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vendredi 29 avril 2011

MIMI...LLE

J’oublie régulièrement de lui fêter son anniversaire, mais il va bientôt avoir 4 ans... 4 années que j’abreuve presque quotidiennement ce blog de billets hétéroclites, que vous avez l’indulgence et lire et, souvent, de commenter. J’avais fêté le numéro 500, toute éblouie d’en être arrivée là… Le numéro 501 expliquait les mystères de cette célébration un peu obscure, puis je suis repartie sur les vagues de l’écriture sans autres états d’âme. Et voilà que 500 autres billets se sont ajoutés aux 500 premiers, avec pour ligne de mire, ne pas radoter, éviter les redites, et, si possible, faire varié. Eviter les monomanies, les sujets qui fâchent, le consensus mou, les discours de zinc, les indiscrétions, les méchancetés, les futilités, les sujets trop sérieux… Bref, s’en tenir au plus près du bon sens, avec, parfois, un petit coup de gueule, ma dose de déraison pour pimenter la sauce.
J’aime bien aussi parler de mes découvertes et suis ravie parfois d’avoir, en retour, des remerciements d’acteurs, d’organisateurs, d’auteurs, restaurateurs ou hôtes. Ils ont lu mes lignes et sont heureux de savoir qu’un spectateur, ou un consommateur a apprécié leur travail. Certains me demandent de mettre un lien de leur site vers mon blog, pour prouver à leurs futurs visiteurs qu’on les aime !! Minuscule utilité sociale, reconnaissance discrète de talents souvent peu médiatisés : j’ai ainsi le sentiment d’avoir remercié du plaisir éprouvé lors d’une soirée de théâtre, d’un festival, d’un bon repas ou d’une visite d’atelier. C’est pourquoi, parfois, mes billets racontent des événements locaux, que personne ne verra de par le vaste monde, recommandent des adresses pas forcément accessibles, saluent des talents injustement cachés… C’est un peu ma collaboration à la mutualisation via la toile.

Au début dédié à mes filles, qui venaient à l'époque tout juste de quitter le nid, j’ai bien dû admettre que ces dernières répugnaient quelque peu à suivre les délires de leur maman michelaise. Si l’une d’elle, titulaire elle aussi d’un blog, passe parfois me voir et me laisse éventuellement quelques lignes, l’autre n’a pas envie de commenter et j’avoue ne même pas savoir si elle lit ces billets. J’ai d’ailleurs failli abandonner, démotivée par l’apparente inutilité de mon désir de maintenir la proximité entre nous, mais j’ai vite repris le collier en me disant que finalement je devais écrire pour me faire plaisir et qu’il était stupide d’attendre des réactions de leur part. Or écrire est pour moi, c'est grâce à Herbert que je l'ai compris, comme tenir un pinceau si j'en étais capable !
Alter est mon lecteur le plus fidèle : depuis le premier numéro, il consacre chaque soir un long moment au billet, et à vos commentaires lecteurs, qui l’emplissent de joie. Je le traite parfois en riant de « voyeur », mais il n’a pas envie de commenter car pour lui l’écriture est un exercice qui ne doit rien à la spontanéité et il passerait un temps infini à peaufiner ses remarques. Donc il me les offre en direct, pas toujours forcément très variées ... « il était bien ton article », mais je suis ravie de cette attention. Et de plus en plus souvent, il se fait mon complice quand un sujet pointe son nez, on en parle et il sait qu'il y aura un billet le soir même. Parfois j’arrive même à le surprendre ce qui, après 35 ans de vie commune, est un exploit appréciable !

Quant à vous, dont le nombre s’est doucement affirmé au fil des mois, vous êtes devenus mon « cœur de cible », ou si vous préférez, ma cible de cœur !! Vos commentaires, sincères, spontanés, pleins d’esprit, toujours attentifs et justes, me vont, chaque jour, droit au cœur. Et moi qui avais rêvé en son temps, de devenir écrivain, j’ai trouvé dans ce mode d’expression une sorte de passe-temps agréable, comme d’autres font du dessin ou du modelage, qui m’apporte de réelles satisfactions personnelles. C’est tellement étrange de se savoir lue, et que « des gens » partagent vos humeurs, vos remarques et vos interrogations ! Chaque billet lu est un réel honneur qui m’est fait et j’en ressens un inaltérable étonnement.

(re)Publié avec l'autorisation de l'auteur !!!

Alors MIMI, comme m’appelle Chic, a décidé de continuer : en se demandant parfois combien de temps va durer cette étrange mais stimulante aventure ? Chic, qui a réalisé cette délicieuse affiche conçue tout exprès pour saluer notre amitié virtuelle, il y a un an ou deux. Chic à qui je dois un de moments forts de mon entreprise bloguistique : quel surprise quand, après quelques jours de silence dus à la tempête Xynthia qui nous avait durablement privés d’électricité, j’ai découvert ceci sur son blog :

LUNDI 1 MARS 2010

Dites les copinautes, est ce que quelqu'un a des nouvelles de Mimi (Michelaise) de "Bon sens et Déraison" ? La tempête n'a pas été cool du côté de Mimi...

Donc MIMILLE, le millième, ne sera pas le dernier ! Vogue la galère… J’ai encore beaucoup de ponts à passer. Merci de votre compagnie, elle est mon moteur et me permet de trouver chaque jour un petit rien à raconter. Même s’il devient de plus en plus dur de ne pas me répéter. Jusques à quand ?

PS en fait ce billet est le numéro 1001... mais je ne pouvais pas retarder le clin d'oeil à Chic, il photographiait le Pont des Arts dans un sens à peu près au moment où je prenais un cliché juste en face de lui !

jeudi 28 avril 2011

EN ECHO A CHIC


Autoportrait(s) pris le même jour, à la même heure depuis le pont que Chic nous offre dans un récent billet !! Jeudi 28 avril

EMPOTEE MAIS GOURMET(TE)


Aujourd'hui, encore une rencontre, avec une copinaute pas blogueuse, mais copinaute tout de même ! Toujours trop courtes ces rencontres, on a tant de choses à se dire et tant à bavarder que le temps s'enfuit à tire d'aile. Au moment de se séparer, on se la joue "je te raccompagne"... car elle devait reprendre le bus pour aller travailler (et bien sûr, je l'avais mise super en retard). Donc, pour avoir encore quelques bribes de papotage avec elle, je m'arrime à sa sûreté parisienne, et nous voilà parties pour la place Saint Sulpice. A l'arrêt de bus, il est temps de se dire au revoir, elle s'inquiète de mon retour, là ça va, je m'en sortirai et soudain "Profites-en, va donc acheter quelques macarons chez Hermé... c'est juste là !". Pas besoin de me le dire deux fois, depuis le temps que je vous entends, vous les parisiens, nous en faire le panégyrique, je fonce.
Le choix est tellement vaste que j'en oublie le 2000 feuilles qui aurait dû me séduire. Je déglutis, je délibère avec moi-même et butine à travers la vitrine, au hasard, cela ne peut qu'être bon ! Une fois mon petit paquet emballé, je m'avise que je ne saurai jamais expliquer à Alter ce que contiennent ces délicieuses douceurs, je demande donc l'autorisation de photographier les descriptifs... Pas question, me dit-on fort aimablement, voulez-vous un crayon ?? Moyennement malin !! j'obstrue la queue en griffonnant sur mon carnet mais l'ambiance est calme si l'on en croit l'affiche de l'entrée(il faut cliquer sur la photo pour la lire) ! Y a qu'ici qu'on voit des choses pareilles... sauf qu'on retrouver ce genre de floklore à Meschers aussi, dès que la foule estivale vient s'agglutiner devant le "fournil de grand-mère" !!

Et voilà !! vous donnez à Michelaise une poche très chic, avec toute la délicatesse qui sied à un tel endroit, et elle repart d'un pas sautillant en vous balançant cela comme un vulgaire sac de patates. Résultat des courses, l'ensemble est arrivé un peu désordonné et je sens que vous allez me trouver rustre et vous dire en aparté que ces provinciales, décidément, elles sont toutes un peu barbares ! N'empêche, nous avons dégusté tout à loisir nos macarons (dont le tout nouveau à l'asperge verte et huile de noisette, fameux ma foi, vous m'en direz des nouvelles !) et quelques pâtisseries aux noms charmeurs et aux saveurs complexes. Crème brûlée, compote de cassis, biscuit moëlleux au citron, jus de vanille, mascarpone vanillé, sablé breton, j'en passe et des meilleures !! Promis, côté papille, et malgré les avatars que j'ai fait subir à ces savantes compositions, ce n'était pas du beurre aux cochons !! J'ai remis les fraises des bois en place pour la photo et taché de dissimuler du mieux possible les outrages que ma marche chaloupée avait fait subir aux jolis gateaux !

mercredi 27 avril 2011

AILLEURS... MAIS OU ???


Si vous identifiez ma complice, vous saurez où nous sommes pour quelques jours de vacances... et de piano ! Juste pour vous expliquer pourquoi je ne suis pas trop présente sur vos blogs ces jours-ci !

lundi 25 avril 2011

ROME AUTREMENT

Posé discrétement dans une chapelle obscure,  un portait de Jean Paul II qui attend patiemment début mai et la canonisation pour être exposé au grand jour !

 Amour, toujours et partout...

Pigeon en attente de miettes guettant notre départ pour se précipiter sur nos restes !

 Une certaine forme de spiritualité, une spiritualité certaine et de tous les instants.

Comme partout en Italie, la Bella Figura, ici plus encore peut-être pour se démarquer ostensiblement de tous ces touristes dépenaillés...


Et malgré tout, une curiosité toujours en éveil


Il suffit de lever le nez pour être ébloui ...


... le moindre miroir se fait l'écho de beautés innombrables...

... et incontestables !

dimanche 24 avril 2011

POISSON D'AVRIL


Comment ??? c'est passé !!?? et vous en avez marre du phare de Cordouan ! Alter avait raison, je vous lasse avec mon symbole phallique à toutes les sauces... D'accord, d'accord, je voulais juste vous montrer "mon" poisson d'avril, celui qu'elle m'a envoyé pour remplacer le vrai qu'elle rêvait forcément de me coller dans le dos, persuadée que je me serais traînée toute la journée sans m'en apercevoir. Je suis très fière de ce gentil cadeau qui me semble un summum d'ingéniosité. Enfin quelqu'un qui a pensé sérieusement aux pouces de femmes qui ont dépassé la cinquantaine. Et qui a conçu un truc qui résout tous les problèmes auxquels nous nous trouvons confrontées chaque jour, ayant le choix entre l'attente pénélopienne d'un alter pas toujours au rendez-vous, le changement de menu pour cause de bouchon impossible à dévisser ou le fracassage pur et simple du bocal qui vous résiste. Regardez tout ce que sait faire ce petit animal sympa, c'est un bonheur !

Quant à l'histoire des pouces, quand j'avais une trentaine d'années, je trouvais maman bien fâcheuse chaque fois qu'elle recourait à mes services pour une ouverture banale. Elle disait que ses pouces ne fonctionnaient plus à cause d'une mauvaise chute faite en se retenant sur les mains, chute provoquée par "mon" chien ! Bon, j'assumais et j'ouvrais. Mais je me rends compte que maman ne savait pas tout !! Il y a quelques années, j'ai commencé à geindre de la même façon, incriminant non plus le chien mais un déménagement qui m'avait contrainte à user de la pince pouce-index à l'excès, surtout pour la mise en place du contenu de la bibliothèque. Des tonnes de livres au bout de ces 2 malheureux doigts, voilà qui me permettait de donner mauvaise conscience à celui qui m'avait laissée affronter seule cette épreuve ! Du coup, la pince en question ne marche plus. Et tout effort se solde par un cri ou un raté !
Mais le médecin consulté m'a enlevé ce prétexte rabâché à l'envie : cela a certes été un révélateur, mais la rhizarthrose banale dont je souffre est plutôt due à l'âge et à l'usure des articulations qu'aux bouquins transportés. 20% des femmes ont une rhizarthrose et on ne semble pas pouvoir y faire grand chose. C'est une maladie héréditaire, et oui, et qui est plus fréquente chez ceux qui utilisent leur pince pouce-index dans le travail : couturière, horloger, tailleur... Tout devient compliqué, dévisser un bocal, ouvrir une fenêtre, tourner une clé... On peut juste espérer qu'elle ne s'aggravera pas trop, car l'opération n'a pas l'air de donner des résultats éblouissants, et que la fameuse pince restera, sinon utilisable dans l'effort, au moins active pour garder une préhension correcte. Pour le reste, vivent les inventeurs géniaux qui se penchent, enfin, sur les "vrais" problèmes !! Petit poisson deviendra grand... et les inventeurs de produits de ce genre ont un brillant avenir devant eux... car Dieu sait ce que nous réserve la soixantaine !

vendredi 22 avril 2011

ILS SONT FOUS CES ROMAINS


Lu sur un "gratuit" de Rome ramassé à l'aéroport : "Sushi italiens, clients en fuite". Suivait un article intitulé, pour lui donner plus de poids "Enquête", où l'on parle, rien moins que de "psychose". Le ministre de la Santé s'étant fait immortalisé en train de déguster des sushis pour rassurer les populations anxieuses. "La peur croit et les restaurants nippons reçoivent des dizaines d'appels téléphoniques par jour". Et pas pour réserver, non, pour poser des questions sur la qualité des produits. D'où la chute de la fréquentation dans les restaurants japonais, -30% à Vérone, -25% à Venise, -20% à Bologne ou à Rome... Et de quoi ont-ils peur ces italiens frileux ? Ils craignent que le poisson soit contaminé, que les algues soient radio-actives, voire que les carottes soient souillées. Mais qu'imaginent-ils dans leur besoin d'exotisme ? Que les sushis sont fabriqués au Japon et expédiés par avion, pollution nucléaire comprise ? Comme si les japonais n'avaient que ça à faire, de tailler des morceaux de poisson cru, alors qu'ils n'ont même pas assez de vivres pour eux-mêmes. Comme s'il n'existait pas, au Japon comme ailleurs, des règles sanitaires strictes qui empêchent de commercialiser des produits dangerueux. De plus, les feuilles d'algues qui entourent les sashimis sont fabriqués en France ou en Ecosse ! La sauce de soja est hollandaise, les crustacés sont Argentins ou viennent d'Equateur. Quant au saumon, il est, bien sûr norvégien, les autres poissons étant le plus souvent issus de pêches locales, grecques ou italiennes.
Ne jetons pas trop vite la pierre à nos amis italiens. Ils ne sont pas plus idiots ni plus impressionnables que nous, nous sommes tout à fait capables de telles errances de la logique et du bon sens.

Alors que dans le même temps, on s'extasie sur le stoïcisme des japonais. En oubliant qu'ils vivent dans un environnement difficile que nous ne sommes même pas capables d'imaginer. La terre tremble sans cesse au Japon, le jour, la nuit, pendant les gestes ordinaires de la vie courante. Le corps s’adapte, des reflexes se mettent en place et l’instinct de survie permet de survivre. Comme il permet de faire face ailleurs àla chaleur extrême, au froid pénétrant et permanent, à des neiges 6 mois durant... ceux qui vivent ainsi sont conditionnés par des contraintes de l’environnement. Leur culture en tient compte en les intégrant. Cela ne va pas sans angoisse, mais cette angoisse dicte la conduite à tenir. Les morales se contruisent comme des boucliers anti-douleurs et notre cocooning européen nous rend bien insensibles à ce genre de considération.
Situés au 45ème degré de latitude nord ( le Méridien passe entre Saint Emilion et Valence), nous occupons une position privilégiée qui nous épargne tout risque majeur en matière de climat ou de sismologie. Et pourtant quel effroi parmi nos concitoyens lorsque le moindre événement climatique mineur sévit dans nos contrées : au moindre vent frais, au premier signe de sécheresse, aux premières gouttes de pluie, à chaque marée d’équinoxe maintenant, on crie « au loup », on brandit les responsabilités et on affole le bon peuple. Du coup nos réactions sont assez comiques comparées à celles des québécois, des japonais, des maliens ou des peuls.
Et tout cela parce que finalement la peur fait vendre, la peur est un excellent moyen d'agiter des chiffons rouges qui effraient les privilégiés que nous sommes. De plus, elle détourne des vrais problèmes qu'on peut aisément remettre à plus tard. Ce sont les jeux du spectacle permanent, ces alarmes tirées à la moindre inquiétude, ce RISQUE érigé en commandeur qu'il faut amadouer. On réunit des comités d'experts, on fait de pédagogie à bon marché, on nous abreuve de conseils imbéciles. On manie la panique et on joue sur l'émotionnel, au mépris de la simple évidence. Du frisson qui donne l'impression d'être vivant, on glisse à l'affolement et les arguments sont avancés sans grande rationalité, par une presse parfois encline à manier l'argument choc. Voyons, le sushi c'et japonais, donc c'est radioactif. Comment se protéger de ces marchands d'angoisse, de ces faiseurs de frayeurs irréelles qui nous transforment en moutons de panurge du catastrophisme à bon marché ? Peut-être simplement, dans un premier temps, en n'écoutant plus les faiseurs de peur, les inventeurs de fébrilité, les cultivateurs d'inquiétude. Bref, en fermant la télé !! Nous décidons nous-mêmes, de plein gré, de nous soumettre à cette intoxication par cette culture de l'anxiogène et des craintes brandies comme autant de trophées contre l'adversité. Certes, il est valorisant de regarder couler le bâteau du voisin quand le nôtre ne prend même pas l'eau, mais que diable, restons calmes. Et cessons d'accorder crédit à toutes les balivernes dont il est si facile de nous abreuver.

jeudi 21 avril 2011

SEMPER AUGUSTUS


J'ai déjà raconté ma passion pour les tulipes, ces fleurs mythiques et indisciplinées dont les oignons firent l'objet, en des temps qu'on veut croire reculés, de spéculations infernales. Je venais de terminer Semper Augustus, le roman d'Olivier Bleys qui décrivait avec force détails historiques cette folle équipée, dont nous reste la démocratisation totale de ces fleurs généreuses. Côté spéculations, on n'a pas fini de se comporter comme d'incorrigibles galopins, persuadés qu'il est aisé de faire fortune en rien de temps, en suivant une mode excessive. Ce qui est le meilleur moyen de se ruiner !!
Côté tulipes, j'ai décidé à l'automne dernier de surmonter mes incompétences horticoles et les sourires indulgents de Madeleine, ma patiente amie aux pouces verts, et j'ai planté sans grande application, une cargaison d'oignons choisis pour leurs photos prometteuses. Madeleine a regardé avec commisération les feuilles pointer à travers les herbes folles qui ont envahi le carré consacré à ces essais malhabiles.

Et soudain, au retour de Rome, soleil et chaleur aidant, ont surgi des dizaines de fleurs étonnantes, aux couleurs extravagantes, aux pétales déchiquetés, aux pistils conquérants. Bon, certes, je vous l'accorde, j'aurais dû faire preuve d'un peu plus d'organisation car tout a fleuri en même temps, et je me suis trouvée à la tête d'une collection de bouquets qui arrive à épuise ma collection pourtant conséquente de vases. Pas moins de 6 bouquets en même temps, ma maison ressemblait à la demeure d'un négociant hollandais du XVIIème siècle.
Mais cette profustion convient fort bien à ma passion et je ne me lassais pas de faire le tour de mes insoumises : j'observais leurs élancements, leurs débordements, leurs inventions pour s'échapper des vases et continuer à pousser en tous sens, selon un illogisme qui me ravit. Mais le feu d'artifice a été de courte durée. C'est décidé, cette fois-ci je laisse les oignons en terre car chaque fois que j'ai tenté de les sortir pour les replanter l'année suivante, les mulots, les vers et la pourriture s'en sont emparés durant l'hiver. Et l'an prochain, je rajoute au même endroit d'autres espèces encore plus folles !! Qui sait, avec un peu de chance je saurai même manier la hâtive et la tardive de façon à faire durer la fête un peu plus longtemps !
Et comme dans les meilleurs feux d'artifice, alors que je me désolais d'avoir jeté mes dernières fleurs, est arrivé ce matin le plus beau, le bouquet final : le bouquet de l'amitié. Je devine qu'elle a lu quelque jour ce billet "Désobéissance civile" et a retenu mon béguin pour les tulipes, ce qui me rend ce bouquet encore plus cher. Et ne vous étonnez plus, dans ces conditions, que je me répète un peu en soulignant combien est étonnante cette profusion amicale qui pousse sur la toile !

mercredi 20 avril 2011

MAIS AVIONS-NOUS BESOIN DE PRETEXTES ??

Retour sur Rome : mais finalement, avions-nous vraiment besoin des prétextes des expos pour aller profiter de tout cela ???




















mardi 19 avril 2011

HOMMAGE AUX MARIS ET COMPAGNONS !!!


Ben oui ! Ils nous supportent... plus ou moins bien qui sait, mais ils suivent, avec finalement une certaine jubilation, nos aventures de blogueuses infernales ! "Allez chéri, on passe voir une telle"... "Demain, y a machine qui vient, tu sais le blog X ou Y" ... et "chéri" découvre, bon gré, mal gré, nos nouvelles amies, avec beaucoup de bonne volonté. Il participe... Parfois c'est aussi un lecteur, alors "une telle" il la connaît même déjà un peu, car on lui a fait lire tel passage, on lui a montré en riant une photo ou cité une anecdote. Mieux, on lui a déjà asséné, un jour, entre la poire et le fromage "Tiens, y a le fils de Siu qui a obtenu un hortillonnage à Bologne"(oups !!)... ou "A propos, Norma expose à Marseille"(ah ??!!)... ou encore "Tu sais quoi ??? Oxy vient de marier sa fille ! mais si !! tu sais bien, Astheval ! "(oh...!) Et gare à lui s'il prend un oeil absent pour répondre "oui, oui" de l'air de celui qui s'en fiche. Il a forcément alors droit au panégyrique de la blogueuse concernée et se voit prié, poliment mais fermement, de retenir les détails et de s'intéresser d'un peu plus près aux événements qu'on a l'immense bonté de lui faire partager !
Ils suivent ces messieurs, avec bonne humeur, mais oui, car nos rencontres sont pleines de joie et tellement chaleureuses. Ils prennent des photos aussi, car il faut bien que le billet du lendemain rende hommage à l'amitié et aux instants étonnants que nous valent ces échanges virtuels enfin concrétisés. Et puis, elles sont sympas nos copinautes ! Ce qui reste le plus étonnant dans tout cela, c'est qu'on se rencontre avec autant de chaleur que si on se connaissait de toute éternité. Et de fait, ce qu'on a échangé, même sans s'être forcément vautré dans l'impudeur, est forcément plus profond que ce qu'on se dit dans les "dîners en ville".
Vous l'avez devinez, hier, c'est elle qui, telle que je ne l'imaginais pas (je n'ai pas d'imagination !!) mais absolument telle que je la "connaissais", est venue découvrir le repaire de Michelaise et donner corps à un pseudo : Oxy est maintenant bien réelle dans ma tête et dans mon coeur. Oxy est une spécialiste toutes catégories de la rencontre de copinaute, et je suis sa huitième mise en situation ! Incroyable n'est-ce pas ?

lundi 18 avril 2011

GRANDE BRETAGNE, CHILI, FRANCE...

Quelques unes de nos dernières toiles, en vrac !

Je ne sais pas si l'affiche vous attire, mais je vous avoue que lorsque le programme est arrivé, je l'ai barré d'un trait ragueur. Puis je me suis accusée d'obscurantisme et suis allée lire les critiques. Et allée voir le film : bien m'en a pris car c'est un délicieux moment d'histoire, décliné avec optimisme (un peu trop ?) et humour (à l'anglaise) qui mérite doublement d'être vu. D'une part pour le jeu des acteurs, la mise en scène efficace, les reconstitutions soixante-huitardes savoureuses. C'est réjouissant, enlevé, plein de bon sens et mené de main de maitre par Nigel Cole.
D'autre part, il n'est pas inutile de se rappeler qu'il y a 40 ans à peine, il était révolutionnaire, inquiétant, voire carrément inconcevable de demander que les femmes aient, à travail égal, le même salaire que les hommes. Et ce d'autant plus, que, nous le savons tous, les femmes, même en bénéficiant des mêmes grilles salariales, ont des handicaps de carrière que l'évolution des moeurs est loin d'avoir gommées. Une bonne comédie sociale, construite sur des faits réels, qui propose en générique de fin les mamies de 68 se remémorant avec émotion leurs exploits de femmes tranquilles mais déterminées, emportées par l'Histoire, mais tellement vivantes. Apolotiques, n'ayant aucun compte à régler, elles voulaient simplement que justice leur soit faite. Et leur combat contre les syndicats n'est pas le plus facile à mener !!
Les bâtiments de Ford à Dagenham n'existant plus, le film a été tourné dans une ancienne usine Hoover au Pays de Galles, ce qui a mis toute l'équipe de tournage dans l'ambiance ! "Tourner dans cette usine nous a beaucoup aidé parce que tout le monde pouvait ressentir ce que ça faisait de travailler dans un endroit pareil. Par ailleurs, on a essayé d'embaucher le plus de personnes du coin, n'hésitant pas à placer des annonces un peu partout, à la bibliothèque municipale par exemple, et résultat, près de cinquante femmes ont joué les grévistes" dit le réalisateur. Et cela donne une impression de reportage très intéressante.


Un solex, quelques italiens, un monde où l'on peut s'exprimer, et se faire comprendre, par extraits d'opéras "Pentiti, scelerato ! Pentiti !", des conversations ponctuées d'expressions italiennes bien senties "Che vergogna ! Porca miseria ", l'ambiance s'annonçait plutôt bien. Et puis, voir le deuxième Claudel, après le coup de foudre pour "Il y a longtemps que je t'aime", il ne fallait pas rater cela. Claudel passe du drame à la comédie, d'un film de femmes à une histoire d'hommes, d'un film silencieux à  un film bavard... avec les mains de surcroit ! L'histoire est délicieuse, le thème, émouvant et traité avec délicatesse. C'est drôle, enlevé, bourré d'anecdotes et de petits riens entrecroisés qui allègent le propos. Et en plus, on a droit à une direction d'acteurs au cordeau. Parlons-en des acteurs : tous des "inconnus" ou peu médiatisés. Mais qu'ils jouent bien dans l'ensemble ! Stefano Accorsi est absolument craquant, Clothide Courau a une vraie sensibilité, Néri Marcore est totalement crédible dans le rôle improbable du frère pot de colle et réfugié politique. La palme revenant sans conteste à la jeune et délicieuse Lisa Cipriani, 13 ou 14 ans, un tempérament affirmé, un jeu terriblement naturel et une présence au diapason.
Bon, on a le droit de dire que certains seconds rôles sont un peu "justes", et que certaines séquences sont un peu laborieuses. Mais ensuite, ce n'est que du bonheur : la musique par exemple, des tarentelles endiablées aux morceaux de musique baroque sur théorbe et psaltérion, est parfaite et on a envie de revoir le fim rien que pour la réentendre. Oui, la fin est fleur bleue, et alors ?? Que du bonheur vous dis-je. Et l'on croise, ce qui ne gache rien, la légende d'Orphée et Eurydice, des extraits d'Ismail Kadaré et pas mal de références cinématographiques que je ne suis pas assez calée pour décrire. Le film laisse également entrevoir plusieurs hommages au cinéma italien des années 60-70. "Mais tous ces chefs-d’œuvre que j’ai vus dans mon adolescence sont des références un peu écrasantes. Je ne cherche évidemment pas à arriver à la cheville de Dino Risi, de Mario Monicelli ou de Pietro Germi. Juste à tenter, d’essayer d’être dans cette veine-là en passant du rire à l’émotion," explique Philippe Claudel. Alors n'hésitez pas, allez voir, si ce n'est déjà fait, le dernier Claudel.

"Santiago 73, Post Mortem est l’histoire d’un couple en apparence insignifiant et dénué de charme. C’est l’histoire du Chili au moment du coup d’Etat militaire, une des périodes les plus noires et sanglantes du pays. L’idéal de Mario, conquérir l’impossible amour d’une femme, est aussi l’idéal d’un pays, qui tente de conquérir un noble mais inatteignable modèle politique, le socialisme." C'est ce que Pablo Larrain dit de son film. Mais ce n'est absolument pas ce que j'ai ressenti. J'ai trouvé que ce film n'était absolument pas efficace et que le prétexte politique était maltraité (en un seul mot). Au profit des obsessions sexuelles d'un triste frustré, qui finissent par occuper tout l'espace. Certes, c'est bien filmé, très bien même. Mais tout cet univers est tellement glauque, sinistre, minable que je me suis révoltée contre Pablo Larrain : mais enfin tous les chiliens ne sont pas ainsi, c'est inique comme façon de présenter son pays. Et puis, tous ces cadavres qu'on disséque, cet univers verdâtre et froid, cette lascivité envahissante et qui gouverne le "héros", c'est fatigant à la fin. Et long. Le ryhtme est morne et désenchanté, et l'absence totale de prise de position politique fait se demander pourquoi le réalisateur a tourné ce film. Sauf à décrire par le menu la dépression de l'une, l'obsession de l'autre, la méchanceté des troisièmes, on ne voit pas quel est l'argument de cette oeuvre. On en sort mal à l'aise, lessivé, abattu, ce qui n'est tout de même pas ce qu'on recherche en s'offrant une toile !

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