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C'était à Saint Palais, la plage du Plantin, le pont du Diable et le puits de l'Auture : le site a évidemment ses légendes que Madeleine, qui a grandi dans ces parages, s'est fait un plaisir de me raocnter. Une histoire à la Roméo et Juliette: Deux jeunes gens amoureux, issus de familles rivales, s'y seraient jetés, préférant la mort à la séparation. On dit également que lors d'une battue aux loups, le Seigneur de Didonne et de Royan avait encerclé les bêtes puis les avaient poussées dans la fosse. (texte trouvé sur Royan agglomération)| Réactions : |

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Du concert, JMV a déjà tout dit, et il m’est difficile, après son analyse circonstanciée et fort documentée du spectacle (là et là), de reprendre les mêmes détails. Inutile de revenir sur Cecilia qui reste la diva incontestée de cette distribution brillante, et qui a même ému Christie aux larmes, même si Nathalie Stutzmann affublée ici d'un rôle peu porteur (je cite JMV : Cornelia qui, pendant deux actes et demi, ne cesse de pleurnicher et de s’apitoyer sur son sort") y tient sa partie avec l'élégance, la gravité et la délicatesse qui la caractérisent. Le registre de contralto est, traditionnellement, moins brillant et moins séduisant que celui de mezzo, mais la personnalité de cette interprète, discrète et pas diva pour deux ronds, est très attachante. La chaleur incomparable de son timbre en fait une artiste qu'on retrouve toujours avec un immense plaisir.
Je reconnais volontiers qu’Andreas Scholl n’avait pas la stature pour interpréter César, sa voix fluide et élégante convenant sans problème pour les airs amoureux, mais n’ayant pas vraiment de crédibilité dans les airs de bravoure. Seule différence notable lors de la représentation du dimanche, la coqueluche du moment, le contre-ténor Jaroussky, était remplacé(e)* par Anna Bonitatibus, une mezzo très agile, au registre musclé et très chaleureux, et je pense, malgré l’enthousiasme absolu de JMV pour le jeune falsettiste, que nous n’avons pas nécessairement perdu au change. Elle a reçu un accueil enthousiaste du public, qui a bravé pour elle, et bruyamment, les interdits d'applaudir. Je ne sais, si j'en crois les assertions de mon maître en références sur le tempérament de la diva (je veux citer JMV), si c'est cela qui a justifié le malaise perceptible de Cecilia. Elle était présente, attentive, mais crispée sur son étole et avait l'air un peu "chiffonnée". Alter prétend que ce sont imaginations de ma part, mais elle m'a semblé assez contractée.

Un détail m'a contrariée : la diction de certains chanteurs était assez confuse et la clarté du texte s'en ressentait. Non que l'intrigue soit passionnante et le livret fort littéraire, mais ce brouet à l'articulation improbable m'a ramenée à des temps où l'on ne savait dire, en entendant un opéra s'il était en italien ou en anglais... Ce pauvre Haendel qui ambitionnait d'imposer aux londoniens encore sous le coup du traumatisme de la mort de Purcell, l'opéra italien, en aurait frémi. Sans doute la "regina" n'avait-elle pas dit son mot sur "les professeurs de chant qui devaient former ses coéquipiers à la pratique de l’italien" ... comme elle le fit, selon JMV en 95 et 96 à Houston...
Par contre, notre admiration pour William Christie n’a pas pris une ride. Et pourtant nous le connaissons depuis ses débuts : les Arts Florissants fêtent leurs 30 ans et le joueur de théorbe, Brian Feehan est toujours le même, quelques cheveux en moins ! Le Grand Bill est le chef baroque le plus respectueux des voix, le plus amoureux de ses chanteurs, le plus attentif et le plus attentionné que je connaisse, mais j'en connais finalement assez peu ! En chair et en os (je veux dire en live)... Non content de diriger avec une sensibilité jamais prise en défaut, et d’interpréter avec beaucoup de caractère, il accompagne les voix avec un respect, une vigilance et un souci de mettre chacun en valeur qui sont d’une rare intensité. Sans doute est-ce cette liberté qu’il laisse aux interprètes qui contrarie JMV, mais en ce qui me concerne, c’est ce qui fait le charme de ses directions, toutes à l’écoute des solistes, valorisant chacun sans souci du prestige. Et tant pis si ses cors sont parfois approximatifs... cela doit nous rappeler les débuts des baroqueux, où il semblait impossible d’aligner trois notes justes, les instruments ayant bon dos pour justifier tous les dérapages. Ce temps est fort heureusement révolu, mais on garde pour les cors une indulgence coupable !
Nous avons bien ri à l’idée que Haendel n’a sans doute jamais connu public aussi silencieux et aussi concentré dans aucune de ses représentations. Guilio Cesare a été créé pour le King's Theater qui avait été monté par un groupe d’actionnaires mélomanes de l’aristocratie anglaise. Peu empressés à financer réellement cette opération, le capital n’était toujours pas libéré 10 ans plus tard, les membres de cette entreprise y disposaient à l’année de salons et de loges pour assister aux spectacles, recevoir, se montrer et pérorer. C’est le premier opéra "privé"qui ait existé à Londres. Haendel en était le directeur musical et y entretenait une programmation, payée à prix d’or, digne du concert de Pleyel : castrats célèbres, soprani recherchées, chanteurs exceptionnels coûtant des prix faramineux, mises en scène brillantes et somptueuses, tout était bon pour attirer et plaire au public. Guilio Cesare, qui a toujours joui d’un succès constant auprès des spectateurs, lui servait pour sauver les meubles et renflouer les caisses dès qu’un autre opéra faisait un four ! Cela n’a pas sauvé l’entreprise, qui l’a en partie ruiné et qui, outre un AVC en scène qui le laissera momentanément à moitié paralysé, lui a surtout apporté de nombreux soucis Ce qui est savoureux est qu’il n’a sans doute jamais rêvé d’un public aussi respectueux, aussi prêt à s’enflammer et aussi sage… Car même interdits d’applaudissements, les rangs vibraient avec une ardeur très inconditionnelle, et le triomphe final n’admettait aucune réticence ! Sans doute est-ce ce consensus un peu convenu qui nous a laissé un peu sur notre faim ! JMV insiste sur la différence des publics entre le mardi et le vendredi soir, on imagine volontiers que le public du dimanche après-midi, dont nous sommes souvent malheureusement, a des particularités encore plus marquées, traditionalisme et a priori, qui en font un convive pas toujours perspicace. J'aime les publics ayant du caractère qui savent acclamer à bon escient et manier l'applaudimètre avec parfois une certaine cruauté !!
* faut-il accorder avec la coqueluche ou avec le contre-ténor ??? avec la coqueluche, je crois, mais j'ai eu peur, ce faisant, de heurter votre sens des voix !!
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Nous avons donc commencé la journée par la séance maquillage des ongles, puis, histoire de faire un peu sérieux, nous sommes allés visiter l’exposition au musée Delacroix. L’atelier du maître, refait à neuf il y a peu, ressemble à s’y méprendre à l’atelier Shaffer au musée de la vie romantique. Koka s'est empressée d'en faire un loft imaginaire, qui, à peu de frais, lui semblait très confortable ! Les dessins, aquarelles et esquisses du maître regroupés par la collectionneuse américaine Karen B.Cohen, constituent un ensemble très cohérent et fort intéressant. Les carnets de croquis, particulièrement émouvants, avec notes techniques diverses, les copies de grands maîtres, les dessins préparatoires pour des oeuvres connues, tout cela forme un parcours complet de la carrière du maître qui trouve, en ces lieux, un écho vraiment attachant. Nous avons joué au jeu des "si je devais en choisir une, ce serait celle-ci" en triant consciencieusement parmi les oeuvres proposées celle qui semblait à chacun devoir être subtilisée à la barbe des gardiens !!

Au sortir de cette exposition, halte à Saint Germain des Près pour régler mes dettes. Depuis des années, je promets cierge sur cierge à Sainte Rita, patronne des causes désespérées et soutien de tout bon étudiant qui se respecte, et, faute de statue de la sainte, bien peu populaire dans nos campagnes, je n'avais jamais tenu mes engagements. Koka en a terminé avec les examens, les angoisses et les incertitudes sont loin, mais moi, il fallait bien que j’en profite pour m’acquitter de mes promesses !!
Après une tentative pour aller visiter l’exposition sur les vanités au musée Maillol, où une queue interminable et malgracieuse (c'est fou ce que le froid peut rendre agressif) s’étendait devant la porte, nous avons préféré mettre à profit le temps qui nous restait avant le match pour se réchauffer un peu. Nous avons découvert le bar à soupes et quenelles Giraudet au 5 rue Princesse, qui offre des formules délicieuses et fort abordables, des soupes originales (la tibétaine, lentilles corail et aubergines, celle aux carottes et lait de coco, la classique potimaron…) des quenelles parfaitement soufflées et quelques desserts agréables, dans un cadre sympathique, qui doit être abominablement étroit à midi, mais était parfait à 15h !!
Il était ensuite temps d’affronter le stade de France. Après une Marseillaise d’autant plus énergique que nous avions besoin d’y croire très fort, nous avons assisté atterrés à un début de match d’une lenteur, d’un immobilisme et d’un manque de punch sans doute attribuables à la température particulièrement basse. Il ne se passait rien et on commençait sérieusement à se demander pourquoi on était venus se geler dans ces gradins inconfortables... quand les français se sont réveillés et nous ont offert un festival : drops, essais, transformations, au total une victoire incontestable et finalement un bien joli spectacle. Soirée paisible et pétillante, il fallait arroser la victoire et fêter la Saint Valentin, ce que nous avons fait avec ardeur et bulles à profusion ! La bouteille de champagne n'a pas fait un pli !


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Puis, pour vous montrer que je n'ai pas triché (j'ai juste jeté 3 tickets de caisse fripés) le contenu du susdit sac, jeté ex abrupto par terre...
La case "money" : le carnet de chèque en cours n'est pas dans le joli protège chéquier prévu à cet égard, deux vieux carnets subsistent malgré leur inutilité apparente, ils ont servi à prendre des notes vite fait. Les billets ne sont pas rangés et le porte monnaie, pour une fois, est fermé. Tout va bien !
Et enfin, à part, la case "indispensables", dont je ne me séparerais sous aucun prétexte et qui me suivent même quand le sac reste à la maison : le moleskine, les clés de voitures (pas perdues puisqu'elles sont là !), le Cybershot (qui une fois sur deux est en charge au lieu d'être à sa place, d'où les photos téléphone), la précieuse petite boîte avec toutes les cartes possibles, dont la Bleue et la Vitale, et... le téléphone portable sans lequel je ne peux plus tenir de blog !!!| Réactions : |
La Dame de Trèfle : Alter n'avait guère envie d'y aller, mais j'ai insisté, curieuse et désireuse de changer d'air. Pour le changement d'air, pas de problème : la peinture lugubre, sur un rythme poussif et vaguement angoissant, d'une immense pauvreté mentale : le monde des bistrots et des jeunes sans avenir, des petites embrouilles et des dérapages. Un environnement sordide, des personnages paumés, une ambiance sinistre... Le tout parsemé de dialogues plats et de considérations vides. Les personnages sont des caricatures, tristement plausibles. Un film improbable, pourtant bien joué mais qui, se voulant art et essai, traite d'un milieu glauque et calamiteux qui ne sait retenir son public. Encore qu'on ait vu réussi dans le genre, mais là, c'est trop lent. 30 minutes de trop ça c'est évident... quelques bonnes idées sans doute, mais qui ne parviennent pas à émouvoir. Une fin bâclée, tirée par les cheveux et finalement une grande impression d'ambition ratée. L'attachement excessif entre le frère et la soeur, leur quête désespérée d'identité, ce mélange confus de noirceur et d'enfance auraient pu aboutir, mais la sauce n'a pas pris.
Le film de Jane Campion, Bright Star, c'est moi qui trainais les guêtres pour aller le voir. Alter m'a accusée d'y aller avec un a priori négatif et de n'avoir pas su, ou voulu, l'apprécier. Oui, c'est superbement filmé, oui malgré les 2 heures que dure le film et la fragilité de l'intrigue, on ne s'ennuie pas. Le montage est précis, au millimètre et, bien que ce soit "un film en costumes", cela ne vire jamais à la caricature. Pourtant Dieu sait que les froufrous y sont lourds !! Le rythme, lent, est parfait, totalement adapté au propos, et chaque scène s'incruste dans la précédente avec évidence. Le propos est d'une délicatesse absolue, et j'avoue que tous les personnages sont cernés avec précision et vraisemblance.





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