Rechercher dans ce blog

Chargement...

samedi 31 mai 2008

MON MAI 68


Ouf, sauvée par le gong !! On est le 31 mai, et la commémoration de "mai 68" est encore possible !
Contrairement à Michel, valeureux parisien ayant fréquenté (de loin, certes, et avec retenue) les barricades et autres AG, je n'ai pas grand chose à raconter. J'étais alors une petite gamine sage (13 ans et demi), bien protégée des bruits du monde, pensionnaire dans un couvent de bonnes sœurs. Alors quand Michel, passant sur le boulevard Saint Michel, me parle de ses copains qui s'y sont fait tabasser et embarquer sans raison par les flics alors qu'ils étaient simplement en train de se balader, et comment il échappa à la bastonnade en s'asseyant à la table de consommateurs d'un café, ou quand il exhume les tracts et autres affichettes des facultés parisiennes, je ne me sens vraiment à côté de l'Histoire !
Toute cette agitation nous paraissait lointaine et exotique, et mes faits d'arme sont inexistants.
En mai 1968, papa était parti passer un mois à Houston, pour raisons professionnelles, et nous avons tous vécu dans un état de semi incertitude étonnant. Maman a prétexté avoir besoin de se tenir au courant des événements du vaste monde pour acheter la télévision, initiative qui gâcha définitivement les soirées de mes parents jusqu'à leur mort. Quant à papa, aucune lettre ne lui parvenant, il se morfondait de désespoir, et avait cessé de manger, ce qui, connaissant sa gourmandise et son appétit, est resté gravé dans les annales familiales. A la fin de son séjour, tous les avions étant en grève, et n'en pouvant plus de solitude, il est rentré par Lisbonne, et j'ai un souvenir particulièrement net de son arrivée dans la cour, s'extirpant d'une 4 chevaux antique et poussiéreuse, illuminé de joie en revoyant sa femme et lui promettant de l'emmener voir le Portugal au printemps dès que toute cette "chienlit" serait calmée.
Pendant ce temps là, à Marseille, mon frère se marrait comme un fou parce que grand-mère avait fait un stock de bougies, de savons, de spaghettis et de riz... mais ce fut elle qui eut le dernier mot quand il alla, tout penaud lui demander une bouteille d'huile, étant dans l'impossibilité d'assaisonner sa salade !
Mais le plus savoureux fut la petit révolution en jupons que nous improvisâmes dans mon pensionnat, à l'occasion d'un cours d'allemand. Nous avions une jeune prof timide et pas très douée, et un beau jour, lassée des déclinaisons ou tentées par l'air du temps, nous l'accueillîmes toutes debout, figées à côté de nos bureaux... quand elle nous intima l'ordre de nous asseoir, nous claquâmes avec un bel ensemble les couvercles de nos pupitres. La jeune enseignante affolée, perdit contenance, fondit en larmes et se précipita chez la Mère Supérieure qui revint, l'air mi-figue mi-raisin nous chapitrer, et nous infligea une modeste réprimande. Nous avions l'impression d'avoir été d'une audace prodigieuse, mais pour moi, le plus dur restait à venir. Papa, rentré sans doute de sa lointaine virée, fut informé de mes égarements (à l'époque la notion de responsabilité solidaire était absolue !) et décréta que je devais présenter des excuses, tant à la Supérieure qu'à ma malheureuse professeure. J'eus beau lui faire valoir que personne n'avait eu pareille idée autour de moi, qu'aucune de mes camarades n'avait dû se livrer à une telle démarche, il affirma que ce n'était pas la loi du nombre qui primait et qu'il fallait réparer ses bêtises. Les faire, passe, mais il fallait en assumer les conséquences. Je conserve de cette équipée un souvenir cuisant, mais terriblement utile : je crois que c'est ce jour-là que j'ai compris que, reconnaître ses torts et faire l'effort de s'excuser était finalement très bénéfique, voire libérateur. On a eu la Mai 68 qu'on peut, pas vrai !!



jeudi 29 mai 2008

DEJA GRAND-MERE !!


Encore une histoire de Madeleine... tout à l'heure au téléphone, elle m'annonce toute guillerette "ça y est, les petits sont arrivés"... Et le plus drôle, c'est que j'ai compris tout de suite. Ils sont là, minuscules et craquants, ces oisillons au bec grand ouvert... Commodément installés dans un bac de fleurs sur le rebord de la fenêtre des toilettes, ils attendent le retour de papa et maman rouge-gorge avec une candeur désarmante. Et les parents vaquent avec assiduité à leur chasse aux moucherons, pour satisfaire ces minis affamés, qui, Dieu soit loué, ne crient pas encore trop, mais cela ne saurait tarder. Le pire ce sera quand ils se battront, ce qui ne saurait tarder, dès qu'ils auront pris quelques forces. Nous surveillons notre nichée avec tendresse et c'est quand même une émotion que de se découvrir grands parents tout d'un coup, comme ça.
Seul problème, on n'a plus vraiment de droit de cité dans notre maison. Côté entrée donc, le rouge-gorge, perché sur l'olivier en face, nous invective copieusement dès qu'on passe près de sa smala. En fait, nous essayons de nous faire le plus discrets possible et expédions Nico faire ses promenades en passant par le bas.
Côté balcon, c'est carrément plus dangereux, non contentes de nous apostropher avec véhémence depuis les arbres environnants, les palombes font des vols d'intimidation qui nous frôlent les oreilles en piqué dès que nous nous installons pour déjeuner sur la terrasse. Elles sont furieuses car on les prive pendant quelques instants de l'accès au bassin d'eau installé là à leur intention. On se sent vraiment de trop . Enfin, perchés au niveau de la cime des arbres, nous avons un concert permanent de volatiles volubiles, qui ont bien du mal à admettre qu'on écoute de la musique, ou prétendent piailler plus fort que nous dès qu'on essaie de bavarder un peu. Il nous faut bien admettre qu'on doit rester discrets, se faire oublier et ne pas déranger tout ce beau monde, ils sont chez eux...



mercredi 28 mai 2008

LE GRAND ECART

Lorsque j'étais jeune fille, et que, comme toutes les jeunes filles de l'époque qui rêvaient de devenir hôtesse de l'air (une autre époque donc, n'est-ce pas !!! je lisais assidument les aventures de Shirley Hôtesse de l'Air, qui, comme il se doit, était discrètement amoureuse du sémillant Tony Garland, commandant de l'avion sur lequel elle volait) ou danseuse, j'avais obtenu à grand peine de maman qu'elle m'inscrive à un cours de danse. L'aventure fut de courte durée, car ça l'ennuyait fort d'avoir à me conduire à ces cours, et, avec l'active et toujours efficace complicité de papa, il a suffit d'un zéro en géographie pour que je sois, à peine 3 mois après le début des cours, définitivement privée d'entrechats. Il fut décidé que c'était cette activité frivole qui me perturbait, et que mes études (à quelle fin, je vous demande un peu !) primaient. Adonc, exit la danse. Et sans repéchage possible, tous les 20 en géographie n'y auraient rien fait. J'en ai sans doute conçu une répulsion tenace pour cette discipline, et j'ai gardé depuis une sorte de blocage qui m'a faite l'ennemie jurée de tous mes profs de géo. En terminale, j'ai passé la moitié du cours au piano (j'arrivais systématiquement avec une demie-heure de retard) et l'autre moitié sous ma table, allez savoir pourquoi, en gloussant comme une dinde avec ma fidèle complice. Celle qui m'a fauché mon "amoureux" quelques temps après !
Mais revenons au grand écart : cette figure absurde et pas particulièrement élégante était le rêve ultime (et fort improbable) de toute danseuse débutante, et on chuchotait, sans trop comprendre de quoi il retournait (on avait 10 ans à peine !) que c'était dangereux pour la virginité. On prétendait que cela pouvait déchirer l'hymen, et une telle perspective remplissait d'effroi les gamines ignorantes que nous étions, qui avaient reçu, malgré leur absence total d'éducation sexuelle, le mot d'ordre incontournable selon lequel uns jeune fille doit "arriver vierge au mariage". C'est assez hallucinant de penser que, pour nous, ce principe, dont on ne savait même pas ce qu'il signifiait, ni quelles étaient ses applications pratiques, nous avait été inculqué, et qu'il était inconcevable pour nous de l'enfreindre. Alors, dans le doute, nous imaginions que la simple proximité un peu trop appuyée d'un garçon, était dangereuse. Un baiser suffisait peut-être ???
Plus tard, du moins en ce qui me concerne, les choses se sont un peu éclaircies car j'avais une maman très progressiste, en matière de libaration féminine, qui s'est soucié de mon éducation sexuelle, mais trop tôt, je lui ai déclaré vertement que "ça ne m'intéressait pas", m'a prôné le planning familial (mais en ado digne de ce nom, j'y suis allée sans le lui dire, en cachette, c'était tellement mieux), et m'a répété à l'envi qu'une femme devait travailler pour être "indépendante", principe absolu dont elle prétendait être un contre exemple désolant. C'était un peu injuste car elle n'avait aucune envie de travailler, et se satisfaisait avec un certaine illogisme de son rôle d'épouse au foyer, pouvant s'adonner à toutes ses petites passions, le bridge et la brocante en particulier.
Mais c'est clair, dans les années 60, ce n'était écrit dans aucune loi, aucun tribunal ne s'en préoccupait, mais la virginité était présentée par le tissu social comme "une qualité essentielle du conjoint", du moins en ce qui concernait les filles. Normal, dirons-nous, 1) parce que ça se vérifie le soir des noces (encore que !! plus d'un s'est fait avoir en la matière au cours des temps !) 2) et l'argument est plus sérieux, dans une société patrimoniale, la sécurité sur l'origine de la paternité des enfants à naître, était un souci permanent.
Vous l'avez compris, c'est le fameux verdict du tribunal de Grande Instance de Lille qui fait débat, qui m'a inspiré ce titre. Car quelques instants avant d'en entendre parler, avec les trémolos et autres réactions diverses qu'il suscitait, j'avais entendu un reportage sur le dernier circuit tendance réservé aux touristes féminines à New York. Vous ne pouvez pas l'avoir manqué, Sex and the City sortait en salle aujourd'hui, et les américains ont mis sur pied un circuit juteux sur les traces des 4 sémillantes célibataires sexy aux mœurs très libres. La virée dans les boutiques glamour, les sex-shops, les bars branchés et les clubs coquins a, semble-t-il, un succès grandissant, et l'ambiance, sous la houlette de guides très piquantes, fait un peu basse-cour gloussante.

Le "sex and the city tour" (il peut atteindre 15000 euros, en version luxe) draine plus de 1000 personnes par semaine et c'est le tour de New York le plus couru, même si les nanas en goguette qui le suivent, n'arrivent finalement pas à s'assimiler vraiment aux héroïnes de la série : "Non, dit l'une d'elle à Fabienne Synthès qui lui demande si elle se prend un peu pour Carrie, je suis très pauvre et très vierge !". L'écart n'était peut-être pas aussi grand qu'il y paraît entre ces deux infos !

lundi 26 mai 2008

HOMMAGE

Il pleuvait à l'unisson quand nous avons accompagné en terre (pardon pour cette expression "crue", mais il n'y avait rien d'autre que ce moment autour de la tombe ouverte), cet après-midi, un jeune collègue décédé selon l'expression consacrée, "des suites d'une longue maladie". Huit ans de souffrances, d'espoirs brisés, de rémissions éprouvantes et de rechutes impitoyables. Huit ans de calvaire pour ses proches, ses enfants, si jeunes et si fragiles, et sa femme, héroïne antique bien malgré elle. Elle était superbe sa femme cet après-midi, noblement campée dans sa robe rouge, une rose explosant sous la pluie dans ses cheveux fous... digne, dans sa douleur domptée, crâne, dans la dernière épreuve avant la traversée du désert, belle, après tant de courage.
J'ai du mal à rendre hommage à ce jeune homme que je n'ai pas su visiter quand il était malade : une succession de maladresses et de malentendus avant sa maladie, avaient creusé entre nous une prudente neutralité, à base d'échanges a minima. On avait juste réussi à rester courtois, il me pensait sans doute méprisante, j'étais certainement sans indulgence. Puis, est arrivé ce cancer, ses épreuves, ses douleurs. Je n'ai jamais réussi à redresser la barre, pas simple de retrouver le ton en face de quelqu'un à qui vous n'êtes guère sympathique. Ce malaise réciproque m'a rendu craintive, effarouchée d'aller le voir comme par tartuferie, ou pire encore, par hypocrisie... On appelle cela, à tort car j'ai toujours trouvé cette expression stupide "le respect humain"... et puis le temps passait et le fossé est devenu impossible à combler. J'osais encore moins aller le voir par pitié. Et de réserve affectée en retenue bien intentionnée, je me suis contentée de prendre de ses nouvelles en me sentant bien lâche de ne savoir mieux faire.
Ce memento n'est pas un mea culpa tardif ou un repentir hypocrite, il me semble simplement qu'il aurait été encore plus lâche de ne pas oser lui rendre ici un dernier hommage, à lui et aux siens si cruellement éprouvés par ces années de souffrance et un avenir à reconstruire à la force de l'oubli.

Le soleil est revenu aussitôt terminé l'enterrement, et il était particulièrement doux ce soir sur la terrasse des grottes de Matata, où Michel m'a demandé (traditionnellement !) "et ton oncle, quand est-ce qu'il vient nous voir"? Tonton !!! Tu entends ??? On t'attend !!!

dimanche 25 mai 2008

POGGIA NEL BOSCO

Fête des mères... l'autre jour, quand j'ai voulu acheter une petite broche ringarde dans un tabac un peu glauquatourist de Saint Georges, Marie m'a sévèrement intimé l'ordre de "poser cette horreur", et je me suis dit que la Fête des Mères n'était pas loin ! La voilà, achetée tout exprès pour moi à Rome, oui, oui (et en plus il me reste 1/3 de gâteau juif Marie, 1/3 dans une boîte en fer !)... Trois métaux paraît-il... je pense cuivre, argent et une petite boule d'or... Et surtout la jolie présentation qui va avec : " Le collezioni "Poggianelbosco" sono ispirate all'ambiente in una visione poetica della vita nel sogno fiamesco come metafora della genuinita delle cose, del fare e dell'essere"... Les collections "Pluie dans le bois" sont inspirées par l'environnement, selon une vision poétique de la vie en un rêve fantastique comme métaphore du naturel des choses, du faire et de l'être.
Princesse lunaire au château de nos rêves, petite sirène aux allures de Mélisande, une poignée d'amour à porter en insigne ! Vive la fête des Mères.


A Royan, nous sommes allés visiter une exposition de photos "Sur le sable", et sous les grands tivolis de l'esplanade une horde de motards en rallye en faveur du don du sang bénévole, faisait halte pour applaudir (modérément, car il ne leur a pas offert à boire) notre nouveau maire. Le cheveu gris vaguement trop long, la soixantaine prospère, le look branché 68 mais soft, un matos impressionnant et rutilant, ça faisait quand même un peu club du troisième âge ! Pour faire rire la galerie, quelques vieilles motos pétaradantes et des scooters pur jus, un peu couverts de rouille ! Sympa.

Et puis, malgré le temps approximatif qui faisait fuir les touristes encapuchonnés, Michel n'a pas su résister à une glace Lopez, soleil et baie d'Along pour lui, ananas et... coquelicot pour moi !

samedi 24 mai 2008

A L'OUEST

Si loin, si proche cet Ouest, le nôtre, celui dont nous sommes les humbles gardiens parfois émerveillés... celui dont Fanny Brucker parle avec tant de sensibilité dans son premier roman "Far Ouest".
L'histoire a commencé, comme il se doit, grâce à Madeleine, enfin plutôt Pascal qui avait vu que la bibliothèque de Saint Georges proposait aujourd'hui un "goûter littéraire". Le samedi Pascal, comme Michel travaille, et il a suggéré à sa femme d'y aller avec moi.
Nous voilà parties, pleines d'entrain, un peu à la bourre, et nous fonçons vers la première porte ouverte. On nous accueille à bras ouverts, on nous donne deux tickets, que je mets dans ma bouche pour chercher un peu de monnaie au fond de mon profond sac. Un jeune homme vendait un programme et présentait à la générosité des spectateurs une petite corbeille... Je fouille, je farfouille, je trifouille et près de moi Madeleine sautille et déclare au jeune homme : "vous êtes le plagiste ?"... Il ne comprend pas trop, elle ajoute "ben oui, vous êtes pieds nus". "C'est pour spectacle"... le spectacle ? quel spectacle ??? "Et bien la comédie musicale que vous venez voir". Aïe, on s'est trompées de porte ! Et il m'a fallu rendre mes deux tickets baveux avant de repartir en pouffant, laissant derrière nous des acteurs un peu médusés et vaguement vexés. Dans le centre, pourtant juste au-dessus de la biblitohèque, personne ne peut nous renseigner.

En fait, c'était logique, le "goûter littéraire" se tenait dans la bibliothèque elle-même, et nous arrivons à temps pour le thé, le café et les petits gâteaux. L'auteure, joli regard de mer rieur, nous accueille avec simplicité et gentillesse. Elle vient, comme il se doit, d'un lointain passé parisien abandonné pour cause de souvenirs d'été sur l'Atlantique, bouffées d'envie de fuir la grisaille qui l'ont propulsée sur la côte. Elle a même eu la chance d'y trouver du travail, palefrenière comme son héroïne, et elle écrivait tout en pansant ses chevaux. Jusqu'au jour où elle a perdu son job et décidé de peaufiner un vrai roman. C'était sa 4ème tentative de publication, et ce fut la bonne. Elle a eu de la chance de plaire à une directrice de Lattès qui connaissait, pour cause de vacances enfantines, l'île d'Aix. Certes elle n'avait jamais mis les pieds en Charente-Maritime, mais le ton du roman et ses évocations en demi-teintes du marais de la Seudre, l'ont séduite.
C'est, autour de Sixtine l'héroïne, l'histoire entrecroisée du chien Dalton, recueilli comme on se jette à l'eau contre la solitude et de sa sœur américaine, Jeanne, qui bat la campagne sans trop savoir ce qu'elle cherche en un road movie titubant et décalé. Autour de cette succession de chassé-croisés dans le temps et dans l'espace, se tisse une intrigue attachante, dont la fin m'a un peu déçue, mais qui dépeint avec minutie, une certaine dose d'humour et une langue bien travaillée, une éternelle adolescente exilée dans un paysage apparemment hostile et pourtant si proche.
Fanny Brucker nous a lu quelques extraits de son livre, raconté avec beaucoup d'humour la vie d'une toute jeune auteure, de salons en manifestations littéraires, toutes très parisiennes et fort prévisibles. Et, histoire de bien nous prouver qu'elle n'avait pas de nègre (elle, au moins ! car il semble que ce soit la pratique la plus couramment répandue en matière de publication par les temps qui courent), Fanny nous a cité de mémoire des pans entiers de chapitres, retenus à force de les avoir travaillés !


vendredi 23 mai 2008

A FRANCOISE ET TONTON !

Les merveilleux tournedos de légumes d'un autre André, Dadou !!

Tonton... d'abord Françoise sera ravie que tu la tutoies, et encore plus que tu lui aies répondu !!
Pour en finir simplement avec le sujet à mon avis :
- ce qui est génial dans la "bouffe" c'est la convivialité, le partage, le moment de jouissance gustative partagée, la joie de la préparation aussi, pour ceux qui ont la chance de faire la cuisine !
- l'histoire de la soupe de la mamée, c'est l'éternelle nostalgie de la jeunesse, du passé, d'un temps révolu... nostalgie à laquelle je n'adhère pas étant peu portée sur les retours arrière, mais propulsée vers l'avenir, et ce qui me touche le plus c'est l'absence de projets, pas le regret du passé (ça, c'est pour répondre à Françoise et lui expliquer pourquoi nous avons une vision différente !)
- quant au reste, oui il y a de petits producteurs merveilleux sur nos marchés, mais pas sur tous les marchés, malheureusement. Quand le tourisme pointe son nez, il pourrit un peu tout et le frelaté se développe vite sur des marchés qui, dans nos régions, n'ont plus que le nom en commun avec ce que Tonton pratique en Forez ! Tu serais étonné, Tonton !! Oui, il y a d'excellents artisans alimentaires, mais ils ont parfois du mal à survivre car leurs prix sont difficiles à maîtriser, et nous avons toujours le gousset serré à cause de mille autres besoins nouveaux, nés de l'évolution technologique et de la civilisation des loisirs ! Si, on peut trouver des aliments très convenables chez les enseignes aussi, il suffit de se donner la peine de lire les étiquettes, et s'y ajoutent des aliments nouveaux que les échanges commerciaux actuels permettent et qui ont enrichi notre palette... bref l'avenir est splendide, et il ne faut pas céder à la morosité ambiante !
- pour finir, une anecdote, nous sommes allés en Périgord voir belle-maman, et son souci premier quand nous lui annonçons notre venue, c'est le repas... elle était désorientée, déstabilisée, carrément perdue car Michel interrogé, déclinait toutes ses propositions. Le confit ? ben vaut mieux pas... l'omelette ? il faut éviter... les cèpes ? pourquoi pas mais ne baignant pas dans la graisse d'oie... Le foie gras ? hum, c'est à dire que... la purée d'oseille ? c'est vivement déconseillé... Aïe tous ses repères s'effondraient... Elle qui, lorsque nous l'avons amenée à Amsterdam, a passé son séjour à prendre les hollandais pour des sauvages tant leur nourriture manquait de tous ces ingrédients qui font la joie des périgourdins, se trouvait fort dépourvue devant les prescriptions médicales imposées à son fils, et qui, à chaque visite, lui prennent la tête de façon désespérante. Nous avons fini par aller au restaurant, où nous avons mangé toutes ces nourritures interdites, comme il se doit. C'était fort bon, mais la digestion fut rude ! Il faut dire que, au vu de toutes les interdictions qui affectent mon cher époux, notre ordinaire vous semblerait à tous étrange... Car non content de devoir avoir un cholestérol le plus bas possible, s'y ajoutent des problèmes d'acide urique qui interdisent une liste impressionnante de mets de choix... Mais je crois pouvoir affirmer, que, hors des références traditionnelles de la bonne cuisine (mon Curnonsky est définitivement relégué au fond d'un placard), et avec des méthodes d'assaisonnement qui ne font la part belle qu'au naturel, nous mangeons fort bien à la maison, et plus étonnant, toujours nouveau. Car quand vous avez une palette très étroite d'aliments autorisés, il faut rester imaginatif ! Alors, vous qui n'avez ni maladie cardiaque, ni goutte, profitez à fond de tout ce que la Nature et ses multiples serviteurs agro-alimentaires vous offrent !

Tout finit par des sushis ! Sans souci...

PS un stage d'œnologie nous a appris à apprécier, déguster, voire préférer les petits vins de qualité dont regorgent nos régions viticoles, et à pratiquer de substantielles économies... encore que !! du coup nous avons bien augmenté notre consommation de vin ! il y en a tellement de si bons !

mardi 20 mai 2008

LA SOUPE DE LA MAMEE

Une avalanche de commentaire pour mon article sur les sushis, mais je crois ne pas m'être bien faite comprendre. Mon propos était en effet de railler les travers modernes d'enfants gâtés qui nous font, enfin si ce n'est nous, du moins les médias, agiter sans cesse des épouvantails nouveaux, nés sous le signe commun de la peur de la mal bouffe. Un coup, ce sont des prétextes diététiques, un autre ce sont des problèmes de "soupe de la mamée"*, et la cerise sur le gâteau, ce sont les remords qu'on nous impose au motif que nous vidons les océans ou que nous massacrons la planète.
Or moi, je pense qu'on n'a jamais pu aussi bien manger, que l'humanité, surtout la partie occidentale de celle-ci, n'a jamais eu à disposition une telle variété de nourritures saines, riches, aisées à préparer, bref qu'on n'a jamais eu aussi peu faim sous nos climats et qu'on ne s'est jamais montré aussi ridicules que maintenant avec ces peurs absurdes qui n'ont de sens que parce que nous sommes trop bien nourris. Ne se permet-on pas en France chaque année, de jeter, oui de jeter, 150kg de nourriture consommable par an et par personne ? Il semble que les anglais (ben oui, c'est pas de ma faute, encore eux) atteignent un tiers de leur consommation annuelle en gaspillage intempestif.
J'étais sans nul doute une gosse de riche et il n'y a pas si longtemps que cela. Mais je me rappelle avec un certain réalisme qu'on ne mangeait pas si bien que cela, entre les salades montées, les tomates trop mûres qu'il fallait manger coûte que coûte à la fin de l'été, les haricots plein de fils, les épinards amers, le beurre souvent rance, les raviolis improbables, les petits beurres ramollis, les "nouilles" collées, les poissons bourrés d'arêtes, les pêches pourries du fond du sac que les commerçants ne manquaient pas de vous refiler, les confitures recuites et ayant toutes le même goût de sucre épais, le pain souvent dur et toujours identiquement trop cuit, les yaourts insipides, le pschitt chimique, le robusta chaussette, l'inénarrable thé modèle unique, et le chocolat qui n'avait le goût de rien ! ça, c'est mon souvenir le plus décevant : cela faisait des mois que j'avais une envie folle d'un chocolat glacé... et mes parents m'en avaient enfin offert un ! J'ai encore dans la bouche le goût infâme de la couverture de simili chocolat, gaisseux et pâteux qui le recouvrait, et le parfum supposé de vanille, concentrant des senteurs déplacées de congélateur.
Maman était un vrai cordon bleu, et ses plats cuisinés, très cuits, très riches, étaient certes très bons, mais les 75kg qu'elle affichait et les 120 de mon père étaient pour prouver qu'on n'avait guère le sens de la dégustation, mais plutôt celui, tout à fait compréhensible pour qui avait "crevé de faim", de s'en "mettre plein la panse". J'ai découvert les goûts du thé, du café, du chocolat, de la vanille et de mille autres parfums bien longtemps après mon enfance.
Je ne renie absolument pas cette époque, où manger de la viande était encore un luxe, et où on ne se serait permis sous aucun prétexte d'en laisser un morceau jugé trop gras ou trop ferme. Et où manger sans pain était carrément indécent. J'en ai gardé quelques bonnes recettes, l'art d'accommoder les restes et le respect du pain dur. Mais je trouve que, si l'on se donne la peine d'acheter intelligemment, voire simplement de façon raisonnée, on dispose d'un matériau remarquable, d'un choix sans cesse renouvelé, d'informations complètes et justes, de saveurs justes, et qu'il ne tient qu'à nous de bien manger.
Les mesures de sécurité en matière d'hygiène n'ont jamais été aussi strictes, les spécialités du monde entier s'offrent à nous, il ne nous reste qu'à choisir celles qui s'adaptent le mieux à nos goûts, à nos envies ou à nos besoins. C'est le propos de Coffe, qui dit à juste titre que si on veut s'en donner la peine, on peut éviter tous les pièges que nous tendent les fabricants d'agro-alimentaire. Il ne faut pas râler contre la mal bouffe, alors qu'il y a moins de 50 ans on mourrait encore fréquemment d'intoxication alimentaire et que les enfants malnutris étaient assaisonnés d'huile de foie de morue pour essayer de combattre leurs jambes arquées ou leurs caries dentaires.

* "La soupe de la mamée" c'est ce délicieux texte de Claude Chabrol qui démontre que, ce qui est bon dans la soupe que l'on mange chez la grand-mère, ce ne sont ni les légumes, ni le pot, ni le temps de cuisson, ni même la mamée elle-même. Car, même en déménageant la grand-mère et tous ses ustensiles, on ne retrouve jamais le goût inimitable de ce qu'elle préparait pour vous quand vous étiez petit. Ce qui marque l'esprit et auréole le souvenir d'un fumet inoubliable, c'était le contexte, l'enfance, le parfum des vacances, l'ambiance qu'on ne peut pas recréer parce qu'on a changé et que notre vie a continué. Ce qu'il faut, c'est inventer de nouvelles soupes, se créer de nouvelles vibrations, retrouver le plaisir du repas partagé. Car il est là, le plaisir de la bonne bouffe, le partage, la convivialité, auxquelles s'ajoutent à notre époque la souplesse des mœurs en matière culinaire et de comportement alimentaire, puisque les règles de bienséance ne sont plus que celles qu'on s'impose. Finis les repas corvées, on a même le choix de la forme. Que rêver de mieux ?

dimanche 18 mai 2008

WHY POPPIES ??

Tout a commencé avec un de ces problèmes existentiels urgentissimes qui me prennent parfois la tête et que je soumets avec angoisse à Michel afin d'obtenir de lui réponse immédiate et documentée. Pourquoi les anglais aiment-ils le rouge ? Car il affirmait, son Stendhal à la main et ses références historiques, genre bataille des Flandres de l'autre, qu'ils ont une attirance particulière pour le rouge. Soit ! D'ailleurs, au moment où il disait cela, nous avons croisé un couple de cyclistes tout de rouge vêtus, et c'était bel et bien des anglais.
Donc, pourquoi nos bons anglais aiment-ils le rouge et sur un terrain de rugby, cassent-ils du bleu avec autant d'ardeur ? Il faut dire que cette importante discussion faisait suite à une prise de tête de première importance sur la dominance du vert dans la nature alors que l'art pictural en est bien peu friand. A dire le vrai, nous avions longuement cherché les couleurs naturelles pour nous étonner (enfin moi, parce que Michel, il suit mes délires bien gentiment, mais bon, ça ne lui fait pas le même effet) de la faible part dévolue par le Créateur au bleu. Bref, nous en étions là quand, au détour de la piste cyclable (vous savez cet ancien chemin de fer passant devant la Tache que les bons édiles locaux ont transformé en promenade de santé), surgit la Tour de Anglais. Michel, bien plus réactif tout à coup (ah ces mecs ! dès qu'il est question de bagarre, ils sont au top !) se planta devant l'ouvrage aux ruines altières (??!!) et décréta tout de go "je suis un anglais"... Aïe... là j'ai senti comme un doute, qu'était devenu notre atavique et non moins naturel réflexe anti-albion ? J'ai soudain cru à une traitrise, voire, pire, à une acculturation sauvage et inédite, due peut-être à des relents malsains s'exhalant subrepticement des pierres humides. Que nenni, il me décréta en riant "ben oui, je suis en rouge, DONC je suis un anglais".

Bref, il fallait de toute urgence éclaircir ce mystère, car sinon comment supporter cette élucubration malséante.
J'ai supposé que le rouge leur faisait par trop défaut dans la nature, et que, privés de coquelicots dans leurs prés, ils affectionnaient du coup particulièrement cette teinte. Il m'a fallu balayer d'un geste large l'objection des roses anglaises, en faisant remarquer à l'ignorant que ces dernières sont d'une teinte douce et tendre, plus proche de la "cuisse de nymphe émue" que de la "crête de coq". J'ai décrété fermement, il fallait bien avoir l'air au courant pour clore le débat sur les roses, qu'en la matière AUSSI nous faisions mieux (quelle mauvaise foi!), à preuve la "Pierre de Ronsard". Là, j'avais marqué un point car Michel n'est pas très au courant des noms de roses. Il a tenté de prétendre qu'il devait forcément y avoir des quantités de "Queen machin..."(je cite !) , mais sans info précise à ce sujet, le débat s'est arrêté là.
Il nous restait à résoudre le problème du rouge. Histoire de ne pas faiblir, j'ai continué à m'accrocher à mon histoire de coquelicots. Moi, les coquelicots ça me fait frétiller de bonheur tous les printemps, et j'imagine sans peine combien il doit être difficile de survivre sans leurs taches éphémères piquetant les prés et les talus. C'est là qu'il m'a sorti l'histoire de la bataille des Flandres. J'avoue très humblement que je ne connaissais pas trop cet épisode et je me suis précipitée sur le net, où j'ai, pour votre curiosité, résolu l'énigme.
Un médecin canadien, le docteur McCrae, engagé en 1914 dans le grand conflit mondial, s'est retrouvé en 1915 dans les boucheries de la plaine d'Ypres, et y vit mourir un ami. Il écrivit à sa mémoire un poème simple mais émouvant, qui a marqué les esprits et est devenu le symbole ténu de la souffrance éperdue et révoltante des soldats sur les champs de bataille. Des dames bienveillantes, désireuses d'aider les anciens combattants et de rendre hommage aux soldats tués sur les champs de bataille, reprirent le symbole pour en faire de petits emblèmes à porter à la boutonnière et vendus au profit des militaires. Ces fleurs, confectionnées en tissu, étaient fabriquées par les mutilés soignés à l’hôpital, ce qui leur permettaient de gagner un peu d’argent. A la fin de la guerre, elles devinrent des insignes commémoratifs, vendus en particulier à l'occasion du 11 novembre. Les anglos-saxons conservèrent le coquelicot, mais en France, en souvenir sans doute des jeunes recrues vêtus d'un uniforme bleu horizon (on avait abandonné le rouge garance dès 1914), on lui substitua le bleuet. Les belges, quant à eux, auraient choisi la marguerite. C'est ainsi que les plantes messicoles disparues de nos moissons pour cause d'herbicides intensifs, fleurissent encore à nos boutonnières. Ces annuelles d'origine moyen orientale à germination hivernale, sont devenues les couleurs du souvenir. Et celles de nos ardeurs supportrices "allez les Bleus"...
Quant à la tour des Anglais d'Aillac, je n'ai trouvé nulle part confirmation de son origine, mais ayant émis quelques doutes sur la justesse de cette appellation, j'ai provoqué chez Michel un tempête de protestations : dans son imaginaire, pas de doute, elle date bien de l'occupation anglaise et ses jeux d'enfant à l'assaut de ses marches ruinées sont encore là pour en témoigner !
Pour en finir avec les nouvelles périgourdines, l'église (ô combien célèbre n'est-ce pas Gilles !) de Carsac, est en plein travaux. On a dégagé sur la nef des trous réguliers qui donnent l'impression de pigeonniers, incongrus sur un tel bâtiment. Mais surtout, des vauriens mal intentionnés ont profité du désordre occasionné par cette activité pour piller l'église, et emporter en particulier le chemin de croix de Léon Zack (allez quand même visiter les pages qu'on lui consacre) qui ornait ses murs depuis 1955. Rare commande contemporaine pour une église de campagne, ce larcin n'en est que plus lamentable.
Voilà pour les nouvelles du front (russe et anglais !!). Pour le reste, nous avons déjeuné comme il se doit chez l'excellent Delpeyrat, dans une ambiance immuable de dimanche à la campagne. Tant pis pour le moral !!!

jeudi 15 mai 2008

LA SUISSE EN TUBES

Pour illustrer le commentaire d'Émilie... la photo vaut le détour ! (cliquez dessus, vous verrez mieux... on dirait un rayon de dentifrices... ah l'humour suisse !!!)
Et le pâté au thon, c'est un scoop ça !
Plus moyen d'avoir mauvaise conscience avec une pareille pêche...

LA BOUFFE ? UN SOUC(h)I !!!

巻き寿司
C'est le règne du gastronomiquement correct... Au tout début, il y eut le "sans pain", ou le "sans croute" ou le "sans mie", selon les sensibilités. Je me souviens, en en riant encore, de l'indignation de mes parents qui avaient, peu ou prou, connu les privations de la guerre, devant les mines effarouchées de ma tante devant cet aliment tellement respecté qu'on ne le jetait jamais. A tel point que j'essaie encore de donner le mien à des poules ou à mon chien quand il est dur ! Après l'avoir dument fait grillé pour le petit déj en attendant !
Et depuis 50 ans, ça va, ça vient. De "l'hyper-vitaminé" à "l'hyper-protéiné", en passant par le "dissocié", tous les bons plans se succèdent, se ressemblent et s'excluent. Les tenants du régime crétois pensent pis que prendre de ceux du régime Montignac, ceux des régimes d'exclusion tiennent les Weight Watchers pour de joyeux farfelus, mais un fait est certain, on n'a, en Europe en tout cas, jamais eu aussi peu faim et pourtant, jamais autant parler de "bouffe". Et pourtant, la faim, cela existe toujours dans le monde, et plus que jamais avec les prix des céréales qui flambent.
Le sujet de la mal bouffe est omniprésent dans les médias, et chaque jour on nous abreuve de nouveaux conseils. Ne parlons plus de régime, mais simplement de nutrition. Si l'on suivait à la lettre tous les conseils, mises en garde et recommandations dont on nous abreuve, nos journées seraient consacrées à un équilibrage impossible et ruineux, tant l'affaire se complique chaque jour.
Il faut manger sain, bio, le sucre est proscrit, les graisses mises au pilori, les fruits et légumes nettement quantifiés (5 à 10 par jour n'est-ce pas, on appelle cela la fraich'attitude !), les sandwiches vilipendés, la charcuterie raillée.
A défaut d'avoir chacun notre coach en nutrition, nous subissons chaque jour de nouvelles mises en garde contre notre attitude forcément irresponsable en la matière. Il faut boire beaucoup, avant le repas pour couper sa faim, pendant le repas pour faciliter le transit, après aussi sans doute pour d'autres raisons mais un excès d'eau, on l'a découvert il y a peu, pourrait être nocif pour les reins. Voire. Cela ne sert en fait, ni à purifier l'organisme, comme on nous l'a si souvent rabaché, ni à éliminer les toxines, juste à les diluer un peu plus !
Ensuite il nous faut arbitrer entre les glucides rapides et lents, éviter les uns, ne pas abuser des autres. Préférer les protéines végétales aux protéines animales. Sans compter que les uns nous prescrivent de nous gaver de protéines, et les autres de les supprimer carrément. Quant aux lipides, acides gras saturés ou insaturés, ils vont parfois jusqu'à faire baisser le taux de cholestorol, et snt alors recommandés. Mais, oui, les oméga-3 qui évitent la formation de caillots sanguins ou les oméga-6 qui protègent vos artères ! Et tout le monde sait maintenant que le corps humain transforme les sucres excédentaires en lipides.
A cette liste déjà bien complexe d'aliments prescrits ou proscrits, s'ajoute celle des valeurs caloriques de chacun, de leur teneur en magnésium (peut-être un peu démodée l'histoire du magnésium), en vitamines et autres précieux adjuvants. C'est ainsi qu'on nous recommande le chocolat, le fromage, le vin pour diverses qualités tout aussi contradictoires les unes que les autres.
Comme si nous n'étions pas assez mis en garde comme cela, viennent s'ajouter d'autres arguments. Il nous faut adhérer au discours du "ça se bouffe pas, ça se mange" du samedi midi sur France Inter, et partager les enthousiasmes et révoltes de maitre Coffe, dont les humeurs et les récriminations sont suffisamment de bon sens pour nous faire réagir. Allons au marché, soutenons les artisans de bouche, soyons des consommateurs avertis et exigeants. Chaque semaine on apprend à déceler le vrai du faux, sauf que le ton toujours rogue du sus-dit conseiller est parfois une simple invite à aller batifoler dans les supermarchés, rien que pour ne plus l'entendre râler.
Cela ne suffisant pas, chaque matin apporte son lot de nouvelles mises en garde. Hier c'était l'histoire de l'huile de tournesol ukrainienne frelatée, qui contiendrait selon les uns une huile minérale indéterminée, selon d'autres carrément de l'huile de vidange, et dont 2600 tonnes seraient éparpillés dans l'Europe entière, essentiellement dans des plats cuisinés, mayonnaises et autres préparations à base de matières grasses, fut-ce de façon limitée. Autant dire qu'on peut être à peu près certains d'en ingurgiter tous un peu de cette huile de vidange, l'affaire étant d'une telle ampleur à cause de sa dispersion que nos savants "précautionistes" ont renoncé à enlever du marché les produits qui contiennent moins d'1% d'huile de tournesol contaminée.
Et voilà que ce matin, c'était le procès des sushis, makis et autres sashimis. On interrogeait de braves péquins persuadés d'avoir fait le bon choix nutritionnel, équilibré, sain, léger, diététique, et tout et tout. Et on leur assénait une mauvaise conscience d'enfer en leur démontrant qu'ils participent égoïstement et sans aucun civisme à la ruine des océans. Mais oui ! Il nous faudrait partir au marché avec une liste supplémentaire, celle des poissons menacés. Mais l'affaire est loin d'être aussi simple que "je m'abstiens de manger du thon rouge" : pour certains poissons la consommation reste possible, la sardine, le bar ou le rouget barbet. D'autres sont très largement sur-exploités, le thon rouge bien sûr, la dorade rose, l'anguille, et même certains cabillauds allez savoir lesquels, et il y a même une catégorie intermédiaire "dont la consommation demande réflexion", de poissons en danger, mais sans que ce soit encore dramatique. Enfin, sachez qu'on ne raisonne plus en espèce, mais en populations... certains stocks étant sur-exploités, d'autres étant en bon état. Toute la question étant de savoir si les 20 grammes d'un sushi de thon mettent en péril les océans !
La conclusion à toutes ces prescriptions, prises de tête et appels au bon sens nous était donnée avec un naturel désarmant par un amateur de sushis ce matin : "les quotas, moi, ça m'intéresse pas, je pense à mon estomac, à bien manger, à m'en mettre plein dans le ventre"...
*@!!*@


mardi 13 mai 2008

SIMPLE SOUVENIR DE WE

Pas toujours besoin de longs discours !

lundi 12 mai 2008

PORT PARADIS

Le marais de la Seudre... ses herbes grasses, d'un vert insolent, ses tamaris, des piquetages de fleurs modestes et pourtant variées. Tout un monde à découvrir au ras des herbes... c'est plat, cela peut sembler désespérément morne, et soudain un éclat de lumière vous accroche l'œil, danse, éclate... Il faut le parcourir doucement, piéger les images et les sensations, un silence parfait peuplé de bruits d'animaux et d'oiseaux... ça scintille et ça vibre doucement sous le vent, et au soleil couchant c'est un festival de lumières changeantes et dorées. Tout un peuple d'oiseaux, aux allures incertaines : la vie moitié dans l'eau, moitié dans l'air vous affute les pattes... Ce marais qui n'a rien de séduisant et ne se laisse aimer que par ceux qui le parcourent en acceptant de s'y perdre, nous avons décidé hier de lui rendre une visite printannière. Des vaches curieuses, des lièvres effarouchés, des oiseaux faussement craintifs, à quelques pas d'une côte surpeuplée et artificielle, c'est toujours un havre dépaysant.
Notre promenade d'hier nous a réservé une délicieuse petite surprise : à Nieuille sur Seudre, gros village qui étale ses constructions neuves comme autant de mystères incompréhensibles en ce bout du monde, nous avons pris la route de Port Paradis. Et sommes arrivés sur le plus petit et le plus improbable des ports ostréicoles de charme de l'estuaire. Quelques cabanes, égrenées sans prétention le long du chenal, quelques barques à fond plat couchées sur une boue craquelée aux allures de pavage antique, et partout des caissons emplis de coquilles blanchâtres et vides. Un petit joyau de plus à inscrire au collier discret de la Seudre.

Le marais de la Seudre

Le 25 mai ce sera la fête de la Nature, partout en France, et aussi dans le val de Seudre

Et pour finir, le parrain de notre journal !!! (à une lettre près !) Le "héros" du Gua ! Cliquez, vous verrez !!!
PS pour les non-initiés... le vrai parrain du journal c'est Renaudot, Théophraste!! Mais foskifo, on ne croise pas souvent un amiral dans les chenaux de la Seudre !


samedi 10 mai 2008

SALUT CHAMPLAIN

Nous y sommes allés ! Affrontant la bruine (j'en rajoute comme d'hab, car le temps était plutôt clément même si le soleil n'était pas au rendez-vous) la foule et l'attente, nous avons participé à la fête. Il nous a fallu attendre 3 heures et demi, debout au bord du quai, et sans bouger, mais nous avons admiré comme il se doit le Belem et applaudi les voiliers en partance pour aller rejoindre nos cousins du Québec.
A notre arrivée, vers midi, le port de La Rochelle n'était qu'une immense étendue de vase impressionnante. La marée était forte, condition nécessaire pour que le voilier puisse manœuvrer et faire le demi-tour promis, mais 6 heures avant le départ, à basse mer, l'effet était saumâtre. Même le cygne avait déserté !
Nous avons déjeuné aux Flots, très "bourges", mais délicieux, alors qu'à deux pas, sur le parking Saint Jean d'Acre, la fête avait commencé. Les comités de quartier vendaient des moules, des seiches, des sardines, des tartines diverses... chaque quartier s'était vu attribué un élément de repas, et les convives, installés sur d'immenses tables le long des quais, allant d'un stand à l'autre, dument munis des tickets nécessaires à la confection d'un repas complet. Un peu plus loin s'alignaient les cabanes vertes des "toilettes du pape", tant il est vrai que la gestion de ce genre de détail doit être prévue lors de toute manifestation qui se respecte !

Nous avons ensuite parcouru la ville en parfait badauds, en attendant de trouver place face aux deux tours. Les organisateurs pour faire patienter la foule amassée sur les 2 bords de l'entrée vers le port, avaient prévu un spectacle sympa : une joute navale, quelques orchestres éparpillés sur des ponts de navires, et les bateaux locaux, surtout des utilitaires, lamaneurs, pilote, drague, venus faire des démonstrations qui nous ont permis de supporter sans trop faiblir une longue station débout ankylosante. On nous a même offert le ballet de quelques jolies filles dénudées qui mettaient un peu de couleur dans l'ambiance un peu grisaille de cette journée pourtant exceptionnelle.

Le clou du spectacle valait l'attente : le Belem est sorti majestueusement du bassin à flots, est entré dans le Vieux Port à une allure qui convenait parfaitement à son âge, puis en est ressorti un long moment plus tard, voiles presque déployées, dans le rayon de soleil surgi tout spécialement pour le saluer.

Et pendant ce temps-là, sur l'île de Ré, une jeune femme trouvait sur la plage une bouteille bourrée de messages, envoyée il y a environ un an par de petites canadiennes... émue par cet échange improbable et tellement mythique, elle envisage d'aller voir les gamines qui ont vraiment réussi à leur manière à fêter dignement les 400 ans de notre vénéré Champlain !

mercredi 7 mai 2008

AUTO PORTRAIT EN LARMES

Oui, ce soir je suis immensément triste... "Ils" ont coupé le superbe pin parasol de Plume la Poule... Vous savez cet arbre magnifique qui nous accueillait en haut de la petit côte sur la route de Royan, juste après la clinique, et avant d'arriver au carrefour de Vallières. Tout à l'heure en allant à Royan, j'ai juste réalisé trop tard que l'arbre avait disparu en "sentant" son absence, repère rassurant pour annoncer l'arrivée vers le boulevard de la plage. Au retour je me suis garée et suis allée lui rendre un dernier hommage... son tronc, strié de cent cercles d'âge, pleurait. Toutes les voitures immatriculées 17 ralentissaient, les gens se tordaient la tête, déviaient carrément sur la file de gauche... Je n'étais pas la seule à déplorer cet abattage sauvage. Un couple très âgé, dans une voiture pourtant immatriculée 75 a ralenti, la dame a baissé sa vitre et m'a demandé, atterrée "Que s'est-il passé ? Il est tombé ou ils l'ont abattu"... Un arbre qui avait été adopté par une association de défense des arbres anciens ! Ce n'était quand même pas la petite bosse que faisaient ses racines sur le macadam qui lui a valu ce traitement indigne. Je crains que le mystère reste entier, mais il me manquera, ainsi qu'à tous ceux qui sont passé des centaines de fois sous son tronc légèrement penché, couronné d'une feuillure régulière et altière. Celui du fond, qu'on aperçoit sur ma photo d'ensemble est encore là, mais moins visible et moins majestueux. C'est triste un arbre qui disparait, ce sont des milliers de pensées qu'on a eues sous ses branches qui s'envolent.

mardi 6 mai 2008

GALOPE CHENAUX


"C' qu'o l'est... qu'un Galope-Chenaux ? In gars de reun'... d'amprès çartains, qui ramasse tout c' qu'o traine dans la Ch'nau d'Seudre et ses ruissons, des heutres, des palourdes, des lavagnons et des bedjhâs...
Ine manière de braconnier d'la mer !... A z'y r'garder d'pus râs, y a pas pus malin qu'li !... Ecoutez-le causer... un verre de vin bianc près d'la goule... O y a pas meux qu'li peur te bailler d'bounes fariboles !"
Mais non, je ne verse pas dans le régionalisme à tout crin ... d'ailleurs moi, vous savez, je ne suis de nulle part ! Vaguement du Sud-Ouest, en quelque sorte Gasconne, avec une vague transversalité sentimentale vers les Landes, mais quand on est née dans une banlieue de ville, il ne vous reste aucune de ces attaches qui vous construisent un passé auquel on s'accroche dans les heures de nostalgie. Ma banlieue, elle a perdu depuis plus de 50 ans son air de village égaré à l'orée d'une grande ville, pour s'y noyer plus commodément. Je me sens parfois bien vacante, pas de famille, pas de terroir, et pas nomade pour autant.
Passons, ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est le Galope-Chenaux, qui, comme le dit cet auteur local cité en introduction, est une sorte de vaurien sympathique, qui maraude de ci de là, qui vit de petites rapines marines pas bien méchantes et qui, surtout, prend la vie du bon côté, celui qui laisse l'âme en vadrouille, sans attache et sans contrainte stérilisante.
C'était hier soir : profitant du soleil enfin revenu après une journée à vous faire perdre le rire, nous avons opté pour une ballade vers le port. La marée affleurait au quai et les canards manquaient de finir leurs vols planés sur la terre ferme. Le petit bateau qui fait l'excursion jusqu'à Cordouan se balançait tout doucement le long de son ponton, et, amarré derrière lui, un voilier d'une dizaine de mètres exhibait fièrement sa coque flambant blanche. Sur le pont un couple grattait avec application des planches encore un peu vermoulues, manifestement décidé à prendre le temps de voir venir les heures.
En fait, ce sont les propriétaires du Cote de Beauté, la navette de Cordouan, qui ont décidé de se faire plaisir et de tuer les heures creuses (quitte à être sur le port, pas vrai !) en remettant en état ce charmant voilier d'opérette. D'opérette il ne le fut pas toujours car c'est un sloop ostréicole de 1941, construit sur les chantiers Paraveau (enfin je crois) de Marennes et qui a à son actif une longue et difficile carrière de bateau à huîtres. Dématé par son premier propriétaire pour devenir une simple barcasse à moteur, il a été racheté dans les années 90, alors que son propriétaire abandonnait les bassins ostréicoles, par un amateur qui lui a rendu son allure d'origine. Puis, manifestement, s'en est lassé car il pourrissait joyeusement dans un arrière coin du port de Meschers, où nos deux tourtereaux l'ont déniché. Monsieur a craqué, et Madame, enchantée, projette déjà d'aller faire un stage aux Glénands pour devenir une digne équipière ! Ils l'avaient déjà nettoyé, en cale sèche, relooké sur l'extérieur, et hier soir l'avaient mis à l'eau. La cale se remplissait allègrement pendant qu'elle nous racontait tout cela et nous avons ainsi appris toute l'histoire de leur entreprise, celle du voilier et aussi son nouveau nom.
Car quand on achète un bateau, on a le droit de changer son nom, et comme l'ancien ne leur plaisait pas, ils ont opté pour celui de "Galope-Chenaux"... une expression de Marennes, dont Madame est originaire, et qui s'utilise encore parfois. Genre "tu vas pas encore me ramener tous ces galope-chenaux", remarque acerbe d'un père parlant à sa fille, vous l'avez compris, des copains de celle-ci. Je vous mettrai un jour sans doute la photo de celui qui est, grâce à eux, devenu le plus ancien gréement du port de Meschers, mais en attendant, celle qui illustre l'article est celle d'un petit cousin, remis en état par d'autres passionnés et qui a élu domicile à La Flotte en Ré, "le Père Gabriel".
Et puisque comme décidément il est beaucoup question de vieux voiliers ces temps derniers, je vous fais partager les nouvelles locales ! Le Belem a accosté aujourd'hui au port de la Rochelle, sous les applaudissements de la foule venue l'accueillir. J'ai suivi avec attention son arrivée à la radio, où toute la manoeuvre a été décrite avec force enthousiasme par le reporter de service embarqué à son bord. Le Belem passera 2 jours à La Rochelle avant de donner jeudi le départ pour la Grande Traversée de l'Atlantique à destination du Québec. On fête en effet cette année les 400 ans de l'arrivée de Samuel Champlain, natif de Brouage, en Nouvelle France. C'est l'occasion de nombreuses manifestations dans nos deux pays, dont cette traversée qui devrait arriver sur les côtes québécoises vers le 24 juin. Elle sera suivie d'un voyage en sens inverse organisé par nos amis canadiens, qui l'ont baptisé "le retour aux sources".
Les festivités du 8 mai promettent d'être spectaculaires car le Belem entrera dans le vieux port de La Rochelle (vous imaginez le Belem entre les tours !!) pour en ressortir en escortant les 48 voiliers inscrits à la GTA en partance pour les rives du Saint Laurent, via les Açores.

dimanche 4 mai 2008

GRISAILLE LUMINISTE

Les nuages promis sont arrivés après une matinée superbe pour explorer nos sources et nos grottes... la météo n'est pas si idiote qu'elle en a l'air, et même elle sait parfois être au diapason. Celui ce soir d'une maison vidée de sa jeunesse pour retrouver bientôt son rythme de croisière, un peu impavide, un peu hors du temps. C'est vrai que dans notre "trou du c.. du monde", ainsi qu'on peut le nommer quand on a 20 ans et une envie d'avenir à vous faire dévorer l'univers, le temps s'est arrêté à la porte de nos illusions. Il est paisible et notre choix de vie exhibe avec impudeur son incongruité en ce siècle de paraître. On assume ! Avec un peu de provocation, une légère nostalgie à base de rêves inaboutis, mais qui n'en a pas à nos âges, et le très fort sentiment d'être, quoiqu'il paraisse, des privilégiés.

Une grisaille c'est un jeu étonnant de lumières et d'ombres, qui recrée la couleur sans en avoir l'air, tout en jouant sur le blanc et le noir. Comme le soleil quand il nous fait des contre-jours à faire pâlir d'envie les luministes du début du XXième. Cela n'a rien de triste même si le mot le suggère, c'est une proposition d'ouverture, avec une grande place offerte à l'imaginaire, à la sensibilité. Cela raconte parfois tout une histoire comme une photo de Doisneau !

samedi 3 mai 2008

DES TONNES !!!

Des tonnes de bonheur pour nous que ce long-week end en compagnie de nos filles ! Et que fait une fille gentille quand elle a envie de croquer un morceau d'une enfance encore si proche, et qu' elle veut faire plaisir à sa maman ? Elle lui offre des fleurs, des tonnes de fleurs... des fleurs des champs, des graminées, des boutons d'or, des œillets sauvages, et même ce splendide bouquet d'iris d'eau cueillis tout exprès pour elle avec des ciseaux à ongles (!) dans les ravins du marais de Talmont...
Le marais, son charme discret, à peine suggéré et accessible seulement à qui veut le découvrir... le marais et ses tonnes que nous sommes allées explorer! Marie n'était pas du tout tentée par la perspective de s'enterrer dans ces sortes de bunker camouflés, pour chasser le canard. Mais ce n'est pas le canard qui compte ! C'est l'observation et l'écoute des oiseaux dans la nuit et dans la brume du petit matin qui fait le charme de ces bâtisses malhabiles, couvertes d'herbes sauvages et affleurant comme une casquette incongrue sur le bord des étangs. Un plaisir savouré encore par ceux qui gardent jalousement vivants ces témoignages d'un passé resté ici vivace.


Et un blog plein de photos et de passion : la chasse à la tonne dans la vallée de la Boutonne

Ensuite, il ne nous restait qu'à savourer en tout quiétude une journée presqu'estivale, soleil, plage et au loin les vieux gréements qui croisaient sur l'estuaire.

Peut-être aurez-vous envie de lire aussi :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...