
mercredi 27 février 2008
ON VEUT DE LA CH'TI !!!

lundi 25 février 2008
CHRISTOPHINE
Vacances scolaires parisiennes en vue, en fait elles ont même commencé depuis vendredi. Le résultat le plus immédiat et désolant pour nous est la chute consécutive du niveau de la programmation de notre cinéma de Saint Georges qui devient subitement impraticable : rien que des navets... Alors samedi soir, on s'est rabattus sur le tournoi. Las !! les français ont pris la pâté au SDF, et comme d'habitude c'est encore la Perfide Albion qui est la cause de notre déshonneur. On attend une vengeance sonnante et trébuchante à la première occasion (fut-elle non officielle, à bon entendeur salut !).Quant à la recette que j'ai faite je l'ai trouvée sur un site de recettes créoles
Daube de chouchou
dimanche 24 février 2008
C’EST NORMAL, EH CON* !!!
Quand vous étiez petites, vous supportiez très mal ma manie de me référer à des livres pseudo-psycho-pédiatros machin, dans lesquels je cherchais à me rassurer sur les avatars de nos mésaventures familiales. Il y a dans le « apparemment, c’est normal ? », quelque chose d’apaisant quand la crise couve. Souci d’être unique, raillerie devant mes inquiétudes ? je ne sais, mais j’ai le souvenir que ces lectures vous exaspéraient. Vous n’aimiez pas mes ardeurs à chercher dans la littérature sur ados le pourquoi du comment de ce qui me désarçonnait. Car, comme disait ma propre mère, en évacuant le problème d’un trait de plume, « on ne nous a pas appris à être parents ». Elle ajoutait qu’on fait pour le mieux, moyennant quoi, selon elle, on a, de facto, droit à l’indulgence du jury. L’argument lui ressemblait suffisant pour démontrer qu’ayant fait ce qu’elle jugeait bon, aucun critique n’était possible… elle qui, pourtant, était expert en dictons et ne pouvait ignorer 1) que l’enfer est pavé de bonnes intentions (sous les pavés, la plage !! et vive 68) (pardon ! « l’enfer c’est les autres » !!!) 2) que le mieux est l’ennemi du bien etc etc…
68 étant passé par là, et avec lui le besoin d’expliquer, de justifier et de comprendre, j’avais quant à moi recours à ce dérisoire besoin de normes pour tenter de m’adapter aux imprévus, et croyez-moi les filles, être parents ce n’est que de l’imprévu. On part bardés d’un enthousiasme accompli, qu’on ne rencontre à aucun autre moment de sa vie, on y croit à cette aventure éblouissante et si fort désirée. On s’y jette à corps perdu et avec un souffle jamais atteint auparavant, et on se retrouve propulsé dans un truc compliqué, où on ne fait que des bêtises, et où toutes les fameuses bonnes intentions se retournent contre nous comme autant des pièges désespérants. Alors on se précipite dans le docteur Spock puis plus tard dans Dolto, pour comprendre où ça a foiré. Prêt, contrairement à ce que votre désapprobation sous-entendait, à se remettre en cause, à reprendre à zéro, juste avant l’erreur, erreur commune, puisque le pédiatre consulté a la bonté de vous dire que d’autres l’ont faite avant vous, avant de vous servir un listing complet de conseils parfaitement judicieux mais forcément inadaptés. Il n’y a que le temps qui donne la décontraction nécessaire, qui fait réaliser que finalement il n’y a pas de quoi s’inquiéter outre mesure, pire, que l’inquiétude rejaillit sur l’enfant et est trop lourde à porter pour lui. Mais je vous rassure, sauf à sombrer dans l’indifférence ou l’inconscience, on en a pour la vie à se poser des questions sur le bienfondé de la façon dont on s’y est pris.
Quant aux normes, elles continuent à vous tarauder le quotidien, tant il est vrai qu’elles sont rassurantes quand on se trouve pris à un piège quelconque. On a viscéralement ce besoin de ne pas se savoir seul à déraper, de ne pas se savoir le seul à s’être carrément plantés ou au contraire, de se dire que les sacrifices ou renoncements qu’on accepte sont réalisés dans un but d’adhésion à une référence universelle. Morale, légale ou simplement naturelle. On aime à savoir que d’autres ont partagé vos angoisses, que d’autres ont éprouvé vos inquiétudes, que d’autres ont eu vos aspirations. Parfois aussi, on s’en sert pour mieux affirmer sa singularité et on s’en éloigne volontairement, pour mieux se sentir unique. Mais toujours on s’y réfère.
Pourquoi aujourd’hui ce préchi-précha philosophico juridique ? Oh, juste un copieux et inextricable mélange de réflexions politiques, sociales et personnelles. Est-il normal qu’un homme épouse une femme qu’il connaît depuis deux mois à peine ? Est-il normal qu’un président de la République traite un péquin lambda de « pauvre con », alors qu’on s’est offusqué à juste titre, peu auparavant qu’un élève traite son prof de « connard » ??? Est-il normal qu’un jeune homme, renversé par une voiture sur la route de Semussac à Saujon, soit laissé pour mort par le chauffard responsable, puis de nouveau écrasé par le suivant ? Et accessoirement, (je vous dis, c’est un mélange bizarre !), j’essaie en ce moment de me convaincre qu’il est normal que vos enfants, partis vivre leur vie, vous oublient ou du moins ne prennent pas le temps de vous appeler parfois pour vous dire, simplement qu’ils vous aiment ! Comme on le fait avec ceux qui vous sont chers et dont l’amitié risque de vous être ravie. Parce qu’être parents, finalement, c’est une aventure compliquée, et qu’on met vraiment beaucoup de temps à tout comprendre !!
* « Eh con ! » est une expression courante de la banlieue bordelaise (dont je suis originaire), plutôt affectueuse et qui n’a absolument rien d’insultant… Un peul'équivalent de "eh couillon !"... Quant au relief que les médias donnent à chaque soupir ou soubresaut présidentiel, cela pourrait faire l’objet d’un article à part du Petit ReNaudon, Ah ! le pouvoir des médias … et des petits films "instantanés volés" qui circulent sur le net, il y aurait de quoi persiffler longuement sur ce sujet là ! Dans un contexte totalement à fleur de peau et sans le moindre recul, c'est plus délicat. J'en reparlerai...
jeudi 21 février 2008
LA CRISE EXISTENTIELLE DE LA PLEINE LUNE

D'aucuns prétendent que la pleine lune aurait, sur nos humeurs et nos comportements, des effets délétères, voire carrément désastreux. Alors quitte à me tartiner ma énième crise existentielle, plus imputable à mon sens à une cinquantaine pas si aisée que cela à franchir, il m'amuse ce soir de l'attribuer à l'astre rondouillard qui éclabousse de lumière les remous de l'estuaire. Pleine lune, forte marée, houle, changement de temps, enfin tout ce qu'on veut qui explique le vague au coeur par autre chose que par des bleus à l'âme. Et puis, quand on habite au coin de la rue du Fief des Sables et de l'allée du Clair de Lune, il faut bien finir par accepter de s'en remettre au calendrier lunaire !
D'ailleurs !!! j'ai appris, à la faveur des très récentes vacances, à apprécier comme il se doit les avantages locaux de la pleine lune, au demeurant des marées à très fort coefficient qui découvrant largement nos plages, permettent d'y faire de longues promenades imprévues, que je me propose de faire partager aux non autochtones ce week-end si le temps le permet. Façon comme une autre de lutter contre les crises de l'âme.
mardi 19 février 2008
PENSUM ET CORTEX
mardi 12 février 2008
IROQUOIS
Le soleil qui s'enroule sur les vis sans fin immobiles et figées du grand bassin de l'esplanade de la Défense... C'est comme l'aboutissement d'un rêve. Heureusement qu'au loin Paris est là pour nous réconforter, un horizon qui donne un temps à notre balade. Ce matin nous sommes venus à la Défense pour déjeuner avec Patrick et nous sommes arrivés en avance pour prendre le pouls de cette immense dalle dont il serait trop simple de dire qu'elle n'a pas d'âme. Les petits bonshommes standardisés qui s'y croisent avec l'air très particulier que donnent à la silhouette les certitudes momentanées, en ont bien une, eux, d'âme... qui, en ces lieux battus par les vents, s'exprime en termes de boulot ou d'affaires, mais qui ne demande qu'à s'épanouir ailleurs. Nous, nous sommes déplacés, le nez en l'air, l'œil ricochant entre les éclats de lumière que les reflets inédits du soleil propulsent d'un espace à l'autre. Toutes ces vitres, c'est un caléidoscope qui change à chaque instant de forme.
On a envie de les regarder à l'envers ces tours, pour comprendre d'où vient le vent, pour savoir vers où mène leur improbable signalétique. Enfin, pour retrouver notre équilibre tout simplement. On se sent comme des iroquois, émerveillés et naïfs, cherchant une correspondance entre l'inconnu et le fini.Le déjeuner sympa sur une terrasse surplombant la Seine nous ramène dans une dimension connue, et somme toute rassurante. Un Sancerre et une mousse au chocolat gorgée de raisins gonflés de Whisky, voilà des éléments simples, qui permettent de se repérer.
Retour sur Paris, pour une immense promenade, à la recherche d'introuvables radiateurs, quelle idée aussi, d'hypothétiques pianos, et de très réelles bottines pour Hélène : le boulevard Saint Germain, la Rue de Rennes, la rue des Ecoles : Michel soupire d'aise, il a retrouvé ses marques et m'égrène in-situ ses souvenirs de soixante-huitard pacifique et sage.La soirée dans un restaurant Turc sobre et paisible, on n'entendait pas vraiment les bateaux croisant sur le détroit du Bosphore mais on y a délicieusement dîné, nous a permis de conclure dignement ce séjour parisien consacré à nos filles. Qui nous a valu quelques digressions mélancoliques sur l'inénarrable métier de parents, et la difficulté de trouver le ton juste quand vos enfants deviennent adultes.
lundi 11 février 2008
L'OMBRE DU SOIR
"O Tyr, toi qui as dit "Je suis parfaite en beauté", toi dont le territoire est au cœur des mers, tes constructions, ont achevé ta beauté"... C'est un peu ce qui fait le problème des phéniciens, à part le prophète Ezechiel qui devient lyrique pour vanter les sages de Tyr qu'il appelle les calfats du navire, il n'y a guère de témoignages sur cette civilisation. L'autre source incontournable est Homère qui présente les phéniciens comme des artisans réputés et des navigateurs intrépides, voire pirates et marchands d'esclaves. Il admire le luxe dont ils s'entourent et s'emporte de les voir écouler leur "pacotille" contre du vin ou des céréales dans les îles de la mer Egée. Il est remarquable que ce peuple qui a, nous dit-on, inventé l'alphabet, ne soit connu que par des textes extérieurs, et la réputation de brigands retors que leur a taillée Homère n'a pas amélioré leur image de marque.
A Beaubourg, nous avons dû affronter l'inévitable queue pour le dernier jour de l'exposition sur l'atelier de Giacommetti. Quelle déception, nous y allions pour avoir admiré certaines œuvres de lui à St Paul de Vence, à la fondation Maeght. J'étais persuadée que le concept de l'exposition allait rendre tout cela passionnant, la notion de reconstitution d'un atelier ayant toujours quelque chose de séduisant. En fait, à part la première salle qui nous émus par des portraits de l'artiste enfant peints avec un certain talent par son père, nous nous sommes très vite ennuyés, et un atelier aseptisé et alignant comme à la parade des kyrielles de statues obstinément identiques, cela avait un côté fastidieux assez décourageant. Du coup, nous sommes sortis en n'aimant plus beaucoup Giacommetti. Le côté répétitif de sa recherche la rend, à l'observation, stérile et inutilement opiniâtre.
Il en résulte une impression globale de tristesse et de monotonie. Hélène a décidé de le dédier aux monuments aux morts, Stéphane s'indignait de ce que, statistiquement, ses femmes soient toujours immobiles et que seuls les hommes marchent. Et étant revenus à la notion, ô combien complexe, d'homme moyen, qui selon Giacometti, se révèle un peu déprimant, nous avons terminé la soirée dans un bar à tapas. Là au moins, l'ambiance était chaude, le Rioja étant cependant moins dangereux, en termes d'ébriété, que le vin libanais.Pour mémoire, l'Ombre du Soir, c'est le nom qu'a donné Gabriele D'Annunzio à une statuette étrusque du musée de Tarquinia, statuette dont l'allure est tout à fait identique à celles que réalisait Giacommetti, dont on ne peut pas dire par ailleurs qu'il s'en soit réellement inspiré... encore que...
dimanche 10 février 2008
BBR ET L'HOMME MOYEN
Michel arborait sa cravate historique, celle que portait Olivier Magne au match France Irlande du Tournoi de 1998... 10 ans déjà !
Pour finir la soirée dignement, un restaurant basque s'imposait, qui alignait une superbe collections de ballons au moins aussi historiques que la cravate de Michel, et dont l'atxoa ou le petit pot au chocolat d'espelette étaient en tout point au diapason. Mais surtout, le plus bel événement de la journée, c'était de vous avoir toutes les deux avec nous, formant le BBR le plus attendrissant qu'une maman ordinaire, fut-elle michelaise, puisse rêver... Vive la France !
lundi 4 février 2008
ET POURTANT CE MONDE EST BIEN POUR NOUS
Vu hier soir le dernier film des frères Coen
Oui c'est un beau film, oui il est noir, oui il est violent, mais voilà, j'en ai marre de ces films dont on sort un peu malade, vaguement perturbé et méchamment secoué. D'ordinaire, chez les Coen, une trace d'humour vient relever le propos sombre. Mais là, pas une seconde pour respirer, on est en haleine d'un bout à l'autre et, après une fin proprement magistrale, comme rarement le sont d'autres fins de films, miroirs et désespoirs croisés, on sort complètement ébranlé du cinéma. Et on commence, ou on recommence à disserter sur l'opacité de la nature humaine, sur la nécessaire foi dans l'avenir qui devrait nous guider et l'inévitable désespérance qui nous vrille après de telles images.

J’ai toujours eu une propension marquée à adopter face aux événements de la vie une attitude un peu binaire dont le côté simplificateur exaspère parfois mon entourage, et que je cache soigneusement en société pour éviter de paraître simplette. Et pourtant, la recrudescence marquée des témoignages du comportement violent d’une partie non négligeable de l’humanité, me ramène à dire combien, selon moi, la nature humaine se divise en deux, les doux, et les autres. Les autres étant susceptibles à tout moment, ici et maintenant, sans que les raisons de ces dérapages soient réellement prévisibles, ni imputables à une époque ou à un lieu donné, de déraper. Il n’est qu’à suivre les halètements de l’histoire en termes de massacres et d’extermination, du nazisme au Rwanda en passant par
196 000 pages en français sur Google quand on tape génocide ! En première place, figure l’article de Wikipédia qui commence par une définition en bonne et due forme du terme de génocide : « l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un groupe ethnique, national, religieux ou racial ». Autant dire que la définition est assez restrictive et que l’article n’englobe qu’une partie des massacres perpétrés dans des conditions épouvantables, de l’homme par l’homme. L’article d’ailleurs, se propose de recenser, d’une part les génocides reconnus comme tels, d’autre part les massacres dont le caractère génocidaire est discuté, et enfin les simples ( ???) massacres de l’histoire. Cette dernière rubrique, qui se contente plus ou moins d’énumérer les événements, renvoie à une autre page, « liste des massacres », dont la lecture sous forme de tableau synoptique, est impressionnante. On appelle devoir de mémoire la démarche qui consiste à consacrer un peu de notre temps, soi-disant rare mais ô combien « confortable », à reconnaître, c’est à dire un peu plus que connaître, ces faux pas de l’histoire que des milliers voire que des millions d’hommes ont payé, dans leur chair et dans leur âme, d’un prix exorbitant. C’est pourquoi je vous invite à consacrer quelques instants à la lecture de ces documents hallucinants qui égrènent des horreurs dont le critère de choix a été simplement, comme le dit l’article, « un nombre important de morts causés par d'autres hommes ».
Secouée par les récits multiples d’horreurs passées ou récentes, par des films qui déclinent la violence comme on raconte des fables à la veillée, par des nouvelles dont le ton est sans cesse plus cru, bouleversée par la lecture récente de « La Stratégie des antilopes » de Jean Hatzfeld, je me retrouve confrontée avec cette angoisse binaire qui me fait distinguer dans la nature humaine les doux et les autres. Les autres, ce sont ceux qui paraissent civilisés mais qui, du jour au lendemain, sont capables de basculer, de prendre un machette et de massacrer en chantant des centaines de personnes en quelques semaines. Non, ce n’est pas loin, là-bas, ailleurs, chez les sauvages ou dans un coin isolé de notre belle planète où les vertus civilisatrices ne seraient pas arrivées. C’est ici, et maintenant, c’est demain, n’importe où, n’importe quand : certains hommes sont des loups, des brutes, et peuvent, dans une situation qui soudain dérape, révéler la partie de folie, la part de sauvagerie, la part de brutalité que la susdite civilisation avait masquée en eux. Et je suis persuadée que c’est comme les spores des champignons, cela subsiste même aux grandes envolées civilisatrices, et cela peut surgir à n’importe quelle occasion, dès lors que la folie sera provoquée par la horde, la légitimation du groupe qui s’échauffe et se persuade que son action est légitime. « La Stratégie des antilopes » est le 3ème volet d’une série de reportages et d’interviews consacrés aux massacres de Tutsis. Le 2ème tome de cette série, « Une Saison de machettes », donnait la parole aux tueurs. Ceux-là étaient alors en prison, mais calmes, sereins, pas ou peu perturbés par leurs actes, dans tous les cas nullement traumatisés. Ils s’étaient comportés comme des monstres, méthodiquement, sans états d’âme, partant chaque matin tuer leurs voisins comme on va à l’usine ou au champ. C’est le discours qu’ont tenu ceux qui exterminaient les juifs, ce sont les mots qu’emploient les bourreaux inconscients de leurs actes dans le film « S21 la machine de mort khmère rouge », ce sont les termes qu’utilisent les soldats bosniaques pour essayer de décrire ce qu’ils ont vécu. Tous ont en commun une hébétude au souvenir de leurs actions qui les fait décrire l’indicible avec les mots du quotidien et expliquer comment, ce qui a posteriori relève de l’enfer, leur semblait quand ils l’ont perpétré, relever d’une logique quotidienne, incontournable et juste. C’est l’apparente sérénité de ces monstres d’un jour qui m’interpelle et me fait suspecter une césure entre ceux qui sont susceptibles de verser dans l’horreur, et ceux que je nomme les doux parce qu’alors, contre toute logique, contre tout bon sens, ils fuient, se laissent massacrer, et jamais, au grand jamais ils ne changeront de camp. Et naïvement, je regarde mes voisins en me disant que certains d’entre eux, si l’histoire leur ouvrait une brèche, s’y engouffreraient avec la parfaite bonne conscience des bourreaux que la civilisation a juste masqué, le temps d’une accalmie plus ou moins bienheureuse. Violence ethnique, religieuse, politique, violence sociale, violence d’argent, mais violence latente, larvée, maîtrisée, policée, toujours prête à surgir si les conditions soudain le permettent.
N’hésitez pas à lire « La Stratégie des antilopes » c’est bouleversant, et superbement écrit, cela se dévore, ça fait mal, ça fait peur, mais c’est rédigé dans une langue tellement belle et pure qu’on se laisse porter par le flot de ces témoignages poignants. Quant à moi, cela m’a donné envie de lire un roman du même auteur, La ligne de flottaison, dont j’aurai peut-être l’occasion de vous en parler.







