lundi 31 octobre 2011

MARQUEYSSAC A 4 Z'YEUX


Les jardins suspendus de Marqueyssac, une "folie" toute moutonnante de buis taillés aux formes arrondies et douces, s'étendent sur un éperon rocheux qui domine la Dordogne. Un site extraordinaire qui embrasse Domme, la Roque-Gageac, Saint Julien de Cénac, le château de Catelnaud, ceux de Feyrac et de Beynac. Aménagé sous Napoléon III par Julien de Cerval, qui avait visité l'Italie et voulait reproduire en Périgord les impressions méditerranéennes, il se développe sur un éperon calcaire très sec, ce qui a permis de cultiver sur le versant sud des espèces méditerranéennes qui donnent le ton.
Ce magistrat sarladais était passionné d’arbres fruitiers et de jardins. Engagé dans la Légion romaine des zouaves pontificaux, il combat aux côtés du pape. Au retour d'Italie, il fait planter les dizaines de milliers de buis du domaine. Il édifie le petit bâtiment d'architecture italienne à l'ouest du bastion, de nombreuses allées sinueuses reliées par quelques escaliers, des rocailles et trois cabanes en pierre sèche qui jalonnent le parc. Il introduit à Marqueyssac différentes plantes ornementales : cyprès, pins parasols et cyclamens de Naples qui forment aujourd’hui de beaux tapis colorés. Terminé par une esplanade conçue comme un rendez-vous voué aux divertissements, cet immense jardin cache des haltes diverses, un calvaire, une gariotte, l'abri du poète, une allée cavalière, des cascades, autant de lieux qui animent la promenade aux accents très romantiques.
Visions croisées... en haut Michelaise, en bas Alter... à moins que ce ne soit l'inverse ??
En tout cas, sur tous les montages, la disposition est la même.
Le fond est soit de l'un soit de l'autre !
La dernière photo vous donnera la solution !!




dimanche 30 octobre 2011

PARRAINAGE HAYDIEN


Allons bon, Michelaise nous remet ça avec son papa Haydn ! Pardon, pardon, je sais que les articles sur la musique ne sont pas les plus porteurs, car on y parle souvent de concerts passés que les lecteurs n'ont pas partagés. Difficile de communiquer sur ces sujets ... sauf à se sentir investie du devoir de rendre compte, pour parler des jeunes musiciens qui ne sont pas encore passés à la postérité. 

Or voilà que notre festival fétiche des Vacances de Monsieur Haydn a eu une idée géniale qui nous a faits adhérer dans l'instant. Les organisateurs nous ont proposé, en même temps que le programme du festival, de devenir parrain et marraine d'un jeune musicien du Off. Quand on sait, il suffit d'assister à des concerts pour constater le phénomène, et forcément le déplorer, que les salles de concert sont remplies de "plus que quinquas" et que sur scène n'évoluent bien souvent que des très jeunes, on se dit qu'il y a un hiatus qu'il serait bon de combler. 
D'autant que ces jeunes, souvent, trop souvent, tirent le diable par la queue : c'est difficile de se faire connaître, difficile de se faire un nom et plus difficile encore de décrocher des contrats. La "culture" est en souffrance, ses budgets ont été les premiers tailladés par "la crise", et le sort de ceux qui vivent de leur talent musical n'est pas toujours enviable. Ceux qui réussissent à décrocher un poste dans un orchestre, ou mieux encore un poste dans un conservatoire, sont à l'abri des incertitudes et des aléas de l'intermittence. Mais les places sont rares et convoitées, et il faut beaucoup de mérite, d'ambition, de rêves et de courage pour se lancer dans une carrière musicale. Or nous, les spectateurs, nous avons besoin que des jeunes s'accrochent, se battent et puissent vivre de leur art pour nous charmer. Alors pourquoi ne pas les aider, l'idée d'un parrainage m'a immédiatement fait prendre mon carnet de chèques. On nous promettait d'avoir "un protégé", dont nous suivrions les répétitions, et avec lequel, "le chouchoutant", nous pourrions nouer un lien privilégié. Avec pour projet de "le voir grandir dans la vie musicale" en participant aux débuts de sa carrière... Las !!


Les organisateurs du Festival avaient sans doute trop à faire durant les deux petits jours qu'a duré la manifestation : il faut dire que gérer 50 concerts sur 48 heures, ça demande de l'énergie. Alors nous, les parrains, nous nous sommes sentis frustrés. On aurait aimé rencontrer un jeune instrumentiste, parler un peu avec lui, qui sait, l'inviter à venir jouer du piano à Meschers,  aller le voir quand il passera pas trop loin, échanger avec lui quelques mails, suivre  ses examens, ses concours, ses débuts, faire sa pub sur internet !! Et surtout apprendre aux "artistes" qu'il existe un public, qui les écoute, les fait vivre, et enfin créer un lien entre deux groupes trop éloignés l'un de l'autre par les us et coutumes. On apprend beaucoup de choses dans les conservatoires et l'enseignement a manifestement gagné en qualité technique, en rigueur et en élargissement du spectre culturel des artistes. Mais on n'y apprend pas le public. Donnée pourtant essentielle de la survie des artistes et pourtant souvent négligée, méconnue, voire méprisée. Il n'est pas rare que les musiciens considèrent le public comme une masse indistincte de gens incultes, venus seulement pour paraître ou pour "faire bien".


Or, je pense que l'avenir des concerts est dans un rapprochement entre les parties. Pour rendre la musique plus vivante, mieux partagée. Pour améliorer l'écoute et la curiosité. Pour apprendre à ces jeunes habitués aux jurys, aux concours, au stress des auditions sélectives et des compétitions difficiles que les spectateurs viennent déguster auprès d'eux le plaisir de la musique partagée. En toute amitié, en toute complicité. Car on est là, l'un pour le plaisir de jouer et de donner la musique, l'autre pour écouter, communier dans l'amour de la musique avec ceux qui la font. On aime rencontrer les artistes, à condition qu'ils ne nous perçoivent pas comme des fâcheux.
Notre don est resté anonyme et même si les organisateurs, sans doute saisis d'un scrupule post-festivalier, nous ont envoyé hier une petite carte "parrain du Off" et un reçu fiscal, l'idée, au demeurant géniale et très bien pensée, a un peu fait flop ! A notre grande déception... espérons qu'ils sauront la relancer l'an prochain avec un peu plus de doigté ! CAr vraiment, l'idée était GENIALE !

Au pays de Haydn, ses fervents supporters : Jérôme Ducros et Jérôme Pernoo

vendredi 28 octobre 2011

BLEUES LES "FONTAINES" !

A Saint Dizant du Gua, dans cette zone marécageuse qui longe la Gironde, un parc aux allures féériques entoure un château où il fait bon aller se promener. Construit à la fin du 15ème siècle par la famille de Vinsons, le château est racheté une vingtaine d’années plus tard par la famille Beaulon et prend le nom qu’il gardera jusqu’à nos jours. A la fin du XVIème, les Beaulon, pourtant soutenus par Henri IV, ont des dettes et les jésuites de Bordeaux, auxquels ils doivent une rente importante saisissent leurs terres de Saint Dizant et le château change de mains. Propriété des jésuites à partir de 1591, le château est attribué en 1635 à Monseigneur de Nesmond, évêque de Bayeux, en même temps que le droit de haute justice sur la seigneurie. C’est ainsi que le château devient, au XVIIème siècle, la résidence d’été des évêques de Bordeaux. A la suite de diverses alliances, le Château de Beaulon devient la propriété des familles de Bigot, de Brémond d'Ars et de la Porte. En 1955 (date du petit livre sur Royan que j’ai utilisé pour trouver ces informations) il appartenait à un certain Maître Chabrou, avocat à Niort qui était aussi, terroir oblige, prince du Franc Pineau !!


En 1965, le château de Beaulon est racheté par Christian Thomas. Ce dernier entreprend de rénover le château dont il obtient qu’il soit classé Monument Historique en 1987, et développe les vignobles qui l’entourent pour y produire un Cognac et un Pineau de qualité.
 
Souvent remanié, le château a subi au cours des âges des modifications qui ont sans doute changé son allure générale. Le corps de logis est surmonté d'une haute toiture d'ardoise munie de rampants à crochets.


C’est sur la façade nord qu’on remarque les traces les plus anciennes : si la porte d’entrée et les fenêtres ont manifestement été remaniés au 18ème , pour l’agrément de l’habitat, le toit est surmonté de deux lucarnes fort intéressantes. Celle de gauche, flamboyante à colonnes torses, est d’un gothique tardif d'inspiration florale, alors que celle de droite est de style renaissance, sobre et encadrée de pilastres élégants.

  
Le pigeonnier, une fuie cylindrique datée de 1740, présente un toit conique recouvert de tuiles plates de terre cuite et percé de lucarnes à frontons de pierre. À l'intérieur se trouvent 1500 boulins (nids) en pierre et en poterie, fabriquées à la Chapelle des Pots, bourg saintongeais célèbre au 18ème pour la qualité de ses céramiques. L’échelle tournante qui permet d’accéder aux nids pour y récupérer la précieuse « colombine » a été restaurée et rend l’ensemble très évocateur.



Mais c’est surtout à la valorisation du parc et du jardin que s’est employé monsieur Thomas. Autour des bâtiments se déploie un jardin à la française aux allures méditerranéennes, planté d’espèces parfois exotiques, comme des bananiers qui profitent de la douceur du climat de la région. Plus loin, s’étendent les Fontaines Bleues, 25 sources formant entonnoirs de 10 à 18 mètres de profondeur et bénéficiant d’une température constante de l’ordre de 13°. Au milieu de la clairière ces résurgences alimentent des étangs qui s’emmêlent et se succèdent sous la ramée. Trois kilomètres de canaux font communiquer les bassins entre eux et se réunissent finalement pour former l’étier de Beaulon qui alimente le moulin du Sap et se jette dans le Gironde à Port Maubert.

Promis il n'y a aucun retraitement de couleur sur ces photos !!
Ces sources intriguent et attirent le visiteur pour leur couleur : l’ensemble déploie une belle couleur bleue turquoise, qui est à l’origine de  bien des légendes. Les noms donnés aux différentes surfaces d’eau, le Miroir des fées, les Sources sereines, Fontaine aux fées et les Fontaines de la Main Rouge révèlent les fantasmes que ces miroirs  bleutés ont générés !!


L’explication est beaucoup plus simple : l'eau qui sourd ici viendrait du Massif central, transportant avec elle une algue microscopique, d'origine volcanique. Celle même, paraît-il, qui donne au lac Pavin ses teintes céruléennes.  Cette algue, présente partout, ne révèle sa présence qu'en quelques endroits. Pour que le bleu soit visible à l'œil nu, il faut en effet que l'algue atteigne une certaine densité.

 
C’est ainsi que les sources qui atteignent, je l’ai dit, entre 10 et 20 mètres de profondeur, sont les endroits où l’on admire vraiment toutes les nuances de ce bleu lumineux. Car leurs parois en entonnoir sont couvertes d’algues et, à la surface, le miroir se colore de teintes vibrantes : azurées, saphir, cobalt, émeraude, lapis-lazuli… toutes les déclinaisons sont possibles selon les saisons et l’heure du jour. Plus le sous-bois s’assombrit, plus le bleu s’illumine. Autant vous dire qu’il est bon de venir et de revenir à Saint Dizant du Gua pour conjuguer ce bleu sous toutes ses formes !

Signé : Michelaise

jeudi 27 octobre 2011

FASCINATION ET REPULSION

Une photo "culte", trouvée sur devenir artiste (et sur de nombreux autres sites !!) et que ceux qui ont vu ou iront voir "Au Revoir" de Rasoulof reconnaitront...

Internet, le lieu de tous les possibles... Auteur de blog, auteur de site, même combat : être lu, être repéré, voilà le rêve de tout blogueur qui s'avoue. Accro aux statistiques ou apparemment détaché, nous en sommes tous peu ou prou là. Écrire pour recevoir trois visites d'amis compatissants, c'est frustrant et on s'en lasse vite. Alors les techniques, avouées ou non, sont toujours un peu les mêmes : soit vous passez votre temps à laisser, à droite, à gauche et au milieu, des commentaires complaisants pour qu'on vous rende la pareille, et de loin en proche, vous finissez par afficher des résultats honorables, soit vous apprenez assez vite les sujets qui font mouche. Et dans ce domaine, nul n'est besoin d'être un grand spécialiste de la chose comptée pour remarquer que certains propos "accrochent" mieux que d'autres ! Regardez vos stats ! Chez moi, ce qui a plu c'est le billet sur les jardins, celui sur la mertensia maritima a été très visité et, démarrage en flèche et succès jamais démenti, la vespa velutina a fait, cet été, une carrière honorable !! Certes, avec l'hiver cela va forcément se calmer mais cela sera remplacé par la mique sarladaise, un peu en sommeil durant la belle saison.
Dieu sait que je ne cherche pas à faire du chiffre, mais pas besoin d'être grand clerc pour savoir cela : les recettes, les jardins et la couture, ça marche, ça court, ça vole !!! A l'inverse, je puis vous l'affirmer aussi, le cinéma, les concerts et les expositions non médiatisées, ça fait flop !! Quand c'est médiatisé, comme Manet ou Caillebotte, au contraire, ça se lit ! J'en veux pour exemple mon billet titré "l'ombre du soir" exhumé assez régulièrement ces derniers temps à cause de l'exposition Giacometti et les étrusques à la pinacothèque.
Bref, aucun d'entre nous, même le plus insensible à la chasse au visiteur (et Dieu sait si je ne fais pas dans le racoleur mais, même moi, je vais voir mes stats, ne serait-ce que par curiosité), ne sait rester indifférent aux avances de ceux qui ont compris que les blogs sont un formidable outil de communication, bonne ou mauvaise, mais à l'impact important. Ce qui vous vaut ce billet est l'extrait ci-dessous, lu dans "les secrets de tournage" du film "La guerre est déclarée" et qui m'a tarabustée jusqu'à ce que j'y revienne et décide de creuser un peu la réflexion. Cet extrait concerne le choix du jeune acteur qui joue le rôle du bébé malade dans le film :


Au départ, Valérie Donzelli imaginait prendre l’enfant d’amis pour interpréter Adam, mais elle s'est rendue compte que c’était compliqué. Du coup elle a fait appel à une agence de casting. "On a fait un casting. Quand j’ai rencontré César Desseix, qui joue Adam, ça a été l’évidence. Ses parents ont été très aidants, ils nous ont fait une confiance totale. Ils ne voulaient pas faire jouer leur enfant à la base, mais quand la mère de César a accouché, elle a fait des photos de son enfant et comme elle s’ennuyait, elle a créé un blog pour les y mettre. Du coup, beaucoup d’agences de pub et de casting les ont contactés, mais ils avaient toujours refusé, jusqu’au jour où ma directrice de casting les a appelés et leur a raconté l’histoire de La Guerre est déclarée", confie la réalisatrice.
Alors ainsi, quand vous affichez votre bébé sur internet, tout fier de la bouille réjouie de votre progéniture et prêt à la faire admirer au monde entier, "on" vous traque, "on" vous surveille et il y a des gens dont le boulot est de trouver les "beaux bébés" pour proposer aux parents d'en faire, déjà, de petites stars du marketing en action ! Avouez que la perspective est loin d'être réjouissante et qu'on a l'impression que cette immense machine qui nous dépasse, cette toile aux filets multiformes, est surtout fourmillante de pièges et de traquenards à gogos ! Tout cela en toute impunité car, l'avons-nous assez dit, personne ne nous oblige à publier la photo du petit dernier, l'anniversaire de la mamée ou notre dernière conquête, qu'elle soit sentimentale ou territoriale ! Les moteurs de nos épanchements sont variés, comme le dit Norma... de l'ennui (voir citation ci-dessus) au besoin de reconnaissance, en passant par le "désir de construire une image cohérente de soi-même", les raisons qui font qu'on se lance, un jour, à publier, sont presqu'aussi diverses que complexes.  Et nous le faisons pour être lus, dire le contraire serait faux-cul !! Car cet "effet-miroir" est ce que nous recherchons, et les réponses sont toujours bienvenues. Mais penser que tout cela est dépouillé, fouillé, décortiqué par des observateurs pas forcément bienveillants cherchant à détecter le maillon faible par lequel ils pourront tirer parti de nos confidences en les transformant en bel argent sonnant et trébuchant (pour eux) est plutôt déplaisant. Le billet qui m'a coûté le plus cher en visites inopportunes s'intitule, en toute innocence "Maryse de Guîtres", un prénom féminin, vous voyez le risque encouru !
Un montage fait en prenant surtout des photos publicitaires et en essayant de rester discrète !
Certes, la plupart d'entre nous restons vigilants, prudents sur le champ lexical utilisé, attentifs aux commentaires non souhaités, pour nous protéger d'incursions malséantes. Mais saurons nous nous protéger des sirènes de la séduction ? Votre bébé est superbe madame, que diriez-vous de nous le confier pour, en toute bienséance, en faire un petit modèle ? Qui sait résister à une telle invite ?D'autant que l'affaire semble entendue, quoi de plus naturel que de faire de son enfant une vedette ? Devenir artiste.com vous indique plaisamment les tarifs de ce genre de prestation "Le cachet des enfants mannequins varie en fonction de la prestation : de 150 euros de l’heure pour la presse rédactionnelle à 288 euros de l’heure pour les films publicitaires... Le cachet du nourrisson est généralement laissé à la disposition de ses représentants légaux...", et après avoir égrené quelques conseils de bon sens et trucs pour aider les parents qui se lancent, conclut avec complaisance "Vous disposez maintenant de toutes les informations nécessaires pour faire décoller la carrière de mannequin de votre tout-petit"... Ben voyons ! Je vous laisse fureter sur la toile, vous trouverez des quantité des blogs comme celui-ci dont la maman est trop fière, et comme on la comprend, d'annoncer que son bébé a été photographié... même si elle se pose quelques questions, la joie l'emporte.

Vous avez tou(te)s plus ou moins reçu des propositions concernant votre blog, on vous offre de le promouvoir, de le monétiser, que sais-je... de le propulser aux premiers rangs de la toile ? Vous n'y croyez pas plus que moi et balancez sans l'ombre d'une hésitation ces mails inconvenants à la corbeille... mais combien de personnalités fragiles, de blogueurs vulnérables, de solitaires mal informés se laissent chaque jour avoir à ce jeu dangereux ? Et notre liberté, à tous, que devient-elle quand, géolocalisés, mis en fiches et ciblés d'après nos clics, nous nous soumettons, en pleine conscience à cette pernicieuse aventure du blog qui dévoile, expose et nous révèle au vu et au su de tous ??? Sommes-nous kamikazes ou, plus simplement, un peu inconscients et persuadés au fond que "cela n'arrive qu'aux autres" ? Le sujet n'a pas fini de secouer notre petit landerneau et il est bon que certains, chercheurs, penseurs, moralistes, sociologues ou psychologues se penchent avec un scalpel incisif sur ces moeurs nouvelles qui ont jailli sans crier gare et sans qu'aucune éthique préétablie ne soit encore définie. En attendant, cette éthique, pas de doute, c'est nous qui la construisons et nous sommes les auteurs du monde dans lequel nous écrivons. C'est une lourde responsabilité et l'avenir sera tel que nous le construisons !

mardi 25 octobre 2011

PAPILLON SUR MER


L'autre matin, parcourant un peu à la hâte les blogs dont je suis l'amie, je vois sur Photoplap un titre qui m'accroche :"Papillon sur mer"... je clique, et, si la photo est, comme à l'ordinaire sur ce blog qui offre chaque jour une photo magique, superbe, je déchante vite : le paPillon en question se révèle un paVillon, et c'est uniquement mon esprit volage du matin qui m'a fait lire de travers. Je me dis cependant "c'était joli comme idée, faudrait que je fasse cela, ici la mer est facile à capter, quant aux papillons, grâce à notre jardin de sauvages, y en a partout, je devrais y arriver". Puis j'oublie immédiatement l'idée. Il en faut beaucoup et souvent pour tenir un blog de façon égulière, on ne peut les retenir toutes.
Quelques heures plus tard, sortant pour prendre le courrier, qui vois-je ?? Un superbe papillon qui frisonne des ailes. Vite mon portable, et voilà l'affaire faite. Il a bien vite fermé ses ailes, mais j'avais piégé son manteau coloré ! Mais de mer, point, car de la boîte aux lettres, on ne voit pas la mer, que voulez-vous, on reste simples !!
Que faire alors ? Et bien un petit montage et le tour est joué !! La poésie est là et l'inspiration traduite en pixels !


lundi 24 octobre 2011

VOUS ME LE COPIEREZ !

Quelle est la hantise du prof moyen ? Comment se fait-il qu’un métier, somme toute a priori agréable*, devienne pour certains un véritable calvaire ? Pourquoi vivent-ils, ces profs, en état de perpétuelle inquiétude, de remords permanent, de malaise chronique ? Plus un mot ! vous avez trouvé, car même si vous n’appartenez pas au corps enseignant, vous nous avez déjà entendu geindre sur “ l’énorme tas de copies à corriger ”, en souffrance, comme il se doit.


Il en est qui, revenus chez eux avec la pile narquoise, la jettent rageusement dans un coin, où ils l’oublient durant des jours, voire des semaines, avec toujours en arrière-pensée “ qu’il va falloir s’y mettre ”. Tout plaisir autre est alors gâché par cette pensée obsédante, et chaque occupation qui les éloigne de ce pensum leur paraît volée, injustifiée. Le temps passe, les élèves oublient le sujet, eux aussi d’ailleurs, et le jour où enfin, à force de courage ils s’y attaquent, c’est trop tard, cela a perdu son intérêt pédagogique, le cours est à mille lieux du thème traité, et c’est à un travail parfaitement inutile, mais incontournable qu’ils se livrent dans l’aigreur et le ressentiment. D’autres, dont je suis, se précipitent au retour du lycée, toute affaire cessante, sur le tas récolté, et sans boire, sans manger, sans respirer jusqu’à l’épuisement des feuilles, de l’entourage dont ils exigent un silence religieux pour mieux se concentrer, et d’eux-mêmes. Ils biffent, soulignent, annotent, pèsent, en un mot corrigent jusqu’à l’écœurement. Lorsque, la dernière copie fermée, ils posent enfin leur stylo rouge, un profond sentiment de bien-être, de délivrance, de devoir accompli, les submergent. Et les élèves les voient revenir au cours suivant avec la certitude que les jeux sont faits.

Il en est qui ramènent chaque semaine de multiples petits tas, ayant de nombreuses classes auxquelles ils infligent avec régularité des interrogations brèves mais rapprochées. Ce sont 150, voire 200 copies minces, mais inépuisables, qui les attendent en permanence. Il en est, dont je suis, qui n’ont qu’une classe, mais tous les 15 jours c’est un devoir de 4 heures qui se déroule : vous imaginez alors la taille des copies, leur poids, leur densité. Il faut établir des barèmes, des tableaux de notation, et question par question, 20 fois, 30 fois, une fois par le haut, une fois par le bas, reprendre les feuilles, et chercher le petit a) du grand B) du 2ème dossier de la 4ème partie.


Pour certains, le contenu est littéraire, et pour le pratiquer aussi, je peux vous garantir que les textes sont tellement confus, complexes et indigestes,  qu’ils provoquent de véritables nausées dues à la concentration exigée pour en saisir la teneur : corriger les fautes d’abord (on m’a parlé récemment de 157 dans un devoir de français), puis reprendre pour la syntaxe, qui rend la pensée de l’élève difficile à cerner, et enfin reprendre encore pour le contenu, les idées, la structure. C’est titanesque. Pour d’autres, dont je suis aussi, l’affaire paraît apparemment plus simple : le raisonnement est juste ou faux, la méthode comprise ou non, mais ce serait sans compter avec les erreurs de calculs, les chiffres mal  formés, les oublis de démonstration, le désordre des tableaux, et il faut recompter, repointer, suivre des raisonnements alambiqués pour comprendre ce qu’a voulu dire l’impétrant.


Alors, vous qui n’êtes pas prof, soyez indulgents pour ceux qui vous parlent toujours de ces copies en attente, avec un air égaré, et implorant votre compassion ! Cela revient avec une régularité qui vous agace, mais n’oubliez pas que ce pensum n’est jamais terminé, et que le rêve de tout prof moyen est de rentrer chez lui, son boulot terminé, et de ne plus entendre parler de papier quadrillé ! Voyez, moi qui écris, je viens de terminer le paquet d'entrée de vacances, et après moult bâillements, étirements et manifestations bruyantes de la corvée que cela représentait, je suis enfin libre de vivre mes vacances en paix …

* Agréable quand on travaille dans le supérieur et qu'on oeuvre en campagne, avec des étudiants bien élevés et assez motivés pour vous respecter... car certains de mes collègues travaillent dans des conditions humaines insupportables que je n'oserais même pas détailler tant cela est difficile d'en parler à leur place.

samedi 22 octobre 2011

GIMEL AUTREMENT


Les cascades, Ruffaud et le clocher à jour,
Orgueil en son abri d'un carillon qui tinte
Sur les ailes du vent qui m'apporta la plainte
Qu'exhalait dans le soir l'âme d'un troubadour.
Vous irez voir Gimel, le fief des Ventadour...*
Poème de Jean des Teindes

Gimel, en Corrèze, près de Tulle, ce sont bien sûr les cascades : la Montane, dans une gorge sauvage, se fraie un chemin au milieu des rochers et se précipite en trois superbes chutes : Le grand saut, La redole et La queue de cheval, qui dévalent une hauteur totale de 143 mètres. Le site est agrémenté de promenades verdoyantes et entre les vestiges du château médiéval, le pont à péage et le circuit des cascadelles, le village qui a choisi de s'appeler Gimel-les-Cascades, mérite largement le détour.

La surprise nous est venue de l'église du bourg. L’église St Pardoux (fin 15ème siècle) possède un mobilier remarquable dont un trésor qui comprend, entre autres, une châsse-reliquaire du 12ème siècle en émail de Limoges consacrée à Saint-Etienne, le premier martyr, et qui offre une richesse de décoration et une fraicheur des couleurs tout à fait surprenantes.


On a la chance de la contempler sous toutes les coutures, installée dans une vitrine forte, bien illuminée et tournant sur un plateau qui permet de l'admirer sans réserve sous toutes ses faces. D'autres pièces enrichissent ce petit trésor dont un buste-reliquaire de Saint Dumine (15ème siècle) en argent. Les boiseries du choeur du 18ème siècle, restaurées en 2007/2008, avec ors et faux marbres, dissimulent des peintures murales, découvertes en 1997 et restaurées en 2006, présentant à droite l’Annonciation (16ème siècle) et à gauche la Sainte Trinité (début 15ème siècle). Les panneaux supérieurs du retable étaient ouverts suite aux journées du patrimoine ce qui nous a permis de découvrir ces fresques d'ordinaire cachées.


On remarque au passage que les ors des boiseries refaites au 18ème, ont été, par mesure d'économie, cantonnés aux parties hautes de l'autel, les artisans ayant simplement  imité le bois doré dans les moulures basses, en les peignant en jaune ! Cela se voit d'ailleurs beaucoup plus nettement sur les photos qu'à l'oeil nu !!



On peut aussi admirer un siège de célébrant en bois sculpté (époque Louis XIII), une chaire à prêcher du 17ème siècle en bois polychrome, qui fait penser à celle de Gourdon dans le Lot, une Vierge de l'Annonciation en bois du XVème à l'air altier et enfin une pietà de facture plus modeste mais tout aussi précieuse.


Mais le plus surprenant est une toile mal éclairée qui orne le bas côté droit de l'église. Intitulée "les fidèles au pardon", on apprend qu'elle fut peinte en 1903 par un certain Cesare Saccaggi. Le peintre, élève d'Andrea Gastaldi et de Pier Celestino Gilardi à l'Académie Royale Albertina de Turin, réalisa plusieurs décors pour les églises de cette ville et certaines de ses toiles figurent au musée de Turin. Une exposition intitulée "Saccaggi entre Eros et Pan" lui fut consacrée en mars 2009, permettant de mieux connaitre ce peintre mineur mais talentueux. Il paie par un certain oubli son éclectisme, passant du préraphaélisme au style pompéien à la Alma Tadema, du néogothisme au néorenaissance, de l'Art Nouveau au vérisme. La première partie de sa production est dédiée aux portraits "mondains" de la "bonne société" milanaise et turinoise, et cela constitue pour lui un excellent tremplin pour se faire connaître. Son art ensuite trouve son inspiration dans le monde des idées, la renaisance d'un Orient mythique, le symbolisme floral, le classicisme poétique, une éternelle recherche de beauté mâtinée de religiosité et d'un brin de sensibilité sociale (témoin son tableau l'excommuniée", portrait d'une mère et de son enfant, suivant de loin une procession religieuse, mise à l'index car elle est mère célibataire). Renommé pour ses aquarelles et ses pastels, souvent inspirés de l'Antiquité, il exposa régulièrement en France de 1895 à 1927.

Les fidèles au pardon reçut d'ailleurs une médaille de troisième classe au Salon des Artistes français de 1903. La composition en "plan américain" (c'est à dire cadrant les personnages à mi-cuisses pour les rendre plus proches du spectateur) est traditionnelle chez cet artiste et on la retrouve dans ses oeuvres les plus célèbres telles que l'Alma Natura Ave (1898), pastel récompensé par une médaille de bronze à l'Exposition Universelle de 1900. La toile de Gimel est remarquable par la série de portraits qu'il présente, la minutie des costumes et les détails, comme ce reliquaire néogothique tenu par la jeune fille du centre. Proche par son style de l'Ecole préraphaélite, il s'apparente, par son mysticisme et ses divers plans de lecture de l'Ecole symboliste de la fin du XIXème.


Le pardon dont il est fait mention dans le titre est la procession de la Saint Jean dont on connait une manifestation particulière à Tulle : la "fête de la Lunade", cortège remontant au 14ème siècle  et qui est mentionné sur le cadre. Le petit enfant tenu au bras est vêtu d'une peau de bête et la jeune fille au hénin porte un agneau. Cette oeuvre fort raffinée a été donnée à la paroise par Jean (eh oui !!) de la Pradelle, puis offerte à la commune de Gimel. On ne peut affirmer que les paysages figurant à l'arrière-plan de la scène soient ceux des monts de Corrèze, mais leur allure y fait fortement penser. Un détail technique savoureux : dans l'église, la toile paraît assez terne mais les photos rendent parfaitement sa richesse chromatique et l'élégance de la touche ! Autant dire que la photo est parfois un plus ! Notons enfin que Sacaggi, mal référencé dans les histoires de l'art est très apprécié des collectionneurs, une de ses toiles ayant atteint il y a quelques années la somme record de 42 000 000 lires (environ 25 000 euros).


* Je me suis permis de reconstituer une sorte d'alexandrin, l'affiche qu'on lit à l'entrée du village étant légèrement différente ! Au passage, le blason de Gimel a perdu ses bandes bleu d'azur, que l'on peut encore admirer sur une photo prise par un autre internaute en 2006 !!


vendredi 21 octobre 2011

PETITE CHRONIQUE CINEMATOGRAPHIQUE

C'est Danielle qui m'incite à parler un peu cinéma. Son billet sur Appolonide que nous avons raté ou pas envie d'aller voir, craignant que ce soit un film complaisant, me conforte un peu dans cette impression et ne pouvant lui répondre sur ce sujet, j'en profite pour faire le moint de nos dernières toiles. Car elle en appelle au partage !
Il y a eu les vacances, temps de pénitence pour nous car la programmation cinéma Art et Essai est remplacée par une programmation commercial plus propre, pensent nos édiles, à satisfaire les touristes que celle qui nous permet, les autres 10 mois de l'année, de ne pas périr idiots. C'est peu cher payer ce luxe d'un cinéma correct et on attend patiemment le mois de septembre. Puis, à la rentrée, il y a eu quelques déceptions qui ne donnaient pas lieu à développements, je n'aime pas faire des billets pour râler. Mais là j'ai envie de vous parler du film d'hier soir et du coup, je m'offre une petite rétrospective.


Notre reprise s'est faite avec "Lourdes"... Sans doute y avait-il quelqu'intention didactique, sociologique ou affective dans ce film aux contours indécis... Mais j'avoue que je n'ai pas compris qu'il ait pu même voir le jour : c'est tellement simpliste et naïf sur un sujet qui, somme toute, aurait pu faire l'objet d'une observation moins enthomologiste et plus élaboré qu'on se demande à quoi ont pensé les financiers de ce projet. Il est à craindre qu'ils aient été, en matière de religion, d'une ignorance telle que les poncifs qu'aligne le scenario ne leur soient même pas apparus. En plus c'est mal dirigé et fort mal joué, mis à part, forcément, Sandrine Testut qui, même elle, finit par être un peu larguée et ne plus trop savoir quelle attitude prendre. A éviter si vous ne voulez pas sombrer dans l'anticléricalisme primaire.


Ensuite nous sommes allés voir Habemus papam. Forcément ! Moretti c'est comme Nothomb, chaque fois on se jure qu'on en se laissera plus piéger, et chaque fois on rechute. La pression médiatique et de l'entourage... "T'as vu ? ben non ... j'ai bien envie d'y aller ... pourquoi pas moi aussi ?" Alors, on finit par y aller aussi. Et ce qu'on redoutait se produit : Moretti fait son show. Ce qui donne des longueurs et des complaisances dont on a un peu soupé. Certes Piccoli joue bien, mais ça tourne court. Le personnage du pape n'est pas assez fouillé pour être vraiment intéressant. Et Nanni qui s'écoute pérorer, qui se regarde jouer et trouve tout cela tellement follement génial, moi j'avoue que j'en ai vraiment assez. Si vous avez vu peu de Moretti, pourquoi pas... Sinon, à éviter, revoyez Piccoli dans le Mépris !


Là, on commençait à se dire "jamais deux sans trois" et Alter, prudent, n'osait plus préconiser quelque film que ce soit. Heureusement nous sommes allés voir "La Guerre est déclarée". Un sujet grave et autobiographique traité avec la sensibilité qu'il fallait et sans sensiblerie.Tourné avec de petits moyens mais un grand souci du détail le film sonne juste. Pas de suspense puisqu'on sait que l'enfant sera sauvé mais beaucoup d'efficacité avec en particulier la technique de la voix off qui donne du relief aux sentiments et aux émotions de protagonistes. Une bande son qui permet l'assimilation aux personnages et rend le propos plus palpable, entre la musique de Radioscopie et Vivaldi, on est dans un univers familier. Et surtout des acteurs très justes qui n'en font pas trop et n'en sont que plus convaincants. Mais vous l'avez sans doute déjà vu et apprécié !!


Par contre, peut-être n'avez-vous pas vu le Cochon de Gaza dont le tirage a été confidentiel. N'hésitez pas à vous le procurer quand il sortira en DVD : c'est un vrai bonheur. Drôle, grave, léger sans être superficiel, c'est une parfaite approche du problème israëlo-palestinien sous son aspect humain, quotidien, banal mais pourtant tragique. La comédie n'est jamais lourde, les petits traits de tendresse jamais frivoles. Le personnage principal admirablement interprété par Sasson Gabay est modeste et digne, un "juste ordinaire", ce qui le rend convaincant. Fatima, Baya Belal, la superbe et parfaite épouse de Jafaar, compose avec élégance et retenue un personnage clé du film qui, lors de son improbable rapprochement avec l'occupant, trace la trame du drame que représente l'occupation de la bande de Gaza au jour le jour.
Je me suis, forcément, intéressée au rôle du cochon et vous livre le secret de tournage tel qu'Allo Ciné le raconte :
"Pour trouver le cochon, Guy Demasure, dresseur, a organisé un casting de cochons vietnamiens, et en a choisi cinq. Après lecture du scénario, il a effectué deux mois de préparation. C’est pendant cette préparation qu'il a constaté que, parmi les cinq cochons, il y en avait un qui sortait du lot. C’était Charlotte, une femelle, alors que le rôle était celui d’un mâle. Mais comme elle était très talentueuse, elle a été choisie pour apparaitre dans le film".
Pour finir, la petite séance de hip hop entre éclopés de la co... (non !!! pas comédie !!) humaine de la fin est sublime : ni larmoyante, ni complaisante, elle est, en toute simplicité, très émouvante.


Hier enfin, nous avons vu "Au Revoir" et c'est pour vous parler de ce film admirable que j'ai décidé cette petite rétrospective. Tourné en semi-clandestinité par Mahammad Rasoulof, lui-même réduit au silence par la justice iranienne (après l'arrestation générale de l'ensemble des membres de l'équipe du film), ce film a été présenté à Cannes au nez et à la barbe des douanes iraniennes. "Au revoir" décrit le combat d'une avocate contre les rouages kafkaïens de la bureaucratie des mollahs. C'est superbe : émouvant, prenant, austère, difficile, pénible mais on ressent, durant la projection, physiquement et moralement ce qu'absence de liberté signifie. Pas un son plus haut que l'autre, pas la moindre image agressive, au contraire tout est statique, superbement cadré et mis en espace comme de spelndides clichés en noir et blanc.  Mais il sourd de ce chef d'oeuvre une violence telle qu'on en sort moulu, tendu par une heure trois quarts de malaise, en voyant l'héroïne s'étioler à cause des pressions et de la censure dictées par la République Islamique. Un chemin vers le repli sur soi s'impose à cette femme dont la solitude est terrifiante et on souffre litéralement autant qu'elle tant cette voie est aride.
Leyla Zareh superbement sobre, tient presque tout l'écran et incarne avec simplicité et beaucoup de tact cet étouffement d'autant plus dramatique qu'il est discret.
Mohammad Rasoulof est toujours dans l'attente d'un verdict. Il encourt une peine de six ans de prison assortie d'une interdiction de tournage pour vingt années. Raison de plus pour aller voir son film et soutenir cette parole qu'on menace de faire taire. Encore et toujours. Même si Rasoulof affirme que son film n'est pas politique ""Je crois que c’est une erreur de croire que mes films sont politiques. Mes films peignent la vie et les situations complexes qui nous entourent. C’est l’intolérance et la précipitation des autorités du cinéma iranien qui donnent une dimension politique à ces situations simples.". Néanmoins, il admet que l'on peut voir dans son cinéma quelque chose de l'ordre du politique, du fait que "dans un régime totalitaire, chaque réaction, chaque critique est considérée comme un geste politique." Un cinéma de résistance qui ose dire la dictature sans métaphore.

mercredi 19 octobre 2011

SANS BARJAQUER

Elle a déjà tout dit, avec, en prime, une très fine analyse du phénomène bloguisitique dont nous sommes les modestes acteurs. Elle parle de journal "extime", et, de fait, même si l'on y reste pudique, il nous dévoile d'autant plus sûrement que nous choisissons d'y être transparent.
Le plus simple est donc de vous livrer quelques images en retour !! Presque sans commentaire !!


Au départ, un petit regard ému sur l'Entre Deux Mers, et "mon" estuaire, au loin, très loin !


A l'arrivée, le bleu n'est plus le même ... les îles, la côte et bien sûr, le Vieux Port qui abrite pas mal de souvenirs d'enfance !


Avec une mention particulière pour l'île du Frioul au charme singulier et où nous aimons tant aller passer quelques jours, parfois.


Quand j'ai demandé au cousin qui m'accueillait de me faire faire l'école buissonière et de m'emmener à l'Estaque, j'ai bien senti qu'il trouvait l'idée étrange : et de fait, à part de me gaver de panisses, j'avoue que j'ai été fort déçue, un village certes auréolé de la gloire des peintres qui l'ont immortalisé, mais finalement bien modeste, une annexe ouvrière de Marseille, qui garde les stigmates du temps des cimenteries.


Et si elle n'y avait pensé, nous n'aurions pas eu de souvenir !! Par chance, au moment où elle m'a rejointe, j'étais en train de proposer mes services à deux charmantes jeunes femmes qui se retrouvaient après une longue séparation et manifestaient sincèrement le plaisir de ces retrouvailles.
- Vous avez envie que je vous photographie ??
- Oh que oui...
Chose promise, chose faite : je les cadre, les recadre, essaie d'éviter le contre-jour... et Norma arrive ! Attend patiemment que j'aie fini mes démonstrations et, pleine de bon sens, leur dit :
- Vous voulez bien nous rendre la pareille ??
Et voilà !! Une nouvelle rencontre entre copinautes, pleine de ce naturel toujours hallucinant qui fait qu'on se parle de tout et de rien, mais surtout de choses importantes, comme si on s'était toujours connues !! Avec une confiance rarement atteinte dans la vie "normale" !!

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