jeudi 8 janvier 2009

FROID DE CANARD

Michel étant un peu malade (vous entendriez sa voix de rogomme, elle est la preuve spectaculaire de son gros coup de froid), nous avons renoncé à la virée prévue à Bordeaux pour rester auprès de la cheminée. Une petite promenade sur la plage au moment le plus ensoleillé a donc été notre principale sortie de la journée. Et là, nous avons été intrigués par l'escadrille de canards presque silencieux et particulièrement calmes, qui voguaient en rangs serrés au gré des vaguelettes.
Renseignements pris sur un site ornithologique, il apparait que le canard vit volontiers sur les lacs et étangs où il a ses habitudes une grande partie de l'année. L'étendue d'eau le protège en partie de ses prédateurs terrestres, dont les humains font partie. Lorsque la température devient très froide et que les étangs gèlent, le canard est obligé de se déplacer et rejoint les eaux vives, ruisseaux et rivières, moins sujets au gel. L'estuaire, salé de surcroît, est sans doute pour lui un refuge idéal en période difficile. Par ailleurs, en période de très basses températures, il a tendance à s'agiter beaucoup moins, voire à dormir dans les rares rayons de soleil, dans le souci d'économiser son énergie pour mieux supporter les restrictions. Que n'avons-vous la même sagesse, nous qui, qu'il tempête ou qu'il vente, avons toujours la même soif d'agitation et de consommation, soif que nos dirigeants flattent sans retenue, au motif que c'est d'elle que nous vient la prospérité économique. Au point que notre cher président de la République, dans son désormais célèbre discours à l'Université Cheickh Anta Diop de Dakar, s'apitoie sur l'absence de sens de l'Histoire des malheureux africains, tout juste bons selon lui, à vivre au rythme des saisons, ce qui, dans sa bouche semble le comble de la niaiserie.
"Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin..."
Les maladresses colonialistes de cet exorde à la jeunesse africaine, ont fait couler suffisamment d'encre, jusqu'à la publication du "Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine à l'usage du président Sarkozy", pour que j'économise mes remarques acerbes sur l'étonnante bévue que constituent certains passages de ce texte (quid de la "plume" qui a écrit cela ?)... d'autant que de telles remarques sont malheureusement naturelles dans la bouche d'un citadin, volontariste et ambitieux, persuadé que son modèle est l'unique valable en terme d'humanité en marche. Que dis-je citadin ? Parisien... Pour mémoire ces quelques phrases glanées au hasard des terrasses de café durant nos courtes vacances à Paris "Les provinciaux, c'est incroyable, ils s'habillent en paysans, c'est normal c'est plus pratique pour vivre à la campagne"... Et en plus, c'est vrai !! "Oh là là, j'ai très envie de partir loin de Paris, une petite maison perdue (forcément !!) dans la neige, et un bon feu de cheminée "(ben voyons, y-a-t-il seulement l'éléctricité dans ces contrées lointaines ?) "Elle était drôlement mal à l'aise dans cette soirée parisienne, au milieu des diplomates (excusez du peu !) il faut dire qu'elle était manquait totalement de raffinement (dit par deux matrones aussi lourdingues l'une que l'autre ! moches de surcroit, et fagotées comme des manches, si si je vous assure)... Le paternalisme est-il donc un travers spécifiquement sarkozien ? J'en doute quand j'écoute parler dans les cafés de la capitale ! Voilà ce qui finit par arriver quand on prend les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages !



4 commentaires:

  1. Quand les parisiens parlent des provinciaux... ça vaut bien les provinciaux qui parlent des parisiens non (dans un autre style, mais quand même !)...
    Ce qui veut dire ? Nous, bons français, nous aimons tellement critiquer les autres :o Faut dire, c'est bon pour l'ego, quelque part, surtout si on ne se rend pas compte qu'on est pire que ces "autres" !
    Mais j'avoue, il y a aussi des moments où c'est saoulant : quelqu'un fait quelque chose, ce n'est pas bien ; personne ne fait rien, ce n'est pas bien ; elle a mis du noir, c'est triste ; elle a mis de la couleur, c'est trop osé ; et bla et bla et bla, rien ne va jamais !!

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  2. Pauvre Michel il est encore malade ! Quel gâchis par une si belle journée ensoleillée d'avoir le nez bouché !!

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  3. Ben oui, t'as raison ma grande, on passe son temps à râler, à se laisser envahir par la morosité, réelle ou supposée, et à regarder le voisin de travers, pour se rassurer ! Pour autant, est-ce vraiment le rôle d'un Président de la République de décider que le modèle progressiste est le seul à être dans le sens de l'Histoire ? Enfin les canards, eux, quand il fait froid, ils sont dans le sens du vent, tout simplement !!!

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