mercredi 27 février 2008

ON VEUT DE LA CH'TI !!!


Quand votre fille a passé deux ans à Lille (comment a-t-elle pu subsister ?très joyeusement apparemment !), le film vedette (il a déjà fait un tabac dans le 59 !) qui sort aujourd'hui dans les salles nationales ne peut que vous intriguer... Je ne sais pas trop si nous irons le voir, mais j'en ai déjà visionné les bandes annonces, relayées par mon ami Philippe (bien connu des Petits ReNaudonistes)
Je vous propose donc, après la Marine, le Nord :
Allez laissez vous aller... quelques extraits (ils ont un sacré succès) :
Extrait numéro 1 (c'est bien précisé sur Allociné : en français !)
Et si par hasard vous ignorez (oh honte !) ce qu'est le Maroilles, vite...
Extrait numéro 3 Moi, je vous avoue que le Maroilles (je connais mes 365 fromages quand même !!) je préfère l'utiliser pour agrémenter une bonne petite Raclette, c'est bien meilleur que si on se contente de l'espèce de pâte insipide vendue chez nos fromagers pour réaliser ce délicieux plat convivial...
Et puis, il exagère Kad Merad, cela ne sent pas si fort que ça le Maroilles... essayez donc le Puant de Lille, et vous verrez ce que c'est qu'un fromage odorant ! Ensuite, pour accompagner, je vous recommande fermement la Ch'ti... Eh oui, nous qui n'aimons pas la bière, mais pas du tout, Hélène nous a convaincus... sauf que, bien sûr, pour trouver de la Ch'ti à Royan, c'est une autre paire de manches. On trouve de la bière des Naufrageurs au sel de l'île de Ré qui malgré ses médailles d'Or ne nous plaît guère... Ah oui, les naufrageurs, vous connaissez l'histoire ? Autrefois, les pirates promenaient sur le rivage un âne, un fanal autour du cou, pour donner aux marins l'illusion d'une balise agitée par les vagues signalant la côte. Une fois échoués, les bateaux étaient alors pillés. Très répandus dans l'estuaire, en particulier à Meschers sur Gironde.
Mais ici de Ch'ti, point... Hélène, on veut de la Chti ! La prochaine fois que tu vas à Lille, pense à nous (pas exigeants, les parents !!! Quand Marie va à Rome, on passe commande de pâtisseries juives, achetées dans un magasin bien précis du Ghetto... c'est quand qu'on aura nos gâteaux Marie ????)... à moins que ?? Qui sait, le succès du film va peut-être entraîné le développement de la vente de cet excellent breuvage ailleurs que dans le Nord... le marketing a parfois des détours imprévisibles.

lundi 25 février 2008

CHRISTOPHINE

Vacances scolaires parisiennes en vue, en fait elles ont même commencé depuis vendredi. Le résultat le plus immédiat et désolant pour nous est la chute consécutive du niveau de la programmation de notre cinéma de Saint Georges qui devient subitement impraticable : rien que des navets... Alors samedi soir, on s'est rabattus sur le tournoi. Las !! les français ont pris la pâté au SDF, et comme d'habitude c'est encore la Perfide Albion qui est la cause de notre déshonneur. On attend une vengeance sonnante et trébuchante à la première occasion (fut-elle non officielle, à bon entendeur salut !).
J'ai annulé la balade prévue dimanche pour cause de météo pluvieuse, et en fait il a fait encore plus beau que d'habitude. Je déteste Météo France, rien que des menteurs. On déjeune sur la terrasse à tous les repas, et il n'y a pas l'ombre d'un nuage en vue. Pas comme dans la vie politique, calme plat et cuisine aux petits oignons. Lecture, plage, détente, bref tout l'opposé de la vie palpitante des gars de la Marine !
Certains de mes lecteurs vont sans doute se demander ce qui me vaut cet accès subit d'intérêt pour la Marine... Tonton, lui, il sait (pas vrai André ???) et quelques autres aussi... Et finalement j'ai jugé ce reportage suffisamment intéressant pour le relayer... On y voit, n'est-ce pas politiquement parfait, une femme, un arabe et un cuisinier, on est rassuré sur le budget bouffe des marins (4€ par tête et par jour, c'est vraiment correct, non ???). Et enfin on apprend, âmes sensibles vous pouvez regarder, que les armes c'est juste pour impressionner. Donc, on est rassuré, on découvre une activité mal connue de notre Marine Nationale, et on comprend à quoi servent nos impôts. Allez, je plaisante, et si vous regardez qui a visionné cette vidéo, vous verrez qu'elle a déjà intéressé près de 30 000 personnes. Ceux qui en sont, ceux qui rêvent d'en être, ceux dont un filleul, un fils ou un cousin en est, et ceux qui en étaient... Au total, vive la Marine !

Votre maman, les filles, est en train tout doucement de devenir ce que votre grand-mère appelait "une vieille dame indigne"*... elle en rêvait, je me demande si nous ne finirons pas toutes par en rêver... et quand on ne peut plus rien faire que d'accepter l'adjectif vieille (ce qu'à Dieu ne plaise, je n'ai pas encore accepté), j'imagine qu'on se vautre dans l'indigne avec bonheur.

Ah oui !! Et pourquoi le titre ??? Ben tout simplement parce que j'ai trouvé au marché des chouchous, enfin des chayottes, nommées aussi christophines, en hommage à Christophe Colomb, pas moins. Et que j'ai cuisiné ces délicieux légumes à la seychelloise, en "daube", selon une recette trouvée, comme il se doit, sur le web (voir ci-dessous). A dire le vrai, la sauce avait plus de gout que les légumes, mais ce petit relent d'exotisme était bien sympa, et en plus cela m'a fourni un titre exquis. Toute autre interprétation du titre serait le fruit d'esprits coquins !!! Sauf que... c'est bien de l'Armée Française qu'on attend qu'elle nous vengede l'Angleterre, lors d'un prochain match de rugby amical !!! Allez la France...

Merci à Olhar Feliz, sur le blog de qui j'ai trouvé la photo du chouchou qui illustre mon article (j'avais oublié de les prendre avant de les faire cuire !!) et dont le site donne de belles recettes
Je vous recommande d'aller le visiter plus largement ce site, il offre des photos splendides et donne une folle envie de retourner au Portugal
Site de Olhar Feliz
Quant à la recette que j'ai faite je l'ai trouvée sur un site de recettes créoles
Daube de chouchou


 

* "La vieille dame indigne" est un film de René Allio de 1965 qui l'avait beaucoup marquée, tiré d'une nouvelle de Brecht, et dont la musique écrite par Jean Ferrat fut un succès en son temps ("On se marie tôt à 20 ans et l'on n'attend pas des années pour faire 3 ou 4 enfants qui vous occupent vos journées"... les temps ont bien changé ma brave dame... elle est là la vraie révolution de 68 !!)

dimanche 24 février 2008

C’EST NORMAL, EH CON* !!!

Quand vous étiez petites, vous supportiez très mal ma manie de me référer à des livres pseudo-psycho-pédiatros machin, dans lesquels je cherchais à me rassurer sur les avatars de nos mésaventures familiales. Il y a dans le « apparemment, c’est normal ? », quelque chose d’apaisant quand la crise couve. Souci d’être unique, raillerie devant mes inquiétudes ? je ne sais, mais j’ai le souvenir que ces lectures vous exaspéraient. Vous n’aimiez pas mes ardeurs à chercher dans la littérature sur ados le pourquoi du comment de ce qui me désarçonnait. Car, comme disait ma propre mère, en évacuant le problème d’un trait de plume, « on ne nous a pas appris à être parents ». Elle ajoutait qu’on fait pour le mieux, moyennant quoi, selon elle, on a, de facto, droit à l’indulgence du jury. L’argument lui ressemblait suffisant pour démontrer qu’ayant fait ce qu’elle jugeait bon, aucun critique n’était possible… elle qui, pourtant, était expert en dictons et ne pouvait ignorer 1) que l’enfer est pavé de bonnes intentions (sous les pavés, la plage !! et vive 68) (pardon ! « l’enfer c’est les autres » !!!) 2) que le mieux est l’ennemi du bien etc etc…

68 étant passé par là, et avec lui le besoin d’expliquer, de justifier et de comprendre, j’avais quant à moi recours à ce dérisoire besoin de normes pour tenter de m’adapter aux imprévus, et croyez-moi les filles, être parents ce n’est que de l’imprévu. On part bardés d’un enthousiasme accompli, qu’on ne rencontre à aucun autre moment de sa vie, on y croit à cette aventure éblouissante et si fort désirée. On s’y jette à corps perdu et avec un souffle jamais atteint auparavant, et on se retrouve propulsé dans un truc compliqué, où on ne fait que des bêtises, et où toutes les fameuses bonnes intentions se retournent contre nous comme autant des pièges désespérants. Alors on se précipite dans le docteur Spock puis plus tard dans Dolto, pour comprendre où ça a foiré. Prêt, contrairement à ce que votre désapprobation sous-entendait, à se remettre en cause, à reprendre à zéro, juste avant l’erreur, erreur commune, puisque le pédiatre consulté a la bonté de vous dire que d’autres l’ont faite avant vous, avant de vous servir un listing complet de conseils parfaitement judicieux mais forcément inadaptés. Il n’y a que le temps qui donne la décontraction nécessaire, qui fait réaliser que finalement il n’y a pas de quoi s’inquiéter outre mesure, pire, que l’inquiétude rejaillit sur l’enfant et est trop lourde à porter pour lui. Mais je vous rassure, sauf à sombrer dans l’indifférence ou l’inconscience, on en a pour la vie à se poser des questions sur le bienfondé de la façon dont on s’y est pris.

Quant aux normes, elles continuent à vous tarauder le quotidien, tant il est vrai qu’elles sont rassurantes quand on se trouve pris à un piège quelconque. On a viscéralement ce besoin de ne pas se savoir seul à déraper, de ne pas se savoir le seul à s’être carrément plantés ou au contraire, de se dire que les sacrifices ou renoncements qu’on accepte sont réalisés dans un but d’adhésion à une référence universelle. Morale, légale ou simplement naturelle. On aime à savoir que d’autres ont partagé vos angoisses, que d’autres ont éprouvé vos inquiétudes, que d’autres ont eu vos aspirations. Parfois aussi, on s’en sert pour mieux affirmer sa singularité et on s’en éloigne volontairement, pour mieux se sentir unique. Mais toujours on s’y réfère.

Pourquoi aujourd’hui ce préchi-précha philosophico juridique ? Oh, juste un copieux et inextricable mélange de réflexions politiques, sociales et personnelles. Est-il normal qu’un homme épouse une femme qu’il connaît depuis deux mois à peine ? Est-il normal qu’un président de la République traite un péquin lambda de « pauvre con », alors qu’on s’est offusqué à juste titre, peu auparavant qu’un élève traite son prof de « connard » ??? Est-il normal qu’un jeune homme, renversé par une voiture sur la route de Semussac à Saujon, soit laissé pour mort par le chauffard responsable, puis de nouveau écrasé par le suivant ? Et accessoirement, (je vous dis, c’est un mélange bizarre !), j’essaie en ce moment de me convaincre qu’il est normal que vos enfants, partis vivre leur vie, vous oublient ou du moins ne prennent pas le temps de vous appeler parfois pour vous dire, simplement qu’ils vous aiment ! Comme on le fait avec ceux qui vous sont chers et dont l’amitié risque de vous être ravie. Parce qu’être parents, finalement, c’est une aventure compliquée, et qu’on met vraiment beaucoup de temps à tout comprendre !!

* « Eh con ! » est une expression courante de la banlieue bordelaise (dont je suis originaire), plutôt affectueuse et qui n’a absolument rien d’insultant… Un peul'équivalent de "eh couillon !"... Quant au relief que les médias donnent à chaque soupir ou soubresaut présidentiel, cela pourrait faire l’objet d’un article à part du Petit ReNaudon, Ah ! le pouvoir des médias … et des petits films "instantanés volés" qui circulent sur le net, il y aurait de quoi persiffler longuement sur ce sujet là ! Dans un contexte totalement à fleur de peau et sans le moindre recul, c'est plus délicat. J'en reparlerai...

jeudi 21 février 2008

LA CRISE EXISTENTIELLE DE LA PLEINE LUNE


D'aucuns prétendent que la pleine lune aurait, sur nos humeurs et nos comportements, des effets délétères, voire carrément désastreux. Alors quitte à me tartiner ma énième crise existentielle, plus imputable à mon sens à une cinquantaine pas si aisée que cela à franchir, il m'amuse ce soir de l'attribuer à l'astre rondouillard qui éclabousse de lumière les remous de l'estuaire. Pleine lune, forte marée, houle, changement de temps, enfin tout ce qu'on veut qui explique le vague au coeur par autre chose que par des bleus à l'âme. Et puis, quand on habite au coin de la rue du Fief des Sables et de l'allée du Clair de Lune, il faut bien finir par accepter de s'en remettre au calendrier lunaire !
D'ailleurs !!! j'ai appris, à la faveur des très récentes vacances, à apprécier comme il se doit les avantages locaux de la pleine lune, au demeurant des marées à très fort coefficient qui découvrant largement nos plages, permettent d'y faire de longues promenades imprévues, que je me propose de faire partager aux non autochtones ce week-end si le temps le permet. Façon comme une autre de lutter contre les crises de l'âme.

mardi 19 février 2008

PENSUM ET CORTEX



Voilà ça arrive aussi, deux films nuls ou presque ce week-end... On ne peut pas tout avoir n'est-ce pas, et le temps printanier qui nous a permis de parcourir nos plages et nos grottes comme des terres nouvelles à chaque changement de marée était déjà un superbe cadeau du ciel. Mais côté films, là c'était la cata.
Y en a qui ont aimé, et tant mieux pour eux, mais pour nous quel pensum, long, trop long, complaisant et sans véritable armature. Sean Penn s'est éclaté en bio-filmages, c'est clair qu'il prend son pied en filmant à n'en plus finir de grandioses paysages américains. Il y ajoute une surdose de romantisme exacerbé, une overdose de ralentis qui alourdissent le propos, et qui sont même vaguement déplacés. Le thème aurait mérité beaucoup plus de sobriété, tant l'histoire du jeune qui rejette la société est mille fois rebattu. A la sortie, c'est solennel, un rien didactique et cela manque totalement de crédibilité. Le film a dû faire plaisir aux parents du jeune homme, les aidant à peaufiner la légende du disparu, nécessaire pour supporter cette disparition. Mais nous, cela nous a simplement ennuyés, il ne passe aucune émotion. J'ai rarement autant baillé au cinéma. J'avoue cependant avoir adoré la bande son, mais c'est normal elle était hyper ringarde et très nostalgique. Au final on ne passe pas un moment désagréable, belles images, musique agréable, pas à se plaindre, et comme la très grande majorité de la critique a adoré, pourquoi n'iriez-vous pas le voir quand même ?
Hier soir c'était pot au feu ou Cortex. On a fait le mauvais choix, mais comme le thème était très exactement le même que celui de Romuald Beugnon Vous êtes de la police ?, nous avons eu la curiosité de comparer les 2. Un vieux flic (enfin pas si vieux car il nous a semblé que lors de son anniversaire les bougies indiquaient 58 ans, ce qui est parfaitement invraisemblable : Dussolier a beau porter superbement ses ans, il est de toute évidence largement septuagénaire... vite wikipedia... et bien non !!! il est né le 17 février 1946 cet incontournable séducteur, soit 62 ans, bon... admettons donc que nous avons mal vu les bougies, il est censé être à la retraite depuis 3 ans, une retraite de flic c'est à quel âge ? 55 ou 65 ?)... Je reprends donc, un flic à la retraite (ouf !) et atteint de la maladie d'Alzheimer tente de poser une dernière fois, malgré ses défaillances neuronales, l'éternel "qui a tué qui ?"... Car bien sûr rien ne permet même d'affirmer qu'il y ait meurtres dans l'élagante maison de repos où il a décidé de venir couler des jours paisibles. Autant le film de Beugnon était humain, drôle et enlevé, autant Cortex est plat, lent et décevant. Thriller même pas palpitant, intrigue creuse, aucun personnage n'émerge, pas une personnalité n'est même simplement ébauchée. On ne saisit pas le pourquoi de la folie meurtrière avérée d'un des personnages, les pensionnaires de la Résidence en font trop ou pas assez, bref, encore l'ennui sur près de 2 longues heures. A la fin, on en arrive à se ficher complètement du dénouement, ce qui, dans un supposé policier, est un comble. On s'est beaucoup extasié sur la performance de Dussolier, mais j'ai quant à moi, trouvé Jean Pierre Cassel beaucoup plus impliqué et, de fait, beaucoup plus crédible. Dussolier est appliqué et "récite" ses trous de mémoire. J'avoue être surtout révoltée par le succès d'un film somme toute médiocre, grâce à un important relais médiatique (Cortex est co-financé par France Inter) alors que notre petit belge prometteur n'a quasiment pas été relayé pour une réalisation nettement plus réussie. Alors allez plutôt voir, s'il est encore projeté, "Vous êtes de la police ?", rien que pour soutenir Romuald !!
En rentrant dans la salle pleine du cinéma, Michel disait en riant"ce n'est pourtant pas un film pour Saint Georges, ça, c'est maladroit de passer ça ici", dans une ville de retraités en menace d'Alzheimer... Mais il n'avait pas tort, Michel... On est ressortis vaguement contrariés. Entre les 2 films décevants, le pot-au-feu raté, le rappel permanent de cette épée de Damoclès qui nous fait trembler dès qu'on oublie un numéro de téléphone, le réchauffement de la planète et la ruine prévisible de notre économie, on a envie d'aller se cacher au fin fond des bois... Ou de l'Alaska ! Quelle morosité ! Même pas moyen de refaire 68, les mois de mai ne sont plus ce qu'ils étaient, ils sont même toujours pourris depuis des lustres. Il ne nous reste plus qu'à aller perdre définitivement la tête dans des camps d'anciens hypies débranchés des réalités dans leurs camping-cars surchauffés. Cortex into the wild.

mardi 12 février 2008

IROQUOIS

Le soleil qui s'enroule sur les vis sans fin immobiles et figées du grand bassin de l'esplanade de la Défense... C'est comme l'aboutissement d'un rêve. Heureusement qu'au loin Paris est là pour nous réconforter, un horizon qui donne un temps à notre balade. Ce matin nous sommes venus à la Défense pour déjeuner avec Patrick et nous sommes arrivés en avance pour prendre le pouls de cette immense dalle dont il serait trop simple de dire qu'elle n'a pas d'âme. Les petits bonshommes standardisés qui s'y croisent avec l'air très particulier que donnent à la silhouette les certitudes momentanées, en ont bien une, eux, d'âme... qui, en ces lieux battus par les vents, s'exprime en termes de boulot ou d'affaires, mais qui ne demande qu'à s'épanouir ailleurs. Nous, nous sommes déplacés, le nez en l'air, l'œil ricochant entre les éclats de lumière que les reflets inédits du soleil propulsent d'un espace à l'autre. Toutes ces vitres, c'est un caléidoscope qui change à chaque instant de forme.

On a envie de les regarder à l'envers ces tours, pour comprendre d'où vient le vent, pour savoir vers où mène leur improbable signalétique. Enfin, pour retrouver notre équilibre tout simplement. On se sent comme des iroquois, émerveillés et naïfs, cherchant une correspondance entre l'inconnu et le fini.
Le déjeuner sympa sur une terrasse surplombant la Seine nous ramène dans une dimension connue, et somme toute rassurante. Un Sancerre et une mousse au chocolat gorgée de raisins gonflés de Whisky, voilà des éléments simples, qui permettent de se repérer.


Retour sur Paris, pour une immense promenade, à la recherche d'introuvables radiateurs, quelle idée aussi, d'hypothétiques pianos, et de très réelles bottines pour Hélène : le boulevard Saint Germain, la Rue de Rennes, la rue des Ecoles : Michel soupire d'aise, il a retrouvé ses marques et m'égrène in-situ ses souvenirs de soixante-huitard pacifique et sage.
La soirée dans un restaurant Turc sobre et paisible, on n'entendait pas vraiment les bateaux croisant sur le détroit du Bosphore mais on y a délicieusement dîné, nous a permis de conclure dignement ce séjour parisien consacré à nos filles. Qui nous a valu quelques digressions mélancoliques sur l'inénarrable métier de parents, et la difficulté de trouver le ton juste quand vos enfants deviennent adultes.

lundi 11 février 2008

L'OMBRE DU SOIR

"O Tyr, toi qui as dit "Je suis parfaite en beauté", toi dont le territoire est au cœur des mers, tes constructions, ont achevé ta beauté"... C'est un peu ce qui fait le problème des phéniciens, à part le prophète Ezechiel qui devient lyrique pour vanter les sages de Tyr qu'il appelle les calfats du navire, il n'y a guère de témoignages sur cette civilisation. L'autre source incontournable est Homère qui présente les phéniciens comme des artisans réputés et des navigateurs intrépides, voire pirates et marchands d'esclaves. Il admire le luxe dont ils s'entourent et s'emporte de les voir écouler leur "pacotille" contre du vin ou des céréales dans les îles de la mer Egée. Il est remarquable que ce peuple qui a, nous dit-on, inventé l'alphabet, ne soit connu que par des textes extérieurs, et la réputation de brigands retors que leur a taillée Homère n'a pas amélioré leur image de marque.
L'IMA leur consacre donc une exposition intéressante, que nous avons parcourue avec Marie, oreille contre oreille, pour partager les commentaires de l'audio guide, bien utile pour en apprécier les subtilités. Pour moi, les phéniciens sont un étrange souvenir d'enfance : c'était l'époque où l'on a découvert à Marseille, réputée ville grecque créée au VIème siècle AC par les phocéens, des traces d'une occupation phénicienne antérieure, prouvant que les grecs n'avaient fait que chasser de précédents occupants. Et, pour une obscure raison, mon père prenait comme une fierté personnelle que sa ville ne soit pas d'origine grecque mais antérieure. Allez savoir où se niche le chauvinisme et la réaction contre le colon !!! Fut-il vieux de 26 siècles !

A la cafétéria de l'IMA, le repas libanais était savoureux, et entre l'arak, le vin du Liban, le petit mezzé, les douceurs orientales et le soleil, nous sommes sortis fort gais pour remonter le long de la Seine vers Beaubourg. Michel toujours digne, ou supposé tel, avait du mal à nous maitriser, excitées comme des puces d'avoir vu Daniel Herrero, dont le look babacool très attardé, mais très étudié a fait grande impression à Marie. Nous avons décidé définitivement, en ces moments de joyeuse imprécision on est toujours très péremptoire, que la cuisine du Liban était la meilleure cuisine proche-orientale, négligeant de préciser que son vin est certainement le plus traître !

A Beaubourg, nous avons dû affronter l'inévitable queue pour le dernier jour de l'exposition sur l'atelier de Giacommetti. Quelle déception, nous y allions pour avoir admiré certaines œuvres de lui à St Paul de Vence, à la fondation Maeght. J'étais persuadée que le concept de l'exposition allait rendre tout cela passionnant, la notion de reconstitution d'un atelier ayant toujours quelque chose de séduisant. En fait, à part la première salle qui nous émus par des portraits de l'artiste enfant peints avec un certain talent par son père, nous nous sommes très vite ennuyés, et un atelier aseptisé et alignant comme à la parade des kyrielles de statues obstinément identiques, cela avait un côté fastidieux assez décourageant. Du coup, nous sommes sortis en n'aimant plus beaucoup Giacommetti. Le côté répétitif de sa recherche la rend, à l'observation, stérile et inutilement opiniâtre. Il en résulte une impression globale de tristesse et de monotonie. Hélène a décidé de le dédier aux monuments aux morts, Stéphane s'indignait de ce que, statistiquement, ses femmes soient toujours immobiles et que seuls les hommes marchent. Et étant revenus à la notion, ô combien complexe, d'homme moyen, qui selon Giacometti, se révèle un peu déprimant, nous avons terminé la soirée dans un bar à tapas. Là au moins, l'ambiance était chaude, le Rioja étant cependant moins dangereux, en termes d'ébriété, que le vin libanais.



Pour mémoire, l'Ombre du Soir, c'est le nom qu'a donné Gabriele D'Annunzio à une statuette étrusque du musée de Tarquinia, statuette dont l'allure est tout à fait identique à celles que réalisait Giacommetti, dont on ne peut pas dire par ailleurs qu'il s'en soit réellement inspiré... encore que...

dimanche 10 février 2008

BBR ET L'HOMME MOYEN

Promis les filles, je vais tacher de ne pas vous faire honte, et de ne pas faire de la provoc en me la jouant provinciale qui débarque en capitale... Mais tout de même, un TVG de transhumance en début de vacances scolaires, ça vous perturbe sa michelaise ! Plein à craquer le TGV : outre les familles flanquées de bambins en vadrouille, excités comme des puces, dans un train qui "monte" du sud-ouest un jour de tournoi des 6 nations on trouve traditionnellement des troupes de supporters déjà bien allumés, qui ont à cœur d'affirmer leur appartenance ethnique. Ceux qui squattaient le wagon restaurant, béret basque, litron et boites de pâté en trophée, taillant à qui mieux leurs baguettes pour faire leurs tartines, ne dérogeaient pas à la règle. Cependant j'ai connu, dans ma jeunesse, des escouades bien plus avinées et nettement plus gênantes, tout se perd en ce bas monde, même les particularismes.

Michel arborait sa cravate historique, celle que portait Olivier Magne au match France Irlande du Tournoi de 1998... 10 ans déjà !
Plus tard, je vous ai dit que finalement la foule du SDF me semblait plus calme que celle de la gare Montparnasse à l'heure des retrouvailles et des embrassades sur le quai, départs et arrivés confondus. Mais c'était encore une façon de me rendre intéressante. Pourtant je suis toujours surprise par l'apparente facilité avec laquelle on assure en toute quiétude ou presque la circulation de 80 000 personnes qui pourraient être de potentiels trublions. J'attribue cette apparente facilité au fait que tous allaient finalement dans le même sens créant en quelque sorte les conditions idéales de la vérification d'un homme moyen, ici l'homo rugbysticus, chargé d'aller soutenir son équipe en vociférant avec le plus de cœur possible... Nous y voilà !!! c'est la faute d'Hélène cette histoire d'homme moyen, elle était plongée dans la lecture d'un certain Alphonse Quetelet, un mathématicien du XIXème qui s'est demandé si - par analogie avec les phénomènes naturels - les phénomènes sociaux ne présentaient pas les mêmes régularités, et a, en quelque sorte créé la biostatistique, voire la statistique sociale. Et rien de tel qu'un match de rugby pour vous donner le sens du grand nombre et de l'observation d'une loi supposée "normale". Même si Michel a cru bon de nous préciser que les méthodes actuelles de statistiques sont tellement fines qu'on en perd la notion de moyenne, chaque individu étant définissable par de trop nombreuses appartenances qui brouillent la donne, lorsque le stade entier se lève pour hurler des encouragements à Vincent Clerc profitant d'une percée sur la gauche pour s'envoler vers l'essai, pas de doute, l'écart-type de comportement de chacun des spectateurs est presque nul ! Et quand cette houle se reproduit 4 fois, cela devient une brillante démonstration qu'il existe encore, malgré l'individualisme forcené de notre société multiforme, un homme moyen susceptible de se manifester dans les grandes occasions.
De fait, le début du match en était une belle, de grande occasion. Magnifique et exaltante, elle nous a permis d'atteindre la mi-temps avec une confiance sereine en l'avenir. Or, en rugby comme en beaucoup d'autres circonstances, il faut se méfier d'une trop grande sérénité, et les irlandais n'avaient pas dit leur dernier mot.
Il régnait sur le SDF une ambiance très bon enfant, et s'il nous a fallu subir durant les 20 dernières minutes, la nette domination des irlandais, et trembler de tous nos membres à voir le temps s'écouler avec une lenteur exaspérante, nous avons tous apprécié le beau jeu qu'ils nous ont offert, même s'il avait pour effet immédiat de réduire de plus en plus dangereusement l'écart de points sur lequel reposaient nos espoirs de victoire. Pour le coup ce ne fut pas une fin de match morne, mais bien au contraire palpitante, voire angoissante. Sauvés par le gong !!! Le coup de sifflet final nous a assuré une victoire qui n'avait plus rien d'évident.
Pour finir la soirée dignement, un restaurant basque s'imposait, qui alignait une superbe collections de ballons au moins aussi historiques que la cravate de Michel, et dont l'atxoa ou le petit pot au chocolat d'espelette étaient en tout point au diapason. Mais surtout, le plus bel événement de la journée, c'était de vous avoir toutes les deux avec nous, formant le BBR le plus attendrissant qu'une maman ordinaire, fut-elle michelaise, puisse rêver... Vive la France !

lundi 4 février 2008

ET POURTANT CE MONDE EST BIEN POUR NOUS

Vu hier soir le dernier film des frères Coen

No country for old men

Oui c'est un beau film, oui il est noir, oui il est violent, mais voilà, j'en ai marre de ces films dont on sort un peu malade, vaguement perturbé et méchamment secoué. D'ordinaire, chez les Coen, une trace d'humour vient relever le propos sombre. Mais là, pas une seconde pour respirer, on est en haleine d'un bout à l'autre et, après une fin proprement magistrale, comme rarement le sont d'autres fins de films, miroirs et désespoirs croisés, on sort complètement ébranlé du cinéma. Et on commence, ou on recommence à disserter sur l'opacité de la nature humaine, sur la nécessaire foi dans l'avenir qui devrait nous guider et l'inévitable désespérance qui nous vrille après de telles images.


J’ai toujours eu une propension marquée à adopter face aux événements de la vie une attitude un peu binaire dont le côté simplificateur exaspère parfois mon entourage, et que je cache soigneusement en société pour éviter de paraître simplette. Et pourtant, la recrudescence marquée des témoignages du comportement violent d’une partie non négligeable de l’humanité, me ramène à dire combien, selon moi, la nature humaine se divise en deux, les doux, et les autres. Les autres étant susceptibles à tout moment, ici et maintenant, sans que les raisons de ces dérapages soient réellement prévisibles, ni imputables à une époque ou à un lieu donné, de déraper. Il n’est qu’à suivre les halètements de l’histoire en termes de massacres et d’extermination, du nazisme au Rwanda en passant par la Yougoslavie toute proche ou les tueries actuelles au Tchad, pour admettre que, dans un pays donné, policé, développé, tout peut, à un moment, basculer dans l’horreur. Soudain, une partie d’une population la veille calme et civilisée, se révèle apte, par une alchimie dont on connaît les effets sans en analyser les déclencheurs, à massacrer l’autre, souvent plus nombreuse et pacifique, dans des conditions de sauvagerie proprement délirantes. Les récits qu’on en donne ensuite, qu’on découvre et qu’on égrène avec une régularité que rien ne vient apaiser, ont en commun la soudaineté d’une vague qui s’auto-alimente et enfle jusqu’à la démesure, une violence qui éclate comme si elle avait été trop longtemps contenue pour dériver vers l’enfer, comme une bouffée délirante faisant exploser sans préavis des refoulements ancestraux ou récents.

196 000 pages en français sur Google quand on tape génocide ! En première place, figure l’article de Wikipédia qui commence par une définition en bonne et due forme du terme de génocide : « l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un groupe ethnique, national, religieux ou racial ». Autant dire que la définition est assez restrictive et que l’article n’englobe qu’une partie des massacres perpétrés dans des conditions épouvantables, de l’homme par l’homme. L’article d’ailleurs, se propose de recenser, d’une part les génocides reconnus comme tels, d’autre part les massacres dont le caractère génocidaire est discuté, et enfin les simples ( ???) massacres de l’histoire. Cette dernière rubrique, qui se contente plus ou moins d’énumérer les événements, renvoie à une autre page, « liste des massacres », dont la lecture sous forme de tableau synoptique, est impressionnante. On appelle devoir de mémoire la démarche qui consiste à consacrer un peu de notre temps, soi-disant rare mais ô combien « confortable », à reconnaître, c’est à dire un peu plus que connaître, ces faux pas de l’histoire que des milliers voire que des millions d’hommes ont payé, dans leur chair et dans leur âme, d’un prix exorbitant. C’est pourquoi je vous invite à consacrer quelques instants à la lecture de ces documents hallucinants qui égrènent des horreurs dont le critère de choix a été simplement, comme le dit l’article, « un nombre important de morts causés par d'autres hommes ».

Secouée par les récits multiples d’horreurs passées ou récentes, par des films qui déclinent la violence comme on raconte des fables à la veillée, par des nouvelles dont le ton est sans cesse plus cru, bouleversée par la lecture récente de « La Stratégie des antilopes » de Jean Hatzfeld, je me retrouve confrontée avec cette angoisse binaire qui me fait distinguer dans la nature humaine les doux et les autres. Les autres, ce sont ceux qui paraissent civilisés mais qui, du jour au lendemain, sont capables de basculer, de prendre un machette et de massacrer en chantant des centaines de personnes en quelques semaines. Non, ce n’est pas loin, là-bas, ailleurs, chez les sauvages ou dans un coin isolé de notre belle planète où les vertus civilisatrices ne seraient pas arrivées. C’est ici, et maintenant, c’est demain, n’importe où, n’importe quand : certains hommes sont des loups, des brutes, et peuvent, dans une situation qui soudain dérape, révéler la partie de folie, la part de sauvagerie, la part de brutalité que la susdite civilisation avait masquée en eux. Et je suis persuadée que c’est comme les spores des champignons, cela subsiste même aux grandes envolées civilisatrices, et cela peut surgir à n’importe quelle occasion, dès lors que la folie sera provoquée par la horde, la légitimation du groupe qui s’échauffe et se persuade que son action est légitime. « La Stratégie des antilopes » est le 3ème volet d’une série de reportages et d’interviews consacrés aux massacres de Tutsis. Le 2ème tome de cette série, « Une Saison de machettes », donnait la parole aux tueurs. Ceux-là étaient alors en prison, mais calmes, sereins, pas ou peu perturbés par leurs actes, dans tous les cas nullement traumatisés. Ils s’étaient comportés comme des monstres, méthodiquement, sans états d’âme, partant chaque matin tuer leurs voisins comme on va à l’usine ou au champ. C’est le discours qu’ont tenu ceux qui exterminaient les juifs, ce sont les mots qu’emploient les bourreaux inconscients de leurs actes dans le film « S21 la machine de mort khmère rouge », ce sont les termes qu’utilisent les soldats bosniaques pour essayer de décrire ce qu’ils ont vécu. Tous ont en commun une hébétude au souvenir de leurs actions qui les fait décrire l’indicible avec les mots du quotidien et expliquer comment, ce qui a posteriori relève de l’enfer, leur semblait quand ils l’ont perpétré, relever d’une logique quotidienne, incontournable et juste. C’est l’apparente sérénité de ces monstres d’un jour qui m’interpelle et me fait suspecter une césure entre ceux qui sont susceptibles de verser dans l’horreur, et ceux que je nomme les doux parce qu’alors, contre toute logique, contre tout bon sens, ils fuient, se laissent massacrer, et jamais, au grand jamais ils ne changeront de camp. Et naïvement, je regarde mes voisins en me disant que certains d’entre eux, si l’histoire leur ouvrait une brèche, s’y engouffreraient avec la parfaite bonne conscience des bourreaux que la civilisation a juste masqué, le temps d’une accalmie plus ou moins bienheureuse. Violence ethnique, religieuse, politique, violence sociale, violence d’argent, mais violence latente, larvée, maîtrisée, policée, toujours prête à surgir si les conditions soudain le permettent.
N’hésitez pas à lire
« La Stratégie des antilopes » c’est bouleversant, et superbement écrit, cela se dévore, ça fait mal, ça fait peur, mais c’est rédigé dans une langue tellement belle et pure qu’on se laisse porter par le flot de ces témoignages poignants. Quant à moi, cela m’a donné envie de lire un roman du même auteur, La ligne de flottaison, dont j’aurai peut-être l’occasion de vous en parler.

vendredi 1 février 2008

MICHELAISE, LE RETOUR !!!


Voilà, en ce qui nous concerne, nous avons eu beaucoup de chance : la tempête a frappé Meschers de plein fouet, mais nous habitons haut sur la falaise et, si cela a soufflé avecune intensité propre à vous filer le frisson, nous n'avons pas souffert de dégâts des eaux. Le quartier du port a été fortement innondé, même s'il n'y avait pas forcément là d'imprudences urbanistiques flagrantes. Quant aux arbres et autres branches malséantes, la tempête de 99 avait fait le ménage et rien n'est tombé sur la maison. Alter en a été quitte pour une nuit agitée, j'avais, quant à moi avalé un léger somnifère pour ne pas passer la nuit à trembler.
Par contre, nous venons juste de retrouver l'électricité et croyez-moi, même s'il ne s'agit que d'un tout petit inconfort, le temps paraît long sans la Fée bleue. Surtout dans une maison où tout est, la gloire des années 80 est passée par là, électrique : des volets aux équipements en passant par l'eau chaude, le portail, et surtout l'ordinateur, le téléphone, portable ou non, on se trouve brusquement privé de tout... alors on sort les bougies, cela donne un petit air de fête au repas du soir, on branche un camping gaz qui fait un peu vacances et surtout, on fourbit le feu de bois car même si le temps est clément, voire très ensoleillé, dès la tombée de la nuit une maison des années 80, pleine de ponts thermiques et de baies vitrées, se refroidit vite !!

Et bien sûr on n'avait plus de liaison internet... Même si mon billet de comptage est paru dimanche, en fait il était programmé dans la perspective de la tempête, mais je n'avais pas pensé que la rupture serait aussi longue... Je n'avais pas non plus prévu que la tempête Xynthia resterait dans la chronologie comme celle de 2010... Aloïs a raison, on ne dira pas 10, mais 2010... On parle en effet des inondations de 1910, mais comme le fait remarquer La Licorne, on parle de la Guerre de 14/18... Il faudra donc attendre deux ou trois ans pour que cet article devienne d'actualité, et je souhaite de tout coeur que ce soit pour des raisons heureuses qu'on retienne les années 12 ou 13 du XXIème sicèle.
Je viens à l'instant de découvrir tous vos messages d'inquiétude, de sympathie, de présence à nos côtés. Ils nous ont très fortement touchés et je tiens à vous en remercier vivement... J'ai même croisé des commentaires d'inquiétude sur le blog de Koka qui me sont allés droit au coeur !
Vous le savez la région a souffert de façon dramatique mais pas totalement inattendue, tant les constructions en dessous du niveau de la mer se sont multipliées de façon hallucinante, au gré de l'enrichissement des promoteurs immobiliers. Le consensus était général, la demande impérative car tous voulaient leur maison en vue de la mer, les communes parfois trop laxistes, attirées par la perspective de s'agrandir distribuaient des permis sans trop y regarder, et les vendeurs étaient prêts à jurer leurs grands Dieux que les zones concernées n'avaient jamais connu le moindre problème. Il ne s'agit pas de faire le procès des uns ou des autres, mais simplement de rappeler que le bon sens de nos ancêtres, qui avaient laissé vierges d'immenses étendues, qui pourtant nous semblaient fort attrayantes les jours de soleil, reposait sur un vécu et un pragmatisme dont nous avons parfois tendance à remettre en cause le bien-fondé, tant nous sommes persuadés que nous avons tout compris, tout résolu et tout dominé.
Je tiens simplement à rendre hommage aux gens qui se sont mobilisés pour aider les sinistrés avec un altruisme jamais pris en défaut, aux communes qui ont su prévenir leurs administrés et évacuer dès samedi soir les campings ou lieux trop exposés, aux agents de EDF qui, de la France entière sont venus aider leurs collègues charentais et permettre des rebranchements rapides et efficaces.
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