mercredi 30 septembre 2009

MESCHERS SUR CRIME

Bon, faut pas tous les jours se prendre les neurones à tort et à travers sur des états d'âme rédactionnels, qui finalement sont toujours un peu récurrents ! Faut aussi savoir faire dans le marronnier de l'automne !
Lundi matin, donc, les zefs étant encore là, j'avais besoin de menus ingrédients pour assaisonner les petits repas qu'ils m'ont fait la joie de déguster sans barguigner, voire avec enthousiasme. Direction le Super U local, et là, surprise... parking noir de monde. On connaît la propension des oisifs à stationner devant les portes fermées des supermarchés dès avant l'ouverture, mais j'avais prévu cela et il était environ 9h30, les papis de service étaient donc déjà rentrés.
Il faut avouer que, soucieuse de la formule, j'ai dit "noir" de monde, mais les véhicules qui occupaient la majorité des places étaient bleus. J'y regarde de plus près, et les vois toutes "taguées" au rassurant (??) vocable de "gendarmerie nationale". Excusez du peu, nous avons bien à Meschers, une police municipale, mais la gendarmerie nationale, à raison d'une escouade de 6 véhicules, cela vous fiche un coup ! A l'intérieur, branle-bas de combat, il fallait enjamber les caisses entamées et les cartons en voie de déchargement pour affronter des rayons quasi vides. Les employés, d'ordinaire toujours prêts à plaisanter, tiraient des visages sombres et n'avaient guère envie de faire la causette.
C'est à la caisse que j'ai eu le fin mot de l'histoire : vers 6 heures du matin une bande de malfrats a débarqué dans le magasin, menacé, voire séquestré, le personnel occupé à faire la mise en place et sans doute pris la poudre d'escampette sans autre forme de procès. Un lundi à 6 heures, les caisses et les rayons sont vides, le magasin de Meschers ne vend que de la nourriture et on se demande bien ce que pouvaient espérer ces voyous qui ont surtout réussi à affoler le personnel et à leur gâcher la vie. J'avoue que ce matin, en partant travailler à la nuit noire (il était 7 heures), je me suis surprise en passant devant la boulangerie à me dire qu'après une telle histoire, les commerçants ne doivent pas être rassurés et leur personnel a bien du mérite d'accepter d'ouvrir si tôt ! Après la brave dame écrasée après avoir été assommée, suite à un "contrat" passé entre son ex-mari et les loubards qui étaient chargés de la faire disparaître, une attaque en plein jour dans un magasin du port, plusieurs cambriolages dans le même supermarché, les faits divers sont de plus en plus nombreux dans cette contrée qui fut paisible et l'ambiance de méfiance et de peur que cela entretient finit par être malséante. Qui eut cru qu'un aussi joli petit village pouvait cacher de tels événements ?

PS j'avoue, à ma grande honte, n'avoir pas eu le réflexe "reporter" et oublié de prendre toutes ces belles bleues en photo ! Mais ce soir il y en avait encore une qui squattait le parking...

mardi 29 septembre 2009

DEBLOCAGE

J'étais bien tranquille dans le Gers, aux environs de Lectoure en train de me balader avec Enitram, quand je me suis laissée aller à cliquer à droite ! En général j'évite, car une fois sur deux je tombe sur un blog sympa, que je rajoute à ma liste, et me voilà partie pour un tour de plus ! Car je ne sais pas comment vous faites, vous, pour concilier photos, montages, écriture, lecture et commentaires, le tout régulièrement, en plus des zefs (oui, oui, y a plein de jeunes mamans dans les blogueuses), du travail, de la vie de famille, des "apprêts féminins" (ben oui, faut rester séduisante ! c'est pas parce qu'on blogue qu'il faut avoir la mèche triste et la savate plate !) et des nécessaires distractions sans lesquelles nos blogs ne seraient que des histoires vides... mais moi, parfois je m'essouffle.
Donc j'avise dans cette fichue colonne de droite, que je zappe en général pour résister à la tentation, un titre qui m'aguiche : "Georges Sand et moi" ... et l'article du jour "Je te dis comment je blogue". Et bien sûr le propos, comment, depuis quand, les hauts, les bas de l'exercice bloguistique, m'intéresse. Addiction, servage, réflexion, bref, nous passons tous un peu par les mêmes phases. Comme c'est souvent le cas, l'article répondait à un tag collectif, et je remonte à la source "le QG de la Mère Joie" qui a lancé, avec succès, le débat... pas moins de 76 commentaires à l'instant où j'écris. Faut dire qu'on est tous un peu surpris par l'emprise qu'exerce sur nos vies ce nouveau moyen de communication et/ou d'expression et que, tous derrière nos claviers, on s'interroge.

J'avais déjà partagé dans un ancien billet, mes réflexions sur le thème, encore toute émerveillée à l'époque de l'affûtage du regard et des pensées qu'entraîne le choix d'un tel exercice, pour peu qu'on le prenne au sérieux. J'ai depuis déploré la course aux lecteurs, et la contrainte qu'on finit par s'imposer pour "garder" son audience. Je ne sais si c'est sincère, mais j'ai toujours prétendu préférer quelques rares lecteurs, mais solides et presqu'amicaux, à la recherche forcenée d'une renommée qui finit par devenir pesante. Il y a forcément un peu de duplicité dans cette affirmation, car je serais sans doute flattée d'avoir des dizaines de commentaires, mais j'ai appris que c'est un piège et qu'on finit par écrire pour plaire, ce qui modifie la plume ! Donc, sagesse ou simple bon sens aidant, je suis, en terme d'audimat, une billetiste heureuse...
Heureuse ? Voire... j'avais dans un coin de mes messages, non encore posté pour ne pas choquer qui de droit, car finalement il se fait l'écho auprès de mes lectrices officielles d'une récrimination que rien ne m'autorise à avoir en tant que maman, un billet intitulé "DOUTES" que j'attendais des jours pires pour publier, ou oublier au détour d'une liste nouvelle !
Car il y a "comment je blogue", puis "pourquoi je blogue", et bien vite "qui me lit" et cet espoir de commentaires qui nous laissent tous un peu exsangues. J'ai, comme Mère Joie, un Légionnaire, qui n'a pas toujours la primeur de mes articles (parfois il accumule du retard), mais qui ne commente jamais par écrit, et en lieu et place du "Hum Hum", me gratifie chaque fois d'un "il est bien ton article", qui ne souffre aucune rallonge, mais qui est fort convaincu. A toute demande d'appréciation plus circonstanciée, il ajoute seulement "mais ils sont TOUS très bien, tes articles". De là à conclure qu'il m'accorde une indulgence de bon aloi, due à la force de l'habitude, ou que, suite à quelqu'effet amoureux tenace, il trouve toute initiative de ma part excellente, quelle qu'en soit la tournure, il n'est qu'un pas, vite franchi quand je m'interroge avec un minimum de lucidité !
Et quitte à m'être aujourd'hui, laissée porter par le flot des mots qui soupèsent et ne savent pas trancher, je publie ci-après ce fameux "DOUTES" qui dormait dans mes archives, au risque de quelque retour de bâton filial !

Parfois je me demande s'il est opportun de continuer ce blog dédié à "mes filles"... Le lisent-elles ? De l'une, jamais le moindre commentaire, de l'autre parfois un signe rapide... Je me sens vraiment décalée avec tous ces mots jetés au vent. Car s'il sagit de se livrer à quelqu'introspection de bon aloi, la bonne vieille technique du journal intime devrait suffrire : quelques mots jetés sur de vieux carnets qu'on brûlera plus tard, histoire de ne pas laisser de scories derrière soi.
Avec la naïveté technique qui caractérise ma génération, j'ai cru que les mails, puis les sms, puis les blogs pouvaient maintenir le lien, quand les circonstances de la vie d'adulte dirigent vers ailleurs les centres d'intérêts de ces petits bouts de vie qui ont été toute votre préoccupation pendant tant d'années. Je me disais, le téléphone c'est génial... que nenni, ça dérange ! Peut-être les sms... bof, ils ont bien vite perdu de leur attrait malgré leur grande discrétion et leur vertu immédiate. Alors les mails, c'est discret et cela maintient un correspondance.
Ah la vertu des correspondances d'autrefois, on s'assoit, on lisse sa belle feuille choisie avec soin, on affute sa plume pour l'occasion, on prend la dernière lettre reçue et on répond. On narre, on brode, on enjolive de mots la grisaille d'un quotidien qu'on veut encore partager. Parfois on ose même se laisser aller à quelques réflexions d'ordre plus général, on commente l'actualité, on brocarde certains travers de nos contemporains... que sais-je... J'ai, t'en souvient-il Fred, tant aimé pratiqué la correspondance à l'ancienne. A part toi, j'ai d'ailleurs rarement trouvé chaussure à mon pied en la matière, car l'écrit se lasse quand il reste à sens unique. Et bien qu'habituée à envoyer 5 lettres pour en recevoir une, j'ai peu à peu abandonné la plume et ses atours désuets au profit de cette correspondance des temps modernes, le blog.
Car c'est un peu ainsi que j'ai interprété le blog : un billet quotidien pour parler du ciel ou de l'âme, du dernier film vu ou de quelque irritation sociétale, d'une idée de recette ou d'un bouquin génial... Mais comme l'était la correspondance si elle restait trop longtemps sans réponse, ce type d'écrit finit par confiner à l'exercice de style, s'il ne provoque chez ceux à qui il s'adresse aucune réaction sensible.
J'ai découvert la joie d'être lue par d'autres, et certains parmi vous, fidèles et assidus, m'ont encouragée à continuer : les commentaires étonnants, pleins d'à propos, parfois très approfondis que j'ai reçus, m'ont vraiment remplie de joie. Mais ce blog a une dédicace et sans ses deux lectrices attitrées, il n'a plus lieu d'être. Il n'est plus qu'un prétexte, une supercherie et il me faut alors changer de lieu, changer de nom pour retrouver un anonymat total, ce qu'il n'est pas actuellement. Ce ne sont plus mes lecteurs anonymes qui sont en équilibre entre indiscrétion et fidélité. Comme je n'ai plus qu'eux, je finis par ne m'adresser qu'à eux. Et par me faire plaisir en me rédigeant des billets dont je sais que certains toucheront des cordes sensibles. Je change de registre, je ne suis plus désintéressée, je deviens presque aguicheuse. Il s'agit de faire "du chiffre" et non de se livrer à un modeste exercice rédactionnel pour partager le quotidien.
Oui, je sais, quand on est l'enfant, actuellement, on n'est plus tenu de rien. De mon temps, pardon de la référence, on n'avait que des devoirs, que nos récriminations de 68huitards ont jetés aux orties. Il est communément admis, mais l'affaire est récente et basée sur d'anciens réflexes, que les enfants peuvent mèner leur vie et qu'on continue à se cotoyer sur la base d'une habitude que rien ne peut entacher. Voire... on peut jouer sur cette corde, certes, mais le temps, toujours lui, fait oeuvre d'érosion. Le temps éloigne, le temps grignote, le temps nous éparpille et nous reconstruit ailleurs. J'ai voulu par ce blog cimenter cet ailleurs d'un peu de présence et de proximité fictive. Pour qu'il reste entre nous quelques repères communs dans une vie qui, comme le sont les vies actuelles, est lourde d'activités complexes et tellement multiples. Car c'est infiniment difficile de maintenir un lien, quel qu'il soit, sans complicité, sans références communes. Ou alors ce qu'on maintient a des allures d'obligation sociale ou familiale, cela même que nous avons rejeté comme étant hypocrite. Faut-il en conclure que les rigueurs sociales avaient du bon ? J'en doute... mais suis découragée de m'agiter ainsi. Serais-je encore en train de me livrer à un de ces stakhanovismes qui ont jalonné tous mes parcours ? L'âge m'a rendue méfiante et l'expérience si souvent piégée...

PS cet article devrait, s'il est lu, provoquer une juste réaction de Koka car la première photo qui l'illustre est un "détournement" de propriété artistique !! C'est en effet elle qui en est l'auteur, et sous peine de poursuites, je tiens à lui en rendre le mérite !

lundi 28 septembre 2009

DIMANCHE A LA PLAGE

Petit coefficient, mais il y a toujours quelques crevettes qui frétillent quand la marée descend ! Assez pour un bel apéro iodé !

dimanche 27 septembre 2009

VELOS EN LIBERTE

Il en rêvait depuis longtemps, alors j'ai décidé de profiter de la conjonction fort engageante entre un temps estival, sa fête proche et la venue des enfants, pour offrir à Michel une découverte de l'instrument : pas le vélib, non, le vélo électrique. Ah j'en entends qui raillent déjà, c'est quoi cette invention du diable, un vélo c'est fait pédaler, électrifié c'est un truc de vieux ou de chinois... au choix ! Que nenni ! C'est carrément un truc génial, foi d'allergique au vélo ! Vous disposez d'un VRAI vélo, confortable, bien suspendu, avec plein de vitesses (y a en même sur des vélos de course !), qui pédale, enfin c'est vous qui pédalez, pour de vrai aussi... mais simplement quand vous fournissez une énergie de 1, il vous rend selon le choix que vous faites sur votre petit cadran 1.5, 2 voire 2.5 ! Du coup, quand ça monte un peu, vous pédalez toujours de la même façon, cool, sans effort particulier, et, miracle, ça monte quand même !

Nous avons donc loué 4 de ces engins magiques au Gua, chez le spécialiste régional du vélo électrique, et avons parcouru les marais jusqu'à Marennes. Pistes cyclables partout, terrain plat, tout était parfait pour les grands sportifs que nous sommes ! Le Moulin des Loges, la Cité de l'Huitre à Marennes, où en prime on déjeune sur une délicieuse terrasse face aux claires, quelques églises plus gothiques que romanes, la tour de Broue, jumelle à moitié détruite de celle de Pons et qui domine le marais à des lieues à la ronde... nous avons ainsi parcouru 45km, presque sans nous en apercevoir, ce qui pour nous est un exploit incroyable. Cela nous a agréablement changé de la marche à pied !!

Petite dédicace à Fabulo au passage, pour lui rappeler ses vacances !

samedi 26 septembre 2009

IMPRESSIONS D'AUTOMNE

Simplement glanées au détour d'une petite marche ...

... ou depuis ma terrasse, à des heures différentes ...


vendredi 25 septembre 2009

MELODIES D'AUTOMNE

Dernier concert de la saison des jeudis romans... en fait une déconvenue : rendus difficiles sans doute par l'ambiance chaleureuse, brillante, mélomane et pourtant bon enfant du Festival "Les vacances de Monsieur Haydn", nous avons été un peu déçus par cette soirée convenue et sans relief. Le sujet était, certes, difficile : les sonates et partitas de Bach pour violon solo constituent une musique assez ardue, qui demande au moins de références ou une certaine habitude de la musique classique, pour être appréciée. Sinon, l'ennui guette vite l'auditeur moyen. Or le public était tout sauf mélomane, ceci dit sans la moindre pédanterie de ma part. C'était un ensemble de gens de bonne composition, prêts à venir écouter "un concert" mais certainement pas cette musique trop savante. Il a été très sage, le public, mais il rêvait de se précipiter au cocktail de clôture du festival qui suivait la manifestation, et on ne peut guère lui en vouloir. Tout le monde n'est pas censé apprécier d'écouter, sur des bancs plus qu'inconfortables, une heure trente de notes égrenées sur 4 cordes et écrites il y a presque 3 siècles.

Etait-ce le public, qui a pourtant mis beaucoup de bonne volonté, le lieu, perdu au fond de nulle part (le petit bourg d'Epargnes, Charente-Martime a dû lui sembler marquer la fin de ses ambitions internationales !), la soi-disant humidité de la soirée, ou quelque autre raison personnelle, mais l'interprète pourtant consacrée, Helène Schmitt, était d'une humeur de dogue. Et cela se voyait tant dans ses sourires forcés, qui montraient trop qu'elle se sentait indigne du lieu et de nous, que dans son jeu, haché, sec et sans âme. Ce qui, du coup, rendait la lisibilité de l'œuvre de Bach encore plus pénible.

Je crois que c'était une erreur de programmation d'avoir mis ce concert en fin de festival, alors que les mélomanes, nécessaires en une telle occasion, ont depuis longtemps regagné les rives de la Seine et que le public local aurait été beaucoup plus comblé par quelque compositeur plus accessible, dans une formation moins ingrate qu'un violon seul. Du coup, tout le monde était mal à l'aise. J'espère que les spectateurs ont eu droit à une bonne récompense dans la salle des fêtes, car ils l'avaient, malgré leurs toux intempestives et applaudissements au milieu d'une phrase musicale, bien mérité ! Cela n'enlève rien au mérite des Jeudis des Eglises Romanes dont j'ai déjà dit grand bien, mais hier soir, c'était une erreur.



Pour preuve que jouer les sonates et partitas n'est pas flatter le public, j'ai trouvé dans You Tube cet extrait, interprété par Madame Schmitt qui a eu l'idée, pour les rendre plus accessible,s de s'adjoindre un danseur pour accompagner ses mélodies. Cela est d'autant plus justifié que les partitas sont construites autour de 4 rythmes de danses, et que cela n'a rien d'iconoclaste de le sprésenter ainsi. Mais notre Festival n'avait sans doute pas les moyens de s'offrir les deux artistes, qui ont composé un ensemble "Sei solo". Dommage pour le public local, qui aurait gagné à cette idée !

jeudi 24 septembre 2009

MARINE ET LES CLARISSES (fin)


Reçu ce matin au courrier... Vous apprécierez la délicatesse ! Alors, Idées Heureuses, tu peux transmettre ce message à tes tourtereaux !!

mercredi 23 septembre 2009

LOGISTIQUE

J'aime à raconter nos adresses, surtout quand elles sont bonnes, non pas tant pour mes lecteurs fidèles qui, éparpillés aux quatre coins de la France n'ont guère d'occasion d'aller à La Roche Posay ou à Saint Savin (encore que... qui sait peut-être Aloïs ??), mais par souci de "faire de la pub" aux établissements intéressants que j'ai eu l'occasion de découvrir. Quand un consommateur quelconque cherche des informations sur ces établissements, je souhaiterais qu'il "tombe" sur mes pages afin de lire l'avis d'un consommateur lambda, sans a priori et sans intérêt commercial dans l'affaire.

Un week-end à la Roche Posay, ce fut d'abord une chambre d'hôte, le Château de Valcreuse. Demeure début XXème, un peu décalée mais admirablement aménagée, le lieu est tenu par une hollandaise très sympathique, qui nous a accueillis avec beaucoup de professionnalisme, et a gentiment accepté de nous préparer un en-cas délicieux à notre retour de concert le vendredi soir vers minuit. Un bon feu de bois nous attendait dans la cheminée et le repas, simple mais délicieux, nous fut servi dans la fastueuse salle à manger.
La maison, vastes salons, salle de billard, bar avec vue sur la Creuse, était à notre disposition. Notre chambre donnait sur la vallée: vaste, confortable, avec un souci du détail partout.

Le parc enfin, agrémenté d'une piscine surplombant la Creuse, est plein de coins délicieux, pour lire, jouer aux boules ou simplement faire de la balançoire. Bref tout est parfait, sauf le prix, un peu élevé pour une chambre d'hôte. En fait, on est proche d'une station thermale et la propriétaire, belge comme je l'ai dit, travaille surtout avec une clientèle étrangère qui n'a pas les mêmes jauges financières que nous. L'idéal est donc ne pas y dîner car c'est surtout à ce niveau que le prix n'est pas justifié. Malgré le luxe de la présentation, nous avons des exigences en matière de gastronomie qui ne correspondent pas au prix fixé. Quant au prix de la chambre, il est justifié pour qui vient s'y reposer, profitant de tous les équipements de la piscine aux tables de bridge, mis à disposition des hôtes. Mais pour un simple hébergement de nuit, on peut se contenter de plus simple. Petite attention charmante, le pot de confiture de pommes offert par Caroline, la maîtresse de maison, au moment du départ.

A Saint Savin, une adresse "macaronnée" au Michelin mérite quant à elle largement le détour, avec un rapport qualité prix vraiment superbe. Il s'agit du restaurant Cadieu. Dieu sait que nous avons été enthousiasmés par Coutenceau il y a une quinzaine de jours, mais là, pour un prix environ de moitié, nous avons mangé aussi somptueusement, avec en prime des attentions, des détails d'accueil fort agréables. Témoin, cette petite banquette prévue près de la table et qui permet de déposer son sac à main, sans le fourrer d'un coup de pied rageur sous sa chaise pour éviter de gêner le service. Ou à la fin du repas, la serviette chaude à la japonaise pour s'essuyer les mains. Deux assiettes de dégustations, genre mise en bouche, ponctuent le repas : une en entrée et l'autre avant le dessert, joliment intitulé "souvenir d'enfance sucré du chef". Elles sont copieuses, goûteuses et admirablement présentées.
Quant au menu, il est délicieux, présenté avec brio et les saveurs s'offrent à nous avec beaucoup d'intelligence. Le chef use avec sobriété de la cuisine moléculaire, pour des mousses savoureuses qui ornent et agrémentent, mais il n'en fait pas une religion. Juste ce qu'il faut pour alléger le propos. Le sommelier nous fait découvrir et apprécier un vin blanc de Bourgogne, abordable, jeune mais intéressant, au goût proche d'un Chassagne mais à portée de notre bourse. Le plateau de fromage est sobre, mais équilibré, parfaitement affiné et servi avec générosité. Et, au moment où nous réglons l'addition, on nous offre deux délicieuses brioches mousseline, qui seront les bienvenues le soir même pour absorber les vapeurs du Layon à l'entracte ! Cadieu à Saint Savin est vraiment une adresse à découvrir, sans risque excessif pour la bourse et avec la certitude d'une symphonie de souvenirs pleins de saveur.

Un clin d'oeil amusé pour Chic (moi aussi je pense à toi !) : la vallée de la Creuse embrumée, dimanche matin, depuis notre fenêtre !

mardi 22 septembre 2009

ECOLE BUISSONNIERE

C'était aussi le week-end du Patrimoine... et La Roche-Posay se trouvant à une trentaine de kilomètres de Saint Savin, la superbe abbaye romane couverte de fresques célébressimes, nous avons "séché" quelques concerts pour aller visiter ce haut lieu de l'Art Roman.

La balade passait par Angles sur l'Anglin, petite bourgade aux ruelles en pente, surmontée des ruines d'un château épiscopal impressionnant. La ville est, nous dit-on, la capitale du "jour", vous savez ces broderies qui vous font des échelles sur les draps et les nappes. Nous n'aurons pas l'occasion de nous assurer de la véracité des assertions de mon guide bleu, vieux comme le monde, car tout est fermé et les seuls "jours" que nous avons admirés sont ceux des robes de mariées nombreuses en ce samedi à venir se faire photographier sur le site !

A Saint Savin, nous passerons finalement presque toute la journée, tant le lieu est beau. Une visite guidée nous permet d'admirer les fresques romanes dans les moindres détails, sur le thème de la gestuelle. Geste marqué, geste parlant, les épisodes de la Bible deviennent autant de signes pour le chrétien qui y trouve un enseignement, un soutien pour son chemin spirituel. C'est émouvant de lire ces images qui, plus de 8 siècles plus tard, et même si le temps les a bien détériorées, gardent toute leur force et leur lisibilité.

C'est émouvant aussi de suivre le pinceau des artistes, encore vif, à travers les circonvolutions d'un visage ou d'un décor. Le trait des fresques, par son immédiateté, par sa spontanéité, rend presque présent celui qui les traçât, il y plus de 800 ans.
Et puis, les artistes se suivent en ces lieux de foi et nous avons eu la chance de visiter une exposition consacrée à Danielle Grimaldi, une artiste actuelle dont les œuvres devraient réconcilier les plus allergiques d'entre vous avec l'art contemporain. Son propos s'organisait autour de deux thèmes : la Trinité et les anges.

Pour la Trinité, trois œuvres somptueuses, d'une force et d'une qualité étonnantes : la Trinité contemplée qui dans les tons de bleus traduisait les dons que chacun reçoit de la puissance créatrice : vertus organisées autour des axes du carré : la force dans l'axe vertical, l'espérance jaillissant sous forme de rameaux de la diagonale droite, et l'amour et la charité portées par la poussée de la diagonale gauche. Le rythme circulaire animé d'accolades manifeste la réalité de l'amour divin et le carré central, doré, recentre de lui-même la contemplation.

Sur une dominante rouge (le peintre a une formation musicale qui illumine ses œuvres d'évidences) c'était la Trinité manifestée. Cette dominante exprime la dynamique de la manifestation trinitaire dans notre monde terrestre. Contrepointé de bleus et de blancs, et complété par des orangés et des verts, le rouge forme l'accord principal de cette manifestation. Le mouvement autour du cercle central est répété comme une onde jusqu'à l'infini. C'est une onde d'amour qui jaillit et se propage.
Ces deux peintures mesurent environ 2 mètres par 2.

La troisième œuvre, encore plus grande, retable des temps modernes en musique et en mouvement, permettait sur 8 minutes de suivre les trois parties d'une ode à la Trinité. Dans ce ratable la structure est l'expression du Père, l'incarnation des formes est manifestation du Fils et la relation entre les éléments est action de l'Esprit.

Le premier panneau est traité en bas relief et fait vibrer la matière sous les ors qui se conjuguent avec le bleu, le rouge et le jaune. La césure verticale invite à aller au-delà de ce premier aspect et la musique, cymables et percussions, annonce sur un thème interrogateur un événement à venir.

Le premier panneau s'ouvre sur un coup de tonnerre : de la contemplation de l'extérieur on passe à celle de l'intéreur. Le cercle central reste à demi fermé, comme un bouclier qui protège encore les mystères de l'incréé. Puis les ors font place à un espace intérieur dans les tonalités de bruns, c'est une descente en soi, à l'écoute de la réalité invisible. La musique devient douce, ponctué de cloches et de gongs, et le silence intérieur se fait.

Puis par déplacements successifs, le fruit s'ouvre et la lumière peut à peu révèle le troisième retable. Les trompettes accompagnent cette ouverture jusqu'à la révélation, tout en douceur du mystère trinitaire, éclaboussant de lumière et d'espérance. Des fuseaux de rouges et de jaunes surchauffés jaillissent en éventail comme des proclamations glorieuses.

Cette œuvre vivante, vibrante, très spirituelle, produit sur le spectateur un effet de bien-être et d'émerveillement très propres à inviter à la contemplation. Danielle Grimaldi a mis 8 ans pour la réaliser, 4 ans de gestation et 4 ans de mise en oeuvre, durée dont témoignent les multiples notes qu'elle a établies. Comme dans une partition, couleurs, sons, vibrations, variations sur le chiffre trois.. tout est noté, étudié, calculé, justifié dans les multiples documents qu'elle a rédigés pour arriver à ses fins. Un parcours qui est loin de l'improvisation parfois désappointante de certaines oeuvres contemporaines qui prétendent laisser au hasard faire le mûrissement de la démarche artistique.

L'abbaye présentait par ailleurs une suite d'oeuvres consacrées aux anges : de superbes collages de tissus et de gazes très fines, rehaussés de traits de peinture et d'or égrenaient une suite d'anges aux noms aussi doux que leurs ailes : ange matutinal, ange de gloire, ange de lumière, ange de nuit, bref tout une galerie bruissante, abstraite mais pourtant très évocatrice.

lundi 21 septembre 2009

VACANCES

"Les vacances de Monsieur Haydn"... Découvert un peu par hasard sur le web, ce festival de musique de chambre en est à sa 5ème édition.

Son créateur et animateur est un violoncelliste, Jérôme Pernoo, qui parvient à maintenir dans cette manifestation un savant cocktail de professionnalisme et de talents, de joyeux happening et d'humour décalé. Il règne durant ces trois journées musicales une ambiance à la fois studieuse et décontractée. Cela se déroule dans la petite ville thermale de La Roche Posay, dans la Vienne. Les lieux de concert sont éparpillés un peu partout, école, gymnase, église, cinéma, donjon, casino... Certains sont inconfortables, on ne peut décidément rien contre les bancs d'église, mais tous sont équipés avec soin pour permettre la meilleure acoustique possible. Cela n'a l'air de rien, mais c'est une marque incontestable de respect du public. Lequel public, bon enfant et de bonne éducation, marque son enthousiasme avec une chaleur jamais prise en défaut. En fait, le festival est aussi l'occasion d'une sorte de "camp de rentrée" des jeunes musiciens des conservatoires...

Partout dans la ville, en parfaite harmonie avec les concerts "officiels", ceux pour lesquels on achète des places et ceux pour lesquels on met avant d'entrer son obole dans une petite caisse marquée "comme vous voulez !", se déroulent de petites prestations d'une demie heure environ, qui permettent à ces jeunes de faire leurs premières armes en public. Certains sont carrément doués et on y fait de belles découvertes. Comme disait un festivalier avec lequel nous avons un peu lié amitié, "même si certaines prestations sont plus faibles, cela a au moins le mérite de rappeler que, jouer un instrument, en concert qui plus est, demande travail, effort, et talent... et combien finalement c'est difficile et rare". Par ailleurs, la présence de tous ces jeunes a l'immense mérite de rajeunir nettement la moyenne d'âge du public et leurs ovations sont à la mesure de leur enthousiasme : joyeuses et tout sauf convenues !
Plutôt qu'un long et fastidieux énoncé des concerts entendus, et Dieu sait s'il y en avait, je vais me contenter de quelques anecdotes décrivant au plus près les émotions ressenties.
  • Année des anniversaires : Mendelssohn partageait avec Haydn le gâteau : pour l'un c'était le bicentenaire de sa naissance, l'autre, celui de sa mort. La programmation se répartissait donc équitablement entre eux, et on jonglait entre instruments baroques et instruments modernes. Pianoforte et Steinway se partageaient aussi la scène.
  • Deux "grands", visiblement joyeux de côtoyer cette belle jeunesse, attentifs et vigilants, accompagnaient les jeunes : sans autre prétention que d'être à leur diapason, Alain Planès assurait beaucoup d'accompagnements au piano et Gérard Caussé participait avec entrain à de nombreuses formations du trio à l'octuor. Quelle modestie de la part de ces talents consacrés que de jouer ainsi le jeu de l'enthousiasme, de la fougue et de suivre sans jamais se mettre en avant !
  • Salles multiples dont, ville thermale oblige, le casino : pendant le concert on entend parfois, en accompagnement incongru et aléatoire, les pièces qui tombent en avalanche dans les jack pots de la grande salle d'à côté !
  • Toujours au Casino, la culture classique n'a pas encore posé ses marques : une brave dame, armée de deux seaux à champagne fait soudain irruption dans une salle où 200 personnes silencieux, dans le noir, écoutent religieusement un duo piano-violon. Elle claque bruyamment la porte, n'a pas un instant d'hésitation, toute à sa préoccupation. Elle traverse toute la salle, seulement ralentie par le noir et se dirige vers un bar, où elle commence à farfouiller bruyamment dans ses ustensiles. Stupeur, têtes tournées, un organisateur va lui demander en chuchotant de remettre son travail à plus tard. Dépitée, elle lui répond à autre voix qu'elle n'en a cure, et devant l'insistance d'un autre venu à la rescousse, finit par jeter ses sceaux dans l'évier et repart en tapant du talon. La porte vole une deuxième fois, et cogne sans égard pour le public ahuri !
  • Nous avons retrouvé, en "vedette" l'excellent quatuor Modigliani que nous avions entendu à Mornac, et avons pu apprécier encore une fois la rareté de leur sonorité, portée par le fameux ensemble d'instruments taillés dans le même arbre par Vuillaume, les Evangélistes
  • Le plus jeune des musiciens (enfin je pense) était Raphaël Sévère, 15 ans à peine, clarinettiste talentueux qui s'est offert le luxe de jouer en trio avec Gérard Caussé et Jérôme Ducros, un peu tendu peut-être mais sans faillir ! Quel exploit !!! C'est celui qui est plus frang que les autres, avec sa chemise blanche et son immense sourire !
  • La bonne humeur était de mise et les spectateurs disposaient à chaque concert, pour tester leur neurones, d'un exercice dont je n'ai pu vérifier la justification "historique" : chaque programme nous offrait en marge deux ou trois contrepèteries des plus classiques. Que je mettais quant à moi, au moins un quart d'heure à comprendre ! Même Michel a réussi à en trouver une, c'est vous dire !
  • Toujours dans le domaine du contrepet, une spectatrice expliquait à son voisin que, quand elle était gamine, existait près de chez elle une librairie fort BCBG dont l'enseigne "Au Verger des Muses" excitait les imaginations des collégiens venus y faire l'achat d'un manuel de grammaire ou d'un Gaffiot. Devant l'incrédulité de son interlocuteur sur l'innocence de ce nom, elle affirmait que la tête de la libraire qui vendait, en outre des missels, ne laissait aucun doute sur sa parfaite naïveté. Son successeur décida, on le comprend, de rebaptiser la librairie "le Verger des rêves".
  • La Roche Posay n'est pas très loin des vignobles de Loire, et nos entractes étaient égayés par un bar offrant un excellent vin des coteaux du Layon ou un pétillant méthode traditionnelle tout à fait honorable.
  • Et soudain, Alain Planès, toujours très digne, a dégrafé le premier bouton de sa chemise noire : c'était pour interpréter l'allegro moderato du trio numéro 42 de Haydn... dès le morceau suivant le maître est redevenu digne et sa chemise est close !
  • Nous sommes à la salle des fêtes, juste après le concert du soir, des effluves de curry flottent au dessus des réchauds, on tire le vain des cubis et on fait la queue pour partager le repas de jeunes. Les musiciens sont nombreux et affamés. Soudain Planès et Caussé arrivent, et la seule prérogative qu'ils s'accordent en riant est de doubler tout le monde car ils ont grand faim après leur prestation. Même pas choqués de n'avoir point été invités au "resort" luxueux du coin ! Cela dit bien le côté bon enfant du festival.
  • Un moment de grâce : "les 7 dernières paroles du Christ" de Haydn, jouées par le quatuor Modigliani et lues par Robin Renucci... Cela dure une heure trente, il est près que 15 heures et le public sous le charme, assis sur des bancs d'un inconfort œcuménique, ne bouge ni pied ni patte... Un des moments les plus marquants du Festival
  • Toujours Haydn, le duo composé par Jérôme Pernoo et Sarah Nemtanu s'amuse : et nous, public, nous sommes portés par cette joie de jouer, tout est facile quand les musiciens sont heureux !
  • Dimanche 18 heures : c'est le concert des adieux. La dernière œuvre réunit 8 interprètes pour une sompteuse interprétation de l'octuor à cordes en mi majeur, opus 20 de Mendelssohn. Un univers sonore radieux et jubilatoire.
  • Et comme ce sont "les vacances", on termine par une pochade : méli mélo des tangos, valses musettes, les roses blanches, mêlée d'extraits classique, interprétée par nos 8 artistes qui ont chaussé pour l'occasion les lunettes de Papa Haydn, orange et énormes... Gérad Caussé n'y voit goutte et tord le nez pour tenter d'apercevoir ses notes !
  • Ma question du week-end est restée sans réponse : le directeur du conservatoire de Bordeaux était, dans ma jeunesse, un certain Jacques Pernoo... Le jeune Jérôme a-t-il un lien de parenté avec lui ? Sans doute, mais je n'ai pas plus résolu cette énigme que celle de la réalité historique du talent de Haydn pour les contrepèteries... Google a des limites !!

jeudi 17 septembre 2009

OMELETTE !!! POUR IDEES HEUREUSES...

Voilà, Idées Heureuses : j'ai, mardi dernier, envoyé une petite offrande aux clarisses du Monastère de Cimiez, afin qu'elles prient pour le jeune couple, et accessoirement pour que le temps après-demain soit au beau fixe, ou au moins assez ensoleillé pour vous assurer une superbe fête !!
Avec toute mon amitié... n'oublie pas d'aller (re)voir les trois superbes Louis Brea de l'église Notre Dame de l'Assomption lorsque tu seras en promenade vers là-bas... en ayant une pensée émue pour les "pauvres dames clarisses" qui auront anonymement participé à votre joie samedi en priant pour Marine et Cédric. Tous mes voeux de bonheur aux jeunes mariés !!!

PS pour ceux qui n'ont pas suivi les "affres" de la maman de Marine, dans "Idées Heureuses" : elle "marie" sa fille demain samedi, et s'inquiète, comme il se doit, du temps qu'il fera... ne sachant plus trop à quel saint se vouer ! Faisant appel à nos lumières sur son blog, je lui ai quant à moi, rappelé un souvenir d'enfance : dans le couvent des dominicaines qui ont assuré mon éducation, chaque année nous fêtions à grand renfort de jeux et de rires la Saint Thomas d'Aquin. Et, chaque année, mes bonnes soeurs, inquiètes du temps qu'il ferait, allaient "offrir des oeufs à Sainte Claire", c'est à dire qu'elles faisaient une offrande au monastère de clarisses proche, offrande sans doute d'autant mieux venue que les clarisses étaient (et sont toujours) fort pauvres. Alors j'ai trouvé le monastère de clarisses le plus proche de Nice et me suis dit que ces braves "pauvres dames" seraient ravies de me voir maintenir cette tradition ! C'est ma façon de participer à la fête niçoise !

mercredi 16 septembre 2009

A LA MANIERE DE...

Il fallait que je retrouve ces saveurs... L'autre jour, sortie de luxe pour fêter... rien du tout, comme il se doit afin que le luxe soit total : Michel m'avait invitée chez Richard Coutanceau, et l'entrée de notre menu m'avait particulièrement excité les papilles. Dimanche j'ai donc décidé de me lancer et de reconstituer, sur simple mémoire olfactive, ce plat aux saveurs contrastées et de caractère : les langoustines vivantes rôties sur un tartare d'huîtres spéciales aux aromates, rafraichi de sa glace à l'huile.
Pour la dernière partie du "titre", pas question de me lancer : je ne suis pas une cuisinière de haute volée et fabriquer un sorbet à l'huile d'olive, qui de surcroît n'apportait pas grand chose à l'affaire, ayant au demeurant assez peu de goût, ce n'était pas dans mes cordes. Ce qui m'intéressait c'était de retrouver la saveur de ce tartare d'huîtres.
Donc en piste : j'ai acheté pour deux personnes, 8 énormes langoustines, et une douzaine d'huîtres spéciales de Marennes, la seule grosseur que j'ai trouvée, du numéro 1, et cela faisait fort bien l'affaire ma foi. J'ai détaché les queues de mes crevettes, les ai partiellement décortiquées, poivrées (pas de sel car le tartare d'huîtres suffisait à saler l'ensemble), et mises de côté afin de les griller juste au dernier moment.
Mes 12 huîtres ouvertes (en fait il y en avait 14 et il fallait bien tout!), j'ai mis les chairs dans un bol, ai ajouté en abondance du cerfeuil, de la ciboulette cisaillée, une demie échalote grise très finement débitée, du poivre et toujours pas de sel... pendant une demie-heure, j'ai régulièrement égoutté ce mélange, en évitant de jeter les herbes, car cela rend beaucoup d'eau. Au moment de servir, et juste avant de faire griller les queues de langoustines, j'ai ajouté une belle rasade de vinaigre de Xérès (oui Koka, je reste fidèle à tes conseils), et un minuscule trait d'huile d'olive. Pendant que les langoustines prenaient teinte, j'ai sauvagement découpé les huîtres à grand coups de ciseaux, pour en faire un tartare (c'était plus commode qu'avec un couteau car les ciseaux n'écrasent pas les huîtres). Comme il faisait une chaleur terrible, j'ai présenté cela sur un lit de glace (mis dans une deuxième assiette placée sous la première !) afin de rafraichir le tartare et accentuer le contraste chaud-froid avec les queues de langoustines brûlantes. Bref, c'est à servir aussitôt, cela demande un peu de préparation et une mise en place de dernière minute, mais avec un excellent vin blanc, je vous assure que c'est un mets de choix ! Qui laisse en bouche un parfum iodé et épicé de toute première qualité. Michel, sans doute un peu trop indulgent, a jugé cependant que cette préparation était fort proche en goût de celle du "maître"... J'en accepte l'augure et pense que je ne suis pas très loin de la "vraie" recette !
Et le lendemain, avec les têtes et les papattes des langoustines, j'ai fait un excellent velouté : en leur ajoutant quelques rondelles de pommes de terres, une carotte, l'autre moitié de l'échalote grise, ainsi que quelques morceaux de saumon frais qui restaient d'un précédent repas. Le tout mixé et assaisonné comme de droit, en utilisant bien sûr le court-bouillon de cuisson des crustacés, était très présentable et savoureux ! Avec juste quelques brins d'aneth sur chaque bol, pour faire joli et pour le goût !

mardi 15 septembre 2009

HOMMAGE

La photo, une des plus belles qui soient quand il s'agit de s'adresser au coeur, parle d'elle-même... Cet hommage, rendu à un homme simple et talentueux qui vient de nous quitter à 99ans, s'adresse à Willy Ronis, auteur de ce moment surpris, d'un charme indicible et intemporel. Je l'ai entendu raconter qu'il était en train de bricoler, je crois même qu'il faisait du plâtre, quand, ayant besoin d'un objet, il descendit le chercher et passa devant la chambre où son épouse venait de s'éveiller de sa sieste. La lumière lui paru si belle et sa femme si émouvante qu'il saisit sans plus y penser l'appareil photo posé sur la cheminée, et appuya sur le déclencheur. Il en est résulté ce rayonnant chef d'oeuvre, plein de tendresse et de sérénité, moment magique piégé par l'objectif et fixé pour les siècles.
Ce vieux monsieur, d'une affabilité et d'une simplicité extraordinaire, a manié l'objectif jusqu'à plus de 90 ans et fut le témoin bienveillant des grands moments de notre histoire. Il laisse une oeuvre émouvante, pleine d'humanité, attachante et sans démagogie, naturelle et pourtant efficace. Il savait "appuyer" au bon moment, à une époque où on ne pouvait tricher avec l'instant saisi... C'est une image accessible de l'Histoire qu'il nous a laissée, proche et intelligible, comme il l'était lui-même. Qu'il me soit permis de le saluer une dernière fois en ces lignes.

lundi 14 septembre 2009

REGRETS

Allez savoir pourquoi, le thème m'attirait peu... sans doute parce que je n'ai guère un tempérament à me morfondre en regrets, préférant dans une situation donnée me donner les moyens, au risque d'escalader des montagnes, de réussir ce que j'ai entrepris... D'un naturel vaguement perfectionniste, quand je lache le morceau, c'est que j'ai tout tenté, tout expérimenté, tout défricher, pour arriver à mes fins. Donc de lamentation nostalgique, point. Il faut bien avouer que, l'âge venant, et l'expérience de certains échecs m'ayant appris la vie, je perds un peu de cette pugnacité, ou des motivations qui l'accompagnaient. Qui sait si je vais, au détour de ce chemin nouveau, apprendre l'art du soupir !
Pour autant, on n'a guère les moyens de faire la fine bouche, et quand un film potable se présente, il faut le prendre ! Et ce fut une très heureuse surprise. Certes le thème est celui d'une passion uniquement physique, comme dans Partir. Avec les invraisemblances et accommodements que l'on sait. Mais, autant le premier était creux, vain et tournait aux redites mal digérées, autant "les Regrets" est un film fin, filmé d'une caméra très souple, hyper évocatrice, et qui accompagne le propos et les aller retours de la passion avec une intelligence rare. Yvan Attal, sans la moindre inspiration dans "Partir", campe ici un personnage crédible et très sensible. Madame Soeur, moins talentueuse a priori que Kristin Scott Thomas, se sort remarquablement du challenge et même sa voix fluette lui est pardonnée, au profit d'une prestation bien dosée. Les images sont tout en vibrations contenues et en suggestions équilibrées. Seule la bande son gâche un peu l'ensemble par un côté convenu, qui détonne un peu sur un ensemble très équilibré. La passion, fruit de deux chairs qui s'attirent et s'affolent, prend toute sa dimension incontrôlable et le chemin de cette histoire d'amour qui cache une intense histoire de peaux est parfaitement balisé. On y retouve les affres de l'incertitude, la peur de ce qui vous arrive et les incohérences de la raison quand le corps mène la danse.

samedi 12 septembre 2009

POUR IDEES HEUREUSES

Puisque le "la" a été donné par Enitram dans Chemin Faisant, ou par Aloïs dans Autour du Puits, suivies rapidement par Béatrice De (qui a des soucis pour faire passer sa vidéo et moi je ne sais pas l'aider), je participe à la dédicace "fleurs blanches" pour Idées Heureuses et pour Marine... Quelques bouquets glanés lors de mariages en juin...

Et en attendant de découvrir la surprise de la robe de la mariée !

TRANSMISSION

Jeudi, voyage "sanitaire" à La Rochelle. Pour évacuer la tension dans la voiture, on converse, on bavasse, on papote... de tout... de rien... Tiens, la bouteille à l'encre, allez savoir pourquoi, l'orthographe. Le livre de François de Closet "Zero faute" sans doute... L'histoire hallucinante de mes étudiants de première année aussi. Tout frais émoulus du bac, et auxquels on présente le diplôme qu'ils vont préparer. Bien sûr, on insiste sur la nécessité qu'il y aura de travailler. Des matières exigeantes, mais 4 épreuves cette année, pas le bagne tout de même ! 4 démissions sur 25 personnes après une semaine de cours. Trop dur ! Les deuxièmes et troisièmes années viennent de recevoir leurs résultats aux UE passées en juin et c'est assez faibles. Ils avouent qu'ils n'ont (malgré les exhortations que nous leur prodiguions et leurs sourires d'anges) pas fait grand chose l'an passé et que le résultat est à la hauteur de leurs efforts. Alors "les petits", sortis d'un bac asséné à 80% d'entre eux, quelque soit le niveau, à grand renforts d'adaptation des barèmes pour atteindre, sur un paquet quelconque de copies, la moyenne au risque d'être vilipendé (il faut voir comment on traite les profs qui corrigent qui finissent, pour avoir la paix, par faire de l'autocensure), ces jeunes, qui ont eu pour tout brouet des épreuves dont le contenu peut sembler ambitieux mais dont l'évaluation est malheureusement biaisée, se rebellent contre l'idée de devoir "s'y mettre". Encore quelques années d'insouciance, s'il vous plait ! Ceux qui arrivent chez nous après quelques échecs en fac, eux, n'ont pas du tout la même attitude. Ils ont compris la nécessité de prendre le taureau par les cornes et de bosser pour réussir.
Pour autant, tous pataugent, parfois avec exaspération, car cela les handicape, dans les lacunes que le système précédent leur a taillées.
Voyez cet accord du participe passé, bouffonnerie qui vous attire l'œil... le sujet, celui qui taille, c'est le système, qu'est-ce qu'elle a cette nana à terminer son mot par "ées"... plus étrange tu meurs... du coup, ça attire l'attention, et du coup, au lieu de lire en linéaire, vite, on est tenu de faire un retour sur info, on va chercher le complément d'objet direct et, voilà, on comprend. Car la langue véhicule de l'information, elle est vecteur d'échange, de communication, et en la matière, nous savons combien l'erreur est toujours prête à jaillir ! Si l'esprit va trop vite, il glisse sur les sens et les idées se brouillent entre l'émetteur et le récepteur. On vous l'a tous faite la démonstration de l'émetteur et du récepteur ! Et du feed-back ! Cela prête à sourire, mais, comme disait maman qui avait un aphorisme pour chaque situation "ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement". Si vous saviez ce qu'un texte bourré de fautes d'orthographes, et contenant des connaissances que le correcteur est censé évaluer, est difficile à comprendre. Vous en avez sans doute fait l'expérience, mais à petit dose. A haute dose, cela demande une première lecture de "déchiffrage", et, quand cela est possible, de correction. Puis une deuxième lecture permet de lire en comprenant ce que le candidat a voulu dire et de juger le contenu. Quand il est interdit, pour cause de double correction, de porter quelque annotation que ce soit sur la copie, cette deuxième lecture butte sur les mêmes entraves que la première et vous tournez en rond sur des mots bizarres, cherchant le sujet, tentant de déceler le complément pour voir si votre impétrant a compris les tenants et les aboutissants de ce qu'il vous mouline, dans une expression qui n'est pas forcément de première élégance. Je ne vous parle pas de littérature, mais bien de matières techniques : du droit, de l'économie, de la gestion. Le jeune que je juge va devenir conseiller, auditeur, il faudra qu'il soit clair pour expliquer tout cela à ses futurs clients, plus commerçants que gestionnaires, plus artisans qu'analystes financiers. Et ayant parfois une bonne orthographe, donc inquiets devant les fautes récurrentes de leur comptable ! Et si ses compétences comptables, qu'ils ne peuvent juger, étaient aussi faibles que ses capacités orthographiques ??
Car voilà, on a décidé, alors que l'invention de l'orthographe venait depuis peu de rendre la communication plus claire entre les hommes, qu'il s'agissait là de la science des ânes. Moi qui ai travaillé pendant deux ou trois ans sur des écrits notariaux du XVIIIème, je puis vous assurer que leur compréhension, avec une orthographe fluctuante et sans règle, était difficile et me faisait perdre un temps infini. Il m'a semblé alors que les exigences, parfois incompréhensibles, de notre langue moderne, étaient bienvenues. Au moins, on a des repères. De même on admet bien, qu'afin d'être lisible un texte doive obéir à certaines règles de mise en page qui facilitent le confort visuel du lecteur, on peut supporter l'idée qu'une orthographe stable soit un progrès.
Pourtant, depuis les années 70, dans le grand courant de démagogie qui a, au détriment des jeunes, démangé les pédagogues de tous poils, on veut à tout crin réformer, simplifier, élaguer, écheniller l'orthographe. Et de Closets de nous brandir sa propre réussite, alors que nul en orthographe on lui prédisait un échec lamentable. Et, sa soi-disant terreur des accents circonflexes, plus incompréhensible, selon lui, que la mathématique quantique. Mais ce que monsieur de Closets ne réalise pas, c'est que sa copie la plus nulle en dictée serait encore meilleure que les écrits de mes étudiants à l'orthographe jugée aujourd'hui impeccable. Car une copie qui ne compte qu'une dizaine de faute est, aujourd'hui, une rareté appréciable. Ce que monsieur de Closets ne comprend pas c'est que personne ne raille plus les nuls en orthographe. Tout le monde, du patron au personnel d'entretien, fait des quantités de fautes. Et cette nouvelle norme relègue les gens que cela gêne au rang de vieilles badernes. Je crains que le sujet de mon article ne soit un combat d'arrière-garde, et que, malheureusement, l'avancée que représentait, en termes d'amélioration de la communication, une orthographe standardisée, ne soit en train de perdre du terrain.
Cela ne m'empêche pas de le regretter, de penser qu'il ne s'agit là que d'un léger effort comparé à la compréhension de la mécanique quantique. Et que ceux qui sont susceptibles de réussir brillamment, et il y en a encore parmi nos jeunes, se doivent de respecter cet outil qui a gardé, quoiqu'en disent monsieur de Closets et les ex-cancres qui veulent prendre une revanche, toute son utilité. Quitte à avoir des ânes, autant qu'ils soient savants, et leur science d'âne ne leur sera, c'est certain, d'aucune entrave pour l'acquisition d'autres sciences. Qu'on cesse de nous traiter de "croûtons" au motif qu'on préfère un texte facile à déchiffrer et dont la bonne orthographe grammaticale prouve que son auteur avait des idées claires. D'autant que les correcteurs orthographiques sont là pour aider les récalcitrants aux problèmes lexicaux, de doublement de consonnes, de ph et d'accents circonflexes (merci merci !! il m'en a corrigé plusieurs... et il en reste sans doute, vous ne m'en voudrez pas, car, malgré la teneur de mon article, je ne suis pas irréprochable, mais je fais mon possible pour ne pas trop laisser de fautes).

Par un de ces hasards qui, parfois, incitent à traiter un sujet car ils apparaissent comme un signe, en suivant les remparts de La Rochelle alors que nous allions fêter les résultats médicaux encourageants en allant déjeuner chez Coutanceau (oui, oui, le luxe ! depuis le temps qu'on fantasmait dessus), nous avons "croisé" cette sculpture moderne. Son auteur est un certain Bruce Krebs, et son titre "de génération en génération"...

En s'approchant, on comprend l'intention de l'auteur : la transmission se fait par le savoir, représenté ici par un livre incrusté dans la tête de la génération suivante, et cette transmission se fait dans la joie. Pourtant, dans la longue file des générations, on aperçoit, par endroit, des failles, des tempêtes...
Regardons de plus près : parfois la transmission s'interrompt, l'obscurantisme et l'ignorance éclatent, les individus sont morcelés, le vide et la destruction s'installent... puis, tout doucement, sans le dire trop fort, sans le voir même, le lire réapparait, se rouvre et la joyeuse litanie des générations heureuses reprend. Si vous voulez en être convaincu, plutôt que de Closets, lisez "La rivière et son secret" de Zhu Xiao Mei ! Je vous assure que c'est un livre poignant, on est au bord des larmes devant certains gâchis.

Et pour terminer sur une note plus gaie, j'ai particulièrement aimé, chez Richard Coutanceau, les queues de langoustines grillées, savoureuses comme seuls le sont crustacés saisis vivants, et présentées sur un tartare d'huîtres aux herbes... Retour à la fonction ancienne de l'huître, utilisée comme condiment, fonction oubliée et qui pourtant lui convient particulièrement bien.
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