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lundi 24 décembre 2012

AVENT 2012 derniers jours


Déjà le dernier jour ! Comme l'Avent est passé vite... comme passeront très vite les vacances de Noël. Il me restait tant et tant de nativités à partager avec vous, souvenirs émus, découvertes, sujets d'admiration sans cesse renouvelés... Je voulais vous parler des Nativités du Nord, strictes, austères quoique somptueuses, mais où l'expression d'une joie débridée, de bergers sautillants ou d'anges gambadant n'a plus guère de place. On y adore l'enfant Jésus avec gravité, voire avec un rien de componction, le côté Presepe de Greccio*, tel que le décrit Saint François, est loin. Les  Rois Mages, invités prestigieux de l'instant figé, l'emportent sur les bergers et donnent à la scène tout son lustre.


Je voulais aussi vous parler des nativités françaises du XVIIème, celle de Laurent de la Hyre (à Rouen), de Philippe de Champaigne (à Lille ou à Rouen), des frères le Nain, ou de Georges de la Tour (au Louvre) que le nouveau-né de Rennes sacre comme maitre incontesté de cette sobriété intime, où l'amour maternel se manifeste par une douceur et une lumière incomparables. Sobres, sans fioritures, elles sont recueillies, pleines d'une émotion presque populaire, en tout cas accessible à tous et revoient complètement le thème iconographique tel que l'avait fixé la Renaissance. Marie Anne Dupuy-Vachet vous en parlera mieux que moi dans son émission de Canal Académie.


Mais puisque le temps nous presse et que demain, déjà, c'est Noël, il me semble que nous pouvons terminer ce tour des nativités par cette adoration des bergers de Fragonard, qu'on admire au Louvre où l'on peut aussi voir un dessin préparatoire de la composition. Placé au centre exact du tableau, l'enfant, éblouissant de lumière diffuse autour de lui une clarté qui inonde la grisaille des jours. Les bergers empressés se prosternent au pied de l'enfant, sur lequel veillent quelques angelots et surtout, à peine suggéré dans un halo de lumière, le Père Éternel, à moins que ce ne soit Joseph. L'identification est hasardeuse. Il ne reste de la mise en scène traditionnelle qu'une vague silhouette du bœuf, à gauche, massif mais secondaire. Tout procède de l'avènement central, fondateur et la composition tourbillonne autour du berceau de nuages. Ici, tout est lumière, grâce et espoir. Que ces mots soient votre viatique pour les fêtes !


* Voici l'histoire telle que la raconte le site officiel des franciscains :
"Nous sommes en 1223 et François se trouvait à Greccio, une ville de l'Italie. Il dit à l'un de ses amis, qui avait mis à la disposition des frères une grotte dans la montagne: "Je veux célébrer Noël avec toi, cette année, dans la grotte. Tu y installeras une mangeoire pleine de foin. Fais venir un bœuf et un âne. Il faut que cela ressemble à la crèche où est né Jésus".
Et tous les habitants de la ville vinrent entourer les frères et assister à la Messe de Minuit. Ils étaient si nombreux, avec leurs cierges et leurs lanternes, que le bois était éclairé comme en plein jour. La Messe fut dite au-dessus de la mangeoire qui servait d'autel.
La légende raconte que tout à coup, l'ami de saint François vit un petit enfant étendu dans la mangeoire. Il avait l'air endormi...Et François s'approcha, prit l'enfant tendrement dans ses bras. Puis le petit bébé s'éveilla, sourit à François, caressa ses joues et saisit sa barbe dans ses petites mains !
Et cet ami comprit que Jésus avait semblé endormi dans le cœur des humains et que c'est François qui l'avait réveillé par sa parole et par ses exemples.
François, qui assistait le prêtre à l'autel en qualité de diacre, parla si bien à la foule de la naissance de Jésus et de ce que veut dire Noël que tous furent remplis d'une grande joie.
L'année suivante, les habitants de Greccio avaient raconté avec tant d'admiration les merveilles de cette belle nuit de Noël que, un peu partout, on se mit à reconstituer, dans des grottes ou des étables, la scène touchante de la naissance de Jésus."

vendredi 21 décembre 2012

AVENT 2012 JOURS 18 à 21



- Mais elles sont toutes de la même époque, tes Nativités !!
Alter proteste et il n'a pas tort, et toscanes de surcroît. Il faut dire que le thème était au XVème fort à la mode dans le milieu florentin et qu'il a connu ensuite un net ralentissement... Pourtant, le sujet reste classique et prisé par les commanditaires. Pour dire le vrai, pour moi, LE peintre de Nativité reste Jacopo Bassano, j'ai l'impression (sans doute exagérée) d'avoir vu des dizaines de Nativités peintes par lui !!! En réalité, cette richesse provient du fait qu'il travaillait avec ses quatre fils, et non seulement les attributions précises sont parfois difficiles mais encore, il me suffit de lire Bassano pour avoir le sentiment que ce sujet lui tenait fort à coeur, à lui ou à son atelier ! Vous verrez sur le site où j'ai trouvé ces reproductions que les Bassano, père et fils, ont fait bien d'autres choses que des crèches mais cela reste dans ma mémoire leur spécialité.



Elles n'ont plus rien de toscan ces Nativités aux senteurs vénitiennes. Elles sont anecdotiques, pleines d'une verve populaire qui rend la scène presque familière. Les bergers déboulent avec enthousiasme, la Vierge découvre son enfant avec l'amour et la fierté d'une jeune maman qui est heureuse de montrer son nouveau-né. L'ambiance est champêtre et si quelques ruines antiques s'y glissent ici ou là, c'est plus par souci d'esthétique que par volonté démonstrative. Et Joseph est pensif, presqu'indifférent à l'agitation qui l'entoure.

lundi 17 décembre 2012

AVENT 2012 JOURS 15 à 17

Domenico Ghirlandaio - tempera sur panneau de bois-167 x 167 cm -v. 1482-85

Le retable se trouve à l'église de "Santa Trinità" à Florence et s'intitule «  L’Adoration des Bergers »... Peint par Domenico Ghirlandaio, cet artiste prolixe dont tour à tour la chapelle Tornabuoni, à Santa Maria Novella et le Saint Jérôme d'Ognissanti nous a tant séduits, l'oeuvre est un manifeste qui insiste sur l'importance historique de la naissance du Christ. Événement dont sont d'abord avertis les plus humbles, les trois bergers aux allures de bourgeois aisés qui se réjouissent à droite du tableau.


Ils n'ont rien de bien rustique ces hommes aux cheveux grisonnants qui s'abiment dans la contemplation de l'enfant nouveau-né : leur habit est confortable, et leur mise plutôt soignée. Seul un agneau bien frisé et un bonnet laineux marquent leur rôle.


Mais au loin, déjà, arrive, en rangs serrés et affairés, rutilants et en grande pompe, une horde de grands de ce monde qui n'entendent pas être exclus de la Bonne Nouvelle. L'humanité accort pour assister à l'événement qui la fonde et lui donne sens. Le cortège, qui rappelle celui des Rois Mages de Gozzoli, mais ici plus antiquisant qu'orientalisant, s'apprête à passer sous un arc de triomphe dont l'inscription évoque le respect du général romain Pompée, pour la Judée. Cela ne restera pas une affaire privée, et Joseph en est complétement éberlué. Il se gratte le front avec perplexité pendant que Marie, sereine et recueillie, contemple et adore son enfant.


Celui-ci babille, couché sur le pan du manteau de sa mère, au milieu d'un parterre d'herbes grasses et de fleurs. Inconscient encore du danger qui le guette, il repose devant un sarcophage antique, tout à fait dans le ton, orné d'une somptueuse guirlande de fleurs et de fruits, mais brisé et particulièrement sinistre en cette circonstance. L’inscription gravée sur ce tombeau servant de mangeoire rappelle la prédiction de Fulvius, l’augure de Pompée, qui annonce la venue du Messie*. La présence d'un sarcophage comme berceau improvisé est bien sûr une anticipation de la Passion du Christ et de l'inéluctabilité de sa souffrance. Le chardonneret épineux qui contemple la scène au premier plan est là comme un rappel du sacrifice futur, traditionnel symbole du sang versé, du fait des taches rouges qui ornent son plumage. Ces détails dramatiques font de la Nativité de Ghirlandaio un programme iconographique complexe et ambitieux, à l'image de l'oeuvre de cet artiste d'exception.




* Ces deux inscriptions, inventées par l’humaniste Bartolomeo Fonzio à partir d’un passage de l’Histoire des juifs de Flavius Josèphe, ont pour but d’indiquer l’union de la latinité et du christianisme. L’arc joue ainsi le rôle d’un pont symbolique qui relierait Juifs, Romains et Chrétiens, tandis que les inventions épigraphiques assurent la liaison entre les différents temps de l’histoire : le passé de la civilisation antique, le futur antérieur de la prophétie, le passé toujours actuel de l’événement sacré et le présent du peintre. Ce dernier, en effet, en inscrivant la date de réalisation de l’œuvre sur le pilier central, marque sa présence aux côtés des témoins de l’Incarnation... d'après Le temps des ruines: l'éveil de la conscience historique à la Renaissance Par Sabine Forero Mendoza

Merci au site des Jésuites de France où j'ai trouvé cette excellente reproduction du tableau. 

jeudi 13 décembre 2012

AVENT 2012 JOURS 12 à 14



C'est au tour aujourd'hui de Sandro Botticelli de nous annoncer la naissance du Sauveur et je vous propose cette Nativité découverte "pour de vrai" il y a peu (il me faut bien avouer que je n'étais jamais allée à Londres avant ce printemps) et qui est, semble-t-il, la seule toile autographe du maître. Une toile de taille imposante mais moins impressionnante qu'on ne peut l'imaginer tant qu'on ne l'a pas croisée : trop grande pour un tableau de dévotion privée mais trop petite pour une pala d'autel.


La signature de l'artiste, insérée dans un cartel de trois lignes en haut du tableau, intrigue le spectateur : "Questo dipinto, sulla fine dell'anno 1500, durante i torbidi d'Italia, io, Alessandro, dipinsi nel mezzo tempo dopo il tempo, secondo l'XI di san Giovanni nel secondo dolore dell'Apocalisse, nella liberazione di tre anni e mezzo del Diavolo: poi sarà incatenato nel XII e lo vedremo ... (mot rendu illisible par les dommages du temps, qui pourrait être "calpestato" o "precipitato") come nel presente dipinto". Dans d'autres cartouches, entrelacées aux branches au premier plan ainsi que sur certaines de celles tenues tenues par les anges dansant, on lit : "Gloria in excelsis Deo" e "Pax hominibus", autant dire une citation de Luc (2:14). D'autres anges, tenant des couronnes d'or et  des branches d'olivier, agitent des rubans célébrant Marie, Mère de Dieu, Épouse de Dieu, Unique Reine du Monde. Ceux qui sont devant la crèche enfin, nous annoncent la teneur de l'événement qui le met en joie, en citant encore Jean (1:29)


Quand on y regarde de près, tout est surprenant dans cette nativité d'un genre très personnel. D'abord la disposition globale, strictement symétrique, réglée comme un ballet à la chorégraphie enlevée et joyeuse. A gauche un ange vêtu de rouge accompagne les rois mages, tandis que celui de droite, en blanc, montre la crèche aux bergers. En bas de la composition trois groupes, composés chacun d'un ange et d'un personnage couronné de lauriers, se donnent un ardent baiser de paix. Au sol, surgissant de crevasses du terrain dans lesquels ils semblent vouloir retourner se cacher, cinq diablotins montrent toutes les traces d'une agitation et d'une peur intense, manifestement affolés par l'événement que célèbre la foule qui s'embrasse.
Enfin au-dessus de l'étable, portant les couleurs des vertus théologales (blanc pour la foi, rouge pour la charité et vert pour l'espérance) douze anges aériens brandissent des rameaux d'olivier, et dansent en faisant une ronde et en chantant un hymne de louange. 


Ce qui fait l'originalité de la toile est qu'elle combine le thème, classique, de la naissance du Christ avec celui de sa seconde venue, son retour sur terre avant le Jugement Dernier**, tel qu'il est promis par le livre de la Révélation. On assistera alors à la complète réconciliation entre les hommes et Dieu, comme semblent l'annoncer les accolades chaleureuses du premier plan. La fraternité régnera et le mal sera vaincu, ainsi que le suggèrent les diablotins qui se réfugient dans les lézardes de la roche. Florence, marquée par les souvenirs encore vibrants d'événements tragiques, avait besoin de réconfort moral. Botticelli mit toute sa culture humaniste au service de ses commanditaires, en réalisant ce panneau riche en symboles et qui a donné lieu à moult interprétations savantes.




* L'inscription peut-être traduite ainsi  : "Moi Sandro ai fait ce tableau à la fin de l'an 1500 durant les troubles dont est victime l'Italie, à la moitié du temps après le temps accordé au onzième chapitre de Saint Jean dans le second sceau de l'apocalypse après la disparition du diable pendant trois ans avant qu'il ne soit enchaîné au douzième chapitre [... ] comme nous le verrons dans ce tableau". Les mots manquants peuvent être "comme il s'est enterre lui-même".
Ces années sombres peuvent être mises en relation avec l'invasion française, avec les agitations florentines survenues après la mort de Laurent le Magnifique (avril 1492), aux menaces diverses en provenance de Ravenna, Faenza, Rimini etc qui inquiétaient les florentins. "La moitié du temps après le temps" a ainsi été interprétée comme "comme un an et un demi-an" après que les français aient envahi l'Italie (1498) mais cela peut également dire la moitié d'un millénaire (500 ans) après un millénaire (1000 ans): 1500, la date du tableau. Comme la fin du millénaire en l'an 1000, la fin du demi-millénaire, 1500 a aussi été pressentie par beaucoup comme l'annonce de la seconde venue du Christ prophétisée par l'Apocalypse.
 ** On parle de Parousie

lundi 10 décembre 2012

AVENT 2012 JOURS 9 à 11

 1463-65 Filippo Lippi, la Navité (musée des Offices)

Filippo Lippi !! Qui d'entre nous ne s'est ému(e) devant ses vierges translucides, devant ses toiles lumineuses, joyeuses, pleines de vie et d'espoir ?? Voilà donc un peintre fort bienvenu dans la ronde des nativités !! Celle des Offices met Marie au centre de la composition, hommage inépuisable à la beauté féminine. Elle concentre toute la lumière, et son attitude rêveuse et recueillie est un hymne à la douceur et à la beauté féminines. Autour d'elle le paysage explose en de multiples perspectives, improbables mais marquant l'universalité du message d'espoir qu'annonce l'événement. Coupé en deux par l'intervention divine, ce rayon doré que relaie la colombe aux ailes déployées, le tableau n'a pourtant rien de rigide ou de symétrique. Saint Joseph, relégué dans le coin à bas à droite, semble isolé du contexte et pourtant très inquiet. Lui seul semble pressentir que tout cela risque de mal finir ...

1458-1460, Filippo Lippi, Berlin, Gemäldegalerie

Traitée dans la même veine, la Nativité de Berlin (que certains d'entre vous ont peut-être vue en direct, ce qui n'est pas mon cas) semble l'exact reflet en miroir de celle de Florence : on peut y jouer au jeu des différences, Marie est encore plus jolie, l'enfant Jésus vraiment attendrissant et Saint Joseph en ermite est suggéré de la même façon, encore plus évanescent. Et cette nativité était celle qui ornait la chapelle des Mages du Palazzo Medici Riccardi ornée à fresques par Gozzoli et remplacée par une copie pour rendre l'ensemble lisible. Ce billet est donc la suite logique du précédent !
Merci à La Nativité Italienne où j'ai trouvé ces peintures.

vendredi 7 décembre 2012

AVENT 2012 JOURS 4 à 8


Bien que sa fresque ne soit pas à proprement parler une Nativité, comment résister à l'envie d'inclure dans cette série l'impressionnant Cortège des Rois Mages de Benozzo Gozzoli au palais Medici Riccardi de Florence ? Nous verrons que la "crèche" qui l'accompagnait est maintenant à Berlin, mais bien que tout converge vers ce sujet central, le thème de cet ensemble, politique en diable, est traité avec une virtuosité qui a fait et fera toujours mon admiration. Une façon somptueuse de préparer Noël. Même si le luxe est là un peu trop flagrant ...


En effet, les fresques de l'élève de Fra Angelico ont été commandées par la maison Médicis pour honorer et commémorer un événement prestigieux et de première importance : la venue à Florence des principaux dignitaires participant au Concile de Bâle (1438-39) et installée jusqu'alors à Ferrare. L'objectif de ce Concile était la réunification entre l'église latine et l'église byzantine, à laquelle les Médicis entendaient oeuvrer en favorisant cette rencontre. Gaspar est représenté par une version idéalisée de Laurent de Médicis, le mage Balthazar a les traits affichés de Jean VIII Paléologue et Melchior est campé par Sigismond de Luxembourg. L'ensemble, enrichi de lapis lazzuli, d'ors et de laques brillantes est d'un exotisme de bon aloi, très orientalisant, et surtout propre à impressionner la population florentine et tout le milieu artistique florentin de l'époque.


Le nombre de portraits de dignitaires (Pierre le Gouteux, Sigismond Malatesta, Galéas Marie Sforza, le pape Pie II ...) et d'humanistes (Marsile Ficin, Léon Battista Alberti, les frères Pulci ...) présents sur cette fresque en fait une vraie leçon d'histoire et de propagande d'une beauté impressionnante.

Signé : Benozzo Gozzoli !

On trouvera une excellente analyse des fresques et du thème des Rois Mages sur le web pédagogique d'après un livre d'Emmanuel Noussis.  Je vous y renvoie car ce n'est pas le sujet de ces billets informels de faire de l'histoire de l'art : je veux simplement remettre, modestement, Noël en perspective !! Et me remémorer quelques œuvres marquantes, parlant de Nativité !


Résumé de l'article : il traite de deux cortèges des Rois Mages, celui de Gozzoli et celui de Gentile da Fabriano. Un même style au service d’une même fonction : un style fastueux, le gothique international ou s’inspirant du gothique international, utilisé pour mettre en valeur la richesse et le pouvoir d’une famille. Ajoutons que ces deux œuvres incarnent mieux que toute autre le caractère transitoire du Quattrocento. Jusqu’au milieu du siècle, les élites urbaines des cités italiennes sont loin d’être entièrement conquises par le style renaissant qui s’exprime dans la sculpture de Donatello, voire dans la peinture de Masaccio ou de Fra Angelico. Même à Florence, le gothique international est appelé pour la décoration du palais dans le pur style courtois français même si Gozzoli intègre aussi des caractéristiques proprement italiennes notamment un fort réalisme de la représentation des figures et des éléments naturalistes (on sent pour ces derniers l’influence du grand Pisanello).

mardi 4 décembre 2012

AVENT 2012 JOURS 2 et 3


Fra Angelico, fresque du couvent San Marco à Florence

Dans la série des nativités, et si l'on s'en tient à une stricte logique d'émotions éprouvées, de souvenirs partagés, la découverte de Fra Giovanni da Fiesole, (1387 1455) , plus communément appelé Fra Angelico, a été un autre moment intense dans mon approche de l'Italie, many years ago !! C'est donc à lui que revient l'honneur d'illustrer ce deuxième billet. Qui, mieux que l'Angélique, est à même de donner à cette scène toute son humanité, son aimable recueillement, sa douce sérénité ?
Découverte au détour d'une cellule, dans la paix et la douceur des lieux évocateurs qui abritent les fresques du couvent San Marco, cette Nativité en présence du malheureux Saint Pierre Martyr au crâne fendu par quelque bourreau cruel, s'impose par sa gamme de teintes éblouissantes : des roses, des mauves délicats, des jaunes dorés, des orangés chatoyants, autant dire toute la palette inventive du dominicain de Fiesole.


1450-1452, Beato Angelico, Florence, San Marco, Armadio degli Argenti

Toujours dans le couvent de San Marco, ce petit caisson de l'Armadio degli Argenti m'a toujours fascinée : c'est le couvre-chef d'une rare élégance de Saint Joseph qui en est la cause ! Pour une fois on ne voit pas sa calvitie, et cet élégant béret souple, contrastant avec le jaune lumineux de son manteau, lui donne un air de chevalier servant, qui tranche avec la représentation traditionnelle du saint, toujours un peu dépassé par les événements, voire vaguement ahuri. Ici, il est plongé dans une adoration attentive et attendrie. Cette tache noire sur la composition s'est gravée de façon indélébile sur ma rétine et donne à cette scène un relief qui m'enchante.

Le thème de l'Avent est aussi traité dans le blog de Marie Paule, dans un billet qui présente une fort belle nativité orthodoxe qu'elle présente avec verve.


Photos sur livre

dimanche 2 décembre 2012

AVENT 2012 JOUR 1

 Giotto, 1310, transept Nord, église inférieure, Assise

L'idée est partie de Danielle, qui dans son Album Vénitien fête l'entrée dans la période de l'Avent avec une fort belle Visitation de Giovanni Busi detto Il Cariani ... Relayée par Anne de Micelannéesanne qui nous propose une superbe Sacrée Conversation, Vierge à l'Enfant entourée de saints de Michaël Tanner, vue à Trente. J'ai eu envie de continuer la ronde, pour préparer Noël en vous offrant, les jours "sans" (vous avez peut-être remarqué que mes billets paraissent un jour sur deux !) une Nativité, vue, aimée, et jamais oubliée ! A tout seigneur, tout honneur, je commence par Giotto ... 
Mes premières émotions artistiques lors d'un voyage d'histoire de l'art en Italie, où l'on nous parlait de Cimabue (prononcer Tchimaboué... je trouvais cela très exotique, fort étonnant et je vibrais de toutes mes fibres), et de Giotto : découvertes, apprentissage, tout était neuf pour moi alors ! Je n'ai pas souvenir de Nativité peinte par Cimabue, plus porté vers les Maesta, ces immenses Vierges entourées de Saints ou d'anges, l'enfant planté sur les genoux, majestueuses sur leurs trônes aux allures byzantines. Par contre Giotto a souvent fait des scènes plus intimes, tout à fait dans la tradition de la crèche de Greccio, réinventée moins d'un siècle auparavant (en 1223). Et comme j'ai hésité entre Assise et Padoue, je vous propose les deux !

Giotto , 1303-1306,  Chapelle Scrovegni, église de l’Arena, Padoue

 

Peintures empruntées à Artifex in Opere 


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