vendredi 27 février 2009

CINEVACANCES

Semaine de vacances, sur fond de printemps précoce et de compta tardive ! Comme chaque année, pensum incontournable, et après quelques mésaventures informatiques, Michel a pu faire ses comptes 2008 à Meschers. Ce qui nous a permis d'intercaler entre les longues heures de corvée quelques jolies promenades, et beaucoup de cinéma. Il a fini hier tout seul en tombant presque juste alors qu'accablée par un rhume dévastateur je me révélais incapable de lui apporter la moindre lumière. Du coup pour fêter ça on s'est offert une randonnée Meschers Saint Georges avec Madeleine et Pascal, délicieux pique-nique sur les blokhaus de Suzac et tarte aux prunes à l'arrivée.
Côté films, Mascarades, une délicieuse comédie algérienne, qui malgré d'infimes maladresses, nous a enchantés. Cette chronique aigre-douce de la vie d'un petit village perdu au fin fond des Aurès, est délicieuse, pleine d'énergie et d'humour. On rit beaucoup aux mésaventures de chacun, tous en prennent pour leur grade mais sans la moindre méchanceté. Pas la moindre longueur, pas de redite, un comique de situation sans cruauté, des acteurs attachants et un paysage de toute beauté. Le rythme est soutenu, c'est irrésistible de drôlerie et de tendresse pour le village, sans caricature, sans misérabilisme, le ton est juste et on se prend au jeu. Un petit film qui mérite vraiment d'être vu et soutenu.
Il Divo, de Paolo Torentino, retrace avec un rythme certain, la vie d'Andreotti, mais sur un ton un peu artificiel, et finalement assez complaisant pour l'homme politique qu'il prétend épingler. C'est très esthétisant, la mise en scène est très léchée, la bande-son haletante et fort belle, et si le montage proche d'un opéra est parfaitement stylé et réussi, cela finit cependant par sembler un peu factice et être carrément agaçant. Il est clair qu'il faut bien connaître l'histoire politique contemporaine pour suivre les arcanes de la charge menée par Torentino, mais finalement il en fait trop contre la Démocratie Chrétienne et pas assez contre Andreotti, tellement seul et solitaire qu'il en semble pitoyable. Après nous avoir mis en situation de voir en Andreotti un manipulateur cynique et presque sanguinaire, il inverse le propos pour nous suggérer un homme accusé à tort qui n'aurait agi, mal certes, que par souci du mieux-être de la nation et dans une ambiance de guerre froide excusant tous les excès. On ressort l'esprit vaguement embrouillé par une démonstration qui fait la part trop large aux exagérations en tous genres.
Pas un chat dans la salle pour Slumdog millionnaire ?? Normal ! nous nous étions trompés d'une demie-heure et l'effet "oscars" a rempli la salle jusqu'au premier rang... une semaine avant nous aurions été une dizaine ! Cette affluence nous a un peu gâché la perception du film tant le public était grégaire, commentant, expliquant, se réjouissant toujours à contre temps. Du coup les ficelles deviennent apparentes. Le succès du film est normal, tant il est consensuel et fleure la recette marketing à plein nez : on fournit au public son émission de télé préférée, avec une charge modérée contre le méchant présentateur, on ajoute un zeste de bonne conscience et d’apitoiements sur fond de bidonvilles et on assaisonne le tout d'une histoire d'amour convenue qui se termine bien. On sent derrière les images superbes les discussions du staff de montage, choisissant soigneusement les scènes qui feront mouche, les répliques qui plairont et les rebondissements qui tiendront le public en haleine sans le décevoir. La première partie du film est magnifique, la fuite et la survie des trois enfants est émouvante, menée avec brio et sur un rythme parfait. Les gosses sont sublimes, dirigés avec beaucoup de tact et de naturel, et la peinture des bidonvilles est digne et convaincante. Puis tout bascule, devient artificiel et s'enlise peu à peu dans un moralisme judéo-chrétien de mauvais aloi. La scène de rédemption finale du frère dans sa baignoire de fric frise le ridicule et la dernière demie-heure mériterait juste d'être coupée. Une avalanche de bons sentiments noie peu à peu la bonne impression du début et on ne réussit pas à admettre que cette fin bolywoodienne soit à prendre au deuxième degré. Et cela s'enlise dans la guimauve.

dimanche 22 février 2009

ON EN VEUT TOUJOURS ...

... de ces moments simples et rares qui nous refont le monde comme dans l'enfance, la vôtre, de ces heures lointaines qui ne reviendront jamais mais dont on garde le souvenir à fleur de vie, avec des relents de nostalgie voilée, discrètement passée sous silence puisque les jours doivent continuer à s'écouler vers d'autres avenirs que le nôtre. Nous, nous arrivons parfois à rêver encore un peu des projets fous et sans lendemain, histoire de garder un pied dans le présent, mais l'avenir, c'est à vous qu'il appartient, sous des formes incertaines qui nous mettent parfois le cœur un peu à vif quand on y pense de trop près. Comme une panique de vieillir, qu'on s'efforce de ne pas nommer pour ne pas gâcher l'aujourd'hui.

samedi 21 février 2009

ON N'EN VEUT PAS !

Les manifs c'est fait pour crier, et de ce point de vue là les manifs contre le port méthanier, faut bien avouer qu'elles sont un peu frustrantes ! Genre grand rassemblement sage, on se met en rond et on écoute les discours un peu répétitifs des uns et des autres. Faut dire qu'il y a peu d'arguments nouveaux, et que la récrimination essentielle est simple, et vite résumée : on n'en veut pas, un point c'est tout. Alors quand, à intervalle régulier, notre association nous convoque sur la plage pour nous compter et montrer aux politiques et autres requins de l'investissement sauvage et polluant qu'il faut compter avec la population mécontente, on attend avec impatience le moment où on pourra s'exprimer un peu ! Après le NON écrit sur la plage, cette fois-ci nous avons été conviés à figurer le diamètre beaucoup trop vaste d'une de ces horribles cuves dont 4Gas nous menace. L'idée de départ était de suspendre, à 50 mètres au-dessus de la plage de la Grande Conche, tout un rond de ballons gonflés à l'hélium. Ça aurait fait son petit effet pour représenter le volume réel d'une cuve de gaz liquéfié. Mais le vent soufflait trop fort au bord de l'eau, et quatre petits ballons seulement ont délimité les 85 mètres de diamètre d'un tel « monstre ». Du coup, éparpillée autour d'un cercle de 85 mètres de diamètre, la manif manquait de chaleur, cette franche camaraderie du coude à coude hurlant et tonitruant. Une petite mise en scène finale destinée à fêter la 2ème année de l'association et le premier anniversaire du Grenelle de l'Environnement, convoqué pour l'occasion à la rescousse pour étayer notre position environnementale, nous a quand même permis de crier un peu ! Et même de chanter sur l'air de la Carmagnole... Rendez-vous est pris pour un vrai défilé à Bordeaux au mois d'avril.

lundi 16 février 2009

LE LISSE ET LE RAPEUX

Ce matin, j'admirais à la bibliothèque de Meschers, un oiseau de terre cuite noire, lisse et arrondi comme un galet. "Mais il faut aller au Temple"... et voilà comment, rebutée par une affiche esthétique certes, joli graphisme, mais peu représentative des pièces exposées, j'ai failli rater une exposition de sculptures qui m'a enthousiasmée.
Deux artistes s'y côtoient et s'y opposent en toute harmonie. L'une, Isabelle Abate, travaille la terre en surfaces grumeleuses et accidentées; l'autre, Jean-Claude Carlet joue sur les polis et les lumière d'une céramique noire qui s'arrondit sous l’œil et attire la main.


Isabelle Abate travaille la terre en grains marqués, ses pièces ont parfois une texture ligneuse et pleine de rugosités. Ses sources d'inspirations sont multiples et comme vous le verrez sur son site elle est à la fois classique, abstraite et inventive. Ses œuvres ont des contours parfois longilignes, parfois trapus, et elle semble aimer explorer diverses voies, presque contradictoires.



Jean-Claude Carlet est plus typé dans ses choix : il travaille l'agile fine de Bourgnogne en utilisant la technique étrusque du bucchero nero : il recouvre ses pièces d'un engobe sigillé et après les avoir cuites dans un four à bois à 1000°, il les enfume en fin de cuisson. Ses réalisations roulent sous la main et incitent à la caresse. Ses dernières recherches sont parties de l'idée d'inclure la lumière dans ces formes noires, d'un poli parfait. Il ménage dans la masse deux fenêtres en regard dans lesquelles il place des plaques de verre translucides qui accrochent les rayons lumineux. J'avoue avoir aimé tout particulièrement cette idée, mais ses formes sont devenues trop rondes pour moi, trop proches du galet. Je préférais ses formes travaillées où la courbe se heurtait avec délicatesse sur une arrête vive, sur un plan inattendu. Je pensais que l'inclusion de vitres lui imposait des contraintes techniques qui auraient fait naître ces nouvelles formes, que je juge plus banales. Il m'a dit avoir beaucoup hésité, mais il avait envie de privilégier la rondeur. Puisque tu viens en fin de semaine mon Hélène, j'espère que tu auras envie d'aller voir cette exposition qui dure jusqu'à vendredi soir.


PS ... et à votre avis, quel artiste a ma préférence ? Et la vôtre ???

Réponse d'André :
Photo prise pendant que tu visitais l'expo des deux sculpteurs
J'aime les deux , pourquoi les départager ???

dimanche 15 février 2009

LUMIERES D'ESTUAIRE

Un de ces dimanches lumineux qui réservent de petites joies simples que le soleil transforme en les illuminant.
Au musée de Royan, installé dans l'ancien marché de Pontaillac, intéressante façon de réhabiliter un espace utilitaire aux verrières lumineuses, nous avons visité une exposition consacrée à un peintre cognaçais du début du XXème : Georges Jules Maresté, dit Géo Maresté.

Formé par Louis Cabié, lui-même élève de Corot et de Rousseau, il travaillait en extérieur et ses œuvres jouent avec les variations de la lumière.
Dilettante talentueux, il vivait des revenus d'une distillerie à eau qui lui permettait de se consacrer sans contrainte à sa passion. Il croquait d'une touche alerte les rives de l'estuaire, les forêts, et souvent des scènes de plage, toutes empreintes d'une ambiance légère et insouciante, parfois un peu mondaine.

Remarqué par des critiques et d'autres artistes renommés, il reçut des commandes de marchands d'art parisiens mais ne les honora jamais, préférant peindre à sa guise et sans contrainte. Sa touche est légère et rapide, il saisit l'instant, la nuance, la variation d'un ciel, l'éclat d'un rayon de soleil. Il excelle surtout dans la gouache ou l'aquarelle, son pinceau se faisant plus laborieux dans les peintures à l'huile. L'exposition regroupait environ 80 oeuvres de l'artiste, rarement datées et provenant toutes de collections particulières. Le parcours se faisait par thèmes, et s'organisait de façon intéressante, des ports aux plages, des terrasses aux dunes.

Le reste de notre dimanche s'est déroulé selon le schéma classique des dimanches royannais : après une petite virée au marché, un déjeuner rapide mais savoureux (ma fameuse salade de mâche aux truffes et au parmesan suivie d'un plateau de fromage à se damner), et une longue marche sur les plages à marée basse, Michel a promené sa bourgeoise à la recherche d'une hypothétique truffière ou d'un moulin en ruine ! Banal tout ça, mais tellement agréable !

samedi 14 février 2009

HUMEUR AMOUREUSE

Mais non, les filles, carré blanc, je ne vais pas vous raconter la Saint Valentin à Meschers... Rien de croustillant en vue. Tout au plus le match France Écosse, pas aussi beau que France Irlande mais que nous avons gagné au moins. Sans doute grâce à toi Lénou, je t'ai entendue, tu as très bien chanté la Marseillaise et ça a donné à nos joueurs du baume au coeur !
D'ailleurs, par une de ces décisions administratives qui ont l'art de vous pourrir la vie, il y avait aujourd'hui dans mon lycée une journée portes ouvertes au cours de laquelle je devais présenter ma formation (que je ne nommerai que XXX dans cet article, car je crains comme la peste que mes étudiants ne tombent sur ce blog, donc j'évite toute expression qui soit susceptible de le faire "sortir" sur une recherche google). Bref, un peu contrariée d'avoir à quitter mon Valentin de matin, j'avais baptisé cette manifestation avec un brin d'humeur et un zeste d'humour à cause de ma réelle affection pour tous "mes" anciens, I Love my XXX.
J'avoue avoir été agréablement surprise, car suite à un appel lancé sur Copains d'avant, ils ont été nombreux à venir, et à témoigner devant les parents venus se renseigner sur la formation, de leur métier et de leur devenir professionnel. Avec toujours la même complicité entre nous, et pour moi, le plaisir de voir leur réussite, un des aspects merveilleux de mon métier.
Voilà pour l'amour... et l'humeur me direz-vous ? Un coup de gueule, contre mes collègues (encore !!!) parmi lesquels se trouve toujours quelque "sage" à tête de nain de jardin, qui vient vous abreuver de ses bons sentiments hors sujet. Je m'explique.
L'affaire est partie à propos de la prime Darcos. Peut-être en avez-vous entendu parler à grand renfort de pub : tout enseignant acceptant de faire au moins 3 heures supplémentaires par semaine se verrait gratifier d'une prime annuelle de 500 euros. Vous souvient-il du temps où les heures supplémentaires étaient perçues comme une honte nationale, susceptible de priver d'emploi nos pauvres chômeurs ? Les temps ont changé, dont acte, et maintenant on récompense ceux qui en font. Tout ça pour dire que les profs sont bien payés et que c'est un bon métier (cela va de pair n'est-ce pas dans nos sociétés !! et les profs manquent cruellement de considération sociale).
Bref, hier une collègue s'est étonnée sur une liste d'échanges professionnels de n'avoir pas vu sur son bulletin de salaire le moindre euro supplémentaire alors qu'elle fait plus de 3 HS hebdomadaires. Elle se renseignait donc sur les conditions d'attribution de cette prime, et il apparut bientôt qu'elle n'est accordée qu'aux profs de lycée ou de collège et que ceux qui ont des étudiants post-bac n'y ont point droit. Re dont acte : un bon moyen de faire des effets d'annonce à moindre coût pour le contribuable.
Mais là où cela se gâte c'est quand un des adhérents de la liste écrit ceci : "Par ces temps de crise où les râleurs habituels se mettent en évidence on peut accepter le sacrifice de 500€ non ? Pensez à ceux qui en font autant voire plus que vous et qui ne bénéficient de rien"... Autant vous dire que les réponses se sont déchainées... je vous livre la mienne "Heureusement qu'il y a toujours des moralisateurs parmi nous !!! Et je me mets du côté des "râleurs" que pourtant je déplore autant que vous, cher ... Mais le problème n'est pas de savoir s'il y a ou non privilège, mérite ou avantage indu... Le problème est un effet d'annonce, au service de l'image de marque d'un gouvernement qui proclame ainsi sa générosité et sa reconnaissance envers les enseignants, à bon compte puisqu'il s'arrange ensuite, par des mesures limitatives, non annoncées elles, de restreindre la portée et donc le coût, de ses largesses. C'est une question d'éthique, me semble-t-il. Vous expliquerez ces détails à ceux qui, au nom de cette prime, vous reprocheront ensuite vos protestations contre les mesures de ce gouvernement, ou d'un autre, mesures qui sont souvent au détriment de notre pouvoir d'achat, que je sache. Privilégiés, certes puisque fonctionnaires en période de crise... Mais nous ne l'étions guère en période de prospérité galopante !!!"
Voilà, je ne suis bien évidemment absolument pas concernée par cette prime et je lis en riant les réponses ironiques faites par d'autres à ce collègue vertueux !

Quant à l'Irlande, puisque nous ne sommes plus sous le choc de la défaite, cela nous a permis ce soir d'aller dans notre petit restaurant irlandais, le Cottage à Arces... et si vous vous demandez ce qu'affiche une carte irlandaise, sachez qu'elle est de bon aloi et plutôt nouvelle cuisine bien"de chez nous"... L'accueil est très aimable, attentif et serein, l'ambiance décontractée et l'assiette savoureuse. On y trouve cependant quelques suggestions typiques pour vos prochains menus : Irish Cake au crabe et poissons fumés, fondue de tomate, menthe et yaourt au whiskey, Filet de porc Wellington, Pie de bœuf aux petits légumes ou enfin en dessert (cliquez sur la photo pour déguster !) :

vendredi 13 février 2009

DU COEUR ET DU RYTHME

Un des plaisirs quand on se rend à une séance de cinéma à Saint Georges en fin d'après-midi, c'est de contempler du haut du relais de la côte d'argent les dernières lueurs des couchers de soleil somptueux que nous réserve chaque soir ou presque l'estuaire.
Ce soir, le Crea nous avait concocté une petite soirée sans prétention consacrée au moyen métrage d'une réalisatrice locale "Boum Boum Boum", précédé de courts métrages savoureux.
D'abord «À vous», un court-métrage plein d'humour du journaliste Jean-Marie Deleau, qui vous avait gratifié en son temps de "La chose", petit film de science fiction sur les méfaits du port méthanier sur notre environnement. Dans "A vous" Frabice Drouelle (de France Inter) interprète avec d'autant plus de justesse que son rôle est muet, simplement souligné par la lecture de sa lettre en voix off, un séducteur épistolaire et acharné. Puis « Bye-bye baby », un court-métrage réalisé par Alain Gicquel, qui révèle à sa façon l'identité du mystérieux correspondant téléphonique de Marylin Monroe au moment de sa mort. Et enfin « Jessie », de Henri Garcin, avec Michel Galabru et Darry Cowl qui déterre une superbe jeep grâce à sa tonitruante poële à frire, dans une ambiance un peu surréaliste et vaguement mystérieuse.
Une pause musicale nous a ensuite permis d'écouter Swing d'O, notre groupe local de jazz manouche, invité car il participe activement au scénario du moyen métrage de Laurence Leclerc diffusé ensuite. En effet le héros du film est le violoniste, assez virtuose d'ailleurs, du groupe : Matthias Guerry.
"Boum boum boum" (dont le titre se veut évocateur mais n'est vraiment pas génial car c'est imprononçable) s'intéresse avec tendresse et sensibilité à l'intégration des enfants trisomiques dans un environnement normal. Il met en scène une jolie histoire d'amour et d'amitié qui, si elle n'est malheureusement pas toujours servie par des acteurs hors pair, est du moins rendue avec beaucoup de cœur et se révèle assez émouvante, sans trop tomber dans la guimauve. Pour finir la soirée, Matthias Guerry et son groupe nous ont encore interprété quelques airs enlevés.
Petit PS : "Sur les pistes du bonheur" c'est la dernière intervention de Philippe sur l'ardoise de la cuisine de Madeleine, petit souvenir de son séjour en Suisse avec Hélène ! Encore une histoire d'amour !
Petite histoire du tournage de "A vous" :
« A Vous »
Court métrage de Jean Marie Deleau
Un autorail traverse le marais Charentais…Dans une petite gare une femme, un homme l’attendent alors que des musiciens patientent en jouant quelques notes….
L’homme visiblement attiré, hypnotisé par la jeune femme se retrouve face à elle dans le train et commence à lui écrire quelques lignes :
« A vous chère inconnue ; je sais ma démarche est osée mais il y a en moi une indéfinissable envie de vous écrire… ».
Est-ce le début d’une histoire d’amour ?..
Tourné dans le marais Charentais, ce court métrage nous emporte dans un voyage ferroviaire à bord d’une micheline d’une autre époque.
Doucement bercé par le rythme du train, la lettre de ce voyageur destinée à une passagère inconnue, emmène le spectacle vers un dénouement surprenant. La passion de toute une équipe a permis de réaliser ce film en un temps record. Deux jours pour préparer le tournage et réaliser les prises de vue.
Les techniciens, les comédiens, les musiciens et figurants ont fait preuve d’une gentillesse, d’une disponibilité et d’un professionnalisme de tous les instants ce qui à permis de mener à bien ce tournage qui ressemblait à un défi.
La projection du court métrage sera complétée par celle du Making of ; Jo Benotti et Mathias Guerry joueront en direct la musique qu’ils ont composée pour « A Vous ».
Mise en scène : Jean Marie Deleau
Production : Jean Eric Gay / Label Production Lyon
Avec : Fabrice Drouelle, Nadine de Geas, Maguy Prémia
Musique : Jo Benotti et Mathias Guerry

dimanche 8 février 2009

PETIT POUCET

Match perdu, pourtant les français ont bien joué mais ils ont fait trop de fautes. Tant pis pour nous, on sait déjà qu'on n'aura pas le grand chelem, et comme disent les commentateurs sans pitié "jouer n'est pas gagner".
Temps pourri, mais pas assez pour nous empêcher, profitant d'une belle éclaircie, d'aller faire la balade des plages. Après feu de cheminée en continu et hier soirée super amicale avec Dominique et Michel qui sont arrivés en annonçant qu'il neigeait sur Rochefort.
Au chapitre des nouveautés, les corbeaux qui meurent de faim à cause de l'hiver, profitent des grandes marées pour aller déterrer des vers sur la plage. Côté grande marée, toujours, on nous annonce des catastrophes météorologiques pour demain, et promis, je ne plaisanterai pas comme la dernière fois. Certains annoncent que ce sera pire que Klaus, d'autres que ce sera moindre. Comme dirait Michel (le mari de Dominique), "mais comment faites-vous pour vous tenir au courant sans la télé" ? Faut dire que Michel est quelqu'un de courageux, il adore la télé et revendique son statut de "téléphile", c'est sympathique à une époque où, allez savoir pourquoi, tout le monde vous affirme haut et fort "la télé oui oui, je l'ai mais je ne la regarde jamais" !
Bref, rien que des petits riens de fin de week-end, un peu comme les petits morceaux de pain semés sur le chemin du bois des Vergnes, chemin de Petit Poucet à l'usage sans doute des oiseaux affamés ou des touristes perdus.
Les touristes, parlons-en : les vacances scolaires ont commencé hier, et déjà le chemin est semé de détritus, canettes vides, emballages froissés et bouteilles écornées. Quelle tristesse ! Comme dirait un mien collègue, lisant mon macaron "Non au terminal méthanier" et me toisant avec stupeur "Mais tu es écolo, toi ??? A te voir toujours sapée comme ça, j'étais persuadée que tu étais UMP"... Ben voyons, je vous laisse méditer l'interférence logique entre couleur politique, respect de l'environnement, tenue vestimentaire et logique professorale ! Normal après ça que les jeunes aient du mal à saisir notre pédagogie, si elle est toujours aussi stéréotypée, ça craint ! D'autant que le collègue en question, prof de math de surcroît, se ballade armé de guitares pour animer un atelier baba cool ! Mais oui, il a mon âge, et on a fait la dernière... pas ensemble mais ça laisse des traces. Pour vous dire ce que mes collègues ont comme sens pratique, je citerai un autre prof de maths, à un an de la retraite, qui me disait jeudi "j'ai beaucoup apprécié de faire partie du jury de VAE (validation des acquis de l'expérience) parce que ça m'a donné l'occasion de découvrir l'entreprise...". Vous imaginez ce qu'il a pu apprendre en une heure de temps lors d'une brève soutenance de rapport. C'est dire le niveau d'ignorance du monde du travail qui règne derrière nos grilles.
Ouf, on vit un peu ailleurs nous les profs, dans les lycées, des bancs de la fac aux ateliers guitare, on n'a guère eu le temps de découvrir le vaste monde, sauf en touristes, et on reste dans nos nuages ! Il parait, d'après Stéphane, que notre tenue, tailleur pour moi, costard pour lui, arborées par respect des étudiants et pour leur apprendre qu'il faut se saper correctement pour aller travailler en entreprise, nous valent des haines inexpiables. Je raille, je raille, mais moi aussi je tombe des nues quand on m'explique des choses pareilles. Et à en croire Dominique, le sens de la querelle, l'activité procédurière et la pratique assidue des brouilles familiales ont l'air d'être l'activité prépondérante de la plupart de nos contemporains. Que le monde est compliqué et les relations humaines difficiles ! Il faut bien quelques cailloux pour garder son chemin ! Sauf que, si ces cailloux sont des morceaux de pain, on perd vite le nord !

samedi 7 février 2009

JOA A PETIGNAC

Décidément un endroit unique que le Domaine Musical de Pétignac... je n'ose dire magique car la magie est en fait due au savant mélange de l'enthousiasme inépuisable de Gérard et de la bonne volonté discrète et tenace de Fabienne. Imaginez, hier Pétignac recevait le concert final de la session Musique de Chambre avec pianos du Jeune Orchestre Atlantique. Ce stage d'une semaine organisé par l'Abbaye aux Dames de Saintes proposait à de jeunes musiciens, professionnels ou en cours de formation, d'interpréter le répertoire classique et romantique sur des instruments d'époque. Selon les stages, ils peuvent jouer en formation de chambre ou en orchestre. Et Gérard, par un de ces tours de passe dont il est spécialiste, a réussi à convaincre les organisateurs du stage d'affréter un car et de transporter chez lui 35 musiciens. Pas de petits gaminous de Saintes, non, tous très jeunes certes, mais d'origines diverses, et déjà brillants. Pas encore des vedettes mais prometteurs. Et il a lancé des invitations tous azimuts pour remplir son petit auditorium d'une centaine de spectateurs enthousiastes et attentifs, lors d'un concert de très belle qualité. Certes, les talents étaient inégaux et les morceaux hétéroclites, mais certaines formations étaient très inspirées et nous avons eu de belles surprises.
Mais pour que cette alchimie fonctionne, il faut un génie organisateur discret et efficace... Car ces jeunes gens sont arrivés en début d'après-midi, ils ont répété, puis ont été nourris, abreuvés, bref accueillis dans les règles de l'art par une Fabienne omniprésente, ayant pensé à tout et prête à aller chercher impromptu je ne sais qui à la gare d'Angoulême à 15 heures alors que sa maison grouillait de monde.
Après un concert de plus de deux heures, et une petite collation avant le départ, on a mis tout ce beau et talentueux petit monde dans un bus et on s'est retrouvé à une dizaine pour un dîner amical. Mais oui, et même si l'ambiance chaleureuse qui règne a Pétignac rend ce genre de moment décontracté et sans façon, il fallait bien que les marmites soient pleines pour assurer encore un repas après la fête. Et on a passé la soirée avec des amis de Gérard (nom générique de ceux qu'on rencontre là-bas, on se sait jamais trop qui ils sont, mais ils sont toujours sympathiques) et quelques musiciens, dont Bertrand Chamaillou, qu'en michelais ignares nous ne situons guère sur l'échelle des célébrités du monde de la musique. Faut dire qu'en matière de célébrités, plus nul que nous, y a pas. Toute célébrité mise à part donc, c'est un jeune homme charmant, étonnamment cultivé et ayant une vision particulièrement intelligente et éclairée de l'évolution du goût musical en général et de la musique en particulier.
Après quelques magnums Gérard avait une pêche d'enfer, et il a bien failli transformer son Domaine en annexe de chez Satan : jetant dans la cheminée des papiers qui emballaient son alambic, il a provoqué un feu de cheminée impressionnant. D'immenses flammes sortaient par la cheminée et nous avons eu toutes les peines du monde à le convaincre que ses pianos étaient en danger ! Il semble que la fête ait continué par des dégustations d'alcools en tous genres bien après notre pourtant tardif départ.

jeudi 5 février 2009

FORTUNES MICHELAISES


Accueil en fanfare de mes collègues, un rien ironiques, et vaguement envieux... "Alors il parait que Meschers est une ville riche ?"... Oups... Meschers ? Sur Gironde ???? Avec ses petites maisons de vacances de la banlieue est de Royan (tout le monde sait que les banlieues, quand elles sont à l'ouest ou au sud, sont riches, mais jamais au nord ni à l'est)... maisons Phénix, préfas réutilisés vaille que vaille dans les années 60, campings modestes et baraques en bois sur le port ? Meschers qui aimerait bien relever le niveau socio-économique de sa fréquentation estivale, surtout quand débarque en force le neuf trois, vers le début du mois d'août et qu'on ferme les portes à clé pour éviter que certains touristes un peu trop décontractés se servent carrément dans votre jardin. Mais d'où vient ce scoop illuminé ? Certes, le temps est à la recherche tous azimuts de l'optimisme, pour combattre la morosité post déclaration de crise, et tous les moyens sont bons pour se remonter le moral. Mais tout de même ?
L'info qui fait frétiller les chaumières se pare du label, inattaquable sous nos cieux atlantiques, Sud-Ouest. Dans le journal d'hier donc, "Un classement répond à la question : Où sont les riches ?" et vogue la galère journalistique. Après avoir exposé ses sources, le très sérieux journal le Point, qui relaie en cela le très honorable site www.impots.gouv, rubrique documentation, statistiques, l'article constate que la Charente Maritime arrive en 35ème position nationale au niveau des revenus des particuliers. Signalons au passage que les Deux Sèvres (oui je sais ... vous ne savez même pas où c'est !! Niort !) est 13ème, la Gironde 9ème et la Vendée, oui la Vendée plate et ventée, au 3ème. Bon, déjà ça relativise pas mal la richesse charentaise.
L'auteur du papier s'intéresse ensuite au classement à l'intérieur du département pour constater, on s'en serait douté, que les gros revenus vivent près des côtes et des agglomérations. Les gros revenus, ce sont les "foyers fiscaux à plus de 97 500 euros". Il apparait en effet que le pourcentage de foyers classés dans cette luxueuse catégorie se concentre sur l'île de Ré, la palme, 3,1%, revenant à une commune rétaise Rivedoux. On apprend ensuite que 1004 rochelais sont redevables de l'ISF, ce qui, étant donné la flambée récente des prix de l'immobilier n'a rien de bien surprenant, l'ISF s'imposant souvent au moment des successions ou des partages, qui obligent à chiffrer à leur valeur marchande des biens dont on ignorait parfois l'importance. D'ailleurs, ISF ne veut pas forcément dire richesse car seulement 611 foyers rochelais déclarent plus de 97 500 euros de revenus. Un champ de patates qui s'est transformé en terrain à bâtir, avec vue, et vous voilà à la tête d'une petite fortune quand vous n'avez qu'une vague retraite sécurité sociale !
Mais Meschers dans tout ça, me direz-vous ? Et bien Meschers arrive largement en fin de liste (le dernier étant Pons, ben oui, on le savait que Pons n'est pas une ville prospère) avec 1% des foyers dépassant un revenu de 97500 euros (il y en a plus de 3% à Rivedoux la bien nommée). Au milieu des Chaniers, Montendre, Aytré, Tonnay-Charente : la campagne, les banlieues de grandes villes ou le fin fond du sud du département. Rien de bien exaltant donc.
Et pourtant ! Le gros titre du dernier paragraphe est bien "Gros revenus à Meschers". Lisons : le revenu moyen par foyer déclarant plus de 97 500 euros est de 326 503€ à Meschers, qui décroche ainsi la première place, et de loin, du département. On ne retrouve des chiffres aussi fort qu'à Paris, et encore dans le 16ème ou dans le 7ème... pas dans les arrondissements "normaux". J'ai voulu en savoir plus... combien de foyers fiscaux sont concernés à Meschers par cette moyenne ? 18... Mais... sur ces 18, 14 déclarent au titre des revenus et salaires une moyenne de 70 552€ (oui, je sais ils sont dans la tranche plus de 97 500... c'est un peu mystérieux, sans doute ont-ils des revenus annexes)... donc ? donc, et après tout c'est marrant de jouer avec les chiffres, il nous reste 4 foyers, dans la catégorie retraites et pensions qui auraient chacun une moyenne de ... 1 222 000 € de revenus par an ! Je dis bien de revenus... ça se remarquerait non des gens qui sèment des billets de 500 sur leur passage tant leurs poches en débordent !

Du coup, on regarde les gens qu'on croise avec intérêt, voire suspicion, car même l'ex roi du caviar qui faisait, parait-il, de la contrebande de je ne sais quel produit illicite, n'a jamais gagné autant d'argent ! A moins que .... vous savez la maison en bois sur la corniche qui s'est construite il y a peu ! J'y suis... ils sont tellement riches qu'ils en construisent une par mois, et ils ont inventé un nouveau concept qui va faire fureur je le sens, comme le téléphone Bic pour homme d'affaires pressé : la maison jetable. Enfin, nous à Meschers, on a au moins gagné une chose, on fait partie des "riches", et croyez-moi, en ces temps de crise, ça remonte sacrément le moral !

lundi 2 février 2009

REBELLES ???

Ce film, c'est un peu notre histoire à tous. Nos aspirations, nos espoirs perdus, nos rêves inaboutis, nos angoisses du vide mal maîtrisées, nos attentes déçues et ce perpétuel désir insensé d'être à demain, ailleurs, pour que la vie soit enfin belle...
Je n'ai pas lu le roman de Yates, dont le titre a donné "La Fenêtre panoramique", ce qui à tout prendre est moins raté que "Noces rebelles"... "Revolutionnary Road" une révolution qui ressemble à une impasse, la traduction française est bien limitative ! Et je n'ai guère envie de le lire tant la version du metteur en scène est ici prégnante. Ou alors plus tard.
La mise en scène, bien montée, parfaitement cadrée, est haletante, comme un véritable thriller. Et pourtant ici, le drame à venir, l'événement qu'on redoute, c'est tout simplement la vie. Les deux acteurs principaux sont parfaits : Winslet et Di Caprio donnent à chacun des personnages de ce couple une épaisseur, une vraisemblance totale. Elle, sublime, perdue dans son besoin d'idéal qui se heurte au quotidien avec cruauté. Lui, submergé par son avidité de tendresse, de reconnaissance et par son besoin d'être materné qui, parfois, vire à des colères monumentales. Certes il y a quelques longueurs, quelques naïvetés aussi. Mais c'est un film noir et tendre, enlevé de main de maître par ces deux acteurs très impliqués. Auxquels s'ajoutent quelques bonnes idées, comme le personnage du malade mental qui dit ce qu'il faut taire. Et surtout la dernière image qui résume bien le sujet de ce thriller angoissant : notre vie s'étale sans concession sous les attaques banales du quotidien que rien ne peut déjouer, ni les aventures, ni la réussite, et, sauf à couper le son, on a toutes les chances de se ramasser.

dimanche 1 février 2009

LA LUMIERE D'HENRI MARTIN

Après un cappuccino sur la place Pey Berland, direction l'exposition Henri Martin. Ce peintre toulousain, qui vécut entre le Lot et Collioure, est mal connu de la critique contemporaine, rançon amère de son caractère de peintre un peu trop officiel qui, reconnu et recherché de son vivant, ne connut ni la misère, ni l'aspect maudit de nombre de ses contemporains. Au contraire, lors d'une exposition qui lui fut consacrée en 1910 (il avait alors 50 ans) les organisateurs se plaignent de ce qu'ils ont eu du mal à rassembler 40 toiles de lui, tant elles sont vite vendues et vite disparues de la circulation du marché de l'art. Il se voit confier à grand prix d'importantes commandes publiques dont la plus remarquable est la décoration du Conseil d’État, toujours en place sous les lambris du Palais Royal.
Le début de sa carrière, due essentiellement à une vocation obstinée et à de réels talents reconnus par l'attribution d'une bourse qui lui permit de "monter" à Paris, est marqué par un temps de recherche et d'hésitations stylistiques qui nous valent des toiles symbolistes un peu fades. Mais rapidement il trouve son style, personnel, peu marqué par les modes ou les écoles et travaille avec assiduité la lumière et la couleur. On a voulu, pour le flatter sans doute, le comparer à Seurat ou voir en lui un néo-impressionniste sans postérité. Il est enivré par la lumière, sa touche est subtile et colorée, ses compositions travaillées et heureuses. On sent qu'il chantait en peignant, et ses toiles sont imprégnées d'une clarté vibrante qui en fait tout le sel. Il a souffert dans sa réputation d'être évalué à l'aune de la révolution impressionniste, pointilliste ou fauve, car il n'est rien de tout cela. Il se méfiait des théories et peignait non pour démontrer mais pour montrer. En cela il est unique et parcourir son œuvre est un vrai plaisir des sens.

Après un déjeuner tardif en terrasse place Pey Berland, nous sommes allés au musée d'Aquitaine visiter une exposition fort didactique sur le Bordeaux des années 20. En chemin une petite troupe dépareillée scandant "libérez nos camarades" manifestait pour Julien Coupat. Dans le musée les ardeurs révolutionnaires des vibrants discours d'Adrien Marquet, avant qu'il ne vire vers un néo-socialisme un peu mou et de troubles prises de position en faveur de l’Europe allemande et de « l’ordre nouveau » qui en ont fait indéniablement un suppôt de la dérive néonazie, faisaient écho à cette modeste manifestation.
A l'histoire politique de la ville pendant les années dites folles, s'ajoutaient celles des arts, de l'architecture, de l'industrie et particulièrement le développement du port autonome, objet de tous nos soucis à l'heure actuelle. L'ensemble était présenté de façon vivante et agréable, faisant de cette exposition un parcours documentaire intéressant. Retour en fin de journée vers nos côtes atlantiques, car Michel devait assurer une garde ce matin et il fallait bien rentrer.

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