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samedi 31 octobre 2009

A NE PAS VOIR !

Laurent Mulot investit le musée de Royan au travers d’une exposition intitulée « Vues / Entendues ». Cet artiste contemporain, après avoir pratiqué la sculpture, s’est tourné vers la photographie et la vidéo. Reconnu au niveau international, il a notamment été labellisé par l’AFAA pour participer à l’année de la Chine en 2005. Son label a été reconduit en 2009 par Cultures france pour l’année de la France au Brésil.
Le travail montré au musée s’intègrera à l’œuvre Middle of Nowhere qui consiste à implanter un geste poétique sur les six continents. Ce geste est concrétisé par la pose d’une plaque attestant la fondation d’un Centre d’Art Contemporain Fantôme dans des lieux inhabituels pour un centre d’art et avec des gens qui n’ont aucun lien avec l’art contemporain. Un site internet dédié à l’œuvre et des expositions relient ces sites les uns aux autres. Middle of Nowhere dessine ainsi un réseau géographique et humain particulier et propose, entre autres, une réflexion sur l’art et la globalisation.

Dans cette exposition, l’artiste veut faire résonner un écho entre sa ville d’origine, Le Havre, et Royan. Ces deux cités ont connu la destruction et la reconstruction ; une ville nouvelle construite sur les décombres d’une mémoire enfouie. Lors d’une résidence en avril dernier à l’occasion des « Lectures de ville », Laurent Mulot a saisi des images de Royan et recueilli des paroles de ses habitants. C’est ce matériau, interprété par l’artiste, qui constituera « Vues / Entendues ». Complètement intégrée à l’œuvre Middle of Nowhere, cette exposition questionnera les racines, les attachements au territoire, les déplacements, la disparition, ici comme ailleurs.

Bon, je vous l'accorde, cela est un peu fumeux et j'aurais dû me méfier. Mais le prétexte me semblait intéressant : le parallèle entre Le Havre et Royan, villes détruites, villes reconstruites, villes blessées et vivantes malgré leurs blessures, me semblait valoir le déplacement. Dire que j'ai été déçue est un euphémisme. Quelques vagues, très vagues photos sans grande originalité, quelques vidéos en plans fixes prises au hasard d'une traversée vers le phare de Cordouan, une bande son indigente et volontairement inaudible, je n'ai absolument rien trouvé à sauver dans cette "exposition". Monsieur Mulot s'est fait plaisir, le Musée de Royan lui a fait plaisir en lui offrant un espace d'expression, mais c'est tout. Nous, nous en avons été pour notre déplacement et pour nos frais. Le musée de Royan nous offre souvent de bons moments, on ne va pas lui en vouloir de s'être laissé gorger de mots gratuits, mais l'affaire doit être entendue, c'était un songe creux que cette exposition.

vendredi 30 octobre 2009

RUBAN BLANC

J'ai lu quelque part "Attention n'y allez pas : chef d'oeuvre"... et vraiment je crois que c'est un des plus beaux films de la décennie. Moi qui râle sans cesse sur la jauge incontournable de l'heure et demie au-delà de laquelle un film risque de s'empêtrer, de s'enliser, de s'essouffler, là j'ai tenu 2h30 en ayant à la fin l'impression que le film venait à peine de commencer. Pourtant c'est lent, lourd, pesant, étouffant, terrible, mais tellement, tellement beau. A la sourde violence de rapports sociaux basés sur une hypocrisie incontournable, répond à chaque instant la dureté de rapports familiaux qu'aucune tendresse ne vient jamais adoucir. D'une extrême rigueur esthétique, le film décline avec une précision presque chirurgicale les mécanismes de cette violence qui entache tous les liens humains de sa sordide et incommensurable bonne conscience. On navigue sans repère à la frontière du bien et du mal, sur le fil ténu d'un rigorisme que rien ne vient atténuer. Et pourtant le propos n'est pas manichéen. Tout est en subtilité, et on ne ressort pas avec une explication, une recette et encore moins des justifications à quelque terrorisme que ce soit. On est ébranlé, car ce que dépeint Haneke ce sont des gens de bonne volonté, dans un contexte historique qu'il faut garder présent à l'esprit pour ne pas simplifier les intentions du réalisateur. On est avant la guerre de 14, on est dans un village perdu d'Allemagne et on est dans un milieu rural bien pensant.
C'est un immense moment de cinéma, on a le droit de s'y ennuyer à mourir, mais si on adhère, on est scotché sur son fauteuil pendant 145 minutes, haletant, horrifié, impressionné, admiratif. Pourtant, il faut bien admettre que le propos est difficile, et le succès grand public dû aux palmes cannoises doit en laisser certains sur leur faim. Pas un sourire, pas une facilité, tout est superbe mais sans concession.
Les gamins sont parfaits (Haneke dit qu'il en a auditionné 7000 !), les acteurs parfaitement justes et je n'ai personnellement pas ressenti la moindre fausse note. Mais Alter Ego dit que nous n'aurions sans doute pas aimé ce film il y a 20 ans et qu'il ne le conseillerait à ses filles qu'avec beaucoup de prudence... On pense souvent à Bergman, sans trop savoir dire si le ton est plus dur ou s'il est plus supportable. On ressort pourtant heureux de cette salle où Haneke nous a juste remis en cause, nous, nos certitudes, notre conception simpliste du bien et du mal...
J'ai choisi pour illustrer l'article la photo du moment du film qui m'a le plus impressionnée, par son intensité dramatique à peine effleurée et pourtant si profonde : l'enfant se plie à ce qu'il pense devoir faire par amour filial, et le père, à cet instant, hésite entre émotion et satisfaction. C'est le seul moment où il ressent une hésitation dans ce qu'il considère, avec parfois une certaine perversion, comme son devoir.

jeudi 29 octobre 2009

PRELUDE ARGENTIN


Vous êtes d'une imagination sans borne et d'un humour infaillible ! Entre le bodybuilding, le yoga, la natation synchronisée, le stage commando, l'aquarelle, le saut en parachute, la cuisine et le stage Petit Poucet, le stage devinettes, pas de doute, vous avez l'imagination fertile ! Et certains, beaux joueurs, ont trouvé mais pas vendu la mèche...
En effet Koka, tu étais très loin, ce n'est pas de la danse de salon mais...
Inscrit le 30 septembre 2009 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco, le Tango peut s'offrir le luxe de n'être plus une simple suite de pas à enseigner en comptant "1et 2 et" ... mais une véritable culture, un art de se comporter dans une salle de bal, et une danse aux codes comportementaux et sociaux parfaitement définis et incontournables.


Les deux couples de professeurs (particulièrement Amanda et Adrian Costa) qui assurent la formation sont, à cet égard, d'une clarté et d'une exigence qui peuvent sembler tatillonnes à certains stagiaires mais qui, me semble-t-il, font toute la richesse de cette session de très grande qualité pédagogique. Nous sommes d'une insouciance, voire d'une incorrection spontanée sur une piste de danse qui n'ont comme excuse que notre ignorance culturelle en la matière. Et ils ont eu à coeur de nous apprendre, presque avant tout, le savoir-vivre et le savoir-être par rapport à ce qu'ils nomment "le bal", c'est à dire la communauté qui évolue sur la piste au son d'une Milonga ou d'un Tango. Le patrimoine immatériel, parfois menacé de dégradation ou de disparition, regroupe des pratiques, des connaissances ou des savoir-faire reconnus par des groupes ou des communautés comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Il est donc primordial de comprendre que c'est à cette communauté qu'on désire adhérer, en esquissant l'apprentissage de ce qui est, de l'avis de jeunes profs de danse de salon présents au stage, la danse la plus difficile qui soit.

Nous suivons un cours débutant de chacune de ces danses, et vous dire notre niveau, nous n'avions même pas idée le premier jour de la différence entre les deux. En fait, il n'y en a pas, sauf qu'on ne peut guère les confondre ! Je m'explique, la milonga est plus rapide, plus gaie et sans doute un peu plus facile. Pour autant, les deux danses sont savantes et leur découverte passe par des fondamentaux qui, tant qu'ils ne sont pas acquis, ôtent l'envie de faire des fantaisies. Les stagiaires venus à l'Espace pour apprendre des figures complexes en sont pour leurs frais, et on comprend très vite que, tant qu'on ne pratique pas le pas de base qui est, on ne peut plus simplement, la marche, il est inutile de vouloir faire l'hélicoptère (c'est ainsi que nos profs désignent avec humour et humeur les électrons libres qui prétendent faire des figures langoureuses en encombrant la piste de leurs évolutions dangereuses !)


La marche, le haut du corps en parfaite connection, immobile, sans se dandiner, sans se trémousser, la marche en avant pour Monsieur, en arrière pour Madame... La marche, élégante, consentie, allongée, adaptée au rythme binaire pourtant fort clair de ces deux danses, déjà c'est un vaste programme, qui nous a demandé des heures d'efforts et de concentration pour un résultat assez aléatoire. Il suffit d'un instant de déconcentration pour se marcher sur les orteils !! Mais quand parfois on y arrive, c'est d'une élégance et d'une harmonie rares. La sensualité, le plaisir du pas compliqué, l'impression d'évoluer avec grâce et légèreté en se laissant porter par des rythmes voluptueux, ce sera pour dans très longtemps !!! Certains couples en sont à leur troisième stage d'initiation, preuve s'il en est qu'il faut beaucoup travailler les automatismes de base ! Si nous persévérons... Enfin si alter ego, qui a salué l'intérêt de cette discipline pour essayer de se libérer de ses raideurs, qui freinent sa progression au piano, continue. Car le tango, cela ne peut en aucun cas se danser seul !!!

mercredi 28 octobre 2009

ESPACE



Ah mais, qui dit stage, dit lieu de stage ! Je vous rassure, déjà que l'affaire paraissait un peu folle, pas question de partir à l'autre bout de la France pour trouver, à grands frais, ce qu'on a finalement à sa porte. Et à notre porte, c'est à dire à Meschers, nous avons un lieu alternatif qui offre à un vaste public venant parfois de loin (si vous voyiez les immatriculations, ancien régime, un vrai festival !), une variété d'activités visant à l'épanouissement personnel, dans le cadre d'un projet qui existe maintenant depuis plus de trente ans et qui a défrayé la chronique villageoise par son côté vaguement sulfureux !
Parlons du lieu d'abord, "entre mer et forêt" est une immense propriété, vallonnée, joliment plantée d'essences variées et totalement insoupçonnable de l'extérieur. Pour nous qui faisons plusieurs fois par semaine de longues marches à pied dans la forêt et autour de ce lieu clos, cela a été une sacrée surprise de découvrir toutes ces installations, petit lac avec son île, chemins qui s'égaient en tous sens, aires de jeu et de détente variés, bref 13 hectares de paix et de sérénité, tout un monde agréable et pittoresque que le modeste portail d'entrée ne laisse absolument rien soupçonner.
Le concept ensuite, qui s'appelait autrefois "Espace du possible", rebaptisé "Jardiner ses possibles" : il a fait et fait encore jaser dans les chaumières avoisinantes.
L’Espace du possible est né en 1977 d’une utopie sociale et individuelle. Le rêve d’Yves Donnars, alors étudiant en psychosociologie et gestion : par la mise en application des dynamiques de groupe, potentiel créatif de tout un chacun, recherche d’authenticité dans les relations à l’autre, partage joyeux d’une " liberté réfléchie ", il décide de fonder un lieu alternatif dans cette immense propriété qu'il vient d'hériter. Chaque pensionnaire est invité à concevoir son séjour selon son propre rythme. Mais attention, l’espacien n’est pas un consommateur passif. Passionné par une technique, il peut s’improviser animateur d’atelier. " On n’est pas au Club Med. Ici, le demandeur devient proposant ", précise Yves Donnars, qui croit très fort aux échanges de savoirs, au déclic créatif du vulgus quidam. Le camping alternatif est ainsi devenu un vivier de formateurs en herbe. Comment être sûr, alors, de la qualité et du sérieux d’un animateur ? " On a un public d’initiés, et les nouvelles vont très vite… Si un atelier paraît fumeux, il ne tient pas deux jours ", assure une espacienne de longue date. Mais comme il est dit qu’ici tout est possible, on ne s’étonnera pas de dénicher un stage de " massage et écriture ", ou un atelier de " fabrication d’un piège à rêves, objet traditionnel indien ". Sans compter le "service hebdomadaire" qui demande à tous de participer à l'entretien des lieux en faisant 4 heures de services divers. Pourtant ici pas de vendeurs de gris-gris, ni de poseurs spirituels. Le chiqué et le vernis semblent bannis et on privilégie une certaine authenticité. C'est le royaume de l'écoute, pour preuve les "grandes oreilles", bénévoles attentifs suspceptibles de donner des informations de base ou de recevoir les coups de blues. C'est aussi le royaume du toucher. L'espace est célèbre pour ses cours de massages qui sont, sans aucun doute, à l'origine des soupçons qui pèsent encore sur lui. Mais il vaut aussi pour l'incroyable panoplie de formations en tous genres, de l'initiation à la vidéo, en passant par le modelage, la technique du croquis, les activités théâtrales ou sportives, tous les modes d'expression possible, individuels ou collectifs, bref une offre totalement hallucinantes de stages en tous genres, offert durant toutes les vacances scolaires et même en demie-saison.

A la fin de l’été 1998, l’Espace du possible se retrouve malgré lui sous les feux médiatiques. Dans Les Particules élémentaires (Flammarion 1998), l’écrivain Michel Houellebecq, habitué du lieu, fait une description cynique et amère de ce camping alternatif. Choqués par sa peinture – " ex-gauchistes flippées, probablement séropositives " (p. 129) et autre " pouffiasse karmique " (p. 136) –, les espaciens attaquent le romancier en justice. " On était surtout indignés qu’il ait passé une semaine ici quelques jours seulement avant la publication de son roman. " Finalement, le livre échappe à la saisie et l’Espace y est rebaptisé "Lieu du changement". Aujourd’hui, Yves Donnars souhaite ne plus parler de l’affaire Houellebecq, précisant qu’"un écrivain qui traite les femmes de bouches-à-pipe exprime surtout ses propres peurs archaïques de la femme dévoratrice, ce qui existe sans doute dans l’inconscient de bien des hommes". Ceux qui, ayant lu à la lettre Michel Houellebecq, viennent chercher ici une sorte de fête sexuelle sont déçus. On n’est pas au Cap d’Agde. Si la rumeur " Il vaut mieux être célibataire à l’Espace " persiste, c’est en souvenir d’une époque héroïque : à la fin des années 70, on célébrait la catharsis émotionnelle en groupe et on s’abreuvait des écrits de Reich, invitant chacun à atteindre l’orgasme. Pierre Grimberg, formateur en Sensitive Gestalt massage, reconnaît ne pas être revenu ici pendant une dizaine d’années en raison de l’exaltation ambiante. " C’était un peu angoissant, toutes ces demandes explicites. " Aujourd’hui, en ce domaine, tout n’est plus possible.
Une charte interne a limité les activités les plus expérimentales et on insiste beaucoup sur la nécessité d'apporter un t shirt et une serviette aux séances de massage. Et si l'espace est, et reste, le lieu de vacances idéal pour les personnes seules, en ce mois d'octobre 2009, il est surtout ouvert aux couples, souhaités majoritaires pour l'activité qu'on y découvre.
Car vous imaginez que je n'ai pas convaincu alter ego d'investir cette plateforme genre MJC des années 70, qui sent la transgression légère, le flirt post-lycéen et l’attrait du fruit défendu pour soixante-huitards ayant oublié depuis longtemps leur guerre pour l’amour libre, pour venir faire de la méditation transcendantale ou de la communication non violente !

Re PS c'est clair que si vous cherchez sur le site de l'association, vous devriez trouver le thème de ce fameux stage, pas fumeux du tout !!!

mardi 27 octobre 2009

STAGE...

On s'encanaille chez les parents de Mandarine et de Koka... je sens qu'elles vont avoir un peu honte de nous nos donzelles, mais ON ASSUME... enfin j'assume, car "alter ego" n'était pas très "partie prenante" et est venu pour me faire plaisir.
J'avoue que je lui ai asséné cela un peu sous forme d'intimidation, du genre "j'ai passé une semaine à encourager ta passion pour le piano, ce serait sympa de me renvoyer l'ascenseur". Alter ego, gentil vous l'avez deviné à sa barbe, amoureux vous l'avez deviné à sa constance à supporter Pimpi'net, a volontiers admis qu'il fallait parfois accepter certaines lubies de son épouse pour des activités inhabituelles. Pourtant, quand je lui ai annoncé la couleur, il m'a dit "mais je ne vais quand même pas prendre une semaine de vacances pour cela..."
Nous en étions à ce stade de la négociation, moi finalement convaincue que ce serait du "gaspillage" et lui un peu sonné par mes attentes auxquelles il n'avait guère envie d'accéder, quand cette semaine de vacances s'est un peu imposée à nous, pour d'autres raisons. Alter ego beau jouer, a accepté notre inscription à un stage dont je vous révèlerai bientôt la teneur, et votre admiration pour le dévouement de cet homme sera alors sans borne.
Pour tout vous dire, toutes les amiEs à qui j'en ai parlé m'ont dit "quelle chance tu as, moi qui ai toujours rêvé d'apprendre"... Elles en ont rêvé, et voilà que moi je peux le faire ! Youpi... merci alter ego !
Mais, je dois l'avouer bien humblement, c'est hyper dur, très exigeant et l'aventure s'avère nettement moins affriolante que prévu. Vous en jugerez bientôt... nous sommes au 3ème jour de stage et nos progrès restent très limités.
Quant au choix de l'activité, de l'avis même d'alter ego, elle ne correspond absolument pas au tempérament de Pimpi'net, et je crois qu'il se marre bien de voir sa joyeuse moitié engagée corps et muscles dans une démarche qui est vraiment à l'opposé de sa légendaire décontraction. Et quelque part, alter ego tient là sa revanche "tu l'as voulu ma Pimpi, tu l'as, maintenant transpire ma fille !!"

PS le STAGE va durer toute la semaine, et comme il est hors de question que je vous raconte, "tiens hier on fait ça", et "aujourd'hui autre chose", et "on attend demain avec impatience", j'ai bien l'intention de tenir le plus longtemps possible avant de vous en révéler la teneur... alors celles qui savent, ne vendez pas la mèche !!!

lundi 26 octobre 2009

MONTRE MOI TA CUISINE...


... JE TE DIRAI QUI TU ES !

Ceci n'est pas un tag, ni une obligation... mais si vous êtes en panne d'inspiration (n'est-ce pas, la traditionnelle hantise de tout bloggeur qui se respecte !)... ou si vous avez envie de jouer... ou si vous avez envie de vous révéler (car les bons petits plats, c'est une chose, mais le cadre qu'on s'est concocté pour les faire, c'est aussi vous !)... je vous propose le thème de la semaine ! Votre cuisine, les aménagements dont vous êtes fiers, les inconforts qui vous tapent sur le système, vos manies de maitre queue... à vous d'inventer sur vos blogs respectifs ou dans les commentaires si vous n'avez pas de blog ! En musique, en photo ou en vers, si ça vous chante ! Et ne me dites pas que vous n'avez pas de cuisine, ou que vous ne vous en servez pas... un ouvre-boîte ou un micro-ondes nous en diront plus sur vous qu'un long discours !
Il ne me reste qu'à vous offrir en primeur la mienne... un peu atypique : je n'ai pas voulu de ces placards classiques, suspendus et qui furent modernes dans ma jeunesse, au point qu'on prit l'habitude d'en mettre à tous les rateliers. Ici, de grands placards qui s'ouvrent quand la cuisine est active, qui le restent souvent entre deux repas au grand dam des gens rangés qui m'apprécient guère cet étalage d'assiettes et de casseroles, mais que tous saluent pour y trouver en un instant l'ustensile nécessaire sans ouvrir 6 portes ou secouer 10 tiroirs !
La fenêtre donne sur la "petite maison bleue" du voisin et me fait un cadre si joli que j'ai jeté le rideau acheté pour l'occulter ! Cela me vaut durant deux mois l'été d'être un peu en vitrine, mais tellement de lumière le reste de l'année ! La table du petit déjeuner en profite aussi, car la pièce est à l'est et le matin c'est sympa de siroter son café dans le soleil naissant.
Quelques idées dont je ne me passerais plus : l'aimant au-dessus de la plaque de cuisson où s'accrochent pêle-mêle les couteaux, ciseaux et autres éplucheurs... L'immense poubelle Brabantia qui permet de viser de loin dans les instants de chauffe... et la petite cave à vin où le fromage peut s'affiner à l'aise, malgré un taux d'humidité un peu élevé parce qu'elle n'est pas de première qualité. Et cela permet d'avoir toujours quelques vins blancs au frais par la même occasion.
Enfin, parce qu'une cuisine cela ne dit pas tout, les livres de cuisine dont, malgré internet, je n'ai pas pu me séparer : mon vieux Curnonsky, les soupes et les salades du monastère, le guide des fromages et quelques autres que je n'ouvre plus très souvent, leur préférant vos recettes, testées la veille et excellent soutien pour mon imagination défaillante !

A VOUS LA TOQUE !!!

BIS...

... mais non repetita ! Il faisait beau ce matin quand il est repassé... même si la brume était encore lourde que l'estuaire, la journée s'annonçait déjà splendide.
Pardon de faire comme dans ce film de Paul Auster (Smoke peut-être, je ne sais plus trop) où un entêté photographie tous les jours le même lieu, à la même heure !!!

dimanche 25 octobre 2009

AMITIE IRANIENNE

Si nous nous en étions tenus aux Fiches du Cinéma*, nous ne serions pas allés voir "A propos d'Elly", et nous aurions raté un excellent film. Heureusement, Aloïs était passée par là, et quand votre papa m'a signalé ce film iranien à Saint Georges, je me suis rappelé qu'elle l'avait beaucoup apprécié et nous sommes partis en confiance, sans lire la critique chicanière de notre canard à décisions habituel.
Un ton très original, une caméra à l'épaule à bon escient et qui donc, ne rend pas malade, une progression soutenue, un rythme qui sans être trépidant maintient en haleine, nous avons passé deux belles heures. Les acteurs sont tous très justes, l'histoire est parfaitement menée, et le réalisateur sait manier l'élipse, le rire, la tension et la peur, de telle façon qu'on se prend au jeu. On rit avec joyeux drilles qui décident de marier leur copain divorcé, on joue avec eux aux mimes, se piquant de comprendre ce que leurs mains veulent dire, et quand l'orage arrive, on est totalement pris par l'angoisse un peu désordonnée qui les envahit. Peu de musique, à part le bruit lancinant des vagues, et la superbe "chanson pour Elly" qui accompagne le générique de fin. Certes, le propos peut nous sembler lointain, et la défense de l'honneur d'une jeune fille ne nous parait pas valoir une telle prise de risques. Mais une fois admis le partage de cette valeur qui n'est plus la nôtre, on peut se laisser porter par une caméra efficace et souvent émouvante. Rapports de couple, tensions au sein du groupe, évolution de la société civile iranienne, le film traite de nombreux sujets mais sans se perdre. Le cinéma iranien nous séduit encore !!

*En réalité, si on regarde les étoiles en première de couverture, la plupart des critiques des Fiches ont beaucoup aimé ce film, mais malheureusement celui qui en a rédigé la fiche n'a pas accroché, ce qui ne reflète pas l'appréciation générale, et découragerait d'y aller !

samedi 24 octobre 2009

LES VACANCIERS ARRIVENT

... Mais pas le soleil !! Et vogue la galère !

IL A COMPTE

Fondateur de l'"Histoire quantitative", Pierre Chaunu vient de rejoindre les statistiques des "décès à Paris XXIème siècle". Il avait 86 ans, ce qui lui a permis, malgré cette une mauvaise chute aux suites de laquelle il vient de succomber, de bénéficier d'une vie supérieure à l'âge moyen des hommes français à l'heure actuelle (entre 77 et 78)...
Je n'ai pas eu, comme les lecteurs de Libé qui saluent son départ, la chance de suivre ses cours, mais, petite provinciale plongée dans ce fameux dépouillement de contrats de mariage, j'ai lu et apprécié ses ouvrages sur la mort ou sur la démographie, appris de lui que l'étude rigoureuse des actes du passé pouvait débroussailler l'approche historique par un éclairage nouveau, et m'étant aussi penchée sur les protestants du XVIIIème siècle, je fais un peu partie de ceux pour lesquels Pierre Chaunu a "compté"... Cela m'a valu, lors de la soutenance de ma thèse, juridique, quelques déconvenues, voire un mauvais quart d'heure, car un juriste n'est pas un historien et encore moins un sociologue ou un statisticien, qu'on se le dise, et un prof de droit n'aime pas être mis devant de telles fantaisies. Et, en ce temps-là, la transversalité n'était pas de mise !
Un grand homme vient de nous quitter, qui a fait beaucoup pour l'Histoire, la Sociologie, la Démographie, l'exploitation intelligente des données historiques à l'aide de l'outil statistique, la compréhension de l'expansion et du déclin des civilisations donc, sans doute, pour la France de demain. Adieu Monsieur Chaunu, il ne vous reste plus qu'à vous attaquer à "La démographie historique et le système de civilisation" de votre nouvelle demeure, il y a sans doute beaucoup à découvrir !

vendredi 23 octobre 2009

HEURE D'ETE

Toujours à la bourre le vendredi matin... parce qu'à l'heure où je pars, mon amie Madeleine, qui est plus douée en logistique et entretien de maison que moi et qui vient une fois par semaine tenter de redonner à ma tanière allure humaine, arrive. Donc, on papote, on papote et voilà ! Je suis toujours ric-rac pour partir au travail. Autant vous dire que la route est minutée !
Et nous étions aujourd'hui un de derniers jours d'heure d'été... un de ces matins magiques où aller travailler, à soi seul, est une partie de plaisir : le lever d'un jour encore incertain, aux teintes imprévisibles car on ne sait pas s'il va faire beau ou pleuvoir. Je roule vers l'Est pendant environ une demie-heure, et j'ai droit à ces déclinaisons savantes, voire coquettes, tout au long du chemin.
Alors j'ai pensé à vous, à vous mes filles qui vivez à Paris des aurores plus furtives, à "alter ego" qui était passé une demie-heure avant moi sur cette même route dans le noir complet, mais aussi à Idées Heureuses qui nous offrait il y a peu des éclairs de nuages pleins de la lumière du soir, à Chic qui aurait apprécié à sa juste valeur les bans de brume qui trainaient par endroit... et à tous les autres qui auraient aimé partager ces instants fugaces.
J'avais soigneusement délesté mon sac à main qui pesait un "âne mort" de mon appareil photo avant de partir... et je n'avais de toute façon pas le temps de m'arrêter, de cadrer et encore moins de folâtrer dans les chemins creux pour vous faire un reportage ! Alors j'ai saisi mon portable, et, l'oeil sur le compteur, la route et la ligne bleue des Vosges, j'ai cliqué, cliqué et tenté ! Essai transformé : il est de bonne composition mon téléphone, il n'a fait que quelques flous et peu de ratés.
Donc, pour vous, "le bord rosé des nuages"... c'est le plagiat du titre d'un blog qui figure dans la liste de droite ou de gauche d'un d'entre vous "le bord doré des nuages"... un blog que je ne lis pas parce que ... etc etc... mais dont le nom m'a toujours plu... un blog que je lirai peut-être !!! Belle journée à vous...
PS le ciel n'a pas tenu les promesses que ces clichés semblent laisser présager : il fait pluvieux et on attend que la marée s'inverse pour savoir si ce sera son dernier mot !

jeudi 22 octobre 2009

L'ART DU SOUFFLE


Démodé le soufflé ? Sans doute : on en faisait souvent autrefois sur les tables bourgeoises, simple, c'est à dire au fromage, un peu plus raffiné parfois, aux crevettes ou aux champignons. On disait avec componction qu'il était nécessaire l'attendre autour de la table, pour l'accueillir à l'instant; qui ne dure guère, de sa splendeur.
Puis le soufflé s'est décliné cuisine moderne, au Grand Marnier, aux fruits confits, ou au chocolat, sucré, adouci mais de plus en plus difficile à servir en nos temps de vie trépidante. Et finalement le soufflé est retombé (sans jeu de mot ou presque) aux oubliettes.
Il me restait un demi potimarron, pelé à grand effort par votre valeureux papa (je ne vais pas lui pleurer les compliments : la tâche est ingrate et demande une énergie que je n'avais guère !).
Et en vue : une recette de Sacha, parmi la kyrielle de déclinaisons sur le thème du potiron, intitulé "gratin de potimarron au Parmesan". Il me tentait ce gratin, mais ayant dans mon frigo un reste encore fringant d'un autre gratin, j'ai pensé que gratin au carré, c'était peut-être trop ! Alors, j'ai pensé soufflé. Je vous le recommande, si vous avez, comme il se doit, un ou des convives décidés à jouer leur rôle avec bonne humeur.
Je résume : on fait cuire dans un peu d'eau salée le demi potimarron jusqu'à ce qu'il soit prêt à s'écraser à la fourchette. Pendant ce temps on prépare l'appareil à soufflé, une béchamel, trois jaunes d'oeuf, du gruyère rapé (du vrai, pas de l'emmental ce sera meilleur). On y incorpore le potimarron écrasé grossièrement, et les blancs battus en neige. J'ai décidé de parfumer cela avec du poivre en abondance et la juste quantité de "quatre épices" : c'était le bon choix en termes d'assaisonnement. Et hop, dans un moule à soufflé préalablement beurré, oui, oui, avec les doigts, beurk... et au four... 25 à 30 minutes à 210. En mode chaleur tournante, ça aide à l'expansion !! C'est joli, c'est bon car le goût de chataigne de cette délicieuse courge est bien mis en valeur par le blanc d'oeuf, et s'il en reste, c'est excellent froid !

mercredi 21 octobre 2009

7 REVELATIONS





C'est dur, Herbert a raison, d'être taguée... trouver 7 blogs qu'on aime et qu'on a envie de recommander, ça vous prend déjà la tête parce qu'il faut choisir, et forcément en laisser de côté. Alors on triche un peu pour en citer d'autres, malgré tout...

Ensuite, on se fait remonter les bretelles par Mandarine... Vous savez, l'histoire du blog "à mes filles", et les jérémiades de la maman qui pleure que "personne ne la lit" et que "personne ne lui répond" etc etc... Elle aurait dû s'en douter la maman en question, elles sont là les petites, et quand vous batifolez sur internet au lieu de corriger vos copies, gaulée !! Prise en flagrant délit de vagabondage télématique !
Enfin, il faut remplir la dernière partie du contrat : faire 7 révélations sur sa petite personne, sans tomber dans la redite (avec mes 550 messages, vous imaginez que j'en ai raconté des trucs, même des détails que j'ai oubliés : par exemple, Odile vient de me demander si j'avais fini par la lire, ma thèse... quelle thèse ?? elle a sans doute utilisé le lien de droite "un article au hasard" et s'est retrouvée sur une pile pourrie de bouquins indigestes, un jour où je pleurais sur la vanité des choses !!!), sans tomber non plus dans l'exhibitionnisme. Pas simple comme challenge...

Alors je m'y colle, le plus sobrement possible :
1) Ma grande peur en terme de blogs c'est de rabâcher (on est mal parti, car forcément je vais avoir dans la liste un truc que vous savez déjà)
2) Mon rêve secret était d'être restaurateur de tableaux
3) Mon autre rêve, jamais exprimé dans ces lignes mais transparent comme de l'eau de roche, car nous partageons tous ici plus ou moins la passion de l'écriture, cela aurait été d'écrire, mais je manque totalement, cruellement et définitivement d'imagination... la preuve : pour rédiger une thèse de 800 pages sur les contrats de mariage dans la Sénéchaussée d'Orthez de 1775 à 1789, faut vraiment, mais vraiment être à court d'idées...
4) Je déteste m'adonner au sport sous quelque forme praticable que ce soit, flemme aiguë... et en plus, ça fait transpirer, ce qui m'exaspère (ben, je cherche désespérément des trucs vrais mais qu'on n'a aucune chance d'avoir raconté tant c'est idiot !)
5) Mon premier amour était un marin, il s'appelait Raphaël et était beau comme un dieu... bon, là je ne crains pas grand chose, j'avais 4 ans, et je ne suis pas sûre que ce ne soit pas une invention de ma part, personne n'a jamais pu me confirmer l'existence d'un quelconque Raphaël dans mon entourage... en tout cas, je suis certaine que, même inventé, je voulais l'épouser... que voulez-vous, en ce temps-là, on épousait !
6) Ma première rivale s'appelait Chantal, elle était jolie, chipie et insupportable, elle arborait la tenue sexy des années 60, ballerines, jupe en vichy et cheveux remontés en banane, alors que je devais me contenter de la petite robe à smocks que mon âge m'imposait !!! Elle m'a volé l'attention affectueuse de mon grand frère, qui n'avait plus d'yeux que pour elle... j'en conserve un souvenir cuisant !
7) Ma pratique de la rapine (cf les figues du voisin) remonte à longtemps : il y a une trentaine d'années j'ai, avec la connivence active de l'alter ego, réprobateur mais complice, volé le département du Lot : elle figure encore en bonne place au fond du jardin, ne nous ayant jamais quittés (ne me dénoncez pas, je ne suis pas certaine qu'il y ait prescription pour un détournement de mobilier public !). Certains nuls en géographie s'étonnent encore du passage de la RN15 pour Rocamadour par la corniche michelaise ! Elle a en plus le mérite de m'avoir fourni un cliché pour l'article du jour, car comment voulez-vous illustrer un tel ramassis d'inepties en tous genres !

Pardon les filles si ces révélations n'en sont pas vraiment pour vous... j'ai tenté de trouver des inédits en terme de blog mais ils ne le sont pas nécessairement pour vous...

mardi 20 octobre 2009

PRIX KREATIV BLOGGER

Toute émue d’avoir été « distinguée » pour le prix Albert Londres… Non, je me trompe… le prix Lourdes… en fait ce n’est pas cela du tout ! Je recommence. C’est Sacha du Blog « Le journal gourmand de Sacha » qui m’a gentiment choisie pour m’attribuer, ainsi qu'à 6 autres heureux élus, le prix Kreativ Blogger. Elle-même avait été nominée (en espagnol fichtre, je n’ai pas tout saisi mais globalement je pense être dans les rails) par Lourdes du blog « Un abril en cantando », qui, comme c’est l’usage passait le relais…

Merci donc à Sacha, dont j’adore le talent culinaire et photographique, elle me tire chaque jour de la grisaille de nos cuisines pour m’enchanter avec des recettes aussi belles que bonnes. C’est un secret de bonne humeur gustative, car si on ne les réalise pas faute de convives (l’"alter ego "est au régime, en permanence, sauf quand il va 1) chez Marc 2) au restaurant 3) chez des amis 4) chez sa maman 5)… bref, il faut bien rattraper ses incartades, et se livrer à la cuisine vapeur inventive !!) on peut les admirer, faites avec soin par Sacha et sans doute dévorées avec bonheur par d’autres !!!

Sacha a d’autres blogs où elle raconte ses chats, ses travaux d’aiguille, ses escapades, ses légumes, ses cookies et sablés, et ses secrets de confiturière !! Sacha c’est la fée clochette, armée d’un objectif aussi efficace que son tour de main, et moi j’aimerais de temps en temps lire dans ses commentaires les félicitations de ceux qui dégustent au quotidien toutes ces merveilles dont elle nous réserve le visuel mais qui ne terminent pas leur vie dans une poubelle !!! Mais, on sait, ces messieurs sont réservés, pas loquaces et tout juste gourmands !!!

Le prix Kreativ Blogger, pour se mériter suppose une participation active : il faut d’abord l’attribuer à 7 autres personnes et ensuite révéler 7 secrets vous concernant.

Pour l’attribution je choisis ; à tout seigneur, tout honneur, Anamorphoses : mise en maux le blog de poésie de Koka (mais non, je ne suis pas partiale, il est génial ce blog !!)…

Puis, dans le désordre:

Autour du Puits, ou "de se ressourcer quand on vit à Paris", le blog de Françoise que je m’entête à appeler Aloïs et qui lit, écoute, visite, regarde et partage tout ce que je n’ai pas l’occasion de voir !!

Cuisine(s) et Dépendance(s), le délicieux blog bavard de Colibri, en période de spleen et qui nous lit par intermittence car elle n’aime pas trop l’automne… Colibri raconte ses recettes, qui ne sont qu’un prétexte, comme une magicienne des mots ! Et je crois qu'avec elle, j'ai trouvé mon maître ! Elle me bat côté tchache !!

Flying to the moon, le blog photo de Chic, toujours à l’affût d’un morceau de ciel, d’un nuage ou d’un envol au-dessus de nos contingences matérielles… Chic, pour qui je me suis prise d'affection, et que je surveille le mieux que je peux en essayant d’éviter qu’il se prenne les pieds dans le tapis à force de muser le nez au vent !!

Il y a ensuite les Idées Heureuses, le blog niçois de ma claveciniste de prédilection, le Sud, l’Italie à 2 pas, la musique, que demander de plus ?

Astheval, quant à elle, m’a initiée à l’art du récit de « fantasy » et je suis très fidèlement les aventures de Stellya, dans Balade avec les astres, me laissant guider sur les chemins d’une aventure fantastique un peu déroutante pour moi !

Voilà, je n’ai plus droit qu’à un blog, alors ce sera pour vous faire découvrir Le journal de bord d’une camionneuse, Sandra la petite canadienne qui est en cure de silence depuis un petit mois, mais c’est aussi cela le bloggage : on n’a aucune obligation de résultat, le stakhanovisme n’est pas obligatoire et les périodes de silence doivent être respectées. Il vous faudra donc pour la découvrir, au volant de son gros engin, remonter un peu le temps !!

C’est frustrant de n’en citer que 7, j’ai laissé volontairement de côté tous ceux qui ont tellement de lecteurs qu’on a du mal à y glisser son commentaire, ils sont presqu’institutionnels et n’ont pas besoin de ma (modeste) promotion… Oxygène ne m’en voudra pas de lui avoir préféré sa fille… Et puis je vous recommande de passer chez Fabulo pour le concours de photos d’automne, chez George pour le prix littéraire des blogueurs… Et cliquer par vous-même dans la fameuse « liste de droite » pour trouver tous ceux que j’aurais aimé citer encore.

Bon, il y a une deuxième obligation pour mériter pleinement le prix attribué par Sacha, mais je vous ai déjà infligé un article hyper long, et les 7 révélations sur Michelaise attendront que j’ai corrigé l’horrible paquet de copies qui m’attend, menaçant et grimaçant, au coin du bureau !!! Cela fera l’occasion d’un prochain billet, promis Sacha… et merci de cette citation dont je suis toute fière !

GOURMANDISES




Aloïs me demandait dans un commentaire qui suivait notre échange sur Royan, quelles seraient les gourmandises du week-end... J'ai répondu par l'article sur la chef valeureuse qui nous a concocté une semaine du goût pleine de saveur, et j'ai été ravie de vos commentaires qui, tous, saluaient les mérites de cette femme !
Hasard, samedi soir, Fanfan nous avait préparé un dessert absolument délicieux, dont la recette lui avait été donnée par cette dame : je vous la livre sans proportion mais vous en saisirez l'idée générale !
Dans un mélange de fromage blanc battu avec du mascarapone (moitié moitié), sucré et relevé au Grand Marnier, vous introduisez des mandarines au sirop écrasées grossièrement (Fanfan n'ayant pas trouvé de mandarines, elle avait mis de l'ananas au sirop et c'était délicieux) et des minis marshmallow ou si vous n'en avez pas, des marchmallow débités en tout petits cubes. Mis à refroidir pour reprendre un peu de corps, ce mélange est présenté très frais en coupes individuelles, orné de quelques marshmallow miniatures de couleur vive. Toute préoccupée par l'admiration portée au cassoulet du maître de maison, j'ai oublié de prendre ce dessert en photo !
Bien d'autres gourmandises ce week-end, dont je vous présente un pot-pourri (quel expression malvenue dans un tel contexte !), où vous reconnaitrez le célèbre cassoulet de Marc (au passage, soyez rassurées, Toulouse a gagné !!), les crevettes qu'on piège toujours par kilos, des vanets, délicieux coquillages en forme et au goût de mini coquilles saint Jacques, qui ne coûtent presque rien sur le marché en ce moment, et qu'on consomme simplement entrebaillés à la poêle, accompagnés d'une bonne tartine beurrée.



Pour finir, un dessert très "trans-blogs' : il me restait de la compotée d'Aloïs sur lequel j'ai ajouté l'idée de Colibri car les fraises d'arrière-saison étaient superbes et odorantes à souhait... En plus des pommes et des figues, je n'avais plus de poires, alors j'ai mis des coings, comme je n'avais pas de cidre, je l'ai remplacé par du Sauternes. J'ai préparé les fraises à part, elles étaient sucrées et parfumées, donc pas je n'ai pas rajouté de sucre, mais un peu de miel fondu dans du Sauternes. Quelques feuilles de basilic finement ciselées m'ont permis de les parfumer agréablement... Après quelques instants de macération, je n'avais plus qu'à faire se rencontrer Aloïs et Colibri et à déguster ce dessert par lequel vous étiez toutes deux un peu à ma table !
Pardon de ces recettes où les ingrédients prévus sont remplacés par d'autres, de ces improvisations revues et corrigées selon le contenu du frigo, mais finalement nous faisons toute un peu la cuisine de cette manière, loin des postulats et des idées rigides...


C'est aussi cela la gourmandise du week-end : le soleil, les grandes marées et la douceur de l'automne. L'eau était bonne, même si j'avoue que le simple fait d'enfiler un maillot de bain m'a fait frissonner, il faisait si bon que nous avons barboté près de 2 heures sans la moindre sensation de froid.

lundi 19 octobre 2009

LA VIE AVANT TOUT


 L'important c'est de rester vivant est un document d'une force incroyable : la réalisatrice avait 5 ans en 1974. Rescapée des camps de la mort au Cambodge, elle rencontre le théoricien du pouvoir Khmer Rouge, Khieu Samphân. Elle le filme dans sa retraite, le laisse s'enthousiasmer sur ses idéaux politiques, et lui pose quelques questions simples et entêtées : saviez-vous ce qui se passait ? avez-vous ordonné ces massacres ? comment pouvez prétendre ignorer ce qui se déroulait dans les rizières alors que vous étiez président ? Face à elle, un sourire fixe cachant une dureté abyssale qu’elle saisit par instants : l’homme nie, se contredit, s’enlise dans d’improbables ignorances. Son incroyable prétention éclate à chaque image, et pourtant elle ne fait rien pour le prendre en défaut.
Le film égrène avec un talent extraordinaire des images d’archives, terribles mais pas trop prégnantes, qu’il actualise en les mêlant aux images actuelles, célbrant ainsi la continuité de la vie. Roshane Saidnattar a besoin de refaire le chemin à l’envers, à défaut de comprendre et elle retourne avec sa mère sur les lieux où elles ont été déportées après la prise de Phnom Penh. Le chemin est long et douloureux, l’émotion palpable et on a la peur au ventre dans ces rizières redevenues vivantes à défaut d’être humaines. Ce film porte un regard qui, par sa résonance intime, nous dévoile une part de la folie qui a dévasté un peuple entier.
Ce qui m’a frappée, c’est de retrouver dans le personnage de Khieu Samphân, l’inconscience, l’insensibilité et l’indifférence des témoins de S21. Une sorte de cruauté froide et souriante qui fait froid dans le dos. Mais, et ce qui rend le film encore plus bouleversant que S21, la réalisatrice et sa mère expriment, par leur démarche douloureuse, un besoin de comprendre, de vibrer, de dépasser cette incroyable période. Leur rencontre sur la pointe des pieds avec leurs anciens bourreaux, eux-mêmes victimes du système qu’ils n’ont pu ni su fuir est un sommet d’émotion contenue. C'est un film très peu distribué et pourtant il devrait être vus par tous pour ne pas oublier les horreurs dont l'homme est capable. Le summum de l'insoutenable, sous sa forme la plus absurde, est atteint quand Roshane raconte qu'à Phnom Penh, les khmers rouges avaient consacré un immeuble aux chaussures gauches des déportés et un autre immeuble aux chaussures droites.


Autre moment fort du week-end cinéma, pour une fois nous étions gâtés, c'est le dernier Claude Miller qui est, à mon goût, un chef d'œuvre de finesse et de délicatesse. Je suis heureux que ma mère soit vivante est une réussite totale car il peint des personnages absolument réalistes, justes, sans pathos excessif et pourtant terriblement humains. La jeune mère inconsciente qui abandonne ses enfants est totalement crédible et Sophie Cattani joue ce rôle ingrat et difficile avec une subtilité surprenante. Elle est trouble, ambigue et pourtant totalement plausible. Le fils égaré, qui cherche et désire sa mère au point de n'avoir plus de vie que dans cette quête, est lui aussi interprété avec ferveur par le jeune Vincent Rottiers, qui ne fait ni un geste ni un regard inutiles. Les enfants sont parfaits, craquants et toujours dans le ton. Quant à l'intrigue, elle est menée avec un talent que rien ne vient entraver. Miller avait du talent, nous le savions, mais avec son fils cela donne un couple de choc du cinéma qui vaut absolument le détour.

dimanche 18 octobre 2009

BARCAROLLE

Depuis des années, depuis finalement que vous n'êtes plus ses élèves et qu'il a pris votre suite, Michel entretient avec Arlette une amitié d'autant plus riche qu'elle est un des facteurs de sa motivation au piano. Arlette, c'est LE prof de piano ! De nombreux billets ont ici, ici, ici et ici rendu hommage à son talent, à sa vitalité, à son courage, et surtout à ses enthousiasmes.
Cet été, elle avait un programme d'enfer : outre la master-class qu'elle faisait comme chaque année avec son "maître", France Clidat (qui a cru en elle et l'a aidée à repartir vers ce qui, après une carrière en entreprise, est une véritable carrière, modeste en termes d'audience, mais superbement satisfaisante pour elle et pour ceux qui l'aiment), elle avait en vue, toujours avec Clidat, un récital à 4 mains qui a eu lieu en septembre au Domaine de Pétignac, l'enregistrement d'un CD et un concert à Paris, donné la semaine dernière à l'occasion de l'inauguration familiale d'un Steiway restauré par Gérard.
Le CD c'était au mois d'août, dans le studio d'enregistrement du Domaine musical de Pétignac : Gérard, propulsé pour l'occasion directeur artistique, et elle ont passé une semaine à faire des prises de son, à trier, monter avec le preneur de son, et le disque est parti à la fabrication. Il est enfin sorti, et à défaut de vous offrir une photo de la jaquette par encore au point, j'ai choisi de vous offrir cette Barcarolle. Pour saluer la sortie de ce qui, pour notre Arlette préférée, est un merveilleux accomplissement, réalisation qu'elle doit à son enthousiasme, à sa valeur, mais aussi à l'entêtement de Gérard qui tenait à l'aider à franchir cette étape et a tout fait pour lui faciliter le côté technique, et aussi à Fabienne, toujours partante et dévouée pour accompagner les initiatives chaleureuses de son Triffon de mari !
Bref, cette merveilleuse aventure humaine valait un hommage !
Le CD est très réussi, Arlette y joue avec beaucoup de caractère et de sensibilité un choix de morceaux qu'elle affectionne. Elle y affirme clairement sa personnalité, au-delà des influences et de l'empreinte de celle qui est encore son "maitre" et l'objet de toute sa reconnaissance.
Merci à Koka de m'avoir aidée à mettre ce diaporama en ligne, car si j'avais dû m'en sortir seule, il restait sans son, ce qui, pour présenter un disque est tout de même paradoxal !

Extrait du site de Pétignac :

Arlette Laporte a commencé l'étude du piano avec sa mère à l'âge de cinq ans. Un ami de la famille, ayant remarqué ses dons, arrive à convaincre ses parents de lui faire faire des études musicales sérieuses à Paris.
Installés jusqu'alors en Savoie, toute la famille arriva à Paris et, à partir de huit ans, Arlette pu continuer le piano tout d'abord avec Yvonne Geminiani-Desportes, puis avec Jules Gentil, tous deux professeurs au C.N.S.M. de Paris, tout en poursuivant ses études générales au cours Hattemer-Prignet jusqu'au baccalauréat.
Il fallut alors choisir la voie future : Arlette LAPORTE se présente, à 15 jours d'intervalle, au concours d'entrée à H.E.C. jf et à celui du C.N.S.M. Le destin a choisi, ce sera le commerce et diplôme en mains elle exerce un métier bien loin de la musique.
En 1982, sa passion pour le piano s'impose, plus impérieuse que jamais, et, tout en travaillant à plein temps dans une entreprise jarnacaise, elle passe avec succès des concours de piano parisiens.
En 1986, ce fut la rencontre qui allait toutfaire basculer : France Clidat l'encourage vivement à vivre sa passion et, depuis lors, lui prodigue ses précieux conseils.
Devenue professeur de piano en 1987, Arlette Laporte a pour but quotidien de transmettre à ses élèves, enfants ou adultes, tout son savoir et sa passion pour la musique afin qu'ils puissent, à leur tout, ressentir et faire revivre les émotions exprimées par les compositeurs, émotions qui sont souvent les nôtres.
Elle vient d'enregistrer en août dernier un CD, "Le piano romantique", au Domaine Musical de Pétignac. Ce disque, est constitué de quelques-unes de ses pièces de prédilection, choisies parmis Schubert, Chopin, Liszt, Schumann et Mendelssohn. Il est à la fois un remerciement adressé à ses parents et à ses maîtres, la concrétisation d'un rêve pensé longtemps inaccessible et un pas important dans une vie éclairée par la musique.

vendredi 16 octobre 2009

FAUTE DE GOÛT

Dialogue croisé dans un couloir :
- "C't' aprem ça fait trop chier de rester là"
- "M... est absent toute la journée, il est malade"
- "Ah oui, super trop cool... Bon dis, c'est l'heure, faut aller manger"
- "Bof, trop nul, semaine du goût... c'est la semaine de la merde, ouais !"

Des dialogues comme ça, sauf à se boucher les oreilles, on en subit sans discontinuer dès qu'on franchit le rubicon et qu'on plonge dans le monde des ados... On se trouve confronté à ce désenchantement permanent qui vous fait douter d'avoir encore envie d'agir. Révolte d'aïeule pas dans le coup que cette révolte devant tant de bofisme ? Révolte parce que ces gens qui les "font chier" ou qui "font de la merde", ce sont des gens qui aiment leur métier, qui se donnent un mal fou pour les éduquer, leur ouvrir les sens, leur faire découvrir notre culture, nos richesses, nos diversités.

Alors j'ai eu envie d'écrire ce billet en hommage à notre "chef", une femme remarquable qui fait son métier avec un véritable amour du travail bien fait, qui soigne ses menus avec constance et talent, qui concocte des petits plats chaque jour pour des centaines de bouches affamées qui n'attendent, ne réclament et n'apprécient que les frites. C'est la "semaine du goût", et elle invente, innove, toujours avec des moyens modestes car la ligne budgétaire d'un self de lycée, ce n'est pas Byzance.
Quelques unes de ses initiatives, goutées pour vous mettre l'eau à la bouche et que quelqu'un, quelque part, salue son travail : des pains de légumes variés, une timbale à la ratatouille, de l'agneau au fenouil et au curry, comme légumes du chou-fleur safrané et des salsifis à la ciboulette, en dessert un cake au miel avec cannelle et noix à s'en lécher les doigts ! Oui, je suis bien en train de vous parler d'une cuisine de collectivité, pas d'un restau étoilé ! Bon, je n'ai pas osé sortir mon téléphone pour photographier tout cela, car on garde quand même son quant-à-soi dans un self de lycée, mais je tenais à rendre hommage à cette femme, qui aime son boulot et qui a à coeur, chaque jour, de nous offrir des saveurs nouvelles et une cuisine "comme à la maison".

jeudi 15 octobre 2009

JEU DE PISTE

La dédicataire de ce billet s'identifiera sans difficulté, et elle verra qu'outre le plaisir immense qu'elle m'a fait récemment, elle nous a procuré, à "ego" et à "alter ego", une joyeuse matinée, d'autant plus agréable que le temps était au diapason !
Pour les autres, le thème du jeu est simple : Meschers et Royan en 1955 et en 2009. Il suffit de comparer !

La plage des Nonnes à Meschers, la maison du "roi du caviar", par référence à la profession de celui qui la fit construire dans les années 50, est déjà là... mais perdue au milieu de la pointe et à peine sortie de terre. Le pin de gauche doit avoir changé mais l'impression globale est la même.

La conche Cadet, quasi inaccessible, n'a guère changé et le contrejour du matin lui sied toujours aussi bien !

Malgré les tempêtes et les outrages du temps, quoi de plus semblable à un carrelet qu'un autre carrelet ?

Impossible de se placer aussi haut que le photographe de 1955, mais un observateur attentif notera dans la vue actuelle de Royan une différence majeure : la présence de l'église Notre Dame dont la silhouette ne dominait pas encore la ville en 55. Notre-Dame est le symbole même de la résurrection de Royan, le maire qui l'avait commandée à Guillaume Gillet avait déclaré : « Faites-moi une église plus haute que cela, le plus haut possible ! Je veux que Royan ne soit pas une ville couchée, mais une ville debout : redressez-la par la silhouette de l’église ! »
Sur la gauche on remarque aussi une tour "malsonnante", qui est, heureusement, un des rares immeubles dont les années 80 aient enlaidi Royan.

C'est encore dans les années 80 qu'un édile sans doute bien intentionné a décidé d'améliorer la poste par cet inélégant rajout qui gâche nettement le bâtiment conçu par l'architecte de 1955.

Par contre, le plan urbanistique de Claude Ferret n'a pas été abimé, et l'allure générale de cette conque ouverte vers la mer reste inchangée : le projet initial, largement influencé par l'architecture brésilienne, est resté parfaitement lisible, et après avoir connu un purgatoire, il est désormais reconnu et célébré comme une belle réussite urbaine.

Le marché, en forme de parapluie, est d'autant plus copie conforme malgré les 50 ans qui séparent les deux photos, qu'il a été récemment restauré et parait aussi neuf qu'au premier jour !

Et pour vous servir, les deux photographes, leur périple terminé, et allant justement faire un petit tour au marché pour s'offrir quelques gourmandises ! A la santé de l'inspiratrice de cette article !

mercredi 14 octobre 2009

DEDICACE (à mes filles)


"Comment fais-tu pour écrire si souvent, et des billets si longs"
"Ben... euh, je sais pas..."
"Je croyais que tu avais beaucoup de travail cette année ?"
"Ben... euh oui oui, beaucoup beaucoup... mais euh ??? ça me détend le blog... et comme je suis toujours sur mon ordi..."
"Ah oui, tu blogues au lieu de travailler alors"
"Non, pas vraiment, enfin je ne crois pas... enfin un peu !! parfois ça me change les idées, parfois je m'égare un peu"
Il faut bien rester digne, donner le bon exemple (comment ? j'y crois encore, moi, à la vertu de l'exemple !!)... et ne pas avouer, ne pas s'avouer que ça vous prend pas mal de temps, les montages, les photos, les visites aux autres blogs... Et quand, en prime, il faut jouer aux châteaux sur le blog de Koka, c'est la "prise de temps" assurée* ! Car là aussi, j'ai une réputation à défendre. Et tout ça avant que mon "alter ego" n'arrive en criant "Faim !!"... ce qui ne saurait tarder !
Pour tout dire les blogueurs qui ont six blogs, 70 commentaires à chaque billet, et qui y répondent, qui alignent photos, textes et des tonnes de bouquins lus dans la marge, ça me bluffe ! Mais heureusement quand je lis George, ça me rassure !!!
Et les jours sans événement ça existe aussi, non ??? Et c'est tant mieux, car cela permet de parler en rond, de tout, de rien, du temps qu'il fait et de celui qu'on n'a pas eu vraiment le temps de perdre aujourd'hui !

* si vous avez envie de jouer vous aussi, cliquez, mais surtout ne lisez pas les commentaires !

mardi 13 octobre 2009

VARIATIONS

Nous avions programmé ce week-end à Bordeaux pour aller entendre les variations Goldberg, et, par un de ces heureux hasards qui semblent parfois vouloir donner un sens particulier à nos initiatives, l'exposition " Correspondances Matisse - Marquet", nous a réservé une autre série de variations. Celles que Matisse a tracées, encre de chine ou crayon en action, autour du thème majeur, lui-même exécuté au fusain.

Le thème...
... et les variations

Je vous laisse jouer au jeu des 7 erreurs autour de cette nature morte revue et corrigée par Matisse jusqu'à l'épuration, et vous conte notre visite. Nous pensions que le sujet était d'autant plus mince que le musée de Bordeaux n'a pas jugé bon pour l'occasion de déplacer beaucoup d'oeuvres, se contentant d'exposer les trésors de ses réserves. Pourtant nous avons passé presque trois heures à savourer ces dessins, peintures, gravures et autres lettres échangées entre les deux amis. Une amitié de longue haleine, qui va des premières armes sur les trottoirs du Luxembourg, jusqu'aux derniers courriers échangés peu de jours avant la mort de Marquet.
Des moments émouvants, des missives pleines de verve et d'humour, des échanges d'impressions ou d'espoirs, des cartes postales banales mais tellement humaines, retouchées, crayonnées... Ces messages cordiaux, qui suivent la carrière, l'évolution et les découvertes des deux hommes émaillaient la visite et ponctuait notre cheminement.

Malheureusement l'exposition était un peu accrochée à la va-vite, sans grande inspiration sur la disposition des toiles et installée de façon un peu décousue. Le sujet, sympathique et attachant, aurait mérité plus de soin, même si, de toute évidence il s'agissait de faire une exposition pas trop ruineuse, ce qui, en soit, n'est pas critiquable. Autre soupir, l'affaire ayant été menée sans recherche particulière, il n'y avait pas de catalogue et je l'ai d'autant plus regretté que ces lettres griffonnées, illustrées très souvent, écrites avec le coeur toujours, ces dessins incertains qui marquent si bien la recherche et l'hésitation, auraient mérités d'être revus, au calme, assis dans un fauteuil.


lundi 12 octobre 2009

EVENTEE


Nous avions prévu de passer le dimanche à Bordeaux pour visiter l'exposition Correspondances de Matisse et Marquet, dont je parlerai plus tard, mais aussi pour sentir le vent du montage médiatique assez pharaonique d'Alain Juppé, Evento. Il veut, avec cette nouvelle manifestation qu'il souhaite reconduire selon un ryhtme biennal, créer l'événement en matière d'art contemporain. La ville s'est donc offerte à divers artistes qui l'ont, à grands frais (un budget de 3 millions d'euros, soit environ 1/20ème du budget municipal annuel en matière de culture) investie de formes plus ou moins déroutantes, rarement esthétiques, trop souvent gratuites ou formelles, dont la présence dans la ville n'est guère convaincante.




S'il s'agissait de créer l'événement, d'attirer la foule dans les rues de la ville, d'envahir les places et les quais de badauds un peu indifférents, l'affaire était réussie. La météo particulièrement favorable en ce dimanche d'octobre, la foire aux plaisirs d'automne déployée sur la place des Quinconces, la nouvelle configuration de la ville qui se prête à loisir au baguenaudage et à la déambulation insouciante étaient aussi pour beaucoup dans l'affluence de cette journée dominicale festive. Tout invitait le passant à la fête et à la flânerie. Certes une curiosité légitime entrainait les promeneurs à détailler les véhicules emboutis abandonnés sur l'herbe, les scories et déchets entassés sur des tréteaux, et autres manifestations d'une conception intellectualisée et parfois totalement vaine de l'art moderne.



Le pont de Faustino sentait bon le pin, et, enjambant la route invitait tout naturellement à l'ascension. On s'y pressait joyeusement et le côté qui finit en aplomb sur la Garonne, trop fragile pour supporter une foule intense, faisait d'autant plus attraction que l'accès en était règlementé. Mais cette construction arrondie, supportée par une forêt de pieux entrecroisés qui attiraient les photagraphes comme un aimant, avait plus l'allure d'un bel ouvrage d'artisanat que d'une véritable oeuvre d'art.
Au Grand Théâtre, l'exposition prétexte sur le Rwanda, alignait des photos mal cadrées, plus ou moins floues ou sans attrait, des plastiques déchirés et des affiches jaunies dont l'accumulation décourageait l'interprétation. Quand on a admiré, adoré, vécu un spectacle complet sur l'âme africaine comme AFRICARE il y a deux ans à Avignon, ce ramassis hétéroclite et arbitraire d'objets sans souffle laissait un peu perplexe.


A la base sous marine, l'exposition Amos Gitai avait le mérite d'animer les murs sombres de ce bâtiment désolé, et c'était sans doute le lieu le plus réussi de la manifestation. Mais le côté zapping et superficiel de cette mise en scène, où les sons et les images se mêlaient en décourageant tout approfondissement d'une oeuvre profonde avait quelque chose de facile, qui, pour Gitai était mal venu. Esthétiquement c'était séduisant, intellectuellement c'était frustrant.


J'avais espéré du discours abscons et un peu rebutant d'intellectualisme forcené qui émaillait les plaquettes de présentation d'EVENTO trouver une nouvelle expression de l'urbanisme intégré à la vie de la ville dans ce parcours mais j'ai été fort déçue, et j'ai trouvé la recette éventée...



Pour autant, nous avons passé une après-midi vraiment délicieuse à musarder dans Bordeaux. Maryse disait que l'exposition du matin nous avait ouvert l'oeil, rendus plus réactifs aux couleurs et aux formes, plus attentifs aux détails, et le ciel chargé qui donnait au soleil estival des allures de victoire fragile était pour beaucoup dans la magie de cette journée. Je n'ai pas aimé EVENTO mais j'ai aimé Bordeaux, l'amitié, la douceur partagée de ces moments uniques.


dimanche 11 octobre 2009

RIVIERE* DEVOILEE



Quand, le premier aout, Enitram nous contait comment elle avait eu la chance d'écouter Zhu Xioa Mei, nous avions déjà réservé la date du 10 octobre pour venir à Bordeaux écouter la pianiste découverte quelques temps auparavant grâce à Arlette, le professeur de piano de Michel. Les commentaires enthousiastes et envieux saluaient alors la chance d'Enitram et Autour du Puits demandait si elle avait lu son livre, remarquable selon elle. Il me semble qu'un autre blog l'avait aussi recommandé, et je me suis dit que c'était une bonne façon de patienter jusqu'en octobre que de lire à mon tour "La Rivière et son secret".
Aussitôt dit, aussitôt commandé, et dévoré plus vite encore. Ce récit est tellement intense, bouleversant et captivant qu'on le lit d'une traite, et qu'on a encore plus désir d'aller entendre Zhu Xiao Mei en concert ensuite.
Le concert était organisé par l'Académie Bach du Bouscat pour son 10ème anniversaire. Le moment était d'autant plus passionnant que Gilles Cantagrel, fondateur de cette association, présentait avant le concert une conférence passionnante sur les variations Goldberg. Avant son intervention, Mark Drobinsky nous fit l'amitié de nous interpréter deux pièces de Bach au violoncelle, pour nous mettre dans l'ambiance. Gilles Cantagrel, avec un art consommé du récit savant, sans pour autant être pédant, nous présenta ensuite avec force détails, anecdotes et traits d'esprit, le corpus des variations que nous devions entendre dans la soirée. Il aime à raconter qu'un soir, félicitant Zhu Xiao Mei sur sa lecture toute intérieure de la partition, à tel point selon lui que ce n'était plus un concert mais une quête spirituelle qu'elle offre aux spectateurs, cette dernière lui répondit en souriant "Mais tu ne savais pas que Bach était boudhiste ?".
Et de fait, c'est vraiment à une promenade immatérielle, un vrai chemin de découverte et de lumière que nous étions convié samedi soir. Zhu Xiao Mei respire ses notes, et on les vibre avec elle. Didier, qui nous avait rejoint avec Maryse, disait qu'il avait été saisi par une fulgurance mauve en cours de concert. Puis que, lorsque la main droite et la main gauche s'étaient enfin équilibrées, il avait pu se laisser porter au terme de cette démonstration sublime, en toute quiétude.
Nous avions pensé faire dédicacer notre livre à l'issu du concert, mais le cocktail qui suivait et les mondanités qui accompagnent ce genre de manifestations, nous ont paru tellement futiles que nous avons renoncé à l'idée. Il suffit de garder en mémoire ce moment unique, privilégié, que nous avons vécu comme un rêve.


Comme tu le disais, Mandarine, nous avions réservé dans "notre" chambre d'hôte, et après y avoir déposé les bagages, nous avons rejoint Maryse et Didier pour dîner sur les allées de Tourny. Le Cinq, restaurant à tendance méditérannéenne, où les clients fidèles ont leur Laguiole attitré gravé à leur nom qui les attend dans une vitrine, nous a offert sa carte originale, ses plats copieux et son ambiance feutrée, pour une fin de soirée pleine de béatitude.
Il nous restait à remonter le cours de l'Intendance en titubant légèrement, c'est agréable de ne pas avoir de voiture à conduire après un bon repas, en s'extasiant devant la Boutique Aigle, qui, flanquée d'un tas de détritus pas très écolos, nous proposait sans rire "une réintoduction de l'homme dans la nature"... Mais peut-être était-ce là un effet des vapeurs du Côte de Blaye sur notre esprit embrumé ?


* Ainsi que Gilles Cantagrel le répète volontiers, Bach en allemand, signifie Rivière

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