
Je viens de dévorer (oui oui Oxygène on a besoin aussi de ce sens là avec la lecture !) "La rivière et son secret" de Zhu Xiao Mei... je suis incapable de retrouver laquelle d'entre vous en recommandait la lecture, mais j'ai adoré ce livre qui va bien au-delà de la simple biographie banale. Ayant la chance (moi aussi !) d'aller bientôt l'écouter en concert, j'avais envie de mieux la connaître avant, et cet ouvrage sensible m'a vraiment passionnée. C'est une biographie certes, mais aussi une conception de la musique, de la vie, de l'homme, qui m'ont vraiment plu. C'est aussi une tranche d'histoire encore mal connue : la Révolution Culturelle en Chine et ses dégâts collatéraux, dont on ne dit pas assez l'horreur. Même si j'en avais pas mal appris, mais en demis-teintes, grâce aux excellents romans de Qiu Xialong.
Il me fallait bien commencer par montrer patte blanche, en vous narrant le dernier livre lu, et non des moindres, pour répondre à vos commentaires sur l'e-book... car nous sommes tous pris dans cette nasse technologique qui évolue à vitesse grand V, et nos réactions sont à fleur de peau !
- Pour les livres de voyage, et même si la perspective d'un guide particulier semble attrayante, Emilie a raison : la voix sucrée ou stéréotypée nous intimant de tourner à droite, serait vite exaspérante ! Comme TomTom, pourtant bien commode qui nous serine "Faites demi-oit dès que possible" !! L'accès à Internet par contre n'est pas le problème, car ça marche avec mais aussi sans, puisqu'on stocke les livres dans la mémoire...
- Pour le plaisir du papier, il semble justement que les éditeurs, pour parer le danger du numérique, aient réellement fait de gros efforts en qualité de papier ces derniers temps, histoire de flatter dans le sens du poil notre sens tactile et notre odorat ! Tant mieux !!!
- Pour les livres d'art, la vidéo insiste là-dessus, le papier est irremplaçable, question de format, de couleurs et de manipulation ! Et, vous avez vu le nombre de "gros" livres que renferme ma bibliothèque, je serai longtemps encore une adepte forcenée du livre d'art.
- Pour la technologie, j'ai commencé quant à moi il y a une trentaine d'année à me confronter avec elle. En 1976 nous mourrions d'envie Michel et moi de nous offrir une calculatrice avec +,-,x,: et surtout, suprême luxe racine carrée, mais elle coûtait 1000 francs (soit 150 euros) et nous n'avions guère les moyens d'une telle folie. C'est en 1980 qu'on m'a chargée d'assurer mon premier cours d'informatique. Je me suis précipitée à la librairie scientifique de la faculté de Bordeaux et j'ai acheté tous, oui je vous jure TOUS les livres sur le sujet. Je commençais mon cours bravement par la définition de la "chose" : "diffusion automaTIQUE de l'INFOrmation, toute fière d'avoir trouvé cela ! L'année d'après j'ai acheté un truc génial qui avait 1 kilo octet de mémoire. Vous ne rêvez pas, 1024 caractères ! et je bidouillais des programmes en Basic, if, then, else, que je devais effacer pour en créer d'autres, au gré de mon inspiration.
Les filles, vous vous rappelez ensuite avoir travaillé sur des ordinateurs dans lesquels il fallait d'abord charger le système d'exploitation avec une disquette 5 pouces, avant de pouvoir charger le logiciel qui restait en mémoire vive et devait être changé au gré des programmes qu'on désirait exécuter. Un inspecteur, hyper moderne, nous offrit à peu de temps de là une formation au Minitel. J'avoue m'être précipitée à La Poste qui devait encore s'appeler France Télécom, pour me procurer au plus vite cette boîte magique. Qui a fait mes délices pendant longtemps ! Parallèlement on voyait apparaitre Windows, la magie du système d'exploitation se lançant automatiquement et des logiciels d'application stockés dans la machine, accessibles d'un seul clic. Nouveau ça le clic ! Un inspecteur bien intentionné, nous menaça alors des foudres de sa vindicte car nous voulions dépenser les deniers publics pour acheter des disques durs ! Qui, selon lui, n'avaient aucun avenir et n'étaient qu'une fantaisie de profs en goguette.
J'ai commencé à être formée à Internet il y a une petite vingtaine d'années. Je vous jure que le jour où un fada de l'informatique nous a réunis pour nous expliquer ce nouveau moyen de communication, se perdant dans les méandres d'explications techniques et nous promettant de pouvoir bientôt dialoguer avec des inuits (oui oui, je n'invente pas), nous étions tous morts de rire ! D'autant que le pauvre malheureux s'est pris les pieds dans la toile d'araignée qu'il venait de nous décrire avec enthousiasme, et n'a jamais pu établir la moindre liaison avec qui que ce soit, pas même le Pentagone ! Nous étions très dubitatifs, et lui avons fait un chahut comme seuls des profs sont capables de le faire. Nous sommes sortis de cette formation absolument convaincus que cette fantaisie n'avait d'avenir qu'auprès des informaticiens, tous dingos comme chacun le sait. Peu de temps après je surfais sur les rares sites français, persuadée que tout cela resterait vraiment confidentiel car la toile était plutôt anglophone !
Vous imaginez que depuis, j'ai appris à me méfier des railleries sur les avancées technologiques !!
Donc c'est sûr, vive le papier, mais on aura d'autres utilisations de l'e-book... on nous promet déjà pour demain d'avoir à diffuser nos cours par internet pour cause de pendémie ! Et il nous arrivera aussi d'emporter nos livres sous cette forme. Et qui sait, d'y prendre goût. En tout cas, moi, j'ai AUSSI très envie d'avoir un e-book bientôt. Juste le temps que cela s'améliore un peu et que je puisse les lire sans fatigue avec mes yeux de mamie !!!!

Quant à l'amour du papier, et puisque je viens de recevoir mes trois derniers livres, qu'il me soit permis de vous retracer notre itinéraire photo. Fanas de photos, dans notre jeunesse nous avions un petit labo et tirions nos négatifs en noir et blanc, sous la traditionnelle lampe rouge, jouant sur les contrastes et cherchant le papier le mieux adapté. Quand le numérique est apparu, j'ai cédé la première. Michel restait fidèle à l'argentique et ne voulait entendre parler de rien d'autre. C'est en 2000 que ses amis lui ont offert un super appareil qui offrait, je crois 3 millions de pixels, le tirage papier étant possible sans trop de grain. Pourtant, nous n'avons jamais fait de tirage papier, tant nous étions heureux de ne plus être encombrés de photos diverses. Certes la consultation sur ordi nous semblait un peu frustrante, mais nous avons apprécié à fond le remaniement des photos avec Photoshop, recadrage, redressage, noir et blanc, contrastes, luminosité. Bref, un gros stock de photos numériques depuis bientôt 10 ans, avec la crainte, toujours, de les perdre. Des sauvegardes en tous genres pour se rassurer, mais plus jamais d'argentique. Jusqu'au 1er janvier 2008 : ce jour-là, mon ami Fred nous a montré ses livres photos. Et depuis je suis devenue une adepte forcenée de
Cewe, via le logiciel Pixiphot (on peut choisir à son gré son fournisseur). Je tire un livre photo pour chaque événement marquant de notre vie et commence à avoir une bonne cinquantaine de centimètres en linéaire de bibliothèque pris par ces bouquins d'un nouveau genre. Vous voyez qu'on en revient toujours au papier !!

Mais fondamentalement, tu as raison Idées Heureuses, et toi aussi Gwen, il est temps de passer à table... et je vous offre ma version de la
tarte d'Autour du puits, tomates, moutardes et mozzarella, un délice que je vous recommande chaudement. J'ai d'abord consciencieusement suivi sa recette
de tomates confites, pour ne rien trahir. Ma mozzarella est nettement plus grillée que la sienne, mais je vous jure, il y en a une énorme, pas moins de 250g, tout simplement de vache. N'ayant pas de salade verte, j'avais prévu une petite entrée, histoire de vous laisser quand même une mini recette à mon tour (toujours pour cuisinière pressée)
Soupe de melon au jambon d'Aoste :
Un melon entier passé au blender suffit pour 2 personnes. Si on prépare la soupe à la dernière minute, on ajoute deux ou trois glaçons pour qu'elle soit très fraîche, sinon on mettra la soupe au frigo et il vaut mieux alors ne pas y ajouter de glace, qui risque de fondre en eau. L'assaisonnement, mixé en même temps que le melon, est, à doser selon vos goûts : piment d'espelette, gingembre moulu et quelques feuilles de menthe fraîche. On peut, si on le désire, ajouter un trait d'huile de tournesol, ou d'une huile à goût neutre, pour le liant. Bref on mixe tout cela assez longtemps de façon à bien l'aérer, on met au frigo en attendant le repas, et on sert avec du jambon d'Aoste ou d'ailleurs ! C'est délicieux avec un bon melon, mais ça "rattrape" élégamment un melon passable !