dimanche 30 novembre 2008

SAULES PLEUREURS

Il fallait bien aller vérifier si nos artistes avaient travaillé depuis dimanche dernier et comment Triffon de Pétignac allait présenter son spectacle ! De bon matin donc, départ pour Ruffec, via Verteuil sur Charente.
Image datant de plus de 20 ans, j’avais gardé un souvenir marquant d’une étonnante mise au tombeau en terre cuite vue, un jour de balade charentaise dans l’église de Verteuil. Certes le temps n’était guère au tourisme et l’air glacial et humide qui montait du fleuve n’était pas des plus affriolants. Pourtant Michel et Françoise m’ont suivie avec beaucoup de bonne volonté dans ce petit pèlerinage et le village de Vertueil, dont je n’avais d’ailleurs aucune réminiscence, vaut à lui seul le détour. Un superbe château, qui fut propriété des la Rochefoucault, domine fièrement la vallée, et impose partout au regard ses tours massives et ses hauts murs. Cette ancienne forteresse du XIe siècle, reconstruite au XVème, vit séjourner de nombreux rois de France : François 1er, Henry IV, Louis XIII ainsi que Charles Quint. Plus bas un moulin qui doit être riant sous le soleil, s’élève sur la Charente qui se divise ici en plusieurs bras, et paresse entre des rives ombragées de saules, d’ormes et de cèdres. Pour trouver le but de notre visite, il fallut demander de l’aide aux locaux, qui, en l’espèce étaient trois anglais rigolards et parlant un français approximatif, mais qui connaissaient bien les lieux.

Quelques ruelles en pente, et tout en haut l’église Saint Médard sur une terrasse dégagée qui offre un joli point de vue sur la ville. Malgré un sinistre clocher néo-roman, l’église conserve de son ordonnance romane du 12ème siècle un élégant chevet. Mais elle est surtout intéressante pour sa Mise au tombeau du 16ème siècle en terre cuite polychrome dont la couleur est étonnamment conservée.

Commandée par la veuve du deuxième duc de La Rochefoucauld, cette œuvre a été exécutée par André Pilon et son fils Germain, sculpteur des tombes royales durant la Renaissance. Cet ensemble de 7 personnages quasi grandeur nature, éplorés et priant autour du Christ mort dans son linceul, témoigne d’une richesse et d’une culture qui surprennent dans ce coin reculé de campagne. C’est dans ce village que Balzac fit naître Rastignac et après tout on comprend l’idée de l’auteur du Père Goriot, dont le jeune héros, regardant ceux de la « bonne société » d’un regard à la fois surpris et envieux, sera prêt à tout pour toucher du doigt ce luxe et ce pouvoir dont il aurait entrevu des bribes éblouissantes durant son enfance !
La finesse du travail de la terre cuite, l’expressivité des personnages, l’étonnante somptuosité des étoffes et la toujours vive fraîcheur des polychromies font de cette mise au tombeau un des plus beaux ensembles sculpturaux de la Charente, en tout cas leur visite mérite largement le détour. Si, comme c’était le cas pour nous, l’église est fermée, il suffit de sonner chez la dame qui habite l’ancien presbytère elle vous prêtera très gentiment la clé !
Vous remarquez combien il fait chaud et l'héroïsme de mes touristes !
C’est un peu frigorifiés que nous avons regagné la voiture pour aller déjeuner à Saint Groux, aux « Trois Saules » le petit restau sympa découvert il y a un peu plus d’un an lors de visites de stages et dont l’accueil et la table sont toujours aussi agréables. Comme la dernière fois, nous avons pris un bouchon pour emporter notre Chablis qui était, ma foi, fort gouleyant ! Et franchement saules pleureurs ou mise au tombeau, les larmes n'étaient plus de mise à la fin du repas !

samedi 29 novembre 2008

BLOG OBLIGE

Hélène, nous le disions l'autre jour un blog, ça doit vivre, et il faut, comme le feu, l'entretenir ! Sous peine de "perdre" ses lecteurs ! Hélène a la possibilité d'aller fouiller dans ses "vieux papiers" où l'on trouve toujours un poème en errance qui, même s'il n'est pas à l'ordre du jour (rupture), garde tout sa force d'expressivité. Lorenzo (TraMeZziniMag) dispose d'une source inépuisable (mais forcément préparée à l'avance) de moments vénitiens qui lui permettent d'alimenter son propos même quand il est "privé" de Venise pour cause de maladie.
Mais que raconter quand la journée est grise, froide et humide, que les seules activités en vue sont d'entretenir le feu, de ranger quelques papiers et d'aller faire quelques courses (j'ai essayé de remonter le moral de Michel en lui poposant la tournée des accortes commerçantes du coin, la trop belle poissonnière que tout le monde nous envie, la charmante boulangère, jolie comme un coeur, la délicieuse fromagère qui nous a valu un plateau somptueux) et de panser le chien qui se remet vaille que vaille de ses émotions ? Pas de cinéma en vue, on nous passe Stella dont Marie m'a dit que c'était plutôt décevant, notre tentative de visite d'une expo sur les vitraux de Notre Dame de Royan s'est heurtée à des panneaux vides (sans doute est-elle terminée ou pas commencée, va savoir) et les promenades sous le crachin n'ont rien de bien attrayant. Alors tant pis, ce sera lecture du dernier Qiu Xialong au coin de la cheminée, et musique ! Demain sera un autre jour, et dans un blog, chaque jour compte !

Si on est attentif, on remarquera les pétoncles de la poissonnière, le pain de la boulangère, le plateau de la fromagère, la bonne flambée... et l'écharpe de Bolivie !!!

vendredi 28 novembre 2008

ASSURANCE RESPONSABILITE CIVILE

Il y a deux jours j'essayais Marie de te convaincre de la nécessité de prendre une assurance responsabilité civile pour être couvert lorsqu'on provoque un incident, voire un accident. Et pas enthousiasmée, tu me disais que toi, en tant que victime, il ne te viendrait pas à l'idée de poursuivre le responsable pour lui demander des dédommagements. Et pourtant, toute bonne poire qu'on soit, on finit par se dire que c'est tout de même inadmissible de payer pour les dégâts que les autres vous infligent. Vous vous rappelez sans doute le jour à Nickolson a été attaqué par le huchky du voisin ? J'ai sans barguigner réglé les 150 euros de l'opération vétérinaire qui s'en est suivie. Je ne suis même allée porter la note au voisin dont le huchky continue à terroriser le quartier. J'ai sans doute eu tort, Pascal, ancien maître chien comme vous le savez peut-être, prétend que si un jour il attaque un gosse comme il a attaqué Nickolson, je porterai une part de responsabilité de n'avoir pas dénoncé ce chien agressif toujours en liberté dans le quartier.

Et voilà qu'aujourd'hui j'ai eu une mésaventure encore plus grave, et je n'ai pas réagi. Nous étions, Madeleine et moi en train de nous promener au dessus de la plage de l'Arnèche quand nous avons aperçu un chien et sa maîtresse. Le chien semblait agressif, j'ai donc attaché Nickolson et me suis prudemment rangée bien sur la droite du chemin. Peine perdue, l'autre chien s'est précipité sur nous, a saisi Nickolson à la gorge et je me suis retrouvé prise au milieu d'une bagarre effrénée, essayant de toutes mes forces d'éloigner ce clébard qui ne lachait pas sa prise. La maîtresse n'a pas fait un geste pour retenir ou rappeler son chien et s'est mise à m'insulter, m'enjoigant de détacher Nicko, et me criant que son chien n'avait jamais attaqué personne. Madeleine craignait de me voir mordre tant l'animal était écumant, et quand nous avons enfin réussi à séparer les chiens, nous avons examiné Nicko qui avait plusieurs blessures. Je comptais bien demander ses coordonnées à la propriétaire de l'animal, mais elle a continué à nous invectiver en s'éloignant rapidement, et nous étions tellement tremblantes et abasourdies, qu'elle a pu partir sans autre forme de procès.
Voilà, je viens de retourner chez le vétérinaire, 3 plaies profondes, des points partout, les crocs de l'autre sont passés à quelques millimètres de la jugulaire et Nickolson a été sauvé de peu. En plus comme il est cardiaque, pas d'anesthésie possible, il a fallu lui poser les agrafes à cru, il est très choqué et souffre pas mal. J'espère simplement qu'il n'y aura pas d'infection ni de suite déplaisante. Madeleine et moi nous avons eu la peur de notre vie, et n'avons récolté dans l'affaire qu'injures et imprécations malséantes. Ne crois-tu pas Marie que la responsable de cet accrochage aurait pu et dû en assurer les conséquences au moins financières ? Cela lui aurait peut-être évité d'être de mauvaise foi, aussi agressive et grossière que son chien, et d'aborder les choses avec la sérénité qu'une telle mésaventure exigeait. Nous retirons de cette histoire l'impression de vivre dans un monde de brutes. Pascal et la vétérinaire nous ont dit qu'on aurait dû coincer la mamie pour l'obliger à décliner son identité, mais nous n'allions tout de même pas nous livrer à des voies de fait sur une personne, fut-elle désagréable pour juste exiger d'elle un comportement normal...

dimanche 23 novembre 2008

LE DOMAINE DE TRIFFON

En ce dimanche venteux et pluvieux, nous avons investi amicalement le domaine musical de Pétignac pour la "générale" du concert qu'Arlette Laporte et Gérard doivent donner à Ruffec dimanche prochain... Pendant que Michel ouvrait les huîtres, et que Fabienne nous mitonnait un délicieux canard aux olives, Gérard jonglait entre le tire-bouchon et le surligneur, son plan de spectacle ne l'ayant pas quitté du repas.

Après de joyeuses agapes, Gérard un peu anxieux, Arlette prête à tout pour le suivre, nous nous sommes installés pour un "Voyage romantique au cœur du piano". La rencontre du facteur de piano et de la pianiste, l'un plongé dans ses instruments, l'autre à la recherche de l'outil idéal pour dire ou faire entendre les émotions et les sentiments. Au début le clavecin et ses cordes pincées... Puis le pianoforte qui offre déjà plus de variations d'intensité et enfin le piano moderne avec toute la richesse de son expressivité. Gérard expliquait l'instrument, commentait son évolution, parlait de Pleyel ou d'Erard, de Chopin ou de Mendelsohn, émaillant d'anecdotes et de détails pittoresques leur conversation "improvisée". Arlette illustrait de brefs morceaux permettant d'apprécier la façon dont la technique a permis aux compositeurs de développer une forme d'expression plus intérieure, plus brillante, plus personnelle, l'épanouissement d'une sensibilité nouvelle qui mène au romantisme. Français ou allemand !
Quant à nous, notre rôle était d'écouter, de noter et de "critiquer"... drôle de rôle en vérité, car il est plus facile de critiquer que de faire ! Et nous avons été absolument impitoyables, ce pauvre Gérard s'est révélé d'une patience infinie, prêt à supporter toutes nos suggestions, sabrant sans réserve dans ses enthousiasmes qui sont inépuisables, lui imposant une sobriété qui est tellement loin de sa passion et restreignant à peau de chagrin son discours qui aurait pu être infini. C'était ingrat comme tout, alors qu'il a tant et tant d'anecdotes et de détails qui lui tiennent à coeur, de le ramener sans pitié au timing, de lui imposer une austérité qui sied mal à sa verve. Fort heureusement il aura dimanche prochain tendance à déborder un peu du cadre autorisé par notre censure drastique et laissera par instant libre cours à ses ardeurs de conteur ! Arlette était heureuse et son jeu inspiré était délicieux et élégant. Ils sont parfaitement accordés ces deux-là et, pas d'inquiétude, à Ruffec ils seront au point et nous aurons un concert impeccable.

samedi 22 novembre 2008

AMOUREUX

Le titre est sans ambiguïté, et c'est une évidence que la folie dont sont taxés par les autres, voire par eux-mêmes, les deux héros du film, est une simple et banale folie d'amour. Joaquim Phoenix, avec ses airs de faux James Dean est sublime de justesse dans ce rôle de grand garçon empêtré dans son désir d'aimer et sa faim absolue de reconnaissance et de tendresse. On le dit maniaco-dépressif et il n'est qu'incertain, immature et assoiffé d'amour, enfin selon ma propre lecture du scenario. Le film est bien construit, chaque plan est léché et parfaitement mis en place. La beauté des images banales qui composent l'environnement des acteurs lui donne une intensité presque picturale, sans qu'on puisse à aucun moment l'accuser l'esthétisme. Et même si toute l'histoire est quelque peu prévisible tant le thème en est classique, le côté noir du film apporte une profondeur qui le sauve de l'archétype.
La fin nous a divisés avec Michel : j'aurais voulu, quant à moi que Gray arrête son film sur l'image du gant dans la mer, tant tout ce qui suit est téléphoné et à mon sens trop facile, donnant au film un look américain accentué qui gâche la sobriété qui faisait jusque là la réussite du propos. Michel prétend que cette fin n'est pas une happy end, mais le début d'une nouvelle tragédie, car le héros est et restera insatisfait et suicidaire. Je pense, et cela sauve la dernière scène de la guimauve , qu'il n'est pas bi-polaire, mais simplement avide de tendresse et l'image qui clôt le film, où il est blotti dans les bras de Sandra comme un petit enfant, montre que sa quête n'était qu'un rêve habillant d'impossible la recherche forcenée d'un amour inconditionnel, maternel en quelque sorte. Car c'est une autre réussite du film, il dépeint la prégnance du milieu familial avec assez de talent et de finesse pour ne pas tomber dans la caricature de la mère juive et du paupérisme familial. Un beau film qu'on peut aller voir en confiance, ne serait-ce que pour la prestation de Phoenix.

vendredi 21 novembre 2008

SENTIERS BATTUS

Je viens, en suivant mes écrits anciens, de retrouver ce texte, resté, je ne sais trop pourquoi, en brouillon... Il a plus d'un an, mais mon sentiment en la matière reste inchangé. Et c'est drôle, car je viens de lire dans un de mes blogs de prédilection (après Mise en Maux, bien sûr !!), TraMeZziniMag, un article intitulé "Vademecum du parfait dilettante à Venise" qui évoque un peu le même problème; sous une autre forme ! Du coup je publie ce vieux papier... Sans photo, bien sûr !

Le tourisme, la bouteille à l'encre... Nous y succombons tous, avec plus ou moins de talent, mais toujours avec la volonté de vivre quelque chose d'unique. Et pourtant... munis d'un guide dument sélectionné, nous partons à l'assaut d'horizons plus ou moins lointains, plus ou moins originaux, et vogue la galère. Le seul problème est que nous avons tous le même guide, peu ou prou les uns recopiant allègrement les autres, et que finalement nous nous retrouvons en rang serrés en train de grimper le même escalier de 720 marches vers la même vue inoubliable, et que notre émotion se trouve quelque peu altérée par l'ambiance foire du trône de l'aventure.
Certains recherchent des destinations exotiques, mais il faut bien avouer que les chars à bœufs de la Digue, chargés à craquer d'italiens gesticulants, gâchent un peu le paysage. Et pour admirer les rochers nus posés sur le sable blanc de Anse Source d'argent, il faut se lever de très bon matin, afin de quitter les lieux avant l'arrivée des chars en question. Toutes les merveilles du monde, proches ou lointaines sont répertoriées, étoilées, nous les avons tous admirées sur de splendides dépliants qui omettaient simplement d'y figurer aussi la foule qui se presse pour venir les admirer. Alors que faire ? Il y a aussi les vacances originales, du genre on traverse le désert en 4x4 pour être loin de ces foules hurlantes et fleurant bon la frite. Ou on choisit la méharée, ou encore on part en brise glace, en cargo, en croisière, en roulotte, sous des yourtes mongoles au plus profond des gorges du Tarn, accompagné de spécialistes ou d'amuseurs, ou seul avec un sac à dos... On veut à tout prix se sentir explorateur, on cherche l'exceptionnel, le rare, l'insolite. Et on le trouve, c'est sûr, il suffit pour s'en convaincre de voguer sur le net à la recherche d'idées nouvelles et inaccoutumées.
Mais il y a dans cette quête quelque chose de factice qui finit par me faire mettre en doute ce culte forcené. Chez certains, la nécessité de partir, de "faire" une destination ou l'autre, finit par virer à la manie. Certes, habitant un lieu superbe, dans un cadre calme et enchanteur, dont je n'ai nul besoin de m'évader, j'ai beau jeu de railler les tenants de l'échappée belle. C'est vrai que lorsque j'habitais Pau dans une barre d'immeubles supposée offrir la vue sur la chaine des Pyrénées et alignant surtout les antennes télés de l'immeuble qui lui faisait face, j'avais, moi aussi, envie de fuir et d'aller gouter les joies d'une campagne préservée ou de plages sauvages. N'ayant jamais eu comme horizon quotidien l'illustrissime, et ô combien répandu "métro, boulot, dodo", mon regard railleur est totalement déplacé, j'en conviens. Pourtant, je ne cesse de m'interroger sur le côté apparemment incontournable de cette recherche éperdue du bonheur en plaquettes glacées. D'autant que j'en suis moi aussi victime, j'aimerais savoir pourquoi on a tous cette impression farouche qu'il "faut" absolument partir à la découverte du vaste monde.
J'imagine que c'est un développement logique de l'idéal XVIIIème du Grand Tour, qui a permis dès le début du XIXème l'ouverture de nouvelles routes vers l'Italie et le développement du tourisme. Mais alors, on découvrait des mondes ignorés en franchissant les Alpes, et on s'instruisait au contact d'autres peuples dont on apprenait les mœurs, l'histoire et l'art. Aller en Chine ou en Namibie n'a plus pour nous d'effet de surprise, les livres, les films, les reportages nous ont déjà tout appris et au mieux, on n'est pas trop déçu par la réalité, déjà vue et revue sur de multiples supports d'information. Plus rien n'a de secret pour nous, et, en plus, nous sommes devenus blasés et exigeants. Pourtant, nous continuons à rêver de partir.
Alors parfois, il me prend le snobisme de prétendre que tout cela est factice, et de déclarer d'un ton vaguement pédant que "le tourisme c'est démodé". J'ai tort, je sais, et cette nouvelle activité économique qui fait vivre, survivre et revivre tant de régions de par le monde (dont la nôtre bien sûr qui, sans lui, n'aurait pas beaucoup de ressources) n'est pas prêt de disparaitre. Mais j'éprouve un certain agacement que je ne sais pas toujours maitriser devant le côté obsessionnel de certains voyageurs !

LES PÔÔÔVRES

Ben, oui, c'était prévu, mais c'est toujours un peu décevant, ils n'ont rien gagné mes pauvres étudiants, mais même le prix des petits nouveaux... Faut dire qu'à force d'être cool, et de se marrer parce que les autres stressaient à mort, on était vraiment là en touristes ! A propos de tourisme, on n'a même pas gagné le prix de la meilleure photo ! Et là, c'était moi qui étais chargée de décrocher la timbale... J'ai choisi de présenter celle avec l'interphone qui a plu, certes, mais n'a pas emporté la palme ! Il faut dire qu'un collègue a eu la chance d'avoir, sur une intéressante photo de tags multicolores, une mouette complice venue gracieusement apporter une touche inattendue, et l'ensemble était très réussi ! Mais bon, on a bien participé, on a été ravis de l'escapade car l'Ordre des Experts comptables sait recevoir, et fort l'honneur, on gagnera plus tard ! Car maintenant on connait les règles du jeu.

Pendant que les étudiants planchaient, nous avons eu une présentation de logiciel, et ensuite nous sommes allés visiter une entreprise de BTP qui fabrique du revêtement monocouche. Et là, chapeau, ces entreprises Vendéennes elles ont la forme ! Pourtant, le revêtement monocouche, a priori, ce n'est pas exaltant. Mais croyez-moi si vous le pouvez, la visite était captivante. Faut dire, qu'outre un dynamisme incroyable, une logistique bluffante, une innovation permanente, et une ambiance étonnante, PRB est le sponsor de Vincent Rioux au Vendée Globe, et c'est une vraie culture d'entreprise très sypathique et communicative : nous sommes tous ressortis bien décidés à suivre les exploits du navigateur vainqueur du dernier Vendée Globe, actuellement 4ème de la course... et, accessoirement, convaincus de l'excellence des produits PRB ! Faut dire qu'on a sablé le champagne à toutes fins utiles avant de partir ! Acquis à leurs méthodes de gestion, particulièrement justes et efficaces. Pas surprenant que La Vendée ait le vent en poupe avec des gens comme cela.
L'après midi, nous nous sommes éparpillés dans les Sables, sous un ciel gris de plomb, pour tenter quelques prises de vue pas trop sombres. Le lieu, même s'il est coquet et accueillant, manque quelque peu de cachet. Il fut un temps, mais je ne sais si mes statistiques sont à jour, c'était, en fréquentation, la première station balnéaire française... si si, je vous jure ! La photo choisie à peine rendue au jury, le soleil s'est mis à jouer avec les nuages, et avouez que du coup Les Sables ont déjà beaucoup plus de charme !


mercredi 19 novembre 2008

BZZZZ BZZZZ

Mes étudiants, en maillot "abeille"

Noirs et jaunes les maillots ! Car pour le tournoi de gestion mes étudiants ont eu droit à un maillot de rugby ! Et, comme ils sont adorables, ils sont ravis… ils font contre mauvaise fortune bon cœur ! En effet, je n’ai pas compris grand-chose aux règles du jeu, on a tout fait de travers, et résultat des courses ce sera la seule chose qu’ils vont gagner, avec quelques lots « comptables », un abonnement à la Revue Fiducière, une clé USB de 2 gigas (quand même !)et quelques livres professionnels. Quant au maillot, il leur a inspiré leur cri de guerre « Bzzzz bzzzz »… Ils auraient eu le prix de la bonne humeur aussi mes petites abeilles s’il avait existé. Mais en fait beaucoup de participants venant de centres de formation privés sont là pour gagner, costard cravate et tout et tout… Leur « boîte » leur a fourni les outils pour être au top, en particulier le logiciel de simulation mis au point par les concepteurs du challenge, ce qui doit considérablement aider ! Nous faisons figure d’amateurs, et fiers de l’être !
Quant au reste, tout va bien, nous avons pour demain un programme d’enfer conçus, d’après certains de mes collègues habitués du tournoi, pour éviter que les profs viennent en catimini donner des tuyaux à leurs étudiants ! J’avais décidemment pas tout compris !

Quelques collègues sympas, et, en maillot du "staff", rouge, la sémillante présidente du Conseil de l'Ordre régional des Experts Comptables

lundi 17 novembre 2008

HURRAH

LES BLOGS DE CEUX QUE J'AIME (voir sur le côté droit, juste sous la pendule des marées) VIVENT... Seul celui de Triffon est au ralenti car certains membres de son entourage ont protesté devant l'étalage sur la toile de leurs émois privés... Bof, dommage... Elle était mignonne Louise ! j'espère que cela ne va pas m'arriver ce genre de censure ! En tout cas, allez les visiter LES BLOGS DE CEUX QUE J'AIME et commentez !!!!

LES BLOGS QUE J'AIME, c'est autre chose, ils sont plus bas dans la liste et toujours très actifs ! Normal, ils sont presque des institutionnels... Mais j'aime bien aller à Venise parfois ou au théâtre, ou visiter quelques expos... Je vous les recommande, ils sont toujours intéressants si vous partagez mes centres d'intérêts.

ECHANGE D'IDEES

Tu remarqueras que Lénou que j'ai choisi la photo de la pute au grand coeur dont tu as bien aimé le jeu et le rôle... C'est une entame pacifiste à propos de cet Echange que nous n'avons pas apprécié à l'identique, loin s'en faut !
Car voilà, nous, nous avons aimé, et toi tu as détesté, enfin pas raffolé du tout... pour le moins. Faut dire que la critique du Masque et la Plume, entendue juste avant de partir et qui disait exactement comme toi, m'avait préparée au pire : un film raté, trop léché, pas émouvant, Angelina Jolie trop belle, une accumulation de thèmes trop compliquée, trop de sujets abordés, bref pas la joie. Et tout ça, pendant 2h20... je suis partie à reculons... et du coup, et bien les deux heures vingt m'ont semblé courtes, Angelina meilleure que je ne craignais, et j'ai même été vraiment émue plusieurs fois.
Mais bon, je suis une inconditionnelle de Clint Eastwood, je pose, en a priori que ce n'est pas du cinéma d'auteur, que c'est du film américain dans toute l'acception du terme, et que, malgré cela, c'est bien fait. Eastwood est modeste, il fait son travail avec minutie, dirige les acteurs avec une grande rigueur, en appliquant certains modèles certes démodés mais efficaces. Le maquillage et la coiffure d'Angelina sont totalement improbables mais cela n'a aucune importance. Le langage d'Eastwood ne s'arrête pas à l'individuel mais explore plutôt des faits de société, des thèmes larges aux contours bien nets : les méchants sont méchants, la justice est faillible, la police est corrompue, les politiques sont pourris et le drame personnel s'efface devant l'ampleur de ces aberrations. C'est du cinéma en noir et blanc, avec les couleurs, et les moyens aussi, quand on voit la première rue de Los Angeles reconstituée dans les années 20, on dit "Ouf, quel déploiement de détails", et c'est aussi ça Clint Eastwood. Pour le plus grand plaisir du spectateur. Quand je vais voir un Eastwood, je n'ai pas le même état d'esprit que quand je vais voir un film d'auteur, et du coup, je ne suis pas déçue car, dans le genre, c'est un maître. Je comprends tout à fait que ce film t'ait exaspérée, car c'est du lourd !

dimanche 16 novembre 2008

HOTTE DU PERE NOEL

Oui, je sais, c'est bien tôt et on n'a pas forcément la tête dans les boules et les guirlandes... D'ailleurs, au passage, entre nous, ces guirlandes qui commencent à fleurir de tous les côtés, c'est soulant, c'est pas encore Noël que diable, la barbe... Qu'on se calme un peu sur la sur-consommation et l'excitation factice et prématurée. Bon, mais ce n'est pas mon propos, car au contraire j'aime bien jouer les pères Noël avant la fin décembre, on prend le temps de choisir, l'achat est une petite fête, les vendeurs sont disponibles et vous font de superbes paquets cadeaux, et on a moins l'impression d'acheter n'importe quoi parce "qu'il faut un cadeau pour un tel, et encore un tel que j'ai oublié, vite vite, ça fera bien l'affaire". En novembre on est au calme, on peaufine les choix et c'est encore un plaisir de faire ses courses.
Donc nous étions aujourd'hui au Salon Cadeaux à P'Art au hangar 14 à Bordeaux, et, arrivés dès l'ouverture, nous avons bénéficié d'un calme parfait et d'une sérénité totale. Les artisans étaient charmants et, non contents d'avoir trouvé plein de supers idées pour chacune et chacun, bien personnalisées, nous avons bavardé, apprécié, échangé. En plus de l'objet, nous avons chaque fois partagé une histoire personnelle : Verre l'intérieur, les verriers de Lorient qui équipent les restaurants comme Coutenceau à La Rochelle et ont réalisé les assiettes du Conseil Général de Charente Maritime avec nos deux mouettes en vol... Les brodeurs de Lorient ( encore !), Amandine de Brevelay et son époux, qui, alors qu'ils étaient, l'un fleuriste et l'autre juriste, ont racheté un peu par hasard un vieux métier à dentelles et qui se sont lancés avec un enthousiasme et un succès jamais démentis, dans le linge de maison de charme... Maurice Dubost, l'artisan coutelier de Viscomtat qui, pour élargir sa gamme de produits vient de se lancer dans les ménagères et a créé un modèle superbe tout en rondeurs et modernité, qui fait un tabac, tant et si bien qu'il arrive à peine à fournir à la demande... Carpat, le sac à idées des Eyzies qui a rêvé son dernier sac besace et en a réalisé le modèle, un gros insecte étrange... et d'autres encore, tous des passionnés, tous des gens heureux de faire leur boulot ! Bref un bonne idée ce salon des artisans d'art, c'était la première fois qu'il se tenait à Bordeaux, mais vu le succès l('après-midi la queue à l'entrée était impressionnante) tous semblaient dire que l'an prochain sa surface sera doublée !

Ayant bien profité de la période calme entre midi et deux pour finir nos emplettes, nous avons longé les quais en sortant et profité d'une crêperie sur le marché face à la Garonne et ainsi, rester un peu en Bretagne ! Le jeune cuistot nous a avoué n'être "que" de Nantes, mais, à part qu'il pestait contre le placier du marché qui lui coupait l'électricité chaque dimanche vers 14 ou 15h, avait l'air très heureux de son sort ! Il pratiquait le sport à loisir pour éliminer les effets pervers des crêpes dont il raffole, crêpes dont il vit en faisant le marché des quais le dimanche et un samedi tous les 15 jours... Voilà un bien bel emploi du temps ! Qui sait, il était peut-être étudiant le reste du temps ? Mais que Bordeaux est redevenue belle depuis que les quais sont dédiés à la promenade, au jeu et à la contemplation. Bordeaux telle qu'on la rêvait quand on longeait ses sinistres hangars devenus lieux de rencontre et de vie.


Nous sommes ensuite allés visiter l'exposition de la Galerie des Beaux Arts, que nous avions eu envie de voir à Giverny cet été, tu t'en souviens Hélène, mais nous avions renoncé à y aller ayant bien assez de dsitractions sur Paris. Portrait of a Lady est consacrée aux portraits de femmes réalisés aux alentours de 1900 par les artistes américains de "culture" européenne. Le titre de l'exposition est celui du livre d'Henry James, relatant les impressions d'une américaine qui découvre le vieux continent, et dont les citations émaillent le parcours. L'ensemble, empreint d'élégance et de sensualité est une découverte intéressante d'un art certes manquant vaguement d'originalité, mais tout en finesse et très décoratif. Peinture méconnue car nous lui préférons nos artistes impressionnstes qui oeuvraient à la même époque, tous très amis avec ces peintres "riches" et un peu conventionnels, mais talentueux. Un accrochage de photos "picturalites" (allons bon, voilà bien un genre que j'ignorais) complétait l'exposition, mais c'était plutôt ingrat comme épreuves, sombres et juste anecdotiques.



mercredi 12 novembre 2008

LUNATIQUEMENT VOTRE

Je vais me répéter, mais ce n'est pas vraiment de ma faute... la dernière fois, c'était les 15 projets fous de Dubai, et j'avais raillé, stigmatisé et tourné l'affaire en dérision... Cela me semblait tellement absurde et exagéré que je m'imaginais sans doute que cela cesserait de soi-même.,et que le sable reprendrait le dessus sur la folie des hommes. Que nenni, la démesure et l'excès, c'est exponentiel, maintenant ce sont les 50 projets de Dubai dont je viens de parcourir les descriptions.
Et ce soir, ça me déprime complètement... Pourtant je ne suis pas passéiste, je ne fais pas de l'écologie à tout crin, même si j'adhère totalement à la notion de développement durable, je tente de rester sereine et j'évite de sombrer à tout propos dans le catastrophisme de bon aloi qui fut celui de certains de mes contemporains (je parle bien sûr des soixante-huitards). Je suis prête à m'esbaudir de toutes les nouveautés et la capacité humaine à inventer, créer, magnifier le réel, m'impressionne. Mais trop, c'est trop et c'est avec une indéfinissable tristesse que j'ai contemplé ces "magnifiques" images. Je me suis sentie minuscule, dépassée, larguée... avec une folle envie de lâcher prise. Allez savoir pourquoi ? Peut-être l'effet pleine lune... Dis, mon Hélène, toi qui te piques parfois d'astrologie, c'est ça l'effet pleine lune, regarder la folie humaine et avoir envie de pleurer ?

mardi 11 novembre 2008

GRANDE, MAIS PAS TRES TRES

Un gentil film, bien tourné. On rit, franchement, c'est surtout mené avec entrain et du coup, comme le rythme est rapide, la légèreté passe. L'histoire est loufoque, sympathique, les acteurs, justes, n'en font pas trop. Bref un film sympa pour passer un bon moment, sans prétention aucune, ni trop manichéen, ni trop simpliste. C'était, vous l'avez compris au titre, La très très grande entreprise de Pierre Jolivet

HOMMAGE A MON GRAND PERE FELIX

Le 11 novembre, c'est aussi, et surtout, l'anniversaire de l'armistice de 1918, et l'heure me semble juste pour rendre hommage à un de ces trop nombreux petits gars anonymes qui ont perdu les plus belles années de leur jeunesse dans les tranchées pourries de Verdun ou d'ailleurs. Je ne suis, fort heureusement, ni la première, ni j'espère la dernière, à m'attendrir sur leur sort et à leur dire qu'on ne veut pas les oublier. Car la mémoire est volage et les souvenirs s'estompent vite. Félix parlait pas mal de ses tranchées et même si je l'écoutais un peu ahurie du haut de mes 10 ans, j'ai beaucoup de mal à reconstituer pour vous, mes filles qui n'en avaient pas entendu parler en direct, un semblant d'ébauche de récit cohérent. Marie s'étonnait de ce que j'ai voulu reconstituer un arbre généalogique, me croyant hostile à ce genre de sport. Il est vrai que j'ai raillé, en son temps, les généalogistes maniaques que je croisais aux archives de Pau quand je faisais ma thèse. Je voyais bien que leur démarche manquait quelque peu de rigueur et qu'ils partaient, faute de sélectivité, dans des directions probablement fausses qui enlevaient toute crédibilité à leur travail. Il est vrai aussi, que je me suis moquée des aspirations à la reconnaissance nobiliaire de belle-maman qui cherche dans les branches de son arbre à reconstituer une ascendance dont elle puisse tirer quelque gloire personnelle. Par exemple depuis que je fais notre arbre, je me bats avec une malheureuse ancêtre italienne nommée d'Aquino... un nom incroyable, dont toutes les branches remontent, allez savoir comment, à ce pauvre saint Thomas d'Aquin, dont tous les arbres se réclament !
Mais voir, avec ceux qui nous ont précédés, disparaitre tous les souvenirs, tous les sentiments de nos ancêtres, leurs souffrances et leurs joies, leurs peurs et leurs espoirs, c'est un peu triste. C'est pourquoi je pense qu'il faut, à un moment, écrire ce qu'ils furent et leur petite, mais ô combien importante pour eux, histoire, afin qu'il en reste une trace, fut-elle légère, pour les générations qui viennent.
En fait, cet article est un appel au peuple !! DD, c'est à toi maintenant, quelques mots pour compléter mon article, quelques repères et anecdotes pour cet hommage à Félix... comme l'autre jour tu m'as envoyé un dessin pour la retraite à 70 ans !

PS Et l'an prochain on rendra hommage à Marcel Monzie, parce que lui aussi il l'a faite la Grande Guerre

lundi 10 novembre 2008

LE BONHEUR D'ETRE DENTISTE

Le "burn out", ou syndrome d'épuisement au travail, sévit gravement dans les professions de santé, de nombreuses études le montrent. Il s'agit d'une véritable destruction psychologique personnelle du professionnel dont toute l'énergie se trouve consumée sous l'effet d'un travail contraignant. Une étude du Bureau International du Travail identifie, sur une liste notée de 0 à 10, les professions les plus exposées au stress. Et les dentistes arrivent en 4ème position avec 7,3 après les policiers (7,7) les gardiens de prisons et les pilotes d'avion (7,5). Il semble que la difficulté la plus importante de ce SPES (syndrome d'épuisement professionnel des soignants) soit les surcharges de travail en temps limité. Mais alors qu'un des indicateurs de burn-out est, pour les professions salariées, l'absentéisme, lié aux pathologies que l'alourdissement de la charge de travail entraîne, les professions libérales ne connaissent pas l'arrêt de travail et les effets néfastes s'accumulent, jusqu'à l'épuisement physique total.
Outre les troubles musculo-squelettiques (que de maladies du dos et des jambes !) et de maladies cardio-vasculaires, les risques de maladies psychiatriques sont tels que le taux de suicide dans cette profession est nettement plus élevé que la moyenne. Un autre risque apparait chez certains, comme chez la plupart des travailleurs exposés au burn-out : c'est ce qu'on appelle le "workaolisme" que notre société acclame (travailler plus pour gagner plus) et qui n'est autre qu'une intoxication au travail. Ces addicts du travail, voire du stress lui-même vivent dans une lutte permamente contre le temps, puis contre les autres, devenant de véritable bourreaux de travail.
Une enquête menée en Haute Garonne et qui, fait rare qui démontre bien l'importance du problème, a reçu 82% de réponses, a confirmé que les principaux maux dont souffrent les dentistes, dans des proportions alarmantes, sont l'épuisement émotionnel, la dépersonnalisation d'autrui et l'inaccomplissement personnel, certains malheureux conjuguant les 3 phénomènes.
Mais alors ? Quid de la retraite à 70 ans ? Car enfin, si travailler doit consumer et détruire à petit feu, il est clair que le bonheur des retraités qui s'affiche de façon insolente et quelque peu provocatrice parfois, est justifié et enviable. Cela remet en cause le concept de l'épanouissement par le travil et réduit cette déclaration d'intention à un maquillage hypocrite que tous fuiront sans autre forme de procès, pour se protéger des effets déplorables d'une activité trop contraignante et dévastatrice pour la santé.
En tous cas, moi, mon dentiste perso, depuis qu'il "m'a fait" une maladie cardio-vasculaire, même "sans certitude de corrélation avec le stress professionnel" je fais mon possible pour le convaincre que la retraite c'est plutôt à 60 ans !!

dimanche 9 novembre 2008

ETE DE LA SAINT MARTIN

Et oui, le 11 novembre c'est aussi la saint Martin, et la légende veut que lorsque celui-ci mourut à Candes Saint Martin le 8 novembre 397, on plaça son corps sur une barque par le ramener à Tours, dont il était l'évêque, afin d'y célébrer ses funérailles le 11 novembre. Or il advint qu'au passage du convoi les berges de la Loire se mirent à fleurir. Une autre légende, que je vous laisse découvrir, parle de démêlés compliqués avec le diable, qui se terminèrent par une renaissance du printemps aux portes de l'hiver... toujours est-il qu'il arrive parfois que le temps soit beau et doux en ce milieu de novembre !! Et qu'on se trouve, si un souffle de vent se lève, enveloppé sous une pluie d'or quand le gingko biloba perd son feuillage, instant magique orchestré par un metteur en scène talentueux !!

samedi 8 novembre 2008

JUMELAGE OU DIVORCE ?

Le monument, assez grandiose, se dresse fièrement à la sortie du petit village de Périssac au beau milieu des vignes, et la dernière fois que nous y étions passés nous nous étions interrogés sur cet hommage disproportionné, soupçonnant un jumelage généreux entre deux cités viticoles. Après tout Sidi Brahim donne un vin qui peut être de qualité s'il est vinifié avec talent et pourquoi une commune de l'entredeux mers ne célèbrerait-elle pas une amitié bachique avec l'Algérie ?
Nous avions bien évidemment tout faux, car on a beau vouloir célébrer le vin et l'amitié, la somptuosité du monument de bronze construit sur l'herbe girondine aurait été étonnante. Ce monument fut érigé à Oran le 26 décembre 1898 pour rendre hommage aux soldats français tombés en 1845 lors de la sanglante bataille de Sidi Brahim (dont wikipedia vous donne un rapide aperçu en cliant sur le lien). Il semble que les rares soldats survivants qui avaient résisté sous le commandement du capitaine de Gereaux et du lieutenant Cappeldeleine aux attaques victorieuses d'Abdel Kader, furent massacrés dans le lit de l'Oued Mersa alors qu'ils tentaient d'aller y chercher de l'eau (on lira l'histoire de ce dernier grouope de héros malheureux en cliquant sur le lien) , par des hommes de la tribu des Ouled Ziri. Une plaque de marbre salue la mort de ces malheureux " massacrés dans le ravin par les arabes des environs". En 1898 leur fut donc élevé, au centre d'Oran, un monument assez impressionnant (on lira l'histoire de la construction du momunent et des batailles de sculpteurs qu'elle a entrainées, en cliquant sur le lien), où une pulpeuse représentation de la République Française brandissant un drapeau tricolore, gravait dans la pierre "Camarades Défendez-vous jsuqu'à la mort", pendant qu'une banderolle proclamait un vibrant "Hommage aux français morts à Sidi Brahim".

Mais les algériens se trouvèrent fort embarassés de ce monument lorsque l'indépendance fut proclamée et envisagèrent sans doute de le fondre pour récupérer son poids de bronze, mais les habitants de Périssac, village où naquit le 8 juillet 1812 le capitaine Oscar de Géreaux, réussirent, on ne sait trop comment, à se le récupérer et à l'installer dans les vignes girondines le 10 juillet 1966 ! Il ne fut pas possible de reconstruire un obélisque de pierre et la France agenouillée dut se contenter d'un mur de béton blanc pour y graver sa sentence, mais l'ensemble a encore assez fière allure.

Bien décidés à rendre notre visite à la Tache agréable, nous avions décidé de nous offrir une petite halte gastronomique sur les bords de la Vézère, et de découvrir le restaurant étoilé Michelin de Terrasson Lavilledieu. Le temps printanier qui nous attendait en Périgord a rendu la halte encore plus sympathique, la petite ville étageant ses maisons aux toits d'ardoises dans une symphonie d'ocres, de verts et de rouges somptueux, qui était une vraie fête pour les yeux.

"L'imaginaire" nous a accueillis dans sa vaste salle voutée, aux murs ornés de toiles modernes d'assez bon aloi. Le cadre est agréable et le personnel diligent, sans exagération. Fait rare, j'ai eu toujours du pain dans ma petite assiette, ce qui, étant donné ma consommation qui pose toujours des problèmes de répapprovisionnement, vaut d'être noté. Les plats étaient présentés avec art, mais il faut bien avouer que l'entrée nous a un peu déçus : le foie gras au chutney était bon, mais sans grande originalité. Mais les portions, deux minuscules cubes de 2cm par 2 par assiette, étaient vraiment trop mesquines. En entremets, nous avons eu droit à l'inévitable mousse de je ne sais plus quel légume surmontée d'une écume de verveine, au demeurant fort goûteuse, ce qui n'est pas évident avec les écumes, toujours un peu insipide. Le plat était par contre vraiment très réussi, du pigeonneau désossé, rosé à point, accompagné d'une escalope de foie gras grillée et parfaitement saisie, le tout sur un lit de prunes et d'aubergines, pour un accord impeccable. Au dessert, un assortiment de douceurs variées dont la glace au miel était sans doute la plus réussie. Au total un excellent repas, bien dosé assez finement enlevé. De là à mériter un macaron Michelin, je ne sais, mais le rapport qualité prix restait très honorable.

A la Tache, l'automne était encore plus rutilant, et les teintes triomphantes. Nous avons parcourus la piste cyclable avant la nuit, puis avons regardé le match de rugby fort décevant, gagné sans talent par la France. Au total, une superbe journée d'automne.

mardi 4 novembre 2008

INDIGESTE

Le soleil est de retour et des milliers d'insectes moucheronnent dans l'air du soir. La lumière tourbillonne sur l'estuaire et pourtant je me dessèche sur un paquet de copies indigestes, croyez-moi ou non, l'analyse d'une chaine de restaurants de choucroute... les brasseries CALM "choucroute à la minute" ! Il faut le voir pour le croire... Comment peut-on inventer un cas pareil, qui vous reste sur l'estomac. Jusqu'à 70 ans ? Voire !!!!

lundi 3 novembre 2008

COUP DE JEUNE


Illustration fort à propos envoyée par DD

Les miroirs en témoignent, et Michel le confirme : aujourd'hui j'ai pris un net coup de jeune. Non, non ce ne sont pas mes couleurs maghrébines, encore que le fait est que je devrais sans doute prendre le soleil plus souvent, cela finit par être du snobisme de ne pas vouloir bronzer, ça donne bonne mine finalement... Ni même quelque activité inavouable en ces pages qui serait une cure de jouvence pour mamie sur le retour (Oh!!! Pimpinette ! entends-je déjà) ! La cause de ce rajeunissement subit autant qu'inespéré c'est tout simplement la retraite à 70 ans ! Que voulez-vous, moi la perspective d'être à la retraite dans 6 ans, ça me sapait sérieusement le moral. Tandis que là, ouf, l'échéance s'éloigne, 16 ans c'est long, une génération, le temps de voir grandir mes petits enfants à naître, presque des ados ! Et puis, ce qu'il y a de génial c'est que si, un jour durant ces 16 ans, j'en ai marre de travailler et qu'il me prenne envie de les pouponner ces petits enfants, qu'à cela ne tienne, je la choisirai cette fichue retraite, de mon plein gré, et en ayant l'impression en prime de la prendre jeune ! De la magie des choix et décisions que personne ne vous impose, c'est tellement mieux que les couperets inéluctables et drastiques. Vive la retraite à 70 ans... enfin vu de ce bout là de ma lorgnette, j'ai bien le temps de changer d'avis, pas vrai ??

dimanche 2 novembre 2008

PRUDENCE D'AUTOMNE

Journée pluvieuse et grise, tout juste bonne pour s’attendrir sur nos restes de couleurs ensoleillées (Michel est carrément cuivré) et se faire un bon feu de bois, comme à Marrakech, mais pas pour le fun, pour avoir chaud. Et aller voir entre retraités « Le crime est notre affaire », petit moment de détente et de rire sans complexe. A propos de l’âge moyen du public, la salle entière s’est esclaffée en approuvant bruyamment quand Prudence Beresford a décrété sans détour « Ce n’est pas parce qu’on est à la retraite qu’on est vieux »… Le couple Dussolier-Prost s’amuse et nous amuse sans façon, le rythme est assez soutenu et si quelques imperfections émaillent ça et là le propos, ce n’est pas bien grave, le film est sans prétention et fort distrayant. Parfait pour une après-midi pluvieuse d’automne.

samedi 1 novembre 2008

ET ALORS, LE MAROC ??


Dernier matin à Marrakech, il nous restait la visite des jardins de Majorelle que nos errances désordonnées ont bien sûr fini par nous faire rater. La pluie intense qui a sonorisé notre nuit ne s’étant pas calmée, nous avons finalement renoncé à cette balade et préféré bavarder un peu avec Eliette, pour parler de son métier, qu’elle exerce avec passion et de ses problèmes de chef d’entreprise, car finalement in riad de 6 chambres et un staff de 5 personnes, c’est carrément une petite affaire. Il faut gérer des achats qui vont du mouton aux huiles essentielles en passant par les bougies et autres bouteilles d’eau en quantité astronomique. Il faut faire un travail administratif et de secrétariat qui va des réponses aux clients car la vente se fait surtout en direct aux incontournables paperasses propres à toute activité commerciale. Il faut gérer le quotidien, avec une disponibilité totale, le touriste étant justement attaché la qualité presque familiale de l’accueil, être souple et adaptable, toujours attentif et prêt à rendre service. Il faut bien sûr un sens de l’hospitalité et du contact particulièrement aigu, et aimer cela, car chaque nouvel arrivant est comme un nouvel ami, fusse pour quelques jours. Et chez Eliette on se sent attendu, accueilli, choyé à chaque instant. Il faut enfin et surtout, gérer les ressources humaines, en pays musulman avec les conflits berbère-arabe, homme-femme, jeune-vieux, et toutes les tensions normales qu’une équipe de travail provoque partout ! Ceux qui ne veulent pas prendre de responsabilité, ceux qui ont peur pour leur statut, ceux qui prétendent tout diriger, ceux qui ne veulent pas assumer, ceux qui oublient tout malgré leur bonne volonté… bref tout cela en coulisse car il serait de mauvais ton que les clients perçoivent ces tensions naturelles et inévitables. Le touriste doit conserver de son séjour un souvenir idyllique et un peu irréel. Et tout cela, c’est un métier que certains pensent pouvoir exercer en allant jouer au golf ou au tennis et en confiant la marche de la maison à un personnel sans doute compétent mais pas toujours très motivé. Eliette quant à elle l’exerce à temps complet son métier, et avec brio… son personnel est disponible et professionnel, tellement habitués à travailler avec elle qu’ils n’admettent guère qu’elle aille chez le coiffeur… quoi quoi ? abandon de poste caractérisé !

Hassan nous a ensuite conduits à l’aéroport, il a accepté de nous dire qu’il se marie l’été prochain avec Naja, que ce sera un mariage traditionnel qu’elle organise car elle souhaite qu’il en soit ainsi, mais lui s’en désintéresse visiblement… Lui, il veut consacrer l’argent de la fête à un voyage de 15 jours à la découverte du Maroc, alors je ne sais trop si chacun organisera de son côté la fête à sa façon, ou si elle s’est engagée à assurer les frais du mariage et lui ceux du voyage ! Débarqués sous une pluie battante et pataugeant dans les flaques d’eau, nous avons entamé le long, trop long voyage de retour… avion en retard, correspondance à Casablanca, de nouveau du retard, queues, fouilles, passeport dans tous les sens, bref cela nous a paru bien long et n’a pas amélioré notre aversion pour les aéroports. Certes l’achat du billet en dernière minute nous a privés de la possibilité d’un vol direct, mais passer une journée entière pour rentrer d’un petit séjour de 5 jours était carrément un pensum.

Et voilà, disparus une semaine sans laisser d’adresse, et cela n’a finalement été remarqué par quiconque ! C’est sans doute normal, mais ça fiche un coup au moral, on a tellement tendance à se croire précieux ! Petite expérience qui incite à la modestie…

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