mardi 30 novembre 2010

EN DOUCEUR...

Paquet à ouverture facile !! Aux prises avec une boîte à ouvrir, vous faites comment, vous ? J'avoue qu'en ce qui me concerne, je tire, je pousse, je déchiquète, je m'énerve contre le système d'ouverture mal fichu, voire, je prends un couteau et je trucide ! Mais non, je ne suis pas violente, quoique... un jour j'ai, de cette façon barbare, piqueté de coups de couteaux irrémédiables une fort belle table de massage que je venais de recevoir, trop bien emballée dans un carton hermétique. Elle garde les traces de mes agressions régulières, son impeccable revêtement de skaï ayant à tout jamais perdu, sous mes attaques vengeresses, sa superbe.
Alors, un paquet de biscuits, une boîte de lessive, un emballage de pâtes, oups, faut que ça saute ! Foin de l'ouverture supposée facile qui demande des lunettes, un dictionnaire, voire un papier et un crayon pour prendre des notes. Parfois, le paquet éventré crache avec fureur ses coquillettes ou sa farine et j'en suis pour mes frais. Moi qui voulais gagner du temps, j'en suis réduite à ramasser, essuyer, éponger, épousseter.
Et la suite des événements n'est pas triste non plus, car le malheureux emballage éventré, pourtant conçu pour avoir un bec verseur ou un système théoriquement pratique de distribution de son contenu, bâille lamentablement, vous sert 100g de sel quand vous pensez en faire sortir une pincée, et se répand dans le placard comme un pénitent dans le giron de son confesseur. Bref, l'inconfort total ! Il ne me reste plus qu'à vilipender, avec la plus parfaite mauvaise foi, ces fabricants inconséquents qui ne savent même pas contenir le produit dans son paquetage, et ces concepteurs à la petite semaine qui n'ont pas su m'offrir un système d'ouverture ergonomique !
Je ne vous raconte pas la mise en place des appareils ménagers et autres instruments électriques ou simplement mécaniques. Après m'être emparée du mode d'emploi qui commence à vous expliquer qu'il ne faut pas plonger l'outil dans l'eau quand il est branché, ni le mettre sur une source de chaleur intense pour éviter de l'endommager, et qu'il est nécessaire de le porter à la déchetterie quand il sera bon à jeter, je jette l'éponge. Je me dis "cela ne doit pas être si compliqué que cela", et j'agis au jugé. Car je vous assure qu'il faut être diplômé de quelque haute école scientifique pour comprendre le jargon employé, le plus souvent traduction automatique d'un mode d'emploi chinois ou roumain.
Bon, sauf quelque pièce montée à l'envers, ou quelque précaution incontournable oubliée, en général, ça marche ! Quand on pense que lors de la "journée défense et citoyenneté", à laquelle mes deux minettes ont été convoquées vers 15 ans, il fallait soit lire un programme télé, soit déchiffrer un mode d'emploi pour prouver sa culture et sa capacité littéraire, je crois que je serais définitivement classée parmi les illettrés, et Dieu sait qu'ils sont nombreux sous nos climats. Car un programme télé, c'est encore plus incompréhensible pour moi qui ne pratique jamais l'étrange lucarne, et qui ne sais même pas comment ça fonctionne. Vous nous verriez, Alter et moi, tapant comme des perdus sur internet les jours de tournoi des 6 nations, pour essayer de trouver quel jour et à quelle heure joue la France et sur quelle chaîne se tient la diffusion de l'événement... C'est pitoyable et en général on arrive après la bagarre. Sauf si notre ami Marc nous invite chez lui, trépignant d'impatience à l'idée qu'on arrive avec 2 minutes de retard !
Je suis sûre que vous, vous lisez les notices, vous respectez les instructions de montage, les consignes de sécurité, les explications d'ouverture et que vos placards sont bien rangés. Je me dis que, quand je serai grande ? sage ? vieille ? je serai plus raisonnable et plus posée, mais malheureusement, cela n'en prend guère le chemin. Pourtant cela m'aurait évité ce soir de transformer la cuisine en patinoire à la suite de la banale ouverture d'une bouteille d'huile d'olive. Le packaging a encore des progrès à faire, je vous assure !

lundi 29 novembre 2010

MUSIQUE AFRICAINE

Mais si, je vous assure, il s'agit encore de travail !! Regardez d'ailleurs sur la photo, les gens qui sont dans cet amphi sont hyper sérieux, cravatés, hyper concentrés et plein d'application !!
Après une journée de travail donc, une idée absolument géniale pour détendre l'atmosphère : le cours de djembé ! C'est Arnaud Dubroca qui a lancé le concept. Il arrive avec son camion et, à l'intérieur, plus d'une centaine de tambours africains. Il les installe dans les rangs, un par siège, un par participant, et ensuite, pendant une heure, il apprend à son groupe à interpréter un morceau. Il commence par une présentation succincte mais intéressante de la musique Mandingue*. Il nous montre le baton de pluie, que vous connaissez déjà, le Krin (en haut à droite) de Guinée forestière, la calebasse, à la fois contenant pour la nourriture et caisse de résonnance de la Kora : en adjoigant à une calebasse 21 cordes (excusez du peu) posée à 90° par rapport à la courge évidée, on obtient un instrument particulière riche d'un point de vue sonore. Le symbole qui l'accompagne vous plaira j'en suis certaine, car 7 de ces cordes permettent d'exprimer le présent, 7 autres, le passé et les 7 dernières, le futur.

La calebasse utlisée "à nu" retournée vers le sol, donne une sonorité proche de la grosse caisse. Il nous montre ensuite le Tama, qu'il appelle plaisamment l'ancêtre du téléphone portable. En forme de sablier, il possède deux peaux tendues aux deux extrémités, et entre elles, un laçage serré. Le son produit par un tama peut être régulé très finement, à tel point que l´on dit qu´il parle. Le joueur de tama place l´instrument sous son épaule et le frappe avec une baguette courbée de différentes manières en variant la pression sur les cordes qui tendent la peau, provoquant des sons complexes. Le tama permet donc de communiquer à distance : à un ou plusieurs sons combinés, correspond un message : annonce de mariage, de naissance, de fêtes, de marché etc... L'udhu (udu) enfin, instrument utilisé par les femmes des ethnies igbo(ibo) au Nigéria, est une cruche en céramique dotée de deux ouvertures, et émet un son très doux, très modulé qui est très mélodieux.
Après cette présentation, assortie de quelques démonstrations, Arnaud Dubroca engage un challenge original : en moins de 45 minutes, grâce à un sens pédagogique très développé, un mode opératoire parfaitement rodé et un réel talent d'animateur, il nous apprend à jouer du Djembé. Entendons-nous : aucun de nous ne saura véritablement jouer à l'issue de cette séance, mais nous aurons exécuté, grâce à ses instructions et à son charisme assez étonnant, un morceau de percussions d'environ 5 minutes, parfaitement rythmé, bien agencé, polyphonique et très agréable à entendre.

C'est la magie du nombre qui opére : ayant des tambours de sonorités différentes, il suffit de jouer parfaitement ensemble pour donner un son très en harmonie. Ensuite, c'est une question de rythme. Ceux qu'il nous inculque sont simples mais marqués. Il les agrémente de quelques solos, dont la difficulté pour nous est simplement d'en repérer le début, pour lui laisser la "parole" et la fin, pour reprendre parfaitement ensemble. Il nous fait faire, en intro, une imitation du bruit de la pluie, une averse qui nait, enfle, tambourine, explose puis se calme, juste avec nos mains et nos doigts, qui est du plus bel effet. L'exercice est vraiment impressionnant et si vous avez besoin d'un break intelligent pour couper une séance de travail un peu ingrate, ou animer une soirée un peu coincée, je ne saurais trop vous recommander la prestation de Dubroca ! L'exposé de son parcours me donne l'impression qu'il intervient dans toute la France. Ce genre d'animation a, en outre, l'immense mérite de montrer que l'union fait  la force et que de nos incompétences ajoutées, bien canalisées par un meneur qui maitrise, nous créons en moins d'une heure une "oeuvre" très correcte !




* Les Mandingues (ou Mandinka, Mandés) sont un peuple d'Afrique de l'Ouest originaire du territoire occupé par l'actuel Mali. Ils vivent essentiellement au Sénégal, au Mali, en Côte d'Ivoire, en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Burkina Faso et en Mauritanie.

dimanche 28 novembre 2010

CAMPAGNES


A midi, lorsque je mange seule j'aime, en préparant mes pâtes solitaires, le plus souvent avalées sur un coin de table, écouter le Jeu de Mille Euros, dit le jeu d'Emile ! Que celui qui n'a jamais péché me jette la première pierre !! Cette émission culte (on peut le dire non ??elle existe depuis 1958), est forcément tombée un jour au l'autre dans le cornet de votre oreille. Je ne sais vous, mais je la connais depuis Roger Lanzac, suivi de Lucien Jeunesse et de Louis Bozon, avant que Nicolas Stoufflet ne lui imprime son cachet bien particulier. Une émission de plus de 50 ans qui représente pour ceux qui l'animent une sorte de fonctionnarisation de leur fonction ! Ils en ont en général jusqu'à la retraite !
Ecoutant le Jeu de Mille Euros, il m'est arrivé souvent d'entendre au passage, puis d'y prendre plaisir, l'émission qui précède : une sorte d'exception dans le paysage radiophonique national ! Carnets de campagne prend le mot de campagne au premier degré et, le fait est assez rare pour être noté, consacre un quart d'heure d'antenne aux régions, pas même aux mégapôles, non, à la France dite profonde.
Mais plus encore, l'émission met en avant les initiatives locales qui, par leur générosité, leur ingéniosté, leur altruisme, font vivre nos campagnes. Les innombrables projets locaux, les réseaux économiques inédits, les coopératives culturelles qui dynamisent des territoires a priori endormis et souvent délaissés ont enfin, grâce à Philippe Bertrand, la parole. On est chaque jour ébloui par l'imagination, le dévouement, l'inventivité de ces acteurs anonymes, souvent modestes, toujours timides, qui font naître, comme de superbes bouquets de philantropie, les intiatives les plus diverses. Sauvegarde du patrimoine, de l'environnement, télétravail, défense de l'artisanat, humanitaire, festivals, diffusion des patois, sports, les initiatives sont infinies, toujours ingénieuses, souvent généreuses. Et ce petit quart d'heure qui leur donne la parole est une belle leçon d'humanisme qui fait du bien dans le brouhaha écrasant de l'actualité peopolistique. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'animateur est diplômé de philosophie, son émission contient tout à la fois sagesse, sourire, espoir et idéal de vie.
Attention toutefois, si vous voulez l'écouter quelque jour prochain : il y a juste avant, sur la même chaîne radiophonique (vous savez qu'il s'agit de France Inter) l'antithèse à cette émission la plus totale qui soit : le Fou du Roi. Cet absolu contraire de Carnets de Campagne affiche avec arrogance le parisianisme le plus gras, le plus pestilentiel, le plus repoussant possible. Une vraie caricature de gens qui rient de leurs propres saillies, cruelles, désanchantées, amères, avec une complaisance et une autosatisfaction qui paraissent finalement pitoyables. Certes, le ton est drôle mais à quel prix. Et surtout, la délectation que les journalistes ont à faire chaque jour plus veule, plus minable est pour moi, à elle seule, un vrai pensum.

Je suis aussi saisie de ce que, nous, citoyens, ayons une telle satisfaction  à rire gras, un tel plaisir à nous cacher dans des salles noires pour applaudir avec entrain ce que quelques bouffons clament avec une trop lourde grossièreté pour que le propos soit, finalement, crédible. Alors que nous manquons par ailleurs de courage pour, simplement, exercer et faire respecter notre liberté de pensée. L'auto-censure me parait être de plus en plus dévastatrice au nom d'une prudence qu'"on" nous recommande avec une mauvaise foi suspecte. A en croire certains, les sbires du pouvoir passeraient leur temps à écumer la toile pour nous piéger et nous embastiller à la première incartade. Cette psychose de l'omniscience, puissance et présence des cerbères du net et des vigiles de la pureté de nos propos, frise de plus en plus la paranoïa !
En tout cas, et pour en finir avec mon prétexte du jour, quel contraste entre ces deux moments de radio qu'il m'arrive de confronter, pour avoir eu faim un peu tôt ! Carnet de campagne est une vraie lueur d'espoir, humaniste et discrète !

samedi 27 novembre 2010

DERNIERE FOURNEE DE MOTS ADOPTES




MOT ADOPTE
SENS
ARGUMENT
VACILITE
Qualité de ce qui vacille, défaut de fermeté et de constance
Mon portrait en ce moment. Cela fait un peu sérieux et pas drôle du tout mais aurai-je le droit de changer quand... ?
LE "SOT-L'Y-LAISSE"
Justement ce midi on a déjeuné d'un beau poulet de ferme et on a tiré à la courte-paille, le morceau du roi : le fameux "sot-l'y-laisse.Dans le plat il ne resta que des "clopinettes"!
Tout le monde, autour de la table a cherché des mots anciens : bernique, quel brouillamini! on a chicoté, on a poussé l'escarpolette, on s'est cassé la margoulette, on a appelé les marmousets qui jouaient dans la cour.... Tout le monde a joué. Diantre on a barguigné à tire larigot!!!!
VENDEUR D'ORVIETAN
Le vendeur d’orviétan est un charlatan, littéralement un vendeur de faux antidote. 
Je trouve que l'expression sonne bien, pas comme un mot désuet, dont on se rappelle la sonorité mais dont on a oublié le sens, mais bien comme un mot rare et précieux.
GRINGOTTER
CROQUIGNOLE
Fredonner, en parlant des petits oiseaux...
Sorte de pâtisserie sèche et très dure, nous en avons toujours ici, les croquets aux amandes.
Mais j'aime l'autre utilisation du mot comme croquignolet = mignon … comme une friandise j'aime assez
BARAGOUINER
Le verbe baragouiner a deux histoires : l'une populaire, l'autre savante. L'histoire populaire voudrait que baragouiner soit la contraction de deux mots bretons : bara "le pain" et gwin "le vin". Ces mots étaient fréquemment employés par les bretons dans les tavernes où l'on parlait français.
L'autre histoire, celle avancée par ceux qui veulent voir une origine latine à (presque) tous les mots de la langue française, voudrait que baragouiner vienne du latin barbaracuinus qui signifie "barbare". Dans les deux cas, baragouiner désigne le fait de parler une langue de façon incompréhensible.
PATENTEUX
Personne qui fait des réparations ou des inventions originales avec peu de moyens. Il vient du mot « patenter » : organiser ou inventer.
Parce qu'au Québec, on a la réputation d'être de bons patenteux... en d'autres mots de se débrouiller avec ce que l'on a. Je suis très fière de ce mot !
ESTAMINET
Café ou salle de café où l'on peut fumer. Par extension petit café populaire (D'autant plus désuet puisqu'on ne fume plus dans les cafés ! )

BARGUIGNER
En général "sans …" c'est-à-dire sans hésiter

MIRIFIQUE
Définition en 1901: se dit pour admirable, avec une pointe d'ironie. Définition de 1924: étonnant, merveilleux, surprenant... Définition de 1989: étonnant, mirobolant, prodigieux.

CALAMBREDAINE
Billevesée
Ça sonne bien en bouche. Nos blogs n'en usent que rarement!
BENAISE
j'suis bien j'suis heureuse 

Josette
FALZAR

Pour changer du "jean"
Françoise DeA
PROCRASTINER

C'est Patrick qui l'a choisi
ENAMOURE
Ma définition c'est être amoureux, mais avec ce côté un peu niais, dans la lune, pas trop dans la réalité, un peu dans la molesse, que donne parfois l'état amoureux 
On ne l'entend plus guère !
Goerg-Friedrich
CLOPIN-CLOPANT

C'est un peu clopin-clopant que je viens commenter ton blog aujourd'hui !!
S'ARSOUILLER
Je n'en connais pas l'étymologie, cela vient peut-être de l'argot. 
Je confesse un faible pour le terme "s'arsouiller" - plus marrant que "s'encanailler". 

vendredi 26 novembre 2010

LA PIU BELLA DEL MONDO !

Mes lecteurs, je vous adore !!!! Mais non, je vous jure, je ne fais pas d'électoralisme, ni de vile démagogie ... Vous êtes INCROYABLES ! Je vous parle de mots perdus, et vous réagissez comme un seul homme, tous prêts à vous lancer dans l'adoption (le dernier tableau est en cours !!). Je vous demande si vous jetez ou si vous gardez, pas de problème, vous y allez de votre point de vue. Je tente l'insomnie, et nous partageons nos "trucs". Je vous tympanise avec les saints patrons, et vous ne réchignez pas : en quête de protecteurs, tout le monde écluse les calendriers. Vous êtes, tout simplement, FORMIDABLES, et je suis certaine que la plupart d'entre vous lisent Bon Sens et Déraison rien que pour le plaisir de vos commentaires !

Alors aujourd'hui, profitant de votre inépuisable confiance, je vous propose un poème trouvé sur le net, sur un site qui parle longuement du mythe de Narcisse (ici, , et !). Je l'ai particulièrement aimé, donc je vous propose simplement de le lire à votre tour, et, si vous l'appreciez, de visiter le site de son auteur. Pardon ??? Qui dit que je fais du népotisme ? Koka, c'est pas ma nièce, c'est ma fille, et moi, sa maman, je trouve que ce qu'elle écrit, long, court, sérieux ou humoristique, est délicat et formidable. Bon, je vous l'accorde, mon jugement est quelque peu partial, mais, Siù ne me contredira pas : en Italie, votre enfant est TOUJOURS "il più bello del mondo", je dis bien "del mondo". Alors, arguant de mes racines gaétanes, je ne vois pas pourquoi je me refuserais ce plaisir. Je suis sûre que vous me pardonnerez cette crise aigue d'affectivité débordante ! Et que vous lirez ces quelques lignes avec simplicité et abandon. Je suis tellement contente de vous les faire partager.
Et cela vous reposera : dispensés de commentaires aujourd'hui..., Koka trouverait qu'ils sont téléphonés !! Si vous avez envie d'en lire d'autres, allez sur Anamorphoses, Mise en Maux ! Entre les mille et un petits bonheurs, les alexandrins, les calligrammes, les vers libres, la tradition des formes et d'autres fantaisies poétiques , vous découvrirez un goût du mot et du son qu'il produit, rond en bouche, parfumé, plein, délicieusement choisi, qui pourra vous plaire !

Je revois cette source à l'eau inaltérée
Qui ondulait, diaphane, à l'ombre des noyers;
Pas un regard n'avait troublé sa chasteté.
Je revois cet instant de paix inextinguible.
  A l'heure où la ferveur abandonne ma peau,
Je me souviens, Narcisse au regard baptisé
De tant de gouttes d'eau salées, je me souviens...
  Moi qui n'avais jamais aimé, en mirant l'eau
Je me suis fourvoyé dans l'abîme abyssale
et saturé de sentiments enchevêtrés.
J'aurais dû mourir là, noyé dans ce regard,
Ignorant l'imposture des dieux, apaisé
Par d'infinis serments prononcés en silence.
J'aurais pu mourir là, mes lèvres baisant l'eau,
Et touchant de mon doigt un reflet d'éternel.
Mais, encore, le destin a voulu se venger
Des amours ingénues que j'avais ignorées,
Laver l'inaltérable affront fait à Eros.
  La morte frondaison et sa chute insouciante
A dérivé, brouillant cet idyllique écho,
Fatale ondulation qui vers moi ramena
Le monde et sa substance, au présent imparfait.
Quand, les yeux dessillés, j'ai vu se dessiner 
Mon portrait pantelant dans le visage aimé,
J'ai senti sur mes joues affleurer un sanglot.
  Oh mon dieu, qu'ai-je fait ? Par les moires trompé
J'ai brûlé mon amour aux ondes fallacieuses.
A l'heure où la chaleur abandonne mon coeur,
Je ne sais me haïr, je ne sais plus l'espoir.
Comme une frêle fleur au fugace destin,
Je prie les dieux cruels pour renaître demain,
Les yeux clos, et je meurs de m'être trop aimé.

jeudi 25 novembre 2010

SAINTS PATRONS


Ce matin, en allant acheter mon pain, embouteillage à Meschers ! Oui, oui, vous avez bien lu ! Nous, qui comptons pour tout déplacement le temps exact de roulage qu'il faut entre deux points, en gros 30 mn pour 30 km, nous qui, sauf l'été bien entendu, pouvons immanquablement prévoir le temps précis qu'il nous faut pour nous rendre d'un lieu à un autre, nous pouvons, parfois, connaître ou du moins pressentir, ce phénomène typiquement urbain de l'encombrement. Oh modeste, je vous l'accorde, deux à trois minutes d'attente au maximum ! Mais assez exotique pour que j'interroge le policier préposé à la régulation de la circulation. La cause ? Une cérémonie au Monuments aux Morts. Comment, le 25 novembre ? Quelle victoire fête-t-on donc ? Ou quelle défaite, car aujourd'hui, à force de repentance et de regrets éternels, on finira un jour par célébrer nos hauts faits autant que nos débâcles.
Bref, il s'agit, me dit l'accorte pandore (oui, je sais, l'adjectif est plutôt réservé à la boulangère d'Alter, mais las, j'aime bien, moi aussi, parler à des jeunes gens souriants)  "de la Sainte Geneviève des Anciens de la Gendarmerie". Pas étonnant que les forces de l'Ordre, qui ici, faute d'expérience, ont plutôt tendance à créer un joyeux désordre, soient si nombreuses ce matin !
Et je me prends à penser "Tiens, j'ignorais que Sainte Geneviève fut la patronne des Gendarmes... c'est la patronne de Paris qu'elle a sauvé des barbares et des Francs... mais les gendarmes ??". Et partie sur le thème, un peu démodé mais ô combien réjouissant, du patronnage des métiers, je ne peux résister au plaisir de vous en faire partager quelques perles. Vous trouverez toutes mes sources ici.
Demandez aujourd'hui à un jeune professionnel s'il connait son Saint Patron ? Il vous rira au nez, en se demandant bien de quoi vous voulez lui parler. Et pourtant !! Ces braves saints et saintes mis à toutes les sauces, parfois les plus fantaisistes, pour protéger des métiers dangereux ou simplement exposés, préposés au soutien ou à la défense de leurs ouailles en fonction, le plus souvent, de leurs hauts faits, miracles et autres épreuves de martyrs, c'est parfois assez cocasse. Les corporations, guildes et confréries en tous genre étaient des organisations charitables et professionnelles, qui, sous le patronnage d'un Saint dévoué au métier, se préoccupaient autant de bienfaisance et de secours mutuel que de règlementations professionnelles. A Venise, ce sont les Scuole dont les riches bâtiments nous racontent encore la vie de Saint Roc ou de Saint Georges.

Passons sur les plus connus : Saint Valentin pour les amoureux qu'aucun titre particulier ne destinait à ce rôle : fêté simplement le jour où les romains célébraient avec faste le dieu Faunus Lupercus, dans une grande fête païenne dédiée à l'amour et à la fécondité, il fut désigné par le Pape Gélase 1er en 495 pour contrer efficacement cette célébration. Nicolas, patron des écoliers simplement parce qu'il portait une attention particulère aux pauvres et aux jeunes enfants. Madeleine, patronne des parfumeurs, depuis qu'elle a gaspillé sur les pieds du Christ qui l'avait délivrée de ses démons, quelques flacons d'onguents qui ont marqué l'histoire ! Benoit, déclaré protecteur de l'Europe à cause du rôle fondamental que remplit le monachisme bénédictin dans la diffusion de la culture et de la civilisation occidentale au sortir des ténèbres découlant de la fin de l'Empire Romain.
On comprend aisément pourquoi Saint Matthieu, fonctionnaire zélé qui, un beau matin, abandonna ses registres pour suivre Jésus, se retrouva de facto bombardé patron des collecteurs d'impôts. Les autorités imprudentes n'ont pas pensé que si leurs employés, ainsi parrainés, faisaient tous de même, la gabelle et la patente risquaient d'en prendre un coup !! Saint François d'Assise est devenu le patron des écologistes, même s'il parait assez improbable que ces plaisants drilles aient besoin d'un secours divin dans leur croisade. Dans les classiques, on trouve Saint Luc qui chapeaute les peintres parce que la légende lui attribue la réalisation d'un portrait de la Vierge. Patron aussi des médecins parce que son évangile, soucieux de précision et de véracité, utilise des teremes techniques appropriés pour désigner les maladies de ceux que Jésus traitait. Saint Pierre patron des maçons, cela ressemble plus à un truisme qu'à une source sérieuse, mais le jeu de mots est dans l'Ecriture "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église", il ne nous revient donc pas d'en rire.
Mais quand on aborde d'autres subtilités, on est parfois surpris de l'inventivité de nos ancêtres en termes de superstition et de peurs ancestrales. C'est ainsi que Sainte Apoline est invoquée contre les maux de dents et patronne des dentistes parce qu'en 249, dans une émeute, les païens se saisirent d’elle, lui firent tomber toutes les dents en lui frappant les mâchoires, puis menacèrent de la jeter vivante dans un bûcher si elle ne prononçait pas avec eux des formules impies" . Voilà qui est savoureux. Sainte Lucie de Syracuse est devenue la patronne des aveugles à cause d'un malentendu : une certaine Lucie, dite la Chaste, dominicaine espagnole  du 15ème siècle, était poursuivie par les assiduités d'un jeune étudiant. Un jour où le désir de ce dernier se fit trop pressant, elle lui demanda : "Qu'est-ce donc qui vous plaît tant en moi ?" Il lui répondit : "Ce que j'aime par dessus tout, ce sont vos yeux !" Alors Lucie rentra dans sa chambre, prit son canif et s'arracha les yeux qu'elle mit sur une assiette. Puis, elle porta l'assiette à son prétendant en lui disant disant qu'il n'aurait rien de plus d'elle. L'affaire plut beaucoup aux peintres en tous genres qui aimaient à représenter cet épisode héroïque sur leurs fresques et toiles, et du coup la Lucie du IVème siècle, dont le nom évoque la lumière, se vit attribuer les aveugles. Les opticiens ayant droit, en ce qui les concerne, à Sainte Claire, ce qui va sans dire ! Sainte Barbe quant à elle, souvent représentée avec une tour ou plutôt un baril de poudre, est la patronne des artilleurs, des artificiers et des mineurs. Un saint patronnage que j'ai honoré dès l'enfance, mon grand-père étant mineur et mon père géologue dans l'industrie pétrolière. La faute au père de cette jeune femme qui voulait la marier, et, ne supportant pas la résistance de sa fille, lui coupa la tête. Ce qui valut au tortionnaire d'être foudroyé sur place.
Que Saint Sébastien qui périt criblé de flèches soit le patron des arbalétriers, et que Saint Laurent martyrisé à petit feu sur un gril soit celui des rotisseurs, ne vous étonnera guère. C'est avec logique que Saint Jacques le Majeur protège les randonneurs, Saint Joseph les menuisiers et Saint Christophe les voyageurs, et, de fait, les automobilistes. On arborait volontiers autrefois une médaille du saint au-dessus du cendrier. Mais comme les cendriers ont disparu des voitures, les conducteurs sont aujourd'hui sans protection ! Saint Jérôme, qui traduisit la Bible, s'occupe des traducteurs et  Saint Gabriel, porteur à distance de la Parole divine, a trouvé tout naturellement sa place auprès des personnels de radio et de télévision. Peut-être ne saviez-vous pas en revanche que Saint Antoine de Padoue a la spécialité posthume d'aider à retrouver les objets perdus parce qu'il retrouva miraculeusement à Brive-la-Gaillarde un manuscrit dérobé. Et parce qu'il en fallait une et que les écritures saintes lui ont donné le rôle de la raleuse qui trime quand les autres festoient, cette pauvre Sainte Marthe est devenue la patronne des femmes au foyer ! Quand on vous disait que l'église catholique était un peu macho !!

mercredi 24 novembre 2010

GRIFFURES

Déjeuner pique-nique sur un banc de Bologne, lézardant au soleil de la jolie piazza San Domenico. On déguste quelques piadine achetées au bar d'en face et on devise agréablement. Le soleil joue sur les feuilles des gingkos qui émaillent l'espace, et il fait bon. Pourtant en face de nous, sur les murs des maisons repeints de frais, des tags. A droite, sur les marches du square, des tags. Partout, sur les bancs, sur les poubelles, sur murettes, des tags.

Pourquoi ce vandalisme ? On en a tellement pris l'habitude que l'oeil ne s'y arrête plus et que l'esprit ne s'en émeut plus. Certains même veulent y voir une forme d'art qui fut, en son temps, et qui est encore défendue comme une marque de liberté d'expression. Parfois, même, on les admire, voire, sur certaines ruines ou dans certains lieux désaffectés, on les trouve bienvenus. Et pourtant, les palais vénitiens tout juste rejointoyés, les maisons de banlieue à peine ripolinées, les murs de jardin amoureusement crépis, rien n'y échappe. Et ceux qui, au nom de la liberté artistique, jouent de la bombe n'ont aucune retenue.


Mais pourquoi sapristi ? Je voudrais savoir, je titille Alter qui se contente de bougonner son aversion pour les dégradations qui nous agressent. Je veux savoir ce qui poussent les tagueurs, ce qu'ils trouvent dans cette logorrhée coloriste. On a pu croire, au début, que le plaisir était d'abîmer, de détruire, de salir, une sorte de révolte contre la propriété, contre l'élitisme, contre le bourgeois. Mais l'argument a fait long feu et mon discours sent le passé. Ils taguent avec naturel, sans forcément vouloir choquer, ni même se révolter. Ils taguent parce qu'ils y trouvent un plaisir. Mais que ne peignent-ils sur des supports mobiles, classiques, quoi, sans endommager la propriété d'autrui.


- Ils veulent être vus ( Tiens Alter me répond, enfin il intervient dans mon monologue !) C'est comme Vuitton
- ???
- Oui, tu sais, les strass, le D de Dior, bref cette manie d'afficher ses marques, de s'afficher, de paraître pour être reconnu, d'arborer des signes supposés distinctifs pour être vu. Donc, exister. Ils taguent pour se faire remarquer. C'est ostentatoire et excessif, il faut se démarquer.
- D'ailleurs, ils obtiennent ce qu'ils cherchent, on le regarde, on les commente, on les photographie même.
Il a raison Alter, c'est un besoin de reconnaissance qui anime les tagueurs, entre droite bling-bling et gauche-caviar, pas facile de trouver sa place ! Le tag est, et reste, une expression qui ne trouve son sens que dans l'illégitimité. Parce que quand vous lisez à propos de l'exposition de 2009 au Grand Palais que son ambition c'était de "sortir le tag de la rue pour le mettre sur la place publique", je ne sais quel effet cela vous fit, mais moi je suis morte de rire ! Et je n'ai guère envie d'aller m'enfermer entre les murs d'un musée pour parcourir les rangs d'une récupération qui doit déplaire encore plus aux tagueurs de l'oubli !

Elle était belle pourtant la piazza San Domenico au-dessus des tags ! On a dépensé des fortunes pour la parer de teintes ocres, rosées, jaunes du plus bel effet.

lundi 22 novembre 2010

ORMAI LA FRITTATA E FATTA...

... AUGURONI !!

Une fois n'est pas coutume, je vais emprunter l'article du jour à une de mes copinautes. Je mets en sommeil la quête des mots à adopter, pour dédier ce billet à notre princesse Fantasy, Astheval, l'auteure de  "Balade avec les Astres" qui tient déjà plusieurs d'entre nous en haleine. Car aujoud'hui Astheval convole en justes noces, et ayant lu dans son blog l'épisode fameux de noces de son héroïne avec un félin, je voulais à mon tour célébrer ses épousailles. Je n'avais, avant qu'Oxygène ne nous recommande d'aller visiter le blog de sa fille, jamais entendu parler de Fantasy. Car même si ma Koka semble en être friande, elle avait sans doute jugé que cela ne pouvait m'intéresser. Et de fait, à part le blog d'Astheval que je lis avec feveur et beaucoup d'attention, je ne suis pas pour autant devenue une adepte de cette littérature de l'imaginaire. Elle présente traditionnelement un ou plusieurs éléments irrationnels, en principe soulignés par une connotation mythique,  et souvent incarnés par l’irruption et l’utilisation de la magie. 

Je tiens aujourd'hui à saluer le mariage d'Astheval et, étant incapable d'écrire moi-même de la Fantasy, je vous propose, emprunté à notre romancière, le récit du mariage de son héroïne, Stellya, avec un "félin" Felty. Le même jour, deux autres félins, amis de héros, s'unissent aussi.

Stellya et Felty arrivèrent en même temps sur la place, acclamés par les villageois. Le spectacle pouvait commencer !
Quand ils arrivèrent face à face, les deux adversaires s’arrêtèrent net et chacun prit un petit tambourin dans une main, frappant en rythme de l’autre. Ils commencèrent à se tourner autour, feignant une attaque de temps à autre. Ils avaient répété des centaines de fois cette danse mais Stellya conservait sa crainte d’oublier un passage ou de se tromper sur un mouvement.
Ils tournoyaient au rythme de leur propre musique, exécutant parfois un saut très spectaculaire avant de retomber sur leurs pieds pour continuer de plus belle. Les félins frappaient maintenant dans leurs pattes, suivant la musique exécutée par le Testö et la Testä. Ainsi que l’avaient espéré les deux danseurs, plusieurs spectateurs prirent leurs instruments et jouèrent en chœur. Au même moment, Stellya et Felty s’élancèrent dans les airs en se visant de leur tambourin respectif. Comme prévu, ils eurent juste le temps d’atterrir et de pencher la tête pour éviter le projectile. Stellya entendit les félins rire et cela lui donna du courage.
La suite consistait en une succession de sauts très difficiles à réaliser. Ce n’était pas pour rien que sa robe était courte. Elle avait bien essayé avec une jupe lui arrivant au niveau de la cheville mais elle l’avait déchirée au cours d’un bond et avait ressenti une vive douleur dans la cuisse.
Enfin, ils atterrirent ensemble, chacun posant un couteau d’os sur le cou de son adversaire.
Sous un tonnerre d’applaudissements, Stellya et Felty capitulèrent et chacun apporta son cadeau. Stellya se retira avec soulagement. Tout s’était bien passé. C’était maintenant au tour de Vargus et Facach qui devaient mimer leur rencontre.
Facach se planta au milieu du cercle et, suçant son pouce d’une main, elle fit tourner son oreille de l’autre. Vargus arriva alors, une épée de bois à la main, bondissant de tous les côtés et frappant le sol du bout de sa “lame”. Il passa près de Facach, lui assenant un coup fictif. Aussitôt, la jeune féline lâcha son pouce et se mit à crier tout en tapant Vargus de ses petits poings. Ensuite, Vargus envoya une gifle que Facach fit semblant de recevoir. Ils se mirent ensuite, sous les rires des spectateurs, à rouler sur la peau qui avait été étendue sur la place. Stellya ne manqua pas de remercier celui qui avait pris cette précaution. Sans ça, la robe de Facach aurait été fichue ! Elle avait passé tant de temps à la préparer que cela l’aurait beaucoup ennuyée. Après plusieurs souffles de lutte acharnée, Vargus prit le dessus et se retrouva sur Facach. Alors, il prit avec délicatesse la main de sa bien aimée et laissa glisser la lame du couteau sacré. Leurs deux sangs se mêlèrent, quelques gouttes coulèrent sur la robe et Stellya ne put s’empêcher de grimacer.
Doucement, le jeune félin se pencha pour baiser le sol et tous l’imitèrent.
Le cercle se referma ensuite sur eux et l’ensemble des villageois les mena jusqu’à la tente où ils passeraient en solitaire les sept jours précédant la communion.
Stellya rejoignit son compagnon et se blottit contre lui. Elle était tellement heureuse pour eux mais elle ressentait une légère déception : tant de préparation pour une cérémonie si rapide ! La musique et les danses seraient pour après la Grande Chasse…
— On y va ? demanda Felty.
Elle acquiesça.
— Si nous fêtions ça ensemble chez nous, ajouta-t-il avec un air coquin.
Il lui prit la main et, comme le jour où ils s’étaient unis, la mena jusqu’à leur tente.

dimanche 21 novembre 2010

SAUVEZ LES MOTS

Un premier point sur l'opération Sauvez les mots ! Voici qui ont déjà été adoptés par certains d'entre vous ! Lulu a relayé, gentille Echo, l'opération dans un article plein d'humour. Quant à vous, si par hasard vous avez raté le coche, n'hésitez pas à lire "J'adopte", et, à votre tour, à me proposer le mot que vous avez envie d'adopter en commentaire sous cet article ou sous le précédent.



MOT ADOPTE
SENS
ARGUMENT
REACTIONS
ZINZINULER
Chanter, gazouiller. Exemple :
Je crois que mon ami a une relation avec la voisine. Elle n'a en effet de cesse, quand elle le voit, de zinzinuler.
J'espère que cette trouvaille te verra toi-même, zinzinuler sous la douche.
Magnifique le "zinzinuler" de Roger ! à placer au Scrabble aussi !! (Artemisia)
ALTER
POTRON-MINET
Soit l'aube, le petit matin. Initialement l'expression était "potron-jacquet". Son étymologie serait "poitron" c'est-à-dire postérieur par dérivation du bas-latin, le jacquet étant l'écureuil, qui a évolué en minet que tout le monde connaît (peut-être pénurie d'écureuils en ville?). Dès potron-minet est donc synonyme de "dès la lueur du jour", dès que l'écureuil ou le chat montre son derrière.

Celles que je préfère, voyons... encore charivari bien sur, et puis "potron-minet", "s'escambiller" (Siu) …
Un "peu" après potron-minet (j'adore et j'use) (Lulu)
Ah potron-minet j'aime beaucoup cette expression que je connais et utilise  (Brigitte)
CORNER

Belle-maman qui avait beaucoup lu Les aventures du canard Gédéon,en avait adopté le langage. Et un jour elle nous raconta à table que dans l'après-midi elle s'était trouvée en panne à un feu rouge pas moyen de redémarrer. Derrière elle cela klaxonnait bon train. Folle de rage elle était descendue de son véhicule et s'était adressée à l'automobiliste derrière elle ainsi:
"Mon brave, allez donc voir ce qu'a mon véhicule pendant ce temps-là ne vous inquiétez pas je cornerai"!!

ETOUPE
Composante fibreuse produite lors du teillage et/ou du peignage des fibres textiles libériennes, notamment du lin et du chanvre. Chanvre non tordu en cordage, qui sert à calfater les navires en bois
"étoupe" en le disant, j'entends "étouffe", on sent bien que c'est un truc qui sert a boucher quelquechose !
Te dire pourquoi ce mot particulièrement ??? de plus on ne l'emploie dans la vie (hors marine) que dans la plomberie je crois ... Il y a de ces mystères !

ROBERTO
Bernard avait turgué la meule de Jean-Claude pour aller furer au dancing: Michèle se laissait volontiers chasper sous son panty
A vous de voir !! Et de comprendre …
entre argot et sixties
Chasper sous l'panty, alors là je retiens avec trois étoiles ! (de Lulu)
BENAISE
j'suis bien j'suis heureuse


S'ESCAMBILLER
Ecarter voluptueusement les jambes.
STP, retiens-le dans sa version coquine, avec un panty à l'ancienne, pas de ces remakes (quel horreur ce mot) que nous avons connu dans les années 70
Celles que je préfère, voyons... encore charivari bien sur, et puis "potron-minet", "s'escambiller" (Siu)
AMBROSIAQUE
A une odeur d'ambroisie, une odeur agréable
Je voudrais citer l'expression "des destins trempés d'ambroisie et de miel", d'André Chénier
L'ambroisie est une calamité, c'est Camille qui le dit (voir l'article chez Lulu Sorcière) et elle sait de quoi elle cause ma gazelle (j'aime bien gazelle) (de Lulu)
CALEMBREDAINE
Billevesée
Ça sonne bien,bien en bouche. Nos blogs n'en usent que rarement !!

SIU
SOUFFLET
Dans le sens de giffle
Parce que ça sonne suffisamment ambigu à mes oreilles (bon sens et déraison...). En plus c'est un peu littéraire, et renvoie à un objet qui a un air ancien lui aussi, et que je trouve assez sympa.
De Roberto : Siu : soufflet ne me paraît pas qu’appartenir à un registre (littéraire, d’époque) différent de celui de gifle. Koikandise le Robert il me semble que la gifle est plus franche, cuisante. Elle marque. Soufflet est plutôt associé à un aller-retour chargé de sens (provoc, intimidation etc.). Mais je suis peut-être là inconsciemment influencé par l’environnement littéraire (on souffletait dans les romans de cape et d’épée pour provoquer en duel..). 
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