J'avais une envie folle d'en retrouver le goût... le soufflé aux foies de volailles que maman faisait quand j'étais petite et dont elle régalait nos dimanches, cuisine économique et pourtant succulente.
J'en avais concocté un ou deux à Alter au début de notre mariage, et oublié depuis ce plat très "cuisine bourgeoise". Il en gardait la saveur en mémoire, mais m'a trouvée un peu kamikaze quand je lui annoncé que je ferai cela samedi soir, alors que nous recevions Marc et Fanfan pour regarder avec eux la France se faire mettre la pâtée par les Néo Zélandais... Bon j'anticipe... mais que voulez-vous, quand vous recevez des amis pour voir un match de rugby à 20h30, il faut prévoir un dîner à épisodes, qui, croyez-moi, n'a rien d'un "dîner en ville". Il y avait donc un apéro, assez copieux pour faire face dignement à la première mi-temps, et l'entrée. Puis 40 minutes que nous espérions triomphales, mais qui furent difficiles. L'avantage au rugby, c'est que quand l'adversaire est bon, et là il était superbe, on l'admire et on applaudit, même si on est un peu désolé de perdre.
A la mi-temps, juste une petite salade de pamplemousse chinois, très légère et très vite avalée, pour repartir en forme. Pourtant mes convives, déjà accablés par le score, m'ont dissuadée de monter mes blancs en neige et d'enfourner le soufflé. Ils n'avaient plus faim, et l'appareil du soufflé est resté au frigo, les oeufs dans leur coquille, et le moule chemisé à l'avance a attendu des temps meilleurs !
Nous avons tristement mangé le fromage et le dessert après la deuxième mi-temps, en commentant les exploits des blacks et en reconnaissant que, quoi qu'on ait pu en penser dernièrement, les français ne sont pas encore à la hauteur de ces adversaires d'élite.
Donc, nous avons fait le soufflé dimanche soir, et l'avons accompagné des restes fort honorables des bouteilles ouvertes pour accueillir nos amis. Le problème du retour en voiture étant ce qu'il est, 0,5g c'est vraiment vite atteint, en province les dîners entre amis sont toujours assez sobres, et les bouteilles restent à moitié pleines, sans qu'on ose trop insister. D'autant que nous avions eu soin de sabler le champagne avant le match, sachant qu'après le coeur n'y serait plus.
Alors ce soufflé de foies de volailles ? L'appareil se compose d'une béchamel, de foies de volailles revenus avec ail et persil et découpés assez finement avant d'être incorporés à la sauce.
Le reste est classique : jaune dans l'appareil, blancs battus en neige ferme (c'est Alter qui fait la petite main !!), le tout dans le moule... Et hop au four.
Mais ce qui fait toute le plaisir de ce soufflé, c'est qu'il est bon de l'accompagner d'une sauce aux tomates fraiches (vous remarquerez qu'elle est un peu pâle, on avait promis, oui, oui, de ne plus manger de tomates en hiver, mais comment faire autrement ?? j'ai mis un peu de concentré de tomates pour rehausser le goût de ces légumes venus de Hollande et qui n'ont plus vraiment de caractère!), bien relevée, ail et poivre font l'affaire. C'est le mélange du goût un peu acidulé de la tomate et de la saveur douce des foies de volaille qui fait le charme de la préparation. Et le pire, c'est qu'hier j'avais tout prévu pour faire le plat à la mi-temps, mais carrément oublié la sauce. Donc mon soufflé aurait été un peu fade ! Comme le fut notre défaite rugbystique !




















































