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mardi 14 août 2012

ARBRES A KRAPO

Extrait du Plaidoyer pour le forêt de la Roche Courbon, vibrant hommage de Pierre Loti, notre célèbre rochefortais, aux arbres qui embellissent notre quotidien

Il est un blog, en sommeil depuis janvier mais toujours actif je pense, dont le thème est, en soi, passionnant "A la recherche des arbres vénérables". Et dont le contenu est toujours de très belle qualité, fruit très souvent de la participation de collaborateurs divers, géographiquement éparpillés, comme le sont les plus beaux arbres. C'est le Krapo Arboricole, dont je ne saurais trop vous recommander la visite, ne serait-ce que pour y repérer (il est très bien indexé) les arbres qui méritent le déplacement près de chez vous.
On y croise des spécimens qui font rêver : les jeunes ont quelques centaines d'années, les autres ont parfois été plantés au Moyen Age. C'est, bien sûr, très variable selon les espèces : les tilleuls atteignent 7 ou 800 ans, comme ce tilleul alsacien planté vers 1300. Les chênes, à l'image de ce chêne de Tronjoly  atteignent souvent les 1000 ans. On découvre un olivier millénaire, des ifs bien aussi vieux qui servent de chapelle, le "plus vieux caroubier de France"... bref tout une collection d'ancêtres émouvants, car on sait que leur ombre a été le témoin de tant et tant d'événements, grands ou petits, chagrins et bonheurs de toutes époques : ce sont de véritables archives vivantes. Souvent déformés, creux, blessés, ils sont parfois choyés, élagués, étayés, soutenus, d'autres sont en péril et le blog permettra peut-être des prises de conscience, voire de décisions !


C'est au Krapo Arboricole que nous avons fait référence quand nous avons aperçu par la porte entrouverte sans oser nous en approcher, le noyer noir de l'Abbaye de Sablonceaux, le jour de notre virée "églises romanes". Il aurait environ 150 ans, ce qui, au vu des âges cités ci-dessus, peut sembler peu. Mais la durée de vie des espèces est éminemment variable et les noyers ne durent pas aussi longtemps que les chênes.
Les cèdres, quant à eux, sont déjà respectables dès lors qu'ils atteignent ou dépassent les deux siècles. 


C'est pourquoi j'avais envie d'apporter ma petite branche au fagot du Krapo en montrant le superbe cèdre du Jardin du Musée des Beaux-Arts de Tours, qui, non content d'être vieux, on le dit planté en 1804 sous le général préfet de Pommereul, est très harmonieux et particulièrement bien proportionné. Ses mensurations sont impressionnantes : 31 mètres de haut pour 33 mètres d'envergure (d'où la difficulté de le faire "rentrer" dans un format rectangulaire !! 


Il semble que ses branches couvrent près de 800m². Sa circonférence est à l'avenant : on parle de 7,5 mètres à 1 mètre du sol. Fragilisé par les ans, et bien soigné par la municipalité tourangelle, il est équipé depuis 2009 d'un système de haubans semi-souples, système qui prévient les cassures et soutient les branches en cas de problème. Sur un exemplaire de "Yamilé sous les cèdres", Henri BORDEAUX a écrit : "Quand un ami me demandera où est le plus beau cèdre du Liban, je lui répondrai: il est au musée de Tours".


En matière de cèdres, l'Indre et Loire est particulièrement riche puisque, durant le même séjour, nous avons eu l'occasion d'admirer le cèdre du jardin de l'Abbaye de Pontlevoy,  arbre planté en 1776 par Louis XVI pour commémorer l'installation de l'Académie Royale Militaire au sein de l'abbaye.


Plus vieux et mieux conservé que celui de Tours, il est cependant moins spectaculaire, car son port est moins étalé, et il ne présente pas cette structure "plus large que haut" qui fait de celui du musée des Beaux-Arts une vraie "œuvre d''art" !
Je me promets souvent de parcourir, Krapo à la main (et oui, avec les smartphones tout devient possible) les chemins et villages à la recherche de ces "monuments" souvent bien plus anciens que nombre de bâtisses qui les entourent. J'ai eu aussi souvent envie d'écumer, plus simplement, le département, armée d'"Arbres remarquables de Charente Maritime", ce merveilleux ouvrage que j'ai la chance de posséder, offert par l'un des auteurs, Christian You, ancien prothésiste d'Alter, et qui répertorie une grosse centaine d'arbres impressionnants dans les environs, arbres des villes, arbres des champs, le plus proche étant le gros tilleul de Talmont que j'irai saluer pour vous dès que les touristes seront repartis ... Quant au pin parasol de Saint Georges que ce livre mentionne, il est tombé il y a peu, victime d'une aventure peu banale : ayant grossi démesurément, il empiétait sur le mur de clôture de la maison qui l'abritait. Or il advint qu'il fallut refaire ce mur et lorsque les maçons eurent démoli l'ancien, il apparut que le pin de Plume la Poule ne tenait que grâce à lui, et l'arbre s'effondra, provocant mes larmes de crocodile !!!



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