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vendredi 31 juillet 2009

LES EVANGELISTES DE MORNAC

Pour le premier, nous nous sommes carrément trompés de village, une homonymie mal pensée nous a fait terminé la soirée ce jour-là en mangeant une glace chez Lopez pour nous consoler. Pour le second, nous avons été refoulés par les pompiers qui avaient fixé la jauge à 190 personnes et nous étions les 200èmes ! Enfin, nous avons réussi à assister hier soir à notre premier "jeudi musical des églises romanes". 21ème édition de cette manifestation qui cette année , du 4 juin au 24 septembre, n'offre pas moins de 31 concerts dans une foultitude d'églises romanes de la région royannaise. Ici aussi se dressent de jolis édifices, plus humbles, moins spectaculaires que dans les terres, et que parfois on ne ferait pas l'effort de venir visiter, tout occupé que l'on est de parcourir, Zodiaque à la main, les grandes saintongeaises. Ces concerts sont d'ailleurs l'occasion de mieux les regarder, on a le temps, entre le "quart d'heure charentais" de début de concert, l'entracte et le pot qui suit ! Et puis, pour l'occasion, elles sont ouvertes et illuminées !
C'est ainsi que nous avons peu détailler tout à loisir l'église Saint Pierre de Mornac, à peine entrevue lors de précédents passages dans ce village, dont le charme hivernal vous séduit chaque fois que nous allons y chercher nos fameuses "pousses en claire". Un portail sans cachet et une nef décevante freinent l'ardeur du visiteur qui pousse la porte... Des départs d'arcs brisés arrachés et une solide charpente de bois en couverture dénoncent des restaurations qui ont, après guerres de religions, révolution et autres ruines diverses, dénaturé le plan des constructeurs romans. Pourtant, si on va jusqu'au transept, on a la surprise de trouver une croisée rectangulaire très élégante, surmontée d'une coupole oblongue, surprenante, posée sur 4 trompes d'angles bien appareillées. C'est là que nous étions, le nez en l'air à scruter cette coupole étrange, quand un "né natif", sans doute un membre du conseil municipal, est venu demander à Michel si c'était lui qui avait construit l'église et s'il admirait son travail !
Il nous a expliqué que la tour du transept avait été surmontée d'une flèche en bois qui désespérait l'ancien curé, qui ne cessait de dire qu'il faudrait que le Bon Dieu s'en mêle et fasse tomber la foudre pour débarrasser Mornac de cette excroissance malséante. Il paraît que 8 jours après sa mort, en 1943, l'affaire fut entendue, la construction malgracieuse brûla sous un choc d'orage particulièrement violent. Et l'on découvrit, ainsi que ce saint homme l'avait prévu, de superbes trompes romanes, sur lesquelles on adapta une coupole reconstituée, qui sonne très vrai.
En verve, notre mentor nous fit ensuite l'histoire de l'abside, intégralement XIIème quant à elle, et d'une richesse décorative incontestable. Il y a une cinquantaine d'années, le sol de l'église était enfoui sous un bon mètre de terre, afin de permettre un accès de plein-pied avec la rue (on descend actuellement un escalier d'une bonne dizaine de marches). Il s'agissait donc de "découvrir" sous cette gangue épaisse les bases des structures de l'église, de l'assainir et de remettre à jour son élégance première. On obtint quelques une de ces subsides si difficiles à décrocher, de l'Etat et des Monuments historiques. Puis on organisa, plusieurs étés de suite, des chantiers de jeunes des beaux-arts, qui venaient régulièrement fouiller, creuser et gratter. Or ces jeunes s'attachèrent au village, et, devenus adultes, la plupart s'installèrent là, qui tisserand, qui potier, qui sculpteur... et c'est ainsi que Mornac sur Seudre devint village d'art, connu pour son ambiance artisanale bon enfant.
La soirée était dédiée à un jeune et talentueux quatuor à cordes, le Quatuor Amedeo Modigliani, qui, outre une fougue et une musicalité étonnantes qui lui valurent de vraies ovations du public, m'offre encore une anecdote à vous conter. Ils ont le privilège de jouer sur un des rares ensembles instruments fabriqués par le même luthier pour constituer un vrai quatuor. C'est en 1863 que le luthier Vuillaume a tiré du même arbre ces 2 violons, alto et violoncelle, leur donnant à chacun un nom d'évangéliste, chaque instrument ayant sa place précise et affirmée dans le Quatuor baptisé "des Evangélistes". Quasiment jamais joué, racheté à Etienne Vatelot qui en était l'heureux propriétaire par la Swiss Global Artistic Foundation qui s'engagea auprès du maître à ne pas séparer les instruments, l'ensemble a été confié à ce jeune groupe d'artistes qui le fait sonner avec une harmonie, une vibration et un souffle vraiment enthousiasmants. L'interprétation du quatuor en fa mineur opus 80 de Mendelssohn était particulièrement inspirée.

jeudi 30 juillet 2009

PYROMONDIAL

L'an dernier, suite à divers ratés électoraux dont j'ignore le pourquoi du comment, le Festival de Pyrotechnie de Saint Palais sur Mer avait dû être annulé. Et nous avons été enchantés cette année de voir fleurir les affiches l'annonçant à grands renforts de zébrages colorés sur les murs de la région. Côté promotionnel, France Info s'était aussi mis de la partie, et toute la journée d'hier, en boucle comme il sied à cette radio informative, on a eu droit à une présentation détaillée de cette soirée explosive !
Pour pouvoir assister à cet événement peu commun qui permet d'admirer 3 feux d'artifices en compétition, d'où un déploiement de figures et de styles d'une grande variété, il faut s'y prendre tôt. On part en fin d'après-midi, on affronte les embouteillages et après avoir laborieusement garé sa voiture dans un lieu dont on pense qu'on pourra sortir vers minuit sans trop d'embûches, on marche longuement vers le lac où se tient le spectacle. Là, on s'installe vaille que vaille pour un long et joyeux pique-nique, pas question de trouver le temps long, il le sera ! On est dans l'herbe, en pente douce vers le lac, on est vite environné d'une foule compacte qui s'amuse et festoie. Puis, quand le soir tombe enfin, on doit encore patienter à l'aide d'un amuseur patenté qui nous fait chanter, taper des mains et allumer nos portables, jusqu'à ce qu'enfin les premières fusées éclatent.

Se succèdent alors 4 feux d'artifice, longs, rythmés, éclatants et grandioses. Les 3 pays en compétition étaient hier soir la Chine, spectacle classique et impeccable, l'Argentine, sur des tangos décoiffants et la Grande Bretagne pour un montage magnifique mais imprécis au point du vue du tempo, sur des rythmes échevelés. C'est l'Argentine qui a remporté le prix du public, un triomphe incroyable à l'applaudimètre, ainsi que le prix du jury qui récompensait autant la technique que l'esthétique. Pour finir, le feu français, tiré par Ruggieri, hors compétition, était (comme souvent) le plus beau : un hommage inventif et somptueux à M. Jackson sur Thriller, qui nous a noyés dans une pluie d'or pour clore dignement cette manifestation de qualité. Qui rend bien difficile ensuite quand on assiste à des simples feux municipaux, mais il faut savoir relativiser pour garder intact l'émerveillement.

mercredi 29 juillet 2009

PIANO A PETIGNAC


En réalité le stage s'intitulait "Été musical à Jurignac", mais les pianistes dont Michel, heureux élu, faisait partie grâce au cadeau offert par les amis de Fort Louvois, travaillaient et œuvraient au Domaine Musical de Pétignac, qu'ils avaient envahis sous la houlette bienveillante de Catherine Schneider. Michel, dont vous vous souvenez sans doute la tête quand Gérard, au nom de tous, lui remis cette invitation, était un peu inquiet de se retrouver dans une troupe de "gaminous", tous plus doués et plus complexants les uns que les autres.


S'il fut évident qu'il faisait parmi eux un peu figure d'amateur, l'ambiance, particulièrement grâce à Catherine, était très conviviale et il n'a pas souffert de son manque de théorie et/ou de technicité. Au contraire, il a appris, travaillé avec acharnement, aimé pouvoir profiter d'un choix de pianos absolument luxueux, et ne m'a finalement jamais accompagnée dans mes visites ainsi qu'il croyait devoir le faire, faute d'intérêt suffisant pour le stage. Surtout, il a adoré l'enseignement tout en finesse et plein de délicatesse de Catherine, attentive, valorisant chacun, et lui dévoilant une culture musicale inattendue qui lui a donné des ailes pour se perfectionner. Bien que patriarche d'une troupe de jeunes talentueux, il n'a pas été mal à l'aise ou complexé, et semble s'être d'autant mieux intégrer qu'il y avait avec lui deux autres adultes. Catherine, qui a autant de talents humains que de dons artistique, a su "faire prendre la sauce" avec beaucoup d'ingéniosité.


J'ai, quant à moi, suivi avec fidélité les concerts qui émaillaient le stage : flûtes, violons, harpe, guitares, au total une trentaine de personnes qui interprétaient avec vivacité les morceaux travaillés pendant cette semaine. Du classique, bien sûr, Donizeti, Bach, Chopin et bien d'autres, mais du contemporain avec des pièces au nom prometteur comme "Alaintempérie" de Fiszbein qui égrenait à la guitare des péripéties météorologiques, ou une création mondiale (excusez du peu) du mari de Catherine, Drake Mabry : l'oeuvre s'intitulait Tango et a été écrite pour un quatuor de flûtes. Drake est aussi peintre à ses heures, et nous vous avons rapporté en cadeaux (chut c'est un secret) quelques témoignages de son talent.


Le dernier soir enfin, Catherine jouait au couvent des Cordeliers de Verteuil. Un concert qui nous a permis d'admirer son jeu très fin et terriblement élégant. L'autre intérêt majeur du concert résidait dans l'intelligence et la subtilité de son programme. Construit en trois diptyques autour du thème "Charmes", elle proposait des œuvres aussi contrastées que la sonate pour piano numéro 27 de Beethoven et Café 1930 de Piazzola, ou Mompou et Liszt, qu'elle liait par une improvisation discrète qui lui permettait de passer de l'une à l'autre sans heurt. Chaque diptyque était dûment présenté, détaillé, voire commenté pour expliquer ses choix et nous permettre de mieux comprendre ce qu'elle avait voulu faire passer en composant ce programme. Un merveilleux moment qui s'est terminé par une Roselie, Rosaline ou Roselinde, offerte par les propriétaires des lieux qui accueillaient le concert. Et oui, j'ai déjà oublié le nom de ce délicieux breuvage convivial dont je vous livre cependant la recette : elle peut être utile en cas de buffet, et elle est tellement simple : 5 litres de rosé, une bouteille de sirop Teissère de pamplemousse et un litre et demi de limonade ! Le tout bien frais et accompagné d'une galette charentaise ou de quelques chips, vous m'en direz des nouvelles !

DEDICACE A ALOÏS


C'est Aloïs,dans son blog "Autour du puits" (et à qui je dédie cet article), qui m'a donné l'idée, quitte à séjourner en Charente, de (re)découvrir les églises de l'Est d'Angoulême. Elle reconnaîtra donc, en tête de cette dédicace, Blanzac, la chapelle templière de Cressac et la merveilleuse église de Conzac, qui est à quelques encablures des deux premières et que je n'ai pourtant jamais visitée.


A Blanzac, la collègiale Saint Arthémy, voilà bien un patron peu commun, a beaucoup souffert de reconstructions multiples et ne se présente plus vraiment comme un joyau roman tant ses caractères gothiques ont pris le dessus. Pourtant son beau portail polylobé reste un témoignage éclatant de sa beauté romane. Elle est particulièrement intéressante à visiter, d'autant qu'on y a découvert en 1998 des fresques dont j'ignorais totalement l'existence. Fresques de toutes époques, du 14ème au 19ème, certaines fort abimées, mais toutes de belle qualité.


La commanderie de Cressac, dont il reste essentiellement la modeste chapelle aux proportions bénédictines, simplement décorée du traditionnel triplet de l'ordre des Templiers, renferme, Aloïs s'en rappelle, d'inestimables fresques du XIIème siècle qui retracent l'épopée des croisés sous la conduite de Geoffroy Martel, frère du comte d'Angoulême, et d'Hugues VIII de Lusignan, comte de la Marche du Poitou. En 1163 à La Bocquée, au pied du célèbre Krak des chevaliers, ils avaient vaincu le redoutable Nour el-Dîn,(seigneur) de Mossoul. Une véritable bande déssinée médiévale que le gardien des lieux nous a contée avec talent et conviction.



Conzac enfin, est une pure merveille d'art roman. Cette ancienne chapelle d'un prieuré dépendant de l'ordre clunisien se dresse dans un environnement idyllique et champêtre, à l'écart de tout bruits importuns. Son clocher rivalise de beauté avec son chevet entouré de sculptures finement ouvragées. A l'intérieur enfin, les chapiteaux et la coupole valent qu'on s'y attarde.



J'ai aussi eu la chance de pouvoir visiter la splendide abbaye de Puypéroux. Même si de nombreuses parties en sont entièrement reconstruites, tant elle fut ruinée au 19ème siècle, elle conserve une abside et une croisée du transept intacts, et une étonnante richesse ornementale intérieure qui en font un véritable bijou. Son emplacement, perchée au détour d'une colline, la rend encore plus attirante, tant elle se pose en halte de pèlerinage vers laquelle on a envie de cheminer.


Que grâces soient rendues, même s'ils ne me lisent pas, à travers cet article, à tous ceux qui, jour après jour, viennent ouvrir matin et refermer à la nuit tombée tous ces joyaux, afin que les visiteurs puissent en admirer les trésors. Il n'y a plus rien à voler et c'est tout de même plus commode que "la clé est chez Madame.."... n'est-ce pas Aloïs !

mardi 28 juillet 2009

TOUT POUR LA GOULE !


Je n'ai, pas plus qu'à l'ordinaire, l'intention de concurrencer les gastronomes émérites qui nous régalent chaque jour de recettes inédites et d'idées cuisine qui me font saliver. Je veux simplement vous partager la découverte d'un produit (dont, paraît-il, la télé aurait parlé ce qui fait que sa postérité serait assurée pour bientôt).
Toujours est-il que mon supermarché préféré n'en a que rarement en rayon, et que, le produit ayant une période de conservation assez longue, dès que j'en trouve, je stocke. Idéal donc pour un retour de vacances, inspiration zéro, et envie encore plus faible d'aller me confronter aux hordes touristiques pour faire des courses.
Mon menu était simple et pour cause : une cargaison de tomates nous attendait dans la cuisine et l'entrée était (et sera) obligatoire pendant un certain temps : salade de tomates. Quant au dessert, mon congélateur m'a fourni les fameux (fameux pour vous les filles qui connaissez mes errances !) "blancs mangers" à la framboise et à la pistache, que Picard offre à mon humeur littéraire et nostalgique.


Un autre de mes fantasmes culinaires, c'est la pibale et, vu la rareté du produit, mes projets de préparation en plongeant les alevins vivants dans la farine afin que, sautant en tous sens, ils s'enduisent eux-mêmes de poudre blanche, restent et resteront longtemps à l'état de rêves. Mais voilà que j'ai trouvé un produit basque, La Gula del Norte, "mets festif et délicieux, d'une forme originale"( dans ce lien, n'hésitez pas à ouvrir le frigo !!). Encore un Lapsus ! Et oui, Gula évoque angula, anguille. Et la forme quant à elle est vraiment celle des civelles qu'on ne trouve plus que de très rares jours de chances, en allant soudoyer les pêcheurs sur le port de Mosnac. L'élaboration du produit est à base de surimi, donc de poissons variés et l'allure de cet aliment, légèrement bruni à l'encre de seiche sur la tranche, rappelle précisément le précieux poisson. Préparées comme des pibales, en faisant revenir dans une bonne quantité d'huile d'olive de l'ail et du piment d'Espelette, avant d'y plonger les Gula del Norte, ces dernières offrent au consommateur de bonne composition une illusion presque parfaite et se révèlent un délicieux produit ! Je les avais servies avec du riz lotus Thaï et des crumbles de légumes (avec, vous vous en doutez des tomates, courgettes et poivrons dont on regorge, recouverts d'un mélange épais de chapelure et parmesan râpé), et si la photo de l'assiette est floue, c'est que nous avions hâte de les déguster !

LAPSUS DERNIERE

Paul Rome de Silmette
Pomerol 2007


Bravo Koka et merci d'avoir joué le jeu... Je ne crois pas qu'une contrepèterie soit nécessairement déplacée. En fait ce qu'on appelle ainsi c'est le jeu sur les phonèmes ou syllabes, la connotation coquine n'a rien d'obligatoire ! Il y avait au logis de Paradis un couple belge, lui flamand, elle wallonne. Elle nous disait connaître le principe de la contrepèterie et nous en a, avec beaucoup d'humour, cité une belge typique : "En Belgique, il fait beau et chaud !"*
Bref, j'en étais là, l'autre jour chez Ludo, quand j'ai enfin goûté mon vin. Pas raccoleur, ni facile, c'est sûr, mais en vert et en âpre, des promesses, de sacrés promesses, même si je n'ai ni le nez ni le goût pour les définir... ce vin de table, il avait quelque chose ! Tu sais Hélène comme lorsque nous sommes allés en Médoc et que nous avons dégusté en mars 2008 ce Mouton Rotschild 2006, qui allait juste être mis en bouteilles... Très difficiles à apprécier les grands vins destinés à une longue garde !
C'était donc bien un Pomerol 2007 mais pas n'importe quel Pomerol. Je cite l'étiquette :
Ce vin n'a pas pu se prévaloir de son terroir. Il en a perdu le droit non pour raison de qualité, mais par l'application de la règle des rendements relatifs. Sa véritable identité ne peut donc qu'être devinée... Il est issu de merlots cultivés sur des graves et des sables anciens, cueillis du 21 au 27 septembre 2007 et vinifiés sans autre additifs que du souffre. Il a été mis en bouteille, cru et vivant, le 5 mai 2009 (tu retrouves bien là le délai de préparation d'un grand vin qu'on ne déguste pas en primeur quelques semaines après la vendange !), après un élevage de 15 mois en fûts de chêne français. Son bouchon en liège naturel garantit son vieillissement si ce flacon est couché dans une cave silencieuse, obscure, aérée, fraîche et humide. Il se dégustera jeune (2010-11), pour sa force, ou mûr (2015-20+), pour sa finesse. Afin d'écarter le dépôt qui se forme avec le temps - il n'a été ni filtré, ni collé - et l'apprécier au mieux, il est conseillé de l'aérer (jeune) ou de le décanter (mûr), quelques heures avant le service dans une carafe qui doit être rebouchée après opération"


Avouez que ce discours, haut en couleurs, alléchant et précis, vous donne envie de savoir quel "château" se cache sous ce vin de table, déclassé pour cause de quotas et dont les propriétaires n'ont pas eu envie de jeter en bout de vigne la vendange excédentaire. Ils ont choisi d'en faire un vin anonyme mais pour autant prometteur, aussi soigné que leur cru officiel, vin qu'on s'indique sous le manteau et qu'on dégustera dans quelques années en espérant qu'il tiendra ses promesses. C'est de toutes façons un domaine proche de Petrus (vous aviez remarqué Petrus, Lapsus), mais en Pomerol tous le sont plus ou moins ! Je crains cependant de créer des ennuis à ce domaine qui, vous vous en doutez, a déjà bien énervé les autorités fiscales et douanières avec son initiative, en indiquant en clair le nom exact du vin... Pour autant, avouez que l'histoire est savoureuse, comme le sera le nectar que notre cave, pas tout à fait aussi idéale que l'exige l'étiquette, va nous concocter. Car c'est cela aussi le Pomerol, le temps et l'attente !

*ce qui donne "En Belgique, il fait chaud et beau !"... ouf, c'est bien belge n'est-ce pas !

lundi 27 juillet 2009

LES DEFERLANTES


Que fait-on pendant des vacances, à part courir les églises romanes, découvrir la vallée de la Charente où l'on vit depuis presque 30 ans, rédiger des Quizz pour les futures vacances de Marie, assister au stage de Michel, et aux concerts des stagiaires, et, aux heures chaudes, se tremper dans la piscine ? On lit... j'avais emporté, comme à l'ordinaire, une pile de bouquins et, les susdites occupations m'ayant occupée à plein temps, n'en ai lu qu'un seul. Pire, je suis persuadée que tout le monde l'a déjà lu et mon billet sera du réchauffé, mais tant pis. J'ai tant de choses à raconter et surtout de photos à trier, que je ne sais par quel bout commencer. Donc allons pour "Les déferlantes", qui a eu un beau succès l'an passé.
Autant dire que je l'avais acheté, alléchée par le titre et les critiques louangeuses, mais laissé en fondation solide sur ma table de chevet : faut dire que, vu l'épaisseur, il tenait bien son rôle. En fait, soyons honnêtes, je n'avais pas aimé du tout l'unique Claudie Gallay que j'avais lu, "Seule Venise". Je l'avais trouvé creux, sa vision de Venise m'avait semblé superficielle et banale, d'une naïveté parfois gênante, comme si avoir passé une semaine dans la Sérénissime lui avait dévoilé la ville ! Quant à son histoire, toujours un peu la même d'ailleurs, celle d'une femme qui se remet d'un amour brisé, déçu, cassé par l'absence ou la mort, elle ne m'avait pas convaincue du tout.
Pour autant, j'ai vraiment apprécié les Déferlantes. Moins difficile sans doute pour le Cotentin que je ne l'étais sur Venise, j'ai aimé ses ambiances, le temps qui s'arrache lentement au magma de la mer, en franchissant le quotidien avec des errances de chat. J'ai aimé son quotidien dévoilé comme une riche ardoise, où s'inscriraient en instants magiques de simples tranches de vie banales. J'ai aimé son deuil qui s'épuise en s'effilochant dans l'oubli, qui peu à peu impose d'autres horizons, la renaissance des sensations et des désirs.
J'ai aimé aussi l'histoire à rebondissements, dont on devine plus vite que les personnages les tenants et aboutissants, et la lenteur de sa progression. Cela se donne des allures de roman policier, d'ailleurs un des protagonistes est un ancien flic, mais au deuxième degré. Peu importe l'intrigue ou le mystère, mais les gens qui vivent ces événements vont doucement, découvrent, apprennent, et progressent finalement avec la lenteur qui sied à ceux qui doutent et se taisent. Bref, j'ai vraiment accroché et me suis trouvée bien sotte d'avoir tant hésité avant d'entamer ce bouquin. C'est Luce, ma délicieuse voisine, qui m'a poussée à le faire, tant elle était ravie de sa lecture. A vous, si ce n'est déjà fait, de partir compter les oiseaux avec l'héroïne, et de vous attacher aux héros minuscules de ce roman très dense.

dimanche 26 juillet 2009

LOUP Y ES-TU ?


J'ai visité hier le Manoir de Maine Giraud, et j'ai voulu t'en faire une dédicace Fred. Malheureusement le poète qui vécut en ces lieux n'est pas Lamartine...
C'est l'Angélus qui tinte et rappelle en tout lieu
Que le matin des jours et le soir sont à Dieu.
... mais Vigny. Tu vas sans doute trouver le rapprochement osé, voire iconoclaste car autant le premier est brillant, porté par une ferveur religieuse parfois exaltée, autant Vigny est pessimiste sur la destinée humaine, et sombre.
Mais ces poètes ne furent sans doute pas ennemis, puisque Lamartine, premier romantique élu à l'Académie Française, vota fidèlement pour Vigny, qui, le malheureux, dût attendre 6 tours pour enfin y entrer enfin. Et puis, je dois bien faire avec les ressources locales, or ici c'était Vigny qui s'offre à ma visite ! Allons donc pour ce romantique-là !
La vie de Vigny est triste, après une carrière sans panache dans l'armée, lui qui rêvait de gloire, il se retira dans son petit manoir de Maine Giraud en Charente à la mort de sa mère. Il venait se remettre de sa rupture avec Marie Dorval, de sa brouille avec les romantiques, et vint là pour soigner sa femme, Lydia, perpétuellement malade et à laquelle le médecin recommandait la campagne. Dans la demeure, qui comporte seulement deux grandes pièces, il prit l'habitude de se réfugier dans la tourelle, minuscule, dans laquelle il écrivit "la mort du loup". Ici petite dédicace supplémentaire à Hélène au passage... qui, question de honte, va avoir rougir pour moi car, quand j'ai joué au puzzle de reconstitution de la strophe du poème dans la tourelle du manoir (et oui, y avait même un quizz ados et j'ai pas tout trouvé !!), j'ai inversé les vers... et bien d'autres poèmes. L'endroit est étroit, un peu sombre, mais très évocateur et on s'y recueille avec une certaine émotion.
Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes!
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux.
Lui qui se targuait en 1837 de s’être mis « en marche bien jeune, mais le premier », il arrive bon dernier sous la coupole. Il y parvient tout de même. Pourtant, sa réception, en janvier 1846, est l’occasion d’un scandale qui va profondément affecter le récipiendaire : la réponse de Molé à son discours de réception est délibérément insultante et Vigny refuse d’être présenté au roi par celui qui vient de le bafouer. L'histoire littéraire a oublié Molé mais Vigny ne pouvait pas savoir que la postérité lui donnerait raison, et il est venu s'enterrer au Maine Vignaud pour oublier sa déconvenue. Il rédigera à cette occasion la Bouteille à la Mer.
Dès lors, le Maine Giraud devient sa terre d'asile et la tourelle qui en fait la gloire sa "tour d'ivoire". Il décide de mettre en valeur ses 85 hectares, et outre champs, prairies et forêts, relève sa vigne. Il installe une distillerie et parvient à vendre son eau-de-vie à Hennessy. On sait, quand on a vécu ici, combien un client prestigieux est important pour un "vigneron". La nuit il se retire dans sa "cellule" en haut de la tour, et il écrit des poèmes, lit, médite et rédige ses mémoires.
Ses tentatives politiques sont aussi des échecs cuisants, et il ne parvient pas, malgré deux candidatures, à se faire élire député de la Charente. Sa femme est toujours mal portante, pourtant il retournera vers 1853 à Paris où il finira ses jours peu de temps après le décès de celle-ci, en 1863 sans être jamais revenu au Maine Giraud.
Le village dont dépend plus ou moins le domaine, Champagne-Vigny, offre, comme il se doit une jolie petite église romane, et, accolé à celle-ci, un bâtiment moderne d'un effet moyen, offert à la commune par quelque riche mécène et pompeusement destiné à devenir "le centre national Alfred de Vigny". Malheureusement les lieux sont vides et le projet en sommeil !

PASSION EN BLEU


Nous avons assisté et un peu vécu les débuts de Blues Passion, le festival de Cognac qui fête cette année sa seizième édition. A l'époque quelques rares mais beaux concerts le soir et une ambiance très improvisée. L'ambiance est restée la même, mais l'événement a pris de l'ampleur. Cette année il y avait 14 bars en bleu, offrant chacun deux concerts gratuits par jour. Pour le reste, de grands concerts le soir, 3 par soirée, payants et pas forcément donnés mais qui ont, à l'instar de celui qui accueillait BB King, accueilli un public très nombreux. Michel se levant tôt et rentrant tard, nous n'avions pas tellement l'occasion d'y assister. Mais la région vit désormais au ryhme des mélopées du Blues durant la dernière semaine de juillet.
Nick et Sally, nos hôtes, sont allés au concert d'ouverture à Jarnac, et, essuyant un de ces orages tonitruants qui balayent la région, ils n'ont guère entendu que quelques accords avant que la pluie n'oblige les organisateurs à évacuer les lieux de toute urgence. Les aléas des concerts en plein air en été ! Par contre ils ont pu profiter de BB King, 8000 personnes debout dans le théâtre de verdure, autant dire que l'ambiance était chaleureuse et le concert superbe. Ils ont beaucoup aimé ce show, tant musique que spectacle selon eux.
Gérard était personna grata au Festival, d'autant qu'il fournissait son "grand D de concert" (pour les non-initiés un Steinway bien sûr) pour la prestation d'Elisabeth Kontomanou. La scène était tellement haute, Gérard parle avec son exagération habituelle, de 50%, que le Klavier Roller que je vous ai déjà présenté, a expiré à mi-côte... autant le système est spectaculaire quant il fonctionne, autant cela devient ardu quand il faut mobiliser 7 ou 8 personnes en pleine pente pour éviter que le piano ne parte en vrille ! Les aléas des machines magiques !! Mais il faut ajouter, pour sauver l'honneur de notre Triffon préféré, que Laurent Courthaliac, le pianiste d'Elisabeth, a déclaré qu'il n'avait jamais joué sur un si bel instrument... Faut dire, que de l'avis général la "bête" est de qualité !!!
Je me suis, quant à moi, contentée de quelques concerts gratuits, dont le plus agréable fut Afrissipi, un mélange unique entre les sons des collines du Mississipi et la musique traditionnelle fulani des terres de Kumba. Ils chantaient en peul et avaient eu la bonne idée de donner une traduction des textes avant de les interpréter, ce qui rendait l'ensemble encore plus convaincant.






samedi 25 juillet 2009

LAPSUS EN PANNE

Non, non, je ne donnerai pas la suite de mon histoire de Lapsus, tant qu'un spécialiste de contrepèterie n'aura pas tenté l'exercice... Elle est hyper facile !
Paul Rome de Silmette...
A vos neurones, moi qui suis nulle, j'y suis arrivée !!

vendredi 24 juillet 2009

LAPSUS REVELATION


A midi, Gérard et Michel m'ont appelée pour me proposer de les rejoindre à Chateauneuf dans un établissement Cave Restaurant Chez Ludo, qui vaut le détour. Le patron est un ancien négociant en vins et spiritueux, très à l'affût d'idées nouvelles concernant les méthodes de vente de vin... Il envisage par exemple sous peu de commercialiser des éprouvettes ayant comme volume le contenu d'un verre, pour permettre de déguster ou simplement de profiter quand on est seul et qu'on conduit, de grands Bordeaux. Le concept de sa cave restaurant est intéressant : c'est une cave, on y choisit son vin en arrivant et on paie la bouteille le prix magasin et non le prix restaurant (ce qui fait une sérieuse différence !). Cela permet de déguster, d'être bien conseillé et, éventuellement, d'acheter du vin en repartant. Ce que nous avons fait, et pour cause, je vais vous raconter cela.


Ludo avait conseillé à Gérard un vin de table, excusez du peu, d'un prix certes assez élevé pour un vin de table, mais encore abordable. 15 euros la bouteille. C'est cher pour un vin, même pas un Bordeaux Supérieur et encore moins appellation contrôlée. Mais on goûte, et là, on sent qu'il se passe quelque chose en bouche.Tu sais comme lorsque nous avions fait une dégustation en Médoc Hélène, ça prend les papilles d'assaut, ça enveloppe de parfum encore trop fort, qui demandent à s'assouplir, à se fondre. C'est rapeux et pas encore séduisant, mais justement, un simple vin de table serait bon et facile d'accès. Là, il y a des promesses, c'est aride encore, on se dit, il a besoin de vieillir. Quoi, faire vieillir un vin de table ? Je chausse mes lunettes. Lapsus... Oui ?? Et en sous titre Paul de Rome de Silmette... Ah ?? Et ces messieurs de rire... Lapsus... non contrepèterie... je vous la laisse découvrir bien sûr... et je vous livre plus tard la suite de l'histoire !
En attendant et pour les charentais ou touristes qui passeraient par mon blog, on fait des découvertes chez Ludo, il a une pineauthèque qui présente une véritable anthologie du pineau, je ne parle pas du Cognac, le tout se déguste au verre dans des conditions très abordables. Ludo est très avenant, et son épouse fait une cuisine délicieuse. Le cadre est joli, bref, l'adresse à découvrir absolument quand on est en visite dans le coin !! Et je viens de découvrir son blog sur Blogger.

CLANDESTINS

Faire du tourisme seul, je trouve que cela modifie l'approche des choses. Toi qui en as fait l'expérience, Hélène, tu me diras ce que tu en penses. A deux, on est plus organisé, soucieux d'aller à l'essentiel, on se fixe des buts, des visites précises, et on s'y tient (relativement). Et puis cela a un sens, car on partage, on échange, on va vers le même lieu avec la même envie. Bref, se retrouver seul ce n'est pas évident. Il faut se propulser, et moi, j'ai un mal infini quand je suis seule, à me fixer des itinéraires. Alors j'avance, et la moindre herbe m'arrête. Et je vois des choses totalement différentes, parfois absolument insignifiantes mais qui m'absorbent toute entière. Et le moindre panneau me distrait de la direction initiale.
C'est ainsi qu'hier je m'étais fixé d'aller à Segonzac, quand j'ai vu l'indication sur la droite d'une stèle protestante. Je suis passée, puis quelques centaines de mètres plus loin, j'ai réfléchi que rine ne m'appelait nulle part, j'ai donc fait demi-tour. C'est fou ce que je peux faire demi-tour quand je voyage seule.
Me voilà sur une route que mon TomTom appelle pudiquement "sans nom", autant dire vicinale. J'aboutis, bien sûr, dans une cour de ferme. Marche arrière, je reprends la même route qui, non moins inévitablement, finit en cul de sac, au bord d'un vigne. Un paysan me regarde d'un air goguenard, et fort gentiment m'explique comme atteindre la stèle en question. "Vous allez au coin de "mon" bois, "ils" ont mis un panneau, prenez le petit chemin qui descend sur 150 mètres, puis tournez à gauche, encore 150 mètres et vous êtes arrivée".
Me voilà partie, soleil éclatant, sous bois lumineux, la fleur à la bouche. Des fleurs, il y en a partout et l'air est clair. Le chemin me semble long, mais je me dis que les paysans, c'est bien connu, n'ont qu'une notion très relative des distances et que 150 mètres cela veut sans doute dire 2, 3 voire 4 fois plus. C'est un bon quart d'heure plus tard que je débouche sur un pré, à gauche pas vraiment de chemin, juste une sente le long des vignes, au bord d'une combe aux courbes douces. Hardiment dans les hautes herbes je continue et m'extasie sur le ciel, sombre, violent, je marche, je fouine, rien à l'horizon.


Quand soudain je réalise que ces splendides nuages noirs, c'est un orage qui avance vers moi. De stèle, point, et pourtant la vue est vaste. Je décide de faire demi-tour, bredouille, et penaude. Dans le bois les limaces ont la queue recouverte de terre et les gouttes commencent à tomber. Je ne reste pas protégée par le couvert des feuilles longtemps. Le chemin caillouteux glisse et l'eau se fait de plus en plus forte. Il fait chaud et humide, une vraie pluie des Seychelles.
C'est au retour que j'ai remarqué le petit chemin que j'aurais dû prendre à l'aller, marqué par un piquet de bois qui avait perdu toute indication. Tant pis pour la pluie, je n'allais quand même pas passer à côté de ce morceau de pierre dressé sans aller le saluer alors que j'avais fait 2 bons kilomètres à sa recherche. Au total, mon paysan avait raison, pas plus de 300 mètres de ma voiture.


Il n'a bien sûr aucun intérêt artistique ni même esthétique, ce petit monument dressé à la mémoire des protestants. C'est juste évocateur. Il perpétue le souvenir des assemblées du Désert qui se tenaient ici clandestinement au XVIIIème siècle, dans des endroits forcément reculés, comme cette Combe des Loges. Depuis la Révocation de l’Édit de Nantes, le culte protestant était formellement interdit et ces réunions passibles de prison voire de galère. Des foules de Réformés, venus parfois de très loin, se retrouvaient les nuits de pleine lune dans ces endroits isolés, se reconnaissant grâce à l'utilisation de jetons appelés "méreaux". Vêtus de grands manteaux ou de capes pour éviter de se reconnaître, ils venaient écouter la lecture de la Bible, des exhortations et le prêche de leur pasteur. C'était aussi l'occasion de célébrer mariages et baptêmes.
La stèle que j'avais enfin trouvée a été érigée le lundi de Pentecôte 1896, " en souvenir des assemblées que firent ici les protestants à l'époque des persécutions". En 1929, la société d'histoire du protestantisme français acquis 4 m² de bois pour rénover et entretenir cette pierre commémorative.

mercredi 22 juillet 2009

SUPER CHIC !



Comment faire autrement ? Chic est allé cherché le Pont d'Argentueil, pour le mettre en parallèle avec sa photo... je n'avais plus qu'à trouver les bottes de paille en Provence de Van Gogh !! Merci Chic, l'idée est sympathique !

lundi 20 juillet 2009

LE PARADIS

Voilà, Michel a commencé son stage chez Gérard... 7 pianistes, quelques harpistes, violonistes, flûtistes, guitaristes sont venus passer une semaine pour travailler, progresser, jouer ensemble. Notre Logis du Paradis, à quelques kilomètres, me permet dans un cadre enchanteur et dans une aimable ambiance très british, de couler des journées paisibles pendant qu'il apprend l'improvisation, la cadence ou le déchiffrage. S'il fallait recommander une chambre d'hôte, ce serait celle-ci... mais l'art du B and B et celui de l'accueil en maison particulière est devenu du grand art, et de séjour en séjour, je ne taris pas d'éloge sur nos hôtes successifs... une nouvelle forme de tourisme vraiment délicieuse.
Le temps s'étant remis au beau, j'en profite aussi pour me balader dans cette région pourtant connue, pour y avoir vécu de longues années, mais dont le charme se révèle au détour des petites routes suivies sans idée préconçue. Ici, tous les villages se terminent en "ville" : Ladiville, Sonneville, Nonaville, Bouteville, Ambleville, Malaville... Comme si leurs habitants avaient des ambitions bien au-delà de leurs simples hectares. Il faut dire que les hectares en question, tout de vignes sagement plantés, ont droit à appellation Petite Champagne... autant dire que les cours de ferme sont prospères et que le terme de ferme est, pour ces demeures, parfaitement inadapté.

dimanche 19 juillet 2009

AIX ET MOZART

Tu as raison Marie, Aix c'est magique ! On y voit moins de robes longues qu'autrefois mais ce temple de l'Opéra monte des spectacles d'une qualité toujours ébouriffante. Venant d'Avignon où les spectacles donnent, souvent avec talent, dans le minimalisme (avoir 2 heures et pas de coulisses, pour monter une scène et un décor, jouer, se faire applaudir et faire la place à la troupe suivante, cela oblige à se contenter parfois d'un tabouret et de miser sur les éclairages, le son, voire l'imagination du public), le déploiement des machineries et des jeux de scènes est proprement hallucinant.
Idoménée Roi de Crète de Mozart, même si la partition est superbe et les airs impressionnants, c'est un livret assez indigent et une histoire totalement improbable et confuse. Le monter tient donc un peu de l'exploit d'autant que c'est un opéra séria, qui alterne avec une certaine monotonie récitatifs et airs, sans grande vraisemblance quant à l'intrigue, le tout entrecoupé d'airs de ballets qui arrivent là comme des cheveux sur la soupe.



Mais, mis en scène par Olivier Py, c'est proprement magique : il a été hué lors de la première, sans doute parce qu'il en fait trop, mais honnêtement Mozart aussi, 25 ans et désireux de se lancer, il en fait beaucoup. Olivier Py jongle avec les échaffaudages, les fait valser et tournoyer, ses chanteurs montent et descendent des cieux aux enfers, des sommets des cathédrales aux tarmacs des aéroports où des gens en armes rudoient de pauvres sans papiers. Cela peut agacer, mais c'est très beau, très esthétique, un peu esthétisant mais bon, on est à Aix et on s'éclate. L'idée de génie est d'avoir lors du dernier ballet, interminable et redondant - on sent que Mozart a voulu plaire - fait revivre l'intégralité de l'histoire embrouillée que nous venons de suivre par des danseurs. Certes, menée tambour battant l'histoire se résume à des envolées d'échaffaudages manipulés en tous sens, mais cela fait avaler ce pensum musical que rien ne justifie.


L'interprétation était de très belle qualité : les voix sont justes, agiles, nuancées, les chœurs sont précis et bien menés, l'orchestre est au top et les danseurs sont superbes. Que demande le peuple venu se presser ici ? De boire une coupe de champagne à l'entracte, de se montrer, de se faire admirer, et, accessoirement d'admirer... Cet Idoménée était à la hauteur du lieu, luxueux, inventif et enclin à secouer les imaginations... Parfait pour fournir des sujets de conversation dans les dîners en ville.



IMAGES D'AVIGNON

Quelques images d'Avignon, croquées ou volées... pour recréer l'ambiance inimitable, insupportable parfois mais toujours particulière de ce Festival.


Au hasard des rues et des dos croisés...


Entre deux spectacles, chacun vaque à ses préoccupations inévitables : collages, photo, recherche de spectacles...


Un coup de cœur pour l'exposition Starosta (à l'espace Roseau) : un biologiste devenu photographe naturaliste qui nous communique son émerveillement devant les animaux, végétaux, minéraux... Ses photographies allient précision et esthétisme et mettent en scène, dans un total respect, la splendeur et l'authenticité de ses sujets.

C'est l'angélus qui tinte et rappelle en tout lieu que le matin des jours et le soir sont à Dieu


Avingon in blue...

samedi 18 juillet 2009

A L'AN PROCHAIN


C'est toujours un drôle de moment que le dernier jour au Festival... le champ des possibles se réduit d'heure en heure, on a fixé les dernières réservations, on boucle les bagages, on retient sa chambre pour l'année suivante... et soudain toutes les pièces qu'on aurait pu voir s'agitent devant vous en vous faisant vibrer de regrets de devoir partir, car finalement il y a tant et tant de spectacles qu'on a ratés ! Et surtout, il ne faut pas rater la sortie, car finir sur un nanar c'est atroce.
Pour autant, notre dernière journée a été particulièrement réussie. Nous avons réorganisé le programme pour aller visiter l'exposition sur l'héritage artistique de Simone Martini au musée du Petit Palais. Grâce à des prêts du musée de Sienne (vous avez dû constater pas mal de "trous" aux cimaises de ce dernier ma pauvre Hélène la semaine dernière !) nous avons pu suivre sur 5 sections magnifiquement présentées l'oeuvre du maître, puis celle de ses élèves et suiveurs et enfin les traces de son influence picturale et stylistique dans la peinture siennoise jusqu'à l'aube de la Renaissance. Beaucoup d'oeuvres de petit format, aux accents presque miniaturistes, et un parcours didactique très intéressant.



La désopilante aventure d’un contrebassiste tout nu dans une rivière. Le sourire amer et tendre de Tchekhov, sur une musique de Borodine. Avec l’Ensemble Carpe Diem direction Jean Pierre Arnaud, sur scène.
Un concert extraordinaire. Une histoire saugrenue, burlesque et tragique. Du jamais-vu, du jamais-entendu! D.Duthuit-Le Figaroscope

Une fantaisie russe, où Tchekhov rencontre Borodine au fil d’un concert-marionnettes drôle et surprenant. Zurban-A.Cochard
Tu nous l'avais recommandé, Hélène, et vraiment nous avons adoré. Cette petite nouvelle de Tchekov joué par des marionettes sans fil se déroulait sur fond de musique de Borodine, un trio d'instruments à vent accompagnant l'histoire. En coulisse une contrebasse ponctue les épisodes en imprimant à l'ensemble un tempo grave. C'était délicieux, les instrumentistes étaient talentueux, les marionnetistes habiles et drôles, la mise en scène inventive et joyeuse. J'aurais aimé être programmateur de centre culturel, de ceux qui hantent (et encombrent !!) les files d'attente des salles avignonaises pour y faire leur "marché" de saison, pour acheter ce joli spectacle susceptible de plaire à tous.


Sacrée Mariette, la bonne d'Ariane ! Elle raconte " en brillant l'argenterie " ce qu'elle vit de sa place de bonne. Elle est profondément humaine, son langage est cocasse - ça souffre pas une langouste, c'est habitué vous pouvez y couper la tête ça dira pas un mot - Et de plus, elle chante. Elle a vu grandir Ariane et suit l'évolution de sa passion pour Solal tout en livrant ses réflexions sur la société.
L'écriture d'Albert Cohen se prête au théâtre : le soliloque est aussi une adresse à sa soeur, à Ariane, au monde, donc à nous, spectateurs.

La Maison du Chat Bleu développe en Charente-Maritime des activités culturelles. Elle est soutenue par la Région Poitou-Charentes, le Pays des Vals de Saintonge et le Conseil Général
Encore une réussite : l'actrice qui joue Mariette, jouait avec un naturel, une faconde et surtout une émotion sans pareille. Le montage en saynètes d'épisodes choisis de Belle du Seigneur était impeccable. La bonne Mariette et ses réflexions pleines de verve, son amour sans faille d'Ariane, son dévouement, son bon sens paysan et sa tendresse maternelle tracent un fil conducteur dans l'histoire de Cohen, comme un sourire plein de nostalgie. L'actrice lit aux points stratégiques quelques extraits très brefs du roman, juste ce qu'il faut pour nous dire Cohen dans toute sa splendeur. Le reste du temps, elle astique l'argenterie, balaye, ravaude et parle d'une voix aux accents terriens marqués mais au timbre clair. Très crédible. Encore un spectacle que j'aurais bien mis dans mon panier !

Ensuite nous avons renoncé au Visniec malgré le charme indéniable du titre (La vieille dame qui fabrique 37 cocktails molotov par jour), afin de déjeuner au Caf'Thiers, ex bar de l'OM, toujours aussi sympa (pas de doute, les rugbymen c'est mieux que les footeux) et auquel nous n'avions pas rendu notre visite annuelle, et ensuite aller voir l'expo.



La Tempête est une pièce mystérieuse, une aventure fantastique. Son caractère baroque ouvre grand les portes de l'imaginaire pour une mise en scène délirante et débridée. Le jeu masqué et très gestuel des comédiens renforce la dimension surnaturelle de la pièce. Des créatures étranges apparaissent et disparaissent. Les naufragés, entre rêves et illusions, affrontent la magie et les dangers d'une "île" pleine de bruits et d'airs mélodieux.
Nous ne prenions pas grand risque avec ce dernier spectacle, tu nous l'avais garanti et c'était une superbe façon de terminer notre séjour. La mise en scène est époustouflante, l'actrice-acrobate qui interprète sans coup faillir Miranda et Ariel est virevoltante, légère, jolie, et surtout hyper douée. En plus elle joue très bien. Le reste est à l'avenant, précis, adapté au texte, inventif et très esthétique. En un mot c'est magique et enlevé, un spectacle total et vraiment merveilleux. On en oublie la diction désastreuse de Prospero qui avale la moitié de ses répliques dans une bouillie verbale qui devait au départ être un genre qu'il se donnait mais qui est devenu une manie d'acteur.
Avant de partir, nous avons fait dégusté quelques spécialités du Sénégal au Fabrik Théâtre, le cocktail de fruits au gingembre était plus doux que l'autre jour, le mafé et le poulet yassa délicieux. Le cuisinier nous expliquait comment naquit sa vocation lors d'un rassemblement scout national où, petit éclaireur courageux, il s'était porté volontaire pour tenir la cantine de sa troupe. Ayant à sa disposition quelques ingrédients, et aucune expérience (il avait 8 ou 9 ans) il décida de laisser parler son bon sens. Après un premier jour passable, il commença à faire de si bons plats que ceux des autres troupes voulaient tous venir manger avec eux. Les chefs pragmatiques décidèrent de lui permettre d'inviter chaque jour deux gamins des autres groupes, pour permettre à tous de profiter de ses talents. Un endroit qu'il faut marquer dans tes tablettes, Hélène, et où il faudra revenir manger l'année prochaine !

Si ces lignes étaient lues par quelques festivaliers et donnaient à d'aucuns envie d'aller voir certains de ces spectacles que nous avons découverts, aimés, adoré, partager ces moments de talent et de professionnalisme, écouter ces textes, apprécier ces mises en scène, je serais contente d'avoir, à ma façon, participé au grand jeu du bouche à oreille... C'est plus informatif que les infos échangées à la va-vite dans les files d'attente, car sur le nombre de pièces décrites, on peut se faire une idée de nos goûts et donc savoir si nos "conseils" correspondent à ce que l'on cherche ! A ceux qui me liront peut-être dans ce sens, bon Festival !

vendredi 17 juillet 2009

... MAIS HELENE N'EST PAS A TROIE


Un peu vaseux après une folle soirée opéra à Aix en Provence que je tacherai de raconter plus tard, notre première pièce se voulait facile...


En 1935, s'inspirant du célèbre mythe grec, Giraudoux mélange les genres avec son texte brillant qui traverse le temps. Le sujet est simple et efficace : Pâris a enlevé celle qui est considérée comme la plus belle femme du monde, Hélène, épouse de Ménélas. Les rois grecs ont décidé de mobiliser leur flotte pour récupérer l’infidèle et pour punir Troie. La pièce, c’est le combat désespéré d’Hector pour obtenir la paix et pour éviter
le pire tandis que le cheval de Troie est prêt à bondir…
Voilà qui a donné lieu à une polémique épique, de celles que, parait-il, je ne sais jamais conclure, tant, dixit Michel, je n'arrive pas à admettre qu'on ne soit pas de mon avis ! Alors j'aligne les arguments, je plaide, je discoure et démontre à l'envie, jusqu'à ce que Michel, épuisé, jette l'éponge ! Jouée par une troupe de la maison des Jeunes et de la Culture de Sarcelles, la pièce présentait, c'est un fait, d'évidentes imperfections. Le premier handicap résidait d'ailleurs moins dans le caractère amateur de ses comédiens que dans l'exiguité de la scène, grande comme un mouchoir de poche, au point qu'au moindre mouvement les comédiens menaçaient de nous tomber sur les genoux. Pas facile dans ces conditions de construire un ensemble cohérent, ou au minimum, délié. La jeune femme responsable de la mise en scène (qui fêtait ce jour-là ses 24 ans) s'en est tirée très honorablement et a utilisé au mieux les rares ressources du lieu. Une occasion pour moi de pester contre les faiseurs de soupe d'Avignon qui louent à prix d'or de lieux parfois hallucinants aux troupes venues chercher vitrine lors du Festival.
Les acteurs, âgés de 15 à 25 ans, à vue de nez, étaient, c'est évident, inégaux. Certains, Hector en particulier, avaient un réel talent en herbe, autant dire qu'il vivait son rôle avec une conviction communicative. Pour d'autres la seule préoccupation restait de dire leur texte sans trop hésiter et de se mouvoir de la façon la moins empruntée possible. Notre différend portait sur la présence d'une troupe que Michel qualifiait de patronage, aussi méritant fut-elle, dans le cadre du Festival. Comme si ce susdit Festival pouvait se prévaloir de tels titres de qualité qu'une prestation amateur y soit déplacée... Je me suis insurgée hautement contre ce purisme au nom des vertus évidentes de la culture. Pour moi, l'accès aux contraintes et aux joies de monter une pièce qu'offre la municipalité de Sarcelles à ses jeunes est éminemment formatrice. Mais surtout, et là j'ai fait mouche, j'ai contesté cette intransigeance en faisant valoir qu'Avignon est, qu'on le déplore ou s'en réjouisse, le lieu de toutes les libertés théâtrales, de l'excellence à la médiocrité, que cette dernière s'y déploie avec une mansuétude évidente du public, ou d'un certain public. S'y mêlent et s'y côtoient les inventions pseudo-intellectuelles, les pédanteries les plus absconses, les gratuités les plus vaniteuses, les suffisances les plus déplacées, les complaisances les plus arrogantes et les putasseries les plus mercantiles... On y trouve de pures merveilles, on y entend de vrais chefs d’œuvres, on y voit de superbes inventions... Et tout le reste, autant dire que sur près de 900 pièces et je ne parle que du Off, ce reste prétentieux et confus domine très largement. Quant au In, il m'est difficile d'en parler ayant renoncé à y trainer mes guêtres depuis le dernier massacre en date que j'ai eu à y déplorer, mais les bruits de couloirs, autant dire les remarques saisies lors des queues d'attente, confirment qu'on y déplore plus de ratages qu'on y applaudit de découvertes. Bref pourquoi, dans ces conditions, le Off ne serait-il pas la place aussi de jeunes qui tentent de servir pour le mieux un des beaux textes de notre répertoire classique ? Fussent-ils amateurs et maladroits parfois ? On peut, comme à Blaye ou à Saint Georges de Didonne, faire des festivals de théâtre amateur, ce que voudrait Michel. Je préfère, quant à moi, défendre cette opportunité de jouer dans la cour des grands, même si c'est difficile, et parce qu'ainsi c'est enrichissant et porteur d'une autre dimension, offerte par le Festival à tous ceux que le théâtre passionne suffisamment pour oser !



Marie Stuart est une épopée haletante et passionnante que Schiller a écrite à partir du conflit qui opposa pendant 20 ans Elisabeth 1ère d’Angleterre à Marie Stuart. Plus qu’une reconstitution historique, le spectacle est une fable universelle qui met à nu les mécanismes du pouvoir et le conflit entre l’intime et le public.
Télérama : La mise en scène et l’interprétation inspirées restituent la cruelle intensité de cette fable sur le pouvoir, dans toute sa violence, dans toute sa vérité
Figaroscope : Un spectacle magnifique
A Nous Paris : Deux heures d’apesanteur

Le Pariscope : Les deux comédiennes principales sont remarquables
Nous étions un peu anxieux : après une nuit écourtée, sous une chaleur accablante et dans un état de fatigue avancé, aller affronter deux heures dix de romantisme allemand, avec le danger de devoir subir une troupe malhabile, c'était risqué. On pouvait craindre aussi un texte indigeste, un ton démodé ou une ambiance roborative. Rien de tout cela ne nous est advenu : une réussite, un chef d’œuvre, et de la belle ouvrage ! Une mise en scène d'un goût parfait, des acteurs impeccables, un respect total de la langue et du rythme de la pièce, bref un superbe moment de théâtre qui nous a gardés l’œil ouvert et attentifs sans la moindre faille. Ravis de découvrir ce texte d'une belle élégance de Schiller.


Tous les jours, la guerre, le chaos entrent chez nous grâce aux médias et à la fureur de leurs images.Chez eux, rien ne rentre, aucun jaillissement de la violence extérieure ne parvient à déranger les petits désaccords élevés dans le couple au rang de déclarations d’hostilité. Soudain, c’est une «déclaration de paix» qui vient interrompre leur duel intime. Comment composer avec l’angoisse de l’inconnu?

Quel plaisir de théâtre que cette langue imaginative, inventive…simple mais porteuse de réflexion, servie par 2 interprètes intrépides et fantaisistes. Retrouver Danièle Lebrun–partenaire de cœur-et Bernard Malaka –complice de toujours-, du plaisir, encore du plaisir... et un peu d'angoisse.
Deux Délire à deux dans le Festival ! nous avons choisi celui du Chien Qui fume, tant à cause de la salle qui offre en principe des programmations de qualité, qu'à cause de Danièle Lebrun dont, moi qui ne retiens aucun nom d'actrice, j'avais reconnu le visage pour l'avoir appréciée dans quelques films récents. La guerre conjugale au jour le jour, entravée par la guerre extérieure qui la sous-tend et l'apaise, la relance et la ponctue... cette guerre qui détruit et ravine, implacable et grotesque... L'absurde de Ionesco est ici terriblement signifiant et porteur de désespoir ! La paix inattendue devient encore plus terrifiante que les combats et tout sombre alors dans une noirceur sans issue. Interprétés avec brio par des acteurs impeccables, les mots de cette joute ricochaient avec aisance sur une mise en scène dédiée à notre plus grand plaisir.



Juillet. Un parking à la périphérie d’une ville. Sur ce parking, une baraque à frites. Celle des sœurs Cadouin. Celle de Viviane et Suzanne. Autour d'elles gravitent deux hommes. Joaquim Martinez, professeur en vacances, et Michaël Pichon, jeune agent de sécurité essayant de réparer sa mobylette.
Avec humour et cynisme, MONSIEUR MARTINEZ (LES CADOUIN #1) retrace quinze jours de leur existence. Un enchevêtrement de frustrations, d’espérances, de tristesse et de rêves...

Après un petit dîner sympa chez notre voisin le Coin Caché toujours aussi chaleureux et accueillant, prise de risque pour aller voir une pièce recommandée par la troupe de Marie Stuart le matin même. D'habitude au moment des applaudissements la troupe vient demander qu'on leur fasse de la pub, ici rien de tel : ils nous ont conseillé d'aller voir un spectacle qu'ils avaient apprécié. Nous voilà donc devant le théâtre du Bélier, un peu perplexes devant la programmation, mais prêts à admettre que parmi des affiches ringardes et des titres pourris pouvait se cacher un chef d’œuvre. Une CATASTROPHE... des jeux de mots foireux, un misérabilisme téléphoné, des acteurs indigents, des costumes horribles, un texte sans intérêt, une mise en scène statique... Bref, après avoir tenté d'espérer que cela aller s'améliorer, nous avons fuit en riant comme des fous, ravis d'avoir échappé à ce truc lamentable. Et ravis aussi de constater qu'il y en a vraiment pour tous les goûts en Avignon !! Et même parfois, pour les nôtres ! Utile un ratage parfois pour apprécier ce qu'on a vu !

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