dimanche 14 septembre 2014

QUATRE DÉCENNIES


C’était, comme souvent, un matin. C’est fou comme les informations anodines du matin, celles qui ressemblent à de petits échos inoffensifs, me secouent, provoquant chez moi ces petits éclairs de lucidité qu’on pourrait baptiser « prise de conscience ». Ayant, en vieillissant, de plus en plus mal à émerger de l’état semi-comateux que le réveil m’impose, je dois être plus vulnérable aux petites heures… enfin « petites heures » feraient sourire les lève-tôt, ceux à qui, comme le disait sentencieusement maman, « le monde appartient ». Moi, à ces heures-là, il ne m’appartient pas, il m’agresse, m’assaille et m’inquiète. Tout est alors prétexte à retour sur pensée, tentative de réflexion et développements oiseux. 


Donc, ce matin-là, « on » – entendez une des radios qu’Alter bien réveillé (1), fait sonner dans toute la maison... nous n’avons pas la télévision mais nous avons « la radio du matin » – parlait, pour une raison que je n’ai pas le courage d’élucider – anniversaire, décès d’un des protagonistes, nostalgie quelconque – des Shadoks. L’improbable (2) voix aigrelette et vaguement éraillée de Claude Piéplu emplissait la pièce et le journaliste de service parla « de quatre décennies ». Et mon esprit partit en vadrouille : je pensais à une amie qui, l’autre jour, tentait de situer sur une échelle chronologique des événements anciens, et, pour chacun, disait « c’était il y a quatre ans », alors que manifestement ils dataient tous d’un nombre bien plus impressionnant d’années. Nous nous étions gentiment moqué d’elle, voyant dans cette limite symbolique le signe que, pour elle, tout ce qui était vieux remontait à quatre ans, ou plus ! Peu importait finalement…
Puis je réalisais soudain que la perspective évoquée par le reporter m’avait paru, à l’énoncé, totalement inaccessible – pensez, quatre décennies – pour, finalement, se révéler très vraisemblable, voire tout à fait plausible. Il me fallut alors admettre que ce délai, de l’ordre de l’infini dans mon inconscient, plus proche de l’historique que du souvenir palpable, était devenu une aune tout à fait réaliste. Et de réaliser que, un peu dans le genre de l’amie dont je parlais, j’avais coutume de situer quelque chose de très ancien à environ dix ans. Il ne me faut plus mesurer mon temps en année, comme elle et moi le faisons avec l’inconscience acharnée qui nous maintient en espérance, mais en … décennies. Notre mariage avec Alter ? presque quatre décennies. La naissance de notre premier enfant ? Trois décennies. Et voici que les anciens bébés ont soudain, eux aussi, plusieurs décennies ! Quant à '68, cette petite révolution qui changea nos mœurs, notre société, notre rapport au droit et sans doute, modestement, la face du monde ? Bientôt cinq décennies. Il va bientôt me falloir deux mains les dénombrer, ces fichues décennies !


Arrivée à ce point de ma réflexion, il ne me restait plus que deux alternatives : oublier et changer de registre, au risque de « finir » comme belle-maman qui, le jour de ses 90 ans disait à son fils, l’heureuse femme « Mais je suis si vieille que ça ? je ne m’en étais pas rendu compte » … ou simplement foncer sous la douche et tenter de me remettre les idées en place. Je pris plus prosaïquement le parti d’affronter mon clavier, pour ce petit billet fureteur, une tentative maladroite pour admettre l’inadmissible : le temps qui passe se compte en unités de plus en plus sévères. Et celui qui nous reste, bientôt, sera à compter en années. Cette inversion des données de mesure se fait sans y penser : et c’est bien là le drame. Un jour, sans crier gare, on se retrouve avec les décennies derrière et les années devant, alors qu’on avait toujours progressé à l’inverse. Et il faut s’adapter à ce nouveau sablier, impitoyable et pourtant nécessaire. Comme l’est notre finitude. 



(1) Et dire que lorsque nous nous sommes connus, c’était Alter qui était incapable d’ouvrir l’œil aux aurores, et moi qui frétillais dès potron-minet. Une des multiples alchimies secrètes propres aux « vieux-couples » : on finit par se ressembler. Et quand, au départ, on était franchement différent, on assiste à un étonnant retournement de situation, chacun ayant adopté la peau de l’autre !! Définitivement contraires, ou plutôt, complémentaires. 
(2) Je me suis toujours demandé comment, avec une voix pareille, aussi dissonante, voire désagréable, on pouvait décider de faire du théâtre. On me dira, et c’est vrai, que c’est justement son anti-conformisme qui en fit le succès, mais ce qui m'étonne c'est la vocation de départ du bonhomme !

jeudi 11 septembre 2014

LE TIROIR DE WOLFANGO PERETTI POGGI


C'était à Bologne, au printemps. Nous descendions l'escalier majestueux du Palazzo d'Accursio, autant dire la mairie de la ville. Un mariage égayait ses invités le long des marches, chapeaux fantaisie, robes chics et costumes sombres. Nous venions de visiter le musée communal, où nous n'avions pas trouvé les Morandi transférés quelque temps auparavant au musée d'art moderne, et partions tranquillement vers d'autres réjouissances. Sur la gauche, une petite salle s'ouvrant par une paroi entièrement vitrée sur l'escalier, attira mon attention : Sala Stampa Luca Savonuzzi. Au fond, une immense toile dévoilait, un peu comme certain sac à main dont je vous ai tantôt entretenus, tout son contenu. Intriguée, j'en pris quelques clichés, mais je n'eus aucune explication quant à la dénomination de la salle et au sens de l'importante oeuvre qui la décore. Ce n'était pas une salle de musée mais bien un pièce de réunion.


Je pensais dans un premier temps que ce tableau, affichant papiers et documents, parlait du dédicataire de la salle, Luca Savonuzzi. Ce journaliste, rédacteur en chef de la Repplublica, et responsable de la section bolognaise du journal, devait avoir accompli quelque action d'éclat pour mériter pareille mise en valeur. Pourtant, à part d'être décédé tragiquement, un jour de février 1988 à l'âge de 39 ans dans un terrible accident de voiture, rien ne semblait, dans sa courte carrière, se rapporter au sujet de la toile en question.


Quelques recherches me permirent d'identifier l'auteur du tableau : Wolfango Peretti Poggi, un peintre bolognais très en vogue, que l'on qualifie parfois de naturaliste, d'hyper-réaliste, parfois même de visionnaire, voire flirtant avec le fantastique... et qui préfère se dire "peintre... sans adjectif". Volontiers philosophe, il se définit comme un figuratif "mimétique", se voulant seulement fidèle à la nature des choses qu'il voit. Sa technique consiste à opérer un grossissement de l'image, destiné à désorienter le spectateur, comme si ce dernier voyait l'objet représenté pour la première fois, alors que c'est, toujours, un objet du quotidien, souvent banal, voire trivial. Et cet objet, il le regarde toujours de haut, du zénith dit-il, et il lui donne la parole. Ses représentations alors ont une ambition spéculatives, elles permettent au spectateur de dépasser le réel, en l'englobant dans une vision quasi métaphysique. Ce ne sont pas des trompe-l’œil, ce sont des questionnements, ils interpellent le spectateur car ils ont un sens.


Peretti peint les objets du quotidien, mais sur un mode qui veut explorer la frontière entre la vie et l'éphémère. La pomme de terre, par exemple, dans la plus parfaite tradition de la "nature-morte", est ratatinée, elle évoque le flétrissement, la mort, mais en même temps le pouvoir et la force d'émettre de nouvelles pousses, qui sont symboles de vie et de renaissance. Le thème du conflit entre la vie et la mort est d'ailleurs un leitmotiv dans l'oeuvre du maître. Et dans ce combat, le temps est un facteur important, puisque durant le temps de l'exécution du tableau la pomme de terre continue à flétrir, et Peretti Poggi ne la renouvelle pas : il laisse agir le temps, dans une relation consciente et affichée avec la finitude.
Ses peintures, qu'il signe toujours d'un pseudonyme différent (choisi en fonction du sujet, comme Anonyme Bolognais du XXè siècle ou Lupangolo, traduction de l'allemand Wolfango, ou Wolfango avec un grand "O" dilaté pour contenir le nom de sa femme, Chiara Pozzati, à qui il dédie certaines de ses toiles, il les crée lentement : ce sont instantanés qu'il "rumine" longuement !!


Son "tiroir", peint en 1977 et mis à la disposition (1) de la mairie du Bologne qui l'expose dans sa salle de réunion, est, à cet égard, particulièrement révélateur. Il dit qu'en le dévoilant et en le fouillant pour nous, il voulait trouver le cosmos, au sens grec ... Même si ce tiroir évoque le chaos, il parle aussi, selon le peintre, la complémentarité des contraires, une tentative d'ordonner le chaos à travers le cosmos. En représentant ce qu'il voit tous les jours, il tente de traduire l'existence même des choses les plus banales et évidentes de son environnement personnel, et donc, de son art. Peretti ajoute qu'il y a une coïncidence de type littéraire dans ce contexte: "aux 19ème et au 20ème, précise-t-il, je préfère les écrivains aux peintres, et James Joyce est l'un de ceux que j'aime le plus. Dans l'avant-dernier chapitre de son ouvrage, «Ulysse», le personnage principal, une sorte d'anti-héros, de retour chez lui tire deux tiroirs, et commence à en décrire le contenu et le désordre. Convaincu de l'excellence de l'idée, j'ai décidé à mon tour de peindre mon tiroir." (2)

Ce n'est donc pas un tiroir anonyme, mais bel et bien un voyage, dans le quotidien, l'anecdotique, les souvenirs personnels et familiaux de son auteur. Et c'est à nous, spectateurs, de faire le chemin, de comprendre, d'inventer, de nous approprier éventuellement ces objets hétéroclites pour rencontrer le peintre, ou notre propre nostalgie, car certains de ces objets peuvent nous avoir appartenu aussi et évoquer pour nous d'autres réminiscences que celles que l'artiste leur a impulsées. Ce que j'ai tenté de faire, avec l'aide de ma fidèle lectrice, Siù, car certains objets lui parlaient forcément plus qu'à moi !!



L'aventure commence par le couvercle qui contient ce qui ressemble à un médium de structure ou de texture un peu desséché, posé sur une carte adressée à la Famiglia Peretti Poggi, Via dei Sabbioni, 37, Bologna. Il s'agit de l'ancienne maison du peintre, abandonnée en 1977 depuis peu pour un logement plus confortable.



La carte postale, sans doute une carte de voeux (greetings) a été expédiée par des amis américains et affranchie d'un timbre de 13 cents, à l'effigie de John Kennedy, en usage en 1967. Le tampon qui se termine par "TE AMALIE" semble indiquer que la carte a été expédiée de Saint Thomas Charlotte Amalie, la capitale des îles Vierges des États-Unis, un territoire non-incorporé aux États-Unis  mais pourtant sous administration américaine. La signature de l'expéditeur est cachée par le couvercle.

Le 37 via dei Sabbioni (la maison sur la colline dont il est question plus bas) et le fameux timbre 

Cette carte, stratégiquement disposée au centre de la toile (enfin plus précisément au centre du premier tiers de sa hauteur, voir plus bas pour la composition), et sur laquelle le couvercle bien rond et parfaitement ombré attire le regard, constitue en quelque sorte la mise en perspective et le "nombril" du tableau. Par elle, nous "entrons" dans le tiroir, dans l'intimité de la maison, et dans la vie du peintre.


Et ce de façon d'autant plus évidente que Peretti Poggi met à notre disposition les clés du jardin et de la cave : à nous de savoir les utiliser à bon escient. Deux cartes postales pointent ici le bout de leur nez : une en noir et blanc, aux bords dentelés venant de Rimini, et l'autre, aux couleurs vives montrant une habitation sur pilotis (une case africaine ??), forcément plus exotique, évocatrice de voyages plus lointains !!


Mais ces cartes sont loin d'être les seuls courriers de ce tiroir, qui ressemble dans un premier temps plus à une boîte pour ranger la correspondance qu'à un casier de peintre. Ce qui prime ici, ce sont les mots reçus, les traces d'amitié (une lettre adressée aux "Coniugi Wolf e Chiara ...." qui utilise pour nommer notre artiste le diminutif Wolf, loup), et au premier coup d'oeil l'écrit l'emporte sur l'art pictural. (tant et si bien d'ailleurs que j'ai cru d'abord que la peinture rendait hommage à un journaliste !)



Des courriers professionnels, comme cette lettre recommandée en provenance des Produzioni Editoriali ... et expédiée de Milan : il s'agit sans doute d'un envoi de l'Archivio Produzione Editoriale Regionale, sis au 7 via Daverio 20122 Milano, le peintre, nous le savons, s'intéresse à la littérature ou au cinéma. 



Juste au-dessus, un papier jaune, sans doute un télégramme, exhibe un cachet du 23 octobre 1972 et même l'heure d'expédition (17h29 !!)... dessous, une note de téléphone, et partout des papiers froissés, des enveloppes hâtivement ouvertes, de toutes les couleurs, tout une correspondance jetée là au fur et à mesure des jours, strates d'une vie qui, sans crier gare, s'écoule.



A ce centre bric à brac de correspondances, correspondent 4 coins, aux tendances plus artistiques ou personnelles. Le coin inférieur droit de l'oeuvre est très "intime" : un paquet rose entamé de mouchoirs jetables donne le ton. Dessous, une plaquette de médicaments usagée a contenu de l'Elmitolo, un antiseptique urinaire puissant. Le médicament est ancien, et semble avoir disparu, mais l'emballage semble, par rapport aux publicités des années 50, relativement "moderne". Il existait sans doute encore dans les années 70.



On peut même se demander si le petit récipient qui se trouve sous la plaquette ne serait pas un doseur pour contenir des urines. Le peintre nous parlerait-il ici d'ennuis de santé récents ?? 



On voit aussi dans cet angle un reçu de 15 000 lires, l'emballage d'un produit de beauté, crème ou maquillage, vendu en pharmacie, de marque CF (??), et, dans le coin, un petit godet cabossé.



C'est d'ailleurs juste au-dessus de cette zone que nous trouvons, très symbolique, la "signature" du peintre : un agenda ouvert à la date 31 octobre... le 31 octobre étant la date de la saint Wolfango !! Sur cet agenda est déposée une enveloppe d'où émerge une image qui, a priori, semble bien inoffensive. Et pourtant, à y regarder de plus près ...



... cette carte est loin d'être anodine : elle représente sans contestation possible un sexe de femme. Hommage implicite, quoique discret, à la Création du Monde de Courbet, une peinture qui fascine l'artiste. (3)



Tout à fait en haut à droite, quelques timbres, un papier couvert d'idéogrammes asiatiques que je ne saurais traduire, une image pieuse invoquant "San Gaetano, priez pour nous" et une pochette de photos qu'on ne peut voir mais dont l'emballage suggère "faites-les agrandir". San Gaetano, patron des chômeurs et de demandeurs d'emploi, est un théatin né à Vicence et mort à Naples, sa présence dans ce tiroir n'est sans doute pas fortuite, mais je n'ai pas la clé !


A côté, un billet froissé du 12 mai 1974 : un tampon (servizio) et sur le côté quelques lignes assez nettes (... ore 16 di / ... 12 maggio / ... proseguirà / ... de che si troveranno / ...nderà alle ore 7 di / ... sicuri che a tale ora si /), surtout les mentions "program.." et "sezion.." peuvent faire penser à une entrée à un spectacle ou à une quelconque manifestation, suivie d'une réunion entre participants.




Pas loin, accompagnés d'un crayon mâchouillé, des dessins d'enfants très maladroits, de ceux que l'on garde durant des années comme autant de jolis souvenirs d'enfants, petits chefs d'oeuvre de tendresse envolée. L'un d'eux représente peut-être "papa", avec des cheveux frisés (?), une chemise bleue, un grand sourire, une main de 4 doigts, un pied pas mieux loti, et ce qui ressemble vaguement à un sexe masculin, un peu "carré" !!



A propos de "papa", Davide Peretti Poggi est, lui aussi, peintre, et voici un dessin de son père réalisé en 1971, qui figure sur son site, à la page de sa biographie. "Une enfance entière passée dans les traces de peintures à l'huile, aquarelles et  acryliques, parmi les pots de peinture, tubes écrasés, balais usés, éponges, raclettes, fragments de charbon de bois, taches de sang et vieux crayons. Une enfance entre les murs d'une maison sur les pentes de la colline, entourée d'un jardin sauvage; et chaque pièce remplie du sol au plafond, des toiles souvent gigantesques, exécutés par la main de maître de son père... Que pourrait faire cet enfant, rampant, puis courant et grandissant dans ce monde étrange, unique et incomparable? Son père, peut-être, ne lui donna pas des "leçons". Mais ces peintures étaient son horizon, sa véritable fenêtre sur le monde, les choses et les objets qui rythmaient sa vie." Une main adulte a tracé en bas de ce dessin d'enfant "Portrait de Papa, c'est le premier portrait d'après nature, 1971", mais celui du tiroir n'est pas encore un "dessin" : c'est un simple gribouillage de tout petit, tracé de cette façon inimitable qu'ont les bambins qui savent à peine tenir un crayon de rendre la réalité telle qu'ils la perçoivent, à la fois déformée et pourtant si proche.


A gauche, c'est le royaume des petits déchets : des allumettes émergeant d'une pochette déchiquetée, quelques pièces oubliées, un document arborant Water Hygienic (une publicité ?), la photo un peu déchirée d'un homme souriant mais en partie caché, une autre, toujours en noir et blanc de ce qui semble être un homme sur un tracteur, voisinent avec une lettre dactylographiée égrenant quelques mots mystérieux, "CHE FA LA ... la voce ... la tua voce ... di questo", laissant notre imagination courir pour reconstituer le reste. Des ressorts de traction, pour tendre une toile sur son châssis, des fusains et un tube de peinture noire aux trois quarts vide et sans doute un peu sec, nous rappellent fort opportunément que nous sommes chez un peintre. 


On retrouve cette ambiance "atelier" dans le coin inférieur gauche du tableau : à coté d'une pelote de ficelle, un chiffon souillé de tache de peinture, un taille-crayon avec quelques copeaux de bois, une vieille gomme jaunie et une sorte de brosse pour nettoyer les "pelures" de gomme parlent, enfin, du métier du propriétaire de ce bazar !


Métier pour lequel il proclame, sans ambiguïté, ses maîtres et références artistiques : Piero Della Francesca et Caravage...


... dont on distingue très nettement des reproductions en cartes postales : la Marie-Madeleine du Duomo d'Arezzo pour le premier, le martyre de Saint Pierre de la Chapelle Cesari à Santa Maria del Popolo de Rome pour le second. Je n'ai pas pu identifier la troisième peinture qui m'a fait penser à un atelier de peintre, Vélasquez ou Vermeer (??), mais c'est en tout cas bien des anciens que Peretti se réclame ouvertement. Influence classique dont on trouve les traces lorsque, reprenant un peu de recul, on observe la composition de la toile :


admirez combien cet invraisemblable désordre est savamment ordonné, autour d'un quadrillage tripartite qui trouve son équilibre très exactement au centre du fameux couvercle, la seule figure ronde du tableau, son point d'ancrage et son pivot. C'est impressionnant non ? Un peintre italien reste, quoiqu'il arrive, imprégné de l'ambiance artistique dans laquelle il a appris à "voir".

Remerciements : cet article, conçu à partir de quelques photos lointaines prises au travers d'une porte vitrée, a été réalisé grâce aux recherches actives et souvent passionnées de Renata, de Jacopo et de Siù ! Merci à eux pour leur aide ...

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NOTES

(1) La toile mesure 4m par 3.4 et fut réalisée dans l'atelier du peintre et lorsqu'il fallut la sortir en 1986 pour le montrer dans une exposition, impossible de l'extraire de son écrin.


L'immense composition dominait l'atelier du peintre, et s'y trouvant fort à son aise, n'avait pas l'intention d'en bouger. Après tout, elle était trop intime pour se montrer au monde.

On fit faire entaille prolongeant la diagonale de la plus grande des fenêtres de l'atelier pour lui permettre de "venir" au monde, une sorte d'accouchement par césarienne ! L'entaille fut d'abord soigneusement protégée par une couverture afin de ne pas risquer d'abîmer le support lors du passage ...

... puis, on mit le châssis en biais, et tout doucement on tira l'ensemble dans la rue : la grande composition pouvait enfin rejoindre sa salle d'exposition. Vraiment très symbolique comme naissance ! Pas question de la réintégrer ensuite, c'est pour cela que le peintre l'a prêtée à la mairie de Bologne, où tout le monde peut l'admirer tout à loisir.

(2) Voici le passage auquel fait allusion le peintre (traduction française de Jacques Aubert, édition folio classique, chez Gallimard, 2004, revue en 2013) : 
 "Que contenait le premier tiroir déverrouillé ? 
Un cahier d’écriture Vere Foster, propriété de Milly (Millicent) Bloom, dont certaines pages présentaient des dessins schématiques, marqués Papli, montrant une grosse tête globulaire avec 5 cheveux dressés, 2 yeux de profil, le torse de face avec 3 gros boutons, 1 pied triangulaire : 2 photographies jaunies de la reine Alexandra d’Angleterre et de Maud Branscombe, actrice et beauté professionnelle : une carte de Noël, portant la reproduction picturale d’une plante parasite, la légende Maspha108 la date Noël 1892, les noms des expéditeurs : de la part de M. & Mme M. Comerford, le versiculet : Que ce Noël vous apporte sagesse, Joie, sérénité et allégresse : un morceau de cire à cacheter rouge partiellement liquéfié, provenant du grand magasin de Messrs Hely’s, Ltd, 89,90 et 91 Dame street : une boîte contenant le reste d’une grosse de plumes dorées « J », provenant du même rayon dans le même magasin : un vieux sablier qui roulait contenant du sable qui roulait : une prophétie scellée (jamais descellée) rédigée par Leopold Bloom en 1886, concernant les conséquences de l’adoption du projet de loi de Home Rule de William Ewart Gladstone de 1886 (jamais adopté comme loi) : un ticket de vente de charité, n° 2004, de S. Kevin Charity Fair, prix 6 pence, 100 lots : une épître infantile, datée, petit el lundi, où on lisait : pé majuscule Papli virgule cé majuscule Comment vas-tu point d’interrogation ji majuscule Je vais très bien point à la ligne signature avec em majuscule et enjolivures Milly pas de point : un camée monté en broche, propriété d’Ellen Bloom (née Higgins), décédée : 1 camée monté en épingle de foulard, propriété de Rudolph Bloom (né Virag), décédé : 3 lettres dactylographiées, destinataire, Henry Flower, poste restante Westland Row, expéditeur, Martha Clifford, poste restante Dolphin’s Barn : le nom et l’adresse de l’expéditrice des 3 lettres translitérés selon un cryptogramme quadrilinéaire pointé boustrophédontique alphabétique inversé (voyelles supprimées) N. IGS. /WI. UU. OX/W. OKS. MH/Y. IM : une coupure d’un périodique hebdomadaire anglais Modern Society, sujet châtiments corporels dans les écoles de filles : un ruban rose qui avait festonné un œuf de Pâques en l’an 1899 : deux préservatifs en caoutchouc partiellement déroulés avec réservoir, achetés par la poste à la Boîte postale 32, poste restante, Charing Cross, Londres, W.C. : 1 paquet d’1 douzaine d’enveloppes de papier couché-crème et papier à lettres ligné-fin à filigrane, dont 3 manquaient à présent : quelques pièces de monnaie assorties d’Autriche-Hongrie : 2 billets de la Loterie Royale et Privilégiée de Hongrie : une loupe peu puissante : 2 cartes photographiques érotiques représentant a) coït buccal entre une senorita nue (présentation arrière, position supérieure) et torero nu (présentation de face, position inférieure) b) violation anale par religieux (entièrement vêtu, regard abject) de religieuse (partiellement vêtue, regard direct), commandées par la poste à la Boîte postale 32, poste restante, Charing Cross, Londres, W.C. : une coupure de presse donnant la recette pour rénover de vieilles chaussures marron : un timbre adhésif de ld, lavande, règne de la reine Victoria : un tableau des mensurations de Léopold Bloom compilées avant, pendant et après 2 mois d’utilisation consécutive de la machine à poulie Sandow-Whiteley (hommes 15 shillings, athlète 20 shillings) à savoir, poitrine 28 pouces et 29m pouces, biceps 9 pouces et 10 pouces, avant-bras 8I/2 et 9 pouces, cuisse 10 pouces et 12 pouces, mollet 11 pouces et 12 pouces : 1 prospectus du Baumiracle, le meilleur remède mondial contre les affections rectales, directement de Baumiracle, Coventry House, South Place, Londres, E.C., adressé (fautivement) à Mme L. Bloom avec une note d’accompagnement commençant (fautivement) par : Chère Madame. 
 ... 
Que contenait le 2e tiroir ? 
Des documents : le certificat de naissance de Léopold Paula Bloom : une police d’assurance à terme fixe de £500 émise par la Scottish Widows’Assurance Society, au profit de Millicent (Milly) Bloom, se transformant après 25 ans en police avec intérêts de £430, £462-10-0 et £500 respectivement à 60 ans ou au décès, 65 ans ou au décès et au décès, ou, au choix, en police avec intérêts (payée) de £299-10-0 ainsi qu’un paiement en espèces de £133-10-0 : un livret de banque émis par la Ulster Bank, agence de College Green indiquant un relevé de compte de £18-14-6 (dix-huit livres, quatorze shillings et six pence, sterling) pour le semestre se terminant le 31 décembre 1903, crédit au profit du dépositaire, avoir net : certificat de possession de £900, titres d’État (exempts de droits de timbre) canadiens à 4 % (nominatifs) : récépissés du Catholic Cemeteries (Glasnevin) Committee, concernant l’achat d’une concession à perpétuité : une coupure de journal local concernant un changement de nom par acte sous-seing privé. Citez les termes littéraux de cet avis. Je soussigné Rudolph Virag, résidant actuellement au n° 52 Clanbrassil street, Dublin, précédemment à Szombathely dans le royaume de Hongrie, annonce par le présent acte avoir pris le nom de Rudolph Bloom que j’ai dorénavant l’intention d’utiliser en toutes occasions et en tout temps. 
...
Quels autres objets se rapportant à Rudolph Bloom (né Virag) se trouvaient dans le 2e tiroir ? 
Un daguerréotype indistinct de Rudolph Virag et de son père Léopold Virag pris en l’année 1852 dans le studio de portraits de leur (respectivement) 1er et 2e cousin, Stefan Virag de Szesfehervar, Hongrie. Un ancien livre de haggadah dans lequel une paire de lunettes convexes à monture en corne marquait le passage d’action de grâce dans les prières rituelles pour Pessah (la Pâque) : une carte postale photographique du Queen’s Hôtel, Ennis, propriétaire, Rudolph Bloom : une enveloppe adressée : À Mon Cher Fils Leopold. ... Suivent des questions à n'en plus finir sur les souvenirs, les réminiscences, les correspondances d'idée qu'évoquent chez l'observateur tous ces objets."

Ailleurs, dans le livre, Joyce souligne l'importance psychologique du tiroir : 
"Ils violeront les secrets de ton fond de tiroir
ou encore 
"Elle aimait à lire de la poésie et quand elle avait reçu en cadeau de la part de Bertha Supple cet adorable journal intime à couverture couleur corail pour recueillir ses pensées, elle l’avait glissé dans le tiroir de sa table de toilette qui, bien qu’elle ne tombât point dans un luxe excessif, était scrupuleusement nette et propre. C’était là qu’elle serrait ses trésors de jeune fille, des peignes d’écaille, sa médaille d’enfant de Marie, l’extrait de rose blanche, la Sourciléine, sa boîte à parfums en albâtre et les rubans de rechange pour ses affaires quand elles revenaient de la blanchisserie et il y avait quelques belles pensées dans ce journal intime écrites à l’encre violette qu’elle avait achetée chez Hely’s Dame street, car elle sentait qu’elle aussi pourrait écrire de la poésie si seulement elle pouvait s’exprimer comme dans ce poème qui l’avait touchée si profondément qu’elle l’avait recopié après l’avoir remarqué un soir sur le journal qui emballait les légumes."

(3) Dans son livre "Anti-histoire brève mais raisonnée de l'Art et de la Peinture", Wolfango Peretti Poggi cite cette peinture. Il s'agit d'un dialogue entre un peintre et un philosophe, basé sur la révolte du premier contre l'idéalisme qui, selon lui, a voulu enlever toute valeur à la technique des maîtres. Cela commence avec la méfiance de Platon à  l'encontre de l'art, et le mépris classique pour les "banausoi" (les artisans, les artistes qui travaillent avec leurs mains), et cela finit par ... l'urinoir de Duchamp. Entre les deux, dit le peintre, Entre il y a des pages d'une limpidité didactique sublime et pourtant biaisée :celles sur la géométrie, de Piero della Francesca, ou celles sur la comparaison entre "la peinture pure" et "dessin". Et la Peinture, dit-il, c'est "l'Origine du Monde" de Courbet... le défilé de mode des chevaliers de Gozzoli (fresque des rois mages) ... la chevauchée de la Victoire de Constantin par Piero Della Francesca ... Et l'auteur d'ajouter que, s'il est vrai que le réalisme doit se garder d'un "illustrativisme" pompier, il ne doit cependant pas tomber dans l'abstraction. À cet égard, Peretti-Poggi juge que Morandi est exemplaire : une touche en plus, et ce serait un naturaliste quelconque; une touche en moins, et ce serait un abstrait.  

lundi 8 septembre 2014

MEURTRE SUR LA FALAISE

 


La précédente remontait à ... 2004 !! 10 ans déjà que, dans une mise en scène adaptée, nous avions organisé notre première murder party, inspirée du Corbeau de Clouzot : les personnages, plus glauques et plus médiocres que nature, y cachaient tous de lourds secrets et la soirée avait été longue et compliquée. Au point que personne, pas même les organisateurs, ne se rappellent vraiment ce qu'il advint !


Quand votre servante, déguisée comme il se doit en soubrette, avait révélé les tenants et aboutissants de l'intrigue, tous les invités s'étaient sentis mal à l'aise, tant ils étaient peu recommandables. Mais le souvenir reste vif, quoique, fort heureusement, flou : seuls quelques moments particulièrement marquants étant encore dans les mémoires...


... comme cette extrême-onction donnée au débotté et avec un naturel confondant par l'un des protagonistes à ce pauvre Alter, qui jouait un benêt et venait de se faire lâchement assassiner (admirez au passage l'impact de la balle, une petite poche de jus de framboise écrasée dans sa poche, quand Alter porta, grimace à l'appui, sa main à la poitrine !).
J'avais donc décidé, pour ce deuxième jeu de rôle, de donner à mes malheureux invités des rôles moins lourds, mais tous devaient, fort évidemment, être des coupables possibles donc avoir quelques casseroles à traîner. Il faut bien s'entendre avec ses amis qu'on transforme, le temps d'une soirée, en assassins potentiels, en vils séducteurs, en lâches jouisseurs, en malhonnêtes débauchés ou tout autre ignominie qui pourraient être de bon mobiles à une action meurtrière.


L'histoire se passait dans le milieu du show-biz, et la journée tournait autour d'une vedette de la chanson, un certain Franky Gaccho, entouré de sa choriste, de son guitariste et de quelques amis. Il avait, le matin même, enregistré une émission de télévision avec le célèbre présentateur-vedette Marc Delerme, un bonhomme assez peu recommandable, responsable d'une association d'aide aux handicapés, qui redorait son image mais lui permettait surtout de se remplir les poches sans scrupules.

Un des indices : remarquez le souci du détail ... même si la photo est floue, cette "une" de journal people montre bien le chanteur-vedette, en compagnie de son guitariste lors d'une folle soirée dans la même villa, quelques années avant les faits !! Quant à Johnny, tous les invités à cette "réception" l'ont compris dès le premier instant : c'était la bête noire de Francky !!


C'est d'ailleurs grâce à cette association que Francky et Marc s'étaient rencontrés, et même que Francky avait rencontré son épouse, une brillante avocate paralysée des jambes à la suite d'un accident survenu dans son enfance. Après l'émission, tout ce petit monde se retrouvait donc chez le chanteur pour une petite "party"... à laquelle une groupie un peu excitée réussit à se faire inviter, on se demande encore par quel hasard ! Admirez : elle a même réussi à se faire photographier en compagnie de son idole. Vous pouvez être certains que l'image a été envoyée sur Facebook dans l'heure, trop fière de montrer cela à ses copines !!! (vous avez peut-être remarqué au passage que, le hasard des casting aidant, le chanteur de 2014 était le prêtre de 2004 !!)


Bref, je ne vais pas vous raconter toute la murder qui commença light, par une éclade - septembre, c'est la bonne saison : on dit ici que les moules des vendanges sont les meilleures ! -, il fallait bien que chacun intègre doucement son rôle. La maîtresse de maison, Marie, étant fatiguée et se reposant dans sa chambre, elle laissa sa vedette de mari assurer seul, aidé de son majordome, un certain Alter, et de son frère, le déjeuner. 


La journée était chaude et belle et, après le repas Francky proposa à tous une promenade vers les falaises qui bordent la côte. Certes, tout le monde aurait préféré aller se baigner  mais l'organisatrice de la journée, échaudée par un été pourri, n'avait même pas penser à dire à ses hôtes d'apporter leurs maillots de bain. 


D'ailleurs, il fallait bien montrer à tous le lieu où serait découvert, quelques heures plus tard, le fauteuil écrasé et le corps ensanglanté de cette pauvre Marie, que finalement personne ne vit de la soirée mais dont on parla sans cesse. 


C'est au moment où l'on s'apprêtait à déguster un Spritz aux teintes de soleil couchant, savamment concocté par le réalisateur télé revenu converti de Naples il y a peu (vous vous rendez compte, le Spritz a atteint Naples !!), qu'on apprit la sinistre nouvelle. Bien que voulant croire à un accident, il fallut bien vite se rendre à la triste réalité : Marie avait été assassinée. Et, forcément, par une des personnes présentes à la soirée.


Le majordome, armé d'une autorité nouvelle, expliqua alors à tous que, certes, la soirée allait continuer, pas question de se laisser abattre, mais que les flics ayant convoqué tout ce petit monde le lendemain matin pour les entendre au commissariat de Royan, il était préférable d'avoir trouvé le coupable avant. Il détenait, quant à lui, nombre d'indices trouvés dans les affaires de chacun des invités, l'étui à guitare du musicien (ce drôle d'hurluberlu à la tignasse exagérément noire qui contemple le majordome d'un air narquois), le sac à main des dames, la salle d'enregistrement du chanteur, la chambre de la victime ou même sur la falaise.


Donc, après un petit "pouce" pour contempler le coucher de soleil derrière le phare de Cordouan --Francky avait bien fait les choses et il ne fallait pas rater cela, quelque soit la tristesse et l'inquiétude des uns et des autres -- la murder proprement dite pouvait démarrer.



Chacun pouvait demander 5 indices et tenter de se faire une idée sur la personnalité des autres, et surtout de découvrir les secrets de chacun et, si possible, identifier le meurtrier. Très vite, les malheureux convives s'aperçurent que 5 indices ne suffisaient pas, et mirent leurs informations en commun. Ils étaient tellement dans leur rôle que certains devaient se disculper, révéler ou tenter de cacher leurs travers et autres ignominies, bref, la soirée devint très tendue et fort studieuse. 


Le majordome, qui faisait aussi office de cuisinier, eut beau leur servir des brochettes, personne ne remarqua grand-chose au contenu des assiettes (faut dire qu'il faisait déjà bien nuit !!) tant les conversations étaient vives et les débats houleux.


La fin ?? Je peux bien vous la révéler : d'autant que, par souci de ne pas alourdir le passé déjà peu glorieux de la plupart de ses hôtes, c'était l'hôtesse de la journée qui s'était chargée du triste rôle de coupable. Sous ses airs de ne pas y toucher, et se réfugiant sans cesse derrière le secret professionnel, la psychiatre avait précipité le fauteuil roulant de la malheureuse avocate du haut de la falaise. Une obscure et ancienne histoire de vengeance que certains ont suspectée mais qui n'a pas été découverte, même si un ou deux convives ont approché la solution de près. Pourtant, ils auraient dû se méfier ... une psy, pensez !!
Mais ce qui est le plus drôle c'est que, même après les révélations et la fin du jeu, nos personnages étaient encore dans "leur peau, et les adieux se firent entre choriste, guitariste et chanteur !!

samedi 6 septembre 2014

LA TATIN D'ALTER


Côté tomates, grâce aux graines soigneusement récoltées l'an dernier et aux superbes plans de Madeleine, l'été a été chaud : pendant deux mois (et oui, ici elles commencent tôt car elles sont admirablement exposées), tous les jours, nous avons pelé, épépiné, tailladé et ... mangé salades, ratatouilles, minestrones et sauces diverses... en en donnant pas mal en début de saison, fallait bien nourrir Madeleine, pas vrai ?! Quant à nos amis, ils conservent tous un souvenir ému de l'été michelais, assorti de "tomates à tous les repas", les pôôôôvres !! 
Normal dans ces conditions qu'Alter ait eu envie de varier, et il le fit avec panache : tant et si bien qu'il vous propose aujourd'hui une recette pleine de parfum et toute légère : la tatin aux feuilles de brick.


Pour les ingrédients : tomates, oignons, basilic, une belle mozzarella, une dizaine de feuilles de brick, 250g de parmesan et de l'huile d'olive.


On fait revenir à la poêle quelques oignons, puis on y fait réduire les 3/4 des tomates : ainsi elles rendront moins d'eau lors de la cuisson de la tatin.


Pendant ce temps, on prépare le "chapeau" de la tarte : on huile légèrement chaque feuille de brick, puis on la saupoudre de parmesan, et on accumule ainsi les 10 feuilles, en les collant bien les unes aux autres, jusqu'à obtention d'un petit matelas de belle épaisseur.



Après avoir disposé au fond d'un moule à tarte une feuille de papier sulfurisé, on y installe joliment les pousses de basilic, puis la mozzarella coupée en tranches, et enfin les tomates réduites. On ajoutera à la fin quelques tomates fraiches, soigneusement épépinées et pressées pour qu'elles soient le plus "séches" possibles, le goût de ces dernières relevant la fraicheur de la préparation. Plus qu'à chapeauter l'ensemble avec les feuilles de brick.
Pour la cuisson, 20 minutes à 180°, et pour éviter que les feuilles "rebiquent", détruisant l'esthétique et surtout séchant, on disposera quelques ustensiles supportant le four sur la dernière feuille de brick. 


Plus qu'à démouler pour déguster, tiède (ou froid s'il en reste). Avec une petite salade, et un rosé bien frais, l'affaire est entendue ! Merci Alter ...




Article dédié par Alter à Mandarine et Koka

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