Dans un site superbe mais improbable, sur des coteaux arides on a, il y a fort longtemps déjà (le site parle du XVIème siècle, pour les premiers bassins sans doute), capté les eaux de la Dordogne et grâce à des pompes de relevage, alimenté des bassins et autres lacs artificiels qui se déversent l'un dans l'autre, rafraichissant au passage une flore variée et fort belle en ce début d'automne. Des nénuphars, des lotus d'eau et des quantités d'autres plantes immergées. L'ensemble est tellement bien intégré dans le paysage que ce jardin "construit" semble naturel et sa luxuriance scintille aux rayons du soleil couchant. Une promenade merveilleuse que la traque des grenouilles rend encore plus vivante.
vendredi 30 septembre 2011
mercredi 28 septembre 2011
VIOLA DA SPALLA
Sergey Malov est un violoniste consacré, lauréat de nombreux prix prestigieux et se produisant avec les orchestres les plus illustres. Fidèle des Vacances de Monsieur Haydn, il est jeune, sympathique et fort enthousiaste. Sa virtuosité très "slave" lui donne des sonorités qui enthousiasment volontiers le public !
Sa curiosité naturelle l'a déjà, par le passé, amené à jouer, et au même niveau d'excellence que le violon, de l'alto. D'ailleurs, ses trois instruments sont un violon signé Auguste Bernardel, un alto de Pierre Gaggini et un violon baroque d'Alexander Rabinovitch. Et à l'alto, il a aussi été lauréat de plusieurs concours. Autant dire que l'instrument à cordes est son domaine de prédilection.
C'est pourtant en tant qu'amateur, au sens noble du mot, qui aime et se plait à pratiquer, qu'il s'est présenté à nous dans le cadre du Off, armé d'un violoncelle d'un genre un peu particulier, un violoncelle d'épaule. Mis au point par le luthier Badiarov de La Hague, l'instrument se présente comme un gros violon, assez épais et il se joue tenu en travers de la poitrine, accroché autour du cou par une sangle de cuir. Le son est chaud, situé entre alto et violoncelle et Sergey avait choisi de nous interpréter la 6ème suite de Bach au motif que ce dernier utilise "basse" comme mot pour désigner l'instrument pour lequel il a écrit ces pièces. Pourquoi donc, ne pas jouer ces suites, si souvent interprétées au violoncelle, sur cette "viola da spalla", instrument différent de la viole de gambe, et qui figure en tant que tel sur de nombreuses peintures. En gros, le mot de violoncelle, au début du XVIIIème peut très bien avoir signifié pour Bach "viola da spalla". C'est du moins la thèse que développe Sigiswald Kuijken dans un article de 2005, date à laquelle Badiarov lui a construit un instrument d'épaule identique à celui qu'arborait Malov, et sur lequel il joue souvent depuis les suites de Bach.
Sergey, qui nous a demandé fort modestement notre indulgence, avait reçu son violon une semaine auparavant et en jouait avec une gourmandise évidente ! Hommage lui soit rendu pour cette passion, sa curiosité et son ouverture d'esprit qui le poussent à découvrir et jouer d'autres instruments, et surtout pour l'exploit qu'il a accompli durant ce festival, jouant en tant que chambriste dans presque tous les concerts et y ajoutant ses trois concerts du Off qui ont fait qu'il passait son temps à galoper d'un endroit à l'autre de la ville, son violon sous le bras !
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mardi 27 septembre 2011
COUCOU KOKA
Encore des visites de stage !! Dans une ville où Koka a passé près de deux mois, elle y faisait un stage et y découvrait la vie d'adulte !! J'ai donc essayé de lui faire un jeu de piste par msm interposés... Elle a joué avec beaucoup de bonne volonté mais cela ne l'a guère inspirée ! Vous pouvez jouer à votre tour... pour certains d'entre vous ce sera hyper facile, trop même !! pour d'autres, qui n'y ont pas passé deux mois, il va falloir être attentif !
Première photo : les banlieues... même si on les a pratiquées, ce n'est pas un indice remarquable : rien ne ressemble plus à une banlieue qu'une autre balieue !
Ah !! cette forêt de fils... très tendance par les temps qui courent... de plus en plus de ville s'équipent ainsi : tramway ? trolley ??
Là, y avait des panneaux indicateurs je me disais que cela allait faciliter les choses !!
Un bâtiment important, juste entrevu....
... et révélé à la photo suivante !
Ah ! Ah ! des colombages...
... encore ...
... et toujours !
Comment tu ne trouves pas Koka ? ton stage ne t'a pas laissé un souvenir imperrissable...
Et vous alors ? vous avez identifié cette ville ?
dimanche 25 septembre 2011
UNE REVOLUTION !!
BOOK : ça dure 3 minutes 30 mais je suis certaine que vous écouterez jusqu'à la fin tant cette innovation technique est stupéfiante !
samedi 24 septembre 2011
LE OFF DE LA ROCHE POSAY
Le seul VRAI Off que je connaisse... comme devait l'être celui d'Avignon aux temps héroïques d'André Benedetto... un Off en marge du Festival principal mais qui l'accompagne généreusement. Un Off qui n'a rien de commercial et reste, malgré une sacrée organisation (tous les concerts commencent à l'heure) très spontané.
Le Festival de soutien, ce sont les Vacances de Monsieur Haydn qui se tiennent chaque année depuis maintenant 7 ans dans la charmante ville thermale de La Roche Posay. Oui, vous avez bien lu : cette ville tranquille surplombant les vallées de la Creuse et de la Gartempe, connue pour son eau réputée en dermatologie, accueille chaque début d'automne papa Haydn, venu s'y ressourcer. On y assiste à un festival on ne peut plus classique, dont je vous reparlerai plus tard. Mais la véritable richesse des Vacances, c'est son Off.
L'objectif est de permettre à des musiciens amateurs de haut niveau, à des étudiants ou de nouveaux groupes de musique de se produire devant un public chaleureux et ravi. En pratique, ce sont surtout des jeunes du conservatoire national de Paris qui viennent y faire, sous la houlette de Jérôme Pernoo, une sorte de pré-rentrée, fort stimulante. Mais on peut aussi y croiser des musiciens aguerris, qui accompagnent ou soutiennent de jeunes formations (comme Karine Sélo avec le quintette Elixir) ou des musiciens consacrés qui tâtent ici d'un nouvel instrument, comme Sergey Malov, auquel je consacrerai un autre billet.
L'objectif est de permettre à des musiciens amateurs de haut niveau, à des étudiants ou de nouveaux groupes de musique de se produire devant un public chaleureux et ravi. En pratique, ce sont surtout des jeunes du conservatoire national de Paris qui viennent y faire, sous la houlette de Jérôme Pernoo, une sorte de pré-rentrée, fort stimulante. Mais on peut aussi y croiser des musiciens aguerris, qui accompagnent ou soutiennent de jeunes formations (comme Karine Sélo avec le quintette Elixir) ou des musiciens consacrés qui tâtent ici d'un nouvel instrument, comme Sergey Malov, auquel je consacrerai un autre billet.
Des dizaines de concerts, dans 5 salles éparpillées dans La Roche, des programmes courts et ambitieux, un allant et une virtuosité toujours au rendez-vous même si, parfois, le trac en étreint certains... Pendant deux jours on court d'un lieu à l'autre, on échange des impressions, et tout cela entièrement, totalement et absolument gratuit. Comme démocratisation de la musique, on ne fait pas mieux, n'est-ce pas ?
Avec, en prime, l'impression qu'on croise ici, encore "au berceau", certaines futures vedettes, tant le talent de ces jeunes est parfois ébouriffant ! J'ai envie d'en citer quelques uns, pour "prendre date" !! Le clarinettiste Bertrand Laude qui nous a émerveillés par sa mâturité, et la mezzo Amélie Saadia, dont la présence sur scène est très prometteuse, sont ceux que j'ai envie d'élire pour ce Off 2011.
Menacé de disparition l'an dernier, alors que c'est vraiment l'action la plus intelligente qui soit en matière de promotion de la musique vivante, le Off, qui donne au Festival sa couleur, sa vitalité et son ambiance absolument inimittables, est revenu en force en 2011, pour le plus grand bonheur des spectateurs.
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jeudi 22 septembre 2011
DIS MOI COMMENT TU LIS...
« Il avait enfilé un pantalon … sur son pyjama, dont le tissu rayé … ruchait par-dessus ses chaussures. » Ruchait ! un mot gourmandise que je savoure longuement, parcourue par un inexplicable frisson de plaisir, avant de me décider à continuer, pour savoir ce qui va « lui » arriver, dans cet accoutrement. Plaisir du mot juste, si soigneusement choisi par l’auteur. Halte dans la lecture en hommage au temps qu’il a passé à hésiter entre "dépassait" (trop plat), "frisait" (ça fait cheveux !), fronçait" (cela ne veut plus rien dire), "bouillonnait" (qui serait ici un peu excessif), pour finir par choisir ce mot désuet et charmant, mais tellement approprié. On participe, l’espace d’un instant, à cet effort de recherche du mot ad hoc, celui qui, fugitivement, fera naître l’image, transformera la page imprimée en scène vivante.
Voilà bien un des plaisirs de la lecture, une des joies solitaires qu'on s'accorde au bonehur des mots. Il y en a d’autres : celui par exemple d’une rencontre qu’on se ménage, avec des ruses dignes d’un rendez-vous galant, avec le livre. On s’est laissé d’abord, tout doucement, sans faire d’orgie de pages avalées, guider par la main. Moment magique du livre ouvert à la page de garde. Les premières lignes, un peu arides, car les mots sont encore trop neufs. Parfois on a du mal à dépasser ce cap. Parfois on apprend à découvrir les personnages, s'ils n’ont pas été platement décrits mais brossés peu à peu, se révélant au détour d’une ombre portée, d’un souvenir fugitivement évoqué, d’une remarque savamment glissée. Tout est en place et tout nous est familier. Les premières pages avaient demandé un effort, il fallait « rentrer » dans l’ambiance. Mais quand on a pénétré cette intimité, on devient impatient ! C’est alors qu’il faut savoir modérer ses ardeurs, et retarder le moment du plaisir, allonger sans démesure l’attente des retrouvailles. Certains héros nous deviennent amicaux, d’autres nous donnent l’envie de sauter carrément le passage qui les évoque tant ils sont déplaisants.
Au long des pages, le souffle devient plus rapide, et se profile alors la tentation d’accélérer. Le désir de « savoir la suite », voire la fin, devient trop pressant ! Il est rare que l’aventure ne se termine pas par une plongée sans retenue dans ces dernières pages trop longtemps différées. On devient alors inapte à toute conversation, on grommelle quand un fâcheux nous interrompt, et on lève un regard hagard sur celui qui, à force d’insistance parvient à nous tirer un bref instant de notre bouquin. Il y a bien sûr aussi le moment de blues quand tout est terminé, un peu de vague à l’âme et quelques griffures au cœur. Des mots, qui restent, le goût sur la langue de phrases savoureuses, l’impression qu’on est allé trop vite...
Certes il est de plus en plus rare qu'un livre me fasse un tel effet, non que je me prenne pour Mallarmé*, mais j'en "avale" tellement que je deviens difficile, voire désenchantée.
- Tu as aimé ?
- Ouais c'était pas mal..
- Mais ?
- Mais rien, oui c'était plutôt bien. Mais...
- Tu vois !
- Rien qui marque vraiment !
Et pourtant quel bonheur cette émotion du mot qui frappe juste, du sentiment qu'on avait à fleur de coeur sans savoir l'exprimer, cet insondable plongée dans un univers qui ressemble à celui dont on aurait rêvé dans une autre vie, cette justesse de pensées qui vous atteint dans ce que vous avez de plus intime... Faites-vous alors comme moi ?.. je cherche frénétiquement tous les bouquins écrits par l'auteur et j'en fais ma nouvelle référence littéraire. Parfois l'enthousiasme reste ponctuel et les autres ouvrages déçoivent, parfois on épuise trop vite une oeuvre qu'on voudrait infinie...
Mes derniers coups de coeur ont été pour "L'amour est une île", un Claudie Gallay qui m'a particulièrement accrochée, une écriture dépouillée mais tellement efficace. Dans l'inextricable fouillis du Festival d'Avignon, des anciennes amours remontent comme des bulles mal maitrisées, des intermittents en grève ne savent plus où est leur vraie passion, quelques paumés égrennent leur solitude, et tous apprennent, vaille que vaille, le renoncement. L'autre découverte du moment, que je n'avais pas envie de finir pour ne quitter ni l'ambiance ni les personnages est "Fugue" d'Anne Delaflotte Medhevi. J'avais aimé sa "Relieuse du Gué", même si j'avais trouvé que cela s'enlisait un peu sur la fin, comme si l'auteure n'arrivait pas à trouver d'issue. Dans "Fugue", pas d'enlisement, tout est fluide comme une musique bien réglée. C'est un livre dérangeant et apaisant à la fois, une douce aventure qu'on aimerait avoir vécue.
Mes derniers coups de coeur ont été pour "L'amour est une île", un Claudie Gallay qui m'a particulièrement accrochée, une écriture dépouillée mais tellement efficace. Dans l'inextricable fouillis du Festival d'Avignon, des anciennes amours remontent comme des bulles mal maitrisées, des intermittents en grève ne savent plus où est leur vraie passion, quelques paumés égrennent leur solitude, et tous apprennent, vaille que vaille, le renoncement. L'autre découverte du moment, que je n'avais pas envie de finir pour ne quitter ni l'ambiance ni les personnages est "Fugue" d'Anne Delaflotte Medhevi. J'avais aimé sa "Relieuse du Gué", même si j'avais trouvé que cela s'enlisait un peu sur la fin, comme si l'auteure n'arrivait pas à trouver d'issue. Dans "Fugue", pas d'enlisement, tout est fluide comme une musique bien réglée. C'est un livre dérangeant et apaisant à la fois, une douce aventure qu'on aimerait avoir vécue.
* note pour "ma" lectrice italienne
"La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !"...
Poème la Brise Marine de Stéphane Mallarmé
mardi 20 septembre 2011
VARIATION SUR UN THEME
Je vous explique : les crevettes, coques, palourdes et autres crabinous qu'on va chercher dans les rochers, cela se pratique deux heures avant le "bas d'eau", et lors des fortes marées. Or ces dernières reviennent avec une régularité que l'influence lunaire explique nécessairement, et elles ont lieu vers midi (ou 13h selon l'heure légale). Alors, quand on rentre, fourbu, ravi et courbé sous une pêche mémorable (elles sont toutes mémorables, par définition), on a faim ! Donc, pendant que nous étions à la pêche aux palourdes, j'avais enfourné une petite préparation revue et corrigée par mes soins qui devait cuire longuement en nous attendant, et nous accueillir de ses effluves émoustillants. Et puis il fallait bien que nous dégustions notre pêche !!! Enfin les moules seulement car les palourdes et les coques devaient dégorger pour rendre leur sable. Vous admirerez au passage la technique "rangement des coquilles vides" destinée parait-il à faire croire qu'on n'en a pas mangé beaucoup !
Le thème, c'était le tian au saumon dégusté chez Roberto cet été, la variation est que j'avais décidé de remplacer les courgettes par des épinards. Marre des courgettes !! Mais non, je n'en ai pas tant mangé que cela, sauf par procuration, rappelez-vous les aventures d'Autour du Puits avec les cucurbitacées (pas moyen de mettre un lien vers le message qui date du 31 juillet 2011) !!
Donc qui dit épinards, dit jambon de pays. Allons-y : dans un plat préalablement beurré (youpi ! ça colle aux doigts) on dispose une couche d'épinards blanchis rapidement à l'eau bouillante et bien essorés, qu'on poivre abondamment, une couche de lasagnes (pardon pardon, je n'ai toujours pas de ravioles) et une couche de jambon cru coupé hyper fin. Et on recommence, d'autant plus souvent que le plat est profond. Pour finir, un demi litre de crème fleurette et une couche de gruyère que la dernière strate d'épinards. Comme ma première tentative était un peu "humide" (la faute aux épinards sans doute), j'ai décidé de rajouter dans ma crème fleurette deux oeufs battus. L'oeuf ça va bien avec les épinards pas vrai ? Et, de fait, l'ensemble se tenait mieux. Un solide plat complet qui vous attend le temps qu'il faut en mijotant dans le four, sans risque d'être trop cuit, et qui se termine le lendemain froid avec beaucoup de plaisir.
dimanche 18 septembre 2011
BONNE ANSE
Est-ce le fameux instinct du chasseur-pêcheur-cueilleur, ou l'attrait discret du grand large, mais en tout cas nos hommes avaient une envie folle de nous emmener à la pêche aux palourdes. On a profité des grandes marées de fin d'été, pas encore très fortes mais assez pour découvrir largement toute la baie de Bonne Anse, transformant le paysage en une étendue rutilante à contre-jour.
Armés du parfait équipement de petit pêcheur, nous avons investi la boue et les baïnes, pataugé allègrement, gratté fébrilement et ramené fièrement moules, coques et palourdes au goût de soleil et de liberté. Dégustées sans modération après dégorgeage et rinçages multiples !
vendredi 16 septembre 2011
VISITES DE STAGE
Avy
Parce que la Saintonge est belle et romane, même une corvée peut se transformer en plaisir : oh certes, on les a déjà visitées 10 fois ces modestes églises de campagne. Mais comment se refuser, au passage, une petite halte pour saluer les vierges folles et les vierges sages, pour admirer l'ingéniosité des bâtisseurs médiévaux qui savaient enrichir un monument simplement en variant la position des pierres, pour sourire au traditionnel petit tonneau réutilisé en corbeau ?
Chadenac
Les savants appareils de Jarnac Champagne
Jarnac Champagne
Echebrune
mercredi 14 septembre 2011
ROCAILLEUR
Si vous cliquez sur l'un de ces photos, l'ensemble des photos de l'article vous est proposé sous forme de diaporama...
Connaissez-vous le métier de rocailleur ? C'est un cimentier spécialisé dans le confection de rocaille.
« En 1824, Joseph Aspddin prend un brevet sur la fabrication d’un liant à partir d’un mélange de chaux et d’argile qu’il appelle ciment de Portland. Peu après plusieurs gisements commencent à être exploités en France. Entre l’invention du ciment et celle du béton armé se situe une période de transition pendant laquelle le ciment sera surtout utilisé pour le revêtement des murs, les façades, pour recueillir les eaux pluviales et pour l’ornementation ». (d’après Architecture rustique des rocailleurs par Michel Racine).
Les rocailles sont légion dans le parc de Majolan, à Blanquefort. C'est Madeleine qui m'a indiqué ce jardin, à moi la bordelaise pure jus (enfin ça faut le dire vite ! mais bon, ce n'est pas une honte tout de même d'avoir grandi dans les banlieues... je vous jure que je n'ai pas l'accent béglais. Et au moins, je sais ce que c'est que le rugby !!).
Ce sont les Piganeau, riche famille de banquiers, qui dans la deuxième moitié du XIXe siècle, firent édifier un château et aménager ce parc de 19 hectares avec lac, grottes artificielles, ponts et folies en tous genres. Conçu sur des marécages, ce parc s'est inventé contre la nature, en restant pourtant terriblement "naturel". Un genre alors fortement à la mode et au petit goût de mégalomanie…
Il a été réalisé sur une dizaine d’années, de 1870 à 1880, par le paysagiste Le Breton, dans un goût romantique baroque. La légende dit que le parc devait servir à consoler la fille malade de Jean Auguste Pibaneau. Le banquier fit faillite et le château fut revendu, ainsi que les terres, le parc, les fermes, etc. Il connaîtra un état de quasi abandon et sera racheté par un agriculteur. Plus d’un siècle plus tard, la ville de Blanquefort a récupéré le parc avec pour objectif de "réenchanter" les lieux.
Ce parc est une illustration grandeur nature du savoir-faire des architectes, ingénieurs, artisans et artistes de la fin du XIXe siècle. Parti du néant, une zone marécageuse de 20 hectares, 150 000 m3 de terre furent dégagés à la pelle afin de créer un lac de 4 hectares à partir de la Jalle traversant le lieu et de donner forme aux différents endroits du parc.
Les grottes artificielles (réalisées à la chaux, comme les ruines) et les canyons, sont des merveilles d’ingéniosité hydraulique avec leurs fontaines et leurs geysers d’eau, et de maîtrise de l’art des rocailleurs. Les nombreux ponts répondent chacun à une architecture et à une technique : en lianes, de style gothique, en faux bois (une sorte de béton ornementé), en fer forgé... Certes l'esthétique peut en faire hurler certains, mais cela a un charme désuet très révélateur d'une époque.
En 1985 la mairie de Blanquefort a racheté le parc pour en faire un lieu de promenade. Il était vaste mais mal entretenu. Les tempêtes de 1999 et de 2003 finirent de le saccager. Il était temps d'entreprendre une campagne de "restauration" qui dura quatre ans et aboutit sur cet endroit délicieux qui vaut absolument la promenade si l'on passe par Bordeaux.
La nature avait fait son oeuvre sur le site. Ne disposant d'aucuns des plans d'origine, les architectes on décidé d'apporter leur griffe au projet, en respectant l'esprit d'orignie. Jouant sur la vraie et la fausse nature, ils ont laissé libre cours à leur poésie en tenant compte des impératifs écologiques. Il a fallu couper des arbres, replanter, repenser les aménagements et surtout, refaire ou réhabiliter toutes ces rocailles qui font le charme du lieu. Certaines ont été sécurisées et restaurées à l'identique, d'autres, comme le pont des lianes ou le pont des mains, recréées dans l'esprit.
Ce dernier, pensé par l'artiste mosaïste Danielle Juste, se veut un hommage symbolique aux concepteurs du parc, folie de l'ère industrielle naissante, hymne au béton, aux reconstitutions et aux pseudo-ruines, mais réalisé en grande partie de main d'homme. C'est ainsi que le vaste plan d'eau du parc, 150 000 mètres cubes, excusez du peu, a été creusé à la pelle. Danielle Juste a donc décidé de faire des moulages des restaurateurs du parc, dont le maire, l'architecte et quelques autres, en un mot les mains de ceux qui se sont investis dans le réaménagement du lieu. Puis elle les a incluses dans un faisceau de lianes de fer frappées au marteau pilon, créant un jeu de piste pour les visiteurs qui cherchent ces paumes au milieu des ferailles ! Pour l'anecdote, certaines de ces mains ont été dérobées dès leur installation, ce qui est fort triste, mais celles que nous avons vues semblaient bien fixées et destinées à rester pour nous montrer le chemin.
lundi 12 septembre 2011
ARLETTE A PETIGNAC
Le Domaine Musical de Pétignac, c'est, vous le savez, un endroit presque mythique où sévit notre ami Gérard, facteur et accordeur de piano. Magicien des notes comme il aime à se définir. Situé au sud d'Angoulême, au coeur de la campagne angoumoise, le lieu s'organise autour d'une superbe maison charentaise et de ses nombreuses dépendances. Mais Pétignac, c'est avant tout une ambiance : générosité, accueil, simplicité s'y conjuguent au quotidien pour recevoir tous ceux qui aiment le piano et la musique. On y partage le pain et le vin, on y est toujours bienvenu, c'est un miracle permanent d'équilibre.
On s'y rencontre, on s'y promène, on y est presque chez soi ! Pétignac c'est l'amitié et le plaisir de la musique "ensemble", des soirées concerts privés à la Fête du Silence, on y croise toujours quelques notes colorées. Même quand le temps est gris !
Pétignac, autour et à l'image de Gérard, c'est sa collection incroyable de pianos toys, les salons en enfilade où s'alignent les Steinway et autres claviers anciens ou récents, les tapis pour lesquels le maître des lieux a une vraie passion, et partout des peintures, des sculptures car Fabienne est avant tout artiste et aime à s'entourer de beaux objets.
Pétignac bien sûr ce sont les pianos, partout... Il y en a un nombre que la prof de gestion que je suis déplore forcément, mais que l'amateur de musique retrouve toujours avec bonheur. Et à l'intérieur du grand Steinway de concert, les hommages de tous les grands qui l'ont joué et ont apprécié le travail d'orfèvre de Gérard en matière d'accord. C'est bien sûr sur cet instument qu'a joué Arlette !
En effet Pétignac, dimanche dernier, s'était transformé en studio d'enregistrement, un studio nomade et improvisé mais ici le silence est tel qu'il n'est point besoin d'équipements compliqués pour capter le son...
... il suffit que Germaine et Victor soient sages quelques instants !
Car Pétignac, c'est aussi l'endroit où s'épanouissent les talents, pour le plus grand bonheur de ceux qui s'y côtoient : Arlette enregistrait son deuxième disque, en hommage à son "maître" France Clidat, sérieux, stress et bonne humeur ! Arlette Laporte, pianiste, fervente de Gérard et amie de longtemps ! Arlette et son amour passion du piano, du beau son et animée d'une foi qui déplace les montagnes.
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