mardi 31 août 2010

OPEN EYES

Lors de notre périple en Anjou avec Koka, nous avons voulu visiter l'atelier de 2 artistes découverts au salon d'art contemporain de Royan l'an dernier. Ils nous avaient laissé leur adresse et, excellents promoteurs de leur région,  l'envie de faire un détour pour voir in situ leur travail.
Challain La Potherie, c'est un mininuscule village angevin, un peu désert, mais qui vous accueille par un joli lac, autour duquel on a envie de faire une longue promenade. Puis, surgit d'on ne sait où, un château du plus pur style Disney Land, mais en vrai, en dur... Imposante bâtisse néo-gothique, construite dans un tuffeau immaculé pour la famille de La Rochefoucault par René Hodé sur des plans de Louis Visconti, le château égrène une suite impressionnante de toits pointus qui le piquetent comme autant de points d'exclamation. Depuis 2002 il appartient à un américain aisé, monsieur Nicholson, qui le rénove avec un soin jaloux. Il y séjourne avec son épouse environ 3 mois par an et entretient méticuleusement la douve en eau, l'ensemble du parc autour du château, avec son mur de clôture, les façades et les toitures du château d'eau dit "tour de Montplaisir", la glacière, les fabriques du parc, les ruines artificielles, les façades et les toitures de la ferme dite "La Basse-Cour", le clos du potager et les logements de jardiniers du jardin potager. Un ensemble monumental qui vaut finalement le détour, fut-il XIXème !

Nos deux peintres sont installés dans l'ancien presbytère et leur atelier galerie, qui reçoit parfois la visite de Madame Nicholson, en voisine, ravie de l'ambiance du lieu, est un endroit chaleureux et fort accueillant. Poncaral est intarrissable sur les anecdotes mettant en scène la "châtelaine" yankee !


Open Eyes se présente comme une galerie-atelier, et présente en permanence des oeuvres de Louis Harel et de Poncaral.
 
Harel travaille par larges aplats, avec des pastels à l'huile et sa culture en histoire de l'art, particulièrement l'Italie de la Renaissance, donne à ses oeuvres une profondeur palpable. Son style, plus doux que celui d'Harel, évolue et, aussi étrange que cela puisse paraître car ils ont vraiment des registres différents, finit par prendre des accents proche de ceux de son ami.
Poncaral, dont j'avais déjà raconté le parcours, joue avec les vernis et, les colorant avec divers adjuvants assez vifs, il les superpose en strates transparentes, abstraites et très lumineuses.

Poncaral, durant longtemps, a logé chez Julien Gracq, rue du Grenier à Sel, qui lui a d'ailleurs trouvé son pseudo de peintre. Allusion je rappelle au Pontcarral de Ludovic Cahuet. La prmière réunion d'artistes à laquelle ont participé Harel et Poncaral, s'appelait d'ailleurs le GRAC (Groupement Recherche Art Contemporain) et se réclamait ouvertement de l'écrivain. "La mise en relation de la lecture de ses œuvres avec le questionnement qu’induit toute création artistique, a probablement fécondé, sans qu’on sache toujours ni comment ni sous quelle forme, les recherches plastiques des membres du groupe".

Puis Julien Gracq vieillissant, il a décidé de trouver un autre espace pour s'installer. Visitant ce presbytère pour lequel la mairie de Challain cherchait un locataire, il a vu ce qu'on pouvait en faire et a décidé avec Louis Harel d'en faire leur quartier général. Ils ont retapé le lieu, et en ont fait une maison accueillante, lumineuse, ouverte, où ils exposent leurs dernières créations et celles d'un ami sculpteur : Louis Laubignat. Derrière, un immense jardin leur offre espace et légumes : Poncaral est très fier de "son" potager qu'il nous a envoyés visiter illico ! Ils font aussi vivre le lieu : petits concerts privés, conférences d'histoire de l'art, salons qui accueillent les gens du village pour prendre le frais et papoter un peu, et même, juste avant que nous y passions, un pique-nique vintage autour du lac du village, imposant manifestation qui avait attiré plus de 500 personnes dans le plus pur style des rassemblements de voitures anciennes.
Open Eyes continue à se réclamer de l'esprit de Gracq et envisage de participer à des expositions lectures, qui mettront en parallèle des citations de l'écrivain avec des oeuvres construites autour de ses mots.
“ Dans l’absence de tout repère visible, je sentais monter en moi cette atonie légère et progressive du sens de l’orientation et de la distance qui nous immobilise avant tout indice.”
Oui, je sais, vous n'avez pas vraiment de raison de faire le voyage... mais si un jour vous passez par l'Anjou, faites comme nous, faites le détour : vous découvrirez un lieu charmeur, très hospitalier, on s'y installe volontiers pour discuter avec Poncaral, qui habite sur place. Il n'est ni baba cool, ni pédant, ni prétentieux. Il aime sa maison, son art, son village et la halte est délicieuse. Pas besoin d'aimer l'art contemportain pour s'y sentir à l'aise. Et qui sait, peut-être regarderez-vous ensuite l'abstraction lyrique d'un autre oeil !!!

lundi 30 août 2010

UN TRIO DE CHOC

Cela fait partie des surprises merveilleuses que la vie vous réserve. J’ai évoqué il y a peu Emmanuel, baptisé un peu à la légère, mais avec le cœur, fils adoptif de la famille Michelaise. Les filles, vous savez ce qu’il en est de cette amitié un peu « caressante » que nous avons développée, Alter et moi, pour ce jeune homme dont je ne vais pas étaler la vie sur la toile et qui reste pour nous un proche malgré la distance. Il vit maintenant en Chine, dans la « maison du printemps », une sorte d’exploit comme Emmanuel les aime. Une ancienne usine réaménagée en centre d’accueil à vocation multiple et fluctuante, installée à la force du poignet et de la foi dans la banlieue de Pékin. 50 chambres tout de même, une entreprise à la taille des rêves de notre jeune ami.


Emmanuel est en France pour le mariage de son frère, et après une visite à sa famille, un périple sur le chemin de Saint Jacques à Conques, et un passage à Rocamadour, il a tenu à présenter à Marie Claire les protagonistes d’une ancienne vie dont elle n’est pas jalouse, mais qui l’intrigue. Parmi eux, les Michelais, ravis de l’aubaine, complètement séduits par cette charmante épouse, qui pétille d’intelligence, de beauté et de douceur, et attendris par Joseph qui a maintenant 6 mois, et a participé hardiment au voyage, à la marche et autres aventures que son papa entend bien qu’il vive en toute simplicité. Un bébé de choc Joseph, qui s’adapte sans problème aux gites, hôtels, maisons amies, gites d’étape, bref un baroudeur en puissance dont son papa est très fier !

dimanche 29 août 2010

QUAND J'AI DINE AVEC SEGOLENE

Des Daltons en folie dont les drapeaux indiscrets soufflaient au buteur le sens du vent, aux spectateurs envahissant sans contrainte le terrain après le match, l’ambiance était pour le moins bon enfant.

J’ai ENFIN compris pourquoi Alter n’aime pas trop aller voir les matchs de rugby en direct. Vous le savez sans doute, si vous êtes assidus de Bon Sens et Déraison ou simplement si vous vous intéressez au rugby, la nouvelle de la saison c’est que La Rochelle est monté(e ?). Pour les non-initiés, je m’explique : le club de rugby de La Rochelle qui était, avec un succès certain depuis quelques années, en Pro D2 a, la saison dernière, fait partie des deux clubs sélectionnés pour accéder au fin du fin du rugby, j’entends le Top 14. Chaque année, deux clubs « montent » remplaçant deux malheureux relégués qui « descendent » ! Il paraît, c’est Marc qui le dit, donc l’info doit être fiable, que l’aventure dure rarement plus d’une année, les « montants » étant depuis quelques années inéluctablement les éliminés de la saison suivante. Autant dire que, pour La Rochelle, le challenge, ce n’est pas le bouclier de Brennus (l’horrible récompense accordée en grande pompe à l’heureux gagnant du Top 14, brandi comme un trophée magnifique par les joueurs en folie le jour de la finale, qui galopent en tour de piste triomphal sous les vivats de la foule en délire), mais bel et bien d’essayer de rester dans les 14 meilleurs.

Donc, ayant la chance cette année d’avoir à portée de roue des matchs prestigieux, et comme ce sont encore plus ou moins les vacances, j’avais réservé des places pour le match La Rochelle Bourgoin Jallieu. Faut dire que le stade Marcel Déflandres, petit poucet du championnat puisqu’il affiche entre autres handicaps le plus petit budget, a élargi pour l’occasion sa capacité d’accueil à 12000 places, ce qui vous laisse imaginer l’allure conviviale du lieu, coincé entre des HLM de la banlieue rochelaise. Du coup, vu la petite jauge, il est hors de question d’aller voir des matchs prestigieux contre Toulouse, Toulon ou Clermont. 8000 abonnements ont été vendus, ce qui laisse peu de chance de décrocher un billet d’entrée, sauf pour des affiches modestes. C’était le cas hier, et nous n’étions « que » 11500, certains ayant sans doute zappé cette rencontre au demeurant assez discrète. Nous avions la chance d’être au premier rang, et, quoiqu’un peu de côté, cela nous a permis d’être souvent dans l’action.

Où l’on admire la pratique courante qui consiste à s’essuyer les crampons sur l’adversaire à terre, sans penser à mal, et quelques exploits en touche des adversaires…

Le match a été assez vivant malgré la fébrilité des joueurs. Le vent, qui est forcément une caractéristique majeure du jeu sur la côte, incitait les deux équipes à jouer à la main, ce qui, pour le spectacle, est plus prenant. La défense des burgaliens était serrée et nous n’avons eu que deux essais, dont un refusé par l’arbitre. Pourtant le spectacle n’était pas sans intérêt. Les rochelais étaient largement dominés en mêlée, mais ils se sont finalement assez honorablement sortis d’affaire en gagnant par 20 à 12, ce qui leur a permis d’enregistrer leur deuxième victoire sur trois matchs, repoussant un peu le spectre de la relégation incontournable des nouveaux arrivants. On se prend à espérer !!

Mais me direz-vous, pourquoi donc Alter, qui adore le rugby, prétend préférer le voir à la télévision, démarche d’autant plus complexe que, non contents de n’avoir aucun poste de télévision chez nous, nous n’avons plus aucun moyen de recevoir ni de projeter la moindre émission. Un match de rugby, ce n’est pas la parité, loin de là, surtout dans nos provinces. 90% d’hommes et 10% de femmes. Autant dire que les messieurs sont charmants, ils menacent à tout instant de vous plaquer, ce qui m’est tout de même arrivé deux fois hier, et ils engagent très volontiers la conversation. A l’entracte, mon jeune voisin a subrepticement laissé la place à son papa ou à son tonton, qui m’a baratinée durant toute la seconde mi-temps, allant même, c’est le comble, jusqu’à me demander des précisions techniques sur les actions en cours. Autant dire qu’Alter a trouvé que j’étais fort dissipée, et que je ne suis pas prête à le ramener applaudir La Rochelle… Qui sait, nous aurons peut-être des places pour le match contre… Agen ? Mais je sens que ma tendre moitié, qui a beaucoup protesté contre les roucoulades (oups !!! vous voyez comment un amateur de rugby peut roucouler vous ??) de mon voisin de stade, va se faire tirer l’oreille !!

Pourtant, j’avais tout fait pour l’amadouer, nous avons terminé la soirée chez Grégory Coutenceau, aux Flots, lieu très tendance hier à La Rochelle, où se croisait et se saluait avec moult courbettes doucereuses et maints sourires ambigues, la fine fleur de la classe politique socialiste. J’ai un peu triché pour mon titre, en dédicace à Cildemer avec qui j’ai un deal sur le sujet, ce n’est pas Ségolène qui siégeait près de nous, mais monsieur Delanoë et plus loin monsieur Ayraud, pour la plus grande joie de Marc et Fanfan qui nous les montraient avec enthousiasme. Sans eux, et faute de culture télévisuelle, nous ne les aurions guère repérés, tant l’absence de petit écran nous rend balourds. A France Inter ou ailleurs, nous n’avons que le son de leur voix ! Et le brouhaha des conversations, pas si feutrées qu’on aurait pu le croire dans un lieu si fortement politisé, excluait toute entreprise de ce genre.

Marc nous désigna le maire de Nantes d’un geste, en l’appuyant d’un jugement flatteur « ce bel homme grisonnant ». Puis, avisant celui de Paris qui saluaient des connaissances, il émit sur sa santé et sa bonne figure apparentes des appréciations optimistes et satisfaites. Il m’est revenu plus tard que monsieur Delanoë a eu quelques ennuis de santé, et, de toute évidence, Marc se réjouissait de sa forme, comme il l’aurait fait pour un parent ou un ami. J’avoue que les effets palpables de la « peopolisation » me laissent toujours pantoise. En particulier la propension que cela entraîne chez les uns et les autres de s’approprier avec naturel l’intimité des gens célèbres, avec bienveillance et assiduité, et d’en faire en quelque sorte un proche dont les péripéties les touchent. Cela brouille les repères et les cadres sociaux, provoquant chez de parfaits inconnus une empathie surprenante et, avouons-le, hors de propos.

samedi 28 août 2010

EN CHANTIER : THEATRE A BLAYE

Les Chantiers de Blaye fêtent leurs 22 ans… Un festival de théâtre qui a choisi de privilégier la création et les talents locaux. Le site est magnifique, la programmation riche et inventive, et cette année on y rencontre Beckett, Cervantès, Shakespeare, ainsi que des auteurs contemporains, connus (Noëlle Renaude) ou inconnus. L’estuaire est, et cela n’est pas pour nous déplaire, à l’honneur, en particulier avec les pièces qu’on va entendre sur les îles, alliant théâtre et navigation, mots et images.
Cette année c’est vers l’île Patarin que la Ginette nous a transportés. Là,  nous avons trouvé un accueil fort agréable : partout des transats, pour s’installer, flâner, rêver, se reposer entre deux spectacles, dans un cadre vraiment bucolique.

Le thème de la résidence de création était « les petites comédies de l’eau ». Le directeur artistique, Mustapha Aouar, a eu l’idée de confier, dans différents lieux, à des auteurs locaux le soin de rédiger de courts textes célébrant le fleuve local qu’il met en scène ensuite. Il y a eu le Niger, il y aura notre estuaire. L’an prochain.


En attendant, nous avons suivi avec un plaisir inattendu « les petites comédies de l’eau, Niger », jouées par la compagnie de la Gare. La vie, l’amour, la naissance, la mort, 4 textes simples mais efficaces interprétés avec beaucoup de verve par cette jeune troupe.


Les auteurs aquitains, qui participent au projet « Petites comédies de l’eau, Gironde » ont lu leurs textes. Mustapha Aouar leur avait posé comme contraintes "une courte pièce de 20 minutes environ, jouée par 4 acteurs au maximum sur un scène de 3 mètres carrés"... un sacré challenge ! Nous n’avons pu entendre que Dominique Paquet, car les autres spectacles se déroulaient en même temps. Elle avait construit sa saynète autour du thème de l'épave de l'Ardennois qui repose au large de Talmont et dont on aperçoit encore la carcasse les jours de forte marée. Nous reviendrons l’an prochain à Patarin pour voir la mise en scène !!


Un plateau repas fort diététique et délicieux et de surcroît esthétique, arrosé d’un Côte de Blaye bien frais, nous a permis de profiter du lieu tout à loisir.

Sans doute échaudés par de nombreuses mésaventures météorologiques, les organisateurs ont peu à peu abandonné les aléas inévitables du spectacle en plein air. Les représentations dans les fossés de la citadelle, où l’on vous distribuait à l’entrée des carrés de gaze imbibée de citronnelle et des couvertures et où l’on se réchauffait à l’entracte autour d’un grand feu de bois en buvant du vin chaud appartiennent aux souvenirs d’anciens combattants. Le  spectacle de Dario Fo , Johan Padan à la découverte des Amériques, que nous devions voir en extérieur, a été déplacé dans la poudrière, car la chaleur était telle que l’acteur ne se sentait pas le courage de jouer sous une telle canicule. Il faut dire qu’il se livre à un véritable exploit technique, faisant le bruitage, jouant des lumières, et égrenant un texte varié où il joue tous les personnages, et conte avec verve les péripéties de cet aventurier du XVème siècle finissant. La poudrière faisait un écrin parfait pour cette fresque picaresque, mais j’ai personnellement aimé modérément ce spectacle qui m’a semblé long et un peu ennuyeux.
Nous étions venus voir la pièce au nom accrocheur de Visniec « Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux ». Avec un titre pareil, soit on renonce avant d’arriver au bout, soit on se dit que cela doit cacher quelque chose d’intéressant. Et, de fait, Visniec tisse un texte dense et prenant autour du thème de la déchirure familiale, des destinées croisées d’un frère et d’une sœur qui furent ennemis, le drame des parents dont les enfants s’entretuent, l’éternel thème de la renaissance après l’horreur. La vie qui, pour continuer, a besoin que le deuil s’accomplisse et que le pardon s’invente. Visniec manie le verbe avec une souplesse qui rend ses pièces très humaines, rien de désespéré même si le thème est sombre, rien d’amer même si la désespérance est latente. 
Notre escapade s’est terminée par une « version pupitre », un genre que j’apprécie particulièrement. « C’est ma terre, c’est les miens » était un texte de Philippe Touzet, auteur girondin qui conte la vie d’une famille du début des années 20 à la fin des années 50. Les acteurs, installés comme les musiciens d’un orchestre, lisaient leur texte, changeant parfois de personnage, liés par le récit tout en didascalies que disait l’un d’entre eux. J’ai pris plus de plaisir qu’Alter à cette représentation, ce dernier n’appréciant que modérément ce qu’on pourrait appeler un certain régionalisme qui lui a semblé trop simpliste. 


jeudi 26 août 2010

DEVINE...


DEVINE... non ! pas "qui vient dîner ce soir"... mais "où j'ai dîné hier soir" !!! Chez ELLE bien sûr... ELLE ???

Aujourd’hui Emmanuel a téléphoné et comme il voulait aller marcher près de chez ELLE, je lui ai, tout naturellement donné son numéro afin qu'ELLE le conseille efficacement sur les chemins possibles, en tentant de lui expliquer qui ELLE est pour moi… Je reparlerai bientôt d'Emmanuel, mais il me faut préciser qu'il est un peu notre "fils adoptif", une de ces amitiés électives qui parfois vous tombent dessus et vous font au cœur, comme un agrandissement à couleur presque familiale… Faut dire que, côté famille, je ne suis pas une privilégiée, et j’ai pourtant tendance à avoir le cœur extensible !! J’ai donc une certaine propension à me dire qu’il est bon de choisir ceux qu’on aime… Il y a ainsi Pierrette, une maman de substitution qui compte pour moi autant qu’une vraie mère… Et puis ELLE, une sorte de sœurette apparue au détour d’une sympathie bloguée, une copinaute avec qui le feeling a été immédiatement total.

La vue depuis son nid d'aigle... au soleil couchant !

Au point d’avoir envie de se voir, et de se revoir… Nous avions ce week-end une corvée familiale, car malheureusement la famille, celle que la nature vous impose, est rarement facile, et pour se remettre les idées en place, nous avions besoin d’un peu de détente après le déplaisir. Nous nous sommes donc annoncés pour la soirée, et elle nous a invités dans son refuge estival, dont elle vous a déjà souvent parlé dans son blog. Un endroit proprement magique, qu’elle décrit avec beaucoup de talent photographique, et qui est largement plus beau encore que tous les clichés, si beaux fussent-ils. Une soirée délicieuse, toute en simplicité et en échanges spontanés, l’impression qu’on se connait depuis toujours, les confidences qui jaillissent comme des éclats de vie : c’est ça, parfois, le miracle des blogs.
Elle nous a reçus avec élégance et naturel, malgré une journée de voyage et de nombreuses obligations. Sa famille nous a réservé un accueil amical et sincère, et la soirée s’est déroulée comme un rêve. Avouez que ces rencontres ont quelque chose de rare et que, si l’on nous avait annoncé de telles amitiés du temps où internet pointait son nez, on aurait encore cru à une mauvaise blague d’informaticien fou !!!

Le village voisin, visité sous sa conduite, vue par Michelaise, en haut, et par Alter

Le lendemain elle nous a rejoints pour arpenter avec nous le village voisin où nous avions fait halte pour la nuit. Toujours cette étonnante impression que tout est évident : nos rythmes se sont accordés au gré des ruelles et des bords de rivière, nos propos se croisaient sans effort, nos émerveillements étaient identiques et simultanés, bref une matinée fraternelle et au diapason. Mais avez-vous deviné de qui il s’agit et à la rencontre de qui nos pas nous ont portés, Alter et moi, ce week-end ???

Que font les blogeurs quand ils se rencontrent ????

Là c'est pour elle, où se trouvent dans le village en question ces détails pittoresques ?
T'en souviens-tu ?

La solution ? Mais oui... la reconnaissez-vous ?

mardi 24 août 2010

THEBAÏDE ???


Quand on est à Venise, on a spontanément tendance à mépriser les gens autour de nous, mais nous avons tort, car s’il est vrai que, comme le disait Sartre, « l’enfer c’est les autres », force est de reconnaître alors qu’on est toujours l’enfer d’un autre. Venise inflige une blessure terrible à l'égotisme esthète, à tous ceux qui pensent qu’ils seront les seuls au monde à venir se recueillir sur la tombe de Monteverdi ou à prendre un billet d’entrée pour percer le mystère de La Tempête, le chef-d’œuvre de Giorgione.

Et ceux qui y vivent ??? La citation que je vous offre est extraite du billet « ma première fois à Venise » du blog "Italians do it better" de GF, publié après mon invite à raconter vos premières fois (enfin celle de Mandarine). Comme Dona Leon fait vivre Brunetti dans la « vraie » Venise, et non dans le parcours de pacotille qui sert aux touristes pressés à avoir « fait » la ville, certains vivent au quotidien avec les embarras qui vont avec, dans des sites célèbres, à l’année, ou, comme c’est mon cas, épisodiquement.

Mon propos du jour, sujet que j’avais réussi à éviter m’étant promis de ne pas vous infliger le billet annuel d’exaspération touristique, était en fait « comment survivre dignement quand on vit dans un lieu hyper touristique ? » J’ai, tour à tour, tenté l’humour, l’énervement, la lassitude, le soulagement. Même si c’est une fois par an, je finis par avoir l’impression de radoter. Et pourtant, c’est toujours aussi hallucinant, insupportable et long. La technique consiste, surtout en cette deuxième quinzaine d’août, à se reconnaitre entre « locaux » et à compter les jours en se disant « Plus que deux semaines, plus qu’une semaine… » mais le fait est là, pénible, toujours imprévu, et inévitablement insupportable. D’où nous vient ce malaise incontournable que rien ne peut effacer ?

La première raison en est le comportement totalement grossier des touristes du mois d’août : il n’y a qu’eux qui constellent le petit bois derrière chez moi de papiers gras, de canettes écrasées et d’étrons couronnés de papier rose. Cette année, on a dépassé les bornes, c’est devant mon mur, en pleine rue, que nous avons eu droit à l’excrément couleur Barbie dégénérée. Même les services municipaux de nettoyage n’en peuvent mais, tout occupés qu’ils sont à redonner chaque jour à la plage une allure supportable. Les bouteilles vides jetées dans les jardins, les tags qui fleurissent comme pâquerettes en alpages, les voitures garées devant votre portail pour descendre plus vite à la plage, les commerces impraticables, les cris, les pleurs d’enfants, les chiens pissant partout et les odeurs corporelles agressives dans tous les lieux mal ventilés, bref, tout cela vous rend la vie glauque. Toute votre volonté de n’en rien voir se heurte à chaque instant au côté envahissant de l’invasion fatale. Les aoûtiens sont redoutés car jamais, les touristes on connait par ici, personne n’ose se comporter avec un tel manque de civilité. La parade contre ces errances grossières consiste à rester cloîtrer derrière ses murs, en évitant soigneusement de sortir aux heures de pointe, qui durant le mois d’août durent à peu près 24h sur 24.


La deuxième raison tient au sort qui est fait, pour un simple caprice du calendrier, à notre lieu de vie. 11 mois sur 12, vous vivez dans un endroit qui semble à tout être censé un arrière-pays, un trou du c… du monde ainsi que certaine municipalité du joli village de Pont l’Abbé d’Arnoult a décidé d’appeler avec modestie son Festival. Les errants de l’été vous regardent comme des martiens à l’idée que vous puissiez survire là, quand les touristes auront quitté les lieux et que les rues auront retrouvé cette tranquillité qui leur semble mortelle. Ils compatissent même sincèrement sur ce qu’ils pensent être un sort insupportable : le calme, le vide, le silence. Et pourtant, durant ces 11 mois, l’endroit est sublime, un petit coin de nature préservé, des avenues larges et sobres, des plages battues par les vents et arrosées de soleil, des marées qui n’appartiennent qu’à vous, des magasins accueillants et des commerçants détendus.
Puis, brusquement, tout change et votre maison qui ne valait pas pépète à la location car personne n’aurait voulu vivre dans une telle paix, votre rue qui n’aurait jamais attiré la moindre voiture tant elle est hors des circuits habituels, tout cela devient, par l’effet magique d’une étrange élection au rang des lieux fréquentés, une foire insupportable où promeneurs et véhicules se pressent, encombrent, s’arrachent des places devenues improbables et s’invectivent avec un total manque de courtoisie. Le prix des denrées prend au moins 50%, les queues pour obtenir un simple pain ou un kilo de courgettes s’éternisent, les déplacements deviennent de vraies aventures. Les places sont rares voire inexistantes, les loyers sont multipliés par 10, par 20, par 100 qu’importe… cet endroit sans charme et sans valeur jusqu’au 30 juin devient le 1er juillet secteur de luxe, lieu tendance et villégiature de rêve. Comment tout peut-il changer ainsi, sans coup férir ? Cela a un côté assez déstabilisant, on perd ses repères et on ne sait plus ce que l’on vaut, envié, jalousé, vilipendé ou insulté même d’avoir la chance de vivre ici où tout est, depuis hier, échangé à prix d’or. On se retrouve propriétaire d’un endroit privilégié alors qu’on vivait au bout de nulle part. Et où aucun de ceux qui vous agressent n’auraient envie de passer leur année, prêt à vous plaindre d’y être contraint.


Cette dure période de l’ « aoûtisation », du tourisme de masse et de l’invasion balnéaire est longue à supporter. Rien ne semble justifier pour nous, qui n’en vivons pas, les inconforts de cette presse touristique, les excès de comportement de ceux qui viennent ici vivre des vacances attendues et rêvées toute l’année, et forcément décevantes. Eux sont énervés, tout est prétexte à râler, la moindre contrariété engendre des cris, de revendications. Ils paient si cher qu’ils voudraient le faste. Et ils n’ont que la foule et le bruit, la cherté, l’inconfort, au mieux la commisération, au pire le rejet. Quant à vous, quelque soit le désir que vous affichiez de vous montrer au-dessus de l’agacement, au bout de quelques jours vous tournez au misanthrope, vous virez à l’ermite, vous sombrez dans la déréliction. Vos semblables vous exaspèrent, ils puent, ils sont bruyants, mal élevés, voleurs, vous cachez les poules et fermez les clapiers ; cette ambiance devient insupportable, et vous, vous devenez intolérant. Ou simplement claquemuré, claustré, caché. Seulement capable de compter sur vos doigts le nombre de jours qu’il vous reste à subir d’ici la fin du mois. Votre maison perdra alors les 9/10èmes de sa valeur, votre village n’intéressera plus personne, votre plage sera désertée, mais au moins, vous vivrez ! Enfin !!

dimanche 22 août 2010

CIEL DE SAINTONGE

Problème internet toujours pas résolu, encore 15 jours m'annonce sans rire SFR : je suis toujours au régime "marches du centre social" et clé 3G (d'où une consommation limitée aux urgences) cela me gêne surtout pour venir sur vos blogs et je suis toute contrite de ne plus passer chez vous mais bon, toute panne a une fin, non ????

CIEL DE SAINTONGE
Toutes les sorties ne se terminent pas en eau de boudin et notre soirée à Fontdouce, mercredi dernier, a heureusement été, du pommelé du ciel saintongeais au talent des interprètes, une parfaite réussite.


L’abbaye de Fontdouce, pour moi qui n’ai pas de réels souvenirs d’enfance, fait partie, les filles, des souvenirs de votre enfance qui me tiennent lieu de passé personnel. A l’époque, certains 15 août, avant de célébrer le plus dignement possible avec cadeaux, gâteaux et feu d’artifice à l’appui, vos deux fêtes rapprochées (Marie et Hélène pour les non-initiés), je vous trainais au pèlerinage de Notre Dame de Fontdouce. Nous faisions à pied, accompagnant de la statue de Marie portée par des gitans qui chantaient à tue-tête dans les chemins creux, le parcours jusqu’à l’abbaye où une messe était dite en présence d’une foule assez nombreuse. Celle-ci, massée dans la salle capitulaire, attendait impatiemment notre arrivée incertaine, car nous trainions fort en route, tous ravis de chanter et de faire halte sous chaque chêne ou auprès des lavoirs et des fontaines. Il faisait chaud en ce temps-là au mois d’août !! Depuis 17 ans maintenant à cette cérémonie traditionnelle s’ajoutent, durant les jours qui précèdent l’Assomption, des concerts qui sont devenus un vrai Festival, sorte de pot pourri de goûts et de couleurs : des contes, du jazz et de la musique classique.

Vous connaissez tous le sort de nombreux édifices religieux à la Révolution Française : vendus comme biens nationaux, ils furent investis par des agriculteurs qui firent des églises leur grange à foin, des presbytères leur habitation et des réfectoires de moines celle de leur bétail. Les ancêtres des frères Boutinet furent naturellement de ceux-là. Ils eurent au moins le mérite d’éviter que les bâtiments ne soient transformés en carrière de pierre pour les constructions des alentours. Lorsque Jean-Pierre et Gérard héritèrent de l’abbaye, ils avaient respectivement 23 et 26 ans. Mais ils avaient le désir de réhabiliter les lieux et depuis 40 ans maintenant, ils y consacrent leur talent et leur énergie. Année après année, ils ont dégagé le parloir, la salle capitulaire, la chapelle basse, réhabilité les jardins, et, depuis 2006, décidé de déblayer du remblai qui l’emplissait, la vaste salle des moines située devant la maison actuelle. Un exploit technique qui a permis de mettre à jour et de reconstituer une vaste salle de 33 mètres par 11, jusque là totalement remplie sur près de 2 mètres de gravas et de terre. Toutes les parties hautes de cette salle ont pu être reconstituées grâce au talent de tailleurs de pierres émérites, et on a rajouté un plafond qui fait terrasse devant la maison, créant une superbe zone qui accueille mariages réunions, concerts et soirées diverses.

Mercredi dernier nous avions à 18h30, en vedette américaine, le jeune Guillaume Vincent, 18 ans, premier prix du Conservatoire de Paris avec la mention TB, primé au concours Long Thibaud, bref un petit prodige. Un concert complètement fou, il fait bon avoir 18 ans et l’inconscience de la jeunesse pour enchainer sans crainte la sonate funèbre de Chopin, un scherzo et les 24 préludes du même et la Rapsodie de Liszt. Une technique infaillible ou presque, car sur une telle somme de notes il faut bien admettre quelques ratés qui n’ont finalement aucune importance, et, sous-jacent, l’esprit concours, c'est-à-dire une interprétation pas encore vraiment personnelle, qui correspond à des normes attendues, voire stéréotypées. Quelques jolis moments de sensibilité, en particulier lors que 4ème mouvement de la sonate funèbre, permettent cependant d’imaginer que ce jeune homme a un avenir de soliste !

Après un agréable pique-nique sous les frondaisons du parc et sous l’inimitable lumière du ciel saintongeais, Bertrand Chamayou que nous avions rencontré chez Gérard, écouté à Meschers en trio mal préparé, mais jamais entendu en soliste, nous a offert un moment de pure grâce avec un programme d’une belle intensité et d’une originalité éblouissante. Du Liszt, « les années de pèlerinage, la Suisse », du Franck, et du Saint-Saëns, dont une « Etude en forme de valse » qui est un vrai feu d’artifice technique, autant d’œuvres qui mettaient en valeur son impeccable technicité et sa superbe musicalité.

jeudi 19 août 2010

INSOMNIA


Le film, que j’ai vu dans les deux versions, celle de Christopher Nolan, mais j'ai préféré l'autre, moins connue, de Erik Skjoldbjaerg (oups !!j'ai fait un copié collé du nom parce que vous imaginez bien que je ne le connaissais pas !!) … relate (en plus de la trame policière) de façon obsédante le lancinant malaise que procure l’absence prolongée de sommeil.
Et de fait, nous avons tous vécu la terreur des nuits blanches, l’embarras du sommeil qui vous fuit, les idées noires du petit matin quand le repos est impossible à trouver et cette impression de fatigue qui vous alourdit les épaules quand les nuits ont été entrecoupées de veilles. Pour autant, chacun a son « truc » pour tenter de fermer les paupières envers et contre tout. Une position en chien de fusil, la décontraction maximum avec les bras qui deviennent, selon les termes consacrés « aussi lourds que des sacs de sable », les moutons que l’on compte, nous avons tous tout essayé pour éviter les inconforts de l’insomnie. Les solitaires du Figaro pratiquent, disait-on savamment hier sur France Info, la technique du jeûne pour éviter de dormir, donc un bon repas bien riche peut éventuellement vous aider à sombrer plus vite dans les bras de Morphée. Mais comme votre diététicienne vous a prescrit de manger léger le soir, vous voilà de nouveau devant un dilemme que tous les tilleuls ou toutes les camomilles du monde n’arrivent pas à résoudre.


Alter, beaucoup plus sujet que moi à ce genre de contrariété ( il prétend avec envie que je suis une marmotte) a trouvé deux techniques : la première consiste à revoir mentalement ses partitions en cours et à s’exercer à blanc sur le drap à jouer des passages difficiles, l’engourdissement venant assez rapidement devant l’effort mental que cela lui demande. Si, cela arrive, cela ne suffit pas, il se lève, va jouer du piano (on habite loin de tout voisin susceptible de s’en offusquer) et revient souvent apaisé et bâillant.


Quant à moi, tout petit loir que je sois, il m’arrive aussi, rarement je l’avoue, d’ouvrir l’œil en plein nuit et de redouter de ne pouvoir le refermer. J’ai donc, moi aussi, ma technique, qui a fait ses preuves et qui va vous faire bien rire. Elle m’a été inspirée par un des patients d’Alter qui avait la particularité incroyable et unique de s’endormir sur son fauteuil. Incroyable car les gens qui viennent le voir sont en général morts de peur et très loin de la somnolence, au contraire c’est plutôt l’excitation et la vigilance extrêmes. Intrigué par cette particularité inédite, Alter avait demandé à ce brave homme comment il faisait pour dormir de si bon cœur à proximité immédiate de la terrifiante « roulette ». Le monsieur en question était chef d’entreprise et pratiquait de nombreux déplacements dans les 4 coins du globe pour y vendre un produit improbable et qui impose d’avoir un marché étendu pour gagner sa vie : des pagaies. Ainsi, il avait besoin de dormir facilement en tous lieux, aéroports, avions, trains etc… Il avait déclaré en riant à Alter « je dis des dizaines de chapelets, c’est très efficace ». Forte de cette anecdote j’ai un jour testé le truc… et je vous avoue que je dépasse rarement les 2 ou 3 « je vous salue Marie » avant de m’emmêler les pinceaux dans le texte pourtant fort simple et de ronfler copieusement, au grand dam d’Alter qui me dit pourtant gentiment, d’un air indulgent « Tu es tellement attendrissante quand tu dors » !!!

Et vous alors, que pratiquez-vous quand le sommeil vous fuit ? Je suis sûre qu’en mettant tous nos « trucs » dans le même panier, nous allons tous devenir des dormeurs de première classe !!! L'article est dédié à Autour du Puits qui me l'a inspiré !! J'espère que, grâce à votre esprit de solidarité, elle trouvera dans les commentaires des solutions aussi efficaces que farfelues... Comme je ne peux pas aller lui lire "Le Merveilleux Voyage de Nils Holgerson", faut trouver autre chose....


Pour les filles : en souvenir de la lecture du « Merveilleux voyage de Nils Holgerson » qui a bercé votre enfance, et sur les ailes de qui vous partiez en vadrouille au moment délicieux des lectures du soir !!

mercredi 18 août 2010

BONNE(S) FETE(S) LES FILLES !!

Avec un peu de retard, billet pour la fête de Mandarine : croquée pour elle à la Grotte des Arts (heureusement que j’ai pris ce cliché le 15 août, le 16 la peinture, fort jolie vous l’avouerez, était déjà vendue)… cette œuvre agréable d’une certaine Mandarine, peintre de Cognac qui exposait ces jours-ci avec d’autres artistes amateurs dans notre nouvel espace culturel michelais. BONNE FETE MANDARINE !! Tu reconnaitras dans ce billet plusieurs clins d’œil : Venise bien sûr, le chapeau de peintre qui t’inspirera peut-être quelques images d’un temps révolu, un chevalet semblable à d’autres chevalets, une grotte en Charente Maritime, et une Mandarine qui ne demande qu’à s’inventer, se réaliser, s’épanouir.

Et au jour dit, pour la fête de Koka, en souvenir du feu d’artifice familial que nous leur organisions à toutes deux chaque année pour leurs fêtes !!! BONNE FETE KOKA… toujours lumineuse et brillante comme un bouquet final !!!

 
Avec tout mon amour de maman !!

mardi 17 août 2010

ASTERIX EN POITOU

Article dédié à "l'amie de Ségolène", j'ai cité Cildemer qui nous a bien fait rire !!

Finalement, nous y sommes retournés. Avouez que donner Norma (l’histoire de cette prêtresse gauloise éprise d’un proconsul romain qui pousse tour à tour ses compatriotes à la paix puis à la guerre contre l’envahisseur romain en fonction de ses états amoureux) dans un amphithéâtre gallo romain, cela fait classe. Les cris des chœurs qui veulent chasser l’occupant résonnent dans cette enceinte comme autant de bulles gossinyiennes de la plus belle eau ! Quant aux costumes des figurants, Uderzo n’y aurait rien trouvé à redire.

Le site de Sanxay, surnommé en son temps le « Vichy de la Gaule », fut découvert par un jésuite au milieu du XIXème. On y mit à jour, outre l’amphithéâtre, un sanctuaire, un temple et des thermes. Situé à l’époque gauloise, comme aujourd’hui, en pleine campagne, à l’écart de toute agglomération importante, l’ensemble intrigue les archéologues par son caractère majestueux. Près du théâtre susceptible d’accueillir dans ses gradins plus de 6 500 personnes, le temple, qui n’est finalement que la romanisation d’un lieu de culte celtique, déploie son parvis sur une dimension inattendue en un tel lieu et fait penser que les dieux vénérés ici étaient de première importance.

Le brillant sicilien Bellini avait une trentaine d’années quand il composa Norma (et 34 lorsqu’il mourut, ce qui est bon pour la légende, un peu moins pour l’épanouissement personnel), et si Berlioz le traitait volontiers de « petit polisson », tous ses contemporains, Wagner y compris, saluent la richesse de son expression mélodique et la tendresse mélancolique de son inspiration. Certes, alors que les voix et les cordes ont la part belle dans ses compositions, il traite les vents avec une certaine platitude, ce qui gâche parfois un peu les envolées précédentes. Mais son registre est, pour qui aime le bel canto, d’une émouvante éloquence.



L’air emblématique de l’œuvre, Casta Diva, porté aux sommets par Maria Callas (une fois n'est pas coutume, je vous propose quelques minutes de You Tube), reste un immense moment. Et pour un soprano, l'affaire reste à haut risque. Sophie Munteanu, quelque soit son métier, devait être nerveuse et durant l'ouverture, on l'entendait vocaliser en coulisses, enfin sous la tente (gauloise bien sûr) qui tenait lieu de salle d'accueil aux artistes. Elle a été superbe, modulant ce moment merveilleux avec souplesse et sensualité et une personnalité très marquée. La roumaine « tenait » la scène avec panache, le rôle est lourd, virtuose, long et, en plein air, demande une énergie impressionnante. Elle s’acquittait très agréablement de la tache, égrénant avec délicatesse ses arias et sachant respecter ses partenaires en cas de duo ou de trio.

Le rôle d’Adalgisa, pas vraiment secondaire, était servi avec talent et une élégante puissance par Géraldine Chauvet… On se plaint toujours que l’école française ne produise pas, dans le domaine lyrique, de grandes voix, qu’il faille aller chercher des roumaines et autres étrangères pour servir le répertoire du bel canto. Ici on peut faire cocorico et saluer cette jeune voix, belle, ample, juste et fort intelligente dans l’interprétation.

Le troisième grand rôle, celui du romain Pollione, était tenu par un brésilien dont la voix portait peu (il aurait été plus à son aise dans un théâtre fermé) et manquait de souplesse et de délié. Rien de catastrophique cependant, mais on était loin de l’aisance de ses partenaires. S’ajoutait à cela un jeu d’une raideur peu commune. Oh, certes, le livret est assez ingrat pour ce bellâtre sûr de lui, qui s‘éprenant d’une jeune vierge toute pimpante, décide ex abrupto et sans autre forme de procès qu’il ne veut plus de Norma, mère de ses enfants et forcément moins fraiche. Il le lui dit sans ambages et ajoute ainsi au vice d’être l’occupant, celui d’être le vil séducteur de service. La mise en scène de l’œuvre est forcément assez statique, et Pollione n’y a pas le meilleur rôle.

La basse enfin, Wojtek Smilek, bien timbré, ne déméritait pas, loin de là, dans cette distribution équilibrée et bien adaptée aux exigences du plein air. Le chef Didier Lucchesi, un marseillais de 40 ans enroulé dans son écharpe noire pour contrer les vents coulis, impulsait à l’orchestre et aux chœurs des soirées lyriques de Sanxay une sensibilité très latine, vraiment italienne, tout en nuances, tirant parti au mieux de tous ses interprètes et servant avec clarté la partition de Bellini. L’ensemble justifiait donc largement les efforts que nous avons dû déployer pour venir assister à cette soirée lyrique !

lundi 16 août 2010

MINI GOUTTES

Rien de neuf sous le soleil de SFR... je continue à camper au centre social et chez SFR ils s'en fichent éperduement... alors pardon si je ne passe pas souvent chez vous, et si vos commentaires sont publiés avec un temps de retard... mais c'est pas simple le blog nomade !!

 Madeleine, à qui je demandais si elle pouvait venir sortir le chien ce matin car nous allions voir un opéra à Sanxay, me demanda fort logiquement où se trouvait Sanxay… Me rappelant simplement que la jeune femme qui avait pris mes réservations m’avait conseillé, pour éviter les embouteillages de sortie de spectacle, de prendre la direction de Ménigoute plutôt que celle de Sanxay, je lui assénais sans autre forme de procès et sur un air de claire évidence, « C’est près de Ménigoute ». Ce qui en soit, et pour ceux qui n’habitent pas le Poitou, est proprement idiot car Ménigoute est aussi petit que Sanxay et donc aussi peu connu. Toujours est-il que ma Madeleine s’amusa beaucoup de ce nom incongru et plus tard, quand Pascal son époux me renouvela la même demande, « Où est Sanxay » elle lui déclara sans coup férir « A côté de Petit Pluie ». Ben voyons, elle ne croyait pas si bien dire, Madeleine.

Faut dire qu’hier était ce qu’on peut appeler, sans risque d’erreur, une journée de m… Bref, de ces journées qui commencent mal, continuent mal et se terminent en queue de poisson. Vous vous levez aux aurores pour aller chercher votre routeur au point relais le plus proche avant le rush vers les supermarchés des vacanciers affamés, on vous dit que c’est un échange et qu’on ne vous le donnera que contre l’ancien. La foule estivale s’intensifie, les places sont rares, les touristes encombrent la rocade au point que tout déplacement est une gageure, mais n’importe, il faut revenir. Qu’à cela ne tienne, vous revenez, brandissant votre routeur à la main, prête à le réexpédier dans la boîte du nouveau, on vous assène « Non, c’est interdit, il faut une autre boîte ». Vous partez à la recherche d’un carton, les employés sont excédés, les « prend l’air » partout, vous êtes cernée, prête à craquer… Il faut trouver du scotch, mendier de l’aide auprès d’un personnel débordé, déjà fatigué bien que ne soit que 10h du matin, bref la journée galère a commencé.

Cela continue de plus belle quand vous arrivez chez vous, munie de beau routeur tout neuf, vous le branchez, vous faites toutes les manips nécessaires, et… rien… rien de rien. L’adresse IP est manifestement mauvaise, elle commence par 169 alors qu’elle devrait commencer par 192, et la galère continue. Vous appelez le 1077. On vous annonce que cela ne durera pas plus de 10mn à entendre toutes les annonces marketing de SFR, annonces qui vous font miroiter tous les services fabuleux auxquels votre FAI vous donne droit. Le pactole, le luxe, des tonnes d’avantages auxquels vous n’avez pas accès parce que vous n’êtes pas parmi les heureux élus, mais qui existent, cela vous console de le savoir. Surtout cela vous occupe pendant l’attente qui s’éternise.

Soudain, une technicienne niveau 1. Elle vous fait faire les quelques manips que vous avez déjà faites, parce que vous finissez par les connaître, mais il faut vérifier. Et on essaie autre chose, on improvise, on est coupées parce que le réseau de votre portable sature, on recommence tout à zéro, on vous annonce que l’affaire va être transmise à un technicien de niveau 2 (ouaou !!!) via France Télécom, vous appelez France Télécom pour court-circuiter le niveau 2, vous revenez chez SFR, on recommence tout au point zéro, on vous assène que peut-être dans une semaine, mais rien n’est sûr… et voilà, tout d’un coup, internet ne fonctionne toujours pas mais la journée est passée, et il faut partir à Sanxay, via Ménigoute.


Venant de Royan, vous vous trouvez, importunément, dans le « samedi rouge dans le sens des retours ». Votre Tomtom, peu coopératif, vous annonce, relax, 197 minutes de bouchon et une arrivée sur le lieu du spectacle aux alentours de 23h ! Vous prenez des routes dérobées, des chemins de traverse sur lesquels vous slalomez avec ardeur de virage en virage, vous évitez quelques vaches, vous contournez un barbecue villageois, mais tout cela sans jamais croiser personne. Mais voilà, ce que vous n’avez pas prévu c’est que, malgré le soleil insolent qui brille sur la Charente, le Poitou est plus au nord et que là-bas, c’est le règne des « averses intermittentes ». Vous arrivez sous la pluie, votre hôtesse vous accueille avez un air gêné, «Pourvu que l’opéra ait lieu ». Vous avez bien compris que la journée est sous un mauvais augure, mais vous décidez que « Si, si, il y a un peu de ciel bleu là-bas ». Le bureau du festival affiche un optimisme de bon aloi, « Pas d’averses prévues pour ce soir, venez, venez bonnes gens ». L’affaire suit son cours, vous pique-niquez sous un ciel presque dégagé, vous allez vous garer au milieu du millier de spectateurs de bonne volonté qui envahissent déjà le site gallo-romain de Sanxay. Tout se passe dans l’espoir et la bonne humeur. Peu à peu les parapluies s’ouvrent, jolie forêt de couleurs scintillant sous le crachin. Les organisateurs annoncent qu’on attend encore une demi-heure au cas où la météo deviendrait plus clémente. Les pupitres sont enroulés dans des sacs poubelles, les choristes chantent à tue-tête un « Joyeux anniversaire » pour l’un d’entre eux, les violonistes sont inquiets car l’air est très humide, la pluie s’acharne. Ce ne sont que de mini gouttes, mais pas moyen d’imposer cela aux intruments. Et à 22h, on vous annonce que Norma, car c’est l’œuvre de Bellini que vous étiez venus voir dans ces conditions un peu limites, est reportée au lendemain. Que faire ? Inutile de coucher sur place, le chien est seul à la maison et vous n’avez qu’une brosse à dents, vous refaites vos bagages, vous laissez un petit mot à votre hôtesse accompagné du règlement de la chambre et vous réintégrez vos pénates piteusement, en n’étant pas du tout sûrs de revenir le lendemain.

vendredi 13 août 2010

OUSSANT DERNIERE



Ouessant, terre de contrastes :

Ouessant grisaille,

Ouessant lumière,

Ouessant la bleue,

Ouessant colère…

Allez savoir ! Ce sont ces incertitudes, ces contradictions, ces revirements inattendus qui font le charme de l’île. Ces photos ont été prises le même jour, à quelques minutes d’intervalles, parfois simplement en braquant l’appareil d’un côté puis de l’autre. Ouessant c’est le climat océanique dans sa quintessence : imprévu, changeant, capricieux et si attachant pourtant ! Comme Lulu quoi !!!! Qui n’est certainement pas capricieuse, mais forcément inattendue, virevoltante et séduisante ! Sorcière et Sirène...

Grâce à Aloïs, Autour du Puits, voyageuse au long cours, nous savons maintenant qu’Ouessant a son tartan (le lien vous renvoie vers un très sérieux article du Point !!  : le tissu dessiné par Serge Cariou, de Lopérec, reprend les couleurs du drapeau d'Ouessant (le rouge, l'or et le noir), du drapeau breton (le noir et le blanc), le bleu symbolisant l'Armor et le vert l'Argoat. Un carré de neuf points représente les pays de Bretagne et un grand carré Ouessant. Baptisé «Eusa», ce tartan est homologué par les instances écossaises sous le numéro 10.236, ce qui, immédiatement pose ! Il paraît que quelques insulaires ont déjà leur kilt et cela nous promet de délicieuses rencontres lors de notre prochain séjour, car c’est sûr, l’an prochain nous repartons dans les bruines ouessantines qui nous manquent déjà !!! Mais non, je ne suis pas « faux cul », j’ai vraiment aimé ce séjour atypique et finalement très tendance, loin des foules et loin de futilités balnéaires. Même s'il n'y avait pas d'église romane !!

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