime bien "parler" des livres lus, mais j'ai peu d'interlocuteurs pour le faire... Malheureusement Alter et moi n'avons pas les mêmes lectures, lui c'est toujours du sérieux !!!

Comment choisis-tu tes livres?
L'auteur, que j'ai déjà apprécié... des coups de coeur lus sur des blogs... les critiques je les oublie !!! la quatrième de couverture... les conseils de mes amis lecteurs... ma bibliothécaire, Alice !


Lecture en musique ou en silence?

En silence... tout simplement parce que je ne lis que le soir au lit avant de m'endormir. Sinon j'aimerais bien lire en écoutant de la musique. Je ferai cela quand je serai à la retraite ! Je me le promets comme un futur plaisir.


Livre électronique?

J'en rêve chaque fois que je pars en voyage, quand je sacrifie mes tenues de rechange pour rajouter quelques livres... je me dis que nous y arriverons un jour. Mais j'aime tellement le papier, et j'en ai tellement marre des écrans en fin de journée...


Lire et manger ?

Je ne lis jamais en mangeant... peur de la tache de "graillon" sur le livre !! Cette terreur m'a été inculquée par ma mère : son père, mon grand-père, obligé de quitter l'école pour aller garder les vaches, avait conservé une passion pour tout ce qu'il n'avait pu apprendre et lisait, lisait, lisait tout ce qu'il croisait sur son chemin... il lisait en mangeant pour ne pas s'entendre reprocher ces heures de "paresse", et il mettait les livres dans un bien triste état. Maman a pu s'offrir le luxe de la lecture "autorisée" et le respect du livre... elle y tenait terriblement !


Quel est le titre que tu lis en ce moment?


Je viens de terminer "La traduction est une histoire d'amour" de Jacques Poulin, un livre canadien dont j'ai beaucoup aimé la légèreté virevolante. Et j'ai en cours, la Présence pure de Bobin, que m'a offert Alter pour mon anniversaire, la Poésie Chinoise de Cheng, cadeau de Noël, Le Jardin du Roy offert par Mandarine et ce sont des nouvelles donc cela se lit en petits morceaux, Les Sept péchés capitaux offert par Fred qui se préoccupe du salut de mon âme et qui me fait beaucoup rire, et enfin, toujours offert par Fred qui se préoccupe aussi de me faire plaisir Le tailleur Gris de Camilleri.

Tout cela cohabite fort bien. Je DETESTE terminer un livre que j'aime et voudrais toujours le faire durer infiniment !

Et quel sera le prochain?
Voici le tas !!! Je crois que je vais commencer par Le Consultant de François Proust... ça m'intrigue... prix par hasard, attirée par la couverture (un détail de la Vénus et l'organiste du Titien) et bien sûr la 4ème... Et Alter a insisté pour que je lise au plus vite "la société des jeunes pianistes"...



As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre?
Oui, pour les reprendre plus tard en général ! Voici le tas qui attend la reprise ! Tous me tentent mais quand je les ai commencés, je n'avais pas la disponibilité mentale suffisante pour les lire.

Les marque-pages qui dépassent sont inutiles car il faudra reprendre à la page 1... ce qui fait que ce purgatoire dure parfois longtemps !!


As-tu un livre culte ?

Non, absolument pas... ni un auteur culte... j'aime trop le changement, la découverte, la diversité !!

BARBIE... CONSITUTION TRADITIONNELLE !!

Quand vous étiez petites, j’ai commis à votre égard deux énormes forfaits : non contente d’avoir énergiquement omis de vous emmener à Disneyland (mais Hélène a depuis réparé cet oubli majeur !), j’ai non moins obstinément refusé de vous offrir des poupées Barbie. Peut-être en avez-vous eu tout de même une offerte, par quelque amie compatissante, mais tout de même la faute est là ! Alors que, moi-même, à votre âge, j’avais bénéficié dès sa sortie sur le marché de cette merveilleuse poupée qui fit révolution chez les petites filles des années 60… Elle avait même une tête interchangeable, avec plusieurs coiffures, et plusieurs superbes tenues qui me ravissaient. D’ailleurs, quand il s’est agi de faire le tri dont ce journal s’est longuement fait l’écho, je n’ai pas eu le cran de la jeter ma vieille Barbie !
Bref, mes réticences étaient théoriques et dérisoires, on est vraiment très dogmatique parfois quand on est parent, mais je voulais à tout crin vous épargner les rêves en rose Barbie, pour faire de vous des femmes libres, autonomes et indépendantes. Faut-il en conclure que, ayant eu moi-même un asservissement précoce au schéma standardisé de cette femme aux mensurations hypertrophiées, aux yeux démesurés et au regard faussement ingénu, j’ai versé dans de pareils travers (la vision rapprochée de ma tête hilare et de la poupée de Dior, démontrent en attendant qu'un nouvel article vienne nous séparer, qu'on en est loin !!!) ? Une telle inquiétude était purement formelle et je reconnais volontiers que mes réticences n’avaient aucun sens. C’était méconnaître votre capacité à résister aux stéréotypes !

Toujours est-il que le modèle est loin d’être mort et que même, il a connu depuis 1959 année de son apparition, de nombreux et envahissants développements. Le dernier en date, qui m’a vraiment scotchée sur mon écran, est traduit en chair et en os dans la collection automne-hiver 2008-2009 de Christian Dior, dont je vous propose la visite en le long d’images proprement stupéfiantes :
 
Un look baby doll des années 60 totalement décadent, des maquillages copies conforme de la tête de la poupée, et, plus étonnant, des morphologies aussi hallucinantes que celle des modèles en plastique. Morphologie dont j’avais pourtant toujours entendu dire qu’elle était physiologiquement impossible. Le contraste avec une série de livres policier qui se déroulent au Botswana, m’a saisie. Le Botswana, c’est un projet de voyage que nous a inoculé Marc, ravi par son expérience passée dans les lodges du delta de l’Okavango… et ayant découvert cette série consacrée à une certain Mma Ramotswe, directrice de l’Agence numéro 1 des Dames Détectives, j’ai craqué !! C’est savoureux, plein d’humour et d’humanité, écrit par un britannique qui a grandi et vécu longtemps au Botswana, et auteur par ailleurs du Code Pénal de ce pays.

 

Mma Ramotswe se pose, au long de ces livres dont les anecdotes sont reprises en boucle, un peu comme dans les contes pour enfant, de nombreux problèmes moraux sur l’évolution sociale de son pays, et sur les méfaits que la société de consommation fait naître chez un peuple tellement traditionnel. Un de ses soucis permanents concerne la morphologie féminine, car Mma Ramotswe est de « constitution traditionnelle » et elle en est très fière. Le jour où un homme a la mauvaise idée de se cacher sous son lit, il manque très précisément de périr étouffé, risquant ainsi comme le lui rappelle gentiment sa tyranique amie Mma Potokwane de commettre un homicide involontaire. Elle est donc totalement éberluée par l’intrusion dans son territoire des préoccupations diététiques des jeunes femmes qui l’entourent et ne parvient pas à comprendre comment elles peuvent se livrer à de telles folies. Je ne peux pas résister au plaisir de vous livrer quelques lignes de ses réflexions sur le sujet :
« Mma Ramotswe avait pleinement conscience des difficultés que rencontraient désormais les personnes de constitutions traditionnelle, surtout les felles. On avait connu au Botswana un temps où personne ne prêtait attention aux gens minces. Parfois, on ne les voyait même pas du tout, puisque le regard pouvait passer facilement à côté. Quand une personne mince se tenait dans un paysage constitué d’herbes et d’acacias, ne se fondait-elle pas dans le décor et ne pouvait-on pas la prendre pour un morceau de bois, ou même une ombre ? Les individus de constitution traditionnelle ne couraient pas ce danger : ils se détachaient dans le décor avec la même distinction et la même autorité que les baobabs.
Dans l’esprit de Mma Ramotswe, il ne faisait aucun doute que le Botswana devait revenir à ces anciennes valeurs, qui avaient toujours nourri le pays et fait de lui la meilleure nation d’Afrique. Ces valeurs-là étaient nombreuses, et parmi elles figurait le respect du grand-âge – en particulier des grand-mères, qui connaissaient beaucoup de choses et avaient été témoins de maintes souffrances – et des personnes de constitution traditionnelle. C’était bien beau d’être une société moderne, mais la prospérité et la croissance des villes constituaient une coupe empoisonnée qu’il fallait boire avec mille précautions. On disposait certes de tous les bienfaits qu’offrait le monde moderne, mais à quoi servaient ceux-ci s’ils détruisaient tout ce qui vous avait donné la force, la fierté et le courage vis-à-vis de vous-même et du pays ? Mma Ramotswe était horrifiée par exemple, de lire dans les journaux des articles présentant les gens comme des consommateurs. Non, les gens n’étaient pas des consommateurs gloutons qui agrippaient tout ce qui leur passait à portée de main ; ils étaient des Batswana, ils étaient des êtres humains »
Le style, vous le voyez est simple et sans emphase, les préoccupations des personnages quotidiennes et pleines de bon sens. Si l’on ajoute à cela la façon dont l’auteur répète comme des leitmotivs les rares détails savoureux qui font le relief de la vie bien débonnaire de ses héros très ordinaires, on se trouve devant une littérature sans doute inspirée de la tradition orale africaine, délicate et pleine de charme. Toujours est-il que, dans les préoccupations majeures de Mma Ramotswe, figure en bonne place le bétail richesse et fierté du Botswana… Et savoir juger une bête, apprécier sa santé et son état fait partie des connaissances traditionnelles qui, à son grand désarroi, se perdent ! Mais rassurez-vous, Hélène, qui n’a pas eu de poupée Barbie, a trouvé la parade à l’air délétère de notre 21ème siècle : hier elle est allée voir les meeuhh (je cite) au Salon… Et elle s’est bien amusée, enfin sans doute plus qu’à un défilé de Dior !! Car elle n’a pas vu que les vaches… « Y avait aussi de petites dégustations à négocier, alors c’était vraiment bon !! On s’en est mis plein les papilles ! ». Voilà qui ferait plaisir à Mma Ramotswe !
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