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lundi 30 novembre 2009

SOUFFLE D'ENFANCE


J'avais une envie folle d'en retrouver le goût... le soufflé aux foies de volailles que maman faisait quand j'étais petite et dont elle régalait nos dimanches, cuisine économique et pourtant succulente.
J'en avais concocté un ou deux à Alter au début de notre mariage, et oublié depuis ce plat très "cuisine bourgeoise". Il en gardait la saveur en mémoire, mais m'a trouvée un peu kamikaze quand je lui annoncé que je ferai cela samedi soir, alors que nous recevions Marc et Fanfan pour regarder avec eux la France se faire mettre la pâtée par les Néo Zélandais... Bon j'anticipe... mais que voulez-vous, quand vous recevez des amis pour voir un match de rugby à 20h30, il faut prévoir un dîner à épisodes, qui, croyez-moi, n'a rien d'un "dîner en ville". Il y avait donc un apéro, assez copieux pour faire face dignement à la première mi-temps, et l'entrée. Puis 40 minutes que nous espérions triomphales, mais qui furent difficiles. L'avantage au rugby, c'est que quand l'adversaire est bon, et là il était superbe, on l'admire et on applaudit, même si on est un peu désolé de perdre.
A la mi-temps, juste une petite salade de pamplemousse chinois, très légère et très vite avalée, pour repartir en forme. Pourtant mes convives, déjà accablés par le score, m'ont dissuadée de monter mes blancs en neige et d'enfourner le soufflé. Ils n'avaient plus faim, et l'appareil du soufflé est resté au frigo, les oeufs dans leur coquille, et le moule chemisé à l'avance a attendu des temps meilleurs !
Nous avons tristement mangé le fromage et le dessert après la deuxième mi-temps, en commentant les exploits des blacks et en reconnaissant que, quoi qu'on ait pu en penser dernièrement, les français ne sont pas encore à la hauteur de ces adversaires d'élite.


Donc, nous avons fait le soufflé dimanche soir, et l'avons accompagné des restes fort honorables des bouteilles ouvertes pour accueillir nos amis. Le problème du retour en voiture étant ce qu'il est, 0,5g c'est vraiment vite atteint, en province les dîners entre amis sont toujours assez sobres, et les bouteilles restent à moitié pleines, sans qu'on ose trop insister. D'autant que nous avions eu soin de sabler le champagne avant le match, sachant qu'après le coeur n'y serait plus.
Alors ce soufflé de foies de volailles ? L'appareil se compose d'une béchamel, de foies de volailles revenus avec ail et persil et découpés assez finement avant d'être incorporés à la sauce.
Le reste est classique : jaune dans l'appareil, blancs battus en neige ferme (c'est Alter qui fait la petite main !!), le tout dans le moule... Et hop au four.
Mais ce qui fait toute le plaisir de ce soufflé, c'est qu'il est bon de l'accompagner d'une sauce aux tomates fraiches (vous remarquerez qu'elle est un peu pâle, on avait promis, oui, oui, de ne plus manger de tomates en hiver, mais comment faire autrement ?? j'ai mis un peu de concentré de tomates pour rehausser le goût de ces légumes venus de Hollande et qui n'ont plus vraiment de caractère!), bien relevée, ail et poivre font l'affaire. C'est le mélange du goût un peu acidulé de la tomate et de la saveur douce des foies de volaille qui fait le charme de la préparation. Et le pire, c'est qu'hier j'avais tout prévu pour faire le plat à la mi-temps, mais carrément oublié la sauce. Donc mon soufflé aurait été un peu fade ! Comme le fut notre défaite rugbystique !

dimanche 29 novembre 2009

HARMONIE

Si vous avez envie de rire beaucoup et d'écraser furtivement quelques larmes, si vous ne boudez pas votre plaisir devant une histoire romantique en diable, invraisemblable et truffée de moments drôles et émouvants, en un mot si vous acceptez d'aller voir un film volontiers étiqueté "populaire" sans avoir l'impression de déchoir, n'hésitez pas : précipitez-vous sur le Concert dès qu'il passe près de chez vous.
Certains esprits chagrins, les critiques de journaux "sérieux", genre Le Point, Le Monde, Télérama, Première, les Inrockuptibles, assassinent le film, le jugeant mièvre, lui reprochent un humour qui tombe à plat, la caricature grotesque et parlent de brouet indigeste.
Moi je l'ai trouvé formidable, j'ai adoré ce déferlement d'humour slave un peu décalé, très agité mais pourtant très humain, ces gags tellement rapides qu'on a juste le temps de les saisir entre deux scènes, le rythme endiablé qui parfois emporte le film. J'ai aimé aussi la parabole de l'imposture positive, qui permet au héros du film de survivre, de se remettre debout, de retrouver sa foi et sa dignité d'homme. J'ai été émue devant tous ces personnages qu'un régime a brisés et humiliés, et qui trouvent à un moment en eux le désir de faire renaitre la flamme de leur humanité profonde.

Aller voir "Le Concert", c'est accepter une règle du jeu, des outrances, des invraisemblances, un côté excessif qui ne vise pas à la caricature mais à la catharsis... les oligarques russes sont abominablement mafieux, les communistes sont pathétiques, les administrateurs du Châtelet sont cupides, les critiques sont des bouffons... Mihaileanu ne fait pas dans la dentelle, mais c'est donné avec une telle sincérité, et à un rythme tellement foisonnant, qu'on a envie de suivre, de s'engager dans la ronde et de rire, de pleurer, d'écouter...
J'ai complètement craqué pour le délicieux accent russe des acteurs slaves parlant un français scolaire pelin de tournures désuètes. Mélanie Laurent est magnifique et pose sur le film un regard lumineux qui nous ensoleille. Quant à Alxeï Guskov, il est juste et irrésistiblement émouvant.
Comme dans Mademoiselle Chambon, Mélanie Laurent a pris des cours de maniement de violon durant 3 mois, et elle atteint une crédibilité parfaite dans la grande scène finale, crédibilité d'autant plus méritoire qu'elle est gauchère et qu'elle a dû force sa main droite à des exercices d'une difficulté particulière pour elle.
En un mot, si vous êtes maniaque de l'épure, de la suggestion évanescente et de la légèreté, vous serez déçus. Si vous détestez Tchaïkovsky aussi d'ailleurs, car la fin du film nous offre une vraie demie-heure de bonheur slave, tourbillonnant et à vous arracher les tripes !
J'ai eu un mal fou à écrire cette critique, car j'ai lu celle d'Autour du Puits, et suis tellement d'accord avec elle que j'ai failli vous en faire tout simplement un "copié-collé" ... Mais ce n'est pas très éthique n'est-ce pas, et il m'a fallu l'oublier un peu avant de me lancer pour trouver mes propres mots, qui, au final, disent la même chose qu'elle !!

vendredi 27 novembre 2009

GANT DE VELOURS


A l'origine, c'était une petite photo dédiée à Colibri, qui nous est revenue, avec plein de recettes, d'anecdotes et toujours son inépuisable verve... J'ai forcément éclaté de rire (ce qui est très mal) quand j'ai vu qu'elle se trucidait les doigts en cuisine ... Faut dire que je pensais être en la matière championne toutes catégories : toujours pressée et rarement prudente, maniant le couteau comme un instrument à pourfendre et n'aimant guère que quelque chose me résiste, je m'entaille, me coupe, m'ébrèche régulièrement. Tant et si bien que quand j'ai vu ce gant cote de maille, digne des chevaliers médiévaux les plus valeureux, je l'ai acheté darre darre !
Avouez qu'il pourrait à la limite avoir un petit charme sexy, pour amateurs de sensations inhabituelles. Mais je vous assure qu'il est vraiment confortable, même pour moi qui refuse de porter quelques "gants de vaisselle" que ce soit (l'expression est de Linda Lemay)... Cette sensation cote de maille est tout à fait exotique !
Je le recommande vivement à Colibri et à toutes les cuisinières maladroites, de celles qui tranchent leur pouce en même temps que le pain, ou s'enfoncent des fourchettes dans la paume en battant les oeufs !! Il est souple et ne rouille pas car il est en inox, trouve sa place idéale suspendu près de votre batterie de couteaux, et s'enfile aussi bien à droite qu'à gauche, selon le projet dangereux que vous avez en tête. Il n'a qu'un petit défaut, il n'est pas donné, donné... mais il peut aussi être un précieux secours pour ouvrir les huîtres, même si les puristes lui préfèrent le simple torchon, voire pas de torchon du tout car ils sont habiles et prudents, eux au moins ! (et oui, Alter est devenu puriste en matière d'ouverture d'huîtres... à mon grand dam car je tremble qu'il se transperce les mains à chaque fois et préfère fuir les lieux, ce qui l'oblige à ouvrir les huîtres seul)
Et cet article a trouvé avec la suggestion d'Oxygène, une deuxième justification. O2, après avoir constaté avec bonheur qu'elle n'était pas la seule à dormir en chaussettes, nous demande de dévoiler nos petons sexys, chaudement emmitouflés pour la nuit et équipés pour contrer le froid. Moi, quand il y a un jeu, je tiens à participer...
Mais là, pas possible, non contente de dormir pieds nus, j'ai toujours refusé avec la dernière énergie d'arborer quelques pantoufles, chaussettes ou mules que ce soit. Oui, les filles, je dois bien l'avouer je n'ai mis qu'une fois les mules brodées que vous aviez choisies pour moi, tentant de me persuader que je ne déchoirai pas en allant ainsi chaussée. Désolée, je suis bornée, entêtée et je préfère avoir les pieds gelés que d'aller en chaussons. Quant à porter des chaussettes au lit, je crois que j'étoufferai... je sais, je sais, c'est du n'importe quoi, ce sont des préjugés et cela démontre bien les limites de mes capacités mentales.
Tu vois Mamiecolo, il y en a "des" comme tu les décris "Ici au Québec, nous avons des préjugés... En France, les femmes vont pieds nus, le soir, la nuit, au marché tellement nous imaginons peut-être à tort qu'il fait si beau que vous ne connaissez pas le frisson ni les planchers froids, ni les vents du Nord ou de l'Ouest s'infiltrant dans nos maisons ou appartements"
Il fut un temps où, faute d'une isolation convenable, la température du sol de la maison, posé sur un sous-sol ouvert à tous les ventes, oscillait entre -2 et +3... J'avais fini par attraper des engelures, vrai de vrai, et sacrifié au rite de la chaussette ! Un spécimen "à clous" de surcroit... mais impossible de mettre la main dessus.
Alors, faute de pieds, j'offre mes mains à la ronde... d'accord Oxy, ça fait un peu désordre dans un mille-pattes, mais bon, l'important c'est de participer pas vrai ?

jeudi 26 novembre 2009

ET SI NOUS LISIONS ???



C'était le 26 octobre et j'avais proposé, sans grand succès d'ailleurs, une petite séance de striptease sur le thème "montre-moi ta cuisine" ... Avez-vous trouvé le thème trop révélateur ? Tout était permis, même et surtout l'humour si on trouvait cela "indécent" mais le sujet n'a inspiré que :
Oxygène (pour une description détaillée en lieu et place de photo, et elle avait raison, cela fait marcher l'imagination... à lire dans les commentaires de l'article ci-dessus)
Chic, toujours en commentaires, qui avec son humour habituel, nous avait fait remarquer qu'on était tous cuits pour la psychanalyse !!
Le thème reste, bien entendu, ouvert, pour les jours où vous êtes en panne d'inspiration ou en veine de révélations !

Je récidive aujourd'hui avec un sujet, à mon sens, bien plus indécent, car très révélateur : "Montre-moi ta table de chevet... et je te dirai qui tu es"... Autant pour la cuisine, nous avions toutes envie qu'elle soit au moins présentable, à défaut d'être apprêtée, autant ici la règle est de ne pas tricher !!
Il faut, certes, enlever tout élément trop révélateur ou indécent genre médicament... encore que j'ai, en ce qui me concerne, laissé le Voltarène dont je m'enduis les pouces chaque soir... car c'est un clin d'oeil : je me suis en effet, "tué" les pouces il y a deux ans environ, à la suite du démanagement de ma (je devrais dire de mes) bibliothèque. Porter les cartons de livres, cela esquinte le dos. Mais saisir les livres entre le pouce et l'index, pour les installer, sur deux rangées comme le dit Odile dans son dernier billet (voir le commentaire), dans de multiples rayonnages trop hauts, trop larges, et où on leur fait danser la gigue dans un souci bien légitime de classement, c'est mortel pour les cartilages. Pourtant, quitte à réinstaller ses livres, il faut profiter de l'aubaine pour les ranger de façon logique, voire rationnelle, et c'est un travail mortel pour des pouces de quinqua ordinaire !
Voilà, comme à l'ordinaire, je m'égare. J'en suis donc aux règles du jeu : c'est ma table de chevet telle qu'elle se présente aujourd'hui, sans mis en scène, sans remaniement abusif, dans son plus pur désordre et dans son naturel révélateur, que je vous propose de présenter. Ne mettez pas votre encyclopédie de philosophie pour faire intello, et n'enlevez pas la revue féminine qui se cache sous les catalogues de cadeaux ! Tout cela est normal pas vrai.
Moi, j'ai de la chance, aujourd'hui les dépliants de cadeaux sont partis à la poubelle jaune (recyclage des papiers), le seul catalogue qui reste est celui de chez Topdeq, et comme il est là depuis un bon mois, il est assez enfoui !!
En terme de revue, juste les dernières "Fiches du Cinéma", reçues hier, et qui me font rêver à tous les films qui n'atteindront jamais Saint Georges de Didonne où, je serais ingrate de me plaindre, passent tout de même assez de films pour me permettre de ne pas avoir l'air trop idiote en matière de cinéma, mais pas les sorties à 20 copies. Quand je pense que certains en voient tellement qu'il est hors de question qu'ils trouvent le temps de les "critiquer"... Veinard !!!(c'est dans les commentaires de l'article !)

Pour le reste, les derniers livres empruntés à la bibli (je suis une adepte de l'emprunt, parfois à mon grand regret car ensuite je me révèle, et pour cause, incapable de retrouver, pour le passer à mes filles, le bouquin génial que j'ai lu il y a peu et dont, damned, j'ai oublié l'auteur, le titre et l'éditeur !)...
La Cucina de Lily Prior (que j'avais déjà emprunté, j'ai retrouvé mon nom sur la fiche de prêt !) mais que j'ai relu avec grand plaisir
Fleur de soleil, histoire de ma vie d'Han Suyin... je l'avoue, vous allez vous moquer, je n'ai JAMAIS lu aucun Han Suyin, et je me suis dit qu'il fallait réparer cet oubli
Ni dEve ni d'Adam que j'ai, vous le remarquerez sur la photo, consciencieusement laissé caché dans un autre car j'ai honte de l'avoir pris : chaque fois c'est pareil, je me fais avoir par la mère Nothomb, et je n'arrive pas à maîtriser ce bizarre phénomène... je sais que je vais pester que c'est creux quand je l'aurais terminé
et deux livres recommandés par Alice, ma jolie bibliothécaire : Comment lui dire adieu, petit livre de la rupture amoureuse de Cécile Slanka qui me promet de délicieux petits moments d'émotion
Ma place sur la photo d'Amanda Sthers, que je viens juste de commencer et qui sera peut-être une jolie découverte !
Le reste, ce sont mes achats compulsifs de détente (après des journées passées à faire des cours, j'ai envie de lecture facile) et mon travers personnel : policiers 10/18, Mo Hayder, Mankell, Minette Walters... et tant d'autres qui, Dieu merci, sont déjà en rangés en rayon et nous vous livreront pas toutes mes turpitudes littéraires ! S'y ajoutent quelques coups de coeur, pas encore lus ou à prêter à Alter... Claudel, Arto Paasalinna, Camilleri et d'autres enfouis sous le nombre !
Mis à part le Voltarène, rien de bien indécent sur cette table : une paire de lunettes de rechange, (allez savoir pourquoi) une petite lampe pour lire sans déranger son voisin quand il dort, une brume d'oreiller et la petite boîte qui contient les broches dont je suis grand amateur sur mes tailleurs (une manie démodée qui donne beaucoup de souci à Alter et aux filles, car ce type de bijou est finalement très rare et difficile à trouver !).
L'exercice vous tentera-t-il ??

PS je vous ai épargné le "coté d'Alter"... d'abord parce que je n'ai pas à vous réveler ses lectures et autres babioles entassées, dont, les filles vous le savez sans doute, des tas de petits cadeaux que vous lui avez faits il y a fort longtemps et qu'il conserve pieusement !! Et ensuite parce que sa "table de chevet" est impossible à photographier : elle s'épanche jusqu'au sol, dans un tas de bouquins enchevêtrés qui me désespèrerait si j'étais une "bonne ménagère"... ce que, Dieu garde, je ne suis guère !

mercredi 25 novembre 2009

GOYA-DALI



Cherchant ce qu'il pouvait y avoir en ce moment comme expo sur Bordeaux, j'ai trouvé l'information sur un blog tauromachique, l'Oeil Contraire qui signalait l'événement, assez peu médiatisé par ailleurs. Dali à la rencontre de Goya présentait, au Cellier des Chartrons, la mise en miroir de 80 Caprices de Goya publiés en 1799 et de leur relecture par Dali entre 1973 et 1977.


Commencée en 1792, alors qu'il est devenu sourd, la série des « Caprices » est un recueil de quatre vingt planches dans lequel Goya critique la classe politique, sociale et religieuse et s'adonne sans retenue à la caricature, caustique et moralisatrice. L’artiste s’en prend à la royauté, à l’aristocratie, aux ministres, aux institutions et porte des attaques, particulièrement audacieuses pour l’époque, contre la religion et l’inquisition.


La portée satirique est telle qu'édités en 1799 « Les Caprices » sont immédiatement censurés et Goya finira par offrir ses planches au roi d’Espagne pour ne plus être inquiété par l’Inquisition. Les gravures de Goya sont sans concession, cruelles et désanchantées, et les égrener ainsi l'une après l'autre a quelque chose d'impitoyable et de sombre.


L'idée de l'exposition était vraiment remarquable, et même si les lieux n'étaient pas très confortables et la foule un peu trop compacte,c'était une visite vraiment interessante. Pourtant, j'avoue avoir été déçue par cette "Dalinisation" des Caprices, somme toute assez artificielle. J'avais imaginé que Dali aurait repris le thème de chaque caprice et en aurait fait une interprétation nouvelle, personnelle. Etant donné ses talents de provocateur, je pensais qu'il aurait trouvé là un sujet de prédilection et qu'il se serait livré à une réappropriation de cette implacable critique sociale, avec la verve dont il était capable.


En fait Dali s'est contenté de reproduire à l'identique les planches de Goya, en y ajoutant quelques caractéristiques de son cru et qui signent son passage : montre molle, béquille ou grand masturbateur... c'est fait sans grande inspiration, un peu au hasard, et il a ensuite renommé les scènes, parfois un peu à tort et à travers, pour faire original.
L'exposition offrait par ailleurs de nombreuses oeuvres gravées, sculptées, dessinées, aquarellées du maître. Diverses séries sur le cirque, les chevaux, les cartes à jouer, un hommage rendu par l'artiste aux grands lithographes américains Currier et Ives, une suite assez drôle malgré un tirage de piètre qualité, des diners de Gala. On admirait aussi le bon à tirer pour une lithographie qui n'a jamais été éditée, une série assez nerveuse consacrée à la Tauromachie américaine.




Et aussi quelques anamorphoses qui auraient fait le bonheur de Koka !!



J'ai apprécié tout particulièrement deux maginifiques dessins préparatoires pour l'illustration des chants de Maldoror.



Alter, quant à lui, a craqué pour une petite planche destinée à illustrer "le revolver à cheveux blancs" d'André Breton.

mardi 24 novembre 2009

KDOS A P'ART

Virée bordelaise dominicale pour profiter, comme l'an dernier, du Salon Cadeaux à P'Art, qui présentait cette année, outre les traditionnels stands d'artistes et d'artisans chez lesquels on trouve des idées originales de cadeaux de Noël, avant la panique du mois de décembre, une collection de poteries anciennes de Sadirac et des ateliers de potiers qui montaient devant le public captivé, des vases, théières et autres pots en tous genres. Parmi les pièces exposées, ce drôle de récipient pour faire boire les poules, et cet accessoire pour enfumer les abeilles du XVIIIème siècle.
Nous avons trouvé que les stands présentés étaient moins intéressants que l'an dernier, même si nous avons avec joie retrouvé notre coutelier Dubost, amoureux de ses lames et très créatif. Il semble que près de 70% des exposants 2008 ont déclaré forfait : n'ayant pas couvert leurs frais fixes l'année dernière, ils ont préféré ne pas revenir. Les frais en question, outre le déplacement, le logement et la nourriture qu'engendrent 3 jours de salon, sont assez exorbitants, un stand de 6m² coutant environ 900 euros, auxquels il faut ajouter les frais de raccordement électrique, 190 euros pour 1 kw. Autant dire qu'il faut en vendre des babioles à 25 euros pour rentabiliser son voyage ! Il y avait trop de supposés artistes, vendant des objets décoratifs aux fonctions imprécises, d'une esthétique contestable, voire carrément ingrate. Ceux-là regardaient défiler tristement l'immense foule de badauds, venus plus pour s'abriter du mauvais temps que pour faire leurs achats de Noël. Dur métier que celui d'artiste, et même les artisans étaient inquiets sur la rentabilité de leur week-end.
Nous avons, quant à nous, la première déception passée, arpenté les allées avec curiosité, et déniché pas mal d'idées sympas, assez en tout cas pour garnir le pied du sapin.

3 chemin des Sables
Triou
79370 Mougon (05.49.06.15.92)
Christel Valenza est installée près de Niort et s'est spécialisée dans le travail du fil d'aluminium entrelacé de pierres de couleur. Elle réalise des luminaires, des appliques murales, des lampes, des lustres, mais aussi des décorations de table pleines d'inventivité.

2 rue de la Prée
17540 Saint Sauveur d'Aunis (06 13 19 16 94)
La boutique de Raphaela Gemini jouxtait celle de Christel Valenza, et présentait ses collections aériennes d'étoles rares en crêpe de soie, étamine de laine ou soie froissée, chacune ornée de pendeloques en pierres semi-précieuses, cristal taillé, verreries multicolores, os sculpté, qui donnent à chaque création un caractère de pièce unique et délicate.


Monsieur et Madame MAUCHAMP LERAT
Les Moraux 71310 LA CHAUX (03 85 74 57 91)
Atelier Fleur d'O est une boutique de bijoux d'une grande variété, dont la conceptrice réalise des créations pleines d'originalité et de talent... Son inspiration est fourmillante, par exemple ce collier orné d'un serpent lui est venu en regardant un épisode des Rois Maudits, dont l'une des reines (Isabelle sans doute) d'une méchanceté fascinante, arborait un collier qui la faisait rêver !

Les Créas de Joe et de Zoe
26 rue du Pas Saint Georges
33000 BORDEAUX (06 68 87 98 69)
Notre dernier coup de coeur a été pour Les Créas de Joe et Zoe, le stand d'une dynamique mamie à l'allure juvénile, qui brode à la demande des sacs, des trousses, des tissus, des doudous, des écharpes, des foulards, bref tout support textile sur lequel on peut inventer des messages du genre "Chérie, tu vois que je n'ai plus rien à me mettre" sur un t-shirt déchiré, jusqu'au classique "je suis blonde et fière de l'être". Elle revendique son statu de mamie, puisque le nom de sa boutique est celui de ses deux petits enfants, pour lesquels elle a inventé ses premières doudous. Elle a réalisé pour nous en un clin d'oeil de petits cadeaux sympas et personnalisés.

lundi 23 novembre 2009

AUTOUR DU PUITS D'ALTER


Quand les blogs accomplissent des miracles !! Alter n'est pas très porté sur la chose gastronomique, mais, la gourmandise aidant, il tente parfois quelques petites aventures culinaires, dont il oublie bien vite les tenants et aboutissants (on appelle cela une recette, mais il ne les retient guère) et ses enthousiasmes sont de courte durée. Pourtant il aime bien cela, même s'il prétend en général n'être qu'apte à jouer les arpètes, il éprouve toujours une certaine fierté à avoir réussi un petit plat. Et l'autre jour, très inspiré par un dessert dégusté au Sizin, il nous avait proposé des coings confits finalement très appréciés.
Françoise répondait gentiment à cette invite par une autre recette, celle de la salade d'hiver à la sauce verte, préparation dont l'énoncé m'a paru à la fois délicieux et facile à réaliser. J'ai donc acheté au marché les éléments nécessaires et mis Alter aux fourneaux, ce qui en, en l'espèce ,reste une simple expression car cette sauce est plutôt à base d'ingrédients crus.
Cela a donné un dîner vite fait, sympa, et particulièrement "goûteux"... faute de temps, la salade de pommes de terre était tiède, ce qui est fort bon, et elle accompagnait un petit merlan vapeur auquel la sauce verte en question ajoutait un assaisonnement absolument parfait. Alter s'est fort honorablement tiré de l'épreuve et espère pouvoir désormais compter une "spécialité" de plus à son répertoire ! Merci Aloïs... oups, pardon, Françoise !

dimanche 22 novembre 2009

RACCOURCI



A l'origine, quand il fut projeté à Cannes, durait 2h35... Il a été raccourci de 25 minutes et comporte encore, c'est indéniable, quelques longueurs, qui ressemblent nettement à des facilités. La fin a tendance à s'enliser, au propre comme au figuré, mais le rappel, avant le générique, qu'il s'agit d'un véritable fait divers, à l'issue somme tout assez heureuse, permet de pardonner au réalisateur ces épanchements un peu surabondants.
Ce qui m'a le plus amusée, outre le fait que l'histoire s'inspire de l'aventure réelle d'un escroc ordinaire propulsé dans une équipée qui le dépasse, c'est l'espèce de mise en abyme que représentent les avatars du tournage lui-même.
Au départ, Xavier Giannoli devait tourner sur le vrai chantier d'autoroute d'un important groupe de BTP. Et au dernier moment, juste avant le début du tournage, le vice-président - qui avait été impliqué dans la véritable histoire - s'est totalement désengagé du projet. " Panique à bord, car nous n'avions évidemment pas le budget pour construire 2 kilomètres d'autoroute, se souvient le réalisateur. A ce moment-là, nous avions tout perdu. Tout. Or, Rectangle est une société de production indépendante et c'était la ruine annoncée... A ce moment-là, j'ai bien observé ceux qui restaient solidaires, et ceux qui devenaient injoignables (...) Nous avons continué à dire à tout le monde "On y arrivera...". Mais la date du tournage approchait, et nous ne savions toujours pas comment construire notre autoroute... tout simplement le décor principal du film. "
Et puis un jour, dans le Nord, le réalisateur a fait une rencontre déterminante pour la suite du projet... Amusé et touché par son histoire, Raymond Legrand, un ancien paysan devenu loueur indépendant de machines de chantier, accepta de lui prêter ses engins pour construire un tronçon d'autoroute fictif. " Un homme pur et passionné, raconte le réalisateur. J'ai donc tourné avec ses engins, mais aussi avec ses ouvriers. Il a été mon conseiller technique, tant pour les travaux que pour me faire saisir ce milieu aussi justement que possible. Il a tracé mon autoroute avec des moyens que je n'aurais jamais pu m'offrir. " Autant dire, que, comme les protagonistes de son film qui font vivre un projet qui n'existe pas, simplement par leur volonté d'y arriver, Giannoli a forcé le destin en persévérant alors qu'il n'avait, à vue humaine, aucune chance de pouvoir réaliser son film.
Je le répète, il y a des longueurs, c'est truffé d'invraisemblances et d'approximations, et on baille assez nettement sur la fin. Mais François Cluzet est tellement convaincant dans ce rôle qui lui colle à la peau, et l'histoire tellement sympathique, qu'il serait dommage de bouder son plaisir et de ne pas suivre l'avis enthousiaste de la critique. La bataille des hommes contre les éléments est éternelle, et ce conte de la rédemption improvisée d'un homme que rien ne prédestine à être bon est touchante, voire prenante.
Pour finir, l'histoire du scarabée m'a fait pensé à celle de nos écologistes locaux qui se sont dressés face au projet méthanier de 4Gas... Sauf qu'ici, la population locale était et reste farouchement opposée aux ambitions économiques du groupe néerlandais, loin de rêver aux emplois que cela serait supposer créer. Et les charentais, Dieu garde, sont nettement plus têtus que les scarabées !!

vendredi 20 novembre 2009

SENS UNIQUE

Le sens unique, ce soir, c'est celui de l'amitié virtuelle, à l'honneur dans nos blogs, et qu'il faut honorer, fut-ce après une semaine un peu trop "boulot-boulot", durant laquelle il ne s'est rien passé qui soit susceptible de donner lieu à une quelconque réflexion, et encore moins à une narration ! Sauf à tomber dans le quotidien, que nous évitons soigneusement d'égrener, ces blogs étant nos petits moments de rêves, d'imagination ou de rire !
Je voulais faire un article sur cette histoire invraisemblable de ballon, touché par un supposé héros national, dont j'ignorais encore le nom il y a peu... Ce matin, prenant ma douche, autant dire à un moment où mes neurones n'étaient pas encore très actifs, je me suis dit '"m'enfin, depuis quand c'est interdit de toucher un ballon avec la main"... Ben oui, je sais, je suis nulle, mais que voulez-vous, y a que les matchs de rugby qui parviennent à retenir mon attention.
D'ailleurs, vous a-t-on bassiné toute la semaine d'une nouvelle pourtant d'importance, au moins pour les aficionados dont je suis : vendredi dernier, la France a battu, avec la manière en plus, les Africains du Sud... Non, je suis sûre que vous n'en avez même pas entendu parler ! Normal, le sport doit rester à sa place.
Pour autant, histoire de ne pas paraître aussi idiote que je le suis, j'avais prévu d'illustrer mon billet avec une photo évoquant le rond, pour bien montrer que j'ai compris qu'au foot, le ballon n'est pas ovale. Voilà, c'est fait !

mercredi 18 novembre 2009

"PETITES" IMAGES POUR VOUS

Chacun de vous comprendra le message !!
Bien sûr il faut absolument CLIQUER sur les images !!
Pour ALTER EGO

Pour MANDARINE

Pour KOKA
Ce que j'ai trouvé de plus proche du koala... pour te souhaiter un bel et doux envol !!

Pour OXYGENE


Pour celles et ceux qui, parmi vous, sont très "chat"
(oups... je suis désolée, je suis "chien"... mais on peut s'entendre tout de même !)

Et pour tous les autres...


Merci à Philippe qui m'a fait connaitre le site de Jacquie Lawson

mardi 17 novembre 2009

PANEL PAS MALIN !!!


Marre de marre !!!

Ça a commencé avec les cartes de supermarché... au début, je trouvais ça complètement débile, genre points de fidélité collés sur une carte en chromolithographie... on découpait pendant des mois de petites vignettes Suchard ou Pétrole Hahn, pour finir par obtenir un cadeau qui ne valait pas un sou et dont les frais de port dépassaient largement la valeur. Bref, j'ai fait longtemps un blocage aux cartes de supermarché (et aux supermarchés aussi d'ailleurs), répondant d'un ton rogue aux caissières bien intentionnées "non, je n'en ai pas, et je n'en veux pas".
Et comme tout le monde, je me suis trouvée finalement encombrée d'un tas de petits cartels de toutes les teintes, avec codes et promesses de remise à l'appui, qui ont envahi mon portefeuille au point de le faire exploser...
Habitant le fin fond du fond de la France, je suis amenée à prendre souvent le train... et quoiqu'en dise Mandarine, qui, la pauvre, passe son temps à buguer sur le site "voyages sncf", l'achat des billets par internet c'est bien commode. Et avec les billets en question, on remet ça : vous avez droit à des points de fidélité. Maximiles, les points... qui s'accumulent sur un compte dont j'ai perdu le code, et qui devraient me permettre de m'offrir le dernier DVD de "l'âge de glace", ou des "lunettes disco blue Wastget, fashion de jour comme de nuit"...
Bref, je ne sais où j'ai cliqué, mais arrivent régulièrement dans ma boite email des enquêtes IFOP (sans doute ma sympathie pour les statisticiens, Koka oblige !!) qui me promettent de nouveaux points Maximiles (???) si je réponds à leur questionnaire. Et je l'avoue, chacun à ses faiblesses pas vrai, parfois je tente l'enquête.
Et là, c'est TOUJOURS la même procédure : "ça" me demande mon sexe, mon année de naissance... et hop, je suis immanquablement retoquée !!! A croire que "la ménagère de 50 à 60" passe son temps à répondre à ces inepties (je le fais bien !!) et lorsque je pointe ma petite souris, on m'annonce que "cette tranche a déjà obtenu assez de réponses" et que l'affaire est close en ce qui me concerne...
Ben oui, on n'a pas vraiment besoin de l'avis d'une femme oisive et quinquagénaire !! Et, allez savoir pourquoi, moi, ça me vexe cette mise au rancard !!

Pas toujours facile de maitriser la souris, pas vrai ??

lundi 16 novembre 2009

LA RECETTE D'ALTER EGO

Samedi il faisait tellement beau que, les photos de la courge spaghetti le prouvent, nous avons même pu déjeuner dehors. Mais hier, journée totalement pourrie, pluvieuse et humide, au point qu'il nous fut impossible de mettre le nez dehors, fut-ce pour la marche hygiénique à laquelle nous nous astreignons, histoire de mobiliser nos petits muscles et de me changer les idées en cette période de travail intensif.
Que faire avec un temps pareil, quand votre femme passe la journée sur son ordi à préparer des power point à finalité pédagogique ? Entretenir le feu, et là, Alter Ego n'a pas son pareil : avec du bois humide, sans autre artifice que son légendaire  pour la flamme, il nous assure une flambée permanente et joyeuse, qu'il ponctue de "Tu as vu ? Il est beau mon feu... je suis amoureux, moi !"...
Et faire la cuisine... les moules sont magnifiques, c'est la pleine saison, les huîtres superbes et succulentes (tu as vu ?? je les ouvre aussi bien que Marc ! Pas aussi vite mais aussi bien !), les pétoncles, délectables, surtout avec une petite tartine de beurre "Charentes Poitou, tradition du goût", au sel de l'île de Ré...
Et me concocter un dessert dont il a acquis le secret au Sizin, le meilleur de la Turquie à Paris. Sa première tentative avait été peu convaincante, mais là, avec des fruits bien mûrs, et en tirant leçon de son premier échec, c'était parfait.


Il prend des coings, de préférence parfaitement mûrs donc, dont il enlève un chapeau et qu'il évide le plus complètement possible (le centre est dur et il faut bien l'éliminer). A l'intérieur de la cavité ainsi réalisée, il glisse un morceau de beurre salé (le même que plus haut !), quelques raisins blonds préalablement gonflés dans l'eau tiède, le chapeau débité en petits cubes et un peu de sucre roux. Il place les coings ainsi apprêtés dans un plat allant au four, ajoute un peu de sucre sur le dessus, verse au fond du plat un bon verre d'eau et enrobe son plat d'une double couche de papier d'aluminium bien étanche. Il met l'ensemble au four à 150°, et le laisse au moins  2h30... il faut que ce soit bien tendre. On le déguste tiède ou froid, arrosé d'une généreuse cuillère du jus qui s'est constitué lors de la cuisson.
Il attend que vous ayez testé et que vous lui en disiez de nouvelles !! C'était tellement bon que je n'ai pensé à prendre une photo que lorsqu'il n'en restait plus qu'un, et que j'en étais à me lécher les babines de ce régal turc, revu et adapté à la sauce michelaise !!

dimanche 15 novembre 2009

IL FAUT CHANGER DU POTIRON !!!


Je n'ai pas trop compris mais il m'a semblé que le potiron, à force d'être de toutes les sauces, était prié d'aller se rhabiller... j'ai dû zapper quelque chose chez Sacha... ah moins que ce ne soit pour cause d'overdose Halloween...

Mais comment de ne pas vous parler quand même de celui de Madeleine : servi entier, rempli de pain grillé et de gruyère en couches alternées, puis noyé d'un demi-litre de crème fraiche et d'un demi-litre de lait, largement saupoudré de sel, poivre et noix muscade, il est ensuite enrobé de papier d'aluminium puis cuit pendant 2h30 à four doux. Présenté comme soupière, c'est un très joyeux de convivialité !! Il faut être une douzaine pour le déguster, autant dire un moment de franche amitié ! On y puise un délicieux brouet aux saveurs délicates, qu'il est bon de partager en joyeuse compagnie !!




Comme le potiron est personna non grata, la re-découverte du jour sera la courge spaghetti, pas une nouveauté certes, mais une innovation dans la façon de la cuire. La première fois qu'on m'en vendit, on me conseilla de la cuisiner comme une courgette, ce qui est franchement décevant. Plus tard, on me recommanda de la plonger pendant 45 minutes environ dans une grande marmite d'eau bouillante, puis de l'ouvrir en deux pour en extraire les filaments, après en avoir extrait les pépins.


La charmante petite maraichère du marché m'a quant à elle, donné son "secret" que je vous partage d'autant plus volontiers qu'il rend ce cucurbitacé incomparablement meilleur : on l'ouvre en 2, on enlève les graines, et on remplit chaque demi calebasse d'eau légèrement salée. On enfourne le légume ainsi ouvert dans un four à 200 degrés et on laisse cuire 45 minutes (ou plus ou moins, selon le degré de maturité de votre courge : le mieux c'est de tester). La chair prend, avec ce type de cuisson, un léger goût de noisette et de châtaigne qui est absolument délicieux. Quand l'ensemble est cuit, on déchiquète les filaments en forme de spaghettis et il ne reste quà les accomoder.
Quant aux modes de préparation du légume cuit, j'imagine que vous les connaissez tous, du gratin, à la préparation à la bolognaise, en passant par le simple assaisonnement avec un peu de beurre salé et quelques moulins de poivre... Celui qui je vous présente sur la photo, m'a permis de terminer les restes en salade, avec une simple vinaigrette, dégustée avec un carpaccio de betteraves !!

samedi 14 novembre 2009

OUBLI SALVATEUR


J'ai découvert l'auteure avec "La grand-mère de Jade", un roman au titre qui m'a attirée en souvenir du délicieux "Jade et les sacrés mystères de la vie", élégant conte philosophique pour enfants qui est paru en 1991 et sur lequel je m'étais précipitée pour vous l'offrir... 18 ans déjà !
La Jade de Frédérique Deghelt n'a aucun lien avec l'héroïne de François Garagnon, à part une fraicheur d'âme et un élan pour la vie et ses tournures les plus secrètes, et j'ai énormément aimé ce roman allégorique.
Comme c'est souvent le cas quand je découvre un auteur, j'ai voulu lire d'autres livres de Madame Deghelt. Après un premier roman édité chez Sauret en 1995, un grand silence. Et depuis 2007, coup sur coup, 3 livres chez Actes Sud, le premier dont le titre à lui seul est comme un beau poème "Je porte un enfant et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu", en 2008 "La vie d'une autre" et cette année cette histoire de grand-mère qui trompait son mari avec des romans, une juste et forte histoire d'impossible auquel on a parfois besoin de croire.

J'ai trouvé sans problème "la vie d'une autre" à la bibliothèque de Meschers, car Alice, la bibliothécaire a craqué comme moi pour Frédérique Deghelt et elle vient de commander les autres.
Je l'ai lu comme le premier, en le savourant pour en profiter pleinement, mais avec avidité car j'avais envie de savoir, de mieux connaître ses personnages, de progresser dans ces intrigues quotidiennes et pourtant si extraordinaires. Et moi qui, assez banalement je l'avoue, entretiens au temps qui passe un rapport ambigu, j'ai été éblouie par cette histoire de mémoire qui tranche, et trie, et reconstruit.
On peut reprocher à F. Deghelt un style trop simple, parfois à la limite de la facilité d'écriture, disons sans la moindre affectation littéraire. Et si vous êtes difficile sur ce point, ses livres ne vous enthousiasmeront guère.
Mais j'ai personnellement accroché sur ses histoires, proches du conte et du parcours initiatique. Je me suis livrée sans retenue au mystère de l'oubli, celui qui nous fait censurer nos échecs et nos peurs, à effacer nos terreurs et nos doutes pour repartir, celui qui nous pousse à désapprendre nos faux pas et nos faiblesses, celui qui nous fait rayer d'un trait de mémoire les événements dont nous pressentons que nous n'arriverons pas à nous relever.
Cet oubli dont on pourrait penser, avec purisme, qu'il n'est qu'hypocrisie ou négligence volontaire, plutôt que d'affronter les difficultés. Et qui, pourtant, demande parfois un long travail d'anesthésie pour ne pas entacher l'avenir des lourdeurs du présent. Cet oubli qui parfois vous tombe sur le coin de la mémoire, sans crier gare et faisant son travail de rémission et de grâce à votre insu, salvateur et, paradoxalement, constructeur.
Tant il est vrai que de vivre dans la rancune, le rabâchage et la ratiocination, la remise en route des mêmes rouages pour ré-enclencher les mêmes souffrances, n'est pas source d'épanouissement ni de plénitude, et provoque une régression affective qui finit par tuer la sensibilité. On se raccroche aux erreurs, aux blessures et aux ratages, on y trouve prétexte et justification, et rien n'est plus lourd à porter que la rancoeur.

vendredi 13 novembre 2009

PIPPA... POURQUOI PAS ?

Si vous vous arrêtez à l'affiche, c'est clair, vous n'irez pas le voir !!
Si vous lisez la critique des Fiches du Cinéma, qui lui attribue royalement deux étoiles, pas grand risque non plus.
Pourtant, j'ai bien aimé Les vies privées de Pippa Lee. Bon, je l'admets, il y a des facilités, des incohérences et sans doute des facilités. Ce n'est pas le film du siècle et c'est plutôt une histoire complaisante, qui arrive difficilement à trouver son ton. Ni comédie, ni drame, mais tout de même critique sociale, réflexion sur la cinquantaine, sur le sentiment de culpabilité qui nous bouffe et nous dévore, sur l'indifférence qui nous déchire. Robin Whright Penn y fait une performance d'actrice émouvante, et elle est vraiment superbe de sensibilité dans ce rôle qui la fait jongler entre les souvenirs et les mal-être d'une femme qui a besoin de faire le point sur sa vie.
J'ai aimé ce film, à cause de son rythme bien conduit, de la façon intelligente dont sont menés les flash back, et surtout parce qu'il correspond à une réalité qui m'époustoufle toujours : celle du fait que, tous, nous avons vécu et vivrons encore, plusieurs vies. Sans pour autant vivre de grandes ruptures ou de singuliers départs. Non, non, même une petite bonne femme planplan comme moi, cela accumule des tas de vies. Comme les chats !!

Ne vous y trompez pas, j'ai mis en illustration de l'article une photo de la belle Monica, qui n'occupe dans le film qu'un tout petit rôle, pas particulièrement cerné et qui ne la met pas idéalement en valeur. Vous n'irez pour la brune, mais plutôt pour la blonde !

jeudi 12 novembre 2009

25 BATTEMENTS D'AILE PAR SECONDE

Moi, elle me manque... Vous aussi sans doute !! Mais nous n'osons pas trop le lui redire car, bloguer, c'est aussi respecter les rythmes de chacun, les coups de blues et les désirs de solitude... tout en restant présent et amical, sans être importun ou envahissant.
Elle a le spleen d'automne, peut-être est-elle de ceux que l'approche de l'hiver angoisse, ou que l'atténuation des rayons du soleil déprime... Même son blog Belles et Sauvages en plus est en sommeil, alors que les cèpes se sont enfin décidé à pointer le bout de leur nez et qu'il y a forcément quelques simples à glaner dans les prés, même en novembre.
Alors depuis quelques jours, j'avais envie de dédier un message à Colibri, dont les recettes prétextes à de longues digressions savoureuses, pleines d'humour et de tendresse ,me manquent vraiment. Je me suis dis "je vais partir dans les bois, trouver une plante bien bizarre et bien comestible et l'appâter en lui demandant une recette"... mais que voulez-vous que je fasse dans un bois maintenant que les mûres ont été picorées par les oiseaux, que les baies en tous genres sont tombées en terre, moi qui suis incapable de trouver un champignon ailleurs que dans une omelette ?
Et voilà que ce soir, j'ai eu envie de photographier un moment paisible, post journée de travail , moment de détente partagé, apéritif d'un nouveau genre devant le feu...
Initialement ce billet devait être dédié à Koka, qui m'a dit, alors que nous sortions de la boutique de simples à Bruxelles où nous venions de faire quelques emplettes : "tu as pris de la tisane salée ?"... pardon ma chérie, tisane comment ? Aussitôt dit, aussitôt acheté : tisane du potager, à boire assaisonnée de gros sel, oui, je vous assure. Un subtil mélange de cerfeuil, thym citron, courgette, piment de Jamaïque, persil, baies roses... une infusion, dit l'étiquette "ronde, pimentée, stimulante"... Un délice en début de repas. Acheté à Bruxelles, ce mélange est on ne peut plus français puisque qu'elle est fabriquée par Le carré des simples qui a ouvert boutique à Paris, rue Tronchet. Vous y trouverez la tisane salée du potager et bien d'autres merveilles, la tisane de Noël est absolument délicieuse.
C'est carrément cher, mais on en met très peu et comme les herbes sont de bonnes qualité, cela a beaucoup de goût.
Revenons à nos dédicaces... cet instant reste dédié à Koka, que je remercie vivement de m'avoir ré-expédiée dans la boutique pour cet achat qui fait le bonheur de nos premières heures froides, devant le feu. J'espère qu'elle en acheté aussi, sinon je me ferai un plaisir de lui en offrir !!
Mais je profite de l'occasion pour saluer Colibri au passage, lui dire qu'un tel breuvage est excellent contre la mélancolie et que je pense souvent à elle, avec un brin de nostalgie !!

mercredi 11 novembre 2009

HOMMAGE A "MON" POILU

Le mien, il s'appelait Félix, né en 1894, il avait tout juste 20 ans quand commença la grande Guerre. Il l'a faite dans les tranchées, celles de toutes les campagnes, et n'a été démobilisé que longtemps après le 11 novembre 1918.
Il appartenait au 13ème régiment des chasseurs cyclistes et crapahutait dans la boue avec son vélo pliable sur le dos, en plus des armes et de l'équipement.


Lulu Sorcière rendant hommage aujourd'hui à l'argot et à l'artisanat des tranchées, je suis allée chercher ce petit panier dans lequel on range depuis toujours les clés, petit panier réalisé par mon grand-père pendant sa période de démobilisation. Il avait appris à faire de la vannerie avec du raffiat tressé et nous avons conservé quelques uns de ces petits ouvrages émouvants, dont celui-ci dans lequel on jette chaque jour nos trousseaux multicolores. Hommage au soldat Félix, qui a souffert pour la France et dont tous les compagnons sont morts sur les champs de bataille. Ils n'étaient, je crois, que 2 survivants de sa compagnie, et pas mal amochés par les conditions de vie difficiles qu'ils ont supportées pendant 5 ans.

mardi 10 novembre 2009

MANIERES DE TABLE ??


Il aurait fêté ses 101 ans dans quelques jours. Claude Lévi-Strauss est décédé le 1er novembre après une carrière qui a marqué l’anthropologie d’une façon incontournable. Outre le fait que j’aime rendre hommage aux esprits dont les idées ont marqué notre jeunesse, il se trouve que, par un furtif concours de circonstances, Lévi Strauss était né à Bruxelles en 1908. Les belges étaient heureux de rappeler ce fait dans leurs rubriques nécrologiques !
J'ai souri, car en cherchant une photo de cet homme illustre, je suis tombée sur le blog de Christal, une châtillonnaise qui, à l'occasion de son centenaire, nous le présentait comme un illustre châtillonnais ! Elle vous livre d'ailleurs une série d'articles très complète, qui permet de mieux connaître l'homme, et rend inutile toute tentative de plagiat !
Cet ethnologue qui a dénoncé vivement l’ethnocentrisme occidental, commençait son essai-culte « Tristes Tropiques » par une proclamation à la hauteur de sa grande liberté d’esprit « Je hais les voyages et les explorateurs ». Grâce à lui, l'anthropologie a beaucoup évolué et reconnait la diversité culturelle, respecte les différentes organisations sociales et ne pose plus en a priori de toute analyse, note propre système de valeurs en références.

Comme souvent en pareil cas, je me suis promis de lire enfin quelqu’ouvrage de cet homme remarquable, pour mieux appréhender une pensée qui a considérablement fait évoluer l’anthropologie et la compréhension du monde qui nous entoure. Je vous invite à le découvrir sur Wikipedia, et le(la) premier(ère) d'entre nous qui a lu ou relu "L'origine des manières de table" ou "Du miel aux cendres" est invité(e) à nous dire si c'est facile à lire... car c'est toujours le problème avec ces auteurs "sérieux" dont on parle plus qu'on ne les lit : on a l'impression de les connaître pour avoir apprécié leur pensée par journalistes ou commentateurs interposés... et du coup, on oublie de se plonger dans l'original... ou, comme c'est mon cas, on le redoute un peu, en craignant que ce ne soit indigeste !
J'ai fouiné dans les biblis que je fréquente, sans succès... alors j'attends la prochaine commande Amazon (les libraires sont prié(e)s de ne pas protester, je n'ai pas grand chose sur place) pour y joindre celui qui vous me recommanderez !

lundi 9 novembre 2009

COACHING

Il faut, pour apprécier ce film, avoir l'esprit libre et être réceptif pour "rentrer dedans", et dans la mesure du possible, être dans une salle calme. Vous subissez comme moi, avec plus ou moins de régularité et surtout au gré des films les plus populaires, des spectateurs bruyants, venus pour rire à gorge déployée, et prêts à s'esclaffer à la première vibration de l'image, ou prenant la salle obscure pour leur séjour et commentant chaque scène avec force détails pour s'assurer qu'ils ont compris. Mademoiselle Chambon a été encensé par la critique quasi unanime et, de fait, la salle était pleine. Derrière nous, trois joyeux drilles commentaient, expliquaient et finalement, s'ennuyant, baillaient très fort, ce qui, vu le contexte, m'a un peu gâché le goût du film. J'avais par ailleurs une sorte de réticence devant l'enthousiasme un peu trop généralisé des critiques vues ou entendues. Et pour clore les handicaps d'approche, j'avais face au thème, un malaise perso (enfin en quelque sorte) imposssible à expliciter sur ce blog, mais qui m'a tenue un peu en retrait du propos. Il faut vraiment être capable de se mettre en osmose avec le rythme lent et comme en dentelle du récit, pour mieux en apprécier les respirations.
Pour autant, et malgré tous ces obstacles, j'avoue que j'ai trouvé que c'était un film d'une finesse, d'une sensibilité et d'une subtilité parfaites. Lindon joue plus que juste, il est totalement crédible, et j'ai beaucoup admiré le résultat de son coaching maçon ! La remarque peut sembler futile, mais il est souvent filmé, longuement et en gros plan, en action de bâtisseur, et il eut été d'une lourdeur insupportable qu'il ne sache pas manier la pèle ou la truelle. Il est juste aussi côté sentiments et son intervention devant la classe de son fils pour présenter son métier est un joli moment d'émotion.
Côté coaching, Kiberlain quant à elle, a appris pendant 5 mois à jouer du violon pour quelques minutes de scènes très émouvantes, qui sont le pivot du film. J'avoue avoir été bluffée et surprise lors du générique de lire le nom d'un violoniste, qui en fait, ne fournit que le son !! Ses mains, elles, sont authentiquement sur les cordes et l'affaire est admirable !
Il ne se passe presque rien, il y a des scènes d'un immobilisme presque total, qui pourtant font progresser l'action d'une façon surprenante, créant une sorte de décalage entre la vie qui continue et le cœur qui lui, parfois, dérape. L'histoire, terriblement romantique, reste cependant sobre dans la mise en pages, comme si le réalisateur voulait compenser par cette image retenue l'excès d'ardeur qui submerge ses personnages. On les sent envahis par un sentiment extrême qui les engloutit, les affole et les laisse paralysés. On participe presque physiquement, du fait de la lenteur du propos, à cette terreur intérieure.
Un film à voir en sachant ce qui vous attend, sous peine de vous énerver... Le film est lent, simple, mais jamais mièvre. Certaines scènes sont inutilement banales, mais elles sont compensées par de beaux moments, très émouvants et éloquents sans être jamais larmoyants.

dimanche 8 novembre 2009

ENTREZ DANS LA RONDE

Ce matin j'ai été éblouie au point de m'arrêter pour tenter de capter l'instant, avec mon traditionnel téléphone qui est, décidément, de toutes les guerres. J'ai voulu être sage, ne pas prendre de photo en roulant, pour cause d'opprobre général et justifié, encourus lors de mes derniers exploits en la matière !! Mais évidemment, le temps de me garer, il s'était envolé et je n'ai eu qu'une petite trace de lumière alors que quelques minutes avant c'était un festival. La photo, banale et sans grand relief, était promise à une destruction rapide !!!

Mais voilà que ce soir Oxygène, nous propose d'entrer dans la ronde de PandoraHoméo, Esprit des lieux... Alors, même s'il est tout modeste, je vous propose aussi le mien, saisi ce matin en allant au marché ! Vous remarquerez sur la droite, l'énorme nuage noir qui, surgissant à grande vitesse s'apprêtait à gommer sans retour cette petite merveille que la nature nous offre sans barguigner en cette belle fin d'automne.

samedi 7 novembre 2009

LE FUTUR


Avec la reprise du travail, celle des réunions, qu'avec le temps on trouve de plus en plus vaines, et de plus en plus sources de perte de temps... Alors, quitte à aller au Futuroscope, enfin dans les annexes du lieu, qui rentabilise ce parc de loisirs futuriste grâce à la location de salles et surtout du nom aux entreprises et groupements qui ont un congrès à organiser, j'y ai glané quelques images automnales d'un nouveau style !!!

vendredi 6 novembre 2009

DEMOISELLES


Influence asiatique ??? Art contemporain ??? Allez savoir, Alter Ego m'a laissé ce matin cette petite "composition", qui présente presque les caractéristiques d'un haïku... En principe un haïku fait 5/7/5, celui-ci "mesure" 5/6/5. Pour un essai inconscient, on ne lui en tiendra pas rigueur ! D'autant que la présentation apporte un plus à l'exercice. Il ne reste qu'à obtenir le satisfecit de Koka, grande spécialiste en la matière, et Alter se trouvera adoubé au rang des poètes ! Puisqu'il va lire ce billet et qu'il ne sait pas trop ce qu'est un haïku, japonais et non chinois certes, mais aux yeux bridés tout de même, je lui propose quelques remarques de Wikipedia pour éclairer sa lanterne : Il s'agit d'un petit poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses. Le haïku ne se contente pas de décrire les choses, il nécessite le détachement de l'auteur. Il est comme une sorte d'instantané. Il n'exclut cependant pas l'humour, les figures de style, mais tout cela doit être utilisé avec parcimonie. Il doit pouvoir se lire en une seule respiration et de préférence à voix haute. Il incite à la réflexion. Il est préférable de le lire deux fois afin d'en saisir complètement le sens et la subtilité. C'est au lecteur qu'il revient de se créer sa propre image. Ainsi, le haïku ne doit pas décrire mais évoquer.

Deux libellules 
Ont cessé de battre 
Sous une éclipse

jeudi 5 novembre 2009

LE PAVILLON DES ORCHIDEES


En mars 353 de nombreux lettrés se réunissent pour une fête exceptionnelle dans le Pavillon des Orchidées. L’endroit est entouré de sommets escarpés, de forêts touffues et de hauts bambous. Des ruisseaux d’eau limpide courent entre les rochers. Le temps est très clair ce jour-là et une brise bienveillante souffle. Tous ces fins érudits s’installent au bord d’un de ces courants sinueux et font flotter des coupes d’alcool sur des feuilles de courge. Le jeu consiste à les attraper et, après les avoir dégustées, à chanter un poème. Ils se laissent aller au plaisir du moment, admirant le paysage idyllique qui les entoure et inventent des textes qui resteront en Chine comme une référence poétique absolue durant des siècles.

Ces textes, calligraphiés, reproduits, illustrés, interprétés aussi, constituaient le fil directeur de cette exposition raffinée et didactique. Les organisateurs de l’exposition ont pris prétexte des poèmes du Pavillon des Orchidées pour donner à comprendre l’évolution et les différents styles de calligraphie, et toutes les richesses du pinceau chinois.

Un des immeubles les plus frappants de Bruxelles est un ancien magasin Art Nouveau, qui s’appelait Old England du temps de sa gloire commerciale. Le bâtiment a été transformé en musée des instruments de musique… nous n’avons pas eu le temps de le visiter mais le déjeuner au dernier étage, avec vue éblouissante sur la ville, valait à lui seul le détour.

Notre dernière exposition chinoise intitulée « A la croisée de l’Orient et de l’Occident » était consacrée à Wu Zuoren, un peintre né en 1908, qui fit ses études à l’Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles. Autant dire que son style construit sur un apprentissage occidental des plus classiques, puis nourri d’une ardente observation des techniques chinoises les plus traditionnelles, offre une synthèse remarquable des influences réciproques des deux civilisations. Une façon intéressante de terminer notre séjour belgo-chinois !

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