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dimanche 31 mai 2009

ENCORE LES PORTS

Quitte à être à Bordeaux, nous avons eu envie de retourner voir l'expo "Sur les quais", vue trop vite la première fois, faute de temps... Et pour le coup, nous n'en avons revu que la moitié, et je regrette vraiment de n'avoir pu tout revisiter. Un parcours magnifique, rendu absolument passionnant par les citations littéraires bien choisies qui accompagnent des œuvres d'une grande qualité.
Je ne vais pas vous la représenter, ce serait redite... mais je me contente de vous donner nos deux oeuvres préférées... à vous les filles, quelle est celle de Michel, quelle est la mienne ???


A propos de Jondkind, une anecdote sympathique : venu s'installer à Paris, il était très pauvre et fut un jour obligé de retourner en Hollande. Ses amis artistes, Courbet et bien d'autres, qui appréciaient autant ses peintures que sa conversation, décidèrent alors de l'aider : chacun réalisa une toile, ils se les vendirent les uns aux autres, et avec l'argent récolté (5000 francs, une petite fortune dans les années 1870) ils permirent au peintre de revenir à Paris où il put finir ses jours.

COUSTET DEUXIEME !

Je vous ai déjà parlé de l'exposition Coustet, cet érudit bordelais dont j'ai suivi autrefois les cours d'histoire de l'art et qui a légué ses collections à la ville de Bordeaux. En fait, lors de notre précédente visite, elle présentait des objets et œuvres d'art XVIII et XIXèmes, et nous n'avions pas découvert grand chose de captivant car c'était assez modeste. La deuxième partie, qui se déroule actuellement, étant consacrée aux œuvres XXème. Beaucoup plus intéressante à mon avis, elle présente un ensemble de peintres locaux actifs durant tout le siècle.précédent. Ils sont pour la plupart méconnus du grand public, n'ayant pas bénéficié d'une renommée suffisante pour retenir l'attention des médias. Certains ont pourtant un réel talent, et les textes de présentation les rendaient encore plus intéressants à découvrir.
Témoin ce superbe portrait de Jenny par Robert Chazarac, dessinateur effacé mais virtuose du clair-obscur qui cerne son modèle d'une plume incisive et d'une grande expressivité. Le lavis gris qui souligne l'ensemble donne l'impression de participer au secret des pensées de cette élégante jeune femme.

A l'entrée, cette petite peinture sur contreplaqué de Riccardo Gomez-Gimeno accueille le visiteur par un clin d'oeil : les peintres bordelais se sont toujours plaints de l'ignorance et de l'indifférence de leurs concitoyens en matière d'art. Le tableau dénonce, par la caricature, le snobisme d'un public bourgeois qui, selon un cirtique d'art, ne s'intéressait à la peinture qu'en fonction des cours de l'Hôtel Drouot". Au dos, une inscription rapporte le dialogue de ces deux visiteurs.
Lui : "Pfff..."
Elle : "Tu as vu que c'est de x..."
Lui : "Oh alors, c'est très bien... parfait !"

Comme il faut bien faire un choix, j'ai envie de vous présenter le peintre de ce bouquet, réalisé avec une légèreté et un brio qui le rendent vibrant d'une lumière qui semble jaillirs des fleurs elles-mêmes. Tobeen, c'est la signature qu'il a choisie, est l'anagramme de son vrai nom, Jean Bonnet. Ce fils de menuisier qui découvrit la peinture grâce aux toiles que les artistes reconnus, comme André Lhote, venaient faire encadrer chez son père, considérait la peinture comme la partie "matérielle" de sa vie, qu'il faisait passer après des exigences spirituelles de loin prioritaires. Il fit une carrière modeste, loin du bruit et de l'agitation des milieux artistiques, pourtant reconnu comme ayant un réel talent.

Enfin j'ai flashé sur cette toile abstraite de Marcel Pistre, qui, quant à lui travaillait dans un laboratoire pharmaceutique et cultivait la peinture avec une très haute exigence. Obsédé par la texture, il préparait inlassablement ses toiles au blanc, ponçant ses fonds jusqu'à la perfection avant de se lancer dans le motif. Ensuite, il installait sur ces fonds ses formes, qu'il appelle "pôle actifs", qui fixent l'instant et semblent prête à exploser. Il dit "c'est la seule manière d'arrêter le mouvement stupide de l'horloge et du calendrier... mon aventure picturale demeure une expérience mystico-profane personnelle, au sens le plus humble du terme". Et, du fait de la qualité de préparation et de la fulgurance du motif, l'ensemble présente une transparence, une luminosité, une vibration extraordinaires qui m'ont vraiment séduite. Le peintre avait renoncé aux titres descriptifs, préférant avec une réelle modestie identifier ses œuvres par le terme de peinture, flanqué d'un numéro. Pour mieux se représenter cette œuvre, il faut prendre en compte sa taille, 96 par 146 centimètres.

La taille réelle d'un tableau compte pour beaucoup dans sa lecture et sa compréhension. Et j'avoue avoir marqué un petit mouvement d'humeur quand j'ai découvert la taille réelle de la toile choisie pour les affiches de l'exposition. Cette petite peinture, presque miniature, par 25 par 20 centimètres (à peine plus grande que sur votre écran), tient plus de l'illustration ou de l'enluminure que de la grande composition, et son rendu en affiches de 1 mètre par 2 donne un résultat à la limite de la trahison. Comme elle faisait aussi la couverture du catalogue j'imagine que Monsieur Coustet a une affection toute particulière pour elle !

Z'ANIMAUX...

Quelques photos qui devraient plaire à Zoé (cliquer dessus pour mieux les voir !)! En ce samedi de lendemain de match, et de préparation d'une autre finale autrement plus médiatisée, alors que les places se remplissaient de supporters pour le foot, que les mariées et leurs cortèges défilaient en rang organisés à la mairie de Bordeaux, il faisait bon se promener dans les rues et les jardins de la ville. D'autant qu'on pouvait y admirer une exposition urbaine de 12 oeuvres réalisées des artistes bordelais. J'ai choisi pour vous le crocodile, un couple d'algues, et surtout, mon préféré, les méduses !

Guillaume RENOU : l'impressionnante mâchoire du crocodile jaillit du bassin... une étonnante composition en miroirs multicolores et en inox poli... !

Christophe CONAN : à partir de matériaux bruts, résine, métal, l'artiste joue avec la légèreté, la lumière, le mouvement de l'univers fascinant des grandes profondeurs

ON A PERDU !!!!

L'image est inédite :
le papa de Pelous au centre, un clermontois à droite, Marc à gauche !!
Avant le match, Marc a encore le sourire...
Et voilà, ils ont gagné ! Et partout des 63 !!!

Pour son anniversaire Michel, vous vous en souvenez peut-être, s'était vu offrir par sa maman des places en demie-finale du TOP 14... et comme nous aimons bien y aller avec eux, j'ai moi-même offert à Marc le même cadeau pour son propre anniversaire. Vendredi donc, nous avions rendez-vous à Bordeaux qui pavoisait déjà football mais qui, pour l'occasion accueillait des hordes de fans de rugby de Toulouse, mais surtout de Clermont. La ville, avant d'être en bleu marine, et de fêter sa victoire contre Caen, était en jaune et bleu, aux couleurs de Michelin et des monferrandais pleins de fougue.
Dès le tramway, l'ambiance était chaleureuse et Marc a pactisé avec un sympathique groupe de 63 : ils ont même posé avec le papa de Fabien Pelous, venu assister au dernier match de son fils. Pauvre Pelous ! les toulousains, dont nous portions les couleurs (par nécessité !! avec Marc pas moyen de faire autrement... d'autant qu'il nous avait par précaution offert leurs maillots) n'avaient pas la forme. Et les clermontois voulaient gagner, ils étaient vifs, compacts en défense et ont parfaitement tenu le match... comme disait le supporter du tram "nous gagnons toujours les demies finales"... Le stade était aux 2/3 jaune et bleu, Toulouse a encaissé dans les premières minutes un essai qui les a mis ko, et n'a jamais su remonter son handicap. Ils avaient des semelles de plomb et même si la deuxième mi-temps a été un peu plus inspirée, Clermont a bien gagné sa place en finale... Tu vas pouvoir de nouveau te passionner pour eux Marie la semaine prochaine, quant à toi mon Hélène je ne sais qui tu supporteras de Clermont ou de Perpignan... mais vraiment on aimerait qu'ils gagnent, ils le méritent ce bouclier de Brenus depuis le temps qu'ils en rêvent ! D'ailleurs on a appris leurs slogans pour pouvoir donner de la voix samedi prochain au Stade de France ! Suite au prochain week-end !

Marc a fait contre mauvaise figure bon cœur, a admis avec panache la victoire de l'adversaire (il a même très sportivement applaudi Clermont à la fin), et nous avons noyé notre chagrin supposé dans un petit Clairet bien gouleyant. Il fallait bien se remettre, mais Marc a trouvé que mon cadeau n'était finalement pas terrible !

vendredi 29 mai 2009

ET POURTANT IL EST BRUN !


L'été semble enfin au rendez-vous, et il est temps pour nous de profiter de notre belle région avant que l'invasion touristique ne nous cloître à la maison. Le prétexte était une exposition qui se termine le 2 juin, organisée par le centre d'art contemporain de l'abbaye de Trizay. D'abord l'occasion de revoir cette belle ruine toujours très évocatrice, et éventuellement de découvrir un artiste qui nous plaise.

C'était "les nanos et la musique des ondes" par Nina di Nozzo. Cette artiste qui s'est dans un premier temps tournée vers la tapisserie, s'est installée en 2004 à La Rochelle où elle a découvert la calligraphie. Elle travaille sur du washi, papier très souple et très fin produit artisanalement au Japon depuis 1300 ans. Fabriqué à partir de longues fibres entrelacées de mûrier, ce matériau flexible et solide accueille ses "nanos". Séduite par la musique techno-pop, et en particulier par un certain Haruomi Hosono, elle invente un avenir imprégné d'une ambiance futuriste et fascinée par les nanotechnologies. A dire le vrai, attirée par l'affiche dont le graphisme me semblait élégant, j'ai été un peu déçue par ses petits personnages aux antennes multiples et aux sur-lignages d'or pas vraiment magiques. Le washi absorbe sans concession les traits et autres taches de couleurs et se plisse d'une façon inattendue, par toujours très adaptée au sujet, donnant une impression plutôt floue et mal maitrisée.

Il y avait à quelques kilomètres une autre exposition que j'avais fort envie de visiter : la cinquième édition de "Quilts de légende", abritée par la tonnellerie et la poudrerie de Brouage. En fait ce sont de superbes patchworks inspirés de pièces XIXème et début XXème, chatoyants et lumineux, qui sont un vrai hymne à la patience et à l'imagination. Mais voilà, nous ne les avons pas vus, car à l'entrée on nous a opposé une fin de non recevoir définitive, à cause de Nickolson. J'avoue avoir perdu patience, car il avait déjà fallu négocier pied à pied à Trizay pour assurer que le chien ne poserait pas de crotte sur les pelouses car nous le tenions en laisse et ne pisserait pas contre les aquarelles fort haut perchées. Trizay par ailleurs envahie par une troupe de collégiens en totale liberté, qui couraient et criaient dans tous les sens au mépris du lieu et de la prudence, un peu assourdissants et pas particulièrement respectueux des autres visiteurs. A Brouage, je ne sais quel était l'argument qui justifiait de nous imposer de laisser le chien dans la voiture par 30° à l'ombre au risque de le faire mourir dans les 10 minutes, ou à la porte en plein soleil, assourdissant les passants de ses gémissements d'animal abandonné. Bonne occasion alors pour nous reprocher de maltraiter le pauvre animal !

Entre l'hygiène, le respect (ce n'était pas une église, même désaffectée), la bienséance (ce n'était pas un musée), les pelouses (voyez la photo de la salle!!), et je ne sais encore quelle fadaise, on ne doit pas s'étonner qu'en début d'été les bas-côtés de nos routes regorgent d'animaux perdus et que la SPA soit envahie de malheureux clébards abandonnés. Un chien bien élevé, tenu en laisse, est un animal domestique qui n'a guère pour habitude de pisser contre les murs, de mordre les gens ou de dévorer les tapisseries. Et si le chien se tient mal, les propriétaires en sont responsables, quitte à assurer les dédommagements financiers s'il cause des dégâts. Le problème est qu'on ne sait plus sanctionner, donc on prévient, on fait du sécuritaire, en privant tout le monde de liberté. A force d'interdire aux chiens tous les endroits possibles, des plages océanes (donc désertes et nettoyées par la marée) en plein hiver aux jardins, restaurants, tous magasins, trottoirs et pelouses , on frise l'interdiction totale de l'animal de compagnie, sous des prétextes préventifs, hygiénistes et fantaisistes de plus en plus liberticides. Il faudrait avoir le courage d'ordonner l'euthanasie de tous les animaux de compagnie puisqu'on ne les tolère plus nulle part, et que toute sortie avec un chien en laisse se transforme en un rodéo de justifications permanentes, pour excuser le moindre de ses gestes. Matin Brun commence par la suppression de tous les animaux autres que bruns, mais la couleur de notre wippet ne lui a été en l’occurrence d'aucun secours ! Ce pauvre Nickolson ne met plus jamais le nez dehors, et pour une fois que nous le sortions, tout nous était interdit.
Notre visite à Brouage a été un peu gâchée par cette algarade, et nous avons regagné nos pénates un peu déprimés. Le concert à l'église était, bien sûr et rien de plus normal, exclu, et on se demande si la promenade dans les rues du village se serait passée sans heurts si nous l'avions prolongée !! Dorénavant il restera à la maison. Quant à l'exposition qui semble fort belle, je ne sais si j'aurai le courage d'y retourner.

Une des spécialités de la région de Brouage est le chou, abondant et superbe en cette saison... au moins dans les champs de choux on ne nous a pas chassé pour cause de canidé !

dimanche 24 mai 2009

AIX ET LOTI


Rochefort s'enorgueillit, vous le savez, d'être la ville natale de Pierre Loti, et Julien Masmondet, le jeune directeur artistique du festival "Musiques au pays de Pierre Loti" a décidé chaque année de choisir pour ligne directrice des thèmes chers à l'écrivain. Après l'Orient ou l'enfance, c'était cette année l'Espagne et le pays basque.
Le festival, qui a déjà 5 ans d'âge, nous a été révélé par Gérard, qui y assure bien sûr les accords... Il y avait un concert, que nous n'avons pas vu, à la maison Pierre Loti, d'autres à la citadelle du Château d'Oléron, et aujourd'hui, c'était dans le jardin de la maison dite de l'Empereur, sur l'île d'Aix. Nous n'étions pas retournés sur l'île d'Aix depuis ce jour d'hiver lointain où nous y avions fait une visite venteuse avec Frédéric, je ne sais si vous vous en souvenez !

Délicieux concert donc, sous un ormeau centenaire, ponctué par le chant des oiseaux, et consacré à Ravel, Granados, Pablo de Sarasate et Camille Saint Saëns. Le jeune pianiste, Jonas Vitaud, était délicat et réservé, son jeu précis et léger s'accordait avec goût aux rythmes espagnols. J'avoue avoir trouvé le violoniste qu'il accompagnait un peu "juste", mais le violon s'accorde mal à l'extérieur et peut-être le programme était-il un peu au-dessus de ses forces.

Nous avons eu droit, à la fin du concert, à un spectacle bis, Gérard rembarquant le Steinway sur son Klavier Roller. Toujours un peu cabotin, il nous a fait une démonstration parfaite de l'exploit auquel il se livre en toute impunité lors de chaque concert, à savoir transporter seul un piano à queue de concert, et a achevé sa prestation sous une ovation ! Le domaine musical de Pétignac est toujours à la hauteur !

La municipalité de l'île d'Aix, décidément très accueillante, nous a offert un petit vin des pays charentais délicieusement parfumé, presque doux, qui nous a mis dans un état d'euphorie total. Une petite crêpe avec Fabienne et Gérard avant de reprendre le bateau pour la terre ferme et laisser nos tourtereaux au plaisir de voir l'île se vider des touristes et autres étrangers en vadrouille, et savourer la délicieuse impression de passer la soirée dans une île déserte (ou presque !)

samedi 23 mai 2009

QUATRE QUATUORS


Les quatuors Voce, Amaryllis, Collegium et Callino... 
les deux premiers nous ont particulièrement impressionnés

J'ai toujours 16 ans quand j'écoute Schubert... surtout sa musique de chambre, et plus encore ses quatuors. J'ai l'esprit qui se vide de toute la lie de la vie, de toutes les scories du quotidien, pour s'évader vers une sorte de rêve latent qui me renvoie des décennies en arrière. Et surtout Schubert me provoque une respiration idéale, dont le rythme me remplit d'un délicieux bien-être. Et ce week-end, j'ai été comblée : nous sommes allés passer deux jours à Bordeaux pour le Festival du quatuor à cordes de Bordeaux.

Cette manifestation qui se déroule en partie dans la cour Mably, en partie sous la halle des Chartrons, est depuis annuelle et accueille de jeunes formations talentueuses et pleines de cette énergie musicale qui, partagée, vous fait aimer (presque) n'importe quoi du moment que c'est joué avec conviction et enthousiasme. Nous avons ainsi eu quelques pièces contemporaines difficiles mais rendues très lisibles par la fougue de leurs interprètes. Quant à Schubert, il fut présent deux fois car deux des quatuors avaient mis le même quatuor Rosamund à leur programme.

Il faisait à Bordeaux un temps délicieux. Nous avons logé à l'écolodge des Chartrons, une chambre d'hôte très accueillante, d'un goût parfait et fort confortable. Le petit déjeuner, familial et bon enfant, nous a permis de discuter avec les propriétaires, et ce genre de moment est un des charmes de ce type d'hébergement. Par hasard, nous avons rencontré Maryse et Didier au concert de midi, et du coup nous avons passé une journée très sympathique avec eux. Du déjeuner face au miroir d'eau en évoquant entre deux bières les fins dernières de l'homme, au dîner post concert sur la chaleureuse place des halles aux Chartrons, nous étions d'accord pour réaffirmer que Bordeaux est vraiment devenue une ville très douce à vivre. Cours du Chapeau Rouge Didier, plein de fougue, nous a interprété une chanson réaliste des années 60 tout à fait truculente !

jeudi 21 mai 2009

PREMIER MOJITO

La saison des mojitos est ouverte ! La menthe est au top de son parfum, et la gaité à son apogée !!

mardi 19 mai 2009

ELOGE DE LA VIRGULE

Pas toujours satisfaisant pour l'ego d'être prof... Je viens de terminer mon cours, la dernière diapo de mon diaporama s'affiche encore sur l'écran, et devant, le traditionnel retardataire gratte encore, et soudain grogne : "kes ke ça veut dire ...". Son voisin, attentif, lui donne le sens de la phrase, et lui grommèle "mais il manque la virgule". Faut dire, vous le savez sans doute, que mes oiseaux, sans être ni pires ni meilleurs que d'autres, ont cependant un sens de l'orthographe, de la grammaire et de l'expression française assez fluctuant. Leurs copies, comme c'est malheureusement le cas à l'heure actuelle, demandent avant lecture un réinterprétation attentive, un décryptage laborieux tant leur syntaxe est floue et leur orthographe défaillante. Je ne suis pas prof de français, mais le contrôle de gestion, une fois qu'on s'est éclaté en tableaux et en chiffres, demande une analyse rigoureuse qui est loin de trouver son compte avec mes impétrants. Certains sautant carrément les analyses, les autres se livrent à de véritables tours de force du maniement de notre belle langue, et bien malin est celui qui peut alors comprendre le conseil de gestion qu'ils y prodiguent.
Mais pour autant, il ne faut pas leur en compter, et la moindre maladresse orthographique essuie leurs foudres implacables. Pourtant, on m'avait jusqu'à présent épargné la honte de la virgule oubliée ! Bon, soyons franche, c'est vrai que c'est toujours vexant d'être prise en défaut, et l'absence de cette virgule enlevait tout sens à ma phrase. Tant il est vrai que cette ponctuation, qui marque une courte pause dans la phrase, peut en éclairer, voire en compléter le sens.
Tant il est vrai aussi qu'il faut apprendre à respirer, à ordonner, à classifier ses idées et que la virgule joue un rôle qui n'a rien de secondaire.
Je vous épargnerai l'origine ou l'éthymologie du mot car je ne tiens pas à ce que mon blog devienne le dernier où l'on cause pour les obsédés en tous genres. Wikipédia s'en chargera très bien (suivez le lien). Et s'il est vrai que l'usage de la virgule est primordial pour équilibrer, organiser, voire éclairer le sens d'une phrase, son maniement peut se révéler plus complexe qu'il y paraît. Essayez le petit exercice de ce site consacré à l'amélioration de la langue française , et vous m'en direz des nouvelles !! "Les silences sont ce qu'il y a de plus difficile à écrire" disait Haydn !

lundi 18 mai 2009

SANS FACON

Après un week-end pénitence où nous avons enregistré le décès de notre dernier ordinateur, (ce n'est pas une plaisanterie, trois en moins d'un mois) où la pluie n'a cessé de tomber et le feu de brûler dans la cheminée, je me trouve fort dépourvue en termes de nouvelles affriolantes.
Quelques images tiendront lieu de longs discours en attendant des temps meilleurs !

Michel, sans doute ému par mon précédent billet, a réitéré le bouquet de fleurs sauvages à quelques (c'est un doux euphémisme que ce "quelques") années de distance : les fleurs sont bien plus belles (les friches fleuries sont passées par là, qui n'existaient pas il y a 35 ans), et le vase a fait quelques progrès, digne maintenant de cette brassée multicolore !

En parcourant dimanche soir les marais enfin illuminés de quelques rayons de soleil ,mais totalement impraticables tant l'eau tombée ces derniers jours nous rassure sur l'état de la nappe phréatique, j'ai glané ces images, souvenir, Marie, du jour où nous les avions parcourus ensemble... Et pour Hélène, cette photo d'un moulin fort habilement restauré qui se niche, le croiras-tu, à Meschers... promis je te l'emmène voir la prochaine fois que tu viens, il te plaira !

Dernier clin d'œil de la journée pour Colibri... ce soir j'ai tenté un dîner tout en rouge et noir, de l'entrée au dessert, qui était, comme il se doit un savoureux mélange de pruneaux et de fraises, recette piquée sur Cuisines et dépendances, à laquelle j'ai ajouté une goutte de liqueur de fraises (et oui, Lénou, il nous en reste)... Mais pour illustrer cet hommage, ma photo en rouge et noir joue du camélia et de l'éclipse (nom de la sculpture noire qui voisine avec les fleurs).

Comme la dèche était totale ce week-end, il n'y avait pas même un film potable au cinéma. Nous avons donc bien apprécié d'avoir notre "Famille Suricate", qui nous a beaucoup ému et m'a fait très peur ! Les scènes avec le serpent étaient terrifiantes !! Tu avais raison mon Hélène, le bonus apporte beaucoup à l'intérêt du film, et nous avons adoré les explications sur le tournage ! Une aventure humaine passionnante que le tournage de ce film délicieux.

vendredi 15 mai 2009

S'IL N'EN FAUT QU'UN...


Voilà 24 heures que je me prends la tête, à essayer de résoudre un problème insoluble. Hier soir, je lisais "Élégie pour un Américain" de Siri Hustvedt, que tu m'as offert Marie (et qu'entre parenthèses j'aime vraiment beaucoup). Sans doute impressionnée par le jeu lancée par Oxygène à propos de la photo de Doisneau, j'ai achoppé sur l'histoire du pull rose pelucheux de Marit, "qui perdait ses poils comme un colley au printemps". Le père du narrateur raconte comment le lendemain, en enlevant une à une les fibres qui étaient restées accrochées à sa veste "autant dire rose", il a senti monter en lui une infinie tendresse pour cette jeune fille, et comment c'est à ce moment-là qu'il s'est senti devenir amoureux d'elle.
"Si on me disait que je ne peux conserver qu'un seul souvenir de ma vie et que tous les autres doivent disparaître, je choisirais celui-là..." Le jeu m'a plu, j'ai décidé de le jouer à mon tour, et c'est là que les ennuis ont commencé.
Réflexe sans doute naturel, j'ai évoqué le jour où j'ai vu surgir, sapé comme un astre, votre papa dans ma chambre de clinique, jour où tu le sais Marie, nous devions te rencontrer pour de vrai pour la première fois, et où il s'était habillé en ton honneur. Mais aussitôt, a surgi un deuxième souvenir tout aussi prégnant, de l'instant où le Docteur C... a soufflé sur le visage de ma petite Hélène en annonçant, hilare "C'est une fille". Donc, n'ayant droit qu'à un seul souvenir, j'ai été obligée de chercher autre chose, et j'ai renoncé définitivement à vous impliquer dans le jeu.

J'avais bien sûr à ma disposition le souvenir de la honte qui m'a saisie, au retour du Pyla certain jour de mai 1973, quand je me suis aperçue en rentrant chez moi que j'avais oublié le brin de bruyère que m'avait gentiment cueilli le drôle de garçon que mes amis Brigitte et Alain venaient de me présenter. Mais on ne garde pas un souvenir de honte. Se sont alors présentés à moi d'autres souvenirs de fleurs sauvages, offertes par le même jeune homme, affligé d'un rhume des foins terrible, déclenché par la cueillette en plein champ, bouquet pour lequel, tant il était gros, je n'ai trouvé de meilleur vase qu'une poubelle vidée de son contenu. Mais comment choisir entre ces fleurs, d'autant que d'autres souvenirs en foule m'ont alors assaillie, du temps de la découverte et des premiers instants, où je n'ai pas toujours eu un rôle avantageux. On ne garde pas comme unique souvenir celui du jour où, par exemple, suite à une trop forte émotion et à une véhémence caractérisée, on ne trouve rien de mieux à faire que de s'encadrer dans le feu du discours, dans un poteau de feu rouge. La bosse qui s'ensuivit résolut d'ailleurs ce jour-là bien des interrogations !
Les souvenirs d'enfance sont, quant à eux, assez traîtres, tant il est vrai qu'on a du mal à y distinguer le vrai du faux, autant dire ce qu'on vous a raconté mille fois et ce dont vous vous souvenez réellement. Il y a bien l'odeur de la fleur d'oranger des navettes de ma grand-mère, mais n'ayant aucun souvenir heureux de mes séjours à Marseille, ressentis comme autant d'abandons, je n'ai pas eu envie de ces sensations là. Je devais en être là de mes réflexions quand le sommeil m'est tombé dessus comme un gros sac, noyant dans d'autres rêves l'impression que je ne suis, décidément pas très douée avec la mémoire.

J'ai repris en partant travailler ce jeu fort distrayant, et me suis égrené des multitudes de tranches de vie, ai "re"ssenti des dizaines d'émotions oubliées, sans jamais parvenir à choisir un moment plutôt qu'un autre. Je repoussais bien sûr d'office tous les souvenirs douloureux ou pénibles, mais il m'a aussi fallu les affronter, ne fut-ce que quelques instants. J'ai tenté une fixation sur l'immense fierté que j'ai ressenti le jour où Henri m'a amenée voir "Les 101 dalmatiens", étourdie de bonheur d'avoir le même jour mon grand frère pour moi toute seule, d'aller au cinéma, et de "monter devant", dans sa superbe Dauphine. C'était une espèce de tacot déglingué d'une improbable teinte brunâtre, fruit de relookages intempestifs et maladroits, mais le véhicule me semblait un carrosse, et ma sortie digne de n'importe quel conte de fée. L'intensité de l'émotion ressentie m'a semblé de bon aloi, mais, à la réflexion, comme unique souvenir devant effacer tous les autres, cela m'est apparu un peu léger à l'usage !
A y bien réfléchir, le jeu a fini par me décourager et, plutôt que de trancher en fonction de critères qui me semblaient de plus en plus impalpables, j'ai dit "Pouce" et j'ai décidé de garder tous mes souvenirs vivants, heureuse de ce petit voyage dans le passé pour lequel je n'éprouve en temps normal, qu'une attirance modérée.

mercredi 13 mai 2009

UN TEST...

Un courriel reçu de Philippe... je vous le livre car il est marrant, comme tous les tests, si on essaie d'y répondre... Ben oui, j'ai toujours envie de jouer !!! Mais je me permets d'y insérer quelques conditionnels car les affirmations péremptoires qu'il contient, sans citer aucune source, me semblent sujettes à caution... Comme est sujet à caution ce merveilleux pourcentage de 90% dont tout bon statisticien mettrait la véracité en cause (pas vrai Koka ??)...











Dans quelle direction roule l'autobus ci-dessous?

Vers la gauche ou vers la droite?

Pas évident, hein?

Regarde de nouveau l'illustration, bien attentivement, cette fois!

Tu ne sais toujours pas?

Cette même question a
(aurait ) été posée, dans le cadre d'une étude, à des enfants de maternelle.
90 % d'entre eux ont
(auraient) répondu :
"L'autobus va vers la gauche."

Et lorsqu'on leur a
(aurait) demandé d'expliquer pourquoi ils pensaient que l'autobus allait vers la gauche plutôt que vers la droite, ils ont (auraient) répondu:
"Parce qu'on ne voit pas la porte, pour sortir de l'autobus!"

Vous vous sentez comment, là ?

Je sais. Moi aussi.


Et puis, y a un truc qui me gêne... et les enfants qui confondent la droite et la gauche, ils ont fait comment ???
Et quitte à parler de pourcentages, je vous livre la réflexion du jour. Ce soir sur France 2 "ça se discute" vous offre une émission intitulée "Amitié homme-femme, peut-on éviter l'ambiguïté ?". Ma station de radio du matin m'affirmait, toujours sans source et sans référence à la taille de l'échantillon, que 31% des hommes répondent OUI à cette question. Vous dire l'incertitude des sources et l'aisance avec laquelle on manipule les chiffres : le site de France 2 prétend, quant à lui, toujours sans informations sur l'enquête menée, que 53% des français sont affirmatifs. Faites une moyenne en admettant qu'autant d'hommes que de femmes ont répondu à cette question... soit x le pourcentage de femmes ayant dit OUI, on peut poser aisément (toujours un clin d’œil pour Koka !):
[(31% + x ) / 2 ]= 53% d'où on tire que x = 75%...
Les femmes seraient-elles naïves ? candides ? ou rusées ???
Toujours est-il que l'émission de Jean Luc Delarue me semble risquer d'être un peu biaisée par le choix d'invités un peu trop jeunes, ou néophytes dans l'art de l'amitié, la vraie, celle qui s'est confronté avec succès à l'épreuve du temps, de l'éloignement et autres avatars incontournables qui sont autant de pierres d'achoppement à la réussite d'une amitié. Il s 'agit de toute évidence de faire dans le croustillant et le vrai sujet ne sera pas abordé. Car ce qui est plus périlleux pour l'amitié, ce n'est pas la différence de sexe mais les circonstances de la vie qui vous éloignent, ainsi que l'énorme difficulté d'intégrer un, puis deux conjoints dans le lien privilégié de l'amitié sans l'abîmer. Et il faut aussi, dans une vie de plus en plus stressée, où les sollicitations sont tellement nombreuses qu'on en oublie ses propres impératifs, trouver le temps de l'entretenir cette amitié. Et cela demande beaucoup d'énergie car le temps s'enfuit et nos négligences nous séparent plus sûrement que le danger du désir ! M'enfin, vous regarderez peut-être cette émission et aurez alors une opinion plus claire sur le sujet ? Je voulais vous choisir une citation sur le site de l'émission pour illustrer l'article mais elles m'ont paru toutes plus fades les unes que les autres, et monceau de platitudes. Je vous laisse donc vous faire votre opinion vous-mêmes.

mardi 12 mai 2009

PSYCHONET

Le Galope Chenaux est de retour sur le port de Meschers, c'est l'été !!

Le net, c'est comme un psy gratuit !
Qu'en pensez-vous ?
C'est en tout cas ce que me disait aujourd'hui un ancien étudiant... il a maintenant 36 ans, ma première promo de BTS vous imaginez les filles ??? D'ailleurs, en ce moment , je passe mon temps à féliciter les mamans, les papas tout fiers de m'envoyer des photos de joyeux petits bambins qui, grâce à Dieu, ne subiront pas mes fantaisies pédagogiques. Mais je m'égare.
En fait, je vous soumets cette assertion, car j'ai fini hier soir le livre d'une certaine Pulsatilla intitulé "La cellulite c'est comme la Mafia, ça n'existe pas" (allez savoir pourquoi en italien c'est "La ballata delle prugne secche") . Cette jeune italienne, née dans les Pouilles en 1981 a choisi comme pseudo le nom d'une plante prescrite par son homéopathe contre les accès de méchanceté. Elle s'est lancée à corps perdu dans la rédation d'un blog qui a connu en Italie un succès retentissant.
Certains de ses billets sont des morceaux d'anthologie et j'avoue que "le livre qui fait se bidonner l'Italie" (dixit le très sérieux "Courrier International") m'a fait énormément rire au début. Un certain cynisme, une auto-dérision trop systématique pour être sincère, des charges parfois lourdes m'ont finalement un peu lassée mais c'est vraiment drôle, voire totalement décalé. Disons que côté sexe, elle en fait beaucoup et j'ai été saisie au fil des pages d'une tristesse profonde à la lecture d'une décontraction de bon aloi qui m'a semblé un peu cruelle, et dont elle me semble être la principale victime. Mais je parlais de Pulsatilla à propos de sa vision d'internet :
"Quand on fait la queue à la poste, on ne daigne même pas jeter un regard sur les autres. Dans l’ascendeur on regarde ses pieds. Quand on nous présente quelqu'un, on n'est pas capable de se rappeler son nom deux minutes après. Mais à l'inverse, il y a Internet, où même le dernier des crétins a quelque chose à dire, et les autres l'écoutent avec le plus vif intérêt. Le fait que l'interlocuteur ne soit pas visible lui donne évidemment une aura de charisme nébuleux, et c'est pourquoi on veut tout savoir de lui, on veut lever le voile, entrer dans le vivant mystère de son âme, découvrir et comprendre les affinités électives qui rendront notre interaction opérante".
J'avoue que la lecture de ces lignes acérées m'a un peu perturbée, c'est quoi finalement ce besoin que nous avons de nous épancher, de nous dévoiler, de nous confier à de mystérieux interlocuteurs invisibles et souvent indulgents ? Narcissisme ? Besoin de reconnaissance ? Nous avons tous des motifs avouables à ces rédactions quotidiennes, mais qu'en est-il de celles qui restent cachées ?
Et voilà que mon jeune étudiant me dit avoir retrouvé un équilibre palpable (dont d'ailleurs je le félicitais) grâce à internet. Pas un chat, ni un blog, non, une relation épistolaire inattendue avec un jeune couple de profs qui, un jour, lui a dressé un mail par erreur. Le lien s'est établi, l'amitié, sans jamais s'être rencontrés, est née, et de cette amitié, des confidences qu'on ne peut dire qu'à des inconnus, des aveux nécessaires qu'on a du mal à se faire à soi-même, et au final un travail sur soi enrichissant, bénéfique et salvateur. Alors c'est peut-être cela le secret des blogs, la certitude d'un (relatif) anonymat et pourtant, une mise à plat de nos convictions inavouées, des nos inquiétudes informulées et de nos enthousiasmes incontrôlés. Avec, au hasard des jours, des "rencontres" fortuites ou provoquées, dont certaines seront éphémères, et dont d'autres, peut-être déclencheront des amitiés.

lundi 11 mai 2009

CHERI, COLETTE ET ISABELLE


Cela faisait un temps infini que nous n'avions pas eu de toile, et en situation de manque, on va voir ce qui vous tombe sous la main. En l'occurence, ce fut Chéri, et honnêtement, à moins d'avoir vraiment 1h30 à perdre, évitez-le. Vous qui avez aimez Colette, sa langue riche et précise, son sens aigu de la formule efficace vous serez déçues. Vous verrez une histoire soap, qui soigne le côté reconstitution Belle Epoque, qui accentue un romantisme de pacotille au détriment d'une étude de mœurs énergique. C'est distingué, un peu maniéré, une sorte d'apologie du plaisir, plaisante certes, mais répétitive et finalement ennuyeuse. Stephen Frears s'est éclaté sur la justesse et la joliesse des costumes, il a soigneusement vidé les lieux de toute trace moderne quand il fait revivre le grand hôtel de Biarritz ou la place Vendôme. Rupert Friend est fade à souhait, Michelle Pfeiffer belle au-delà du possible et le milieu des semis mondaines idéalisé à outrance.
Mais de l'impudeur tranquille de Colette, de son insolente liberté, de son sens badin de la provocation, il ne reste rien. Le film est trop conventionnel pour exprimer son effronterie et sa vision de la vie. J'ai relu "La fin de Chéri" (impossible de mettre la main sur "Chéri) pour constater que Frears fait dans l'artificiel et le conventionnel. Il affadit notre bourguignonne gourmande, s'offrant en outre des raccourcis simplificateurs frustrants, il résume en particulier le malaise de Chéri au retour de la Grande Guerre en une phrase convenue et plate.
Rolla de Gervex
Pour vous traduire en terme picturaux l'erreur d'interprétation de Frears, il a fait d'une toile impressionniste un Gervex... il me semble d'ailleurs (était-ce là ou dans un autre film) avoir entrevu Rolla ! C'est donc, effectivement, superbe, mais pas dans le ton. Et heureusement que cela ne dure qu'une heure et demi, sinon c'était l'ennui assuré.

Le lendemain, il y avait à Meschers un festival de Salsa, et moi j'avais envie d'aller au concert du port me trémousser en cadence sur des rythmes chauds. Vous connaissez votre papa, les filles, et son manque d'enthousiasme valait mieux qu'une forte opposition. J'ai donc accepté en maugréant, de me laisser traîner voir Huppert, géniale disait la critique, semblable à elle-même disais-je en renâclant. Je trouvais qu'avec le Barrage contre le Pacifique on avait donné, et la perspective de la voir traîner son spleen avec élégance me soulait un peu.
J'avais tort, Villa Amalia, d'après le roman de Pascal Quignard que je n'ai pas lu, nous a vraiment plu. Malgré un passage à vide quand l'errance de l'héroïne devient maniaque et qu'on se demande où Benoît Jacquot est en train de s'enliser, le film est vraiment réussi. Bien mené, joué au cordeau par notre spécialiste nationale du mal-être de bon aloi, mis en scène avec un fort souci de réalisme et de rythme. Huppert joue du piano, court, nage, elle n'a voulu laisser place à aucune doublure. Elle parle même un italien tout à fait honorable. Et ce sont vraiment ses cheveux qu'on coupe dans la scène pivot où se met en place son rêve de fuite. La redécouverte de soi, d'une certaine liberté, l'abandon des stéréotypes que la vie vous a imposés, le dépassement des terreurs enfantines qui nous ouvre un avenir plus conscient, tout cela est traduit avec beaucoup de talent par le couple Jacquot Huppert, visiblement à fond dans leur sujet. Et, cerise sur le gâteau, la musique est tout simplement au diapason.

dimanche 10 mai 2009

ARANCINI


Le soleil de vendredi s'est fait la malle ! Il fait gris, humide, bref on avait le choix entre le feu de cheminée et la cuisine ! Nous avons opté pour la seconde, d'autant que Michel avait une envie folle de se (re)lancer dans les arancini siciliennes. Sa première tentative, en votre honneur si mes souvenirs sont bons, avait tourné court faute de l'instrument nécessaire pour parfaire ce genre de préparation : une friteuse.
Donc, nous sommes partis bras dessus, bras dessous, effectuer un achat que d'aucuns jugent primordial à la réussite d'un couple avec enfants, (après bien sûr la télé !!), et qu'en 33 ans nous n'avions jamais songé à acquérir : une friteuse. Nous avons donc acheté "notre première" friteuse, foskifo, et de retour à la maison, l'avons faite admirer à Madeleine qui passait par là, fiers comme deux enfants ayant un nouveau jouet. Cela lui a fait, vous vous en doutez, un effet limité, mais elle nous apporté quelques heures après des fleurs d'acacia, afin que je puisse, moi aussi, jouer un peu !

Et Michel s'est lancé dans la confection de ses "petites oranges", appliqué et inquiet. Je vous en livre la recette, sachant que, comme dans toute recette, il y a un secret, que Michel a trouvé tout seul, et qui donc lui appartient. Je ne peux vous le livrer car j'ai bien peur qu'il en soit jaloux, et j'ai beau lui prôner les vertus de la mutualisation sur internet, lui expliquer que lui, il est bien content d'y lire le secret des autres quand il se lance en cuisine, il fait preuve du zèle des néophytes et me dit d'un ton malheureux "Mais moi, je n'en ai qu'une de recette !!". Enfin, vous verrez bien s'il vous donne son secret dans les commentaires.
En attendant, on confectionne un risotto classique (pour 12 arancini, deux verres de riz rond et 5 verres d'eau) qu'il a, malgré les hurlements d'horreur de Paola, safrannés. En effet Paola, comme Camilleri, refusent drastiquement le safran dans l'arancini. Mais y pas à dire, pour la belle couleur orangée et pour le parfum, incomparable, de ce pistil précieux, c'est mieux. On laisse refroidir la préparation, tout en préparant ce qu'on mettra à l'intérieur.
Ici, c'était du classique : mozarella, jambon en dés et petits pois. Du classique, selon les normes modernes, mais pas selon les siciliens. Guiseppe déplorait ce mode de préparation, les vrais arancini siciliennes étant au ragù. Cela même dont tu nous a donné la recette Hélène, Camilleri aidant. Mais il faut avouer que cela complique pas mal la préparation, et de plus, quand on les mange, ça dégouline pas mal. Alors va pour la recette abâtardie, sans aller jusqu'aux arancini à toutes les sauces, même et y compris au chocolat (vous imaginez la tête de Guiseppe quand il nous dit cela !).
Quand le riz est refroidi, on y incorpore deux œufs. Ensuite, il ne vous reste plus qu'à former vos petites oranges, entre les mains : une coupe de risotto dans laquelle vous fourrez votre mixture centrale, une autre coupe sur le dessus, et on roule la boule jusqu'à ce qu'elle soit bien ronde et qu'elle cache bien son secret. Ensuite on la passe, selon la formule traditionnelle, dans l’œuf battu et dans la chapelure.
La cuisson se fait à 170° pendant 5 minutes. Il faut les manger très chaud(e)s pour que le fromage file au moment où on "tombe" dessus : c'est tout le plaisir de la composition !

Pendant que votre papa se transformait en cordon bleu, j'ai préparé une pâte à beignets très légèrement sucrée, et j'ai moi aussi inauguré notre nouvel instrument culinaire en confectionnant des beignets de fleurs d'acacia. C'est léger, parfumé et original, mais bien sûr cela ne peut se fabriquer que quelques jours par an, et encore à condition d'aller voler des fleurs sur les acacias du voisinage ! On peut toujours apporter des beignets au propriétaire de l'arbre pour le remercier ensuite !
Ensuite, forts de nos mets dorés et odorants, nous sommes allés en porter à Madeleine ! Comme elle n'était pas chez elle, et pour éviter que la chatte ne les dévore, nous les avons laissés dans la maison en bois des petites filles. C'est là que notre gourmande les a trouvés et dévorés, assise dans une petite chaise d'enfant, tandis que Pascal la cherchait partout ! Elle ne lui avait pas laissé grand chose !
PS et tout cela s'est terminé par un bon feu de bois, car la brume s'est ajoutée au gris et le week-end est vraiment trop triste !

samedi 9 mai 2009

PEAU NEUVE

J'ai décidé de changer le nom de mon blog, qui n'est plus exactement un "Petit ReNaudon"... J'avoue que, quand j'ai créé le blog, je pensais recréer un peu la dynamique de ce que fut notre journal familial, mais cela a évolué autrement. Hélène a son blog qui nous ravit avec régularité. Quant au Petit Re, il est devenu avant tout le moyen de garder contact avec vous les filles, de façon un peu vivante, un peu dynamique. J'y exprime en vrac les enthousiasmes du moment, les découvertes, les films, livres, expos visitées, bref tous ces petits riens qui font notre vie désormais, j'y dévoile parfois les désarrois du cœur, les angoisses du temps qui passe ou quelques coups d'humeur.
Le Petit ReNaudon, c'était autre chose, c'était notre journal à 8 mains voulu par Michel, porté à bout de bras par mon inaltérable entêtement, et écrit par tous. Un vrai journal papier, que je me propose de publier, pour en rire, en sourire, pour le souvenir enfin, en un blog parallèle que j'appelle "Le Petit ReNaudon, l'Authentique". Ayant conservé à peu près tous les fichiers de la publication papier, cela nous fera environ 104 numéros, les premiers enfantins, puis devenant plus intimes, plus journalistiques. Je suis sûre que cela vous amusera de vous relire !
Je rebaptise donc ce blog... Pas facile de rebaptiser un blog ! Mon premier lecteur, et donc mon premier censeur, n'a pas eu l'indulgence de Moun, ou des autres et selon lui, Les intermittences de l'âme, cela ne me ressemble guère, c'est trop pompeux, trop proustien justement !
Alors je change encore !!! Il semble que cette nouvelle proposition (qui sera la dernière car enfin on ne peut pas changer sans cesse, pas vrai !?) corresponde mieux à ce qu'exprime ce blog. Et à votre servante...
Je voulais aussi changer mon pseudo, qui est sinistre, et ne me ressemble guère. Mais il a été choisi pour être le plus neutre et le plus indétectable possible, toujours le souci de rester discrète et ne pas être débusquée par mes étudiants. Comme le seul pseudo qui me vient à l'esprit en ce moment est le nom que m'a donné Gérard, qui me plait beaucoup mais manque un peu d'originalité, cela restera pour l'instant la Michelaise (pour ceux qui n'auraient pas compris, c'est une habitante de Meschers et pas du tout la femme de Michel !).
J'ai une autre publication en vue, celle de l'histoire de Fan de Loup, mais ce sera pour après, quand j'aurai épuisé les Petit Re. J'avais commencé un blog Fan de Loup, qui doit encore traîner à l'état débauche sur la toile, mais c'était sans doute encore trop tôt.

vendredi 8 mai 2009

BON ANNIVERSAIRE POLO

Petite soirée entre amis pour fêter l'anniversaire de Marc, avec quelques jours de retard mais avec toute notre amitié. Le restaurant d'application du Lycée de l'Atlantique a été, comme toujours, à la hauteur. Le basque bondissant (le prof des premières années) avait décidé de laisser les élèves en totale autonomie, et, il a dîné en même temps que nous. Il nous a dit que c'était la première fois de toute sa carrière qu'il faisait cela, et les jeunes ont été parfaits, il était heureux comme seul peut l'être un prof qui s'aperçoit que ses étudiants sont capables de se débrouiller sans lui !
Et le cadeau, me direz-vous ? Bien sûr une entrée à la demie-finale du Top 14 de Bordeaux (et toi, mon Hélène, tu as la veine d'aller à la finale !), on ne sait pas encore s'il y aura Toulouse, mais on croise les doigts pour qu'ils ne jouent pas à Lyon ! Une autre soirée sympa en perspective !

jeudi 7 mai 2009

VIADUC OU CADUQUE ?

Photo prise sur le site du pont de Tancarville de la CCI du Hâvre (en cliquant sur l'image on se retrouve chez l'auteur)
Effet induit et inévitable du retour de vacances : l'étendoir trône sur le balcon ! "Il va falloir ranger ce tancarville" édicte Michel en lorgnant vers l'inélégant objet. Tancarville ! j'éclate de rire... Trop démodé ! (on ne jure plus que par le Viaduc de Millau !). C'est comme mon "Génie sans bouillir", qui vous fait immanquablement me renvoyer au temps des lessives en rivière, agenouillée sur une planche en bois... "Maaaaaman ! Cela n'existe plus, c'est du "Génie sans frotter"... Ben voyons, on a l'âge de ses appellations incontrôlées ! Depuis qu'il est devenu, et pour cause, impossible de franchir une ligne jaune, depuis que mon transat s'est transformé en chilienne, que la réclame est devenue de la pub et les articles des discriminants, j'ai pris quelques cheveux blancs et dessiné quelques rides. Et j'avoue pratiquer avec bonheur la provoc des mots désuets, de ceux qui vous marquent une époque comme autant de signes de reconnaissance entre ceux qui peuvent échanger leurs connivences, comme autrefois on échangeait des car-en-sac. Quand c'est Renaud qui nous la joue nostalgie d'enfance, on trouve ça délicieux et on en fait un texte à étudier dans les manuels scolaires... Alors, va pour le tancarville !
Au passage, vous aurez découvert dans Wikipedia à la définition du tancarville que c'est une antonomase, et rien que ça, avouez, cela mérite le détour ! ça vous rappellera le temps des cours de français où nous tentions de retenir les noms barbares de formes littéraires pourtant bien belles et parfois bien simples.

mercredi 6 mai 2009

ON DERAILLE

Mais non ! Je ne fais pas cette tête parce que j'ai peur d'être sur écoute...
Je suis tout simplement en train de téléphoner à belle-maman !

SMS... DANGER !
On le savait que ces petites bêtes de téléphones portables étaient des pièges à retardement ! Y a qu'à voir le nombre de couples qui ont explosé suite à de fâcheuses indiscrétions de ces boîtes pas vraiment noires qui ne savent même pas garder leurs secrets.
Hier j'ai entendu l'info du jour, et me suis interrogée sur la date... 1er avril ? que nenni, la presse confirme (oui oui, je suis allée vérifier mes sources pour ne pas vous raconter de fariboles, et sans aller trop loin dans Google, le Point et Rue 89 reprennent l'info) : un jeune homme vient de faire 24 heures de garde à vue pour avoir reçu un sms jugé à implication terroriste "Pour faire dérailler un train, t'as une solution ?". Vous lirez dans les articles cités qu'il avait emprunté un portable pendant qu'on lui réparait le sien, et qu'il l'a ensuite restitué à la boutique en omettant d'effacer les sms reçus. Or, parmi ceux-ci, figurait celui d'un copain facétieux qui affichait le texte ci-dessus. Il a fallu que le susdit portable soit ensuite prêté à un autre utilisateur, en panne lui aussi, curieux, et agent de la SNCF de surcroît. Lequel, fort alarmé, s'en remit à ses chefs qui ne trouvèrent pas de meilleur conseil que de lui dire d'en référer à la maréchaussée. Et la maréchaussée, par les temps qui courent, ne fait pas dans la dentelle quand il s'agit de terrorisme présumé. Au violon, le joyeux drille, et il y est resté 24 heures, le temps, fort long pour lui, de prouver sa bonne foi. C'est qu'on prend très au sérieux notre sécurité et que les trains qui déraillent, depuis que le petit Coupat s'est amusé à jouer avec les caténaires avec ses copains, on n'aime pas ça du tout.
Du coup, on s'alarme à juste titre d'une telle promptitude à boucler les gens, oubliant cependant un peu vite qu'on se félicite hautement de l'efficacité de nos services de sécurité quand ils agissent préventivement de manière efficace... encore que ! Pas sûr, car rien de plus ingrat que le préventif ! En effet, par définition, une catastrophe évitée n'est plus une catastrophe. On a beau jeu de dire "on aurait dû" quand l'inévitable se produit, mais on oublie souvent combien la prévention est délicate. On a beau jeu de dire "on peut crever, personne n'intervient", le malheureux agent de SNCF alarmé a pensé faire son devoir en allant désigner à la police un fait qui lui semblait inquiétant. On a beau jeu de dire "les flics, ils savent mieux s'en prendre à un innocent que coincer un coupable", le métier de flic est sans doute un de ceux où le stress est le plus fort, où l'on travaille sans cesse dans l'urgence et où, manquant de recul, l'erreur, voire la simple maladresse ont parfois des conséquences énormes. Difficile équilibre que celui de la vigilance et de l'efficacité conjuguées. Les médias sont là pour dramatiser, stigmatiser, critiquer, nous, nous sommes là pour faire le tri...
Et surtout, nous méfier de toutes ces machines diaboliques qui tombent sans cesse en panne ! Car, au départ, c'est bien parce que le téléphone portable de deux personnes étaient en rade qu'ils ont eu cette mésaventure !!!
Et oui, je viens d'enregistrer la mort de deux ordis, la fin d'un frigo (circuit électronique mort) et je m'attends au pire dans les prochaines heures. Doit y avoir de la lune dans l'air (pleine, ou nouvelle, allez savoir !). Et j'ai cru comprendre que je ne suis pas la seule à souffrir des avatars de l'électronique !

PS ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, une garde à vue intempestive c'est, par définition, inique, inadmissible, humiliant et insupportable. Pour autant, admettons que le préventif, dont nous sommes si fiers d'avoir développé l'usage, est difficile à manier.

mardi 5 mai 2009

COMPLIMENTEZ ! IL EN RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE !!

Vous êtes tous soumis comme moi sans doute aux effets pervers du télémarketing qui nous font répondre d'un ton rogue à tout appel reçu entre 12h et 14h, car c'est bien connu, ce sont les heurs où l'on peut trouver les gens chez eux et où les démarcheurs se déchaînent. Pour vous vendre des fenêtres, des diamants, des abonnements téléphoniques, des isolations, des cuisines... pour vous annoncer tout sourire dehors que vous avez été sélectionné pour venir chercher un cadeau superbe... bref pour vous assurer des spaghetti trop cuits ou une omelette brûlée (et là, pas vrai Colibri, y plus qu'à faire comme Vatel... car le roi du créneau sicilien m'a toujours annoncé que le jour où mes pâtes ne seraient plus al dente, ce serait la fin de notre vie conjugale ! il est calme pourtant, supporte ma fascination pour les cambrures, et beaucoup d'autres choses, mais des pâtes trop cuites, je suis prévenue, c'est IRRÉPARABLE).
Nous avons tous nos techniques pour abréger ces appels importuns, entre ceux qui déclarent d'une voix fluette "désolé(e) mais papa(maman) n'est pas là", ceux qui raccrochent sans autre forme de procès, et ceux qui, comme moi laissent traitreusement parler un peu pour déclarer ensuite d'un ton enjoué "merci de votre appel, mais je n'ai absolument pas besoin d'une cuisine, je vous souhaite une très bonne journée" tout cela sans reprendre souffle, pour éviter toute intrusion supplémentaire. On a toujours un petit mouvement d'humeur, puis un petit mouvement de pitié pour ces pauvres gens qui doivent se faire raccrocher au nez 120 fois par heure, et qui doivent rentrer chez eux le soir, fourbus, les oreilles pleines de refus voire d'injures.
Bref, le télémarketing use de tous bois pour vous appeler, essaie par tous les moyens de vous accrocher et les méthodes ne cessent d'évoluer pour vous piéger. Il suffit d'avoir demandé une info sur un site pour être aussi contacté par une accorte communicante, qui prétend pour le coup qu'elle appelle à votre demande. C'est ce qui m'est arrivé hier, jointe par une banque sur le site de laquelle Michel avait fait une recherche laissant des traces. J'ai donc répondu, ben peut-être... expliqué que... cherché si..., bref, le dialogue s'est engagé et ma correspondante m'a demandé si elle pouvait se permettre de rappeler jeudi. Piégée ! Elle était si charmante ! Et savez-vous comment cela s'est terminé ? Elle m'a déclaré, avant de raccrocher "Madame, je me permets de vous dire que vous avez une voix superbe !" Touchée, ben oui, les compliments ça fait toujours plaisir pas vrai... et du coup j'ai même pensé à parler à Michel de l'appel reçu.

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