jeudi 31 décembre 2009

A L'AVENIR...

Que l'année 2010 vous soit comme ces mimosas sur fond de feu de bois à l'orée de l'hiver : douce, sensuelle, bienfaisante, rassurante...
Qu'elle vous réserve un quotidien paisible et serein, quelques heures enchantées et rares, des émotions toujours vibrantes, la force de surmonter les épreuves sans faiblir, la possibilité de vivre à plein ce qui est important pour vous, et beaucoup d'amitié internautique !!!
Merci pour vos voeux, chacun différent, chacun précieux, tous lus avec une véritable joie pour ce partage simple et pourtant essentiel.

mercredi 30 décembre 2009

PILOTES DE LA GIRONDE





L'ethnographie, l'étude stupéfaite des moeurs parisiennes, l'observation attentive des comportements de nos contemporains capitaux (ben oui, de la capitale !!) ce sera pour plus tard... Place aux réjouissances locales !


Après avoir arpenté avec Koka les expos "à ne pas rater" sur la place de Paris, notre petit microcosme pouvait sembler modeste, mais pas de complexe sur l'Atlantique !! Nous avons visité avec elle une exposition fort intéressante au Musée de Royan, consacrée aux pilotes de l'estuaire. J'avais décrié la manifestation précédente, il est naturel que je salue la qualité de celle-ci.
Modeste comme il se doit : le musée de Royan, installé dans l'ancien marché de Pontaillac, offre sur le pourtour du bâtiment, là où se tenaient les bancs de maraîchers et des mareyeurs, des collections permanentes qui déjà valent la visite : Royan au XVIIème siècle, le siège de la ville par Louis XIII et les destructions punitives drastiques qui freinèrent longtemps son développement ; Royan ville balnéaire en vogue dans les années 1900, villégiature courue des Bordelais et les Parisiens ; Royan martyre en 1945, qui disparut presqu'entièrement sous les bombes, détruite par les bombardements alliés ; Royan enfin des années 50, un schéma urbanistique volontaire et cohérent, une ville nouvelle construite avec des matériaux révolutionnaires, le béton, le verre et l'acier et aussi le design de l'immédiat après-guerre. S'y ajoute un cabinet de curiosités, constitué de manière éclectique dans les années 30, pour offrir au visiteur une vision exotique et universaliste du monde, de l'oeuf d'autruche à la dent de requin en passant par la lampe à huile romaine !
Au centre de la halle, un espace dégagé et suffisamment vaste est dédié aux expositions temporaires, environ 3 par an, la conservatrice des lieux ayant de nombreuses initiatives. Jusqu'en mai 2010 un parcours est consacré à un métier typique de notre région, et qui fit rêver plus d'un petit garçon : pilote de la Gironde.


Notre estuaire qui se targue avec ses 75 kilomètres d'être le plus long d'Europe, est aussi une zone à hauts risques pour la navigation et il fut le témoin de nombreux naufrages. Les canaux de navigation y sont étroits et par gros temps, les dangers sont d'autant plus grands qu'on n'est pas coutumier des lieux. Ce sont des pêcheurs de Saint-Palais qui, dès le XVIème siècle, ont eu les premiers, l’idée de se porter au devant des navires afin de proposer leurs services pour les conduire « à bon port » vers Bordeaux. C'est ainsi qu'est né le métier de pilote.
Ces "chevaliers de la mer" qui guident les navires qui s'engagent dans l'estuaire, possèdent une science poussée de la navigation, transmise depuis des générations, le métier s'exerçant bien souvent de père en fils. Il en reste aujourd'hui seulement 21, les mouvements maritimes étant nettement moins nombreux qu'autrefois dans cet espace maritime un peu abandonné des circuits économiques, et une grande partie de l'activité étant actuellement effectuée par hélicoptère.


 Sur la gauche, le superbe Régulus, coulé par les anglais au large de Meschers, peu de temps après l'exploit d'Antoine Bauchère

L'exposition débute par le récit des hauts faits d'un michelais célèbre (enfin à Meschers !!). Antoine Bauchère reçut en effet la légion d'honneur pour avoir piloté en 1813 le Régulus, vaisseau de 73 canons jusqu'au pertuis de Maumusson, réputé impraticable par des navires de cette taille. D'autres pilotes sont évoqués, la vie de ces hommes et de leurs équipages est détaillée et l'exposition s'enrichit de nombreuses maquettes de navires, en provenance des églises locales où elles sont d'ordinaire suspendues, y faisant office d'ex-voto.


 Un bâton de Jacob, instrument pour mesurer la hauteur des étoiles et du soleil (je vous renvoie au lien savant ci-dessous pour en saisir le fonctionnement !)
Nous avons ainsi découvert ce qu'est exactement un pilote lamaneur, un mât de "tape-cul", un "bâton de Jacob" (instrument de mesure par rapport aux astres) et un minahouët (petit maillet pour fourrer des cordages) ! Nous pourrons maintenant regarder les manoeuvres d'abordage des pilotes qui interviennent encore au large de nos fenêtres en étant un peu plus avertis, même s'il est clair que leurs instruments ont changé !!

mardi 29 décembre 2009

29 DECEMBRE...

Pour saluer l'anniversaire de Koka, en temps et heure, voici quelques moments forts de l'année de sa naissance. Pour elle le jeu consiste à trouver les actualités, et pour vous lecteurs, bien que ce soit très facile, l'année ! Vous devez bien sûr l'aider à identifier ces événements et surtout, les personnages.

Le 1er janvier de cette année-là, l'Europe s'agrandissait de 2 nouveaux pays... ce n'est pas si vieux et pourtant maintenant nous avons l'impression qu'ils font partie de l'Europe depuis toujours.

Le 26 avril, une catastrophe nucléaire se déroula pas si loin de nous, sans que les médias pourtant si pointilleux n'en mesurent la réelle portée. Quelques jours plus tard, le nuage toxique provoqué par cet accident s'arrêta comme par miracle, aux dire de nos politiques, à nos frontières !!


Seul instrument autorisé aux examens jusque-là, le 28 juillet on la condamne aux musées ! Tu as pourtant appris son maniement Koka !!


Le 17 septembre un attentat faisait dans Paris 7 morts et 51 blessés.


Le 17 novembre, Action Directe sévissait de manière spectaculaire et sanglante.


Le 27 novembre, 600 000 manifestants à Paris... Le 4 décembre, ils remettaient ça ! Encore une réforme qui, du coup, a fini au placard.


Ils sont morts cette année-là...

Quant aux naissances... ils ont maintenant l'âge de Koka !

Mais avouez que c'est elle la plus belle ! Déjà... Bon anniversaire KOKA...

dimanche 27 décembre 2009

LE DIFFICILE ART DE DONNER


J'allais ce matin acheter un dernier cadeau pour l'anniversaire de ma petite fille, qu'un malencontreux hasard a condamnée à recevoir toute sa vie des tonnes de cadeaux en décembre et à avoir tout au long de l'année des envies non exhaussées.
Dimanche matin, l'enseigne de parfumerie locale est ouverte, des jeunes filles sympathiques sont déjà à pied d'oeuvre, prêtes à conseiller, aider, inspirer, et faire des cadeaux sans scotch... sport difficile s'il en est et qui leur est imposé par la franchise, comme symbole de qualité et bon goût. Il semble que les clients apprécient et elles sont fort habiles dans cet exercice. Lorsqu'on offre une nouvelle fragrance, on se sait trop si cela va plaire, et il est d'usage d'accompagner le paquet d'un échantillon du parfum choisi, qui permet au destinataire de le tester, et, s'il ne plait pas, d'aller le changer. Je me suis donc enquise de savoir si le magasin serait encore ouvert l'après-midi. Et pendant que ma jeune vendeuse jonglait avec les rubans pour parfaire son emballage, je lui ai "taillé" un brin de causette. Quitte à travailler le dimanche, je m'inquiétais que sa présence dans le magasin soit au moins justifiée. En effet, je pensais que 2 jours après Noël les achats de parfum n'étaient pas très nombreux.
"Détrompez-vous, me dit-elle, ce matin le magasin est désert mais cet après-midi nous aurons un monde fou"...
"Cadeaux de nouvel an peut-être ?"
"Oui, bien sûr, mais encore des présents pour Noël, en retard, et aussi beaucoup d'échanges"
Si, pour des parfums, l'échange semble logique et parfois s'impose, j'avoue avoir ressenti un de ces pincements nostalgiques qui parfois m'étreignent de façon incongrue, à l'évocation des nouvelles moeurs en matière d'étrennes. On nous dit qu'Ebay fonctionne à plein avant (normal, on tente de faire de bonnes affaires et le cadeau d'occasion serait très "tendance") mais surtout après les fêtes. Il ne s'agit plus alors d'échange pour ajuster le produit reçu au goût et aux attentes, mais bel et bien de revente. Et cela me semble dénaturer totalement le principe du don, choisi soigneusement et souvent avec plaisir, pour honorer, gâter, dire son affection ou son amitié. Le cadeau réfléchi, mis au point pour l'autre dont on a remarqué un désir, une envie, ce cadeau que l'on offre un peu comme une partie de soi pour rappeler notre présence à l'être aimé, même si on est loin de lui, supporte-t-il d'être transformé en monnaie sonnante et trébuchante alors que justement il contient une dose d'amour et de tendresse ?
J'ai sans doute de l'échange une vision un peu narcissique ou idéalisée, mais ces commerces d'objets reçus me donnent du vague à l'âme. L'art du cadeau est difficile et dès lors qu'il se transforme en obligation sociale, il devient dangereux. Inutile, trop coûteux, raté, disproportionné, empoisonné, il n'est malheureusement souvent qu'une attente de reconnaissance ou une façon contrainte de remplir un devoir communautaire. Mal offert, il sera aussi mal accepté, car l'autre partie du cadeau, c'est la façon dont il est reçu, et à cet égard certains sont d'une maladresse qui frise la provocation.
La remise en vente sur Ebay trahit certainement un dévoiement de l'usage et il faut accepter de prendre pour telle l'évolution des moeurs. On a sans doute trop commercialisé les fêtes et presque chaque mois on se retrouve avec un incontournable : Saint Valentin, fête des pères, des mères, des grands-mères, Pâques, Trinité et autres fariboles. Il faut, sous peine de passer pour un sauvage, courir les boutiques, empaqueter, emballer, ficeler, trouver à chaque fois une nouvelle idée et tenter de faire plaisir à des gens qui, souvent, ont tout, tout de suite tant il est devenu pénible d'attendre, de patienter, de rêver ses envies. Du coup, le contenu affectif du présent disparait sous un flot de rancoeurs mal digérées car, en prime, les fêtes au cours desquelles il règne en maître, tentent, souvent vainement, de ranimer le mythe de l'harmonie familiale. Le rassemblement obligé ravive les tensions et transforme en corvée les moments partagés. Le cadeau devient alors une façon déguisée de régler des comptes anciens ou récurrents.
Je parle seulement en observateur car notre famille est tellement petite que nous n'avons pas ce genre de souci. Les grandes fêtes qui rassemblent toute la parenté sous couvert de fêtes carillonnées n'ont jamais été notre lot, et s'il m'est arrivé d'en souffrir car en ces temps de ralliement généralisé on se sent différent quand on est peu nombreux, je suis chaque fois surprise par les commentaires excédés des uns et des autres qui déplorent l'ambiance parfois irrespirable de ces moments supposés heureux. Rien d'étonnant alors que les cadeaux se retrouvent le lendemain sur des sites d'enchères.

Les sites de vente en ligne croulent déjà sous les cadeaux de Noël non désirés que les particuliers s’empressent de revendre. Un phénomène qui prend chaque année un peu plus d’ampleur.

Terminé la sentimentalisme, place aux affaires. A peine déballés, bon nombre de cadeaux offerts à Noël se retrouvent déjà sur des sites de ventes en ligne.

Pierre Kosciusko-Morizet, PDG de PriceMinister a indiqué à l'AFP que par rapport à l'année dernière, le site comptait déjà 30% d'objets en plus mis en vente par les particuliers. "Auparavant, aller dans un magasin pour se faire rembourser un cadeau était un peu difficile. Sur Internet, ça prend quelques secondes de mettre un livre en vente", analyse le patron de PriceMinister.

Simplicité et anonymat sont deux arguments qui ont contribué à décomplexer les particuliers qui n'auraient auparavant jamais osé franchir la porte d'un magasin pour se faire rembourser un cadeau. Les difficultés économiques actuelles ont aussi une influence a expliqué à l'AFP la porte-parole d'eBay qui exploite ce créneau en créant une section spéciale « le Père-Noel s'est-il trompé ? » sur sa page d'accueil.

PriceMinister prend nettement moins de gants avec sa rubrique « Déçu(e) par vos cadeaux de Noel ? ». Les produits les plus couramment revendus sont les biens culturels (livres, CD, DVD, jeux vidéos...). eBay précise que «même si les premiers cadeaux de Noël non voulus apparaissent sur le site dès le 25 ou 26 décembre, la période de revente s'étale sur plusieurs semaines, jusqu'à fin janvier ». (Eureka Presse)

samedi 26 décembre 2009

PAS DE BILLET AUJOURD'HUI...

... tout simplement car aujourd'hui, je me suis consacrée à "rattraper" mon retard et à lire tous les blogs de mes "copinautes"...

vendredi 25 décembre 2009

A MON TOUR !!


Le matin du 24 décembre, aller chercher les huîtres à Mornac, à peine sorties des parcs à huîtres, fait partie des traditions qui réservent toujours de beaux moments


Notre petit séjour parisien m'avait un peu éloignée de la toile. Faut dire qu'à Paris, ce n'est pas simple de se connecter ! Oui, oui, je le fais exprès pour vous faire râler, mais je vous promets que bien que j'aie fait suivre très ponctuellement mon netbook, mon assortiment complet de câbles et autres chargeurs indispensables dès qu'on met le nez dehors, je n'ai pas réussi à me connecter. Bref, mes impressions sur les expos capitales de la capitale, ce sera pour plus tard... Peut-être... car finalement tout cela, c'est trop facile !!! Trouver à Meschers sujet à chroniques journalières sur des thèmes variés, c'est un challenge qui m'amuse car justement la vie en province n'est contable que si on est curieux, attentif et toujours à l'affût ! Trouver matière à billets quand on est à Paris, c'est chose par trop aisée, et nos 5 jours suffiraient à fournir à la michelaise que je suis source d'inspiration pour un mois entier !
En attendant, de retour au bercail la musette pleine de souvenirs, la tête pleine d'images et l'esprit grouillant d'impressions, il fallait passer à l'acte suivant : Noël... tout le monde a montré qui sa crèche, qui sa déco, carillonné des airs de fête et des voeux tous azimuts, et Michelaise en est encore à des billets d'humeur, un peu hors saison. A croire qu'à Meschers il n'y a ni Père Noël ni lutins... Je vous rassure, la vie est normale au bord de l'Atlantique et nous connaissons ici aussi les moeurs festives.


Une crèche, vraiment provençale, avec l'enfant Jésus qui arrive dans la nuit , les 13 desserts et le chocolat chaud au retour de la messe dite de "minuit", et cette année les crackers ramenés de Londres par Koka... voilà d'autres traditions qui font notre Noël familial


A mon tour donc de souhaiter à tous mes lecteurs, et je crois bien aujourd'hui fêter ma 10 000ème visite (j'avoue, même si l'exploit est mince, en être toute éberluée !) de joyeuses fêtes, un Noël serein et paisible, et surtout la capacité de retrouver en eux les ressorts affectifs qui font de cette fête un moment privilégié. Un mot particulier à ceux qui sont seuls ou qui n'ont pas autour d'eux les proches dont la présence les combleraient. Que ces heures leur soient quand même douces et heureuses.


Pour nous, la journée fut tellement belle qu'on aimerait partager avec tous cette joie !

jeudi 24 décembre 2009

IMAGES AU HASARD...

Tour Montparnasse dans la brume

Paris le jour...

Paris la nuit !!

Il y en avait 55... Merci Mandarine !!

dimanche 20 décembre 2009

COUCOU CHIC !!

Et bien sûr je n'avais pas d'appareil photo, mais je tenais quand même à faire un clin d'oeil au spécialiste toutes catégories en ponts !!


Et en écho à l'article d'Aloïs... nous étions ce soir aux 7 Parnassiens... malheureusement sans livre, donc je n'ai pu me livrer à un échange, ce que je regrette car les "livres à pattes" sont à mon sens la conception idéale de la lecture. Par contre, nous avons apprécié les peintures de Mona Masnet, une artiste mi figurative, mi abstraite, qui décline ses toiles entre lumière et désespoir. Son autoportrait nous a particulièrement plu.

Quant au film, "la fille la plus heureuse du monde" c'est une production roumaine qui vaut le détour. C'est léger et cruel : sur le thème improbable d'une bête histoire de concours gagné par une pauvre gamine affublée de parents plus cupides que nature, fantasmant sans pudeur sur le gain réalisé par leur fille comme Perrette avec son pot au lait, le réalisateur nous donne à voir une comédie sociale aux scènes répétitives et acérées. Le rythme est lent, mais le propos est égrené avec humour et sensibilité : c'est un premier film qui, certes présente quelques maladresses, mais qu'il faut soutenir car le ton est prometteur.

samedi 19 décembre 2009

DERIVES A PERIGNAC

L'autre matin, il y avait à Pérignac, petit bourg paisible de 1000 âmes en Charente-Maritime où nous avons vécu près de 20 ans et où Alter exerce encore son art, une manifestation. Oui, oui, les filles, j'ai bien dit une manif *!!! Avec cris, banderoles et journalistes.



Et les quotidiens locaux dès le lendemain titraient "2 enfants de 6 et 7 ans sément la terreur à Pérignac". La télévision régionale elle-même s'en fit, dit-on, l'écho... Alors il faut bien que mon blog relaie l'événement !!
Alter m'avait déjà parlé des problèmes de ces tout petits gosses dont les maîtresses, pourtant chevronnées, ne venaient pas à bout, tant et si bien qu'il avait fallu faire appel au maire, en tant qu'officier de police municipale, pour tenter de rétablir l'ordre dans les classes de l'école primaire. Mais si cette intervention eut un effet, celui-ci resta limité et l'affaire prit de l'ampleur.
 Insultes, morsures et coups réguliers, tel est devenu au bout d'un trimestre le lot quotidien des maitresses, du personnel de service, et des autres élèves. Ces deux enfants n'ont aucun lien de parenté : l'un est en cours préparatoire, l'autre en CE1. Lorsqu'ils piquent des crises, leurs débordements n'a pas de limite et ces excès peuvent entraîner des blessures et surtout un stress considérable. Les insitutrices craquent, les autres enfants ont peur, ne dorment plus, ne veulent plus aller à l'école, en un mot l'ambiance est détestable. La situation rejaillit sur le travail scolaire et du retard a été pris dans la progression pédagogique.


 Certains parents commencent à retirer leurs enfants de l'école et les autres ont décidé de se mobiliser et d'alerter l'inspection départementale, exigeant une aide, un soutien. Plusieurs mesures ont été prises, psychologue scolaire, instituteur mobile pour seconder les maitresses, mais cela ne suffit pas. Pour se faire davantage entendre, les parents d'élèves ont donc décidé d'occuper l'école de Pérignac.
Et les bonnes gens, dont je suis, restent éberlués que deux gosses de 6 et 7 ans puissent tenir en haleine une centaine d'enfants, les parents de ces derniers, des institutrices qui sont loin d'être des débutantes, et tout une commune qui ne sait plus à quel saint se vouer et craint pour son école. On se renseigne, on tente de savoir ce qu'ont ces gosses pour comprendre pourquoi ils se comportent ainsi. L'un est semble-t-il dans une situation familiale délicate : le père, violent, battait sa mère avant d'abandonner cette dernière, lui laissant la charge de l'enfant dont elle ne vient pas à bout. L'autre semble appartenir à une famille ordinaire, mais sa soeur prend semble-t-il, le même chemin que lui, sans que les parents semblent s'inquiéter du comportement de leurs enfants.
Et les bonnes gens, dont je suis, sont surtout affolés que notre société en soit arrivée à un tel degré de permissivité qu'il lui faille subir les violences d'enfants en souffrance, sans être capable de trouver le moyen d'en protéger les autres. On se réunit, on discute, on négocie, mais les gamins continuent leurs menées inquiétantes et les autres enfants finissent par devenir agressifs eux aussi.
Comme le dit Hannah Arendt "une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites", mais il est difficile de porter sur ces événements un regard clair. De tels débordements semblent tellement dénoncer la perte du sens de l'éducation. L'école, transition entre la famille et la société, devrait offrir aux enfants un modèle sécurisant et limpide, exempt des troubles de l'incertitude morale. L’éducation, c’est le renouvellement des générations, c’est aussi une question de responsabilité morale, mais si les adultes ne savent plus exercer l'autorité, c'est comme s'ils refusaient d’assurer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants. Ces derniers, privés de repères, n'acceptent plus les règles du jeu et on se désespère ensuite, comme nous le faisons chaque jour au lycée en face de jeunes adultes incapables d'assumer les enjeux et les contraintes de leur avenir professionnel, de leur manque total de motivation pour des valeurs que nous ne savons plus défendre. Mais ces jeunes ne font que nous renvoyer à nos dérives et à nos incohérences, et leur comportement n'est finalement que le reflet du dépérissement de nos propres repères.


* Il me faut, pour être parfaitement honnête, avouer que les parents de Pérignac n'en sont pas à leur coup d'essai en matière de manifestation : ainsi que le prouvent ces photos prises sur le site de la mairie du village, déjà en février de cette année ils avaient protesté contre le projet de suppression des maternelles et ont appris à cette occasion l'art de la banderole !

vendredi 18 décembre 2009

DON'T PANIC...


Si je vous dis que Bouliac accueillait encore une autre exposition en ce week-end béni où Alter avait décidé d'y planter nos pénates le temps d'une halte festive, vous allez penser que j'en rajoute et que tant de chance est insolente !! Et pourtant...
Après avoir longuement parcouru l'hôtel, ses couloirs grillagés de lumière, ses salons confortables, son parc qui surplombe Bordeaux, après avoir profité pleinement de Franta et de ses oeuvres viriles, nous sommes partis à la découverte de Bouliac. Petit bourg paisible, joliment aménagé autour de son église en partie romane, en partie néo romane, nous avons déjeuné au "bistrot" de l'hôtel. Aussi serrés que dans un restaurant parisien (chose improbable dans nos campagnes tranquilles, mais le lieu est à la mode à Bordeaux), nous pensions grignoter quelque salade ou collation légère. Mais le menu qui nous attendait était encore pantagruelique !! Décidément le Saint James fêtait ses 20 ans dignement !!
Je vous épargne le menu mais ne peux m'empêcher de parler de mon choix, car en lisant l'ardoise j'ai pensé à Colibri et n'ai pu m'empêcher de céder, comme elle, au plaisir inégalable d'une bonne andouillette, accompagnée de vraies super frites, et d'une bonne rasade de moutarde !
Le centre culturel du village, fort heureusement dénommé centre François Mauriac, offrait donc une autre exposition, moins prestigieuse à priori que celle de Franta, mais qui nous a longuement retenus. Intitulée "Don't panic, I'm woman" la manifestation se présentait plus comme une mise en scène que comme un simple accrochage de toiles. Le parcours s'organisait autour d'une sorte de chambre nuptiale parsemée de pétales de roses, et, de voile en voile, parlait avec bienveillance de la condition féminine. Le discours, bien que fermement militant, n'était pas convenu. Il disait l'oppression que subissent les femmes dans un monde qui les réduit souvent à un rang d'instrument, entrainant une soumission plus ou moins consentié et acceptée par le groupe dominé. Les symboles évoqués parlaient de la nudité commecialisée et affichée, du voile, de l'excision, de la violence, des "places assignées", des habitudes culturelles pleinement acceptées par les uns et les autres.

Des toiles énergiques, toutes de dimension identique et se lisant comme un conte moral. Des références célèbres aussi, l'origine du monde de Courbet, estampillée d'un terrible code-barre trahissant le mercantilisme qui trop souvent s'attache aux représentations féminines, le déjeuner sur l'herbe de Manet revu et corrigé en remplaçant le visage de l'héroïne du tableau par une tête de rapace, femme vénale et consciente de l'être...
Nous avons parlé longuement avec l'artiste, Sylvaine Veillon Gutierrez, que j'ai dû croiser dans les couloirs de la fac de droit de Bordeaux, car nous sommes presque contemporaines. Son exposition ne présentait aucune toile à vendre, c'était un manifeste, une histoire, une déclaration de tendresse et de compassion envers la condition féminine et sa démarche artistique, sans affectation, absolue, convaincue, nous a séduits.
Ici encore, toujours retenue par une certaine pudeur qui empêche de photographier tous azimuts, je ne vous livre que quelques photos maladroites de ce parcours, mais le site de Madame Veillon Gutierrez vous livre toutes les toiles de son exposition et vous permettra de mieux apprécier son intention.

mercredi 16 décembre 2009

FRANTA

Maternité

Notre escapade du week-end a été décidément riche en surprises : le Saint James accueillait une exposition absolument exceptionnelle, tant en quantité qu'en qualité, d'un peintre contemporain que j'ai très envie de vous faire découvrir. Il s'agit d'un artiste figuratif, obsédé par le corps et dont le sujet essentiel est la condition humaine.

Au repos

František Mertl, plus connu sous son « nom de pinceau » Franta, est né en 1930 à Třebíč, en Tchécoslovaquie. Il fait des études artistiques aux Beaux Arts de Parguer et au début des années 50 au cours d’un séjour en Italie, à Perugia, il rencontre sa future femme. De retour en Tchécoslovaquie, il désire la rejoindre à Paris. La police lui ayant confisqué son passeport en décidant que c’était sa première et dernière sortie du pays, Jacqueline vient le voir à Prague, mais leur mariage semble impossible : elle vient d’un pays capitaliste, elle est d’origine bourgeoise... pire, elle est née en Algérie, donc issue d’un pays « colonisateur » et, comble, elle est juive... Apprenant que l’Académie des Beaux-Arts se préparait un voyage en RDA, il s’inscrit. A l’époque le mur de Berlin n’est pas encore construit... Il réussit à se détacher du groupe et à se cacher. Il retrouve Jacqueline à Nice, où il reçoit un accueil chaleureux de la part de la famille de sa future épouse et décide de rester. Il lui faut faire refaire ses papiers. On le prend pour un espion. Mais il lui arrive une chose incroyable. Le fonctionnaire qui reçoit sa demande, voyant son nom, lui demande : « Mertl ? Est-ce que Miloš Mertl est quelqu’un de votre famille ? ». Miloš Mertl est le père du peintre, et le policier le connaissait : il avait été dans l’armée avec lui !
En France, il peut se consacrer à la peinture. Les débuts sont difficiles car dans les années 1950-1960, en France, c’est surtout la peinture abstraite qui domine. Or Franta fait de la peinture figurative. Il continue sur ce registre et peint l’Homme, ses douleurs, ses errances. Pétri d’influences classiques, il admire Michelangelo, Giotto, Mantegna. Il rencontre Picasso, Miro, Tapiès… L’œuvre de Francis Bacon l’influence nettement à ses débuts : ses premières œuvres sont farouches, virulentes, déchirées et déchirantes.

Puis dans les années 1980, alors des amis lui font découvrir en Afrique, sa vision de l’homme est totalement bouleversée. Voir l’homme dans sa version originelle, dans sa nudité, si on peut dire, voir la simplicité des rapports, mais aussi leur force, le fait revenir vers le dessin. Connaissant très bien l’anatomie qu’il a étudiée à fond aux Beaux-Arts, il recommence à dessiner l’homme dans ses détails. Et à travers ces détails, il nous parle de l'âme. Il est peintre, sculpteur, dessinateur. Son trait est fort, charnu, charnel, violent parfois. Son sujet essentiel reste la condition humaine. Autour de ces images puissantes, il développe des thèmes moins cruels qu’au début de sa carrière. Les corps amoureux succèdent aux charniers européens. L’Afrique Noire lui révèle une autre civilisation, celle de la terre des origines : un Eden nostalgique, libéré de toute trace d’occidentalisation, transparaît dans ses toiles. La peinture cruelle des années soixante-dix s’efface pour laisser place à une approche du corps moins mortifère, plus charnelle.

Sans logis

Puis, à partir des années 1990, il va mettre en parallèle cette Afrique avec celle de l’exil, celle de l’autre continent, l’Amérique. Ses paysages urbains du Bronx et de Harlem parlent du déracinement et de l'exclusion. L’humanité que nous montre Franta est fragile, menacée. Son regard reste critique, inquiet, comme une sorte de résistance au silence de notre sur-communication médiatisée. Il nous offre sa vision passionnée de l’homme en contradiction permanente entre désir et douleur.
« L’observation de l’homme dans toute la nudité de sa condition a toujours été pour moi la matière première : l’homme, ses rapports avec ce qui l’entoure, ses pulsions, ses motivations, efforts frénétiques pour survivre. Je n’arrêterai pas de croire que l’art reste encore un moyen de toucher les niveaux les plus profonds de notre conscience parce que, malgré les progrès de la technique, l’homme porte en lui les terreurs du primitif ».

L'exposition du Saint James présentait des toiles récentes, fortes mais apaisées, et des sculptures plus difficiles, un peu éclatées, encore déchirées. La découverte de cet artiste figuratif sans doute de premier plan dans le monde actuel a été un moment très intense et nous avons beaucoup appris en "lisant" ses toiles. Difficiles mais belles. Je vous en livre quelques photos imparfaites, mais n'hésitez pas à visiter son site, qui présente nombre d'oeuvres parmi celles que nous avons pu admirer à Bouliac.

mardi 15 décembre 2009

LES "AUDACES" DE NOUVEL


Dimanche matin, nous avons pu revisiter la salle de restaurant panoramique sous un autre angle. La vue reste belle, même si elle perd de jour une grande partie de son mystère !


Petit déjeuner aux allures de buffet campagnard mêlant un assortiment de saucissons à trancher sur planche à découper, jambon en fines tranches à manger avec les doigts, quelques boîtes de sardines à l'huile et autre saumon fumé... Aux charcutailles un rien provocatrices, s'ajoutaient toute une gamme raffinée de gourmandises sucrées, des fruits à profusion, les traditionnelles viennoiseries et céréales, et même un pot de Nutella digne de figurer dans un goûter d'enfant...


Nous avons pu ensuite parcourir l'hôtel en tous sens, tant le lieu est porteur d'images à découvrir. La décoration conçue par Jean Nouvel a été entièrement restaurée, et partout la lumière et la vue règnent sans partage.
Il est difficile de rendre compte par des photos de l'intérêt de cette construction high tech, car ce type de conception architecturale ne fait pas la part belle à l'esthétique, à la forme aguichante ou simplement séduisante. Elle ne fait pas non plus dans l'outrance opposée, inversant les valeurs du beau et du laid, pour choquer ou provoquer.



L'argument ici est le triomphe de la lumière et cela se vit, se ressent et s'interprète au fil des heures. On dit volontiers que Nouvel s'est inspiré de l'allure et de la plastique des séchoirs à tabac pour concevoir l'habillage de l'immeuble. Certains vont même jusqu'à imaginer que le décor serait de bois brun : il n'en est rien, on est bien dans du high tech, dans tout son minimalisme un peu batailleur : les pare-vue sont de féraille rouillée ! Leur fonction est de protéger l'intimité des chambres tout en offrant le plus d'ouverture possible vers l'extérieur, jusqu'à donner l'impression de plonger directement dans la nature environnante. Toute la décoration intérieure, signée des designers en vogue lorsque Nouvel conçut cet ensemble, est dédiée à cette vue : murs enduits de poudre de marbre, sols en béton ciré, grandes baies vitrées protégées par des sortes de volets inclinés qui protègent sans assombrir.



A cela s'ajoutent quelques nouveautés étonnantes en 1989, la piscine noire qui se marie fort bien avec l'environnement, la vue panoramique sur les cuisines et des lits king size qui sont devenus depuis monnaie courante.

lundi 14 décembre 2009

ENLEVEMENT


Il m'avait prévenue dès le matin, en m'offrant quelques oignons de jacinthe, promesse de couleurs à venir dans un océan de grisaille : "Tache de prendre un peu d'avance dans ton boulot, je t'enlève cet après-midi pour environ 24h..." Samedi 17h : Alter m'a enjoint de prendre quelques effets, une tenue correcte pour la soirée et en voiture Pimpi !! A commencé le jeu de l'observation des panneaux indicateurs. Un jeu dans lequel je suis d'une nullité totale, parce que j'oublie. Si vous saviez les filles, je ne m'en suis jamais trop vantée, le nombre de sorties d'autoroute que j'ai pu rater dans ma vie : je suis devenue experte dans le "on prend la sortie suivante et hop, on a juste perdu une demie heure !". Bref, j'ai guetté (et raté) la sortie Blaye, puis la sorte Libourne, pour en conclure que nous allions à Bouliac. Alter avait décidé que 55 ans est un âge qu'il faut fêter dignement, et, la suite de mes billets vous le dira longuement, il a fait fort. Bouliac c'est "LE" lieu mythique pour tout bordelais qui se respecte, et j'en suis : le Saint James !



De mon temps, il y a, vous l'imaginez, fort longtemps, le Saint James c'était Jean Marie Amat. A 20 ans à peine, il avait créé à Bordeaux une table qui fit flores dans les années 70. C'était dans le vieux Bordeaux, un de ces restaurant qui, à l'époque, était d'une modernité presque révolutionnaire. Le concept a fait date, et fortune. Il a ensuite ouvert un autre, face au Grand Théâtre, puis a transporté ses talents sur les hauteurs de Bouliac pour y construire un ensemble gastronomique qui en fit rêver plus d'un, car il s'installa dans un hôtel conçu par un autre aquitain talentueux, Jean Nouvel. L'hôtel s'appelait alors "Belle Rive" et Bouliac devint dès lors un des hauts lieux de la modernité provinciale !
Depuis, Amat a quitté le Saint James et, après quelques épisodes de consultant qui lui permirent de conforter ses idées innovantes, il a entrepris une nouvelle aventure presque aussi mythique que la précédente en s'impliquant dans la restauration du Château du Prince Noir. Une folie incontournable du paysage bordelais dont les ruines suggestives et désolées dominaient les rives de la Garonne, fichées comme un bastion oublié juste avant l'arrivée sur le Pont d'Aquitaine. Il est possible qu'Alter m'y invite le jour de mes 60 ans, mais samedi, nous avions pris la sortie Bouliac et j'ai enfin pu voir de l'intérieur, ce légendaire Saint James.
Alter m'a offert, outre une soirée mémorable, l'objet de plusieurs billets qui animeront ma semaine banale, et que je vous égrènerai avec parcimonie pour vous faire partager ces moments inoubliables.


Pour l'heure, nous avons pris possession des lieux de nuit, découvert l'intérieur du bâtiment avec ce petit morceau de mystère que les ténèbres apportent à un lieu inconnu, et repéré tant bien que mal ce qui fait le charme du bâtiment de Jean Nouvel : des chambres dont les proportions rappellent le Modulor du Corbusier, et surtout une vue éblouissante sur la ville illuminée. J'avais l'impression d'être dans des images de Mulholland Drive, et le scintillement des lumières, agitation lointaine et silencieuse qu'on domine comme dans un rêve raffiné, m'a fascinée le temps d'un dîner en tous points remarquable.


Le Saint James fêtait quant à lui, ses 20 ans d'existence, et le nouveau chef, Michel Portos, avait concocté pour ses hôtes d'une nuit un dîner surprise prestigieux, composé d'une dizaine de services, une table inventive, parfumée et colorée, dont je ne vous livrerai pas tous les secrets tant la succession des mets et des saveurs était recherchée et riche en émotions gustatives. Alter a, au grand dam du sommelier qui a frémi devant une telle traîtrise aux crus locaux, décidé d'honorer jusqu'au bout les travers de sa Pimpi. Il a choisi, pour accompagner ce festival inspiré, un Chassagne Montrachet que la proximité de notre "Modulor" nous a permis de déguster jusqu'à la dernière goutte ! Pas d'alcootest en vue et l'or clair du breuvage bourguignon a illuminé notre soirée de reflets cristallins.

dimanche 13 décembre 2009

DANGER TGV

Nous parlions l'autre jour de la disparition prochaine du Di Antalvic, cet antalgique à base de paracétamol et de dextropropoxyphéne qui a soulagé et soulage encore des millions de patients en cas de douleur puissante. La lutte contre la douleur n'est pas encore, loin de là, la priorité des médecins, plus préoccupés de soigner et de traiter que de soulager la douleur. J'ai depuis deux mois maintenant une maladie bénigne mais terriblement douloureuse, qui me rend proprement dingue par moments. Mais les médecins consultés, très attentifs à me dresser des ordonnances aussi impressionnantes que malheureusement inefficaces, n'ont jamais pris la peine de me prescrire la moindre aide pour calmer mes élancements insupportables.
Heureusement que j'ai à la maison un praticien pour qui la douleur est une cause prioritaire, car, contrairement à l'image un peu caricaturale qu'en dresse Resnais dans les Herbes Folles, les dentistes, eux au moins, pensent d'abord et avant tout à soulager la douleur des patients. Déformation professionnelle !
Bref, le Di Antalvic est un traitement efficace quand le paracétamol ne suffit plus et de nombreux malheureux ont bénéficié de ces caractéristiques qui en font l'ultime recours quand tout va mal. C'est prescrit sur ordonnance, pas spécialement risqué selon les études qui voulaient démontrer le contraire et qui n'ont pas prouvé sa dangerosité, et pourtant, principe de précaution oblige, on le supprime. Motif invoqué : quelques centaines de personnes, en Grande Bretagne ou en Suède, auraient utilisé ce médicament en surdosage pour se suicider. Donc, on le retire du marché. Sans penser aux gens qui se suicideront pour cause de douleur qui ne veut pas se calmer !! Je plaisante... un peu... mais l'argument est tellement convenu, précaution à outrance, qu'on finit par s'énerver.
Et surtout, s'il faut prévoir toutes les causes de suicide possibles, et y parer en supprimant tout ce qui présenterait un degré de risque quelconque en la matière, on imagine qu'on n'est pas sorti de l'auberge. Et de déclarer en boutade "à ce tarif, il faut supprimer tous les ponts"...

Je ne croyais pas si bien dire : Madeleine et Pascal qui, sont, je vous le disais, allés en Alsace pour la Saint Nicolas, sont rentrés chez eux bien plus tard que prévu. Ils ont été arrêtés en rase campagne durant trois heures et ont raté leur correspondance à cause... d'une femme qui a sauté d'un pont sur le TGV qu'ils occupaient. L'horreur à l'état brut... Lors de leur avant-dernier voyage, c'était une autre femme qui, son chien dans les bras, s'était installée sur les rails, attendant le passage du train.
Pas de doute, il faut en informer le ministère de la Santé Publique, et il est urgent de supprimer les TGV. Au nom du sacro-saint principe de précaution ! Vous serez d'accord avec moi, pour avoir été stoppés en gare plus souvent qu'à votre tour, il faudra aussi prendre des mesures concernant le métro, source non négligeable de suicides !! Je ne raille pas, je me désole qu'à force de tout vouloir prévoir, on se montre d'une frilosité extrême, on anticipe des risques potentiels au-delà de la simple probabilité, et on finit par brandir cet argument comme une massue dont l'usage est plus restrictif de liberté que réellement protecteur. L'application de ce fameux principe, érigé en loi du moindre risque, nourrit et entretient l'angoisse et de la peur. La prudence est nécessaire, mais il faut dénoncer le terrorisme intellectuel qui prétend tout prévoir, pour nous protéger de tout, aseptiser la vie, à défaut de lui donner un sens.
Que ceux qui n'ont jamais eu à supporter des douleurs infernales, heureux de trouver enfin un antalgique efficace, me jettent la première pierre... s'ils l'osent !

samedi 12 décembre 2009

LA MARCHE DU VENDREDI



Le vendredi,  Madeleine et Pimpi arpentent joyeusement les rues et ruelles de Meschers
Avant d'arriver au port, arrêt pour saluer le superbe pin parasol qui gémit à chaque souffle de vent, et sur la corniche, croyez-moi ces soupirs sont déchirants ! Sur le port, les canards se battent avec les mouettes pour picorer les miettes que les michelais leur apportent régulièrement.


Après le port, le chemin s'apprête à contourner la baie de Talmont, la marée est haute et on aperçoit l'église très très loin, là-bas sur son promontoire.
Retour par la corniche, petite tentative de Land Art, mais la photo est floue !! Pas toujours terrible le téléphone pour les photos en gros plan. Ici aussi, le tag sévit et, même s'il est esthétique, il n'en est pas moins violation de propriété.



Au retour, le soleil baisse vite en cette saison, et il nous dessine des contre-jours et des illuminations de fin de jour toujours un peu féériques.

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