dimanche 29 juin 2008

IMAGES DE SAGE(S)


Un week-end paisible... un peu écourté pour Michel qui met en route dès lundi son nouvel emploi du temps, conçu pour travailler plus calmement et dont on se demande bien ce qu'il va donner. Allant à Poitiers demain (oui oui, encore, cela devient une manie n'est-ce pas ! mais je vous avoue que je m'en passerais bien étant donné les blocages de routiers et la pile de copies qui m'y attendent), je n'avais qu'une envie modérée de courir les routes forcément engluées de "juillettistes" en transit.

Donc homard grillé et flambé (ô honte ! au whisky... nous n'avons plus de Cognac de cuisine !) face à l'estuaire, piano, lecture, finale du top 14, piano, coup de fil réglementaire à belle maman, bref un dimanche paisible comme il y en aura beaucoup durant les deux mois à venir, car en ces temps de transhumance citadine il nous faut vivre cachés pour vivre heureux. Et Neruda pour un bain de poésie sobre, généreuse et presque spontanée après l'exaltation phosphorescente de Saint John Perse!

Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime...

Je ne suis rien venu résoudre.
Je suis venu ici chanter
je suis venu afin que tu chantes avec moi.
Pablo Neruda, Extrait de "El canto general"



samedi 28 juin 2008

AMOUR AMER

Soleil couchant sur l'estuaire, litanie régulière de la mer qui monte doucement, aubade insatiable des pinsons planqués dans les pins, voilà le cadre rêvé pour une lecture d'extraits d'Amers de Saint John Perse, hier soir aux grottes de Matata.
C'est une des bibliothécaires bénévoles de Meschers qui avait eu cette idée. Accompagnée de ponctuations à la guitare pour lui permettre les enjambées d'un passage à l'autre ou simplement de reprendre son souffle, elle nous a lu avec délicatesse et modération quelques pages de ce long poème du diplomate écrivain à ses heures. J'avoue avoir été agréablement surprise par son interprétation du texte : alors que je la croyais trop fluette pour le souffle épique de ces vers incantatoires, elle a impulsé aux mots une fragilité, une musique discrète qui finalement en gommait fort avantageusement l'emphase et les effets extrêmes.
Certes il est indéniable que la langue est somptueuse, les tournures riches et travaillées, le rythme lyrique et volontiers féérique. Les mots, choisis avec un soin extrême, ciselés, travaillés jusqu'à une sorte de préciosité savante, enveloppent, développent et s'étirent avec une volupté luxuriante. Mais la dame qui disait en sortant que cela avait vieilli, n'avait pas tout à fait tort. Cette débauche de sons, cet envoûtement habilement construit, cette générosité lexicale finissent pourtant par paraitre factices. C'est tellement exacerbé que cela frise la saturation. Le ton, qui se veut biblique, voire prophétique, donne parfois l'impression de verser dans une forme obscure de rhétorique poétique. Cela se veut savant, cela fait vieil érudit grec en mal de références. Est-ce l'intellectualisation inévitable des passions émoussées d'un homme qui avait 67 ans quand il a terminé ces lignes qui privent ce texte pourtant érotique de toute véritable passion, et qui nous laissent lassés quand nous devrions être émus ? C'est sur-écrit et somme toute cela finit par être un peu surfait. Qu'on ne s'y trompe pas, l'idée d'en faire une lecture était excellente car ces mots demandent le son pour être savourés, et même s'il est parfois difficile de suivre les déambulations de ces phrases sans fin, il y a un tel travail sur la polysémie que l'oreille y trouve son compte. C'est le cœur qui reste un peu sur la sable, noyé par trop d'intensité affectée.
Notre passeuse de mots avait choisi de centrer sa lecture sur la partie centrale du poème, dialogue entre les Amants, flambée lyrique faites d'échos thématiques et sonores, sans doute la plus imagée et de fait, la plus connue. Mais ce faisant, elle a volontairement occulté la cohérence du récit, construit en 4 parties, dont le volet érotique n'est que le sommet.

… Étroits sont les vaisseaux, étroite notre couche.
Immense l’étendue des eaux, plus vaste notre empire
Aux chambres closes du désir.

Entre l’Été, qui vient de mer. À la mer seule, nous dirons
Quels étrangers nous fûmes aux fêtes de la Ville, et quel astre montant des fêtes sous-marines
S’en vint un soir, sur notre couche, flairer la couche du divin.

En vain la terre proche nous trace sa frontière. Une même vague par le monde,
une même vague depuis Troie
Roule sa hanche jusqu’à nous. Au très grand large loin de nous fut imprimé jadis ce souffle…
Et la rumeur un soir fut grande dans les chambres : la mort elle-même, à son de conques, ne s’y ferait point entendre !

Aimez, ô couples, les vaisseaux ; et la mer haute dans les chambres !
La terre un soir pleure ses dieux, et l’homme chasse aux bêtes rousses ; les villes s’usent, les femmes songent… Qu’il y ait toujours à notre porte
Cette aube immense appelée mer – élite d’ailes et levée d’armes, amour et mer de même lit, amour et mer au même lit –
Amers, strophe IX, 1, O. C., p. 326

La mer, source à laquelle s'abreuvent les amants et qui fait l'objet d'une gigantesque fresque préparatoire au travers de 8 strophes précédentes, avant de conduire au sommet de cette extase amoureuse objet de la strophe 9, semblait donc absente de notre soirée. Sauf à admettre qu'amer/amour (selon le sens médiéval que lui donne Yseut quand elle tente de révéler à Tristan la nature réelle de son tourment) vient bien évidemment compléter l'homophonie exploitée jusqu'à la corde par le poète : amers/amer/mer/mère... Et ses balancements féminins et virils ont ponctué notre soirée avec toute la délicatesse requise, proches car la marée était montante, mais discrets puisque le coefficient était modeste.



jeudi 26 juin 2008

AUGUSTE SANS CAMILLE


Michel avait une réunion avec l'URCAM à Poitiers, et pensait partir tranquillement en écoutant "le vice-consul" de Marguerite Duras, quand soudain sa tendre moitié, qui ne cesse de proclamer à qui veut l'entendre qu'elle déteste Poitiers, a décidé de l'accompagner. Faut dire que la moitié en question elle n'aime pas Poitiers parce qu'elle va toujours y accomplir quelque corvée pédago-pas-rigolo (du genre jury, correction ou autres fariboles) ! Là pour le coup c'était le contraire, la moitié s'est promenée pendant que Michel s'est tartiné le représentant agressif et rouquin de la CFDT, "gauchiste"(au sens historique du terme) patenté et hargneux, et la langue de bois pesante de l'administration de la santé.



Après un déjeuner sympa pris en tête à tête face au pompeux hôtel de ville, "chef d'oeuvre" 19ème aux accents renaissants et aux allures prétentieuses, chacun est parti de son côté. Pour la touriste improvisée d'une ville où elle est déjà venue 100 fois, visite de Notre Dame la Grande, balade dans la vieille ville, redécouverte du baptistère Saint Jean qui date tout de même du IVème siècle et reste l'un des moments majeurs de la Gaule chrétienne, puis quelques achats inutiles et frivoles pour profiter des soldes qui ont commencé hier.



La raison essentielle de cette virée à Potiers était la présence au musée Sainte Croix d'une exposition Rodin. En fait, j'en ai profité pour visiter le musée de façon approfondie. S'il ne possède aucune œuvre majeure (sauf une collection remarquable de vases de Marinot pour lequel j'ai une attirance particulière), il est remarquable par son cadre magnifique, une splendide architecture moderne des années 70 qui met en valeur le chemin muséographique et permet une visite lumineuse et paisible. Une petite exposition consacrée à Paolo Veneziano m'a permis d'apprécier des petits, mais remarquables panneaux de retable parfaitement présentés. Une autre exposition temporaire était consacrée à la science de la restauration et de la présentation des œuvres d'art, sujet qui m'a toujours passionnée, voire même émerveillée. Le jeu du "avant-après" qui accompagne les remises en état d'objet anciens, abîmés, voire totalement "illisibles" me fascine et me fait rêver.


L'expo Rodin, enfin, but de l'équipée, était modeste mais intéressante. En fait le musée Sainte Croix a accepté de prêter au musée Rodin, à l'occasion de l'exposition qui lui est actuellement consacrée à Paris, quelques œuvres de Camille Claudel. En contrepartie, il a obtenu le prêt de sculptures et de dessins du maître, consacrés à une série de danseuses assez épurées et très érotiques, dont l'ensemble formait une petite suite charmante. D'aucuns ont accusé Rodin d'être devenu libidineux quand il a réalisé ces œuvres : leur souplesse de réalisation et leur maîtrise révèlent surtout une liberté d'expression et un talent incontestables. Enfin des photographies récentes de Fernand Michaud réalisées parmi les sculptures des musées Rodin de Paris et de Meudon ajoutaient, en faisant évoluer un nu de chair parmi les nus de bronze et de pierre, un touche de sensualité à cet ensemble à la gloire d'une "femme" éternelle.

PS Mais pourquoi diable, Auguste sans Camille ??? 3 raisons à cela... je vous promets, ils veulent toujours dire quelque chose mes titres auxquels je tiens tant !!! Même qu'en fait, les articles, ce sont juste des prétextes pour remplir !!

mercredi 25 juin 2008

REVOLTE ET GROS CAILLOUX


Petit conte à destination de ceux et celles qui ne savent pas que la vie est courte et que cela empêche parfois de dormir, quand on avance en âge et qu'on fait le point sur sa propre vie... Pour les mettre en garde !

Un jour, un vieux professeur de l'École Nationale d'Administration (ENA) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.
Ce cours constituait l'un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n'avait donc qu'une heure pour "faire passer sa matière ". Debout, devant ce groupe d'élite (qui était prêt à noter tout ce que l'expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : "Nous allons réaliser une expérience". De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :"Est-ce que ce pot est plein?". Tous répondirent : "Oui". Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?".
Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot. Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question :"Est-ce que ce pot est plein?". Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L'un d'eux répondît: "Probablement pas !".
"Bien !" répondît le vieux prof. Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda : "Est-ce que ce pot est plein ?". Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent :"Non!".
"Bien!" répondît le vieux prof. Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :"Quelle grande vérité nous démontre cette expérience? "
Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît : "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ".
"Non" répondît le vieux prof. "Ce n'est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : "Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite". Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos. Le vieux prof leur dit alors : "Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?" "Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ?Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer ? Prendre le temps... ? Ou... tout autre chose ?"
"Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir... sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on la remplira de choses inutiles et on n'aura plus suffisamment de temps à consacrer aux éléments importants de la vie.
Alors, n'oubliez pas de vous poser d'abord la question :"Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?"Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot". D'un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et quitta lentement la salle.

Et à bas les crises d'adolescence ! Révolte d'une maman ordinaire contre ce que les enfants croient nécessaire de faire pour devenir adultes, et qu'un salmigondis débile de psycho-machin-truc de démagogisme à la noix admet comme étant normal, salutaire, voire nécessaire. Marre de supporter du coup sans broncher ce qu'on n'admettrait d'aucun ami, d'aucun proche, d'aucun être qu'on aime et qu'on respecte. Non au terrorisme des crises d'adolescence tardives ou précoces. Non au consensus mou qui déchiquète l'amour.

mardi 24 juin 2008

FAITS DIVERS SUR ESTUAIRE

Entre les pieds nickelés à Meschers et le pactole de Saint Georges, les colonnes faits divers de la presse locale s’en donnent à cœur joie ces derniers temps sur la côte Atlantique, et les commérages vont bon train dans les ruelles de nos villages.

La première histoire a commencé à la mi-avril quand on a retrouvé un matin, juste derrière chez Gilles, une femme gravement blessée à côté de sa voiture. Elle partait travailler au lever du jour quand deux individus cagoulés l’ont forcée à sortir de son véhicule et, la renversant, lui ont roulé dessus à plusieurs reprises, avant de la rouer de coups et de l’entailler avec un cutter, et de la laisser pour morte dans un fossé. Sauvée à la suite d’une longue hospitalisation, l’enquête a été menée avec diligence, et si l’on soupçonnait à bon droit le mari, le dénouement laisse tout de même perplexe. Le couple étant en instance de divorce, et les intérêts financiers importants, l’implication du mari semblait inévitable, malgré son alibi en béton. Mariés sous le régime de la communauté de biens réduites aux acquêts, il était clair que les garages de cotnrôle technique acquis ou créés durant leur vie matrimoniale devaient être partagés entre les époux, et on imagine comment le mari, furieux, a mal pris la chose. De là à passer un « contrat » avec deux « tueurs » à la petite semaine, pour la modique somme de 80 000 euros, payables après l’exécution de la dame, il n’y avait qu’un pas que cet apprentis malfrat a franchi sans trop se poser de questions. L’eut-il fait qu’il eut réalisé combien l’entreprise était absurde, voire improbable et n’avait aucune chance de réussir. Tout ce beau monde a fini par avouer, et le mari et ses exécutants se sont retrouvés sous les verrous, ce qui clos dignement l’épisode. Pour faire bon poids et parce qu’il n’y a pas de petits profits, on a retrouvé le sac à main de la victime chez les agresseurs chargés du contrat !

Le Parisien

Cyberpresse

Le conte de fées qui défraie la chronique à Saint Georges est beaucoup plus réjouissant dans ce monde de brutes, et fait rêver ceux qui, la veille, tremblaient devant cette attaque sauvage qui pouvait faire croire à une insécurité nouvelle sur nos plages… Aller travailler aux petites heures quand des hommes cagoulés risquent de vous estourbir à la sortie de chez vous, voilà qui n’était guère réjouissant comme perspective…La deuxième affaire est nettement plus agréable et les locaux en sont tout étourdis.

L’histoire commence en 1958 : le jeune Klaus âgé de 19 ans et son frère Fritz effectuent un tour de France à moto. Ils font une halte sur la plage de Saint-Georges-de-Didonne et y campent quelques jours. Klaus fait la rencontre d'une jeune fille, Eliane, dont il tombe amoureux. De leur union naîtra, sans doute après son départ, un fils. Klaus de retour en Allemagne, devient officier dans la marine, avant de se construire une véritable fortune dans l'industrie pharmaceutique outre-Rhin. Il semble qu’il ait vu ou revu son fils adolescent à Marseille, mais depuis tout contact avait été rompu. L’industriel étant décédé en 2006 en laissant plusieurs millions d’euros à léguer à ce fils perdu de vue, le notaire chargé de la succession est parti en chasse de l’enfant fantôme. Il a pour viatique quelques indices précis, Klaus ayant consigné sur un carnet de notes sa rencontre et son histoire d’amour atlantique. La naissance de l’enfant, prénommé Jacques ou Jean Jacques, y est racontée aussi et notre tabellion cherche depuis maintenant deux ans où pourrait se cacher l’heureux bénéficiaire des largesses posthumes de son géniteur. Ayant eu dans ses démarches un succès mitigé, il est venu à Saint Georges continuer son enquête, et vous imaginez les espoirs qu’il fait naître ! Il semble qu’à défaut de trouver des informations sur cette histoire-là, tout un chacun se rappelle et raconte d’autres histoires d’amour jusque là soigneusement cachées, mêlant des Eliane improbabbles à des infidélités de vacances dont on se demande soudain si elles n’auraient pas un lien avec l’allemand de 58 ! On confond les années, les lieux et les prénoms, on se souvient, on évoque en riant d’anciennes aventures, les langues vont bon train, mais rien n’y fait, Jacques reste introuvable ! Voilà en tout cas qui nous change des faits divers glauques et fait fantasmer dans les chaumières !



lundi 23 juin 2008

PINK AND RED

Après la fête de la musique, la fête du rugby et la demi-finale du Top 14 à Bordeaux, pour préparer dignement la finale à laquelle tu seras, Marie. Il fallait bien qu’on t’offre des infos de première main sur la fraîcheur des troupes !

Partis pour Bordeaux en tenue légère (on vous a immortalisé ça, dans le genre "départ pour Longchamps" heureusement qu'on ne vous impose pas un truc pareil quand on vous traine au Stade De France !) pour affronter la canicule et la chaleur du stade, nous avions rendez-vous pour déjeuner avec Marc et Fanfan au Régent.

Michel fut fraichement accueilli car il avait tout simplement oublié de mettre son maillot du Stade, vous savez la pièce historique aux trois boucliers de Brennus, et aussitôt suspecté de vouloir pactiser avec l’ennemi « r(o)ase »… Le sang de Marc n’a fait qu’un tour quand il a constaté qu’en prime, nous étions installés sur les gradins au milieu d’une marée de drapeaux bonbon, mais on a pu lui dire qu’on s’était sacrifiés pour lui laisser la joie d’être au milieu des toulousains. J’avais quant à moi la tenue adéquate, rouge et noire, et j’ai pu sauver l’honneur en participant de bonne grâce à la fête des étendards rouges !

Il faut dire que le stade Chaban Delmas était toulousain pour un jour et que l’ambiance était folle tous gradins confondus, quand Ménard et Jauzion ont enflammé le stade à 3 reprises. Après une première mi-temps indécise, crispante et un peu nerveuse, on ne savait pas trop à la pause qui gagnerait. Mais la deuxième période, jouée sous une chaleur de plus en plus caniculaire, a été sans appel. Les trois essais toulousains ont été bien construits, mérités et surtout efficaces pour le mental qui, après 77 minutes de jeu, et malgré l’essai brouillon et vaguement contesté de Paris, avait les accents du midi. Il ne restait plus qu’à laisser Florian Fritz marquer un drop, pour que le score soit incontestable.


L'arrivée du ballon en parachute
La (petite) vague "r(o)ase" sur Chaban Delmas

Nous avons sacrifié à la bière de la victoire sur la place Pey Berland, en voisinant avec des « r(o)ases » qui ne nous trouvaient pas fair-play parce que le serveur nous a abreuvés les premiers ! L’entente a été parfaite quand il s’est agi d’admettre que la finale serait autrement plus difficile et que samedi prochain Toulouse va souffrir contre Clermont ! Malgré ses 16 boucliers, la ville rose n’a pas gagné le Top depuis 2001… mais ce sera de toute façon une très belle finale.

Le soir, nous avons juste eu le temps de nous précipiter au cinéma de Saint Georges pour un film que je vous recommande chaudement « Et puis, les touristes ». L’argument est intéressant, il s’agit d’un jeune berlinois qui, un peu par hasard, vient effectuer son service civil à Auschwitz. Il se retrouve au service du dernier survivant des prisonniers du camp, vieil homme impassible qui s’entête dans sa mission de mémoire. La ville ne vit que par le tourisme et une usine, rachetée par les allemands qui, compétition économique obligeant, sont bien tenus d’adopter une attitude sans concession. La difficulté de rendre actuels la révolte et le « plus jamais ça », se heurte aux réalités diverses de ces gens qui, tous, n’ont qu’un désir, fuir cette ville sans avenir au passé trop lourd. Les acteurs sont justes, la musique est au diapason, le montage du film parfait. Le ton est sans emphase, il n’y a pas de démonstration ou de manifeste, simplement un devoir incontournable qu’on ne sait plus par quel bout prendre. Tout le monde sait, tout le monde a été sensibilisé, tout a été dit, et pourtant il faut dire encore pour ne pas oublier. C’est une jeune allemande qui, invitée à résumer d’un mot la visite qu’elle vient d’accomplir avec sa classe, résume bien le propos de ce film important et l’état d’esprit de tous ses protagonistes, en notant « désarroi ». A voir absolument, malgré le titre peu engageant et pourtant finalement bien trouvé, du moins selon sa traduction littérale « et à la fin, arrivent les touristes ».



dimanche 22 juin 2008

FAITES ZIK

Modeste toujours la fête de la musique à Royan, mais encore dans l’esprit des premières années, quand Lang lança le concept… Des gens qui aiment jouer et chanter et qui profitent de la tribune de l’été pour se produire devant un public agité mais indulgent. Vous rappelez-vous, les filles, le jour où, saisie d’un prosélytisme ringard mais de bon aloi, j’avais décidé que nous devions nous installer devant le portail de Saint Antoine en bramant des cantiques, accompagnés par vous à la guitare ! Une vraie mère catho bobo ! Ce n’était pas méchant, mais trop de bonne volonté tue ! Pas étonnant qu’avec de telles pratiques, je vous aie vaccinées de passer le portail des églises !!

Loin des grands concerts aseptisés et qui ont attiré 100 000 spectateurs à la porte d’Auteuil, quelques amateurs plus ou moins doués, et quelques pros du dimanche essayant de convaincre un public timide d’acheter leur CD. On avait le traditionnel crooner qui profite chaque année du 21 juin pour donner libre cours à sa passion de pousser la chansonnette. Il possède une sono d’enfer, des spots et même une scène, une collection époustouflante de fonds musicaux enregistrés et il chante, faux, mais faux ! Je ne crois pas avoir jamais entendu quelqu’un chanter plus à côté de la plaque que lui… Il est heureux et, pire, son public nombreux aussi ! Il me semble que ses dissonances s’aggravent d’année en année… On avait quelques groupes de bonne volonté mal équipés et ayant un mal fou à se faire entendre faute de sono. Le traditionnel trio de jazz avec cette année une chanteuse assez talentueuse qui reste sans doute la meilleure formation de la soirée, mais trop classique pour attirer beaucoup de monde.

Je voulais aller écouter les chants de marins sur le port mais c’était un peu décevant, pas entraînant du tout. Les marins d’Iroise nous ont servi un brouet nostalgique de complaintes aussi sinistres que la lande bretonne dont ils chantaient les étendues balayées de regrets et d’intempéries salées.

Au total, une déambulation paisible dans l’air surchauffé du soir, les terrasses des restaurants regorgeant de famille attablées, qui patientaient tant bien que mal en attendant le dessert. Heureusement que les glaces de chez Lopez ont donné un but à la soirée, proposant comme à l’ordinaire de nouveaux parfums à notre convoitise jamais rassasiée.

Au final, notre fête de la musique fut plutôt réussie grâce au son et lumière qui nous attendait sur la terrasse. De l’autre côté de l’estuaire un orage aux intensités variables, suffisamment lointain pour ne pas entendre le tonnerre, suffisamment fort pour avoir des tableaux inédits à chaque explosion. Avec pour fond sonore la musique qui montait du « Surf » et qui, ma foi, était très bien adaptée à cette ambiance.



jeudi 19 juin 2008

CHOUX D'ARNOULT

Le projet du jour était d'aller voir les lotus à la Cour d'Aron... Mais après consultation conjointe de la météo et d'Hélène, qui m'a confirmé bruine et pluie sur la Bretagne, et surtout après que le splendide soleil qui a présidé à notre lever se fut imperceptiblement caché sous des nuages manifestement d'origine bretonne, nous avons décidé de remettre cette promenade à une journée plus clémente. Direction Trizay... après la visite obligée de quelque église romane trainant fort à propos sur notre route, quelque peu buissonnière, nous sommes arrivés au lac juste pour déjeuner. Le restaurant qui domine le site est admirablement placé mais de surcroit excellent. Une table de luxe dans une ambiance très élégante.

Ce fut ensuite la visite des ruines fort suggestives de l'abbaye de Trizay qui, à ce qu'il parait, n'est pas une abbaye mais un prieuré. Quelques œuvres modernes exposées dans ses salles romanes désaffectées lui valent le titre un peu pompeux mais sympathique en ces campagnes reculées de centre d'art contemporain. Au milieu des plantations de choux et de pommes de terre de la vallée maraichère de l'Arnoult, cela a un petit air bravache très méritoire.

Puis visite paisible sous un ciel toujours aussi gris des jardins de Compostelle, jolie composition de pierres, d'eaux et des plantes qui surplombe le lac où nous avions déjeuné.

Il était déjà tard et nous avons remis à une autre fois le détour prévu par Brouage, nous arrêtant simplement à Saint Agnant pour admirer le colombier renaissance aux 2549 trous de boulin pouvant accueillir chacun un couple de pigeons, qui se dresse fièrement dans le faubourg de Montierneuf.

Journée sans ambition et à l'exotisme modeste, mais qui nous a permis d'apprécier quelques ressources locales bien sympathiques, et de nous extasier sur des hectares de choux au vert pimpant et profond : à croire que les charentais mangent de la soupe au chou à chaque repas !!




mardi 17 juin 2008

BONHEUR EN PLUS

Week-end à Paris, pour voir des expos et pour voir nos filles... Parents indignes ou plutôt craignant toujours de trop en faire face à nos jeunes adultes tellement préoccupées d'affirmer, voire de revendiquer leur indépendance, nous avons du mal à admettre que nous allons à Paris voir nos filles. Cela aurait pour elles un côté formaliste et contraignant que nous sommes encore un peu jeunes pour supporter. On a encore besoin de quelques années avant d'admettre de n'être plus pour elles qu'une corvée incontournable mais ennuyeuse, dont l'accomplissement impose de renoncer à quelque plaisir forcément tellement plus attrayant. Donc on va voir nos minettes, mais on claironne à qui veut l'entendre que ce sont les soldats de l'empereur Qin ou les mystères de l'expédition Lapérouse qui nous attirent.

A la station Charles Martel, on a enlevé les décors et dessous, quelques restes d'anciennes affiches

Les bassins du Luxembourg, avec leurs petits voiliers plein vent !!

En fait quand il s'est agi d'y renoncer, nous nous sommes aperçus qu'on pensait tous les 2 que cette histoire de "Soldats de l'éternité", c'était sans doute un peu surfait, "une pompe à fric" a même décrété Michel, montée pour profiter de "l'effet Chine" qui balaie les médias cette année. Quant à Lapérouse, nous irons plus tard, ou mieux, nous nous offrirons le DVD qui retrace les aventures du navigateur albigeois. C'était tellement plus agréable et nostalgique de se sentir un peu utiles et de tenir compagnie à notre petite Marie convalescente... C'était tellement plus plaisant de voler quelques heures à Hélène avant son départ pour un périple incertain mais forcément trop lointain. Un week-end improvisé donc, comme le furent nos dînettes et nos bavardages, un petit cadeau de la vie, qui nous donné un grand bonheur, même au prix de menues inquiétudes !

Nous nous sommes quand même offert une exposition, pendant que Marie faisait une hyper sieste dimanche après-midi. Et là encore, foin des idées reçues. Je me demandais bien d'où venait l'enthousiasme hyperbolique de Marie concernant Vlaminck et comment elle avait pu trouver un tel plaisir à visiter l'exposition du Sénat. J'attribuais cela au souffle amoureux qui fait tout trouver superbe, à la seule condition que ce fût partagé. Vlaminck se confondait pour moi dans une suite indéterminée de peintres moyens, portés par une vague de mode tyranisante, qui nous enjoint de trouver belles des croûtes qui nous rasent.
Et j'ai découvert un vrai talent et une vibration coloriste qui m'ont vraiment enthousiasmée. Certes le talent des organisateurs de l'expo est pour quelque chose dans cette découverte. Ils ont su cerner leur sujet, en limitant les oeuvres exposées à une période bien précise, celle de la jeunesse et de la fougue exploratrice de l'artiste. Les toiles sont mises en scène, sur fond alternés de gris et de jaune, de façon élégante et peu chargée. Les tableaux irradient leur lumière sans se nuire ni se concurrencer. Ca et là quelques objets bien choisis ou quelques phrases du peintre, qui se piquait d'écrire, éclairent le parcours sans l'alourdir... il faut souligner la qualité muséographique de l'ensemble, discret, véritablement au service de l'artiste et non pédant.



jeudi 12 juin 2008

MAREE

C'est clair, et personne ne peut contester cela, on ne peut pas vivre sans les horaires de marées... C'est pourquoi le Petit Re, fidèle à son rôle fédérateur et informatif, est heureux de vous offrir en exclusivité l'horloge marine ci-contre. Très utile à Paris, à Pékin (au cas où le censure chinoise le laisserait passer les mailles du contrôle anti-terroriste) voire à Zurich !
Marie va mieux, ouf, et son papa, heureux comme un poisson dans l'eau, a pu lui parler longuement ce soir ! Rassuré...



mardi 10 juin 2008

EXAMENS

Banal, banal, que fait un prof au mois de juin ? Il fait passer les examens... les oraux, les écrits, les jurys, bref ça le sort !! Cette année j'ai eu la chance d'en faire passer une partie à La Rochelle (le reste sera moins fun, puisque ce sera Poitiers, beurk)... C'est ainsi qu'hier Michel est venu avec moi profiter de notre belle "capitale" pendant que je trimais !! Il a visité le Musée du Nouveau Monde et surtout pris quelques photos (vous savez que quelques, en ce qui le concerne cela se compte en dizaines).

J'ai trimé très vite afin de me libérer et de le rejoindre, ce qui nous a permis de passer une soirée agréable. En fait ce qui a motivé ce déplacement, c'était la projection à La Coursive de My Father My Lord, que tu avais tant envie de voir Marie, et dont les fiches du cinéma disaient grand bien. Le titre est superbe, l'argument prenant, et nous étions tout contents d'avoir l'occasion de voir ce film qui ne bénéficie que d'une dizaine de copies. Las... L'esthétique jaunâtre de la pellicule, la bande son sur-dimensionnée dans un émotionnel de guimauve, des acteurs improbables (le rabbin est vieux comme le monde, et peu crédible en père attentionné), la scène de la mort de l'enfant mal tournée, ennuyeuse et ratée, tout concourt à rendre l'ensemble raté, pas émouvant pour un sou et finalement ennuyeux. L'exotisme que représente, à notre époque laïque, l'importance des convictions religieuses lors d'une épreuve, est sans doute ce qui a suscité l'enthousiasme de certains critiques, mais c'est d'un intérêt moyen quand on connait des cathos du même acabit. On a affaire à des juifs intégristes, certes, mais sans excès, car le réalisateur est quand même assez fin pour éviter de tomber dans la caricature absolue. De plus, pour les goys que nous sommes, les interprétations sont difficiles. Témoin la mitzva du renvoi du nid. C'est un commandement qui enjoint à celui qui veut prendre des œufs dans un nid, de chasser auparavant la mère. Lue ex abrupto, avec notre sensibilité chrétienne et humaniste, la scène du film où le rabbin renvoie la pigeonne du nid où elle couve ses œufs sur le bord de la fenêtre, peut paraître "cruelle", vue au travers des yeux de l'enfant qui ne comprend pas et qui a peur. Il est clair cepndant, expliquée, que la mitzva est bonne car, si l'on a besoin, pour se nourrir, de "voler" les œufs à la mère, il est préférable de ne pas le faire devant elle. Pourtant, d'après le réalisateur, justement, ce qui est important, ce n'est pas de juger la mitzva, est-elle bonne ou mauvaise, justifiée ou injustifiée, humaine ou cruelle. Ce qui compte pour un juif intégriste, c'est de l'appliquer, parce que c'est une mitzva. C'est seulement cela qu'il veut dire, mais de nombreux critiques s'y sont mépris, et y ont vu la preuve de la rigidité d'un comportement religieux borné. Nous mêmes avons eu du mal à saisir le sens de la scène. Ceci étant, les dialogues se limitent à des citations bibliques assez soporifiques, et comme l'exotisme n'agit pas, cela devient vite soulant. C'est prévisible, lacrymal et on attend la fin avec impatience. On ne peut s'empêcher d'évoquer, après avoir vu le film, le chef d'œuvre absolu de Kieslovsky, son premier film du Décalogue, poignant, prenant, époustouflant et parfaitement, totalement juste.
Comme Michel avait très mal à aux pieds à la suite de ses escapades photographiques, il n'avait pas une envie folle de continuer à démabuler dans la ville, et nous sommes donc allés voir, en attendant My father, my Lord, un autre film, argentin, réalisé par Lucia Cedron : Agnus Dei.
Là encore, un premier film, mais tellement plus sensible et beaucoup plus prenant que l'autre. Un très beau film, sur la rédemption, sur la mémoire. Il raconte commentton ne vit toujours qu'un aspect d'un événement ce qui fait qu'on se trompe souvent sur le jugement qu'on porte sur lui. Les images sont superbes, presque trop (mais on pardonne largement cela à un néophite), les acteurs justes et sensibles (la gamine est bien dirigée), l'histoire crédible et surtout très humaine. La confrontation entre le passé et le présent est construite avec une grande élégance et beaucoup de subtilité, les mêlant longuement avant que nous arrivions à trier le bon grain de l'ivraie. Si j'ai personnellement regretté que la fin soit téléphonée, c'est encore une fois une critique mineure sur le film d'une jeune réalisatrice qui promet d'être talentueuse.
Nous avons fini la soirée au "Comptoir des Voyages", une des nombreuses annexes de Coutanceau, qui nous a un peu déçus. Beaucoup de bruit pour rien pour, au final, un repas très verbeux, ah ces titres de plats qui tiennent sur 3 lignes, mais bien modeste du point de vue gustatif.



lundi 2 juin 2008

NOEL EN JUIN

C'est ça dans les familles, on s'adore, on se déteste, on se déchire, et on ne sait plus tellement pourquoi. Mais on est ensemble, on se réunit aux fêtes carillonnées, et on grave un tissu de souvenirs à égrener en désordre aux moments difficiles. J'en parle sans savoir, car nous, nous n'avons pas de famille, nos fêtes carillonnées sont intimistes et nos déchirements à usage interne. Cela nous fait toujours un peu l'effet d'un jardin exotique ces films sur le thème éternel (et apparemment convenu) de LA famille. Nos parents nous l'ont refusée, avec leur malthusianisme forcené et idéologique. C'était une volonté de rester entre soi, cellule réduite à sa plus simple expression, et refus absolu de tout rapprochement vécu comme une corvée. On fait avec, cela a des côtés agréables parfois (enfin on essaie de s'en convaincre) puisqu'on évite les chamailleries, les pesanteurs de ces moments stéréotypés, pourtant c'est un schéma aride, et les plaintes de ceux qui ont à "subir" leur famille, nous semblent parfois bien déplacées !! Mais on ne nous a pas demandé notre avis, et mère Nature, ingrate ou injuste, nous a interdit de remédier à cet état de fait en fabriquant notre propre famille nombreuse. C'est ainsi et ce n'est pas le sujet de mon article !

est un vraie réussite dans le genre chronique familiale. On a beaucoup dit qu'il était caustique, j'avoue que le ton très libre qu'il adopte m'a particulièrement séduite. Il règne dans la famille de Junon une sorte de transparence qui dédramatise tout. On se dit tout, et, disant, on dédramatise. Cela n'empêche ni la haine, ni les fureurs, mais on n'a pas de "cadavres dans le placard", on sait où on en est. Et la seule qui fait secret des raisons de ses rancœurs, est celle qui en souffre le plus. L'analyse psychologique, sociologique et affective est fine et délicate, très fouillée, et tous les personnages sont très dessinés. Celui, antique et sculptural, de Junon se dresse comme un monolithe au centre de l'histoire et elle régit la vie des siens à travers le prisme de sa propre blessure. Mais elle est très intelligente, quoique d'une froideur effrayante, et elle sait l'importance de son rôle, elle tente de ne pas en abuser. Le plus émouvant est le père (Jean Paul Roussillon, le vieux crapaud amoureux d'une sirène, est parfait), teinturier minimaliste et obstinément banal, alors qu'il est le plus riche et le plus complexe de tous ces personnages. Les autres se débattent avec plus ou moins de talent contre leurs monstres, contre leurs angoisses et leur désir d'exister par-delà la mort du premier né, Joseph, qui les a tous marqués au fer rouge.
Une caméra d'une vivacité, d'un rythme éblouissant permet de faire face à ces 2h30 où il ne se passe pas grand chose, sans un instant d'ennui, voire en étant parfois haletant devant des mystères qui n'en sont finalement pas. La musique est au top, elle joue de nos émotions et de nos espoirs, sans jamais tomber dans l'exagération. La direction d'acteurs est parfaite (les 2 gamins en sont un preuve éblouissante), au millimètre, les dialogues sont incisifs et jamais inutiles, tout est parfaitement ficelé, et le propos ne se limite pas à une chronique familiale rebattue : on y parle de maladie, des autres, de mort, de schizophrénie (celle du fils d'Elisabeth est décrite avec un talent et une justesse rares)... Ce film ne résout rien, n'explique rien et pourtant tout est clair. C'est un beau conte moderne, ouvert, tolérant et réaliste. Il ne tombe à aucun moment dans la facilité, et le rythme est parfait. On en arrive à oublier que c'est du cinéma, tant on est immergé dans l'histoire. Bref, allez le voir ! Ou le revoir, car il est tellement dense qu'on sait qu'on a laissé passer des détails ! C'est un film qu'il faut partager et dont il faut parler ensuite, car on n'a pas tout remarqué tout seul !



dimanche 1 juin 2008

L'AMERIQUE !!!

Pimpi* a découvert l'Amérique... enfin il paraît qu'elle est là-bas, au bout de son doigt... Mais vous savez tous qu'on peut faire gober n'importe quoi à Pimpi et Michel s'y est employé... En fait je croyais qu'on était enfin arrivés au "bout du monde", enfin plus exactement au bout des terres, et le mythique phare de Chassiron était là pour en témoigner, quand soudain il m'a affirmé qu'on voyait la statue de la Liberté. Où ??? Mais là-bas, Pimpi, là-bas... Alors pleine de bonne volonté, Pimpi a vu... Seul problème, il y a un puissant contre-jour, et sur la photo, je trouve que ce n'est pas très probant !
Ainsi s'est terminée une bien agréable journée, quoique fort pluvieuse au départ : à Royan, il tombait des cordes et il n'y avait dans le ciel atlantique même pas de quoi tailler un string à Saint Pierre** quand nous sommes partis, armés de notre fidèle Tomtom pour trouver nos adresses. Nous l'avons consacrée, "journée des jardins" oblige (encore une journée ! il y en a à tous propos et celle-là est plutôt sympa), à visiter quelques jardins privés. Des amoureux du sécateurs ouvrent leur maison à cette occasion, et nous avions choisi, plutôt que de visiter des parcs consacrés et ouverts au public en temps normal, d'aller admirer leurs plantations.

C'est très surprenant, des maisons pavillonnaires (merci Tomtom ! sans lui, c'était introuvable), sans grand cachet, quelques centaines de mètres carrés de terrain tout au plus, et soudain des plantations exotiques, des essences rares, des chemins improbables qui serpentent entre troncs et feuillages... Bref des passionnés, qui nous parlaient de leurs jardins comme d'amis proches, savamment choisis, soigneusement entretenus, suivis, répertoriés, nous en expliquant même l'historique, les réactions, les caprices !




Le seul jardin que nous n'avons pas pu voir est celui où repose Pierre Loti, à Saint Pierre d'Oléron, un plaque annonçant à l'entrée bien close de la maison aux volets verts que, selon les dernières volontés de l'écrivain, le lieu n'est pas ouvert au public.


NOTES A L'USAGE DES NEOPHITES
* Pimpi, aucun copyright n'a été déposé, cependant Michel demande qu'on ne déforme pas ce nom !!! Pas PIM'Pi (clin d'oeil à qui de droit !!... qui peut d'ailleurs déformer autant qu'il veut, à la grande joie de la principale intéressée !)
** Allusion à la culotte de Saint Pierre, dont la présence dans un ciel gris laisserait, selon l'expression consacrée, espérer le retour du soleil... Il paraît que ce n'est pas correct d'imaginer Saint Pierre en string, mais bon, que voulez-vous, les temps évoluent...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...