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lundi 23 mars 2015

Marée dite "du siècle" sur l'Estuaire

Quelques "Avant, Après" ....






Pour une grande marée fêtée très dignement entre amis ...


dimanche 15 mars 2015

Les violettes du 15 mars

Dans le jardin de Madeleine, le 6 mars 2015

"Samedi je suis médiatrice de la table "violette" (la fleur), j'ai pensé à toi."
Message "secret" reçu il y a quelques matins : l'expéditeur ? Mandarine, ma fille au grand cœur, romantique en diable, sous ses airs bravaches. Tellement secret que j'ai mis quelques instant à en comprendre la teneur. Qu'avais-je donc à voir avec les violettes, mazette ?? J'étais en train de dévorer ce jour-là le dernier livre de Fred Vargas*, Les temps glaciaires, qui m'avait tenue éveillée une bonne partie de la nuit, et, honte à moi, j'ai d'abord pensé à Violette Retancourt. J'avais souri la veille en lisant le bref rappel de l'auteure, destiné à rappeler à ses fidèles lecteurs la personnalité de cette héroïne atypique, déjà croisée dans nombre de ses livres : "Violette Retancourt, à qui ses parents, par quelque malentendu, avaient donné le nom d'une fleur fragile sans prévoir qu'elle atteindrait la taille d'un mètre quatre-vingt-quatre et la masse musclée de cent dix kilos". Pas très romantique comme image : "Une douzaine de ses hommes s'était groupée à la réception autour du brigadier Gardon, tous dominés par la masse de Retancourt, qui semblait équilibrer la composition de l'ensemble, conférer un axe à cette scène un peu picturale."

Toujours le 6 mars, venant du jardin de Madeleine

J'en étais là de mes supputations, persuadée qu'il n'était certainement pas dans les intentions de ma fille de me comparer à ce mastodonte féminin, quand j'ai fort opportunément repris pied dans mes propres souvenirs : Bon sang, mais c'est bien sûr !! Elle voulait évoquer les violettes du 15 mars ... Très sensible vous l'ai-je dit, ma fille ! Elle réveillait cette anecdote dont, parmi tant d'autres bluettes, nous avions bercée son enfance : le jour de notre mariage, nous avions cueilli, un peu étonnés d'une telle aubaine, un bouquet de violettes. À l'époque, je vous parle d'un temps lointain, des violettes au 15 mars, en Périgord de surcroît, avaient quelque chose de rare, comme une promesse de bonheur éternel, d'effluves bénéfiques et de lendemains ensoleillés. Aujourd'hui, réchauffement climatique aidant, les violettes du 15 mars sont devenues monnaie courante, surtout au bord de l'estuaire où le climat est tout de même plus clément qu'en Périgord. Mais la magie de la protection de ces "herbes de la Trinité" a opéré : nous saluons chaque année, sans faiblir depuis presque 40 ans, l'étonnant mystère, en ces temps incertains, de la survie d'un couple, envers et contre les intempéries de la vie et à contre-courant d'un hédonisme ego-centré.


Mandarine, moins oublieuse que sa Retancourt de maman, évoquait aussi par ce gentil clin d’œil une autre anecdote qui me vaut, régulièrement quelques cadeaux embarrassants. De mon enfance, en des temps où les papas n'avaient qu'un rôle très limité dans l'éducation des petites filles, je n'ai gardé que quelques échos de gestes ou d'attentions d'un père très aimant, mais fort peu interventionniste. Des souvenirs d'autorité, oui : il considérait, à raison d'ailleurs, que c'était son rôle. Mais des délicatesses, moins. Leur mémoire n'en est que plus précieuse. C'est ainsi qu'un jour, revenant de Toulouse, il m'avait rapporté des violettes confites. Du coup, forcément, j'aime bien le goût de ces petites fleurs. Cela me vaut, je le disais, d'avoir à faire face vaillamment à des pastilles parfumées, des pétales cristallisés dans le sucre ou des liqueurs fleuries. Et comme tout mon entourage tord le nez sur ces produits très aromatisés, je dois tout manger et tout boire, et consommer avec des mines de chatte ces douceurs exotiques ! Qui me valent bien sûr, l'inévitable sourire d'Alter qui affirme à qui veut l'entendre que j'ai "des goûts pervers".

Dédié à Alter bien sûr
mais aussi à Mandarine ... et à Koka
qui ont souvent été associées à  nos anniversaires de mariage !

mardi 13 janvier 2015

L'ÉVOLUTION DU GOÛT : BÉCASSES AUX PLEUROTES

Les apprêts d'un festin

Il y a, en ce moment, des travaux à la maison et nous avons pour les faire une petite équipe d'artisans, jeunes, charmants, serviables ... et chasseurs. Vous connaissez déjà, si vous êtes des lecteurs assidus de ce blog, l'un d'entre eux, "mon" peintre, qui est le poète toutes catégories de la poésie de l'affût et qui plus est un traqueur hors pair de bécasses. Il est l'autre jour arrivé avec un tableau de chasse que je n'ai pas photographié mais qui aurait valu le cliché : un faisan, trois bécasses et une petite sarcelle. Il chasse mais n'aime pas manger son gibier et en fait profiter les heureux mortels que nous sommes. Ses copains, l'électricien, le plombier, le carreleur ont admiré un peu jaloux ses prises, remarqué en riant qu'il les avait soigneusement baguées, et ont révélé tour à tour leur tableau du week-end, qui trois bécasses aussi, qui rien du tout ! Tous ont en commun que finalement, ce qui leur fait briller les yeux ce n'est pas le plat qui en résulte mais l'émotion de la prise, le cœur qui bat la chamade quand les chiens se mettent à l'arrêt et l'angoisse de rater la bête et de décevoir leurs fidèles compagnons. Savez-vous de quoi ils rêvent tous ? D'une petite caméra à fixer sur leur front ou au collier des chiens pour garder souvenir de ces moments intenses où tout se joue et s'accomplit, dans la fraîcheur grisante du petit matin. Car souvent, ils vont faire un tour à la chasse avant d'entamer leur journée, c'est leur mise en jambes !

Plumes du peintre

Ce sont de tous jeunes quadragénaires, nourris de mets sans doute trop aseptisés pour leur faire apprécier, comme nous, les saveurs relevées du gibier faisandé, des cuissons mijotées et des fumets corsés. Ils ne semblent pas vraiment passionnés par nos recettes et nous laissent bien volontiers le produit de leur chasse pour en faire nos agapes post-festives. C'est l'électricien qui nous a remontré, pour la troisième (et dernière fois, Alter a juré qu'il saurait désormais les trouver seul), comment trouver dans le plumage mordoré les précieuses plumes du peintre qui sont recherchées, nous dit-on, par les aquarellistes, et que les chasseurs parfois collectionnent en guise de trophée.

Le pain toasté placé sous la bécasse, tartiné dans un premier temps de foie gras, puis du mélange de déglaçage de cuisson.

Si vous saviez quel festin nous ont valu les bécasses dégustées religieusement à leur santé. Inutile d'en redire la recette, celle mon ami Marc, grand amateur de ces petits oiseaux devant l'Éternel : elle est là et je n'ai pas même eu besoin de la relire tant elle simple, évidente et savoureuse. J'ai simplement, en plus, tartiné les toasts de présentation de la bête de fois gras, en lieu et place du beurre salé préconisé par Marc, et rajouté aussi quelques copeaux de fois lors du déglaçage de la marmite, pour le plus grand bien de la préparation aux entrailles dont on tartine le pain placé sous la bécasse pour le service.


Nos oiseaux étaient, cette fois-ci, accompagnés de pleurotes. Maison ... si, si !! La pleurote était le cadeau tendance cette année, et les nôtres ont été précédées d'une anecdote qui mérite le récit, dans l'esprit des contes d'un auteur bien connu (1). Alter, qui s'en remet volontiers à moi pour toutes les opérations cadeaux des fêtes de fin d'année, aime bien cependant avoir une ou deux idées personnelles pour ses filles et, durant le mois de décembre, un jour, il me parla d'un produit marrant qu'il avait envie d'offrir à Koka : un kit de pleurotes en prêt à pousser. J'approuvai vivement et lui laissais le soin de concrétiser son idée. Or, alors que nous étions fin décembre, en train de faire la queue au musée Jacquemard-André, je surpris la conversation de deux dames très démonstratives, qui évoquaient leurs trouvailles en matière d'idées cadeaux. Et l'une, toute fière, expliquait à l'autre qu'elle avait trouvé un truc super, des pleurotes en prêt à pousser. Je pris alors Alter à part (nous étions avec Koka) pour lui demander s'il avait bien reçu les siennes, n'ayant pas souvenir de les avoir emballées. Sa mine s'allongea et il m'avoua, déçu, qu'il avait "zappé" : d'une page internet à l'autre, il avait carrément oublié de passer sa commande. Dommage, mais l'idée restait bonne, il lui en offrirait l'an prochain ! Quelques instants plus tard, je reçus un sms "Mais moi, je n'ai pas oublié ;-)"... la missive venait de Koka, à qui nos conciliabules n'avaient point échappé, et qui avait prévu très exactement le même cadeau pour son papa. Je vous laisse imaginer note fou rire ce jour-là, au grand dam des deux parisiennes qui nous trouvèrent fort inconvenantes, et la tête étonnée et ravie du sus-dit papa quand il ouvrit son présent le jour de Noël !

Champignons des temps modernes

Tout content, quoiqu'un peu contrit, il n'eut de cesse au retour que de mettre "ses" champignons en culture, suivant avec une précision admirable mode d'emploi et instructions. Et la récolte s'annonçant sympathique, il fut décidé que les pleurotes accompagneraient fort à propos nos superbes bécasses.


Ainsi fut fait : escorté par un Château Carbonnieux tout à fait digne de l'événement, le festin n'avait plus qu'à être dégusté. Sans serviette sur la tête pour en emprisonner les arômes comme le préconise Brillat-Savarin pour les ortolans, mais en goûtant, comme il le dit joliment "un plaisir inconnu du vulgaire". Le dîner s'est achevé dans la joie, par une pensée émue pour le peintre et ses trois chiens, les congratulations réciproques au caviste et à la cuisinière, et une profonde méditation sur les bienfaits et les justesses de la Création devant une belle flambée, digne de notre auteur normand. 

Article dédié à Koka
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(1) Extrait de l'introduction des Contes de la Bécasse du Maupassant :
Mais il existait dans la maison une vieille coutume, appelée le « conte de la Bécasse ». Au moment du passage de cette reine des gibiers, la même cérémonie recommençait à chaque dîner. Comme il adorait l’incomparable oiseau, on en mangeait tous les soirs un par convive ; mais on avait soin de laisser dans un plat toutes les têtes.
Alors le baron, officiant comme un évêque, se faisait apporter sur une assiette un peu de graisse, oignait avec soin les têtes précieuses en les tenant par le bout de la mince aiguille qui leur sert de bec. Une chandelle allumée était posée près de lui, et tout le monde se taisait, dans l’anxiété de l’attente. Puis il saisissait un des crânes ainsi préparés, le fixait sur une épingle, piquait l’épingle sur un bouchon, maintenait le tout en équilibre au moyen de petits bâtons croisés comme des balanciers, et plantait délicatement cet appareil sur un goulot de bouteille en manière de tourniquet. Tous les convives comptaient ensemble, d’une voix forte : – Une, – deux, – trois.
Et le baron, d’un coup de doigt, faisait vivement pivoter ce joujou. Celui des invités que désignait, en s’arrêtant, le long bec pointu devenait maître de toutes les têtes, régal exquis qui faisait loucher ses voisins. Il les prenait une à une et les faisait griller sur la chandelle. La graisse crépitait, la peau rissolée fumait, et l’élu du hasard croquait le crâne suiffé en le tenant par le nez et en poussant des exclamations de plaisir. Et chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé. Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait, sur l’ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.

jeudi 11 décembre 2014

TRENTE

Dédié à Mandarine
Je voulais lui offrir une escapade à Trente, et forcément Alter a trouvé l'idée bizarre... Je vous l'accorde : même si, par définition, toute ville italienne a du charme, Trente, essentiellement industrielle, ne présente qu'un très modeste attrait pour envoyer Mandarine y fêter son anniversaire. Certes, le mot tridentin, auréolé du prestige du Concile qui valut à la chrétienté une apothéose artistique dont je me fait souvent l'écho, éveille chez moi des images agréables. Mais, même en cherchant sur le site de l'office du tourisme de la ville, je n'ai rien trouvé de  bien exaltant à visiter : quelques restes romains, un château plutôt austère, un peu d'architecture moderne, un marché de Noël et surtout ... du vin ! 


- Tu as vu, un salon du vin ?? Pas mal non ...
Devant la mine atterrée du papa, pas du tout convaincu par les mérites d'une telle manifestation, permettant pourtant de découvrir les cépages et productions dont notre amie Siù dit grand bien, il m'a fallu renoncer au symbole - ce n'est pas souvent qu'une ville porte votre âge - et admettre que le projet n'avait rien de très affriolant.
J'ai donc remisé Trente au nombre, incalculable, des idées saugrenues de Michelaise et me suis creusé les méninges pour marquer autrement la journée. Comment ?? Mais vous ne le saurez pas, mes amis, car je soupçonne la principale intéressée de venir faire un petit tour sur ce blog pour voir, dès 8h30 (car je suis aussi fidèle à l'heure !!) ce que sa "folle" de maman a encore inventé pour lui dire "Bon Anniversaire" : et la surprise doit rester complète ! Donc, motus ... Nous nous contenterons donc, pour le moment, d'un bien classique :

BON ANNIVERSAIRE MANDARINE

dimanche 29 décembre 2013

LE SONGE DE LA LICORNE


L'histoire a commencé quand j'ai découvert que le musée Sainte Croix de Poitiers, prévoyait une exposition joliment intitulée "La Licorne et le Bézoard". Exposition consacrée aux cabinets de curiosité... Or notre petite Koka, la dernière fois qu'elle est venue à la maison, était en pleine "invention" d'un cabinet de curiosité : allez savoir ce qui l'a marquée un jour - leur nom "cabinet des merveilles", leur caractère farouchement "scientifique", leur fantaisie ébouriffée, l'imagination parfois assez délirante de ceux qui les ont constituée - toujours est-il que Koka a toujours aimé ces collections hétéroclites de médailles, d'objets d'histoire naturelle, d’œuvres d'art et autres mirabiliae dont les puissants de la Renaissance étaient friands. Au point d'avoir envie de fabriquer le sien !


Elle voulait une vitrine pour y exposer ses petites trouvailles, surtout inattendues et éventuellement incongrues ... Une exposition sur le sujet ne pouvait donc qu'amuser ma petite savante qui entasse les herbes folles et le rebaptise pour en faire des curiosités dignes d'être exposées. Nous lui avons donc concocté, Alter et moi, un week-end d'un exotisme échevelé, à Poitiers, (j'avoue que je suis curieuse de voir la tête qu'elle fera quand son mari, complice, l'invitera à descendre en gare de Poitiers !! elle risque de trouver l'idée étrange, voire manquant singulièrement de panache) pour lui dire Bon Anniversaire pour de vrai, sur fond d'artificialiae et autres exoticae, le tout centré autour de La Licorne. Vous aurez forcément quelqu'écho de cette exposition dans un futur billet mais aujourd'hui place aux réjouissances ! Nous sommes avec Koka pour nous émerveiller de voir "notre" merveille souffler ses 27 bougies ! Que la fête commence !!!


Au programme, les deux expositions bien sûr, si le temps le permet une enquête policière dans les rues de la ville à la recherche des femmes célèbres qui ont marqué la ville, Portées disparues, un petit tour à la porterie de l'abbaye de Ligugé pour y visiter le petit musée d'émaux et surtout faire une provision de SCOFA et pour finir quelques Passions et Gourmandises pour célébrer dignement l'événement. Nous avons aussi prévu, bien sûr, une Licorne digne de ce nom pour marquer durablement le souvenir de cette journée ! Mais là, le mystère restera entier jusqu'à ce que la principale intéressée ait ouvert son cadeau...


BON ANNIVERSAIRE KOKA !  

samedi 29 décembre 2012

HELENE



T'avons-nous assez "bassinée" Koka, quand, petite fille, nous tenions à tout crin, avec cet entêtement qui caractérise les parents novices, à te rappeler la légende glorieuse d'Hélène de Constantinople, en te la montrant de-ci, de-là sur toutes les toiles italiennes devant lesquelles nous vous trainions, ta sœur et toi, persuadés qu'il fallait vous former l'oeil !! Tu mettais à oublier l'histoire, d'une fois sur l'autre, une constance qui aurait dû nous alerter, nous rendre plus légers, moins invasifs, mais que veux-tu, nous étions fiers du choix de ton prénom. Très réfléchi, tu le sais, car nous voulions éviter le doublé "anniversaire-fête" trop proche et il fallait à tout prix délaisser les prénoms à fêter en décembre.

Et puis le caractère bien trempé de cette femme d'un officier d'Aurélien, plus ou moins répudiée quand son époux dut épouser Théodora, et qui se voua alors à la réussite civile et militaire de son fils Constantin, nous semblait un excellent patronage ! Qu'elle partit seule d'Asie Mineure pour aller retrouver, à Jérusalem, les reliques de la vraie croix, montre d'ailleurs qu'elle avait un tempérament bien trempé.

Cima (un peintre que tu aimes bien n'est-ce pas ?) l'a représentée en souveraine slave, douce et déterminée, et l'a campée comme une superbe passionaria des temps anciens, belle, sculpturale, concentrée sur sa mission, pugnace et forte. Et toi, notre fille, notre princesse au regard de feu, au tempérament d'acier et au cœur d'une rare tendresse, tu es parmi nous depuis 26 ans aujourd'hui, et le souvenir du jour de ton arrivée reste aussi vif qu'ensoleillé. C'est le jour où jamais de s'offrir un petit attendrissement qu'il est bon de partager avec la principale intéressée.

Bon anniversaire Koka, et que la vie te garde lumineuse et invincible. Pour l'éternité. 

PS : je le rappelle cette année, j'ai choisi pour saluer vos anniversaires, le thème finalement pas si anodin que cela, du choix des prénoms.

mardi 11 décembre 2012

MARIE

Je sais, Mandarine, que le rapprochement te paraissait foireux, quand, adolescente, tu te heurtais à cette comparaison qui avait le don de te porter sur les nerfs ! Mais pourtant aujourd'hui j'ose célébrer ton visage à l'ovale parfait, la douceur de tes traits, la luminosité de ton sourire. Et si je me permets ce rapprochement avec Antonello, c'est parce qu'à travers les âges, les peintres ont choisi, pour représenter Marie, un idéal féminin qui nous émeut encore ... et qui m'émeut, moi surtout, parce que je suis la maman de cet être de chair et de sang qu'un étonnant matin de décembre 1984 a déposé contre mon sein comme un cadeau béni.

Après tout, même si d'autres n'ont pas le droit de tenter cet amalgame douteux, ce prénom que nous avons improvisé alors que tu gigotais déjà et que, parents peu prévoyants nous n'en avions encore choisi aucun, tant ta naissance nous semblait lointaine, était sans doute le signe d'une volonté de te parer dès le berceau de toutes les grâces que peut apporter un visage avenant et ouvert.

28 ans déjà ma toute belle : il est bon, chaque année, à cette époque, de partager avec toi l'émotion du premier jour, de l'orner chaque fois de couleurs nouvelles, et de te dire que cette date, si elle est pour toi synonyme de bonheur et de joie, reste pour Alter et moi un moment unique dans notre vie de couple. La future entité "les parents" a pris, elle aussi, naissance ce matin-là !

Bon anniversaire Mandarine et que la vie te garde claire et belle. Pour l'éternité.

PS pas facile de trouver un thème différent chaque année pour ce billet au rendez-vous fixé à la minute près : mais le choix du prénom est, lors de la naissance de l'enfant, une vraie aventure pour les parents éblouis...
re PS pour ceux qui s'étonneraient de voir Mandarine voilée, elle réside actuellement aux EAU et, je vous rassure, elle n'a du se voiler que pour visiter une mosquée !

jeudi 6 décembre 2012

SAINT NICOLAS POUR DE VRAI


Alors là, la surprise était de taille... au sens comme au figuré d'ailleurs. Imaginez un carton expédié par porteur spécial qui vous arrive sans mention d'expéditeur. 


Vous l'ouvrez, intriguée, n'attendant rien et vous apercevez une élégante enveloppe, ciglée Pierre Hermé. Entre deux points d'interrogation, vous commencez à comprendre... Mandarine ???


Mais vous n'êtes pas au bout de vos découvertes : dans le carton, un confortable sac moelleux et manifestement isotherme. Gonflé à point, boursouflé de coussinets, soigneusement scellé, bref confortable et prometteur.


Un ciseau pour l'ouvrir, et là, vous tombez, totalement ahurie, sur une superbe boîte, une de celles que l'on garde ensuite des années, vide, pour y ranger trombones, poèmes, fleurs séchées et gommes usagées, surmontée d'une poche de glace. 


Et la glace est encore parfaitement prise, solide, pas l'once d'une trace de liquéfaction. Or il est plus de midi et au mieux, le paquet a été expédié la veille au soir. 


Le reste s'enchaine avec, juste, des cris de joie et des exclamations de ravissement devant la somptuosité du cadeau qui s'offre à vous !! En provenance directe d'Abu Dhabi... mais non, je confonds tout, pas d'Abu Dhabi mais c'est tout comme ! 


Il ne vous reste plus qu'à déguster, avec un petit café bien serré, les pieds au soleil, la tête dans les nuages... C'est fou ce qu'on peut faire avec le progrès, de nos jours. C'est fou surtout ce qu'on peut faire avec une jolie dose d'amour... 


Merci Mandarine, tu m'avais étonnée avec des pains d'épice en provenance directe de ces contrées de l'Est où Saint Nicolas s'acoquine avec le Père Fouettard pour récompenser les petits enfants. Tu m'as, l'an dernier, envoyé par voie "traditionnelle" une boîte de dattes bien émiriennes dont j'ai conservé pieusement le contenant. Mais cette année, tu fais fort, Hermé, des macarons, des douceurs incomparables à partager pour mon plus grand bonheur... avec, à chaque fois, une pensée émue pour ma petite Mandarine, penchée sur son ordi, concoctant sa surprise, se réjouissant à l'avance de l'effet qu'elle ne manquerait pas de produire sur sa lointaine maman michelaise.... Merci pour cet incroyable tour de magie qui me fait, aujourd'hui, tellement chaud au cœur.

mardi 18 septembre 2012

BELLE-MERE

 
Je l'étais déjà depuis le mois de juillet, et pourtant je ne l'ai compris qu'à l'instant, en lisant un mail de Siù : je viens d'acquérir un nouveau statut, une nouvelle "dimension" sociale : je suis une belle-mère ! Avons-nous, dans mon entourage, assez plaisanté sur les fameux chapeaux qui, comme des indicateurs tonitruants et ironiques, marquent, le jour de la cérémonie, l'accession de deux "dames" d'âge disons "moyen plus" ("plus plus" en ce qui me concerne !!) ) à l'état de "belle-doche", à distinguer soigneusement de la "marâtre", seconde femme du père ! Car on peut être belle-mère beaucoup plus jeune, il suffit, et par les temps qui courent cela n'a rien de rare, d'épouser un homme déjà pourvu d'enfants !
Dans tous les cas, un équilibre à trouver, une affection à dispenser, des excès à ne pas commettre, une distance à mesurer bien précisément, bref, un rôle social à apprendre, intégrer et jouer avec le plus de naturel possible. Pour moi qui ne sais guère apprendre des rôles, l'aventure est périlleuse, mais il nous faut éviter les poncifs. Certes l'affaire est plus simple, me semble-t-il, dans le sens d'un gendre qu'envers une belle-fille : là, j'avoue que je serais totalement paniquée à l'idée d'éviter le schéma classique de la belle-mère envahissante, omnisciente, compatissante, méprisante... Bref celle qui sait ce que son fils aime, qui fait le ménage tellement mieux que vous, qui cuisine de façon divine, qui ne se prive jamais d'une critique directe ou détournée, qui, en un mot, se pose (ou est posée) comme unique et incontournable modèle féminin. Le lien privilégié qui se noue entre une maman et son fils crée un attachement particulier entre eux et rendent la construction d'une relation belle-mère belle-fille parfois délicate, voire carrément problématique. Classique et prévisible : voir son fils, son bébé, sa merveille construire une relation d'altérité avec une autre femme est toujours un peu douloureux, et, pour beaucoup se pose, consciemment ou non, en terme de rivalité. On peut donc l'éviter, avec un minimum de bon sens ou de réalisme.


Mais entre une belle-mère et son gendre, les problèmes sont différents. Remarquez d'ailleurs que les blagues de fin de banquet, entre la blonde et les belges, et les sketchs croustillants d'humoristes inspirés et autres gaudrioles sur ce thème, portent toujours sur la belle-mère du gendre, et non sur celle de l'épouse, car pour cette dernière l'affaire est trop conflictuelle pour en rire. "Belle-maman" fait rire *, jaune certes, mais la relation qu'elle noue avec le mari de sa fille est toujours teinté d'un léger déséquilibre, qui peut aller de l'attachement excessif à l'antipathie pure et simple.


La difficulté pour un homme porte essentiellement sur les rituels imposés par sa femme, et il a du mal à se situer dans un contexte fusionnel entre la mère et la fille, pas forcément apparent mais très profond. Pour créer, puis nourrir des liens nouveaux, il se sent en porte-à-faux et vaguement dérouté par ce contexte féminin dont, parfois, il peut se sentir exclu. Rien de grave au début, mais cela peut virer rapidement à l'irritation, l'indifférence étant souvent la solution choisie comme étant la plus confortable.


Il est donc nécessaire de prendre conscience de ce nouvel "office" et de l'aborder avec le plus de délicatesse possible. En l'espèce, j'ai le sentiment que mon côté un peu "méditerranéen", démonstratif et spontané, doit être maitrisé. Mes traits un peu trop "nature" et ma décontraction doivent être contrôlés : pas question d'effaroucher ce jeune homme que sa réserve naturelle ne porte guère à l'épanchement désordonné. Il va falloir que Michelaise se domine et adopte avec le mari de Koka une conduite rassurante et sage, vaste programme n'est-ce pas ?? Elle a commencé en négociant le droit de ne pas arborer le jour de la noce le fameux couvre-chef qui l'effrayait tant, contre une décoration d'église qui, quoique peu conventionnelle, a donné entière satisfaction au jeune homme : vous voyez qu'elle est capable de s'adapter !!!

Je sens que vous allez encore craquer pour Alter, papa parfait s'il en est, capable d'ouvrir le "bal" en valsant et de rocker ensuite, après avoir "tombé" la veste !!


* Une fois n'est pas coutume, on lit rarement des blagues, foireuses de surcroit, sur Bon Sens et Déraison. Voici cependant un petit florilège de traits cruels sur le sujet, extraits du livre de Bertrand Morisset "Spécial belles-mères, 400 histoires drôles et autres aphorismes pour les mettre dans votre poche ou pas "
- Quel est le poids d'une belle-mère? (1,2 kg urne comprise.)
- La fortune vient en dormant, l'appétit en mangeant et la belle-mère en râlant.
- Deux maris discutent : « Ma belle-mère est un ange. — Tu en as de la chance, la mienne est encore en vie… »
- Quelle est la différence entre une belle-mère et une télé? Sur une télé, on peut couper le son.
- Une belle-mère à son gendre : « Vous me ferez mourir de chagrin! » Le gendre : « Tant mieux, comme ça, on ne retrouvera pas l'arme du crime! » (Michel Audiard)
- « Ma belle-mère a été mordue par un chien errant dans la rue. — Oh, c'est terrible. — Oui, tu aurais dû voir ce pauvre chien mourir dans d'atroces convulsions. »
- « Avoir sa belle-mère en province quand on demeure à Paris, et vice-versa, est une de ces bonnes fortunes qui se rencontrent toujours trop rarement. » (Honoré de Balzac)
- Sur la plage, un petit garçon demande à son papa Charles : « Dis papa! Pourquoi mamie, elle court en zigzag? — Tais-toi et passe-moi les cartouches! »

mercredi 25 juillet 2012

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