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vendredi 26 juin 2009

DEUX FILMS

Quelque chose à te dire... sur Allociné, regardez les avis : les critiques "professionnels" n'ont pas trop aimé, les spectateurs, eux, ont adoré. C'est tout à fait ça : un film qui détend, très romantique, une histoire à rebondissements, une happy end, plein de bons sentiments, bref de quoi passer une soirée agréable après une journée de travail épuisante. Bien sûr tout est un peu (beaucoup) téléphoné, mais ça fait du bien parfois de ne pas se prendre la tête et de se laisser aller tout simplement à la facilité et à l'émotion simple. D'autant que "la petite" Seigner joue bien, que Marchal est parfait avec son air de chien battu, Rampling est odieuse à point, bref tout roule et on sort détendu et ravi.

Avec Still Walking, on est dans un registre différent, beaucoup plus intérieur, plus difficile d'accès. Mais quelle réussite. La quintessence des non-dits et autres pesanteurs familiales, contée autour d'un repas de famille. Presque minimaliste, le film se déroule en un lieu, en un jour, aucun fait accompli. Et pourtant tout est dit, suggéré plutôt, tout en finesse et en subtilités. Le propos est cruel mais traité de façon sensible et fort émouvant. Pas de complaisance, même pas de longueur, malgré l'immobilité de l'action. C'est vraiment un film à découvrir, et à déguster comme un plat de sushi, doucement, sans a priori.

mercredi 24 juin 2009

CANARD (ro)MARIN

Lénou, toi qui m'a enseigné le canard aux pêches, je te propose la dernière impro du soir, espoir, revue et corrigée à ma sauce. Que les puristes me pardonnent, je suis trop indisciplinée pour écrire (ou a fortiori suivre) une vraie recette de cuisine avec ingrédients, proportions et temps. De celles que je lis sur vos blogs, je retiens les idées générales, l'orientation, l'inspiration et ensuite, j'adapte très librement en fonction des consistances et du contenu du frigo.
Il était plus de vingt heures et j'avais carrément oublié de me plonger "en cuisine", le soleil encore haut sur la terrasse, la douceur de cette fin d'après-midi et le confort de ma chilienne m'ayant rendue paresseuse. Et voilà que Michel est là fort tôt "déjà rentré mon Mimi ?", légitimement fatigué après une journée de travail, envie de profiter de la soirée lui aussi. Je lui laisse alors généreusement ma chaise-longue et vais ouvrir la porte de mon frigo pour lui mijoter un petit repas qui lui fasse oublier son en-cas Picard de midi ! J'avais quelques aiguillettes de canard et trois pêches plutôt fermes. Et surtout, un petit pot de confit caramel de romarin acheté chez un producteur local, et que j'ai déjà testé avec succès sur de la volaille. Cela rend particulièrement bien et pour un sucré salé, c'est vraiment très peu sucré, et surtout très parfumé.
Trois pêches c'est un peu court pour faire un légume d'accompagnement... pas envie de rajouter des pâtes ou du riz... je farfouille, et trouve 2 courgettes. Jamais fait ça, courgettes et pêches, mais devant l'urgence, je décide de tenter.
Je fais revenir un oignon jusqu'à ce qu'il soit transparent, j'y ajoute ensuite mes 3 pêches pelées et mes courgettes, le tout débité en gros cubes, je sale et poivre généreusement, et je rajoute 4 belles branches de romarin. Cuisson à feu doux, mais pas couvert pour éviter que cela rende trop d'eau.
Peu avant de servir, je fais revenir mes aiguillettes dans une poêle, sel poivre, les dispose sur l'assiette de service. Puis je déglace les sucs de cuisson, ajoute deux cuillères à soupe de caramel de romarin, et fais réduire un peu jusqu'à une consistance convenable. Un trait de vinaigre balsamique pour éviter que ce soit trop doux, mais pas trop pour ne pas en percevoir le goût, il ne me reste plus qu'à napper mes aiguillettes de cette sauce brune. Je récupère les bris de romarins dans mes légumes pour le décor, rajoute sur l'assiette ma potée verte et jaune, et le tour est joué.
Quant à ce fameux confit caramel de romarin de Nect'Art, je t'en offrirai un pot afin que tu puisses l'utiliser en cuisine... pour les curieuses et autres savantes de la marmite, j'ai lu la composition afin de vous donner des idées : 50% de sucre, du jus de pomme et de citron, 5% de romarin. et de l'agar-agar... cela donne une gelée très parfumée et, comme je le disais, particulièrement savoureuse en déglaçage de volailles.

mardi 23 juin 2009

SOLIDE !!!

S'il faut bien admettre qu'un blog c'est comme un dîner en ville (comme si j'allais souvent dans des dîners en ville... oups ! je ne sais même pas ce que c'est !) faut pas y parler politique, une fois n'est pas coutume... Moi le remaniement j'ai écouté, pas de commentaire, ce n'est ni le lieu ni l'heure... mais j'ai fait comme "tous les michelais, toutes les michelaises", j'ai essayé de savoir si notre député, recordman de la longévité ministérielle était encore là...
Nommé secrétaire d'État aux Transports en mai 2002 , il devient en juin 2002 secrétaire d'État aux Transports et à la mer, auprès du ministre de l'Équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, il devient secrétaire d'État au Budget et à la réforme budgétaire en mars 2004... En novembre 2004 ministre de l’Agriculture, de l’alimentation, de la pêche et de la ruralité. Puis, en 2007 il est nommé sous le gouvernement François Fillon 1 (reconduit dans le gouvernement François Fillon 2 le 19 juin 2007) secrétaire d'État chargé des Transports. Et bien je crois qu'il est toujours là... Marie me confirmera cela demain je pense, car on n'en parle guère dans les médias ce soir. Faut dire, que s'il perdure avec une telle obstination, c'est qu'il ne fait sans doute d'ombre à personne et qu'il n'a pas un ministère qui fait baver d'envie les z'autres ! Ils ont tort, c'est vachement important le transport par ces temps de migrations estivales. Bon, je ne raille pas, il doit faire convenablement son boulot cet homme qu'on garde dans les ministères avec tellement de constance. J'ai nommé Dominique Bussereau, le ministre le plus consensuel de tous les temps. A Philippe Bouvard qui lui demandait le secret de sa longévité, il répondit, vous vous rappelez sans doute, que c'était la célèbre tarte aux prunes de Saint Georges de Didonne, très appréciée par le Président qui la dégustait tout enfant durant ses vacances atlantiques !

A DEFAUT !

Grâce à Marie, j'ai mis le lien vers Deezer pour écouter D'accord... mais il est nécessaire de s'inscrire.
Je laisse la seule chanson potable d'Anne Sylvestre trouvée sur You Tube :

CANONS !

Il m’est venu l’autre jour à l’esprit une réflexion sur les canons du beau et sur le fait que vous, les jeunes générations, allez devoir les faire évoluer si vous ne voulez pas passer votre vie à vous désespérer de vos rides. Nos références actuelles, basées sur des siècles d’admiration de la jeunesse, de mise au pinacle du lisse, du poli et du duveteux, d’admiration forcenée de la fermeté et de l’élasticité, reposent sur une conception dépassée de l’utilité de ce beau. Le beau, qui attire et séduit est, depuis l’Antiquité, et fort avant sans doute, celui qui promet la conception, la reproduction, bref la survie de l’espèce. Donc, avec des fortunes variables quant aux mensurations et aux couleurs de peau, de poil ou d’yeux, la base reste la même : la jeunesse est reine, la ride est repoussante et le fripé honni. La mère de Rembrandt est une vieillarde à 50 ans, les héroïnes de 40 ans sont des malheureuses ayant perdu leur pouvoir de séduction et la trentenaire de Flaubert est pathétique dans sa volonté d’éblouir encore malgré l’âge qui avance inexorablement.
Sur une durée de vie moyenne de 60 ans, après une enfance de 15 ans, la période de beauté s’ouvrait donc pour une autre quinzaine d’années, suivie par une moitié de vie partagée à part égales entre les regrets et la résignation. L’arrivée de la première ride et du premier cheveu blanc étaient le début d’une déchéance que l’espérance de vie assez courte ne ferait pas durer trop longtemps. 

Mais les temps ont changé et la vie est devenue bien trop longue pour accepter d’en passer les ¾ à être moche sous prétexte qu’on a la peau un peu trop flasque, quelques pattes d’oie et le sillon du front trop marqué. D’autant que la résignation n’est plus une vertu et que de vous révolter de 30 à 100 ans, risque de vous gâcher le bonheur. De la même façon que nous, les baby-boomers nous avons imposé l’idée que la retraite est de début d’une nouvelle vie, que l’on reste socialement actif encore pendant des lustres, et qu’il est nécessaire de lutter contre les affres du vieillissement par une activité accrue et passionnante, vous les filles, qui avez commencé votre ère de séduction avec le nouveau millénaire, allez devoir imposer au monde futur des canons de beauté qui vous permettront de vivre vos rides comme un épanouissement, voire, pourquoi pas, comme un idéal. Sinon, vous vous préparez pour 70 ans de désespoirs face au miroir matinal, sauf à faire la fortune des marchands de rêves et autres esthéticiens bluffeurs. Et si le propos vous semble provocateur, il n’en tient qu’à votre génération de démontrer que les choses en changé. Dès lors que la séduction n’a plus pour finalité d’assurer la survie de l’espèce, donc de permettre aux jeunes « femelles » d’attirer les mâles en vue de leur fabriquer de bels et beaux enfants, la volonté de séduire à tout âge devient légitime et, comme pour les papy-boomers actuellement, ce sera la volonté du plus fort qui deviendra la loi. Comme les plus que trentenaires seront de loin les plus nombreuses, elles n’auront qu’à se saisir du pouvoir en imposant comme idéales leur image et leurs rides ! Et puis, honnêtement, ça se défend la beauté de la ride, le velouté de l’âge, la douceur de l’expérience, la supériorité du vécu !! Et c’en sera fini des fascinations pour les nymphettes et autres exigences drastiques qui plombent nos plus belles années. Celles où, sans exagération je vous le jure, malgré les sillons du temps et les affaissements des chairs, malgré l’image peu flatteuse que nous renvoient les glaces, on ne s’est jamais sentie aussi belles, aussi heureuses de notre féminité, aussi épanouies dans nos formes arrondies et adoucies. Vous déclarerez qu’on ne devient belle qu’après trente ans, et que cette beauté ne cesse de s’amplifier avec le temps. Que les tendrons certes ont des charmes de verdeur et de fraicheur qui peuvent plaire (faudra pas donner des complexes aux gamines tout de même) mais qu’elles ne sont encore que sur le chemin de la vraie beauté, celle qui laisse des cicatrices douces sur le visage et qui parsème de cheveux gris les crinières de celles qui ont vécu, et qui, sous votre loi, seront aussi celles qu’on désire !
Car finalement, tout n’est qu’une question de norme et de conventions, et le secret du bien-être semble tout simplement de se rendre maitre des opinions, selon ses propres références. Dans un règne de l’image et du paraître, il faut être lucide, la jeunesse ne pourra pas être longtemps une référence dans une société qui vieillit de plus en plus. Nous vous avons préparé le terrain !
Ecrit aussi en pensant à La Licorne !
Pour sourire, les paroles de la chanson d'Anne Sylvestre "D'accord"
D'accord, c'est pas des primeurs
Ça n'joue pas que sur la fraîcheur

C'est pas du p'tit radis qui croque

D'accord, ça fond pas sous la dent

C'est un p'tit peu plus consistant

Ça n'a plus vingt ans, ça s'en moque

C'est pas de l'œuf tout frais pondu

Ça n'joue pas les fruits défendus

Ça n'se prend pas pour Marilyn

Si ça tortille un peu du cul

On voit bien que c'est du vécu

Pas appris dans les magazines


Ce sont des fruits qui ont vu le soleil

Qui ont reçu des piqûres d'abeilles

Qui ont du velouté, de la patine

Ce sont des plantes d'arrière-saison

Des roses à leur deuxième floraison

Mais encore pas très loin de l'églantine


D'accord, c'est pas des cabris

Embijoutées jusqu'au nombril

Minijupées sur trois étages

D'accord, c'est un peu plus secret

Ça montre moins que ça pourrait

Ça entretient son héritage

Ça n'vous fera certainement plus

Les mômes que vous auriez voulus

Ça en a déjà des ribambelles

Mais ça a dû vous l'raconter

Les gamins en prêt-à-porter

Ils vous font pas la vie moins belle


Ce sont des chèvres qui ont vu le loup

Qui ont joué des cornes jusqu'au bout

Mais qui n'ont pas été mangées, grand-mère !

Et même si elles attrapent le béguin

Ne vous prenez pas pour Monsieur Seguin

Elles savent trop bien sauter les barrières


D'accord, c'est pas des primeurs

Ça n's'est pas fait lifter le cœur

C'est pas d'la p'tite laitue bien tendre

Oui, on peut s'y casser les dents

Mais c'est bien plus intéressant

Et si vous vous laissiez surprendre


D'accord ?

lundi 22 juin 2009

DEDICACE A CHIC

Ce soir, en forme de clin d'oeil, un peu amusé (comme sur la photo, où je suis en prime trempée parce que ce brouillard était terriblement pénétrant, en fait nous étions DANS un nuage), pour Chic une suite de photos embrumées, un peu mystérieuses, un peu sombres, vaguement romantiques... faites soit par Michel soit par moi, on y voyait si peu qu'on ne sait plus rien de ce jour-là, ni même qui était qui !



ROSIER A L'EAU DE MER

Toujours soucieuse de vous tenir au courant des ressources locales, dont je tache avec une application attendrissante de provinciale candide, de vous montrer qu’elles sont nombreuses, je me dois de vous parler de la sortie de la dernière BD que notre conteur local, Pierre Dumousseau, a située à Meschers. Avec la participation d’Olivier Foucher, directeur d’école, dessinateur et illustrateur, ils ont publié au Croît Vif, éditeur saintais, « le secret du vieux carrelet ».
L’histoire, fort bien troussée, se déroule sur les rives de l’estuaire et plus précisément dans la conche Cadet, à laquelle on n’accède que par des escaliers taillés dans les falaises et qui ainsi garde son caractère un peu protégé. Il y est question de mystère, de carrelet, d’un rosier qu'on arrose à l’eau de mer, et bien sûr, de sirène. Avec une verve bien sympathique, les auteurs nous racontent une curieuse affaire policière qui se serait déroulée sur les rives de la Gironde et que de jeunes charentais vont résoudre pour nous.

Dumousseau, coiffé de son inséparable feutre noir et armé de son stylo et de sa verve

L'illustrateur, Olivier Foucher, qui s'appliquait à dessiner sur chaque livre dédicacé une aquarelle croquée en quelques minutes pour chaque acheteur
Les deux auteurs faisaient une séance de dédicace sur le parvis de la mairie ce week-end, et je vous livre quelques images de cette bande dessinée aux contours familiers. Et s’il est vrai que nous n’avons pas trouvé de rosier à l’eau de mer sur la conche Cadet, et que l’air y sentait un peu trop le crabe en décomposition car elle ne peut être nettoyée à cause de son accès difficile, on peut toujours rêver comme nous l’avons fait avec Marie, que, quand un carrelet remonte, il est susceptible de révéler une belle sirène ! Cela permet aux pêcheurs malheureux de mieux supporter les prises décevantes !

dimanche 21 juin 2009

BONNE FETE PAPA !

Heureux homme ! Mais je le confirme, un papa tellement exceptionnel !

vendredi 19 juin 2009

LE SEPTIEME DES MILLE ET UN PETITS BONHEURS



"Langoureux, vertueux, volé, sentimental,
Savoureux, délicat... un baiser..."

Réponse au billet d'hier sur le blog Mise en Maux !
Pour l'anecdote, Michel voulait faire un portrait de moi dans la vitrine ! C'était l'an dernier à Avignon...

jeudi 18 juin 2009

IMPRESSIONS DU JOUR

Mon fugitif hommage au A330 perdu en mer : on voit tellement de cieux striés de larmes en ce moment sur les blogs... Ici c'est, vous l'aurez reconnu les filles, le "A380 On Board" qui passe au large de l'estuaire.

Impression double au soleil du matin.
Régate sur l'estuaire : oui je sais, une régate cela n'a rien de rare, mais que voulez-vous, ici il n'y en pas très souvent. Et celle-ci était pour financer la recherche pour les enfants cancéreux.
Et enfin, la surprise du jour : Michel se prend pour un cavalier (je précise qu'il n'a pas encore lu mon article sur Pontcarral, donc aucun lien de cause à effet !)

LA MAIN DANS LA MAIN

J'ai ce matin emmené Michel voir le "mur de petites mains" de l'école primaire de Meschers. Il n'a pas vraiment partagé mon enthousiasme, mais est convenu que l'idée était très sympathique et la réalisation réussie. Le mur fut conçu en collaboration avec Isabelle Abate lors de l'exposition au temple à l'occasion de laquelle nous l'avons découverte, elle et Jean Claude Carlet, vous savez le sculpteur des 59 ! Isabelle se baladait avec des carreaux de terre crue, marqués de petites empreintes qu'elle allait ensuite faire cuire dans son atelier. Plus tard, la responsable de la bibliothèque de Meschers m'expliqua que chacun des enfants de l'école primaire avait créé et signé son propre carreau et qu'on allait en faire, à l'entrée de l'école, un mur. Allez savoir pourquoi, sans doute mon légendaire manque d'imagination, j'imaginais ce mur régulier et un peu salle de bains, et je trouvais intéressante l'idée de poser ça et là quelques tâches de couleur aux creux de doigts pour l'égayer. Mais j'avoue qu'après avoir vu le montage assymétrique et irrégulier qu'en a fait Isabelle, je trouve que c'est parfait ainsi et que l'ensemble n'a rien de monotone.
Quant à mon enthousiasme, il s'appuie sur la vision des enfants ayant participé qui, devenus grands, viendront avec leurs propres enfants mettre leurs mains dans ces traces devenues souvenirs, et, y imprimant la main de leur petit, découvriront le bonheur de se perpétuer et de laisser sa trace.

La mise en place des carreaux par Isabelle
Quelques mains particulières, elles le sont toutes !!


mercredi 17 juin 2009

PONTCARRAL : MYTHE OU REALITE ?

Il me fallait, les filles, éclaircir ce mystère de Pontcarral et de la tradition familiale qui tient tant au cœur de votre grand-mère, et que Michel traite avec une désinvolture un peu excédée. Il est si rationnel, si soucieux de la véracité des faits, si peu prompt à s'enthousiasmer sur les légendes que ces histoires revues et corrigées à une sauce flatteuse donnent l'impression de le contrarier. Du coup, il n'a jamais écouté tout cela que d'une oreille, et mes demandes de précisions se sont heurtées à un mur d'imprécisions.
Le plus simple était donc de demander des éclaircissements à Mamie, et ainsi Michel, qui lit bien régulièrement "Bon sens et Déraison" (même si, mais c'est le cas pour d'autres lecteurs, il n'y appose jamais de commentaires) découvrira ici même les tenants et aboutissants de ce mythe confus.
Il y a en fait à La Tache trois personnages dont on perpétue le souvenir.
Le premier, celui qui a droit à tous les honneurs de la descendance ravie (il parait que le frère de mamie, prof d'histoire géo, soulait chaque année ses élèves du récit enjolivé de ce brillant ancêtre) c'est le fameux Delfaud dont je vous ai déjà longuement entretenues lors d'un précédent article. C'est lui qui a inspiré Albert (pompeusement, question de mode, renommé Albéric) Cahuet : mamie qui est née en 1923 se rappelle parfaitement la visite de Cahuet à son père. Elle était encore jeune (le roman date de 1937) et revoit l'arrivée de ce monsieur dans le vestibule de la Tache. Il était venu parler avec Papabo de cet ancêtre casse-cou dont il s'est inspiré pour créer le héros de son roman Pontcarral (que j'avoue ne pas avoir lu). On lui montra le portrait de l'ancêtre intrépide, son épée, son gobelet, sa boussole qui fit bien du chemin de l'Espagne à Moscou. On lui fit lire les récits qu'il avait laissé sous forme d'un journal intime de ses différentes campagnes, dont le camp de Boulogne, on lui fit admirer les petites cuillères d'argent remises en même temps que la légion d'honneur sur le champ de bataille à Smolensk par l'empereur le 2 septembre 1812 et chiffrée N à LD surmonté d'une couronne impériale. Et d'après Simone on lui cita l'aventure qui ouvre le livre de Cahuet : lors de la récolte périgourdine de juillet 1816, Pontcarral qui était plus ou moins à la tête des insurgés, fut poursuivi à Sarlat par une horde de gendarmes royaux et traqué, après s'être échappé d'une grange que la maréchaussée venait d'enfumer, il se réfugia chez Fournier Sarlovèze, ancien général d'Empire dont il fut l'ami mais que sa récente inféodation au pouvoir royal lui désignait comme traître et farouche adversaire. Cahuet résoud la fuite du héros par une ellipse, mais Simone raconte que l'homme ayant enfourché un cheval il fonça sur les gendarmes, força leur triple barrage, puis les entraînant à sa suite il franchit hardiment la Dordogne d'un saut de sa bête obéissante. Parvenu sur l'autre rive il se retourna et cria à ses poursuivants héberlués "Ecoute s'il pleut"*. Si l'on pense que Delfaud est mort d'une fièvre maligne en octobre 1817, il semble étonnant qu'il ait été aussi fringuant un an auparavant. Mais connaissant sa bravoure incontestable, il est possible qu'il ait réussi à prendre la fuite et qu'on ait enjolivé cette échappée de quelques mêmes de rivière ! J'ai cherché dans Cahuet sans trouver trace de cette issue, ce qui semble finalement un bon point pour l'histoire ! A moins que l'épisode ne soit tiré du film de 42** !

En fait, il me semble possible, mais il s'agit là d'une interpréation personnelle, que Cahuet ait créé ce personnage de Pontcarral à partir des témoignages recueillis sur les hauts faits de hussards périgourdins des environs de Sarlat. Il cite dans ses premières pages les noms "des têtes brûlées de l'ancienne garde, les Vialem, les Pasquet, les Delfaud, les Mansac" et cela pourrait être les noms de ceux dont il aurait, comme Papabo, visité les descendants. Autour de ce personnage mythique, il a construit une histoire d'amour et de haine qui ne doit rien bien sûr à ces braves hommes qui, comme Delfaud, ont passé la fin d'une vie souvent brève à souffrir des séquelles des blessures écopées sur tous ces champs de bataille.

On dit que Papabo, lorsqu'il reçut de l'auteur un exemplaire du roman en hommage et en remerciement, entra dans une vive colère car ce dernier avait fait du héros d'Empire le fils d'un enfant trouvé. Il ne s'arrêta pas au grade sompteux de général accordé au petit capitaine Delfaud, et ne retint de cet entretien qu'amertume comme si Pontcarral avait vraiment été Delfaud ! Au point que Simone désigne son portrait, sans aucun doute évoqué dans l'introduction, par le nom du héros romancé. "Son visage ne m'était pas inconnu, car le portrait de sa jeunesse, son grand portrait du temps de l'Empire, est conservé dans une maison qui m'est familière. C'est une assez médiocre peinture, pompeuse et conventionnelle, avec les bariolages de l'épopée. Pourtant j'ai retrouvé les traits essentiels de l'homme, de l'homme sans uniforme, dans ce soldat décoratif".
Je vous avais annoncé 3 héros. Je vous rassure, je vais être brève pour les 2 autres, dont l'histoire familiale a gardé moins de traces.

Le second, c'est Labaurie Delfaud, le fils du premier qui eut pour grand mérite d'acheter, sans doute avec les indemnités versées par le Second Empire à la veuve du hussard fidèle, la maison de la Tache. On ne conserve de lui qu'un vilain portrait en vieillard barbu dans le salon, relégué dans un coin car il a moins de prestance que son père !

Quant au troisième, officier d'Empire lui aussi, il fit entre autres la campagne de Russie dont il ramena un carnet de mémoires conservé par le frère de Simone, comme tous les documents concernant ces militaires. C'était un Monzie, originaire de Cadouin et ancêtre donc de Papabo par son père. Je n'ai pas eu son prénom mais c'était sans doute Jean, dont on trouve déjà trace dans un rôle de la taille de la paroisse de Cadouin en 1780. Père ou fils, peu importe, tous avaient le même prénom.
L'anecdote par laquelle ce dernier, militaire lui aussi, s'est illustré, est toute civile. Le jour du mariage de son fils avec une certaine Mademoiselle de Ronsard (excusez du peu), il voulut montrer aux invités admiratifs ses talents de cavalier. Eperonnant son cheval avec fougue, il provoqua le renversement du tilbury dans lequel se trouvaient les futurs époux. La mariée eut une jambe cassée, et notre vaniteux fut tué dans l'accident.


* "Ecoute s'il pleut" est, selon les uns une expression ironique destinée à se moquer des meuniers qui, quand le ruisseau du moulin était à sec l'été, éveillaient leur fils en lui disant "Ecoute s'il pleut".
Pour le dictionnaire de l'académie française, "un écoute s'il pleut se dit d'un homme faible, qui se laisse arrêter par les moindres obstacles. Il se dit aussi d'une promesse illusoire, d'une mauvaise défaite, d'une espérance très incertaine"

** En ce qui concerne le film je vous livre cet article trouvé sur le site de la Société Historique et Archéologique du Périgord : "Le Dr G. Delluc s’est intéressé au film Pontcarral, colonel d’Empire (fig. 3). « D’après le roman d’Albéric Cahuet '1877-1942), il fut tourné en 1941-1942, en Sarladais, alors en zone non occupée. Il sortit le 11 décembre 1942, juste après l’occupation de la zone dite libre. Chacun connaît la trame de l’histoire. Il fut accueilli comme une allusion implicite à l’esprit de résistance, ainsi que l’avait voulu l’auteur, Jean Delannoy : Pontcarral (Pierre Blanchar) ne s’était pas courbé devant le nouveau pouvoir. Le visa allemand ne fut donné qu’après que fut coupée la phrase : « Sous un tel régime, c’est un honneur que d’être condamné ». Aujourd’hui, dans la version diffusée en VHS (édition René Château), on voit encore Louis-Philippe tendre la main à Pontcarral (fig. 4), en disant : « Il est temps de sortir la France de ces humiliations, de rendre à son drapeau – notre drapeau – un peu de gloire. Je compte sur vous, colonel Pontcarral ». « À vos ordres, Sire ». Le défilé final, trompettes et étendards, était fait pour redonner du courage aux spectateurs. Ils applaudissaient à chaque séance. À vrai dire,l’armée s’en allait conquérir l’Algérie… Dans le roman, écrit à Fondaumier (Cénac-et-Saint-Julien), Pontcarral dit à son major, à propos de la « guerre algérienne » : « Je doute fort que ni vous ni moi n’en puissions voir la fin». (Cahuet (A.), Pontcarral, Paris, éd. Fasquelle, 1937).
Le film Pontcarral, colonel d’Empire a particulièrement marqué deux personnes : P. Blanchar et P. Dejussieu.
  • Pierre Blanchar (1896-1963), à la Libération, oubliant qu’il avait tourné et mis en scène plusieurs films durant la guerre, jouera, selon Jean Tulard, les épurateurs à l’égard de ses confrères, invoquant son rôle de Pontcarral comme acte de résistance. Il sera en 1946 le viril lieutenant Pierre Marienne (dit capitaine Feranne) du Bataillon du ciel de A. Estway d’après J. Kessel. Cette interprétation du film Pontcarral comme une dénonciation du régime de Vichysemble « un peu abusive » (Tulard (J.), Dictionnaire du cinéma. Les acteurs et Les réalisateurs, Paris, éd. Robert Laffont, 1999) et sa légende de « film résistant » apparaît « pas tout à fait fausse » mais « tout de même abusive » (Siclier (J.), La France de Pétain et son cinéma, éd. H. Veyrier, 1990). »
  • Le chef de bataillon Pierre Dejussieu (1898-1984), de Combat, après l’arrestation du général Delestraint (quelques jours avant celle de Jean Moulin), est nommé au mois de juillet 1943, chef de l’AS pour la Zone Sud. Il prend alors le pseudonyme de Pontcarral. Général à la fin de l’année 1943, il sera, en janvier 1944, chef d’état-major national des FFI. Arrêté le 2 mai 1944 à Paris par la Gestapo, il sera déporté Nacht und Nebel à Buchenwald, puis à Dora- Mittelbau. Il organise alors le sabotage à l’intérieur du camp où les détenus travaillent à la fabrication des V2. Devenu Dejussieu-Pontcarral, il termine sa carrière en 1958 comme général de corps d’armée, adjoint au commandant des Forces Terrestres Centre-Europe de l’OTAN à Fontainebleau. »

mardi 16 juin 2009

VISION D'ARTS

Jeudi en allant faire une course en ville, l'affiche m'a arrêtée... Le premier salon d'Art Contemporain au village de la plage à Royan... Superbe affiche, des noms inconnus de moi, et juste 3 jours. Il fallait donc impérativement y aller ce week-end.
Michel, aussi enthousiasmé que moi par cette manifestation où nous avons passé plus de 3 heures passionnantes, m'a avoué ensuite m'avoir suivie un peu à contre-coeur, vraiment pour me faire plaisir. Et persuadé que nous allions voir un amas de trucs bizarres, qui n'auraient d'Art que l'étiquette trompeuse et un salmigondis de mots qui s'enflent pour donner le change.
Et ce fut captivant. Nous avons rencontré des gens attachants, vu des oeuvres de très belle qualité et découvert de réels talents. Le mieux est de vous présenter quelques toiles et leurs auteurs

Le premier en entrant était l'invité d'honneur, Norbert Pagé. De grandes toiles aux immensités blanches, pas simple à reproduire en photo, des avalanches, des tempêtes de neige. J'ai choisi un diptyque, vague conquérante et contemplative.

Véronique Richard travaille en bronze aux patines subtiles. Elle s'est spécialisée dans des sujets sensuels et élégants de femmes aux courbes voluptueuses, mais j'avoue que j'ai eu une réticence, un peu trop "commercial" pour moi ces sujets "qui plaisent"... Vous les verrez sur son site mais j'ai préféré vous présenter une œuvre qui a plus de caractère, ce minotaure beaucoup plus inspiré.

Louis Harel est un ancien médecin anesthésiste qui est devenu peintre professionnel en 1992. Il travaille avec des craies de peinture à l'huile Sennelier, qui lui permettent des granulations de la matière donnant à son travail sur les couleurs brutes des contours indécis. Ces heurts s'opposent avec une réelle réussite aux glacis de teintes mêlées dont il fait ses fonds. J'ai personnellement beaucoup aimé ses toiles.

Son ami d'atelier Poncaral est aussi un peintre récent. Il était industriel et s'est consacré à l'art en 1990. Il s'est installé chez Julien Gracq où se trouvait son atelier. C'est d'ailleurs Julien Gracq qui l'a aidé dans sa recherche de pseudo d'artiste. Il faut dire que je n'ai pu m'empêcher de l'interroger sur ce nom... qui a bien sûr été inspiré par le héros d'Albéric Cahuet, Pontcarral, dont les exploits de colonel d'Empire faisaient rêver l'amoureux des chevaux qu'il était. Le héros de ce discret écrivain de Brives a été soufflé à l'écrivain, comme vous vous en rappelez peut-être, par l'ancêtre de Michel, Delfaud, pas vraiment colonel d'ailleurs ! Notre peintre cavalier nous disait aimer aussi le film que Jean Delannoy en a tiré en 1942.
Son souci est la recherche d'un style et d'une technique qui le démarquent des autres. Alors il travaille sur les vernis. Sa base : un vernis incolore, type vernis de meuble. Ses outils : le tampon, le pinceau et le racloir. Il colore ses vernis, avec des essences de bois, mais aussi avec d'autres teintes (il nous a cité le sirop de menthe !) et les passe en couches successives et opacifiantes. Après séchage complet, il fait sauter des plages de surface jusqu'à obtention d'effets attendus ou inattendus ! Ses toiles ont du caractère et du lyrisme ! Son style nous a fait pensé à Zao Wou Ki, ce merveilleux peintre chinois dont nous avions un jour découvert l’œuvre à Aix en Provence.
Les deux peintres se sont unis avec un sculpteur pour créer à Challain la Potherie un centre d'Art Open Eyes, où ils exposent leurs œuvres et nous ont convaincus d'aller les voir lors de notre prochaine virée vers Angers (cela devrait être pour cet automne car on pensait aller voir dans cette ville une expo reconstituant les manuscrits du Roy René). Ils nous ont recommandé aussi un restaurant étoilé qui risque de rendre cette future escapade très sympathique !

Artin - Mémoire déchirée
Artin - Chercher l'essentielArtin - Invocation
Quand nous sommes arrivés devant le stand d'Artin, j'ai senti Michel se braquer. Il faut dire que le discours syncrétiste et un peu illuminé de l'artiste, cette fois-ci un ancien informaticien d'IBM reconverti dans la peinture ésotérique, avait tout pour lui donner des boutons. Mais il faut avouer qu'après avoir visionné un petit film bien fait qui montrait le travail en atelier, il a été séduit lui aussi par ses toiles enduites de matière épaisse, structurée, gravée, malmenée, puis peintes sur ces reliefs improbables. L'écriture symbolique, les mots-clés guidant le spectateur dans la compréhension de l'oeuvre, le foisonnement des symboles construisent des oeuvres qui se révèlent très attachantes. Et, en plus de leur mysticisme énigmatique, fort esthétiques.

Michel Allard - Volupté
Michel Allard - Genèse

Michel Allard était, lui aussi, dans l'informatique avant de se consacrer à la peinture. Ses toiles, toutes de dimension identique, sont impressionnantes : elles foisonnent de vie, de détails et de transparences incroyables. Il travaille à l'acrylique sur papier, peint une dizaine de couches et retire au fur et à mesure de la matière picturale pour créer son motif. Malheureusement tant sur son site que sur mes photos, le petit format ne rend pas très bien l'esprit de ses toiles. C'est lui qui nous a confié que le plus beau compliment qu'il eut reçu lui fut donné un jour par une institutrice : elle lui déclara que c'était la première fois qu'emmenant ses élèves dans une exposition, ceux-ci regardaient vraiment les œuvres. Il faut dire qu'on a envie de s'y plonger dans ses méandres colorés.
... à suivre !

lundi 15 juin 2009

PRELUDE DE LA FETE DE LA MUSIQUE A PETIGNAC

Elle existe depuis longtemps cette Fête de la Musique et du Silence du Domaine Musical de Pétignac, mais c'était la première fois que nous y allions. Notre inexpérience nous a valu quelques déboires, en particulier nous n'avons pas réussi à manger ni boire, nous y étant pris trop tard, il ne restait rien de rien. Tout le monde avait dévasté les assiettes de foie gras, les barriques de vin et les montagnes de confit, et à part un fond de pâte à crêpes qui promettait de disparaitre devant nos yeux éblouis, plus le moindre morceau de victuailles à l'horizon !

Sinon c'était bien sympa, même si l'étroitesse des lieux engendrait de belles bousculades, et si l'incorrection du public gâchait pas mal de choses. Certes c'est informel une fête de la musique, mais pour autant on n'est pas obligé de se héler devant un chœur qui chante a capella, de s'interpeler près d'un pianiste qui joue pianissimo ou de venir manger à côté d'un guitariste qui module quelques accords. Le côté joyeux happening devait être gênant pour les artistes, même s'il avait l'avantage de gommer les fausses notes et de noyer les déraillements. Il suffisait déjà pour les handicaper d'avoir à subir la concurrence des basses de batteries ou les trompettes, ce public peu attentif devait les troubler beaucoup.

J'avoue que je ne l'imaginais pas ainsi cette fête, semblable à toutes les fêtes de la musique, espace en moins, bouffe en plus. Et je crois, même si nous sommes des inconditionnels de Pétignac, avoir été un peu déçue.
M'enfin, ce fut une agréable soirée, piano classique, jazz, choeurs, silence et même chansons françaises... Michel a horreur de ça, mais moi je me suis éclatée avec une petite anglaise adorable qui partageait les paroles avec moi et qui connaissait tout le répertoire des années 30 à nos jours ! Quant au silence, il fut joué par Alberto Neuman, un rien cabot, mais fort talentueux... C'était paraît-il, une pièce de John Cage qui dure 4 minutes 33... La salle a, pour une fois, été impressionnante !
Quant à Gérard, lui, il était HEUREUX !

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