dimanche 31 août 2008

UN QUINQUA CA VA, 2 QUINQUAS BONJOUR LES DEGATS

Ouf ! Il était temps... ce sont presque les derniers à pointer au grand tableau du temps, et ils ont fini par nous rejoindre, nous les plus que 50, les bientôt "sexi", les futurs ex quinquas... Il ne reste plus que bébé Gilles, mais lui, c'est une autre affaire, on se demande bien si un jour il grandira assez pour qu'on puisse l'admettre parmi nous... Bref, hier soir, Dominique et François fêtaient enfin leurs 50 ans... un siècle à eux deux, cela méritait bien une bonne bouffe entre amis ! Et un superbe magnum de Laurent Perrier, François en ses œuvres de maître opérateur du "bouchon qui saute", était parfait !!

Les amis, c'étaient les vieux, nous quoi, et puis plein de petits gamins qui n'ont pas encore compris ce qui les attend et qui sont tout mignons, tout confiants, et qui ont parfaitement raison de l'être ! L'ambiance était donc amicale, très décontractée, et vraiment sympathique. Après l'ouverture très applaudie du magnum sus-nommé, François nous a fait un "barbeuk" (ouf ??? tu écris ça comment ma belle Marie ??? le dire, c'est bien, mais l'écrire, ça craint) d'enfer, les photos en témoignent... pour griller dignement les brochettes préparées par les amis (bravo Agnès on a oublié de te féliciter pour la main d'œuvre !)... Domi avait préparé des dizaines de ces délicieuses petites verrines qui font la joie des dîners entre copains... Et quand est arrivé le plateau de fromages, on s'est livré à une véritable bataille rangée pour faire un sort à l'Epoisse et aux autres coulants qui s'offraient à nous. Quant au fraisier, on lui l'a englouti sans coup férir, Hélène ayant carrément décidé de se livrer à une pré-vaisselle appliquée sur le plat dévasté, pour faciliter le travail de la maîtresse de maison...

A peine terminées ces agapes, l'orage nous a fait un feu d'artifice de première catégorie, et Domi et François, très grand siècle, nous ont fait les honneurs de leur véranda ! Un déluge étincelant, que nous contemplions avec délectation derrière les vitres en sirotant un tilleul... Que crois-tu ma belle, nous avons fini la soirée très sobre, après avoir soufflé dans le ballon et constaté que le vert chauffait...


vendredi 29 août 2008

VENDANGES TARDIVES ou TRIFFON LOGISTICIEN

Ma Marie, puisque tu étais loin en ce jour de fête improvisée, il faut que je te raconte tous les détails. L'histoire a commencé il y a quelques mois, on retrouverait la date exacte dans le Petit Re, quand nous sommes allés au domaine musical de Pétignac, revoir notre ami Gérard qui nous avait vendu le Pfeiffer des 40 ans de Michel ! C'était en 1980... En réalité l'histoire a commencé depuis plus longtemps car j'avoue que j'avais, dès que nous avons fait des plans pour le garage de Meschers, la vision de ce que nous y avons réalisé aujourd'hui !
Donc, vers le mois de mai, nous sommes allés à Pétignac : j'avais des étudiants en stage à visiter aux environs de Jurignac et j'ai traîné Michel avec moi, l'ai posé au domaine et suis allée voir mes stagiaires. En fait, ce jour-là, nous sommes bien et mal tombés. C'était, nous ne le savions pas, une journée consacrée à une démonstration Steinway. Ce qui nous a valu la chance de revoir Arlette, venue faire un concert et aider Gérard à présenter les différents modèles de la marque, assisté par un responsable commercial venu tout exprès le seconder. Nous avions passé une excellente journée, mais Gérard n'avait guère eu le temps de s'occuper de Michel, ce sur quoi je comptais pour vaincre les réticences de ce dernier. Faut dire que côté réticences, j'en ai eu mon comptant !

Quand plus tard notre Triffon préféré, qui ne s'appelait pas encore Triffon, m'a appelée pour s'émerveiller de figurer en bonne place dans le Petit Re, journal de réputation internationale (ben oui, la Chine (coucou Emmanuel, t'es où à propos ????), le Portugal (Frédéric tu es toujours là ?), la Suisse (ah là oui, Emilie, toujours prête !)... Je m'égare... Quand Gérard m'a déclaré en riant comme un fou au téléphone "Salut Agnès, tu vas bien ?" et que nous avons repris vraiment contact, je lui ai signalé que tout bon vendeur qu'il soit (et Dieu sait qu'en la matière c'est un champion) il n'avait pas tilté quand nous étions passé chez lui en ce jour de mai trop perturbé (la tempête soufflait de tous côtés à Pétignac). Je lui ai exposé mes difficultés à convaincre Michel de s'offrir la folie de sa vie, et il a résolu le problème en disant "le mieux c'est de lui en apporter un"... Pour nous voir, mais aussi pour décider quel modèle serait le mieux adapté à la pièce, Fabienne et lui sont passé début août à Meschers, et cela nous a valu une journée mémorable, comme le sont toutes celles qu'on passe en compagnie de Triffon (au passage, pôôôvre Fabienne, tu te rends compte ! passer sa vie avec un homme qui raffole des journées mémorables... au début c'est génial, mais sur le temps, ça épuise, forcément ! mais je te rassure, Fabienne, elle assure, c'est une super nana !).

Donc nous en étions là, Michel argumentait, coupait les cheveux en 4, refusait, récriminait, voulait entreprendre le tour de France des magasins de piano, disait et répétait que c'est du beurre aux cochons (que oui, mais aux petits cochons gentils !)... bref, dès que je disais "bon, ok, c'est idiot, on laisse tomber", il suggérait d'aller chez Hanley à Paris, ou de retourner à Pétignac comparer les pianos pour trouver le meilleur rapport qualité prix... Et dès que je disais "bon, alors c'est décidé", il poussait des cris d'orfraie en disant que c'était une folie sans nom. Nous étions partis pour user des tonnes de salives, passer des heures à dire l'inverse et son contraire, et ne jamais arriver à rien.
Mardi, un peu excédée par ces divagations dont je connaissais l'issue, d'autant qu'il en avait une envie folle de ce piano, j'ai appelé Gérard, et lui ai dit, "ok tu amènes le piano".
Alors là, tout est allé très vite... Quand on lance Triffon sur un projet, on peut être certain qu'il assure un max... Côté organisation, un crack. On a décidé que ce serait pour jeudi, il a prévenu Arlette, mobilisé ses hommes pour venir l'aider à descendre le Pfeiffer au sous sol, leur a trouvé un travail à La Rochelle dans la foulée, et a décidé qu'il resterait après la livraison, Fabienne nous rejoignant avec Arlette le soir afin de le récupérer.
Entre temps Hélène a annoncé son arrivée pour jeudi 14h40... idéal ! Elle a été chargée de retarder Michel un max avec des "courses de chien" parfaitement inutiles, mais il était tellement content de la voir, qu'il était prêt à affronter les embouteilages de Royan sur son caprice ! Pendant ce temps la "maison Pétignac" s'activait, déménageait la pièce, déballait le Steinway, descendait le Pfeiffer (j'ai fermé les yeux et Madeleine qui était chez Madame Robert a regardé ailleurs quand il a pris l'escalier !), astiquait le piano, et finalement se faisait mettre dehors sans autre forme de procès qu'une bouteille d'eau fraiche.
Il ne nous restait plus qu'à attendre le retour de Michel, et je n'étais certainement pas la plus excitée... Gérard était dans l'état d'un enfant qui va faire sa première communion (n'oublions pas qu'il a fait le petit séminaire !!)... impatient et ému.
Il ne s'est pas écoulé 10 minutes entre le moment où Hélène et Michel ont franchi le seuil, et celui où il a décidé "d'aller faire son piano"... Réaction ? Retenue, bien sûr, profondément impressionné, il n'osait pas le toucher, il a tourné un bon moment autour avant d'enfoncer la première touche, rétif mais heureux, à fond, submergé par un sentiment d'évidence en face de l'objet tant désiré et tellement censuré. Triffon, monté en catimini pendant qu'il jouait, avait un plan d'enfer, répété avant l'arrivée de Michel, pour prendre la photo du siècle... qu'il a ratée bien sûr, mais qu'importe on en a pris d'autres !

Ils ont joué, parlé, commenté, Gérard nous a faits coucher sous la table d'harmonie pour mieux s'imprégner du son, il a joué des tapis, tourné l'engin en tous sens pour trouver la meilleure orientation... Nous avons bu du thé, gringnoté du gingmebre confit... Rejoué, ri encore... Et, vers 19 heures, Fabienne et Arlette sont arrivées. Tu aurais vu l'émotion de papa, et Gérard qui sautait comme un marsupilami en contemplant le résultat de sa logistique aigue, c'était grandiose ! Arlette nous a joué quelques morceaux, Madeleine et Pascal sont venus sabler le champagne avec nous... Oui, oui, Michel a bu une coupe de champagne, comment faire autrement, et a eu une crise de goutte cette nuit, mais FOSKIFO ! Au coucher du soleil Arlette nous a joué, tellement délicatement qu'on aurait cru qu'elle inventait le morceau pour nous deux, la "sonate au clair de lune"... banal diras-tu, ben non ! Neuf, parfait, ciselé ! Michel était tellement tarbusté par tout cela qu'il n'a même pas reconnu le morceau, je te promets, il pensait que c'était du Chopin ! Incroyable ! Puis nous avons dîné, Gérard nous a régalés de ses anecdotes inimittables, Arlette nous a raconté son amour du piano et Michel était béat !
Et les vendanges tardives, me diras-tu ??? Quand Triffon m'a dit qu'il venait accompagné de 2 sbires, il a ajouté "étant donné les difficultés de transport, on va faire ça à l'ancienne, avec bâche, sangles et muscles... à la main". Je lui ai dit "comme le raisin, c'est meilleur. à la main.. mais ce sont des vendanges tardives... tiens, je vais aller chez le caviste..." "Surtout n'en fais rien, j'ai EXACTEMENT ce qu'il nous faut...". Tu sais qu'il est d'origine alsacienne, ou qu'il a vécu en Alsace plutôt ! Et, de fait, il nous a apporté un Gewurstraminner de 1998, grains nobles, Paul Buesher, grand cru etc etc... à la hauteur de l'événement ! Il a vraiment le sens de la formule Gérard ! Et du détail qui tue ! D'une mort délicieuse !

mercredi 27 août 2008

LES PRISONS

Retrouver Bordeaux, après des années d'éloignement, même si nous y avons fait quelques timides incursions ces dernières années, s'est révélé un véritable plaisir, d'autant que la ville a embelli de façon époustouflante. Quand nous étions jeunes, nous pressentions derrière la crasse et l'encombrement des quais et des ruelles obscures, un urbanisme magnifique et d'anciennes splendeurs méritant une remise en valeur. Celle-ci s'est faite au fil des ans, et maintenant la ville s'affiche avec brio comme un ensemble d'un éuiqlibre rare et d'une harmonie certaine.
Nous avons donc parcouru le triangle avec attention, retrouvé les quais avec délectation et erré dans le vieux Bordeaux en sacrifiant à un shopping modéré. Le miroir d'eau, qui exerce sur les touristes une fascination justifiée, nous a retenus longtemps et nous avons déjeuné sur les quais dans le bar rococo en forme de rocaille qui, il y a peu encore, ne voyait jamais l'ombre d'un client.

Le prétexte de la journée était une exposition à la base sous-marine, "Imaginaire des ruines", qui conjuguait avec un réel à propos, le cadre exceptionnel, des gravures de Piranèse consacrées aux antiques de Rome, des photographies de Ferrante Ferranti reprenant en grisaille les vestiges de civilisations éteintes, certaines choisies en parfait parralèle avec les vues de Piranèse, d'autres en provenance de Syrie, de Tunisie ou d'ailleurs, et enfin des sculptures de Patrice Alexandre, interprétant en 3 dimensions les monuments architecturaux de certaines gravures. L'ensemble était présenté avec goût, ponctué de textes classiques ou de vestiges antiques découverts dans le sous-sol de Bordeaux. Cela formait un parcours très suggestif, silencieux et vaguement mystérieux qui se fondait superbement dans l'ambiance un peu surréaliste de cette base abandonnée.

Michel avait projeté de m'inviter dans un restaurant gastronomique pour conclure dignement la journée, mais les uns étaient en vacances, d'autres en réparation, le dernier enfin avait carrément fermé définitivement ses portes... Devant un tel concours de circonstances contraires, nous avons choisi de faire une razzia de mets interdits au marché des grands hommes, charcuteries opulentes et fromages somptueux et de rentrer les déguster sur notre terrasse !

mardi 26 août 2008

UNE NOUVELLE VIE ??

Nous en sommes tous plus ou moins, là, nous les plus que quinquas, entourés de proches et d'amis à peine plus vieux que nous, voire parfois nettement plus jeunes, et qui coulent depuis longtemps des jours heureux en retraite. Surbookés, parfaitement à l'aise dans leurs baskets-charentaises, se livrant enfin à leurs passions et désirs, ils nous narguent sans le vouloir avec leur vie sur mesure, où rien ne vient entraver un hédonisme de bon aloi. Quand les vacances tirent à leur fin et qu'il va falloir reprendre un collier dont on sait par avance qu'il sera un peu pesant, quand on s'aperçoit vaguement irrité qu'on a perdu en chemin les enthousiasmes de base qui rendaient la tâche aisée et le travail léger, quand on accumule les maux de dos, les maux de reins ou les maux de rien, on se dit que des grandes vacances, finalement pourquoi pas ? Et puis il y a aussi les remises en cause, dans le genre "on n'a qu'une vie", le bilan de ce qu'on a construit et dont on se dit parfois que cela aurait pu être autrement... Après tout ,on en est un peu à la dernière chance, et il est temps d'apprendre à choisir ce dont on rêve... à vivre comme on l'a toujours désiré, à profiter des années qui restent et qui nécessairement paraissent brèves.
Monsieur Horten, lui, il a 67 ans et il n'envisage pas du tout les choses de cette façon : son boulot c'est sa vie, et il ne peut ni ne veut envisager de continuer sans. Pourtant, petit à petit, il apprend à se défaire de son uniforme et de son univers fermé. Il réapprend la vie, différente, comme au sortir d'un tunnel. C'est bourré de symboles et pourtant très subtil. Le sujet est sérieux, presque grave, mais émaille de moments cocasses : de vrais éclats de rire soulignent l'étrangeté de certaines situations extrêmes sans doute typiquement norvégiennes. Le film est un peu onirique, vaguement décalé et plein d'un espoir serein, comme la vieillesse quand elle n'est pas agité comme un épouvantail brandi par une société où la jeunesse est un culte. Les images sont belles, l'histoire est tendre et la fin, absolument parfaite. J'ai seulement regretté la tignasse manifestement teinte, voire étoffée de l'acteur presque septuagénaire, erreur de casting qui dénature un peu le propos du réalisateur. Un film très agréable, onirique et réaliste, fort bien mené, très bien interprété : à voir de 7 à 77 ans.



dimanche 24 août 2008

A 10 MAINS

Et puis, un jour, il faut bien se résoudre à prendre le chemin du retour, et retrouver ses pénates est toujours une agréable compensation à l'inévitable nostalgie de fin de vacances. C'est une impression inimitable que celle qu'on éprouve quand on rentre chez soi après une absence de quelques jours. Le son de vos pas dans l'entrée est totalement inhabituel : on est comme en visite dans sa propre demeure et pourtant tout est familier, bien que lointain. Il faut se réapproprier l'espace, retrouver ses repères et se situer dans un contexte fini, sans incertitude et pourtant déroutant. Cela dure seulement quelques instants, le temps de reprendre possession des lieux, mais c'est un moment très agréable.
A la maison, nous attendait un message de bienvenue très émouvant, plein de petites mains et de gentils sourires, un message tissé par la tendresse de notre fille et d'enfants jamais vus mais pourtant déjà aimés. Il restera notre bannière pour la rentrée qui approche. Et bien sûr le nouveau nom du Clair de Lune, alias BacLN, alias MaHé... la maison sans nom, puisque les noms de maison c'est démodé, dixit Michel, et c'est toujours nul, dixit tout le monde...

samedi 23 août 2008

TEPPAN YAKI

Direction, le Marais... Visite de la Conciergerie, et en bons touristes bien râleurs, commentaire peu amène sur le prix escessif de l'entrée d'un lieu qui n'offre pas de bien grands attraits. Enfin, nous y avons croisé Marie-Antoinette et Robespierre que nous devions revoir dans la journée, alors après tout, pourquoi pas !
C'est à l'Hôtel de Soubise que nous avons retrouvé ces deux-là : la première par une lettre adressée à je ne sais plus quelle comtesse à laquelle elle confia ses enfants, juste avant son exécution. Quant au député d'Arras, les Archives Nationales conservent une table sur laquelle il passa sa dernière nuit, blessé, la veille de sa décapitation. Pourtant, il ne faut pas s'y fier, l'hôtel de Soubise est un endroit superbe, et outre la visite des appartements récemment restaurés, on y a visité une exposition originale, consacrée aux 30 documents qui ont fait la France. Cela allait d'un manuscrit signé par Dagobert en 628 à la loi tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives. En passant par des bulles, traités ou pièces à conviction de procès célèbres.
Ensuite ce fut l'hôtel Donon, nouveau siège du musée Cognacq Jay, ce charentais des îles, célèbre pour avoir fondé la Samaritaine et le prix Cognacq, accordé aux familles nombreuses et aux mères méritantes. Ce couple altruiste et sans enfants collectionnait des mobiliers et objets XVIIIème, qu'ils léguèrent à leur mort à la ville de Paris. Le musée est splendide et d'une visite agréable.

J'avais ensuite très envie d'aller voir le musée de la magie, et sentant que cette lubie n'attirait que très vaguement Michel, j'y suis allée seule. Je dois avouer que les pièces exposées n'ont rien de bien spectaculaire car tous ces objets sont fait pour être utilisés, manipulés et de plus ils sont souvent bien peu spectaculaires au repos. Par contre, ce qui était marrant c'était de parler avec des magiciens, et surtout d'assister de très près à un vrai spectacle de magie, ficelle qui se coupe et se rallonge, balles qui changent de main et se multiplient, tours de cartes... J'étais complètement bluffée, et le nez sur les mains du magicien je contemplais ahurie les objets apparaissant et disparaissant... Ravie ! Et très bon public !

En attendant de retrouver Marie et Christophe qui cherchaient activement un restaurant pour la soirée, nous avons flané une dernière fois place des Vosges... Soleil couchant sur les murs de brique, photos dans les ruelles alentours pour Michel, lecture sur la pelouse pour moi...

Et pour finir notre séjour, nous avons fait une découverte étourdissante : les enfants nous ont invités à déguster un Teppan Yaki au comptoir nippon. Non seulement c'est beau, mais c'est hyper bon !
Je résume, il s'agit d'un restaurant japonais qui offre bien sûr toute la gamme des sushis et makis et tutti quanti traditionnels. Mais en plus, des grandes plaques chauffantes sont installées au centre des tables et un chef aussi habile que la magicien de tout à l'heure s'y livre à un véritable spectacle ! D'abord on vous enfile un tablier noir, au cas où un tofu raterai son assiette de destination. Puis le Chef, toque et grand coutelas en holster, nettoie abondamment la plaque. On lui apporte tous les ingrédients, qu'il débite, hache, triture et dispose en petits colorés tout autour de la zone de cuisson. Il prépare des sauces, mélange soja, mixtures, grains de sésame et wasabi. Puis c'est le grand moment de la cuisson du Tofu... et de son assaisonnement avec jonglage de poivrière et de salière. Tic Tac, zoum, vlan... bref, comme un magicien... Et soudain, zlap, il vous expédie les tranches de tofu grillées dans l'assiette, elles volent et on applaudit ! Ensuite ce sont les cuissons des légumes, des viandes, des poissons... L'ambiance est chaleureuse, les préparations raffinées et délicieuses, et c'est vraiment une idée géniale cette cuisine en direct ! Nous avons passé une soirée d'autant plus agréable qu'elle nous a permis de voir un peu Marie !

vendredi 22 août 2008

MYSTERE MYSTERE

Le musée de la Marine présente une exposition parfaite pour un jour de pluie, et là encore, totalement captivante, consacrée au "Mystère La Pérouse". Elle met en scène la grande expédition scientifique voulue par Louis XVI et disparue dans le Pacifique en 1788. Ce voyage aux enjeux scientifiques, politiques et commerciaux, ses préparatifs, sa fin tragique longtemps restée mystérieuse, puis les fouilles successives entreprises sur les lieux du naufrage, sont autant de thèmes permettant présentation détaillée que l'on parcourt guidé par un audioguide particulièrement bien fait. L'attention ne faiblit pas un instant, et on tremble, on palpite, on rit, on pleure avec bonheur devant l'impressionnante récolte d'objets retrouvés dans les épaves des deux navires disparus en 1788. L'évocation du lieu du drame, l'île Vanikoro, est particulièrement frappante.
le restaurant du musée de la Marine étant pompeux et hors de prix, nous sommes retournés au Café Carlu, face au Trocadéro, d'autant que nous avions rendez-vous avec Lénou pour finir la visite de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine. Il s'agissait maintenant de parcourir les salles consacrées à l'architecture contemporaine, et celles qui abritent les copies de fresques de nombreuses églises et chateaux de France. Il a encore fallu que les gardiens nous vident à 19 heures, car nous avions à peine réussi à tout voir, tant le musée est riche.
Un peu fatigués par nos visites, nous avons fini la journée à l'appartement, et dîné tranquillement sur notre table basse.

jeudi 21 août 2008

BAINS DE MER ET JARDINS JAPONAIS

Une grande partie de notre journée a été consacrée au Musée des Arts Décoratifs, installé dans les ailes de Rohan et de Marsan du Palais du Louvre. En fait nous n'avons vu qu'une toute petite partie du musée qui est très riche et admirablement présenté. Nous avons en effet visité plusieurs expositions, d'importance variable mais toutes passionnantes.
Une exposition consacrée à Valentino, qui par une rétrospective de silhouettes d'une rare élégance, présentait la carrière de ce couturier italien d'un classisisme parfait.

Jeux d'eau entassait dans d'immenses vitrines des structures gonflables de plage, aux couleurs éclatantes et au design de super-marché. Il parait que Gérard Deschamps est un des plus grands artistes réalistes de notre fin de siècle, pour le réalisme pas de problème, pour l'art admettons cependant qu'il soit un "archéologue de la modernité". Et un bon sujet de photos !

Ensuite un accrochage, "aussi rouge que possible", absolument génial. Douze salles consacrées chacune à une signification du rouge, politique, sensualité, passion, enfer, enfance, danger... illustrée par des objets soigneusement choisis, précieux ou originaux, toujours d'une très grande qualité. Une exposition que je reverrais dores et déjà volontiers tant elle était intéressante. Elle dure jusqu'en novembre 2009 !
Enfin, Napoléon ou les symboles du pouvoir : j'avais une envie moyenne de m'intéresser au petit corse, mais l'exposition est là encore menée avec un talent étonnant et présentée de façon à être vraiment passionnante. Les emblèmes du pouvoir impérial, l'abeille, l'aigle ou le cygne sont déclinés sur tous les tons et sous toutes les formes décoratives, les salles présentant des mise en scène de mobilier, de peintures et d'objets divers.
Après ces expositions, nous avons parcouru les salles du musée consécrées à l'art décoratif du Moyen Age et de la Renaissance, mais l'accumulation de chefs d'oeuvre est telle qu'on a préféré jeter l'éponge et revenir plus tard pour vraiment les apprécier.
Le déjeuner tardif au restaurant du musée, le saut du loup, était raffiné et particulièrement fin. Encore une excellente raison de revenir ici, le cadre étant, en plus, superbe.

Il ne nous restait pas beaucoup de temps pour aller visiter le musée Albert Kahn, mais nous avions très envie de découvrir ces jardins exotiques savamment elaborés. Un modeste rayon de soleil a même salué cette visite et a rendu l'instant encore plus magique. Jardin japonais, forêt vosgienne, jardin anglais, jardin à la française, marais humide, tout cela dans un espace d'environ 4 hectares, c'est vraiment un endroit à visiter à Paris. Il y avait aussi une exposition d'autochromes consacrés aux voyage accomplis par Kahn en Inde, mais nous n'avons pu qu'effleurer des images début de siècle (l'autre, le précédent) aux couleurs étonnantes de fraicheur et de réalisme. Ici encore, nous reviendrons un jour prochain.

Nous avons terminé la soirée à Issy, mais oui, chez Lénou qui nous avait invités à dîner. Nous avons abreuvé les enfants de nos enthousiasmes, et j'espère que nous leur aurons donné envie d'aller voir toutes ces merveilles.

mercredi 20 août 2008

EXTREMES

J'ai commencé ma journée par la visite de l'exposition "les soldats de l'éternité", place de la Madeleine. Après avoir attendu de l'autre l'entrée de la place, devant l'église de la Madeleine, afin de ne pas encombrer le trottoir devant chez Fauchon, on est accueilli dans l'expo par des chars de belle taille. Une exposition fort bien menée, qui mettait en valeur de nombreux thèmes, illustrés par quelques objets bien choisis : les vases rituels, les cloches, le jade, les ustensiles des esprits, le développement du luxe etc... Et qui surtout présentait quelques belles pièces de l'armée de l'empereur Qin, palefrenier, fonctionnaire, officier supérieur...
J'étais un peu fâchée avec Fauchon en sortant, être traité de pouilleux au motif qu'on attend devant l'entrée d'une expo, cela manque de délicatesse... j'ai donc résisté aux délices qu'étalaient ses vitrines et me suis offert un en-cas très sympa chez Orange, oui, oui qui a un excellent buffet dans son cyber café surplombant la susdite place !
Luxe pour luxe, j'ai décidé d'aller visiter le musée baccarat, et cheminant à pied, me suis retrouvée Place Vendôme, qui a toujours une allure hors du temps et des contingences. Le musée Baccarat, présente en une mise en scène évocatrice et somptueuse de Stark, un choix restreint mais passionnant de pièces anciennes, répertoriées par thèmes : la salle de bal, folie des grandeurs, alchimie du cristal, féminité, contes d'ailleurs etc...

Michel m'a rejointe, et histoire de me changer les idées, nous avons décidé de porter nos pas vers la basilique Saint Denis. Certes c'est une nécropole, certes les gisants s'empilent avec un entêtement étonnnat sous les arcs gothiques et l'ensemble est surprenant, mais pas ennuyeux du tout. Saint Denis, après le tourisme traditionnel, c'est aussi le neuf trois, et après la place Vendôme, ça fait choc ! Contraste absolu et rythme opposé.

Nous sommes revenus par Montmartre, troisième style de lieu emblématique, grand rassemblement de touristes en un lieu fait pour le pélerinage, pour les visisteurs, tour obligé de l'église par la gauche, ex-votos et cierges à foison, accumulation d'une foule disparate sur le parvis, bombardant Paris de flash incertains... Nous avons réussi à dégoter un bistrot tranquille dans une petite rue sans issue qui offrait un happy hour sympa. Depuis le temps que vous nous expliquez ce que c'est qu'un happy hour, et que le bistrot du port s'obstine à ne pas offrir cette spécialité civilisée ! il fallait bien qu'on y goûte aussi !

mardi 19 août 2008

CHINE TOUJOURS

Ayant hier fort apprécié la visite guidée, nous avons décidé de réitérer pour Chinatown. Malheureusement notre guide était fort ennuyeux, il débitait sur un ton monocorde des tonnes d'informations toutes plus complexes les unes que les autres, et ne faisait nulle part à l'anecdotique ou à un quelconque aspect pratique de la vie du quartier.

Nous lui avons donc faussé compagnie dès que possible, après la visite du temple, pour refaire sans lui le chemin à l'inverse et profiter pleinement du quartier chinois. C'est un endroit fort peuplé mais finalement très rassurant et on se dit qu'il doit encore être temps d'y investir car il se revalorisera sans doute sous peu !
Après un passage obligé chez Tang, et l'achat des indispensables ingrédients de notre future cuisine asiatique, nous avons fort bien déjeuné dans un restaurant cantonnais, à côté de notre guide qui semblait perdu dans ses rêves bridés.

Après un petit repos à l'appartement, nous sommes partis visiter la fondation Cartier, qui abrite en ce mois d'août, une exposition consacrée à César : "Transmissions de pensées". L'immeuble transparent de Jean Nouvel fait la part belle aux œuvres de notre compresseur, expanseur, agrandisseur national. Les pouces inondés de lumière, les masses d'acier enchevêtrées et contraintes, les gonflements brillantes d'une matière qui ne va nulle part, toute l'œuvre du maître prend en ces lieux un relief triomphal. On se demande vaguement si on est en train de se faire duper, mais l'ensemble est harmonieux et donne désir de le feuilleter.

C'était aujourd'hui le dernier jour de l'opération cinéma menée par la Mairie de Paris "3 jours, 3 euros", et nous avons terminé la soirée aux sept Parnassiens, le cinéma qui offre la seule bibliothèque où l'on peut se servir gratuitement et emporter le livre de son choix, à la seule condition d'en laisser un à son tour !
Mené à un rythme époustouflant, joyeux, onirique le film égrène 4 histoires apparemment décousues qui finalement se rejoignent et offrent à qui veut les lier une trame complexe de l'identité chinoise. On peut tout aussi bien n'y voir que des saynètes dissociées, porteuses seulement de rêves et d'anecdtes imbriquées. L'ensemble est enchanteur et merveilleux, on peut ne pas aimer, mais en ce qui me concerne j'étais sous le charme, surtout à cause du dynamisme de cette fresque haute en couleurs.
Après quelques pop-corns et un petit repos pour changer de tempo,
Les sept jours
Un huis-clos absolu qui dépeint avec talent la semaine de deuil après l'enterrement d'un des leurs que passent frères, sœurs et mère, dans une cohabitation forcée et féroce qui les met tous à nu. Les tensions apparaissent, les rancœurs renaissent et s'activent, et l'atmosphère devient vite irrespirable entre secrets mal gardés et souvenirs mal digérés. Quelques traits d'humour discrets viennent alléger ce fouillis de personnages qu'on parvient peu à peu à situer, et dont on démêle peu à peu l'écheveau. Les acteurs sont parfaits, justes et émouvants, tiraillés entre modernisme et respect de la tradition, entre amour viscéral et besoin à fleur de peau de se tirer de ce guêpier pesant qu'est la cellule familiale. C'est vraiment un film à voir.

lundi 18 août 2008

SAINTE HELENE

T'avons-nous suffisamment, quand tu étais petite ma pauvre Hélène, rebattu les oreilles avec le passé de ta glorieuse protectrice, mère du célèbre Constantin, vainqueur de la bataille du Pont Milvius, et ayant selon la tradition, "inventé" (c'est à dire découvert) les restes de la Vrai Croix en Terre Sainte ! Alors, pour ta fête, une visite guidée de la Grande Mosquée de Paris, c'était une idée assez neuve, d'autant que, dans la liste des hauts lieux religieux de France que tu avais décidé de parcourir cette année, la Grande Mosquée était un passage obligé !

Notre guide était sympathique, intéressante et mena la visite avec assez de compétence et de légèreté pour nous permettre de nous y retrouver dans les arcanes de la religion musulmane. Elle termina en contre-point en nous évoquant avec humour les secrets de la toilette féminine et les dessous du voile ! Affriolants, ma foi !

Après un thé pris à la menthe pris sous les arcades du restaurant de la Mosquée, nous sommes allés déjeuner chez Oki, juste derrière Saint Eustache. La cuisine y est un peu plus originale que dans les japonais traditionnels, et le cadre est surtout fort agréable, puisque cela donne sur les jardins du Forum des Halles.

Nous avions ensuite envie de te faire découvrir la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, car finalement cela constitue une façon bien reposante de visiter tous les hauts lieux de France. Grâce aux moulages d'un nombre important de portails d'églises célèbres, de voûtes et sculptures de monuments de premier plan, d'"extraits" significatifs grandeur nature de palais ou lieux de cultes, la section des moulage permet de couvrir la période du haut Moyen Age à la Renaissance, complétée par quelques pièces des XVII et XVIIIème. Nous avons, avant l'heure de la fermeture, aperçu les 2 autres sections du musée, passionnantes elles aussi, et fermement décidé de revenir bientôt.


dimanche 17 août 2008

CHINE

"Dans la ville chinoise : regards sur les mutations d'un empire" avait lieu à la Cité de l'architecture et du Patrimoine, musée entièrement restructuré et inauguré il y a peu par le Président Sarkosy. Liée à l'enthousiasme provoqué par les Jeux Olympiques, elle retrace en particulier l'effervescence constructive qui a accompagné l'événement. L'exposition est articulée autour de grands thèmes : le jardin, la stèle, l'eau, le caractère écrit, la mode vestimentaire, la famille, mais aussi des grandes villes : Canton, Shanghaï, Pékin... Elle insiste sur la fascination de la grande échelle qui impose une multiplicité de lectures des phénomènes sociaux-urbanistiques de ce pays complexe. On y écoute des extraits de films, des musiques. Photos, objets, plans, documentaires, maquettes alternent pour tenter de nous familiariser avec un pays qui a du mal à se laisser décrire et dans lequel l'art de détruire est presque aussi développé que celui de construire. On y comprend comment la tradition côtoie, avec une étonnante facilité, la modernisation, et surtout on pressent l'importance d'une démographie qui rend la notion d'individualisme absurde. On y détecte enfin l'ambition démesurée de cet empire, ivre de besoin de reconnaissance, et dont les dirigeants sont d'une inventivité sans borne pour justifier et conforter son influence. J'ai été particulièrement frappée par l'idée selon laquelle il semble que les destructions massives de logements ont été commencés par des quartiers plutôt aisés et en bon état, afin "d'avancer" le plus vite possible avant que l'opinion mondiale ne s'en émeuve. L'idée était de garder pour la fin les logements insalubres, qui se révèleraient alors une excellente réponse aux inquiétudes des pays étrangers susceptibles de critiquer l'excès de ces déplacements de population. Voyez ce qu'on détruit, cela ne mérite pas d'être conservé. Une telle capacité d'orchestration de l'opinion mondiale est révélatrice de la farouche volonté qui anime ce pays.
Il était tard quand nous avons fini notre périple chinois, et un déjeuner sur la terrasse du musée, idéalement située face au champ de mars et à la Tour Eiffel avait un caractère somptueux.
Après avoir joué les badauds sur l'esplanade, regardé les danseurs de hip hop faire leurs acrobaties avec humour, ou les manifestants pour le Falun Dafa qui faisaient une séance très harmonieuse de démonstration de leurs postures de méditation. Cette tribune avait pour but de dénoncer les persécutions dont sont victimes en Chine les adeptes de ce mouvement spirituel qui inquiète beaucoup les autorités. La pratique corporelle, à base de mouvements lents et souples, permet d'atteindre une certaine paix intérieure et de pratiquer la méditation. Qualifié de secte hérétique en Chine, il semble que les pratiquants y soient soumis à des traitements pour le moins inquiétants, qui vont de l'emprisonnement à la torture en passant par l'extraction forcée d'organes vitaux à des fins de transplantation. Les dirigeants chinois affirment que le Falun Dafa est en réalité un mouvement voué au culte d'un individu peu recommandable qui s'enrichit sur le ds de la crédulité de ses adeptes, et qui utilise le prétexte de la Défense des Droits de l'Homme pour s'attirer les sympathies du monde occidental. La polémique est traditionnelle, et il est clair que ce mouvement est interdit et officiellement réprimé en Chine. La controverse porte finalement sur la gravité des sévices imposés aux dissidents et l'importance en nombre de ces derniers.Nous nous sommes ensuite dirigés vers l'Hôtel de Ville pour y profiter des dernières heures du jardin éphémère installé devant la mairie de Paris. Voir l'architecture du bâtiment se refléter dans l'eau d'un plan d'eau parsemé de plantes émergées et flottantes avait quelque chose d'apaisant et de reposant.
De là, nous sommes allés dans le quartier des Halles, et avons décidé d'aller voir un film


Encore la Chine, mais ici le sujet surtout l'incommunicabilité entre générations, la pesanteur des secrets de famille et la difficulté de s'affirmer dans une culture différente. Il ne se passe rien et pourtant tout doucement le film amène vers une découverte réciproque du père et de la fille. Elle le fuit avec ostentation et une certaine provocation alors qu'il vient l'aider parès un douloureux divorce. A travers cette fuite on comprend son mal-être aux Etats-Unis et sa farouche volonté d'oublier ses origines étrangères. Il l'attend, humblement mais fermement, et peu à peu cède, parle, se dévoile et, tout en nuances, ouvre une voie d'espoir entre eux. C'est un film tendre et lent, mais nullement ennuyeux. J'ai été très frappée par la remarque de la jeune fille qui explique à son père qu'elle peut mieux parler, s'expliquer, s'analyser en anglais qu'en chinois. Sa langue natale étant celle du silence, de la lourdeur des non-dits vécus dans son enfance, elle est incapable de l'utiliser pour parler d'elle. Par contre, l'américain, appris, lui ouvre une voie nouvelle qu'elle se sent capable d'affronter. Quoique ! Il semble que les non-dits restent le boulet qui entrave sa nouvelle relation avec le russe pour lequel elle a abandonné son mari chinois.

PS pas besoin d'expliquer aujourd'hui mon titre ! La Chine était partout en ce dimanche !

samedi 16 août 2008

ROSES ET MOUCHES

Pour commencer la journée, scène d'horreur quotidienne et banale, vécue en sortant de chez soi, au pied de son immeuble cossu du 14ème arrondissement, ou conte immoral des temps modernes. Lorsque je suis passée vers 8h15 (l'une d'elle m'a demandé l'heure, d'où la précision du témoignage). A pied d'œuvre depuis 8h (quand je suis passée à 8h15 elles étaient déjà 2, plus tard vers 9h, elles étaient 4... à 10h arrivée du camion de nettoyage, sortie des poubelles, nuée de femmes agitant leurs sacs plastique pour les remplir, les éboueurs agressifs, les responsables du magasin chassant les femmes comme des mouches importunes... Tout cela au milieu d'un vacarme de criailleries assourdissant, les femmes protestant avec une véhémence aigue.
En réalité, et ces lignes sont rajoutées après coup, l'histoire n'a rien d'horrible et ma sensibilité de ce premier matin était superflue. Les actrices de ce qui m'a semblé au premier regard, un drame de la pauvreté, étaient là tous les matins, dans une atmosphère plutôt joyeuse et amicale. Elles remplissaient d'énormes cabas et des charriots à provision, de quoi nourrir leur parentèle au sens très large, voire leur quartier. Elles triaient et choisissaient des articles tous emballés, ayant à peine atteint la date limite, et, armées de gants et de piques, avaient l'air d'être des pros sans complexe de ce genre d'activité. Le dernier jour j'ai entendu l'une d'elle interpeller une de ces copines "Tu as vu la chinoise qui vient de partir ? Tu la connais ?? Oui, oui, elle vient pour son restaurant". Où il apparait qu'il faut se méfier des impressions éprouvées sur le registre, tellement aigu par les temps qui courent, de l'émotionnel.
Nous sommes allés passer la journée au Bois de Boulogne : visite des jardins de Bagatelle, où nous avons déjeuné, bien que ce fût interdit, en haut du belvédère.

Puis direction le Pré Catelan. Un très joli parc aussi, bien que fort différent de Bagatelle, plus petit et plus dans le genre jardin public. Dans le théâtre de verdure dessiné d'après les scènes de pièces de Shakespeare, on donnait deux pièces, que nous avons décidé d'aller voir. D'abord, pour Les Plaideurs : la troupe était vive et sympathique, mais c'est surtout le cadre qui est absolument magique. Les bosquets à l'entrée du théâtre rappellent la forêt d'Arden où se déroule l'action de "Comme il vous plaira". Le fond de scène représente le bois grec du "Songe d'une nuit d'été". La partir droite de l'amphithéâtre évoque l'île déserte de "La Tempête". De part et d'autre, la lande écossaise et le ruisseau "murmurant" font enfin référence à Macbeth et Hamlet. Avant la Locandiera, nous avions le temps d'aller découvrir plus en détail la roseraie de Bagatelle et de nous extasier sur les innombrables roses primées qu'elle abrite.

Pour la deuxième pièce, aussi enlevée que la première, il nous a fallu affronter les moustiques et un peu de pluie est venue, fort à propos, ponctuer le texte de Goldoni, précisément au moment où l'on y invoquait intempéries et tempêtes de l'amour !
Au sortir du spectacle, nous sommes arrivés juste à temps pour le dernier bus ! Il faut avouer que l'attente, à la tombée de la nuit, debout près de l'arrêt de bus et provoquant au passage de chaque voiture, occupée par un homme seul et en maraude, un ralentissement accompagné d'un détournement de tête pour évaluer la situation, avait pour nous quelque chose d'assez exotique. Nous étions ravis de voir arriver le bus, quant au chauffeur, il nous a accueilli avec chaleur, émerveillé que nous lui ayons dit "Bonsoir Monsieur" en montant !

PS Mais où sont les mouches, me direz-vous ? Enfin c'est en tout cas ce que m'a demandé Michel... Allons, les mouches, elles sont partout ! C'est la nuée de femmes qui vidaient les poubelles du Champion, ce sont les mouches des précieuses de Racine ou des prostituées de Goldoni, ce sont les moustiques du Pré Catelan, ce sont les insectes nichés au cœur des roses de Bagatelle !
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