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vendredi 4 mars 2011

PARTI PRIS DE SOBRIETE

Solution incertaine de la nature morte au pain : je n'ai, bien entendu, pas vu la radiographie mais juste une mauvaise photo dans catalogue de l'expo. C'est cette photo que je vous ai soumise. D'après l'auteur du catalogue "la radiographie faite à l'occasion de son acquisition révèle que Chardin y avait fait figurer quelques concombres sur la droite. Allons pour les concombres, pas quelques, un ou deux. Mais distingant une masse feuillue à l'endroit où est planté le couteau, ce serait un chou. Ce qui expliquerait le mystère du couteau... Ensuite j'ai trouvé ici ceci :"Une étude radiographique du tableau révèle les repentirs de l’artiste (les repentirs sont les « erreurs », les changements opérés par l’artiste et qu’il cache sous une couche picturale) : ainsi, au départ, un énorme chou vert se trouvait derrière la bouteille tandis qu’un citron remplaçait la petite cuillère". Pourtant la petite cuillère est bien présente sur la radiographie, et ces gros fruits sont plutôt des concombres. A moins que celui qui est posé dans le plat ne soit un citron. Enfin, il me semble distinguer très nettement sur la gauche, et je n'en ai trouvé trace dans aucun commentaire, une cruche avec une anse, alors que je ne vois pas trace de la carafe qui figure sur la peinture définitive. La "cruche" est décalée sur la gauche de l'assiette alors que la bouteille figure au milieu de celle-ci. Bref, une peinture bien remaniée !


Le mot VERRE D’EAU serait en quelque façon adéquat à l’objet qu’il désigne… Commençant par un V, finissant par un U, les deux seules lettres en forme de vase ou de verre. Par ailleurs, j’aime assez que dans VERRE, après la forme (donnée par le V), soit donnée la matière par les deux syllabes ER RE, parfaitement symétriques comme si, placées de part et d’autre de la paroi du verre, l’une à l’intérieur, l’autre à l’extérieur, elles se reflétaient l’une en l’autre. Le fait que la voyelle utilisée soit la plus muette, la plus grise, le E, fait également très adéquat. Enfin, quant à la consonne utilisée, le R, le roulement produit par son redoublement est excellent aussi, car il semble qu’il suffirait de prononcer très fort ou très intensément le mot V E R R E en présence de l’objet qu’il désigne pour que, la matière de l’objet violemment secouée par les vibrations de la voix prononçant son nom, l’objet lui-même vole en éclats. (Ce qui rendrait bien compte d’une des principales propriétés du verre : sa fragilité.)

Ce n’est pas tout. Dans VERRE D’EAU, après VERRE (et ce que je viens d’en dire) il y a EAU. Eh bien, EAU à cette place est très bien aussi : à cause d’abord des voyelles qui le forment. Dont la première, le E, venant après celui répété qui est dans VERRE, rend bien compte de la parenté de matière entre le contenant et le contenu, – et la seconde, le A (le fait aussi que comme dans OEIL il y ait là diphtongue suivie d’une troisième voyelle) – rend compte de l’œil que la présence de l’eau donne au verre qu’elle emplit (l’œil, ici, au sens de lustre mouvant, de poli mouvant). Enfin, après le côté suspendu du mot VERRE (convenant bien au verre vide), le côté lourd, pesant sur le sol, du mot EAU fait s’asseoir le verre et rend compte de l’accroissement de poids (et d’intérêt) du verre empli d’eau. J’ai donné mes louanges à la forme du U.
F. Ponge, Le Grand Recueil

La réputation de Michelaise n'est plus à faire. Soiffarde, arsouille, bois-sans-soif, il est d'usage d'en faire, au motif qu'elle défend la culture viticole et l'oenologie propres à sa région d'origine, une consommatrice invétérée d'alcool divers. Un fond de verre la rend hilare, et l'entraine à prétendre qu'on ne peut jamais s'amuser dans cette maison, où "tout le monde" (entendez Alter) est sérieux comme la pluie. Il est vrai que les parfums d'un petit Pessac Léognan ou les effluves d'un Sauternes la rendent lyrique. Elle préfère les vins expressifs et ceux qui, aériens, tapissent les papilles d'arômes élégants en développant leurs rondeurs sans aspérité.
Mais de là à ne jamais consommer d'eau, ce serait la méconnaitre. Elle n'est pas de ceux qui raillent ce breuvage en prétendant qu'il rouille les imprudents qui l'absorbent. Que non, Michelaise boit souvent beaucoup d'eau et, comme vous sans doute, la trouve bien meilleure dans un verre en cristal plutôt qu'à la bouteille. Pourtant, sa descente au goulot est impressionnante, voire, prétendent ses proches, dégoûtante ! Impressionnés par la quantité de liquide qu'elle peut ingérer en un temps record, ils prennent une mine désolée, et détournent pudiquement les yeux quand elle boit à la régalade !
L'eau d'ici est toujours en provenance du robinet, car chez les Alter Michelais on ne fait pas de fixation sur l'insalubrité des eaux municipales. Ayant tous deux la flemme de trainer des packs d'eau, payés une fortune, on peut même, histoire de se donner bonne conscience, vous affirmer haut et fort qu'ainsi on protège la planète en évitant d'aligner des bouteilles en plastique dans la poubelle jaune. Nous avons la chance d'avoir une eau buvable, sans relent excessif de chlore ou autre goût suspect, et c'est vrai que ça nous simplifie vraiment la vie ! Et puis, nous faisons partie de cette génération qui a connu, au moins dans la maison de campagne, la corvée de l'eau du puits, et pour laquelle "l'eau courante à tous les étages" garde une couleur de progrès.

Et vous alors, eau, du puits, filtrée, du robinet ??? En bouteille et gazeuse ??? Ou jamais d'eau ?!

Allons, je vous épargne aujourd'hui le descriptif "laborieux" d'une toile, mais c'est encore Chardin qui illustre mon propos, et de façon récurrente ! Que de sobriété chez ce peintre du silence... On y trouve presque plus d'eau que des verres de vin. Mais justement, c'est à vous de travailler un peu aujourd'hui, parmi toutes ces natures mortes au verre d'eau, une et une seulement n'est pas de Chardin... laquelle ?? On peut les désigner comme étant, en partant du haut à gauche : à la cafetière, aux pêches, aux figues, aux fraises, en haut à droite aux harengs, aux prunes et enfin aux concombres. A vous !

PS Je n'ai pas trouvé de commentaire composé précisément sur "Le verre d'eau" mais vous propose un article général sur Ponge qui envisage tous les aspects de son écriture des objets, les "objeux" comme il aimait à les nommer.

mercredi 2 mars 2011

PARTI PRIS POUR LE PAIN

Solution des natures mortes aux huîtres : le premier montage est composé, en partant de la gauche, d'un Abraham Mignon, d'un Peter Claesz, d'une toile de Ensor et du buffet avec des huîtres et un chien de Chardin. Sur l'autre montage, en haut à gauche, un certain Fouace, à côté un Manet, en-dessous une oeuvre de Caillebotte et pour finir un Davidz de Heem



" La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. "



Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, 1942, Gallimard p 39.


Je suis une consommatrice invétérée de pain... Imperméable aux modes diététiques les plus folles qui ont depuis les Trente Glorieuses cours à son sujet, j'en dévore des quantités impressionnantes, ne pouvant envisager sous quelque prétexte que ce soit de m'en passer. Question de goût ? Question d'éducation peut-être aussi... "Manger sans pain" était considéré à la maison comme une attitude répugnante, voire méprisable, la nourriture "nue" étant décrite alors comme une sorte de luxe indécent et donc, inadmissible. Le respect du pain, lié bien sûr au christianisme, était aussi associé à son caractère précieux en tant qu'aliment indispensable à la survie et pas toujours accessible à tous. S'y ajoutait un rejet de toutes ces modes bizarres qui, au début des années 60, commençaient à proscrire sa consommation au motif "qu'il faisait grossir". Mes parents déclaraient, sentencieux mais raisonnables "il n'y a qu'à moins manger de viande". Leur sens imposé de l'économie était finalement du bon sens. Comme "on ne jetait pas le pain", j'ai gardé la manie d'entasser les croûtons qui finissent, selon les époques en soupe pour le chien, en pâté pour les poules de la belle-mère de Madeleine, ou appât pour les canards dodus du port !

J'achetais tous les jours, au retour de l'école, le "pain de 700" qui avait remplacé dans ma banlieue bordelaise, normalisation naissante oblige, le pain au poids que pratiquait toujours Alter à la même époque dans le Lot. Je n'ai pas conservé de ce pain, qu'on appelle encore ici "le pain de 2", de souvenir particulier. Par contre, le goût des petits pains accompagnés selon les jours, d'une barre de chocolat, d'une pâte de fruit ou d'une pomme, et qui constituait mon goûter de pensionnaire, est resté vif. Un étonnant goût de luxe pour ce petit pain blanc, d'une forme, pour moi, inusitée.
C'est dans les restaurants que ma passion du pain pose le plus de problèmes : comme il est de bon ton d'y servir les légumes à l'unité, même quand il s'agit de petits pois (!), le pain connaît aussi ce snobisme à l'envers qui veut qu'on vous présente avec force pincettes quelques miettes jolies, agrémentées d'un tas d'adjuvants, qui en falsifient la saveur, et lui ôtent sa fonction essentielle d'exhausteur de goût. Car c'est clair qu'il n'accompagne plus nos repas pour compenser les fringales d'une pauvreté que nos pays occidentaux ont oubliée depuis longtemps. Nous mangeons à satiété et le pain est là pour, de sa neutralité bienveillante, exhaler les parfums des mets qu'il escorte.
Je n'aime pas trop la description qu'en fait Ponge, qui ne correspond pas à mon évocation personnelle, moins géologique, moins sismique. La fermentation, le côté souple de la pâte, avant et la délicatesse de la mie après, ne me semble pas mériter des termes aussi péjoratifs qu'amorphe, ignoble ou éructer. J'aime le pain pour sa simplicité et cette approche me révulse un peu.
Dévoreuse impénitente de tourtes, baguettes et autres couronnes, je l'aime "Pas trop cuit s'il vous plaît". Son odeur de levain, quand on a la chance de la trouver encore, me plonge dans une vallée de joies minuscules mais frétillantes. J'apprécie les pains de luxe et les pains ordinaires, les goûts fantaisie et la tradition. Je goûte les pains étrangers ou ce qui en tient lieu, rien que pour le plaisir de retrouver le craquant de la baguette en rentrant. Celui que je fais parfois cuire a une consistance artisanale qui me ravit aussi. J'aime autant la mie que la croûte et celui du "Fournil de grand'mère" qui fait mon quotidien, cuit au feu de bois et saupoudré d'un élégant voile de farine brunâtre qui colle aux vêtements quand on "revient du pain" fait parfaitement mon bonheur.

Mais vous, êtes-vous plutôt croûte ou plutôt mie ?? Plutôt miche ou ficelle ? Pain maison quoi qu'il arrive ?? On peut-être tout simplement n'aimez-vous pas le pain ...

Les apprêts d'un déjeuner, acquise par le musée de Lille en 1990, est une toile qui en cache une autre : la radiographie faite à l'occasion de son acquisition (voir ci-dessous), révèle que Chardin avait fait une mise en scène légèrement différente de celle que la dernière couche picturale nous montre.
A l'intérieur d'une niche de pierre, une bouteille de vin rouge à moitié pleine marque le centre de la composition, regroupée dans le tiers inférieur de la toile. Sur un plat d'étain, une tranche de jambon, appétissante mais chiche. Accrochant toute la lumière qui baigne, traditionnellement le tableau par la gauche, une timbale d'argent donne à l'ensemble une impression de luxe sans affectation. Et derrière, à cheval sur le plat et hardiment rompu sans utiliser le couteau à manche de corne qui y reste planté, une miche de pain qui ferait presque penser à nos baguettes modernes.
Quelques miettes donnent de la profondeur à la mise en scène et lui impriment un léger désordre qui vient rompre l'aspect formel  et savamment construit de l'ensemble. Ce couteau rustique, enfiché dans la croûte alors qu'il était d'usage de bénir le pain avant de le couper, ou sinon d'éviter de le trancher en le rompant, ce qui est le cas ici d'ailleurs, est totalement paradoxal : il vient casser l'équilibre de la composition, en la rendant dissymétrique, et propulse notre regard pourtant attiré par le brillance du gobelet, vers l'arrière, en un point inaccessible au spectateur.

La radiographie des apprêts d'un déjeuner : le jeu du jour ??? Que voyez-vous de différent sur cette radio par raport à la toile définitive ??

* Et pourquoi pas, de nouveau, un petit commentaire composé du texte de Ponge ??

mardi 1 mars 2011

LE PARTI PRIS DE LES OUVRIR

Et c'est parti pour Ponge... leçons de choses et fables, ses écrits nous projettent dans un grenier poussiéreux où nous redécouvrons des objets oubliés, avec lesquels il joue pour nous en offrir une description poétique et humoristique. Un rien provocateur, il travaille sur le sens, sur les sonorités ou simplement sur la forme des choses. Je l'ai suivi dans ces errances lexicales et vous propose quelques exercices de mémoire sur un choix de textes que j'égrènerai pour vous au fil des jours.
Un texte de Ponge, quelques souvenirs personnels liés à l'OBJEU évoqué, votre participation par commentaire si vous le désirez, puis une escapade picturale et, in fine, pour les sérieux, un lien vers un commentaire "littéraire" du texte ! Voilà pour les jours qui viennent...

A la bordelaise, avec l'inévitable crépinette... et surtout sans citron, ni vinaigre... comme au bord de la mer !

L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.

F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942


Ponge, c'est évident, ne savait pas ouvrir les huîtres. D'abord, il prenait un torchon... moi aussi je prends un torchon, et je considère pourtant que je sais ouvrir les huîtres. Mais Alter vous dira que c'est indigne d'un écailler patenté. Chaque fois que je le vois, de ses mains "précieuses" tant d'un point de vue professionnel que pour manier son clavier, jouer de son petit couteau effilé qui dérape parfois dans un bruit sec, je soupire et vais m'occuper l'esprit ailleurs.
Ensuite, si vous lisez dans les détails la description de l'entaille pratiquée par l'écrivain dans la coquille, vous reconnaîtrez aisément un massacreur d'huîtres. Quant à sa peinture du mollusque, elle est fort ambiguë et sa description n'est pas de nature à donner envie de manger ce bivalve, gobé vivant, à ceux qu'il rebute. Au contraire, on y trouve tous les détails qui découragent les tièdes : la consistance, l'odeur, et même cette couleur, accablante pour ceux qui ne sont pas tombés dedans tous petits.
Car il y a vraiment deux types de consommateurs d'huîtres (en excluant bien sûr ceux qui ne veulent ni ne peuvent en entendre parler, tant leur dégoût est fort à l'idée de manger une bestiole vivante) : il y a ceux qui essaient, parce que c'est un mets réputé, voire fort prisé, et porté aux nues par les schémas gastronomiques classiques qui en font un aliment de fête, et même de luxe. Ils surmontent bravement leur inappétence, les déchiquettent pour les détacher de la coquille, les coupent avant de les mâcher longuement,  ou préfèrent les avaler le plus vite possible pour oublier cette viscosité que Ponge souligne avec efficacité. Ils sont toujours prêts à vous céder généreusement la fin de leur douzaine, "j'en raffole, disent-ils, mais je préfère garder un peu d'appétit pour la suite".
Comme si la consommation d'huîtres avait jamais coupé l'appétit de quiconque. Au contraire, ça l'ouvre, c'est apéritif cette petite chose verte et nacrée qu'on avale comme un morceau de mer, à la fois frustre et noble. Car il y a aussi les amateurs, au sens premier du mot, ils aiment ! Ils sont capables d'en engloutir des douzaines, ils recherchent les plus grasses, les plus grosses. Ils n'hésitent pas à en ingurgiter au petit déjeuner, vous affirmant sans rire qu'il n'y a rien de tel pour vous remettre l'estomac d'aplomb, les lendemains d'agapes un peu trop arrosées. Je le sais, j'en suis... et le plus drôle c'est qu'Alter, enfant du centre de notre beau pays et qui n'en avait guère mangé avant de me rencontrer, s'est mis, avec le zèle des convertis, à les aimer plus que moi ! Sans doute son souci d'être aussi "ego" qu'"alter". Toujours est-il que, lorsqu'il m'a connue, son premier souci a été d'apprendre de mon père comment on les ouvrait. J'assistais bien sûr à la leçon, ce qui me permit, à mon tour, de l'enseigner à maman le jour où, devenue veuve, elle s'installa en pleurant devant sa douzaine d'huîtres gisant sur l'évier, déclarant entre deux hoquets qu'il n'était pas question de se laisser abattre par ces coquilles barbares.

Les photos sont un peu floues car l'ouvreur m'a enjoint de ne pas le prendre en pleine action, j'ai donc joué pour vous la paparazza !

Car autrefois, c'était un travail d'homme que d'ouvrir les huîtres. Je sais que certaines ont désormais pris le couteau (surtout pas à huître, j'insiste, un petit couteau de cuisine ébréché par les ans fait, seul, l'affaire), voire le torchon (rassurez moi, ce n'est tout de même pas un crime !), et en avant la dégustation.
A vous de me dire si, toute féministe que vous soyez, vous savez faire ce petit geste du poignet qui permet, sans l'aide de quiconque, d'avoir accès aux merveilles océanes que cache le galet de Ponge.


Et pour finir, le petit jeu du jour : l'huître a toujours inspiré les peintres, qui aiment à en faire figurer sur leurs natures mortes. Dans les montages ci-dessus, vous avez un vrai musée-cuisine, mais une seule toile est de Chardin ? Laquelle à votre avis ?


* Si un commentaire du texte de Ponge vous intéresse, n'hésitez pas à cliquer, c'est scolaire mais passionnant ! A vous faire regretter le temps du bac français !
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