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lundi 2 mai 2011

MANET A ORSAY

Nous avons sacrifié aux tyrannies de la mode : en allant voir Manet au musée d'Orsay, nous savions qu'il y aurait foule, mais nous pensions qu'en soirée, l'accès serait plus facile. J'avoue avoir failli faire demi-tour, malgré nos billets coupe-file (qui ne coupaient pas grand chose) mais Alter avait très envie de voir l'exposition et nous avons patienté en papotant, et en nous apitoyant sur le sort des malheureux qui n'avaient pas réservé, agglutinés des heures durant sur la parvis du Musée.

L'exposition est dense, et vaut par la rareté des toiles qu'on y découvre. Présentées par thème, on y rencontre un Manet inattendu, celui par exemple de la peinture religieuse, non exempt d'une inspiration classique : il y a du Caravage dans son Christ aux outrages, et du Zurbaran dans son portait de franciscain en prière. La mobilisation muséographique pour cette manifestation est vraiment exceptionnelle, et l'on admire même, excusez du peu car il n'est pas encore ouvert, deux toiles du Louvre d'Abu Dahbi !

Portraitiste, Manet n'est virtuose que lorsqu'il est en empathie avec son modèle : c'est le cas, et de façon éblouissante, avec Berthe Morisot, dont il fut forcément amoureux, avec Mallarmé ou avec son ami de toujours Antonin Proust. Il peint souvent des modèles singulièrement absents et c'est ainsi que le portrait qu'il fit d'Henri Rochefort est très beau mais il souffre du voisinage avec le même peint par Boldoni, d'une acuité psychologique époustouflante. Certains autres portraits sont, à l'inverse, laborieux et étrangement maladroits.

Ce n'est ni un paysagiste ni un peintre de marine. Ses natures mortes sont inspirées de Chardin parfois, classiques et prudentes. Ses scènes de genre sont pleines d'un charme anecdotique qui fait toujours mouche. Ses toiles "à scandale" nous paraissent d'une sagesse exemplaire, et l'on comprend mal le tapage que déclencha Olympia à une époque où Gervex peignait la bien plus indécente toile du musée des beaux arts de Bordeaux. Gervex dont on croise d'ailleurs une peinture dont je n'ai pas compris la raison de figurer dans ce parcours.

Nous avons suivi pour la visite la foule qui se pressait, parfois en toute indifférence, devant le parcours obligé, dans une ambiance de Foire du Trône. Puis, une demie-heure avant la fermeture (nous étions en nocturne) nous sommes retournés au début de l'exposition et avons pu parcourir les salles totalement vides, profitant d'une vision d'ensemble de l'oeuvre, qui du coup semblait plus "fragile", plus dépouillée, presque vulnérable, rendue à une intimité qui donnait l'impression de parcourir l'atelier de l'artiste après sa mort. Une vie brève et ardemment consacrée à la peinture, quelques véritables traits de génie, beaucoup de recherches maladroites, une vraie culture artistique où l'on côtoie Velasquez, Titien, Goya et tant de maîtres... un ensemble de toiles retraçant sans concession le portrait d'un homme passionné par son art.

mardi 26 janvier 2010

MAREE BASSE


Le titre, c'est Alter qui l'a trouvé... Nous nous promenions dimanche, profitant des rayons du soleil joyeusement revenus, ravis de mettre enfin le nez dehors après des jours de réclusion... Réclusion, travail à outrance, problèmes divers, la vie va comme elle va, mais parfois certaines périodes sont difficiles et on compte sur ses doigts les jours qui sont supposés vous rapprocher d'une période plus douce. Mais là n'est pas le problème ! Le souci, c'est que des cycles comme celui-ci ne sont pas très porteurs en terme d'inspiration "bloguistique".
Je déambulais donc, mon éternel téléphone portable à la main, et avisant une troupe de canards en train de se chamailler pour quelques miettes de pain apportés par un visiteur du dimanche (c'est la grande activité dominicale sur le port de Meschers !), j'agite mon ersatz d'appareil photo, cadre tant bien que mal une image floue, et déclare pour excuser cette activité aussi inutile que ridicule "Faut bien que je trouve un sujet pour mon prochain article"... comme si j'allais consacrer un article à vous parler des canards sur le port de Meschers !

Alter, imperturbable, m'assène :
-Tu l'appelleras Marée Basse
- ???
- Et oui, la marée est bien basse...
- Certes mais ce n'est pas très photogénique, de là à en faire un article ?
- Ah, si, pour des parisiens en tout cas, c'est exotique.
- !!!
- Et puis, cela veut dire "manque d'inspiration"
Voilà, il a trouvé mon Alter, parfois on manque de sujet... et on fait "les marronniers de l'été"... Plein de compassion, il ajoute :
- Tu leur as déjà parlé des petits ports de l'estuaire ?
Mais non, je n'en ai jamais parlé, cela me semble tellement évident !
Les petits ports de l'estuaire, vous savez celui qu'on s'est mêlé de vouloir défendre pour lui conserver son authenticité, "sont nés à l'embouchure des Esteys, affluents du fleuve soumis aux marées. Leurs cales et berges empierrées permettaient l'accostage des gabarres et des yoles, mais aussi des barques à fond plat remontant les canaux qui s'enfoncent dans les terres.
Ils ont connu, à compter du XVIII° siècle, grâce au transport des produits agricoles et en particuliers viticoles, un essor économique qui dura 2 siècles. Si le transbordement de passager,s offert par plusieurs compagnies maritimes pour les rallier depuis Bordeaux à Royan, disparaît progressivement après 1950, la pêche est restée une activité traditionnelle"
Selon Wikipédia, il existe une quarantaine de ports sur la Gironde : des ports industriels en minorité mais le plus souvent visibles, des ports de plaisance et des ports de pêche naturels. Ces ports sont le plus souvent en retrait dans les terres pour être à l'abri des courants. Ils prennent place dans les anciens marais de la Gironde. Ces petits abris naturels sont tous peu ou prou construits selon le même principe : les quais, les écluses, les cales de mise à l’eau sont généralement en pierre, les pontons, les estacades, les échasses des carrelets qui s’alignent à proximité sont en bois, et tout autour, l’herbe et la végétation sont omniprésentes. Authentiques havres de paix, étonnantes haltes à l’ambiance très « nature » il faut les découvrir à pied, à vélo ou bien sûr en bateau.


Je cite encore Wikipédia :
La pêche dans l'estuaire de la Gironde est surtout une activité centrée sur les poissons migrateurs : aloses, maigres, anguilles et lamproies,et surtout les petites crevettes blanches caractéristiques des estuaires.
La pêche de la pibale est une grande tradition dans l'estuaire, c'est aussi la plus lucrative. Ces alevins d'anguilles sont pêchés dans l'estuaire grâce à des chalutiers portant de grands filets latéraux, les « pibalours ». Ces embarcations sont aussi nommées "bateaux libellules". Depuis les années 1980, la pibale est vendue sur les marchés asiatiques et bénéficie d'une forte valeur ajoutée. Mais la ressource s'épuise et de moins en moins de pibales remontent l'estuaire de la Gironde.
La lamproie et l’alose se pêchent au printemps. La lamproie est cuisinée à la bordelaise dans son sang et du vin. Enfin, la pêche au maigre est très prisée et insolite dans l'estuaire. Ce poisson se reproduit dans l'embouchure de la Gironde au niveau du Banc des Marguerites. Le mâle pousse des grognements qui alertent les pêcheurs : c'est une pêche « à l'écoute ».

La pêche est très répandue le long de l'estuaire. On retrouve de nombreuses cabanes sur pilotis le long des rives permettant de descendre un filet carré (le carrelet) à l'eau. Le terme de carrelet s'applique également à la cabane de pêche. C'est une pêche au hasard (on remonte régulièrement le filet et on n'utilise aucun appât) pratiquée par les amateurs.
La pêche de l’esturgeon enfin, est totalement interdite depuis 1982. À partir des années 1920, l'esturgeon - appelé localement créa ou créac - était pêché afin de récupérer le précieux caviar. Mais, du fait de la destruction des lieux de ponte (gravières de Dordogne et de Garonne) et d'un pêche excessive, l'espèce est en danger de disparition. Depuis les années 1980, un effort de sauvegarde de l'espèce a été mis en place dans l'estuaire ; mais sans grand succès.

mercredi 13 janvier 2010

METHANIER DECANILLE



Cela se murmurait déjà dans les chaumières et on disait à mots couverts que c'en était terminé ! 4Gas avait perdu et le port méthanier tant redouté ne verrait pas le jour. La nouvelle, publiée par l'association "Une pointe pour tous" dans son denier bulletin, a pris cette fois-ci une allure officielle et parfaitement crédible : "Après 3 ans de lutte, nous voyons enfin le bout du tunnel".
L'affaire remonte aux débuts de l'année 2007 : apprenant qu'un projet de terminal méthanier devait s'implanter sur l'espace portuaire du Verdon, installé par la société néerlandaise 4Gaz
et le fonds spéculatif américain Carlyle-Riverstone, une poignée d'habitants du Nord Médoc a pris le taureau par les cornes et créé une association s'opposant à ce projet. Peu créateur d'emplois, pas vraiment utile en termes d'indépendance énergétique de la France et surtout destiné à dégrader notre bel estuaire de façon irréversible, le projet avait essentiellement le soutien du Port Autonome de Bordeaux qui voyait là une façon rentable d'utiliser ses installations en perte de vitesse du Verdon et de quelques syndicalistes surtout attirés par la création de rares emplois, au moment de la construction, non destinés à perdurer.


L'association, forte aux derniers comptages de 8 à 9000 adhérents en décembre 2009, a réalisé un travail efficace, documenté et sérieux, et a su mobiliser les foules pour de multiples manifestations dont ce blog s'est fait fidèlement l'écho.

Cette résistance imprévue a pris de court les responsables de 4Gas, sans doute persuadés qu'ils feraient là un investissement facile et commode, sans avoir imaginé que les populations locales, particulièrement celles situées comme nous face au site, ne verraient pas d'un bon oeil cette dégradation industrielle de leur lieu de vie.
L'affaire a semble-t-il connu un coup d'arrêt grâce au refus de renouvellement de la convention d'occupation des terrains destinés à ce funeste projet par la société 4Gas. Le recours gracieux réalisé le 23 novembre par cette société n'ayant été suivie d'aucune réponse, 4Gas a conclu que "le terminal méthanier est désormais impossible à réaliser". L'action de l'association ne s'arrête cependant pas là et les risques de voir d'implanter sur ces terrains inemployés d'autres structures dommageables du point de vue de l'environnement du "plus bel estuaire d'Europe" (le seul qui ne soit en tout cas détérioré par des installations industrielles) demeure. Le développement d'un parc naturel marin demandé instamment par "une pointe pour tous" est un peu au point mort et l'association doit à ce sujet assurer un travail de veille qui reste important pou notre avenir. Un développement écologiquement responsable et économiquement viable de cette région reste nécessaire, et cela doit se faire dans le respect de l'environnement superbe que constituent les rives de la Gironde.


C'est pourquoi je vais de ce pas renouveler ma cotisation et je remercie au passage ceux d'entre vous qui avaient signé la pétition dont le succès (11000 signatures) a été pour beaucoup dans la prise en compte de notre point de vue. Je rappelle, à tout hasard, que lors de l'enquête publique diligentée pour l'ouverture du chantier, "on" avait tout simplement oublié d'inclure parmi les populations consultées, les communes situées sur la rive opposée au Verdon, tout simplement sans doute car nous ne sommes pas dans le même département ! On est parti de loin et le chemin parcouru n'avait rien d'évident !!
Mais il faut rester vigilant et la pétition, au moins dans sa deuxième partie, reste valable :

dimanche 22 novembre 2009

RACCOURCI



A l'origine, quand il fut projeté à Cannes, durait 2h35... Il a été raccourci de 25 minutes et comporte encore, c'est indéniable, quelques longueurs, qui ressemblent nettement à des facilités. La fin a tendance à s'enliser, au propre comme au figuré, mais le rappel, avant le générique, qu'il s'agit d'un véritable fait divers, à l'issue somme tout assez heureuse, permet de pardonner au réalisateur ces épanchements un peu surabondants.
Ce qui m'a le plus amusée, outre le fait que l'histoire s'inspire de l'aventure réelle d'un escroc ordinaire propulsé dans une équipée qui le dépasse, c'est l'espèce de mise en abyme que représentent les avatars du tournage lui-même.
Au départ, Xavier Giannoli devait tourner sur le vrai chantier d'autoroute d'un important groupe de BTP. Et au dernier moment, juste avant le début du tournage, le vice-président - qui avait été impliqué dans la véritable histoire - s'est totalement désengagé du projet. " Panique à bord, car nous n'avions évidemment pas le budget pour construire 2 kilomètres d'autoroute, se souvient le réalisateur. A ce moment-là, nous avions tout perdu. Tout. Or, Rectangle est une société de production indépendante et c'était la ruine annoncée... A ce moment-là, j'ai bien observé ceux qui restaient solidaires, et ceux qui devenaient injoignables (...) Nous avons continué à dire à tout le monde "On y arrivera...". Mais la date du tournage approchait, et nous ne savions toujours pas comment construire notre autoroute... tout simplement le décor principal du film. "
Et puis un jour, dans le Nord, le réalisateur a fait une rencontre déterminante pour la suite du projet... Amusé et touché par son histoire, Raymond Legrand, un ancien paysan devenu loueur indépendant de machines de chantier, accepta de lui prêter ses engins pour construire un tronçon d'autoroute fictif. " Un homme pur et passionné, raconte le réalisateur. J'ai donc tourné avec ses engins, mais aussi avec ses ouvriers. Il a été mon conseiller technique, tant pour les travaux que pour me faire saisir ce milieu aussi justement que possible. Il a tracé mon autoroute avec des moyens que je n'aurais jamais pu m'offrir. " Autant dire, que, comme les protagonistes de son film qui font vivre un projet qui n'existe pas, simplement par leur volonté d'y arriver, Giannoli a forcé le destin en persévérant alors qu'il n'avait, à vue humaine, aucune chance de pouvoir réaliser son film.
Je le répète, il y a des longueurs, c'est truffé d'invraisemblances et d'approximations, et on baille assez nettement sur la fin. Mais François Cluzet est tellement convaincant dans ce rôle qui lui colle à la peau, et l'histoire tellement sympathique, qu'il serait dommage de bouder son plaisir et de ne pas suivre l'avis enthousiaste de la critique. La bataille des hommes contre les éléments est éternelle, et ce conte de la rédemption improvisée d'un homme que rien ne prédestine à être bon est touchante, voire prenante.
Pour finir, l'histoire du scarabée m'a fait pensé à celle de nos écologistes locaux qui se sont dressés face au projet méthanier de 4Gas... Sauf qu'ici, la population locale était et reste farouchement opposée aux ambitions économiques du groupe néerlandais, loin de rêver aux emplois que cela serait supposer créer. Et les charentais, Dieu garde, sont nettement plus têtus que les scarabées !!

dimanche 5 avril 2009

L'ESTUAIRE POUR DES QUEUES DE CERISES ???


Non non non, au port méthanier... Bordeaux UNESCO le Verdon pas Seveso... Méthanier Danger... Oui au développement durable, Non à la pollution durable... Pas de cerises en hiver, Pas de gaz sur l'estuaire... Mais surtout, le slogan massue : "Je ne mangerai pas de cerises en hiver, mais je ne vendrai pas l'estuaire pour des queues de cerises". Pourtant, devant la mairie, on a eu beau crier "Juppé avec nous, défendons notre estuaire" l'auteur du livre dont on venait de faire une hyper pub n'a même pas montré le bout de son nez.
Jolie mobilisation et belle pagaille sur Bordeaux. Même si nous avions l'air un peu perdus au départ sur l'immense place de la Bourse au moment du départ (quart d'heure charentais oblige, le gros des manifestants est arrivé après 10h), notre périple place Pey Berland, place Gambetta et retour vers la place de la Bourse par le cours de l'Intendance nous a permis d'apprécier la densité de notre mobilisation. Si la police prétend, avec un maximum de mauvaise foi car c'est le nombre de personnes venues simplement en car, et les individuels étaient nettement plus nombreux, que nous étions 650, le cours Alsace Lorraine, bloqué du haut en bas, avait dû étonnamment rétrécir pour avoir autant de mal à nous contenir. Nous étions plus de 2000, c'est certain, et animés d'une ferveur sans faille durant les deux longues heures qu'a duré notre défilé. Certes nos slogans se répétaient un peu, comme vous l'entendrez dans la vidéo de la manif , et "on n'en veut pas" reste le résumé le plus évident de la raison de notre mobilisation.
La levée de boucliers contre ce projet inique et l'entêtement absurde de 4Gas à venir dénaturer le dernier estuaire naturel d'Europe rassemblait une faune de tous bords, hétéroclite mais convaincue, de Didier Quentin à José Bové, les naturistes, Greenpeace et une kyrielle d'élus de tous bords. Le jeune irlandais de Milford Hevon, qui bataille contre 4Gas avec la même ardeur que nous et qui venu soutenir notre manif, a mis en avant les arguments choc (il y en a d'ailleurs bien d'autres, on ne parle jamais du gazoduc : sans doute est-ce pour éviter d'admettre que le projet puisse voir le jour). Après le port et les immenses cuves, la torchère et les accostages de navires de 450m, nous aurions d'autres industries, usine d’ammoniaque en tête, qui se développeraient autour de ce nouveau centre, conçu exclusivement pour sauver le Port Autonome de Bordeaux. Comme le soulignait Didier Quentin, il faut trouver d'autres solutions pour le PAB et cesser de menacer notre estuaire. Malheureusement, la mauvaise foi caractérisée de la journaliste de Sud-Ouest venue couvrir l'événement nous inquiète. A force d'être partial, on finit par manquer totalement de crédibilité et être suspect, de qui cette dame est-elle le porte-parole ? Restons mobilisés.

Après la dispersion, nous sommes allés déjeuner tranquillement sur les quais, au soleil, dans un petit bistrot sympa dénommé chez Fernand, dont le café gourmand est proprement une incitation à sombrer dans la gloutonnerie : 8 mini délices à savourer en toute impunité ! Un péché véniel, présenté avec art sur une jolie ardoise !

Après quelques courses, nous avions prévu la visite de l'exposition de la collection de professeur Coustet (que nous avons connu tout jeune assistant à la fac d'histoire de l'art de Bordeaux, l'année où nous y avons fait un passage éclair, mais enthousiaste) : il a mis en dépôt au musée des Beaux Arts sa collection personnelle de tableaux et d'objets d'art. La modestie des pièces exposées nous a un peu déçus mais cela nous a incités à visiter l'autre exposition du musée consacrée aux ports. "Sur les quais" rassemble en effet une collection de qualité de peintures, sculptures et photos d’œuvres consacrées aux ports. Boudin, Pissaro, Lhote, Marquet et bien d'autres ont développé le thème portuaire avec brio et talent, et cette exposition est tellement riche que nous aurons envie de la revoir plus en détail lors d'un prochain passage à Bordeaux. Nous verrons alors la deuxième partie de l'exposition Coustet qui, consacrée au 20ème siècle devrait, à mon avis, être plus intéressante que la première.



samedi 21 février 2009

ON N'EN VEUT PAS !

Les manifs c'est fait pour crier, et de ce point de vue là les manifs contre le port méthanier, faut bien avouer qu'elles sont un peu frustrantes ! Genre grand rassemblement sage, on se met en rond et on écoute les discours un peu répétitifs des uns et des autres. Faut dire qu'il y a peu d'arguments nouveaux, et que la récrimination essentielle est simple, et vite résumée : on n'en veut pas, un point c'est tout. Alors quand, à intervalle régulier, notre association nous convoque sur la plage pour nous compter et montrer aux politiques et autres requins de l'investissement sauvage et polluant qu'il faut compter avec la population mécontente, on attend avec impatience le moment où on pourra s'exprimer un peu ! Après le NON écrit sur la plage, cette fois-ci nous avons été conviés à figurer le diamètre beaucoup trop vaste d'une de ces horribles cuves dont 4Gas nous menace. L'idée de départ était de suspendre, à 50 mètres au-dessus de la plage de la Grande Conche, tout un rond de ballons gonflés à l'hélium. Ça aurait fait son petit effet pour représenter le volume réel d'une cuve de gaz liquéfié. Mais le vent soufflait trop fort au bord de l'eau, et quatre petits ballons seulement ont délimité les 85 mètres de diamètre d'un tel « monstre ». Du coup, éparpillée autour d'un cercle de 85 mètres de diamètre, la manif manquait de chaleur, cette franche camaraderie du coude à coude hurlant et tonitruant. Une petite mise en scène finale destinée à fêter la 2ème année de l'association et le premier anniversaire du Grenelle de l'Environnement, convoqué pour l'occasion à la rescousse pour étayer notre position environnementale, nous a quand même permis de crier un peu ! Et même de chanter sur l'air de la Carmagnole... Rendez-vous est pris pour un vrai défilé à Bordeaux au mois d'avril.

vendredi 13 février 2009

DU COEUR ET DU RYTHME

Un des plaisirs quand on se rend à une séance de cinéma à Saint Georges en fin d'après-midi, c'est de contempler du haut du relais de la côte d'argent les dernières lueurs des couchers de soleil somptueux que nous réserve chaque soir ou presque l'estuaire.
Ce soir, le Crea nous avait concocté une petite soirée sans prétention consacrée au moyen métrage d'une réalisatrice locale "Boum Boum Boum", précédé de courts métrages savoureux.
D'abord «À vous», un court-métrage plein d'humour du journaliste Jean-Marie Deleau, qui vous avait gratifié en son temps de "La chose", petit film de science fiction sur les méfaits du port méthanier sur notre environnement. Dans "A vous" Frabice Drouelle (de France Inter) interprète avec d'autant plus de justesse que son rôle est muet, simplement souligné par la lecture de sa lettre en voix off, un séducteur épistolaire et acharné. Puis « Bye-bye baby », un court-métrage réalisé par Alain Gicquel, qui révèle à sa façon l'identité du mystérieux correspondant téléphonique de Marylin Monroe au moment de sa mort. Et enfin « Jessie », de Henri Garcin, avec Michel Galabru et Darry Cowl qui déterre une superbe jeep grâce à sa tonitruante poële à frire, dans une ambiance un peu surréaliste et vaguement mystérieuse.
Une pause musicale nous a ensuite permis d'écouter Swing d'O, notre groupe local de jazz manouche, invité car il participe activement au scénario du moyen métrage de Laurence Leclerc diffusé ensuite. En effet le héros du film est le violoniste, assez virtuose d'ailleurs, du groupe : Matthias Guerry.
"Boum boum boum" (dont le titre se veut évocateur mais n'est vraiment pas génial car c'est imprononçable) s'intéresse avec tendresse et sensibilité à l'intégration des enfants trisomiques dans un environnement normal. Il met en scène une jolie histoire d'amour et d'amitié qui, si elle n'est malheureusement pas toujours servie par des acteurs hors pair, est du moins rendue avec beaucoup de cœur et se révèle assez émouvante, sans trop tomber dans la guimauve. Pour finir la soirée, Matthias Guerry et son groupe nous ont encore interprété quelques airs enlevés.
Petit PS : "Sur les pistes du bonheur" c'est la dernière intervention de Philippe sur l'ardoise de la cuisine de Madeleine, petit souvenir de son séjour en Suisse avec Hélène ! Encore une histoire d'amour !
Petite histoire du tournage de "A vous" :
« A Vous »
Court métrage de Jean Marie Deleau
Un autorail traverse le marais Charentais…Dans une petite gare une femme, un homme l’attendent alors que des musiciens patientent en jouant quelques notes….
L’homme visiblement attiré, hypnotisé par la jeune femme se retrouve face à elle dans le train et commence à lui écrire quelques lignes :
« A vous chère inconnue ; je sais ma démarche est osée mais il y a en moi une indéfinissable envie de vous écrire… ».
Est-ce le début d’une histoire d’amour ?..
Tourné dans le marais Charentais, ce court métrage nous emporte dans un voyage ferroviaire à bord d’une micheline d’une autre époque.
Doucement bercé par le rythme du train, la lettre de ce voyageur destinée à une passagère inconnue, emmène le spectacle vers un dénouement surprenant. La passion de toute une équipe a permis de réaliser ce film en un temps record. Deux jours pour préparer le tournage et réaliser les prises de vue.
Les techniciens, les comédiens, les musiciens et figurants ont fait preuve d’une gentillesse, d’une disponibilité et d’un professionnalisme de tous les instants ce qui à permis de mener à bien ce tournage qui ressemblait à un défi.
La projection du court métrage sera complétée par celle du Making of ; Jo Benotti et Mathias Guerry joueront en direct la musique qu’ils ont composée pour « A Vous ».
Mise en scène : Jean Marie Deleau
Production : Jean Eric Gay / Label Production Lyon
Avec : Fabrice Drouelle, Nadine de Geas, Maguy Prémia
Musique : Jo Benotti et Mathias Guerry

lundi 26 novembre 2007

POUR OU CONTRE ?? NON !!! AVEC...

Résumons, ça grève, ça râle, ça renacle, bref ça s'agite... après les personnels de navigation aérienne, les cheminots, les étudiants, les internes, les fonctionnaires nous ont fait "leur" journée de grève. Je dis "nous ont fait" parce que, réflexion faite, j'ai décidé de n'y point participer. Ce n'est pas faute d'être de toutes les manifs, surtout quand elles s'attaquent aux méthaniers hollandais !!!
Manif du 24 novembre à Bordeaux
Article de Sud Ouest sur la réunion du 23 novembre
Le forum des lecteurs du Sud Ouest
Article du 15 novembre dans le Monde
PROJET : Le Verdon vu par le Port Autonome de Bordeaux dans ses projet
s les plus fous :
(pour les non initiés, le PAB, allié de la CCI de Bordeaux, et accessoirement de la CGT (???) dans cett
e histoire, ce sont "les méchants")Et voilà à quoi ressemble Le Verdon à l'heure actuelle, sans 4 Gas et ses cuves méthanières :

Mais revenons à nos moutons : un fonctionnaire c'est mal payé, ça c'est sûr, notre pouvoir d'achat ne cesse de baisser, mais faut bien reconnaître que cela n'est pas une exclusivité ! On assiste à de nombreuses suppressions de postes, surtout des départs à la retraite non remplacés, et la situation de certains d'entre nous devient réellement précaire, obligés qu'ils sont de faire des services sur plusieurs établissements, dans des conditions parfois éprouvantes. La logique comptable qui régit nos activités est souvent totalement anti-pédagogique et l'Education Nationale a du souci à se faire dans une ambiance de formation qui devient hyper concurentielle. Tout cela est vrai et ce n'est pas la lettre de Nicolas (voir article sur ce sujet en septembre) qui va nous rassurer. Mais pourtant, j'ai décidé de ne pas faire grève parce que l'amalgame avec les conflits sociaux concernant les régimes spéciaux de retraite et le télescopage avec l’action d’une minorité qui cherche à bloquer les universités me gênaient considérablement. J'ai trouvé que cela nuisait trop à la lisibilité de nos revendications propres et n'ai pas eu la moindre envie d'apporter mon soutien, même passif, à ces mouvements.

Pendant ce temps, dans le privé, Emilie décidait de soutenir le mouvement des fonctionnaires : "Aujourd'hui grève des fonctionnaires contre la baisse du pouvoir d'achat... je ne compte plus le nombre de témoignages de citoyens que j'ai entendus ou lus et qui gagnent moins de 1600 euros par mois, et qui démontrent par A + B que c'est impossible de vivre comme ça (même si bien entendu on sait qu'il y a pire).
Sauf que dans le privé, on ne l'entend pas de la même manière, mon patron va jusqu'à dire que nous sommes TRES BIEN payés !!!
Et bien c'est ce qu'on va voir, aujourd'hui, parce qu'on est en démocratie, je fais grève ! Je suis présente, mais je fais connaître mon opinion et mon soutien aux fonctionnaires, car ce n'est pas une histoire de public ou privé, ou bien encore de gauche ou de droite c'est un fait, une majorité d'entres nous a du mal à finir les fins de mois !
Voilà, donc j'attends les réactions de ma supérieure... et de mon patron... bon honnêtement je ne risque pas grand chose ! Après tout on est en démocratie :-)"
Elle en a été pour ses frais Emilie, personne, ni son patron ni sa supérieure, n'ont daigné s'apercevoir qu'elle "faisait grève", et il n'a été question de RIEN, surtout pas d'augmentation de salaire... comme si personne n'avait vu ses panneaux. Heureusement que ses collègues, un peu craintifs et vaguement admiratifs lui ont apporté un certain soutien moral... une d'entre elles lui a même dit, avec une pointe d'envie "Toi tu as des couilles dis-donc !"... Bravo Emilie !!! Voilà un compliment qui prouve qu'en ce bas monde, tout est très relatif...

vendredi 9 novembre 2007

ES TU SUR ?

Estuaire, la cause est en de bonnes mains ! Le maire sortant de Royan, même s'il a décidé, à vrai dire un peu poussé vers la sortie, de ne pas se représenter, semble faire une affaire personnelle de notre problème méthanier. Témoin l'article de Sud-Ouest d'hier qui énumère, enfin, tous les aspects faibles du projet, et surtout les arguments qu'il est bon d'opposer au clan PAB-4Gas, et ce, de façon nettement plus construite que tout ce qui a été dit jusque là. Et surtout, plus incontestable.

lundi 5 novembre 2007

RETOUR AU BERCAIL

Super ce séjour à Bruxelles, rien à dire, au contraire. Outre le plaisir de passer 5 jours avec notre petite fille, des expos passionnantes, formidablement documentées et bien faites, un temps plus qu'acceptable même si le gris l'a emporté, un hôtel plus que parfait et un tas de bonnes bouffes belges pour scander le tout. Mais y a pas à dire, et au risque de me répéter, il est superbe notre estuaire ! Déjeuner printanier sur la terrasse, promenade délicieuse sur les plages jusqu'au soleil couchant, un paysage de rêve, et surtout la magie de la lumière, changeante, vibrante, une palette de couleurs défiant celle de tous les peintres réunis et de toutes les expositions du monde !Notre estuaire, nous lui avons fait faux bond : dimanche il y avait une manif sur la plage de St Georges, et nous n'étions pas là ! Les manifestants se sont couchés sur la plage pour écrire en lettres humaines leur opposition au projet méthanier :
OUI A L'ESTUAIRE PROTEGE
NON AU METHANIER

L'événement a même été salué par 2 articles du Monde, preuve s'il en est que l'affaire est sérieuse !
Prochaine manif, le 24 novembre à Bordeaux... Je ne sais pas su j'aurai le courage d'y aller seule, c'est un samedi et Michel travaille, mais bon, la cause vaut le déplacement !

lundi 8 octobre 2007

FOS SUR GIRONDE


Une fosse aux questions sans réponse ! Le débat public sur la construction du terminal méthanier du Verdon a commencé. En fait la première réunion devait avoir lieu jeudi dernier à Royan, mais comme il y avait trop de monde, certains ne pouvant entrer dans la salle elle a tourné en manifestation et a dû être annulée. Du coup elle a été repoussée à ce soir. D'après une collègue rencontrée ce soir, le but des royannais présents jeudi dernier était, en provoquant cette annulation, d'obtenir une meilleure publicité, une bonne couverture médiatique de l'événement et une plus grande mobilisation locale. Mission réussie, en trois jours tous les commerçants de la côte ont arboré des affiches "NON au terminal méthanier", et ce soir le chapiteau de la Grande Conche était comble. A l'estrade, les organisateurs, les représentants de la commission particulière du débat public (CPDP) qui avaient la lourde tache d'essayer d'organiser le débat et 4 hollandais, représentant la société 4Gas, qui s'est vu attribuer le projet de construction du terminal par le port autonome de Bordeaux.
Dès l'abord, tout débat semblait impossible, la foule hurlant "non au port méthanier", et couvrant les intervenants en criant "on n'en veut pas", à toute tentative d'explication. Le micro circulait tant bien que mal au milieu de la tempête, et sans nul doute le solgan "On ne veut pas être un nouveau Fos sur Gironde" a été celui qui a eu le plus de succès :
pendant 5 bonnes minutes sifflets, lazis, hurlements, trépignements ont salué cette invective. Puis petit à petit on a fini par laisser parler les hollandais, mais le plus étonnant était le flou pas du tout artistique qui entourait leurs propos. On avait l'impression qu'en fait rien n'est prévu, que rien n'a été chiffré, que tout est en cours d'étude : les impacts sur l'eau, sur l'air, sur l'environnement, les situations de risque, les secours en cas d'accident... Si tout est aussi flou, on peut craindre le pire. Or on est en plein débat public, et aucune étude sérieuse ne peut être présentée sur les questions touchant l'environnement, la préservation de l'Estuaire, les dangers potentiels, les retombées économiqus et touristiques, l'impact visuel, les conséquences en termes d'image de la région.
Un montage photo du site supposé vu de Royan a obtenu quant à lui la palme au sifflomètre : on ne voyait que la mer !!! Quand on leur a demandé où était la torchère prévue, les hollandais ont répondu ne pas l'avoir mise car "de toute façon à cette distance, vous ne la verrez pas". Ben voyons...
Le directeur du port autonome de Bordeaux a été hué sans même avoir le temps de dire trois mots, il faut dire que c'est par lui que le scandale arrive. Quant au commandant du port de Bordeaux, dépêché pour nous démontrer que si on laissait voguer les méthaniers sur l'estuaire c'est bien qu'il n'y avait aucun danger, il n'a pas eu beaucoup plus de succès. Les conséquences sur le chenal de navigation, les remous provoqués à proximité de Port Médoc par ces énormes engins, les désagréments et les risques au niveau des bateaux de plaisance, rien n'a été évoqué. On verra plus tard, dans d'autres réunions.
La foule, pas toujours très disciplinée, et prête à applaudir n'importe quel opposant, même fort maladroit, était au moins convaincue d'une chose, on va nous dire jusqu'au 15 décembre que "les questions posées ne relèvent pas du débat de ce soir, mais seront envisagées dans une prochaine réunion".
Cela tenait plus de la manif que du débat, et tout cela n'avait pas beaucoup de tenue. L'animateur du CPDP ne cessait de menacer la foule "si vous ne laissez pas s'instaurer le débat, ce sera tant pis pour vous, vous l'aurez ce terminal"... argument démocratique très propre à relancer les sifflets ! En fait, il n'y a pas eu d'intervention d'opposition particulièrement percutante, et ce que l'on peut surtout espérer c'est que les 4Gas vont se demander ce qu'ils sont venus faire dans cette galère et qu'ils iront planter leurs terminaux ailleurs.
Pour plus de détails, Le site du débat public
Le site des opposants : Une pointe pour tous
Et toujours la pétition, près de 1900 signatures ce soir,
merci à ceux d'entre vous qui l'ont déjà signée... Bravo Tonton, tu es toujours à l'avant-garde !

mardi 7 août 2007

METHANE ET MASCARET



La nouvelle commence à prendre de l'ampleur, bien qu'elle ait longtemps été diffusée discrètement et que les décisions aient été prises en catimini. Nos girafes vont être remplacées par des cuves en béton !



Je m'explique, pour les non initiés les girafes ce sont les grues que l'on aperçoit entre les pins. Notre maison de Meschers donne sur l'estuaire de la Gironde, et face à nous, le Verdon. C'est l'extrémité de la pointe du Médoc. Station balnéaire bénéficiant de 2 plages, l'une sur l'océan l'autre sur l'estuaire. Pas moins de 4 ports ! Un port de plaisance, un port de commerce, un port d'escale et enfin un port de conteneurs. C'est dans ce port de conteneurs que le Port Autonome de Bordeaux envisage d'implanter le 3ème terminal méthanier de France. On nous parle de site idéal, d'opportunité face à l'accroissement de la demande, et bien sûr de grand pas en avant pour le développement de l'approvisonnement énergétique de notre pays.
La commune du Verdon vient d'installer à quelques centaines de mètres de l'emplacement supposé du terminal un vaste port de plaisance, Port Médoc, qui a déjà bien du mal à démarrer et surtout à devenir rentable. Cette implantation risque de porter un coup fatal à son développement déjà cahotique.
Mais ce que les concepteurs du projet semblent avoir oublié c'est que ce terminal se situera sur l'estuaire de la Gironde, une merveille naturelle déjà bien mise à mal par tant d'installations néfastes sur ses rivesu mal à démarrer, et dont le voisinage de cette structure industrielle va mettre à mal le développement. Enfin et surtout, face au Verdon toutes les stations balnéaires de la région de Royan, qui admireront les 5 cuves de 48m DE HAUT 80m de diamètre , torchères et unités de regazification défigurant le paysage et qui suivront le ballet de l'accostage et du déchargement des navires méthaniers. On va défigurer une région unique, un site naturel dont on devrait au contraire protéger le caractère unique et superbe, et mettre en péril un éco système dont on sait combien il est fragile et délicat. D'aucun soulignent que l'on utilise du gaz et qu'il faut bien supporter les conséquences désagréables que son acheminement nécessite. Mais là, l'ironie veut que ce soit surtout les espagnols qui seront les clients du terminal, le sud-ouest étant déjà approvisionné par Fos sur Mer. Il faut avouer que mettre en pendant du phare de Cordouan, classé monument historique depuis 1862, une batterie de cuves en béton (comme en pendant aux blockhaus de Suzac, de bien triste mémoire, mais moins volumineux tout de même) et quelques torchères, semblent une idée quelque peu irresponsable. Certes on nous parle de développement économique de la région, mais le nombre d'emplois prévus ne devrait pas dépasser la trentaine, et la vocation économique du Verdon était traditionnellement l'ostréiculture, bien mise à mal depuis une centaine d'année. Pendant que le Conservatoire du Littoral s'échine, sur la rive droite, à racheter un maximum de terrains en bord d'estuaire, environ 40km à ce jour, la rive gauche s'ingénie quant à elle à défigurer le dernier estuaire naturel d'Europe. Alors bien sûr on a prévu un débat public
Le site est encore tout en construction, ce qui est étonnant car le débat ne sera pas ouvert bien longtemps, et on prévoit de commencer les travaux début 2008, c'est à dire demain. Une pétition, au texte raisonnable et aux arguments modérés, est disponible, bien que pas encore très visitée :
Merci de la lire et si elle vous semble défendable, d'y apporter votre soutien, signature et diffusion.

PS pour les non initiés le Mascaret auquel fait allusion le titre (j'ai choisi cette particularité, parmi tant d'autres, de notre estuaire, par souci sémantique, deux mots commençant par un M), est un phénomène exceptionnel qui se produit dans certains estuaires aux époques des grandes marées (on a répertorié environ 60 sites dans le monde). Actuellement, en France, il subsiste uniquement en Aquitaine. En effet, les travaux et aménagements des autres rivières de France, en particulier ceux de la Seine ont perturbé les conditions favorables à sa formation. Dans des conditions très particulières (fort coefficient de marée, fleuve à gros débit et très faible niveau d'eau), la marée montante qui est freinée par les flots de la rivière constitue une série de bourrelets qui peuvent atteindre 3 m de hauteur dans les meilleurs conditions. Cet ensemble de vagues (une dizaine séparées d'une distance d'une dizaine de mètres) emportant avec lui près de la moitié de la marée montante remonte l'estuaire avec une vitesse de 15 à 30 km/h. Allez voir les photos sur le site qui lui est consacré, elles sont superbes.
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